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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 27 août 2022 133 minAutoproduit

Séance de clôture #CamPuS22 | Discours du Premier secrétaire Olivier Faure

Source d'origine 5 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Voilà, merci, ça s'est fait. Donc on est ensemble pendant environ une heure et demie, au moins une heure et demie, même peut-être plus, pour cette séquence finale qui se déroule pour la première fois en plein air. Je le dis à ceux qui viennent pour la première fois, puisque, oui, vous pouvez remercier la météo. On avait failli l'an dernier tenter cette expérience, et avec Marc Gricourt, au dernier moment, justement, Météo France nous avait fortement déconseillé de le faire. Donc nous avions conclu à l'intérieur de la Halle notre université d'été.

Cette fois, c'est une conclusion pour certains de quatre jours de travail, puisque certains sont ici depuis le début du séminaire des élus socialistes, qui a été conclu de Fort-Belbannière hier midi par Carole Delga et Olivier Faure. Pour d'autres, c'est trois demi-journées de travaux, d'ateliers, de plénières, de pots dans les terrasses de café, de dîners de fédérations, enfin tout ce qui fait... Si, il y a eu des pots sur le café. Et vous avez encore la possibilité ce soir de vous rattraper si vous n'en avez pas suffisamment profité. Sachez que demain matin, comme toujours aussi, il y aura le brunch militant ici à la Halle-Augrin.

Et donc, pour conclure, le plus 2022, il est toujours, vous le savez, de manière traditionnelle, important que le premier secrétaire donne de fin d'université. Et donc, pour qu'il prononce tout à l'heure son discours, encore faut-il qu'il soit présent avec nous. Donc, je vous demande de l'appeler fortement pour qu'il nous rejoigne. Je vous demande d'accueillir avec la vigueur dont je vous sais capable, le premier secrétaire, Olivier Faure.

2:53
Invité

Voilà. Maintenant, tous ensemble, nous allons faire silence. Premier campus, évidemment, cette question politique a rempli l'ensemble de nos débats,

9:04
Présentateur

de nos ateliers, de nos dialogues les uns avec les autres. Et donc, il est important, avant que les uns et les autres s'expriment, qu'on puisse d'abord remercier, sans être, mais avec lequel nous avons débattu pendant deux jours, surtout d'ailleurs aujourd'hui. Je veux remercier, nous voulons remercier avec Marie, la présence ici, devant nous, de Clémentine Autain. Clémentine Autain d'être venue à Blois, en compagnie notamment d'Alexis Corbière, qui était aussi présent aujourd'hui. Merci. Évidemment, merci, même s'il a dû repartir, à Yannick Jadot, qui représentait Europe Écologie-Les Verts, à Frédéric Boccarat, qui est venu pour le Parti communiste.

Nous sommes très heureux d'avoir, quelque part, je ne l'ai pas sous les yeux, mais je sais qu'elle est là, Aurore Laluc, députée européenne. Aurore Laluc, qui est avec nous pour Place publique, en attendant, quelques minutes encore, l'arrivée, sa chaise est prête, de Raphaël Glucksmann. Et nous avons également des amis de Nouvelle-Dône qui sont présents avec nous ce soir. Donc la gauche, elle est là, elle est réunie, mais je veux aussi excuser l'absence, ou tout au moins, les allers-retours permanents d'un certain nombre de camarades socialistes, qui, eux, étaient ailleurs en France. Je vois Nora qui opine du chef. Nora Bebarek, je crois, était dans une des universités également.

Mais je veux saluer, parce que lui, je crois qu'on ne l'a même pas vu pendant deux jours, c'est Laurent Baumel, grand artisan de la NUPES pour le Parti socialiste. Parce que Laurent, lui, il a fait un strike. Il était à Grenoble avec les écologistes. Il était à Valence avec nos amis insoumis. Et il est demain, je crois, à Strasbourg avec le Parti communiste. Donc Laurent Baumel, si tu nous écoutes, solidarité avec ton périple pendant trois jours.

Mais Philippe Brun, député de l'heure que vous connaissez maintenant tous, était également à Valence, je crois, hier, avec Arthur Delaporte, qui est avec nous ce soir, mais qui était hier dans la Drôme, avec Diana Badiop, qui est avec nous ce soir, Mier, qui était à Grenoble hier ou avant-hier, et avec Pierre Jouvet, qui est avec nous ce soir, mais qui sera demain encore à Valence, puisqu'il y était déjà avant-hier. Donc, nous aurons, malgré le fait qu'il y avait quatre villes, Strasbourg, Grenoble, Valence et Blois, concernées par l'unité de la gauche lors de ce week-end, eh bien, nous sommes arrivés les uns et les autres à dialoguer, à échanger ensemble.

Nulle soumission ici, juste l'envie de dialoguer, l'envie de construire l'avenir. On va commencer non pas par l'avenir, même si l'avenir se construit aussi en puisant dans le passé. Le PS, c'est le fruit d'une longue histoire, on l'a dit, on l'a redit, y compris dans nos ateliers, jalonnés d'hommes et de femmes exceptionnels. Je ne les citerai pas, parce que ceux qui ne seraient pas cités se vexeraient. Alors, on va citer au moins Jules Guay de Georges Ress, eux, ils ne sont pas là, donc ils ne seront pas vexés. Mitterrand, Jospin, Rocard, après chacun remplira les cases comme il le souhaite en fonction de ses sensibilités.

Mais l'un a fait peut-être plus tôt que d'autres l'expérience du pouvoir. L'un a su allier peut-être, plutôt que d'autres, la gauche du gouvernement et une forme de radicalité. Il est né en 1872. Il aurait, s'il était ce soir avec nous, 150 ans. Et c'est pour fêter le 150e anniversaire de la naissance de Léon Blum que nous avons voulu ouvrir la conclusion de ce campus par un hommage à celui qui, évidemment, a marqué, notamment par son action, d'abord pendant le Front Populaire, mais aussi par les lectures dont nous nous sommes tous les uns et les autres nourris. Nous avons voulu qu'il soit présent dans cette séquence. Et il le sera à travers deux jeunes.

L'un, Milo Lévy-Brulle, que certains connaissent, que beaucoup connaissent ici, qui est un jeune philosophe administrateur de la maison Léon Blum, et Sarah Kérich, conseillère régionale des Hauts-de-France, qui vont nous rejoindre sur scène, le temps que vous visionniez une petite vidéo.

14:18
Invité

De quoi est né le socialisme ? De la révolte des plus nobles sentiments de l'âme humaine, blessée par la vie, méconnue par la société. Le socialisme est né de la conscience de l'égalité naturelle, alors que la société où nous vivons est tout entière fondée sur le privilège. Il est né de la compassion et de la colère que suscitent en tout cœur honnête ces spectacles insolérables, la misère, le chômage, le froid, la faim, alors que la terre, comme l'a dit un poète, produit assez de faim pour nourrir tous les enfants des hommes, alors que la subsistance et le bien-être de chaque créature vivante devraient être assurés par son travail.

Alors que la vie de chaque homme devrait être garantie par tous les autres. 150 ans, le temps qui sépare la première révolution industrielle, exploitation brutale et aveugle de l'homme par l'homme, de la prise de conscience par ces hommes de leur propre destin, puis de leur révolte pour déjouer leur destin. C'est le temps qu'il a fallu entre le début de cette exploitation et la naissance de cette conscience de classe, et pour que la faiblesse devienne une force lorsqu'est née cette conscience.

C'est le temps enfin qu'a pris l'émergence politique du mouvement socialiste en Europe jusqu'à son unification en 1889 et la naissance de l'internationale ouvrière, tout aussi internationale socialiste. Alors notre action, mes camarades, notre pensée, ne peuvent s'inscrire que dans un combat du temps long, car elle procède d'un changement profond de la structure de notre société. En commémorant aujourd'hui avec mon ami Milo Lévy-Brul, les 150 ans de la naissance des Léon Blum, nous nous plaçons résolument dans ce temps long, dans cette longue marge des socialistes, depuis la prise de conscience jusqu'à la prise du pouvoir. Qu'est-ce que commémorer ?

Pourquoi commémorer les 150 ans de cette naissance ? Pourquoi avoir choisi cette date ? Nous sommes, et je le dis aussi devant nos partenaires de l'ANUP, au sein de cette nouvelle union des gauches, le parti le plus ancien, celui qui a un rapport le plus lointain à l'histoire de l'injustice. Il nous en revient d'être les gardiens, d'être les continuateurs et d'en être avant tout les vigies. Commémorer, c'est fixer le mémorable et en faire une base commune. Notre chance à nous socialistes et son revers, c'est que notre mémoire est devenue une base commune pour l'ensemble de nos concitoyens. Ce qui justifiait même l'existence du socialisme et du parti socialiste est entré dans le droit commun.

Les retraites, les congés payés, la sécurité sociale, ce qu'on appelle les droits sociaux, sont désormais considérés comme normaux pour la plupart de nos concitoyens. C'est alors à la conquête de nouveaux droits qu'il faut se lancer, qu'il faut radicalement conquérir, comme les droits qu'avait conquis Léon Blum et le Front Populaire en 1936. Et c'est en cela que l'histoire et sa commémoration nous aident à trouver la voie. Alors quand on se retourne et qu'on regarde le leg que nous a laissé Léon Blum, on trouve quelques réponses pour la conquête de ces nouveaux droits. Tout d'abord, la liberté des femmes. Ouvrons une page du mariage pour comprendre l'audace de Léon Blum et de sa vision.

Nous qui avons été les premiers à défendre cette liberté, cette libération, par nous-mêmes, nous devons reprendre ce combat avec plus de force, à l'heure où la libération de la parole s'est faite en grande partie sans nous et où l'autodétermination des identités se fait toujours plus forte. Ensuite, ce sont les biens communs. Le partisan de l'école du service public qu'il fut avait vu juste des les prémices de l'organisation de l'État et des grandes infrastructures économiques de celui-ci.

Nous devons poursuivre ces services publics et créer aujourd'hui les conditions des communs en créant un statut juridique qui nous permette de protéger la nature, l'environnement, les services qui sont le bien de tous. Et enfin, ce sont les inégalités, notamment de transmission. Il nous faut, mes camarades, de l'audace. L'audace que n'a pas eue le groupe parlementaire socialiste lorsque Blum leur a proposé sa réforme de l'héritage radical, qu'on appelait alors radical, en 1946. Revenons sur le droit actuel et limitons drastiquement cette injustice de naissance qui ne fait que s'accroître. Commémorer, c'est fixer le mémorable.

C'est aussi le prendre comme le tuteur de nos combats futurs, le tuteur de nos futurs combats socialistes. Je viens d'indiquer l'actualité de certains combats qu'a porté Blum. Pour ma part, je vais revenir sur son rapport au pouvoir qui, je crois, peut encore nous inspirer, à condition toutefois de dissiper quelques équivoques. Si Blum demeure une figure tutélaire, c'est avant tout parce qu'il a été le premier à démontrer que les socialistes pouvaient gouverner. Et pourtant, c'est le paradoxe, Blum n'a jamais pensé que la vocation principale du Parti socialiste était la conquête du pouvoir. Pour faire sentir ce paradoxe, je vais revenir un instant sur la scission de 1920.

Sur quoi porte-t-elle ? À Tours, les futurs communistes répètent que ce n'est qu'en contrôlant l'État que la révolution pourra commencer et que cette conquête implique la caporalisation des masses obéissant au mot d'ordre d'un grand chef ou d'une avant-garde éclairée. Blum, au contraire, affirme que la révolution n'est pas un acte, que c'est un processus, un processus qui passe par l'émancipation de chaque travailleur et par leur organisation démocratique, que l'État, certes, peut y aider, mais que sa conquête n'est pas un préalable absolu.

Contrairement au mythe, donc, en 1920, la différence entre communiste et socialiste ne porte pas sur les modalités de la conquête du pouvoir, légale ou illégale, pacifique ou violente. La différence, c'est que les communistes regardent vers l'État, tandis que les socialistes, eux, regardent vers la société. C'est là, sans doute, l'héritage le plus précieux que Blum a légué. Il a eu le courage de rompre avec une radicalité facile, une radicalité dont on sent encore, parfois aujourd'hui, la force d'attraction. Cette radicalité qui promet qu'une fois le pouvoir conquis, tout changera, quitte d'ici là à se comporter en contradiction totale avec l'idéal qu'on poursuit.

À cette radicalité facile, Blum en oppose une autre, une radicalité qu'il puisse chez Jaurès, une radicalité de tous les instants qui veut bouleverser les idées et les pratiques diffuses de la société en attisant toutes les aspirations à l'émancipation, à la justice et à la solidarité qui s'y trouvent déjà. C'est ce rapport aux politiques que porte Blum et c'est ce rapport aux politiques qui va triompher en 1936. Car ce n'est pas du cerveau d'un chef ou de la stratégie d'un parti qu'est né le Front populaire. Le Front populaire est né dans la rue de la convergence spontanée des cortèges socialistes et communistes.

Surtout, si le Blum de 1936 est entré dans l'histoire, c'est parce qu'il a su être l'interprète de l'immense mouvement de grève qui lui a permis d'aller bien au-delà du programme de Front populaire pour imposer les accords de Matignon, la semaine de 40 heures ou la généralisation des congés payés. Comme Blum l'avait prédit en 1920, ce ne sont pas les stratégies révolutionnaires ou électorales qui ont écrit l'une des plus belles pages de l'histoire de France, c'est la lente diffusion de l'idéal socialiste dans la société et la patiente organisation des masses populaires.

150 ans après sa naissance, honorer Blum, c'est donc se souvenir qu'il ne faut jamais transiger sur l'idéal, ni se laisser impressionner par de fausses radicalités. Entretenir sa mémoire, c'est se rappeler que le Parti socialiste n'a pas vocation à être une machine électorale, mais un parti qui agit au quotidien pour développer dans la société le plus grand nombre de relais précurseurs de la cité socialiste à venir. Et que c'est par cette action que la société change et que la responsabilité du gouvernement finit de surcroît par vous revenir. C'est, je crois, en suivant un tel chemin que, fidèle à Blum, vous pourrez à nouveau mener les Français vers d'autres traités 36.

C'est en suivant un tel chemin que l'un ou l'une d'entre vous pourra inscrire sa voix dans le sillage de ces maux immortels.

23:27
Locuteur 3

Cette victoire, une fois remportée, il faut en consolider les effets. Il faut les rendre définitifs. Il faut rendre la France insulnérable aux attaques du fascisme. Et il faut qu'on n'oublie pas. Il faut qu'on n'oublie pas qu'il y a derrière nous des masses populaires dont nous sommes les mandataires et les interprètes. Des masses populaires auxquelles on n'aurait pas besoin de faire appel deux fois si on s'insurgeait contre leur volonté.

24:12
Invité

Ce campus, il fait du bien. J'ai vu ici, après une séquence électorale difficile qui nous aura bousculé, un parti qui bouge, un parti qui réfléchit. Je vous ai entendus dans les ateliers affirmer, scander, pour qui on se bat, réfléchir à comment nous devons nous battre et avec qui. J'ai vu comme vous des débats, des débats mouvants, des ateliers, des plénières. J'ai vu l'engagement, j'ai vu la détermination et je voulais vous dire sincèrement merci à toutes et à tous. Nous étions plus de 2000 ce week-end à Blois. Les équipes du parti qui ont organisé cela, leur président...

Un camarade que nous avons quitté, nous a quitté, pardon, il y a quelques jours, nous lui avons rendu hommage aujourd'hui et je tiens à avoir une pensée pour lui, pour les siens et pour ses camarades au Garonnet. Chers camarades, pour commencer, je voulais vous dire le plaisir qui a été le mien, de vous retrouver toutes et tous pour cette nouvelle édition de notre université d'été. Je souhaite remercier Olivier Fort, te remercier, cher Olivier, ainsi que toute la Direction nationale du Parti Socialiste de l'avoir rendu possible. Merci aussi, cher Marc, de nous accueillir dans ta ville de Blois.

Je sais que tu as d'ailleurs aidé quelques jeunes socialistes à s'installer en terrasse, des moments si importants que tu nous fais vivre ici. Merci également, évidemment, à tous les jeunes socialistes présents ici qui l'ont fait vivre sur notre campus, plus nombreux encore que l'année dernière. Vous avez rendu cette université d'été possible. Ce deuxième rendez-vous des jeunes socialistes à Blois a été un grand succès. Fort de notre stabilité et de notre dynamisme retrouvé, nous avons fait vivre le débat avec des controverses. C'est cela la force des socialistes. Prendre à bras le corps des sujets qui traversent et qui malmènent notre société pour leur donner un débouché politique.

Alors, chers amis, chers camarades, je vous le dis, vous pourrez compter sur les jeunes socialistes pour faire vivre le débat au sein de notre famille politique. Et nous allons en avoir besoin. À l'heure où tant de Français sont exclus de l'emploi, à l'heure où émerge un nouveau prolétariat ubérisé, à l'heure où les classes moyennes voient leurs conditions de vie se dégrader d'année en année, à l'heure, enfin, où la richesse est si mal répartie dans la société, la situation nous oblige. Quand, en France, un million de travailleuses et de travailleurs gagnent moins de 918 euros par mois, on peut dire que le travail ne protège plus de la pauvreté.

Femmes de ménage, aides-soignantes, AESH, assistantes maternelles, la sous-traitance, le développement à outrance de l'intérim, les temps partiels subis, ce sont les femmes qui en sont les premières victimes. Et cela, les camarades, a une origine. Le néolibéralisme qui a gangréné et empoisonné notre société. Le néolibéralisme qui enferme les femmes et les hommes et qui nous alienne. Et disons-le, chers camarades, nous ne sommes pas complètement étrangers à sa propagation. Le social-libéralisme a vécu. Alors, après en avoir fait l'inventaire, à nous de l'enterrer pour de bon.

Nous ne ferons pas l'erreur, camarades, nous ne ferons pas l'erreur de porter de nouvelles lois de travail ou autres réformes de droite. Depuis quelques années, depuis quelques années et dans notre campagne présidentielle déjà, nous l'avons actée. Car le socialisme est une grande chaîne historique dans laquelle chaque génération est un maillon et a une lourde responsabilité. Des échecs et des renoncements passés, nous ne gardons pas d'aigreur, seulement peut-être des leçons du pouvoir. Et surtout, une volonté forte, forgée par la fidélité à notre idéal de faire mieux. Évidemment, nous devons préserver tous les acquis sociaux apportés par François Mitterrand ou encore Lionel Jospin.

Mais soyons aussi et surtout dans la conquête, dans la conquête de nouvelles avancées sociales. Le patrimoine social que nous avons amené au pays ne doit pas nous conduire à l'immobilisme. Nous nous revendiquons de l'héritage de Jaurès et de Blum, infatigables militants des causes justes et porteurs de réformes radicales. Nous devons mobiliser et nous allons devoir mobiliser, camarades, toutes les forces vives de la société, les salariés, mais aussi les patrons de TPE et PME qui, eux aussi, souffrent d'être écrasés par les multinationales qui monopolisent le pouvoir économique. Nous partons à l'offensive, collectivement, pour un nouveau modèle économique au service de l'humain.

Et être au service de l'humain, c'est aussi mesurer les liens qui l'unissent à son environnement. À l'heure où nos forêts brûlent, où nos lacs s'assèchent, notre époque est celle d'un tournant. Nous sommes confrontés à un défi. Ce défi, c'est un combat contre le productivisme qui a nié la valeur de la nature durant tant d'années. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est cette jeunesse qui, dans la rue, défile en disant que si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvée. Chers camarades, je comprends ces étudiants d'Agro-ParisTech qui ont posé un acte de refus, le refus d'un système qu'ils auraient dû perpétuer, refus d'être complices de cette course au profit et à la surconsommation.

Le socialisme, aujourd'hui, doit être un socialisme écologique, une véritable et audacieuse reformulation de la question sociale. François Mitterrand disait en 1969 que le socialisme, c'est la libération de l'homme de toutes les forces qui l'oppriment. Il est temps de se rendre compte que ces forces économiques qui oppriment l'humain, ce sont les mêmes que celles qui détruisent la nature et notre futur. Le socialisme écologique, c'est celui qui rompt avec l'exploitation de l'humain d'une part et la prédation de la nature d'autre part. C'est celui qui acte que la liberté n'est pas l'abondance matérielle.

Nous devons faire gagner l'écologie de l'espérance, du bien-être et du progrès humain face à celle des conservatismes et des privations. Notre écologie, c'est celle qui met en place une garantie d'emploi pour lutter contre le chômage tout en allant au bout de la transition. Notre écologie, c'est celle qui fait l'ISF vert pour que les grandes fortunes qui polluent le plus contribuent à l'effort national. Notre écologie, c'est celle qui porte la décroissance des activités polluantes et superflue pour la croissance des activités de bien-être. Notre écologie, c'est une économie qui ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle peut récupérer et régénérer.

Notre écologie, c'est taxer le kérosène des jets de Bernard Arnault. Vous l'aurez compris ?

33:49
Locuteur 6

Et vous l'aurez compris,

34:03
Invité

camarades, notre combat, notre combat écologique, c'est celui, c'est un combat qui rompt avant tout avec l'individualisme, qui redonne toute sa place au sentiment d'appartenir à une communauté de destin. Et c'est ce que nous nommons la République. Car la meilleure arme contre l'individualisme, c'est l'universalisme de la République. La traduction concrète de l'universalisme républicain, c'est la conviction profonde que c'est ensemble, peu importe notre genre, peu importe notre couleur de peau ou nos origines, peu importe notre orientation sexuelle, que nous sommes capables de bâtir ensemble.

Ceux qui stigmatisent et qui excluent en attisant les haines, ce sont eux les ennemis de la République, camarades. Et ce sont donc les nôtres. Que ceux qui concluent les pactes et des majorités tacites avec ces ennemis de la République, que ceux qui ont brisé les digues ne viennent plus jamais nous donner de leçons. Convoquer la République. Convoquer la République ne doit toutefois pas nous empêcher de comprendre ses échecs. Car c'est en ne tenant pas la promesse républicaine qu'elle a déçue et s'est coupée d'une partie de la population.

D'abord parce que les inégalités économiques croissantes, la précarité et la crise de l'école comme vecteur de mobilité sociale éloignent la réalité d'une République sociale. Mais aussi parce que les discriminations continuent de ronger notre pacte républicain au risque de pousser certains au repli identitaire. Enfin parce que notre système institutionnel ne parvient plus à favoriser la participation citoyenne. L'abstention n'est le symptôme le plus criant. 87% des jeunes camarades ne sont pas allés voter. Et c'est en gardant à l'esprit nos quatre défis social, antiraciste, laïc et démocratique que nous referons de la République un pilier aux yeux de nos concitoyens.

Nous n'avons pas peur, nous n'avons pas peur de révéler les insuffisances de ce qui est pour mieux atteindre ce qui devrait être. L'idéal pour lequel nous nous battons. Quoi de plus fort que l'idéal et que l'appel de l'égalité ? La République s'est fondée autour d'une certaine idée de l'humanité. Cette humanité héritée des lumières, c'est ce qui conduit ces valeurs à être universelles. Ce sont celles-ci qui nous conduisent naturellement à défendre le peuple ukrainien face à l'agression de Poutine, qui doivent nous engager à défendre la démocratie à Taïwan, à défendre les Ouïghours, à soutenir les combattantes kurdes et à lutter pour la liberté des femmes en Afghanistan.

Nous n'accepterons aucun relativisme culturel qui viendrait échelonner des soi-disant degrés de civilisation et qui conduirait les ennemis de l'égalité à gagner partout. Nous savons d'où nous venons et nous mesurons l'ampleur de la tâche qui nous attend. Que faire pour que le Parti socialiste l'emprunte et soit cet instrument du changement politique ? Je vous le demande aussi et peut-être surtout à vous qui nous avez rejoints ces dernières semaines et ces derniers mois, vous qui êtes si nombreux, notamment chez les jeunes socialistes. Que voulez-vous faire ? Je crois que cela doit passer par la conscientisation d'un sentiment que nous ressentons tous, la révolte.

Nous, socialistes, sommes nés dans la révolte, historiquement, mais également tous individuellement ici. La révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société pour reprendre les termes de Léon Blum. Souvenez-vous de ce moment où vous vous êtes trouvés face à une situation qui vous a indignés, celle qui vous a amenés à vous engager ici ou ailleurs. Cette révolte, nous ne devons pas l'oublier. Notre rôle n'est pas de la calmer mais de lui donner le débouché politique qui en fera disparaître la cause. Cette révolte, nous devons la partager avec les mouvements sociaux, avec les collectifs citoyens dont l'énergie et les propositions nous enrichissent tous.

Or, jamais les partis politiques n'ont été aussi peu en lien avec cette vitalité sociale. Camarades, il est de notre responsabilité de réinvestir ces mouvements pour leur offrir un débouché politique. Nous devons être investis dans la société comme Jaurès était enraciné à Carmo. Rien de plus, rien de moins. Nous ne pouvons plus nous enfermer par peur de briser des tabous. Assumons la conflictualité de la vie politique et le débat en interne de notre parti et en interne de la NUPES. A une époque que je n'ai pas connue mais que j'admire, nous étions le lieu d'affrontement entre Jaurès et Gued, entre ceux qui disaient oui, ceux qui disaient non au référendum européen de 2005.

Osu nous emparer des thématiques conflictuelles ou contestées. Aucun sujet tabou ou interdit pour nous sous peine de le laisser à l'extrême droite qui se chargera de le sortir du cadre républicain alors que nous seuls, et je dis bien nous seuls, pouvons le traiter dans cet espace. À la veille d'un congrès qui n'aura pas le droit d'être comme les autres, ne nous interdisons pas de penser et assumons d'être cette armée nouvelle composée de combattantes et de combattants qui feront vivre le socialisme et nos valeurs. Jeunes socialistes, nous sommes les détenteurs de l'espérance face aux tenants des passions tristes.

Albert Camus nous le disait « Le monde n'a pas besoin d'âmes tièdes, il a besoin de cœurs brûlants, sachant faire à la modération sa juste place ». Je le sens mes camarades, vos cœurs, nos cœurs sont brûlants d'envie. Envie de changer cette société, de contrer les dérives du capitalisme pour arriver à notre modèle où ceux qui naissent avec rien ont les mêmes chances dans la vie que ceux qui naissent avec un pactole. Alors, en socialiste, offrons avoir un futur éclatant, vive le socialisme et son parti, vive les jeunes socialistes et vive la gauche !

39:54
Présentateur

Il est aussi jeune, il n'est pas forcément socialiste, mais comme il est arrivé entre-temps et que tout à l'heure on l'a cité dans son absence, vous pouvez accueillir avec la sympathie qui vous caractérise Raphaël Glucksmann. Alors, on entend parfois, au dehors de nos rangs, évidemment, des personnes qui nous disent « c'était mieux avant », « ah, à l'époque, pas seulement de Blum, mais de leaders socialistes du XXe siècle ». On a parfois l'impression que nous manquerions aujourd'hui de ressources. Or, l'action d'Olivier fort ces dernières années, ces derniers mois, s'est caractérisée par deux évolutions.

L'une, on l'a noté tout à l'heure, c'est évidemment la construction de la NUPES et on a cité l'ensemble de nos amis de gauche qui étaient ici présents avec nous. Il y a une deuxième évolution qu'on a peut-être moins notée, qui est moins visible, mais qui sera, je crois, visible de jour en jour et de semaine en semaine de plus en plus, c'est le souhait de donner des responsabilités à une jeune génération, en tout cas, à de nouveaux talents. On vient d'en écouter une, la présidente des Jeunes Socialistes, mais, oui, c'est bon, elle a eu sa dose, je crois, on va partager.

Boris Vallaud, tu as, avec toi dans ton groupe, une trentaine de députés, mais tu as la chance d'avoir quelques parlementaires que je veux citer ici, j'en oublierai certainement, ils m'excuseront, ou pas, mais des jeunes députés, je pense notamment à Inaki Echaniz, 28 ans, qui, je crois, quelques semaines avant, ne savait pas que sa vie basculerait au mois de juin.

Arthur Delaporte, à peine 30 ans, Philippe Brun, qui n'est pas avec nous parce que je vous ai dit qu'il était du côté de Valence, mais Philippe Brun, député de l'heure, Mélanie Thomas, qui a battu Richard Ferrand, et parce que je sais qu'elle est avec nous quelque part, même s'il n'est pas dans mon champ de vision, Anna Pic, députée de la Manche, et même, même Patrick Cannaire, qui est avec nous, non, c'est pas dans les jeunes que je te citais tout à fait, a la chance de travailler avec Rémi Cardon, qui est ici et qui a 28 ans.

Donc, grâce à nous tous, grâce, parce qu'il faut toujours, à un moment donné, qu'il y ait une impulsion à Olivier, qui a donné aussi des responsabilités à des jeunes, et ça ne fait que commencer, nous avons la chance d'avoir de véritables espoirs pour demain. Alors, il y a peut-être un homme qui symbolise à la fois ces deux évolutions. D'abord, parce qu'il a été au cœur de la négociation de la constitution de la NUPES, ou en tout cas, de l'intégration du Parti Socialiste dans la NUPES. Il y a passé des nuits, il y a passé des cafés, il y a passé des jours, il aura le temps plus tard de raconter tout cela, mais enfin, ça a été une épreuve qui nous a finalement servi à tous.

Il a été au cœur de ces négociations et du succès de ces négociations. Il a à peine 35 ans, donc il fait partie aussi de ces symboles du renouvellement des cadres du PS et donc de la NUPES. Je vous demande d'accueillir avec une force tout à fait particulière d'être un des grands espoirs de ce Parti Socialiste, de la gauche, de la NUPES, cette belle figure qu'est Pierre Jouvet. Luc, après cette présentation, c'est mettre un coup de pression avant un discours.

Quand vous chantiez « Jeune Socialiste », j'ai cru que c'était pour moi, parce que comme je savais que j'intervenais après, je me suis rappelé que ça faisait quand même, et mon copain Thibaut Delay, qui était avec moi au MJS à l'époque, se serait bien rappelé de ça, ça fait déjà 10 ans que j'ai quitté le mouvement des Jeunes Socialistes. Comme quoi, le temps passe, mais je vois avec plaisir cette belle énergie qui est là. Merci, merci Luc, pour tes mots, merci aussi à toi Marie. Merci mon cher Marc pour ton accueil, merci pour cet accueil toujours convivial, ta sympathie, ton amitié.

Merci aux organisateurs de ces universités d'été, parce que Marie l'a rappelé, mais on ne le dit pas suffisamment, organiser des universités d'été, c'est y passer tout son été. Pendant que nous, nous étions en congé, c'est préparer les ateliers, c'est préparer la logistique, c'est prendre des congés pour nos camarades, et je veux que vous les applaudissiez du service d'ordre qui viennent sur leur temps personnel pour la réussite et la bonne tenue de ces universités. Alors merci à tous pour ces réussites.

Évidemment, ma chère Emma, à travers toi, merci aux jeunes socialistes, merci à toi et à toute ton équipe d'avoir su reconstruire les jeunesses socialistes après un moment qu'on a connu très difficile, de le faire vivre. Merci à vous de le porter avec tant d'énergie, d'avoir su construire des débats passionnants, d'avoir su remettre de l'impulsion de la jeunesse et du dynamisme puissamment dans notre parti. Vous êtes notre avenir, votre avenir, notre avenir, c'est vous. Merci, merci mes camarades.

Merci également à nos différents partenaires ici présents et qui se sont succédés pendant tout le week-end, partenaires de toutes les forces constituées de cette nouvelle union populaire, écologique et sociale. J'y reviendrai évidemment dans un instant et je veux adresser, parce qu'elle est là en particulier devant moi, Clémentine Autain, pour sa présence, pour sa présence dans nos échanges et puis vous dire, parce que je me permettrai de vous faire quelques petites confidences, que si la NUP est arrivée aussi à se constituer, elle fait partie de celles et ceux qui ont permis la construction de ce beau projet et de cette belle réussite politique. Merci à toi, ma chère Clémentine.

Et puis bien sûr, mes camarades, merci à vous toutes et vous tous. Venus des quatre coins de la France pour notre université d'été, pour ce campus de Blois, merci de vous être déplacés, merci d'être venus en nombre, encore plus nombreux que l'année dernière. Ça fait du bien de se retrouver. Ça fait du bien de retrouver sa famille. Ça fait du bien de retrouver cette camaraderie. Parce qu'évidemment, dans nos échanges et un campus, c'est aussi un temps de formation. On parle de politique, de projet, d'avenir. Mais un parti politique est ce qui fonde avant tout notre parti politique. C'est cette amitié que nous avons constituée les uns avec les autres.

C'est cette camaraderie qui nous fait vivre ensemble et qui nous a fait passer des étapes extrêmement difficiles ces dernières années. Alors, merci à vous de cet engagement. Merci à vous de nous avoir accompagnés depuis maintenant de nombreuses années à franchir une à une. C'est, comme dirait notre premier secrétaire, tout aussi difficiles les unes que les autres et en particulier depuis 2017. Combien de fois, combien de fois chacune, chacun avons-nous dû refermer un journal avec un pincement au cœur en voyant depuis 2017 toute la presse faire la nécrologie du Parti Socialiste ? Et pourtant, vous êtes restés. Et pourtant, nous sommes restés.

Et pourtant, nous avons reconstruit, nous avons rapporté les étapes les unes après les autres en prenant droit dans les yeux tout ce qui pouvait nous être reproché. Eh bien, merci à vous. Et je vous le dis, applaudissez-vous parce que nous le méritons collectivement et vous le méritez. Je vous le disais, après les élections présidentielles et législatives de 2017, nous étions toutes et tous encore chaos debout par ce qui venait de nous arriver, il faut le dire. Et au congrès d'Aubervilliers, notre premier secrétaire, Olivier Faure, nous a fait en conclusion de son discours une promesse.

Cette promesse, c'était de remettre le Parti socialiste au cœur de la gauche pour reconquérir le cœur des Français. Oui, nous avions été sévèrement sanctionnés. Oui, les gens nous en voulaient. Rappelons-nous, quand nous étions dans des dîners avec des amis, avec des copains, dans nos boîtes, est-ce qu'on osait encore beaucoup dire qu'on était socialiste ? C'était difficile. C'était difficile de le tenir. Les gens nous en voulaient de tout, parfois de manière incohérente sur un certain nombre de sujets.

Alors, il fallait se repositionner, il fallait se redéfinir, se reconstruire, penser les blessures, les doutes, les incompréhensions, nous repositionner au cœur de la gauche qui, je me rappelle de ces longues nuits de réflexion que nous avions à l'époque avec Sébastien, Sarah, Olivier et bien d'autres, pour reprendre contact, reprendre contact avec nos partenaires de gauche qui, à l'époque, avaient encore de nombreux doutes. Je me rappelle encore de ces manifestations où nous étions sifflés parce que considérés comme pas à notre place.

Je me rappelle de ces doutes qui avaient été mis en œuvre par nombre de nos concitoyens qui parfois aujourd'hui même nous rejoignent et réadhèrent au Parti Socialiste sur le bilan du quinquennat de François Hollande. Alors nous avons franchi les étapes, nous avons construit avec courage et avec la détermination de notre premier secrétaire de manière lucide, nous avons objectivé les situations, nous avons fait l'inventaire du quinquennat de François Hollande et pas l'inventaire de manière caricaturale, non, parce que pour la gauche, l'exercice du pouvoir, il n'y a pas tout à jeter comme nous pourrions l'entendre.

Nous avons mené pendant que nous étions en responsabilité de belles réformes, de grandes réformes dont nous pouvons être fiers et dont la gauche sera fière pendant de très, très, très nombreuses années et nous nous en rappellerons. Mais nous avons su aussi lucidement dire ce qui n'avait pas fonctionné, dire ce qui avait été sanctionné. Nous avons, je crois, appris de nos erreurs et depuis, nous avons porté en cohérence notre action. Cette cohérence, elle nous a parfois été reprochée. Rassembler la gauche pour rassembler les Français.

Nous l'avions peut-être un peu trop perdu de vue parce que le balancier entre la droite et la gauche faisait qu'on pouvait revenir et espérer revenir au pouvoir régulièrement. Mais l'émergence d'un troisième bloc politique nous a rappelé à cette responsabilité centrale qui a toujours fait l'histoire du Parti Socialiste. rassembler sa famille puis rassembler la gauche et rassembler les Français. Voilà l'œuvre que nous avons portée. Voilà la voie que nous avons tracée. C'est ce qui nous a permis d'ailleurs, mes chers camarades, aux municipales. Et il y a de nombreux maires ici, Johanna Roland, maire de Nantes qui est devant moi que je salue et tous les autres. Vous pouvez l'applaudir.

Au départemental, mon cher Stéphane et tous les autres présidents de département. Au régional, François Bonneau, je ne sais pas s'il est là, je ne l'ai pas vu, mais tous nos présidents de région d'obtenir de très belles victoires. D'obtenir de très belles victoires alors que là encore, rien n'était acquis. On nous promettait parfois, ça et là, dans des endroits, le goudron et les plumes. Non seulement nous avons résisté dans nos régions, dans nos départements et dans nos mairies, mais nous avons progressé.

Et je veux ce soir adresser mes pensées, mes remerciements à nos amis de Montpellier, Mickaël de La Fosse, de Nancy, Mathieu Klein, de Marseille, Benoît Payan, qui ont été au cœur de ces conquêtes au moment des élections municipales. Et ils ont été au cœur de ces conquêtes au moment des élections municipales parce qu'ils ont suivi aussi cette voie et ce chemin du rassemblement de toutes les forces de gauche ou en tout cas d'un maximum des forces de gauche pour construire ces belles victoires. Et il faut le dire, il faut le dire là aussi avec honnêteté et lucidité. Après ces élections départementales, municipales, régionales, plutôt réussies pour notre famille politique.

Nous, nous sommes dit collectivement qu'il y avait là un espace que sans doute les Français nous avaient tout pardonné et qu'il suffirait de revenir et de désigner la première d'entre nous, notre candidate Anne Hidalgo à l'élection présidentielle qui a fait, je veux le dire, je veux nous le dire, une campagne remarquable, avec courage. Nous l'avons toutes et tous accompagnée. Nous l'avons portée et je veux saluer une nouvelle fois Johanna, mais aussi Patrick Cannaire qui était à ses côtés pendant toute cette campagne.

Mais malheureusement, nous avons vu et c'est aussi une réalité que ces belles victoires locales, que cette merveilleuse équipe de France des maires, que ces projets issus de nos territoires, que cette façon formidable que nous avions de changer la vie des gens ne suffisait pas à transformer un projet présidentiel et ne suffisait pas à reconquérir le cœur des femmes et des hommes de gauche. Alors, cette élection présidentielle, elle a démontré plusieurs choses. Et la leçon principale que je crois nous avons toutes et tous retenue, c'est qu'une gauche désunie, c'est l'assurance d'un second tour entre la droite et l'extrême droite.

Qu'une gauche désunie, c'est l'assurance de l'absence de la gauche au deuxième tour de l'élection présidentielle pour la troisième fois en 20 ans. Et c'est d'ailleurs, et c'est d'ailleurs, mes camarades, le message que nous ont envoyé les Françaises et les Français de gauche, ces femmes et ces hommes qui ont besoin de nous, c'est celle de voir porter leur suffrage principalement sur celui qu'elles considéraient comme le mieux placé pour les amener au second tour. C'est cette envie-là, c'est cette volonté de victoire qui a été amenée. Eh bien, je vous le dis, ce message, nous l'avons très clairement entendu. Ce message, nous l'avons accepté, regardé, et ça a été difficile avec lucidité.

Et c'est pourquoi, très vite, pour construire les élections législatives, il était essentiel pour nous de répondre à cette attente en continuant à s'engager avec courage mais aussi avec audace dans cette dynamique du rassemblement en essayant d'aller toujours plus l'élargir. Oui, comment ne pas entendre ce message que je vous avais et vous avez été encore nombreux ce week-end à me le dire, toutes et tous entendus sur les marchés pendant la présidentielle et après et même depuis de nombreuses années. Mais bon sang, rassemblez-vous, travaillez ensemble.

Combien de fois dans ma ville de Saint-Vallier, quand j'allais boire un café, les électeurs me disaient mais écoute Pierre, vous commencez à nous emmerder. Enfermez-vous dans une pièce, mettez-vous sur la gueule pendant 15 jours, sortez avec un truc et on votera pour vous. Eh bien, c'est ce qu'on a fait. C'est ce qu'on a fait. Et ça a été difficile. Oui, ça a été difficile. Je vous le dis, je nous le dis. Ça a été difficile, mes camarades. Et certains, j'en ai encore croisé tout à l'heure, ça a été difficile de devoir appeler certains camarades. parfois même des amis de très longue date, engagés, élus municipaux, impliqués dans leur territoire, engagés associativement.

Ça a été très difficile de leur dire. On a fait un accord politique et oui, tu n'es plus candidat sur cette circonscription. C'est un candidat issu de la France insoumise. C'est un candidat issu du Parti communiste. C'est un candidat issu d'Europe écologie les Verts. C'était difficile, oui. Mais nous l'avons fait. Pourquoi nous l'avons fait ? Parce qu'au-delà de nos cœurs, de nos tripes, de nos tripes de militants, il y avait quelque chose qui nous obsédait et qui était bien plus grave, qui nous dépasse toutes et tous dans nos partis politiques.

C'était cette alerte de voir la gauche disparaître définitivement du paysage politique et de laisser l'extrême droite comme seule opposant au président de la République et aux libéraux. C'était de voir par le risque de disqualification partout dans le pays de femmes et d'hommes de gauche et de ne plus avoir voix au chapitre. Parce que, oui, les idées sont immortelles, mais nous pouvons être toutes et tous balayés au moment d'élection. Et c'est pour ça que nous avons construit cette nouvelle union populaire, écologique et sociale. Alors, évidemment, je le disais, cet accord n'est pas parfait. Je le reconnais. Et je m'en excuse pour celles et ceux que nous avons pu blesser.

Je vous le dis humblement. Oui, cet accord n'était pas parfait, mais aucun accord n'est parfait. Mais je vais vous faire une confidence. Moi, j'ai une grande fierté dans tout ça. C'est que nous sommes parvenus en quelques jours, 13 jours, 13 nuits, c'est ce que racontera, je crois, pendant longtemps la légende, à dépasser et à surmonter 15 années, 15 très longues années de fracturations, d'anathèmes et parfois même d'insultes entre nous. Regardons lucidement les choses. Qu'avons-nous permis avec ce rassemblement de réveiller un formidable espoir ? Celles et ceux qui ont eu la chance de la vivre en tant que candidat comme ce fut mon cas.

Je n'avais jamais fait une campagne électorale avec autant d'enthousiasme. Jamais je n'étais autant remercié sur les marchés de femmes et d'hommes qui nous disaient enfin vous avez su vous mettre d'accord, vous avez su construire ensemble. Alors bien sûr, ça et là, il y avait des critiques et d'autres candidats, d'autres partis avaient des critiques. Vous savez, quand un candidat à LFI allait se présenter avec l'étiquette socialiste en bas de son bulletin de vote, il avait des critiques. Et quand les socialistes avaient sur leur bulletin de vote le logo de la France insoumise, ils avaient des critiques. Mais c'est ça l'histoire de la gauche.

C'est cette diversité-là c'est cette capacité à dépasser ça. Nous avons aussi pour nous socialistes et ça, nous pouvons collectivement en être fiers. Changer le regard que les Français portent sur nous. Changer à nouveau le regard que les Français portent sur nous. Parce que, comme le disait François Mitterrand et j'ai souvent entendu cette phrase dans les couloirs, dans nos débats et dans la presse, oui mais nous sommes la gauche de gouvernement. Et comme le rappelait François Mitterrand, le parti socialiste avant d'être la gauche de gouvernement, c'est la gauche.

Et avec cet accord, mes chers camarades, tous les Français, toutes les Françaises, savent que oui, le parti socialiste, c'est la gauche. Que oui, le parti socialiste est au cœur de la gauche. Tout le monde le sait. Plus personne, aujourd'hui, n'a de doute. Et puis, cet accord, il nous a permis aussi, et ce n'est pas rien pour changer la vie des gens. Oui, nous n'avons pas gagné. Mais il nous a permis de doubler le nombre de parlementaires de gauche à l'Assemblée nationale. De doubler le nombre de parlementaires de gauche à l'Assemblée nationale. D'être la première force d'opposition au gouvernement.

Et bien entendu, de faire élire une trentaine de députés socialistes qui représentent cette force formidable. Arthur, Anna, Mélanie, Iñaki, Jérôme, Fatia, Boris, Christine, Dominique, et toutes celles et ceux que j'oublie, je veux vous dire, mes chers camarades, mes amis, que vous êtes notre fierté. Je veux vous dire surtout à quel point nous avons besoin de vous. Oui, nous avons besoin de vous pour porter nos valeurs dans les années qui viennent. Parce que je vous le dis également, la nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale. Nous pouvons en être satisfaits. Nous pouvons avoir eu des débats ou la regretter. Aujourd'hui, l'étape, elle est faite, elle est franchie.

Et le Rassemblement de la Gauche, plus personne ici, dans cette salle, j'en suis certain, ne veut le fracturer. Mais la nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, ce n'est pas une fin. C'est un commencement. Mes chers amis, mes chers camarades, c'est maintenant que tout commence. Oui, c'est maintenant que tout commence. À nous, socialistes, de faire vivre ce rassemblement avec fierté. À nous, socialistes, de faire preuve de propositions que nous voulons porter et des débats que nous voulons transmettre dans la société. À nous, socialistes, de porter ces combats que nous menons avec fierté.

et oui, cet idéal à porter, à construire, ce formidable idéal socialiste qui a été rappelé et qui vit depuis des décennies et qui vivra encore demain longtemps que nous allons renforcer. Nous avons, et nous pouvons aussi mettre ça en avant, une expérience du pouvoir, une expérience de la gestion de nos collectivités qui change dans les régions, dans les villes, dans les villages, concrètement, la vie des gens, qui change concrètement la vie par des mesures qui parfois sont des mesures radicales mais qui sont avant tout le cœur de ce que les socialistes savent faire et de ce que nous saurons faire demain. Alors, mes chers camarades, c'est à nous de jouer. Oui, c'est à nous de jouer.

À nous, d'aller chercher ces nouveaux adhérents, ces nouveaux adhérents que nous voyons arriver de plus en plus nombreux. J'en ai rencontré nombreuses et nombreux dans nos débats qui venent nous dire « Je viens pour la première fois, je réadhère au Parti Socialiste. À nous de leur faire remplir encore un peu plus nos rangs, de nous renforcer. À nous d'aller chercher ces partenaires associatifs avec lesquels nous savons parfaitement travailler dans nos territoires et qui nous permettent de gagner encore au niveau territorial. À nous d'écouter plus pour proposer mieux. À nous, mes camarades, de changer nos méthodes de mobilisation comme nous avons déjà commencé à le faire pendant son campus.

À nous de continuer de faire émerger cette nouvelle génération tout en s'appuyant sur celles et ceux qui, depuis des années et des décennies, portent avec nous le Parti Socialiste parce que nous aurons besoin de tout le monde, d'un Parti Socialiste uni et rassemblé. C'est le chemin, mes chers camarades, mes chers amis, pour aller chercher de nouveaux électeurs. C'est le chemin pour construire un nouveau socialiste puissant et utile à la gauche et aux Français. Alors, mes camarades et mes amis, pour terminer, je voudrais vous rappeler puisque c'était le démarrage de ses conclusions.

Ce que disait Léon Blum est que nous ne nous perdrons jamais de vue qu'avec Olivier et avec chacune et chacun d'entre vous, nous allons porter, nous allons déployer. Léon Blum rappelait une chose simple mais qui est évidente. Il n'y a pas et il n'y aura pas de victoire possible de la gauche dans ce pays et de grandes transformations sociales sans les socialistes. Alors, mes camarades et mes amis, au travail, nous avons besoin de vous et nous comptons sur vous. Vive le parti socialiste, vive la nouvelle union populaire, écologique et sociale et vive la gauche.

1:06:14
Invité

Pierre est parti un peu vite de l'estrade. Et oui, bravo Pierre, bravo. Il est temps maintenant d'accueillir celui qui va non pas conclure ce campus mais l'ouvrir sur l'avenir. Il est temps d'accueillir celui qui, en 2018, quand plus personne ne voulait de nous au sein de la gauche, a, avec humilité et détermination, pris le temps et le risque à la fois d'assumer mais aussi d'analyser, de faire l'inventaire. Il est temps d'accueillir celui qui n'a jamais dévié de la reconstruction quand d'autres chemins plus faciles s'ouvraient. Il est temps d'accueillir celui qui a su dessiner nos combats communs.

Il est temps d'accueillir celui qui a oeuvré sans relâche en faveur de l'unité de la gauche et des écologistes. Il a permis ce que beaucoup pensaient impossible. Je vous demande d'accueillir mon ami, notre ami, notre premier secrétaire Olivier Faure.

1:08:45
Présentateur

Donc, attendez la fin peut-être mais en tout cas je voulais vous remercier d'être à la fois pour cette nouvelle édition de notre campus à Blois et pour tout vous dire même si les vacances après cette année de campagne et cette rentrée parlementaire étaient en réalité attendues, je dois vous dire qu'il y avait une certaine hâte de ma part à vous retrouver tant il me semble que la période suppose notre pleine et entière mobilisation. Je souhaite évidemment remercier Marc Grécourt le vin de cette ville pour son accueil chaleureux amical et c'est vrai que Marc a tout fait pour que nous nous sentions ici chez nous à tel point que c'est vrai maintenant on se croit chez nous.

Merci à Karine Karine Gouanec-Morin qui a présidé comme chaque année cette édition et qui vous pouvez applaudir l'un comme l'autre et Karine elle transmet toujours son enthousiasme sa passion et sa bienveillance et donc c'est toujours avec charme et avec grâce que nous accueillent et c'est toujours formidable donc merci Karine.

Je veux remercier Carole Carole Delga qui est partie parce qu'elle devait partir à d'autres rendez-vous mais qui a présidé les travaux de la FNESER et c'est une très belle édition avec nos élus et je veux même si ça a déjà été fait redire mon amitié et mes remerciements vraiment chaleureux pour celles et ceux qui parmi nos partenaires ont fait à nouveau le chemin de Blois dans un moment qui effectivement permet peut-être dans une atmosphère différente des fois précédentes de nous retrouver mais leur dire que nous apprécions particulièrement leur engagement à nos côtés depuis longtemps et donc merci chère Clémentine merci à Alexis Corbière qui n'est plus parmi nous mais qui était là ce matin avec Loïc Prudhomme merci à Yannick Jadot qui lui aussi est reparti merci à Claude Gruffat pour le parti communiste merci à Aurore Laluc qui est notre députée européenne avec celui qui demain sera certainement l'un de ceux qui concluront ce campus par son témoignage au retour d'Ukraine je veux saluer Raphaël Glucksmann je veux saluer également le parti socialiste européen pas seulement parce que chaque année il aide au financement de ce campus ce serait déjà en soi une bonne raison mais je veux les remercier pour leur soutien et peut-être vous rappeler quelque chose qui a échappé à beaucoup à un moment où certains cherchaient à nous opposer entre socialistes et notamment insoumis sur la question européenne le PSE avait pris position très clairement en faveur de cet accord de la NUPES et je veux les remercier donc pour leur soutien remercier nos amis René Repasi du SPD André Sejna vice-président du New Left polonais les représentants aussi de la société civile et les intellectuels pour leur contribution à nos débats Vincent Tibéry Frédéric Gilly Dominique Sopo Pascal Brice Anne-Lorraine Bujon Claire Toury François Perret Tariq Touharia Dominique Ourance Sébastien Rocher Chloé Ridel et puis je veux évidemment remercier avec à la fois affection mais aussi une immense reconnaissance celles et ceux qui font vivre nos valeurs nos principes à la fois à l'Assemblée derrière notre nouveau président de groupe Boris Vallaud que je salue derrière Patrick Cannaire au Sénat derrière Sylvie Guillaume au Parlement européen et remercier et remercier aussi celles et ceux qui dans les territoires font vivre l'ensemble de nos régions départements mairies alors ils sont tellement nombreux que je ne peux pas tous les citer mais je cite simplement celles que je vois et qui ce soir les représentera tous je veux saluer mon ami Johanna Roland last but not least comme disent les anglo-saxons je veux aussi saluer parce que vous me saluez beaucoup ça me touche évidemment mais un premier secrétaire ce n'est jamais que le premier des secrétaires et il y a avec moi une équipe de secrétaires secrétaires nationaux femmes et hommes de talent parfois jeunes ça a été dit souvent jeunes de plus en plus jeunes ce qui fait que on se sent nous autres de plus en plus vieux mais dire que sans cette direction nationale eh bien rien n'aurait jamais été possible et tout ce qui m'est attribué en réalité doit l'être à cette équipe formidable qui est un soutien indispensable et avec laquelle je travaille en parfaite confiance maintenant depuis 4 ans alors nous avons passé ensemble deux jours à réaffirmer pour qui et avec qui nous voulions nous battre nous l'avons fait en prenant soin de tirer les enseignements de la séquence électorale qui vient de s'achever et qui continue de bouleverser l'échiquier politique et nous avons esquissé ensemble les différentes façons de mener ces combats pour tous et partout nous avons nous en avons débattu en toute franchise en nourrissant la discussion de tout ce que nous avions vécu mais aussi de nos doutes de nos espérances avec nos convictions nos attentes et j'aurai l'occasion d'y revenir mais je veux d'ores et déjà vous redire merci à toutes et tous qui êtes ici parce que j'aurais dû commencer par vous comme nous y invitait hier Frédéric Gilly parce qu'il y a celles et ceux que l'on connaît celles et ceux qui passent à la télévision celles et ceux qui ont parfois l'honneur moins souvent la gloire mais il y a aussi celles et ceux qui de manière complètement désintéressée qui n'ont jamais rien demandé qui n'ont jamais rien obtenu qui n'ont jamais été remerciés que par la victoire des autres et qui l'ont fait parce qu'ils ont le sentiment que ce sont leurs valeurs leurs principes qui sont défendus par d'autres qu'eux je veux donc vous remercier vous toutes et tous militantes et militants qui nous avez permis de traverser toutes les tempêtes et de rester ce que nous sommes merci à toutes et tous du fond du coeur alors chers camarades dans quel contexte évoluons-nous les défis qu'affronte notre pays notre continent et même la planète entière sont abyssaux l'accélération des effets du changement climatique la guerre en Europe les tensions internationales le retour d'une inflation structurelle la défiance démocratique la montée des obscurantismes et des nationalismes tout se conjugue et s'entretient notre souveraineté sanitaire a été interrogée par la crise de la COVID notre souveraineté alimentaire est maintenant fragilisée par le réchauffement climatique notre souveraineté énergétique est-elle mise en défaut par la guerre en Ukraine la vie de tempête est lancée et hélas face au grand dérèglement je dis hélas face au grand dérèglement tout appelle à un changement à une bifurcation à des ruptures si nous ne voulons pas entraîner le monde dans le chaos et c'est là que je devrais plutôt glisser mon hélas hélas le président de la république celui qui a été réélu n'a ni cap clair ni majorité absolue et même si cela ne vous inquiète pas vraiment mais qui pourrait l'inquiéter lui dans le bateau présidentiel il y a déjà beaucoup de chahut avec un équipage qui est autant préoccupé par l'intérêt des françaises et des français que de savoir quel est le quartier maître qui pourra un jour remplacer à la barre le capitaine réélu sans véritable programme il s'appuie sur une doctrine qui n'a hélas aucune des réponses aux défis qui se posent tout ce qu'il faudrait faire est étranger aux néolibéraux à leur conception des rapports économiques et sociaux réguler corrigé redistribuer planifier aucun de ces verbes n'appartient à leur vocabulaire aucun si je continue dans le contexte dans lequel nous sommes c'est aussi pour évoquer là encore hélas l'entrée en force de l'extrême droite au parlement j'y reviendrai de notre côté la nouvelle union populaire écologique et sociale a permis de renforcer l'opposition et d'assurer à toutes ses composantes une représentation parlementaire mais là aussi soyons lucides nous avons ensemble réveillé une espérance c'est vrai mais nous n'avons pas non plus remporter cette élection la promesse du premier tour c'est pour une large part évanouie au second du fait de la fusion dans les urnes des électorats de la droite et de l'extrême droite l'appel à un troisième tour a permis de maintenir en partie l'attention sur les élections législatives mais disons là aussi les choses l'objectif n'est pas atteint notre projet partagé n'a pas triomphé du doute il faut donc comme dirait Jean-Luc Mélenchon faire mieux il y a d'abord une bataille culturelle à engager j'en veux pour preuve la mauvaise curelle sur l'assistanat qui est désormais reprise par l'ensemble des droites jusqu'à l'Elysée les bénéficiaires du RSA ne sont plus les victimes d'un système qui ne leur a pas laissé de place mais décrit comme les paresseux qui vivent au crochet de la société alors je sais bien que m'opposant à ce discours je ne risque pas la popularité mais je voudrais malgré tout que chacun au-delà de nos rangs entende ce que j'ai à dire il est exact que ceux qui travaillent ont des revenus qui ne les distinguent pas assez de celles et ceux qui vivent des revenus de solidarité mais ce n'est pas parce que le montant des aides est trop important c'est parce que celui des salaires est trop faible et ce qui n'est pas acceptable ce qui n'est pas acceptable c'est d'avoir aujourd'hui un salaire minimal qui est en réalité si proche du seuil de pauvreté et puisque nous invoquons aujourd'hui la mémoire de Léon Blum revenons oui revenons ensemble à ce qu'il appelait la république du travail la république du travail c'est d'abord celle des travailleurs j'entends les droites oui je les entends ça m'arrive je les écoute même clamer hypocritement leur volonté de défendre la valeur travail mais quelle valeur lui accorde-t-il s'il n'est pas correctement rémunéré la république en marche agir le modem LR et le RN et ont rejeté dans un même mouvement dans un vote commun l'augmentation du SMIC à 1500 euros que nous avions défendu tous ensemble et au moment où l'inflation s'installe durablement et menace de dépasser toutes les prévisions je veux rappeler à ceux qui se croient se disent les rigoureux les bien-pensants qui en relativisent les conséquences il en est et bien cette hausse des prix elle frappe d'abord les produits de première nécessité énergie alimentation logement les effets de l'inflation sont donc beaucoup plus puissants pour les ménages modestes et derrière les moyennes se cachent de profondes inégalités alors chers amis chers camarades qu'est-ce que nous défendons quand nous défendons la république du travail la république du travail c'est d'abord un salaire qui permet de vivre dignement et de faire vivre dignement sa famille la république du travail c'est partager le pouvoir dans l'entreprise pour partager la richesse avec 50% de salariés dans les conseils d'administration en face de celles et ceux qui représentent le capital la république du travail c'est la protection contre les accidents de la vie professionnelle en maintenant un régime puissant d'assurance chômage la république du travail c'est reconnaître qu'un travail égal le salaire doit être égal quel que soit son genre la république du travail c'est refuser la régression des droits des salariés par l'ubérisation de pans entiers de l'activité la république du travail c'est le droit au repos des 60 ans à commencer par celles et ceux qui ont travaillé tôt et celles et ceux qui s'usent en égressant un travail pénible la république du travail c'est de refuser que la rente soit désormais moins imposée justement que le travail et que nous proposent les droites des salaires qui augmentent moins vite que l'inflation des nouvelles restrictions chaque semestre maintenant pour obtenir le bénéfice de l'assurance chômage la passivité sur les inégalités salariales le refus d'accorder aux nouveaux esclaves ubérisés la présomption de salariat que pourtant notre camarade Nicolas Schmitt à la commission européenne propose à tous les européens le recul de l'âge légal de départ à la retraite le maintien de la flat tax qui privilégie les revenus de la spéculation sur ceux de l'activité alors je le dis en notre nom à tous nous ne laisserons rien passer sur tous ces sujets nous reviendrons au parlement ensemble toute la gauche et les écologistes nous tendrons effectivement la main à la majorité relative et nous verrons bien quel contenu ils donnent à leur progressisme progressisme qui ressemble à s'y méprendre au réformisme mot capté à l'époque par Edouard Balladur et qui était là pour emballer ses projets les plus régressifs mais que chacun le sache ici et ailleurs rien de notre part ne sera voté contre les travailleurs les salariés les employés les artisans les agriculteurs les indépendants sans la complicité des droites et de l'extrême droite parce que nous nous n'en serons pas il y a aussi chers camarades un débat qu'il faut ouvrir un débat sur le partage de la valeur ajoutée qui ne peut plus être ignoré je vois depuis quelques jours les uns et les autres les ministres s'approcher des caméras de télévision et les uns après les autres venir nous expliquer très churchillien que les temps appellent de la sueur et des larmes mais leurs sueurs et leurs larmes elles sont toujours pour les mêmes les chiffres sur les super profits sont éclairants comme le rejet par le gouvernement de l'amendement que nous avions déposé avec l'ensemble de nos partenaires sur la taxation des super profits et qui était défendu pour pour notre groupe par Christine Pires-Bone que je salue de même en 2021 le CAC 40 a fait exploser son précédent record qui datait de 15 ans je ne sais même pas si ici quelqu'un peut comprendre ce que représente ce chiffre 164 milliards d'euros de bénéfices dans l'année qui s'est écoulée du jamais vu mais pour le gouvernement il est surtout urgent de ne rien exiger c'est Bruno Le Maire qui le répète sur tous les tons il faut se garder je le cite plus que tout d'augmenter les impôts ce qu'il ne nous dit pas ce qu'il ne vous dit pas mais que révèle l'OCDE cette officine gauchiste bien connue c'est que la part des recettes de l'Etat pesant sur les individus a doublé en 30 ans et qu'elle pèse aujourd'hui 22% là où elle pesait 11% seulement il y a 30 ans et pendant ce temps là la part de l'impôt sur la société elle elle a baissé les entreprises et leurs actionnaires ont bénéficié au cours de ce quinquennat des largesses innombrables du gouvernement je les cite rapidement fin de l'ISF allègement de la fiscalité sur les dividendes avec la flat tax réduction de 8 points de l'IS baisse des impôts de production on nous annonce déjà la suppression de la CVAE n'en jetez plus et les patrons les grands patrons utilisent le bouclier des PME pour légitimer leur demande mais là aussi je voudrais vous donner quelques chiffres parce qu'ils sont éclairants et qu'ils disent que dans le combat que nous menons et bien y compris les chefs entreprises des PME et TPE devraient nous rejoindre parce que les PME et les TPE dans notre pays les 197 000 TPE et PME ont un taux d'imposition réel parce qu'ils n'optimisent pas parce qu'ils n'ont pas une armée de fiscalistes parce qu'ils n'échappent pas à l'impôt et bien ces 197 000 entreprises ont un taux d'imposition réel qui est supérieur de 7 points aux grandes entreprises alors oui il faut bouger exiger le président nous a dit que le temps de l'abondance est terminé mais pour qui avait-il vraiment commencé certainement pas merci certainement pas pour les 10 millions de nos concitoyens au passage je le dis 10 millions de nos concitoyens c'est l'équivalent de la population d'un pays comme le Portugal et bien pour 10 millions de nos concitoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté je ne sais pas quand a commencé le temps de l'abondance et j'aimerais savoir aussi dans l'esprit du président pour qui est-ce terminé parce que ce que nous observons cette semaine c'est que les entreprises du CAC 40 n'ont pas hésité à partager les fruits de leurs moissons exceptionnels avec leurs actionnaires alors que et même nous sommes on nous dit toujours les français les pauvres c'est toujours toujours à pleurs nichés mais la réalité c'est que en France nous battons même des records parce que nous faisons encore mieux que tous les autres pays alors que la moyenne des autres pays a été une hausse de 11% en France c'est le triple 33% d'augmentation des dividendes en un an qui peut accepter que pendant que les français sont appelés à la sobriété ce soit l'ébriété générale le CAC 40 et bien je le dis pas nous pas nous parce que face à cette scandaleuse explosion des inégalités j'ai proposé hier j'ai proposé hier que l'ensemble des parlementaires de la nouvelle union populaire écologique et sociale dépose à la rentrée parlementaire un projet de référendum initiatif partagé français français êtes-vous êtes-vous favorables ou non à la taxation des super profits pour vous rendre du pouvoir d'achat et engager la transition écologique et nous verrons alors et nous verrons alors quels sont les députés les sénateurs courageux prêts à joindre leur signature à celle de la gauche et avec toutes celles et ceux qui partagent l'objectif nous irons ensemble collecter les signatures des français et nous créerons le rapport de force nous forcerons la porte que le gouvernement se refuse obstinément à ouvrir alors que partout en Europe les gouvernements s'y emploient jusqu'à l'ONU où le secrétaire général Antonio Gutiérrez a exhorté tous les gouvernements à taxer les profits excessifs et à utiliser les fonds pour les personnes les plus vulnérables ce combat ce combat nous pouvons le remporter dès à présent par notre mobilisation de l'opinion comme nous avions su le faire avec déjà la gauche rassemblée contre la privatisation d'ADP bien sûr comme chaque fois les obstacles se multiplieront les intimidations comme les opérations de séduction alors aux nouveaux élus qui tout à l'heure ont été cités je le dis ils vous inviteront dans leur loge aux grands événements sportifs et culturels ils vous feront goûter aux merveilles de la cuisine française dans les restaurants étoilés ils vous laisseront même penser que vous appartenez au même monde que celui des gens éclairés qui connaissent la marge du monde et qui savent qu'elle est forcément inégalitaire ils tenteront de corrompre vos esprits en vous incitant à partager un intérêt supérieur qui comme par hasard coïncide très exactement avec leurs intérêts propres alors je le sais vous leur répondrez vous leur répondrez en effet il faut créer des richesses avant de les redistribuer mais le capital lui se transmet principalement par héritage et ses titulaires prennent rarement des risques quand ils ne sont pas calculés dès que leur placement rapporte moins ils sont toujours les premiers à quitter le navire et quand il s'agit de nouvelles d'Odyssée industrielle à lancer et bien là quand il faut réaliser de nouveaux travaux de recherche c'est toujours vers l'état que ces industriels se retournent oui c'est vrai il faut rémunérer le talent mais qui honnêtement peut justifier des écarts de salaire je reprends une expression pourtant plutôt chiracienne mais qui sont abracadabrantes les revenus des salariés fondent avec l'inflation pendant ce temps là les patrons du CAC 40 toujours eux se voient accorder des rémunérations extravagantes qui ont tenez-vous bien doublé en 2020 pendant la crise sanitaire mais dans ce pays qui crée la valeur le dirigeant sans aucun doute mais avant tout ce sont les milliers de salariés et de femmes et d'hommes qui chaque matin se lèvent qui inventent qui produisent qui commercialisent et ceux que ne veulent pas entendre les puissants c'est cet appel à l'exemplarité auquel plus personne ne peut se soustraire le débat qui s'est installé sur la régulation nécessaire des jets privés en témoigne à ce titre d'ailleurs je trouve terrible d'avoir vu le président sursauter au mot même de régulation prononcée par le ministre des transports dans son propre gouvernement régulation comme si ceux qui polluent et bien ne devaient pas ceux qui polluent le plus ne devaient pas être aussi ceux qui contribuent le plus alors qu'aujourd'hui il contribue le moins à la bifurcation écologique nécessaire les catastrophes climatiques se multiplient canicules sécheresse assèchement des zones humides incendies de forêt orages violents tempêtes inondations glissement de terrain la France l'Espagne le Portugal l'Algérie le Maroc tout le bassin méditerranéen subit de plein fouet l'accélération du réchauffement climatique c'est à chaque fois des conséquences en chaîne un infernal et saisissant jeu de domino des catastrophes qui touchent désormais chacun d'entre nous dans sa propre chair on l'a vu en Gironde dans les Landes le Jura en Aveyron et même en Bretagne et je tiens à saluer la mobilisation des conseils départementaux des communes et des forces de secours qui se sont dévouées nuit et jour pendant des semaines entières et d'ici une vingtaine d'années ce sont plusieurs centaines de millions d'habitants du bassin méditerranéen qui seront considérés comme pauvres en eau et l'eau chacun le sait ici c'est la vie le débat sur les mouvements migratoires n'a aucun sens pris indépendamment des ressources et des conditions de vie de tous nos voisins ce ne sont pas des barbares qui rêvent de toucher le RSA comme certains l'affirment qui franchiront demain la méditerranée au péril de leur vie ce seront des dizaines de millions de familles qui prendront la route de l'exil pour fuir les nouveaux déserts abandonnant ce qu'il leur reste pour tenter de survivre parce que depuis la naissance de l'humanité les femmes les hommes les enfants se déplacent au gré au gré des conditions climatiques et des conflits de territoire qui souvent en nourrissent les causes alors le débat ne portera plus sur les ports que le gouvernement ferme à un aquarius le gouvernement nous dit vouloir prochainement un débat sur l'immigration et bien nous y sommes prêts mais traitons-le vraiment traitons-le vraiment jusqu'au bout traitons-le aussi les causes de l'immigration à venir traitons-le la question du réchauffement climatique parce que vous connaissez la célèbre série Game of Thrones qui commence par cette annonce Winter is Coming pour nous l'alerte que nous refusons d'entendre c'est plutôt Summer is Coming mais chacun ici le sait ce que je viens de décrire n'est pas le scénario d'une dystopie pour une plateforme de streaming vidéo non il s'agit d'une réalité déjà mesurable et l'été que nous venons de vivre en a fait la démonstration il est même possible probable que l'été que nous venons de connaître soit le plus frais du reste de notre vie et il y a quelque chose de consternant à ce que les années passent avec les mêmes récurrences le sentiment d'un jour sans fin avec ce même questionnement lancinant quel monde allons-nous laisser à ceux qui nous survivront et rien ne se passe les forces d'inertie sont toujours les plus fortes il m'arrive de penser que nous habitons la quatrième planète visitée par le petit prince faites appel à vos souvenirs ou à vos lectures récentes avec vos enfants la quatrième planète visitée par le petit prince c'est celle du businessman le businessman il compte et il recompte et il compte encore et il recompte toujours ce qu'il possède en réaffirmant à chaque interruption du petit prince qu'il est lui lui oui oui lui il est un homme sérieux à cette logique des gens qui se pensent très raisonnables et qui confirment parfois à l'absurde le petit prince oppose lui la relation qu'il entretient avec sa fleur une rose posséder posséder pour lui c'est être utile alors est-ce que notre monde est vraiment sérieux c'est la question aujourd'hui que nous posent tous les petits princes et auxquels nous répondons que nous ne voulons pas être dérangés dans nos comptes alors oui cette transition va coûter cher très cher mais comment expliquerez-vous comment expliquerons-nous que nous avions connaissance de la sixième extinction de masse et que nous n'avons rien fait comment justifierons-nous notre indolente procrastination procrastination comment expliquerons-nous que nous avons mis autour de 200 milliards d'euros sur la table pour la crise sanitaire parce qu'elle menaçait notre activité immédiate mais que nous n'avons pas su en faire autant pour préserver le monde d'une catastrophe supérieure comment expliquerons-nous que le plan de relance n'a même pas été conditionné à la résilience climatique comment démontrerons-nous que notre créancier principal n'était pas le climat mais les fonds de pension Bruno Le Maire les deux pieds sur les freins nous explique que la dette française a atteint la cote d'alerte mais de quelle alerte et de quelle dette devrons-nous nous traiter prioritairement cette dette climatique elle ne se remboursera jamais si nous la laissons en héritage à nos enfants ils la paieront sans fin et notre responsabilité elle est là alors oui assez de relativiser assez de cette justification facile où l'on ne dénombre que nos propres émissions de gaz à effet de serre sans y ajouter nos importations pour mieux nous déculpabiliser délocaliser la pollution ce n'est pas une réponse c'est une hypocrisie et donc assez d'inaction au motif que seuls nous ne viendrons pas à bout d'un phénomène mondial si personne ne donne l'exemple chacun trouvera toujours la justification dans l'immobilité du voisin la réalité c'est que l'Occident par son avance industrielle et technologique a davantage contribué à l'anthropocène que tous les autres continents et c'est de Paris que sont nés les accords de la COP 21 et donc il y a maintenant là un message universel à défendre que la France oui que la France doit servir alors oui il faut planifier un effort massif de transformation de notre économie oui il faut plaider pour la sobriété énergétique oui il faut mettre les moyens massifs d'une rénovation thermique des logements oui il faut manger mieux et plus local en favorisant nos éleveurs et nos agriculteurs oui il faut rénover notre réseau d'eau parce que nous perdons chaque année nous gaspillons chaque année un milliard de mètres cubes d'eau potable et oui il faut des écluses aux frontières de l'Union Européenne pour faire payer l'empreinte carbone aux produits importés oui il faut déployer comme jamais les énergies renouvelables en attendant d'atteindre le rendement nécessaire le parc nucléaire lui doit être non pas prolongé enfin si prolongé tant que nous n'avons pas réussi à atteindre la maturité avec les énergies renouvelables et le faire avec le grand carénage oui il faut équiper le territoire de points de recharge pour accompagner le passage aux véhicules électriques oui c'est vrai gérer les déficits c'est important mais préparer l'avenir ça ne l'est pas moins et si le gouvernement cherche à faire baisser nos déficits il y a 80 milliards qui échappent chaque année à l'impôt par la fraude le total le total des redressements notifiés a baissé pendant ces 5 ans de 20% le nombre même des vérificateurs n'a cessé de baisser alors qu'ils font face à des armées de fiscalistes alors si le gouvernement cherche des astuces des conseils des pistes et bien la solution prioritaire ce n'est pas la poche des français c'est d'aller chercher l'argent là où il se trouve en luttant efficacement contre la fraude et c'est ce que nous ferons ensemble avec toute la gauche avec la Côte d'Ottawa des Finances dès les prochaines semaines ces combats en faveur de la bifurcation pour un partage des profits pour une république du travail ces combats sont des combats socialistes il y en a tant d'autres je ne pourrais pas tous les citer j'aurais pu en citer quelques autres l'école du zéro décrocheur garantit la réussite de toutes et tous n'est-ce pas Yannick la lutte contre les désirs médicaux et la défense de l'hôpital public si maltraité la lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes la mise en place d'un bouclier logement la lutte pour rétablir une police républicaine de proximité mais je dois me résumer alors que portons-nous en tant que socialistes au 19ème siècle la grande question était celle du régime politique monarchie empire ou démocratie au début du 20ème la question sociale s'est imposée à son tour et c'est l'immense Jaurès qui fut l'auteur de cette synthèse invitant ses contemporains et nous derrière lui derrière eux à mettre en place la république sociale en ce début du 21ème siècle s'est ajouté l'impératif écologique et c'est à nous maintenant désormais de porter cette nouvelle synthèse pour une république sociale et écologique parce que tout se tient c'est dans le c'est dans le refus de l'exploitation jusqu'à la prédation par quelques-uns du travail et de la nature qu'est né le socialisme elle est là notre mission historique elle porte un nom un nom simple celui de justice oui justice et notre engagement inconditionnel européen est lié aussi à cette volonté parce que nous croyons que c'est l'espace dans lequel peuvent se programmer les investissements c'est l'espace de la protection aussi bien militaire que monétaire c'est le vecteur d'une action internationale pour le climat et la coopération c'est l'espace de partage des valeurs et d'un mode de vie que nous avons contribué à forger avec les socialistes européens les travaillistes les sociodémocrates et même imparfaites l'union est un acquis qui a permis d'organiser la paix entre des pays qui n'avaient cessé de rivaliser auparavant par la violence et par la guerre elle est le continent l'unique continent au monde où se conjuguent à ce niveau liberté et protection et dans un monde où les tensions identitaires et religieuses s'exacerbent l'Europe doit demeurer un pôle de stabilité et d'entraînement la guerre en Ukraine la guerre en Ukraine n'est pas un simple conflit territorial il est aussi pour nous la défense d'un idéal démocratique Vladimir Poutine entretient en Russie un désir de revanche le démantèlement de l'union soviétique est présenté comme une humiliation et la volonté de reconstituer l'empire comme un objectif et longtemps les européens ont sous-estimé sa détermination et ont avancé en ordre dispersé face à un géant que l'on croyait affaibli et dépendant de ses échanges commerciaux l'union européenne a dès le début de la guerre heureusement réagi vite et de manière coordonnée mais il faut que cette soudaine prise de conscience débouche sur une évolution plus profonde une évolution de notre façon de penser l'Europe elle doit se vivre comme une puissance et non pas seulement comme un marché une puissance qui n'attendent plus la protection d'un parapluie qui s'ouvre ou se ferme en fonction des alternances outre-Atlantique alors oui à tous les niveaux nous devons donc défendre l'idéal démocratique défendre les biens communs corriger les inégalités renouer avec la justice comme mesure voilà notre vocation cette exigence de justice nous la portons pour nous-mêmes mais nous la portons aussi au sein et avec nos partenaires de la nouvelle union populaire écologique et sociale la NUPES je mesure combien conclure cet accord de coalition n'avait rien d'une évidence ni pour nous c'est vrai mais ni pour les insoumis qui n'avaient pas prévu initialement de nous inclure dans leur coalition certains parmi nous ont soutenu l'initiative dès le début d'autres l'ont considéré après réflexion comme la seule voie possible d'autres enfin ont considéré que ce n'était pas la voie à emprunter entre nous les échanges ont été vifs et il n'était pas illogique qu'il le soit nous sommes un parti dont la pierre angulaire est le débat démocratique et je sais aussi tout à l'heure Pierre l'a rappelé je sais aussi le traumatisme qu'il a pu représenter pour de nombreux militants dans des fédérations qui n'avaient pas de candidats dans leur département je mesure aussi le sacrifice de candidats qui s'étaient préparés parfois depuis de longues années et qui légitimement pouvaient penser qu'ils auraient pu réussir dans le cadre de l'accord là où d'autres ont échoué mais cette coalition est inédite jamais la gauche et les écologistes dans ce format là n'avaient été rassemblés dans ce périmètre depuis le gouvernement de Lionel Jospin la réalité est même et même que la France insoumise ou avant elle pour être plus précis le parti de gauche avait été créé pour se substituer au parti socialiste et je comprends qu'après tant d'années de controverses parfois caricaturales les traces laissées par nos affrontements soient difficiles à dépasser c'est vrai pour nous c'est vrai aussi pour tous les autres on ne passe pas de frères ennemis à frères de sang l'espace d'une nuit mais ce que je sais aussi c'est que cet accord a permis une clarification avec cette nouvelle union populaire écologique et sociale nous avons explicitement signifié aux françaises et aux français à quel bloc nous appartenions nous avons tous ensemble réveillé l'espoir quand bien même nous ne l'avons pas emporté ce que les gens ont retrouvé avec la NUP c'est la fierté l'orgueil peut-être même d'appartenir à quelque chose de grand quelque chose qui donne envie de s'engager de défendre en commun des projets et une façon de vivre ensemble alors ce choix je le revendique parce que la NUP est le cadre du rassemblement de la gauche et des écologistes il n'en existe aucun autre elle est le cadre pour ramener la gauche au pouvoir et la gauche la NUP n'est pas un bloc monolithique comme la caricature que d'autres en font parce qu'ils sont pressés d'en finir avec l'union elle est une coalition au sein de laquelle chacun concerne sa liberté mais où chacun doit s'astreindre aussi un échange sincère et loyal elle est un récit en construction dont chacune de ses composantes partage une part de la responsabilité je le dis je le dis le débat entre nous ne devrait jamais oui jamais être de savoir si nous sommes pour ou contre le rassemblement de la gauche mais de savoir ce que nous pouvons apporter au reste de la gauche parce que c'est en rendant la gauche plus forte que nous serons nous aussi plus forts c'est ainsi que nous serons à nouveau entendus c'est ainsi que nous serons à nouveau utiles aux françaises et aux français qui ont apporté leur suffrage aux candidats de la coalition en juin c'est ainsi que nous irons rechercher ces millions de françaises et de français qui ne sont pas venus parce qu'ils ne croient plus en rien parce qu'ils ne croient plus en la politique ils ne croient plus surtout que en cette politique qu'ils voient comme un jeu fermé entre initiés qui se disputent le pouvoir et ses privilèges alors je ne minore pas nos débats mais j'ai l'intime conviction aussi que le moment est venu de les dépasser et que ce moment c'est maintenant les urnes ont parlé les français se sont exprimés qui mieux que les français comme juges de paix je lis j'entends ici ou là que ce serait nos alliances qui nous priveraient de notre capacité à gouverner à nouveau mais par quel aveuglement ou par quel chemin peut-on parvenir à un tel raisonnement que la droite sous toutes ses formes politiques intellectuelles médiatiques tiennent ce discours je le comprends cela sert son dessein pour elle la gauche n'est jamais mais vraiment jamais aussi belle que quand elle est irréconciliable et ses qualités ne sont jamais autant valorisées que quand elle est impuissante à les mettre en oeuvre alors qui sérieusement parmi nous peut proposer de revenir en arrière et pour faire quoi si ce n'est pas avec le reste de la gauche avec qui alors si l'alternative n'existe pas alors il faut maintenant se rassembler parce que par quel miracle par quel miracle un parti socialiste divisé pourrait-il fédérer au-delà de ses propres rangs nous devons aborder le temps qui s'ouvre avec un souci d'unité qui a toujours été aussi notre force nous avons la chance de compter dans nos rangs le plus grand nombre de parlementaires à gauche assemblée et sénat ajoutés nous comptons des présidentes et des présidents de régions 30 départements le tiers des maires de villes de plus de 100 000 habitants 100 maires dans les villes de plus de 30 000 habitants et je ne sais même pas dénombrer les maires de villes et de villages qui maillent nos territoires ruraux et périurbains nous avons des fédérations dans tous les départements et même si notre parti est affaibli il compte en ses rangs des milliers de militantes et de militants loyaux et des intéressés qui sont investis partout sur le territoire alors nous avons besoin d'un parti puissant parce que sans un parti socialiste puissant la gauche manquera toujours la dernière marche alors militants élus les prochains mois doivent être ceux de notre renforcement en recontactant toutes celles et ceux qui nous ont suivis dans nos campagnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux à toutes celles et ceux qui sont dans vos voisinages dites leur venez renforcer le parti socialiste et venez travailler avec nous au rassemblement de la gauche et des écologistes pour être majoritaire nous devons travailler à rendre possible des convergences plus larges en trouvant aussi dans la société civile organisée syndicats associations ONG nous devons redevenir ça a été dit de nombreuses fois pendant ces deux jours pas toutes et tous redevenir un débouché possible à leurs revendications reconstruisons avec eux des combats communs à la lumière de ce que beaucoup font déjà dans notre collectivité nous avons commencé à le faire dans ce campus en nous laissant interpellés par des porteurs de causes issus du pacte du pouvoir de vivre du collectif interurgence de la fédération des acteurs de la solidarité ou des nouvelles figures de ceux qui pensent que la gauche est son avenir je veux les remercier aussi et leur dire que pour nous ce n'est qu'un début nous enrichissons nous enrichirons ce que nous sommes tout en alimentant le projet partagé pour lequel notre accord de coalition est fondé ce projet est un point de départ parce que le monde bouge et que nous ne resterons pas figés et nous avons vocation nous comme les autres à le nourrir par nos propositions avec le bouclier logement le toxic score la lutte entre les déserts médicaux l'école du zéro décrocheur le rétablissement de la police de proximité le partage du pouvoir pour partager le poids dans l'entreprise sur ces enjeux comme sur d'autres nous avons des propositions à faire valoir et des contributions à apporter avec le projet de référendum d'initiative partagée il nous faudra dès les prochains jours retourner les uns et les autres convaincre les françaises et les français que nous pouvons déjà imposer une inflexion au gouvernement et c'est que je vous demande cadre militant élu c'est de retourner là où plus personne ne va là où la politique est reçue avec indifférence pour nous laisser interpeller puis engager le dialogue et faire entendre ces positions de la gauche unie et je le ferai à vos côtés voici les tâches qui nous incombent pour les prochains mois et les prochaines années pour être à nouveau entendu des français parallèlement nous approfondirons la réflexion entamée ici sur notre façon de militer de nous organiser de débattre ensemble de choisir ensemble d'aller vers les autres reprenons contact avec nous-mêmes renouons avec notre histoire retrouvons le souffle qui nous a poussé à l'engagement reconquérons notre propre souveraineté réidentifions la force au plus profond de nous-mêmes tout en gardant le souci de la mesure voilà ce que je croyais nécessaire voilà ce que je crois nécessaire j'achève mon propos dans 5 ans dans 5 ans la droite macroniste aura gouverné 10 ans 10 ans à surfer sur les crises sans jamais traiter des causes le désir d'alternative culminera et cette alternative c'est à la gauche de l'incarner mais je sais bien que ici chacun le pressent rien n'est acquis nous avons 5 années pour éviter le pire l'extrême droite a obtenu la caution institutionnelle de la république en marche qu'elle n'avait même pas espéré elle a obtenu de celui-là même qui avait bénéficié à deux reprises du front républicain de repousser le plafond de verre qui jusqu'ici s'imposait à l'extrême droite Emmanuel Macron a offert à Marine Le Pen ce qu'elle désirait le plus la notabilité et la respectabilité les ténors macronistes se sont relayés pour la dédiaboliser et diaboliser en retour la nouvelle union populaire écologique et sociale ils ont fait à l'assemblée ce que ni le Bundestag ni le parlement européen ne leur avaient accordé ils sont allés jusqu'à leur ouvrir les portes de la vice-présidence de l'Assemblée nationale ils ont brisé les digues ils ont ouvert des brèches dans le front républicain et à la défaite électorale Emmanuel Macron et son camp ont ajouté la défaite morale jusqu'alors la victoire de l'extrême droite me paraissait nous paraissait en réalité irréaliste irréaliste c'était tellement vrai que jusqu'ici toutes celles et ceux qui concouraient à l'élection présidentielle ou même bon nombre d'élections intermédiaires tout le monde pensait que la victoire était acquise au soir du premier tour à partir du moment où l'autre figure du second tour était Marine Le Pen et l'extrême droite mais je vous pose la question les yeux dans les yeux est-ce que quelqu'un aujourd'hui ici est prêt à se hasarder à reproduire un tel pronostic et bien à force de banalisation effectivement à force de dédiabolisation les français sont chaque fois plus nombreux à se dire qu'après tout il est peut-être temps d'essayer de leur donner une chance mais pour qui serait-ce une chance pouvons-nous nous socialistes nous nouvelle union populaire écologique et sociale pouvons-nous prendre la responsabilité de laisser le terrain à ceux qui affirment tout haut comme le fait Louis Alliot que les syndicats sont les croque-morts du monde économique et du monde du travail pouvons-nous laisser prendre la responsabilité de laisser le terrain à ceux qui piétinent les droits des travailleurs et ceux des plus modestes tout en prétendant les défendre comme le fait le Rassemblement National qui parmi nous prendra la responsabilité de laisser s'institutionnaliser la discrimination oui la discrimination dans la loi avec l'adoption de la préférence nationale pas nous je le dis ici pas nous c'est nous c'est nous la gauche qui sommes l'alternative c'est nous qui devons la construire c'est nous qui devons mener la bataille culturelle contre la pensée empoisonnée de l'extrême droite qui contamine aujourd'hui la droite les droites sur l'immigration comme sur le revenu d'assistance c'est nous qui devons montrer éprouver sans relâche qu'il existe un autre monde possible une autre république sociale démocratique écologique nous en avons les ressources nous en avons aussi la force alors je compte sur vous comme vous pourrez compter sur moi vive les socialistes vive la gauche rassemblée au sein de la nouvelle union populaire écologique et sociale vive la république et vive la France merci

2:08:24
Locuteur 7

la montagne des fiores

Séance de clôture #CamPuS22 | Discours du Premier secrétaire Olivier Faure · Pourquijevote