Christian Estrosi : "Il faut intervenir dans les facs"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
À quoi servent ces policiers municipaux dans les écoles ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Ces policiers ne sont pas armés, à quoi servent-ils ?
- 2:00RelanceRéponse directe
Un policier non armé devant une école est-il une cible facile ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Vérifient-ils les papiers d'identité des intervenants ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Faut-il aussi des policiers dans les parcs et crèches ?
- 4:52OuverteRéponse directe
La droite n'est-elle pas allée trop loin dans la loi immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22PrésentateurChiffre
« 86 morts, hommes, femmes, enfants, des enfants. »
- 1:02PrésentateurFait
« Ça nous a été refusé. »
- 1:22PrésentateurFait
« Jean-Michel Blanquer vient de nous accorder une expérimentation sur trois écoles »
- 5:41PrésentateurChiffre
« est-ce qu'avant, la droite a fait voter des dispositions pour que les instructions du droit d'asile ne se fassent qu'en 6 mois maximum et pas en 18 ou 24 mois, comme c'est le cas aujourd'hui ? »
- 5:57PrésentateurChiffre
« Est-ce que précédemment, on a décidé de doubler la détention maximale de rétention ? »
- 7:45PrésentateurChiffre
« nous savons que 95% des déboutés du droit d'asile ne sont expulsés de notre territoire. »
- 9:50PrésentateurFait
« nous ne pouvons plus faire face à cette immigration massive »
- 14:19PrésentateurChiffre
« j'ai administré près de 450 centenaires. »
- 21:30PrésentateurChiffre
« de près de 20% la circulation automobile en ville »
- 21:40PrésentateurChiffre
« de près de 30% les émanations de CO2 dans la ville. »
- 22:22PrésentateurChiffre
« de transporter 140 000 usagers jour »
- 22:25PrésentateurChiffre
« de remplacer 3 200 bus au diesel par jour. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Christian Estrosi13 %
- Invité3 %
- Présentateur 23 %
- Auditeur2 %
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France Inter, le 7-9, Marc Fauvel.
Bonjour Christian Estrosi. Bonjour. Depuis hier, votre ville de Nice expérimente la présence de policiers municipaux dans trois écoles de la ville, des policiers qui ne sont pas armés. À quoi servent-ils précisément ?
D'abord, je veux rappeler la genèse, tragédie du 14 juillet 2016, 86 morts, hommes, femmes, enfants, des enfants. Et la rentrée scolaire qui a suivi, où toute la communauté scolaire a réclamé légitimement à corps et à cri que nous mettions le plus de moyens possibles pour sécuriser. Ça passait par des travaux sur les écoles pour rehausser les grilles, renforcer les ouvertures, mettre des boutons d'alerte, renforcer les réseaux de caméras et puis aussi mettre des policiers armés aux entrées et aux sorties des écoles. Mais pas que.
Et donc, j'ai proposé à l'époque à Mme Najat Vallaud-Belkacem, le ministre socialiste de l'éducation nationale, de recruter 130 policiers municipaux pour mettre dans nos 130 groupes scolaires de la ville des policiers à l'intérieur de l'école dédiés à 100% avec un bureau et faisant le lien avec les forces de sécurité à l'extérieur de l'école et avec le centre de supervision urbain de la ville. Ça nous a été refusé. Jean-Michel Blanquer vient de nous accorder une expérimentation sur trois écoles et nous ferons le bilan à la fin de l'année scolaire.
Ces policiers aujourd'hui ne sont pas armés alors que vous auriez préféré qu'ils le soient. À quoi servent-ils ? Que font-ils devant l'école ? Ils fouillent les enfants ? Ils fouillent les parents ? Ils surveillent les visages ?
Ça n'est pas tant que j'aurais préféré qu'il le soit entre un policier non armé dans l'école et pas de policier du tout. Quand on sait qu'en tête des réseaux sociaux de Daesh, il y a les enfants, il y a les écoles, aurait-on oublié Horthora déjà à Toulouse, eh bien je préfère un policier non armé qui fasse de la reconnaissance à l'intérieur de l'école avant l'ouverture, qui surveille...
Mais qui est aussi, Christian Estrosi, une cible plus facile pour un éventuel terroriste. Un policier non armé devant une école, on se demande ce qu'il pourrait faire en cas d'attaque.
Mais d'abord, il y a des policiers à l'extérieur qui sont armés. Ils communiquent ensemble. Donc si vous voulez, il y a une parfaite coordination. Et là, dans son bureau, des écrans qui lui permettent de surveiller l'extérieur. J'ai eu l'expérience du lycée Tocqueville à Grasse, où on s'est introduit pendant deux heures et demie. Les forces de sécurité n'ont pas pu intervenir dans le lycée parce qu'on ne savait pas ce qui se passait à l'intérieur et on ne voulait pas prendre de risques. Et en même temps, ils ont une relation directe. Ils surveillent les badges électroniques d'entrée et de sortie.
Il y a les interventions de certains services comme plomberie, électricité et autres travaux pour lesquels on fait...
C'est-à-dire qu'ils vérifient les papiers d'identité du plombier qui intervient à l'école ?
Ils vérifient tout, ils ne laissent rien passer. Ils peuvent fouiller les élèves ? Et bien évidemment, puisque notamment lorsque nous avons des activités à l'extérieur, sur tout sac de sport ou bagage quel qu'il soit qui rentre ou qui sort de l'école, ils ont faculté d'intervenir. Mais je vous rappelle qu'avant les policiers...
Il y a une possibilité de fouiller les cartables des enfants ?
Avant les policiers, ça se faisait déjà avec le directeur de l'école.
Oui, mais il y en a un qui a un uniforme et l'autre pas.
Oui, mais vous savez qu'avant, les directeurs d'école faisaient appel aux policiers pour faire de l'éducation à la prévention routière, pour faire des opérations face aux risques civils, tels que des séismes ou tels que des tsunamis, etc. Donc les enfants sont habitués à ce qu'il y ait des interventions de policiers en milieu scolaire avec lesquelles ils ont d'excellentes relations. Nous avons eu plus de neuf...
Ils n'ont pas peur ?
Ah non, au contraire, je crois qu'ils se sont beaucoup familiarisés. La première journée, c'était hier. Elle a été extrêmement intéressante, puisque l'ensemble de la communauté scolaire a plutôt réagi très positivement.
Un mot encore sur cette mesure, Christian Estrosi. Si on met des policiers devant les écoles ou dans les écoles, il faut en mettre aussi dans les parcs, où il y a des enfants, devant les crèches, dans les cinémas, partout finalement. Et on se dit que si on fait ça, les terroristes ont gagné, que la peur est partout.
Moi, je vous parle simplement de la responsabilité qui est la mienne. C'est mon choix politique, puisque le maire dans chaque commune est en charge des écoles communales, parmi lesquelles à la fois les crèches et les écoles élémentaires, et les écoles maternelles. Eh bien, en tout cas, sur ce sujet où pour moi, l'enfant est ce qu'il y a de plus précieux, j'ai décidé de tout faire pour sanctuariser ces lieux dédiés aux enfants.
Et vous le ferez dans toutes les écoles de la ville, si Jean-Michel Blanquer vous donne le feu vert ?
Eh bien, évidemment, nous ferons le bilan avec le ministre de l'Éducation nationale au terme de l'année scolaire. Et si ce bilan apparaît positif, s'il est accepté par tout le monde, et je ne veux rien imposer, eh bien, nous le généraliserons pour les écoles qui seront volontaires à la rentrée scolaire prochaine.
Christian Estrosi, l'Assemblée nationale examine depuis hier la loi Asile et Immigration de Gérard Collomb. Jamais la droite n'était allée aussi loin dans une loi. Aviez-vous expliqué à ce même micro au mois de janvier, c'était avec Léa Salamé, quand on ne connaissait que les contours de cette loi immigration, on en a quasiment le détail aujourd'hui. Est-ce que vous le rediriez ?
Je redirais à mes amis les Républicains, puisque je suis toujours membre de la Formation des Républicains, il y a ceux qui se reconnaissent dans l'opposition, moi je me reconnais simplement dans le partenariat. Et aujourd'hui, je pense que les élus locaux incarnent plus la réalité du paysage politique et social de notre pays que certains parlementaires ne l'incarnent. la réalité, c'est que dans ce texte de loi, si je vous pose la question, est-ce qu'avant, la droite a fait voter des dispositions pour que les instructions du droit d'asile ne se fassent qu'en 6 mois maximum et pas en 18 ou 24 mois, comme c'est le cas aujourd'hui ? La réponse est non.
Est-ce que précédemment, on a décidé de doubler la détention maximale de rétention ? La réponse est non. Aujourd'hui, on nous le propose. Donc, lorsque je dis qu'on n'était pas allé aussi loin, on n'était pas allé aussi loin et on y va. Donc, à partir de là, je dis simplement, il y a un moment où il faut qu'il y ait un peu de rassemblement, d'unité, on ne peut pas être contre tout. En permanence, il faut savoir être positif. Après, qu'on fasse des propositions, parce qu'il y aurait des manquements. Moi aussi, je constate des manquements. Moi aussi, je souhaiterais des avancées. Mais en tout cas, sur ce qui est proposé, ce sont des avancées, il faut les soutenir.
Et très clairement, dans votre esprit, Emmanuel Macron va plus loin aujourd'hui
que ne l'a jamais fait Nicolas Sarkozy, par exemple. Je pense... D'abord, Nicolas Sarkozy a conduit une politique assez ferme dans ce domaine. Il y en a eu des lois sur l'immigration. Oui, il a conduit une politique assez ferme. Et il avait fixé ses objectifs. Mais ses objectifs n'ont jamais été arrêtés dans la loi. Aujourd'hui, ils le sont. Par contre, je constate que certaines propositions que je partage de mes amis Les Républicains sur les quotas d'accueil annuels n'y sont pas. C'est dommage. Et j'espère que des amendements permettront cette avancée. Je suis comme eux, opposé à ce qu'on poursuive les politiques de regroupement familial.
Donc, je souhaite qu'il y ait des avancées dans ce domaine. Et je souhaite que nous allions aussi beaucoup plus loin, par exemple, avec la demande de droit d'asile qui ne se fasse pas dans notre pays, mais qui se fasse dans les consulats de l'Union Européenne, à l'extérieur des frontières de l'Union Européenne, ou en tout cas de l'extérieur des frontières du périmètre de Schengen, pour que le droit d'asile ne soit accordé qu'à l'extérieur, et avant même qu'on ne vienne dans notre pays. Car malheureusement, nous savons que 95% des déboutés du droit d'asile ne sont expulsés de notre territoire. Ce qui fait qu'ils restent là, là où il n'y a que 5% d'accord sur le droit d'asile.
Faut-il, Christian Estrosi, aménager ou supprimer ce qu'on appelle le délit de solidarité, qui fait qu'une personne qui aide un migrant risque jusqu'à 50 prisons et 30 000 euros d'amende aujourd'hui ?
Eh bien, nous avons le cas d'un personnage célèbre qui s'appelle Cédric Éroux, qui stocke dans son jardin. Ce mot est vraiment insupportable d'ailleurs, mais c'est presque lui-même et son entourage qui utilisent ça, comme pour essayer de provoquer et de narguer, alors que ce sont des êtres humains, et que je trouve qu'on utilise aussi trop facilement au plan humanitaire l'immigration comme un espèce de jeu entre des associations, des ONG et ceux qui ont la responsabilité de l'intégrité de la République française. Il y a parfois des morts au bout, Christian Estrosi.
Est-ce qu'il faut... Est-ce que quelqu'un qui sauve la vie d'un migrant... Attendez, je vais vous poser la question différente. Mais on est frontalier. Marc Provel, nous sommes frontaliers. Christian Estrosi, je vais juste tenter de vous poser la question. Est-ce que quelqu'un qui sauve la vie d'un migrant, qui lui donne par exemple à manger, est-ce que pour vous c'est un délit ?
Sauver la vie d'un migrant, mais c'est le devoir de tout un chacun de sauver la vie d'un être humain, d'un homme, d'une femme et d'un enfant.
Donner à manger à un migrant qui passe la frontière italienne, par exemple, à travers un col, pour vous c'est un délit ou c'est quelque chose tout simplement d'humain ?
C'est un geste humanitaire, ça n'a rien à voir. Mais favoriser son passage, par contre, alors que nous savons que nous avons de l'autre côté de la frontière un pays ami qui quelquefois est laxiste parce qu'il n'est pas suffisamment aidé par l'Union Européenne et par les pays du périmètre de Schengen, eh bien forcément ça crée des troubles à l'ordre public. Et donc que ceux qui s'organisent pour remettre en difficulté notre pays, alors que nous ne pouvons plus faire face à cette immigration massive, ça doit être un délit lourdement puni par la loi. Donc on n'y touche pas. Et donc on n'y touche pas ? On n'y touche pas.
Même si Emmanuel Macron a ouvert la voie dimanche ?
Écoutez, en ce qui me concerne, je considère que nous devons être extrêmement fermes parce que je considère que ces gens-là, en réalité, ne cherchent pas le bien des migrants. Ils cherchent à jouer. Ils cherchent à provoquer. C'est une forme d'anarchisme, tout simplement. Alors que notre pays a besoin de trouver des équilibres, que nous n'arrivons pas à faire face aux difficultés profondes que connaissent un grand nombre de nos concitoyens parmi les plus faibles d'entre eux. Quand un pays ne peut pas faire face à tous les siens, eh bien, il y a un moment où il faut qu'on sache prendre des dispositions assez fermes.
Et en ce qui me concerne, moi qui suis président du réseau Euromède, des villes du Nord qui aident les villes du Sud, je prône plutôt une politique où nous allions accompagner le Sud plutôt que de favoriser des arrivées massives d'immigrants en Europe.
Un mot sur la Syrie, Christian Estrosi. La France a entamé les démarches pour retirer la Légion d'honneur à Bachar el-Assad. Il était temps.
Écoutez, c'est un sujet qui est très accessoire et très périphérique parce que ça ne changera rien au drame que connaît la Syrie.
Il ne portera plus, lors de ses apparitions sur le terrain,
la plus haute distinction remise par la République française. Le président a considéré que c'était un symbole. Je considère qu'il a raison. que c'est une forme d'indignité que de porter la plus grande décoration de la République française quand on bafoue les droits de l'homme et du citoyen dont on sait que c'est un prix Nobel de la paix français René Cassin, niçois, qui en est à l'origine.
Christian Estrosi, Estrosi qui a réussi à citer Nice, même sur une question sur la Syrie. Bravo, invité du Grand Entretien de France d'Intérieur. Il est 8h32. Question de Léa Salamé.
Christian Estrosi, il y a une quinzaine de facs qui sont toujours bloquées ce matin. Hier, les étudiants à Nanterre n'ont pas pu passer les examens. Il n'y aura pas d'examen aujourd'hui non plus. Est-ce que le gouvernement peut, doit faire quelque chose ?
Oui, c'est impératif et je crois qu'il fait le maximum. Frédéric Vidal, le ministre de l'Enseignement supérieur, a aujourd'hui mis sur la table des propositions et un texte de loi qui, sincèrement, offre beaucoup plus de chance par de nouvelles voies à l'ensemble de ceux qui se lancent sur des chemins liés à l'enseignement supérieur qui, quelquefois, sont des impasses. Et je note qu'une immense majorité d'étudiants, je pense à la FAS, je pense à l'Uni, je pense à bien d'autres organisations, ne sont pas favorables à ces mouvements et qu'ils sont aujourd'hui débordés par une minorité.
D'accord, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
Bon, c'est toujours très délicat. Je ne veux pas me placer en donneur de leçons parce que nous savons que dans ce domaine, par le passé, nous avons eu aussi des interventions des forces de l'ordre qui se sont achevées par des drames et des tragédies.
Donc, il ne faut pas intervenir ?
Donc, oui, il faut intervenir. Ah, il faut intervenir. Il faut intervenir dans les FAC. Il faut intervenir dans les FAC.
Il faut que la police intervienne dans les FAC.
Il faut, à mon avis, que l'on neutralise un certain nombre de lieux et si ce n'est pas les FAC, ça doit être d'autres lieux qui soient neutralisés, protégés, où nous puissions surprendre parce que les étudiants piqués de grève ne pourront pas les identifier à l'avance. Quels lieux, par exemple ? Ça peut être des lieux publics que nous mettons dans nos communes à disposition. Je pense des amphithéâtres, des gymnases, des lieux de culture, des lieux de sport où nous organiserons à l'intérieur les examens pour permettre aux étudiants qui, très majoritairement, ne veulent pas voir leurs examens entramés de pouvoir les passer.
La deuxième journée de solidarité pour financer la dépendance, pour financer les personnes âgées, c'est une bonne idée ?
C'est une exigence. Nicolas Sarkozy l'avait proposé. Emmanuel Macron propose de le faire aujourd'hui. Nous allons de plus en plus avec l'augmentation de l'espérance de vie vers une société qui est de plus en plus vieillissante et c'est tant mieux.
Que la société soit vieillissante, c'est tant mieux ?
Oui, aujourd'hui, vous savez, dans ma ville, en 1999, il y avait 97 centenaires. Aujourd'hui, j'ai administré près de 450 centenaires. Bon, et c'est tant mieux. Et beaucoup d'entre eux, d'ailleurs, sont en forme. Donc, nous sommes la ville de France où l'espérance de vie est la plus importante et où le taux de natalité... Oui, mais je vous le dis parce que vous savez, ceux qui administrent le territoire, ce n'est pas l'État. Ce sont les responsables des collectivités locales.
Et parfois, l'État vous oublie un peu, Emmanuel Macron, non ?
Hier, nous avons signé un contrat d'objectif avec le Premier ministre. Il y avait la ville de Bordeaux, la ville de Toulouse, la ville de Perpignan, la ville de Reims, où nous avons été parmi les premiers à contractualiser des objectifs avec l'État pour les trois ans qui viennent, sur l'augmentation de la dépense publique. D'accord. Donc, la journée de solidarité, vous êtes pour. La journée de solidarité, je vais vous dire pourquoi je suis pour. Parce que de plus en plus, nous allons vers des pertes d'autonomie avec l'avancée vers le grand âge. De plus en plus, les enfants vont devenir les parents des parents.
Et même les petits-enfants, à un moment, deviendront les enfants, les parents des parents et des grands-parents même. Et donc, il faut absolument que ce cinquième risque soit pris en charge par la Sécurité sociale. Voilà pourquoi je salue cette proposition d'Emmanuel Macron. Je souhaite qu'elle aille jusqu'au bout et je fais partie de ceux qui, à la tête d'une collectivité, sont prêts à accompagner cet effort.
L'interview d'Emmanuel Macron dimanche soir, vous ne l'avez pas beaucoup aimé. Vous avez parlé de caricature d'interview.
J'ai surtout... Voilà, aujourd'hui, je suis en face de journalistes qui ont des questions extrêmement incisives, pertinentes, et qui me respectent en même temps. Et je vous en remercie. J'ai trouvé que, pour la première fois, moi qui ai admiré et revisité, même si j'étais très jeune, mais aujourd'hui en replay, les interviews du général de Gaulle, puis de François Mitterrand, puis de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande. Je n'avais jamais assisté à un tel traitement à l'égard d'un président de la République. On l'aime, on ne l'aime pas le président de la République.
Mais il représente d'autres pays, il représente le garant de l'intégrité et du rassemblement et de l'unité nationale.
C'est lui qui a choisi ses intervieweurs, il le savait.
Il l'a peut-être choisi. Non, je ne suis pas sûr qu'il savait qu'on irait à ce niveau d'impertinence. Ceci étant, j'ai trouvé que c'était très courageux de sa part. En même temps, je trouve que de la part de ses journalistes, quand on voit le populisme qui monte, et qui est pour moi l'ennemi principal de la vie politique de notre pays, c'était le meilleur moyen de l'encourager. Mais en tout cas, en étant courageux, le président de la République a en même temps apporté des réponses que nos concitoyens avaient besoin d'entendre.
0, 1, 45, 24, 7000 pour interpeller Christian Estrosi. C'est ce qu'a fait Cyrielle qui nous appelle de Paris. Bonjour Cyrielle, on vous écoute.
Bonjour M. Vauvel, bonjour Mme Salamé, bonjour M. Estrosi.
Bonjour.
Voilà, je voulais savoir si vous cautionniez les propos de M. Vauquiez tenus à l'EM Lyon, ainsi que ceux tenus juste après l'attentat terroriste dans le super-vue de... Enfin, je ne sais plus, je ne m'appelle plus...
De Trèbes à côté de... Quel propos, pardon, précisément Cyrielle, avant de demander la réaction de Christian Estrosi, quel propos de Laurent Vauquiez en particulier ?
Les propos disant, fustigeant le gouvernement, et le fait notamment que l'état d'urgence n'avait pas été maintenu. Eh bien, je ne les cautionne pas du tout, madame, tout simplement parce que la loi sur l'état d'urgence est rentrée dans le droit commun grâce à cette loi, et puis surtout dans les quelques instants qui suivent une tragédie comme celle-là où le colonel Arnaud Beltrame a donné sa vie pour sauver celle d'un autre, eh bien nous avons besoin d'unité nationale et de rassemblement.
Il n'y a pas de stratégie française en Syrie, disait hier soir Laurent Vauquiez sur le plateau du 20h de France. De contrairement, d'ailleurs, ajoutait-il, à ce qu'on avait fait à l'époque de la Libye. Vous êtes d'accord avec lui ? On a frappé, on ne sait pas quoi faire aujourd'hui.
On est tous effrayés par les images qui sont venues jusqu'à nous. Il y avait, me semble-t-il, une ligne rouge qui avait été tracée, celle des armes chimiques, et puis tout d'un coup, nous voyons que celle-ci a été franchie. Eh bien, moi, je suis assez fier de voir que mon pays, à côté de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, nous sommes dans une stratégie concertée à partir d'informations de nos services de renseignement auxquelles je fais confiance, parce que je pense que nous avons parmi les services de renseignement les meilleurs du monde. La France a décidé d'intervenir sans que la Russie et la Syrie le reconnaissant, il n'y ait eu la moindre victime.
Un auditeur de Nice nous appelle. C'est Claude. Bienvenue, Claude.
Oui, bonjour. Alors, bonjour à tous. Je suis une grand-mère inquiète, monsieur le maire, parce que j'ai vu les écoliers en Israël avec des policiers devant et derrière. Et je me demandais si on va aller, après les portes métallisées dans nos écoles qui ressemblent à des centrales de Clairvaux, est-ce qu'on va aller jusqu'à des checkpoints ou des murs autour de l'Ariane et des Moulins ? Je suis désolée d'avoir vous posé cette question-là, mais vraiment, cela me préoccupe. Merci.
Eh bien, vous êtes préoccupé par cela. Moi, je suis préoccupé par la protection de nos enfants. Et puisque vous faites référence à Israël, voyez-vous, aujourd'hui, Israël subit moins que la France en matière de terrorisme. Si nous menions en France la guerre à l'israélienne avec beaucoup plus de détermination, c'est-à-dire l'implication de tous nos concitoyens, c'est-à-dire la mise en place d'une force républicaine où les citoyens s'impliquent.
C'est-à-dire le retour du service militaire aussi ?
C'est-à-dire aussi le retour du service militaire, absolument. Ah, vous y êtes favorable. C'est aussi... Pour tout le monde ? Non, pas pour tout le monde. Pas pour tout le monde. Je pars du principe qu'à partir du moment où on passe un diplôme de médecin, un diplôme d'ingénieur, un diplôme de droit et d'autres qualifications professionnelles, eh bien, forcément, on est mobilisable rien qu'à partir de sa scolarisation, de son éducation, de son cycle universitaire. Par contre, lorsque je vois tous ceux qui ne font rien et qui sont des oisifs ou qui font du trafic dans les cités, eh bien, permettez-moi de vous dire que cela devrait avoir un service militaire obligatoire.
Un dernier détour rapide au standard, c'est Joseph qui nous appelle de Nice, encore.
Oui, bonjour. Je voudrais savoir si M. Estrosi a lu l'Express la semaine dernière qui donne un sondage, une échelle de la qualité de l'air dans les grandes villes françaises. Et il apparaît que Nice est la plus polluée de France métropolitaine. La ville la plus polluée de France métropolitaine.
Eh bien, c'est bien pour cela que nous avons en chantier un tramway sur 11 kilomètres de long qui va faire baisser à partir du mois de juin prochain et de sa mise en service de près de 20% la circulation automobile en ville parce qu'elle est beaucoup trop dense et que cela nous permettra de faire baisser de près de 30% les émanations de CO2 dans la ville.
Vous allez interdire, vous aussi, les diesels comme Anne Hidalgo à Paris ?
Au moins, je ne suis pas, vous savez, pour la matraque. Simplement, je dis que pour interdire, il faut d'abord apporter des solutions alternatives. Voilà pourquoi, aujourd'hui, nous mettons le paquet à la fois sur l'électromobilité, sur la gratuité des stationnements pour les véhicules électriques, sur une aide de 400 euros qui est apportée à tous ceux qui font l'acquisition d'un deux roues à impulsion électrique ou électrique, que nous aménageons des pistes cyclables et que nous aménageons sur 11 kilomètres une ligne de tramway qui sera capable d'est en ouest de la ville de transporter 140 000 usagers jour et de remplacer 3 200 bus au diesel par jour.
Merci, on aura eu tous les chiffres. Merci Christian Estrosi, maire de Nice d'avoir été ce matin l'invité du grand entretien de France Inter à suivre le carrefour du 7-9, l'édito-média, l'archive politique, la revue de presse et l'humour aujourd'hui avec Alex Vizorek.
Christian Estrosi