ISRAËL- IRAN- LIBAN : L’APOCALYPSE À NOS PORTES ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
au moment où le dernier ouvrage de Bertrand Badi l'art de la paix sort dans les librairies le fracas des armes se fait encore plus tonitruant au Moyen-Orient après les assassinats de chefs emblématiques du Hamas et du hzbollah via des frappes au Liban et en Iran attribué à Israël ou assumé par Israël après des tirs de missile iranien ou du Hezbollah sur Israël après un début d'invasion du Liban par Israël tout ça c'est dans le désordre c'est la guerre ouverte entre Tran et telavive c'est aussi l'implication inconditionnelle des États-Unis au côté d'Israël avec les risques d'allian croisé et les incertitudes que l'on peut imaginer c'est la guerre disais-je mais une guerre attendu préparé souhaité au moins par certains protagonistes ad Dieu que la guerre est jolie déclamé avec une ironie amère le poète Apollinaire en 1915 et aujourd'hui jusqu'où allons-nous être conduit ce qui se passe au MoyenOrient témoine-il d'un mépris désormais partagé pour les pai bancales et rudes à maintenir et d'une fascination pour les bonnes guerres j'en parle tout de suite avec Bertrand bad professeur émérita sciencep c'est l'heure de sa chronique le monde n'a pas de centre sur le média bonjour Bertrand bonjour tfil alors est-ce qu'on peut dire sans être coupable d'exagération qu'avec le face- àface frontale avec l'Iran Benjamin netanahou tient en fin sa guerre qui mettra fin au pudeur de gazelle des États-Unis première puissance mondiale et lui permettra bah de triompher de ses ennemis dans la région mais aussi de rester au pouvoir encore longtemps dans son pays c'est ce qui fait peur parce que effectivement on voit bien le lien intime qu'il y a entre politique et guerre entre pouvoir et guerre comment l'un et l'autre s'oqu de manière tout à fait remarquable la guerre renforce l'état renforce l'armée renforce la centralisation du pouvoir renforce la bureaucratie renforce la fiscalité mais la guerre aussi protège ceux qui la font à défaut de protéger ceux qui en sont victimes hein et donc il y a tellement de lien entre le fait guerrier et le pouvoir politique que l'on comprend qu'un dirigeant d'un pays qui est en situation de difficulté faut quand même pas oublier ce qu'est l'histoire judiciaire de natanahou qui est dans une situation institutionnelle incertaine puisque sa coalition est pour le moins fragile qui est aussi dans une situation assez critique pour une raison très simple c'est que voilà 76 ans que le pouvoir israélien veut venir à bout de la résistance palestinienne il n'y parvient pas et en même temps et c'est là que je dirais le drame se nou il n'y a pas de plan B en Israël c'est-à-dire que Israël part du postulat que il est menacé dans sa sécurité que cet état est menacé dans sa sécurité que cette population est menacée dans sa sécurité qu'il y a une seule façon de faire parade à cette menace qui est l'usage de la force mais en même temps deuxième fois plus on fait usage de la force et plus on s'aperçoit qu'on ne parvient pas à comme on dit éradiquer la résistance palestinienne donc c'est un paradoxe quand tu n'as pas de plan B que tu t'entête dans une solution qui n'a aucune efficacité quel est l'autre autre choix que ce que l'on appelle l'escalade c'est-à-dire continuer à gravir les marches de l'usage de la force et de la puissance alors peut-être qu'il se dit Benyamin netaniaahou que les États-Unis étant la première puissance militaire mondiale le fait que désormais soit face à l'Iran ennemi historique des États-Unis fait que les États-Unis vont se mettre tout à fait à ses côtés l'Occident va se mettre tout à fait à ses côtés et que le surcroix de puissance qu'il gagner lui permettra de triompher vraiment d'un point de vue militaire oui je crois qu'il y a un mélange de conviction de stratégie et de Paris la conviction c'est quoi c'est qu'effectivement nataniaahou mais bien avant nataniaahou la plupart des dirigeants israéliens et même herzel lorsqu'il a construit le sionisme c'était pour evoir celui-ci comme la pointe avancée de la civilisation occidentale dans un ordre de barbarie donc là il y a quelque chose qui relève presque de la théologie c'est-à-dire euh nous avons une mission civilisatrice en cela nous sommes la pointe avancée de l'ensemble des États occidentaux donc les États occidentaux ne peuvent que nous soutenir et ça c'est une un refrain qu'on retrouve et ça marche depuis et ça marche parce que et ça c'est peut-être l'élément nouveau les dirigeants occidentaux la classe politique occidentale en est de plus en plus convaincu euh du temps euh des des des des affrontements d' deabord du temps de la création de l'État d'Israël des premiers temps d'État d'Israël il y avait encore un débat en Occident en disant mais est-ce que véritablement c'est la meilleure des des formules possibles maintenant on voit de plus en plus alors qu'en France on a dépassé la fameuse politique arabe qui qu'avait initié le général de Gaulle il y a de plus en plus dans le monde politique un front commun pour effectivement adhérer à cette conviction c'est différent dans la société et l'opinion publique ça qui est intéressant ça c'est l'aspect conviction deuxièmement il y a un aspect stratégie l'aspect stratégie j'ai commencé à l'ffleurer tout à l'heure c'est-à-dire l'idée que il n'y a pas d'autre façon de se défendre que d' qu et que de faire usage de la force que le rapport de force de toute manière est la meilleure des protections alors on a vu au 7 octobre que c'était pas vrai d'une part comme les États-Unis l'ont découvert le 11 septembre 2001 et puis d'autre part on s'aperçoit que la puissance la force la coertion ça ne marche plus nulle part ni au Vietnam ni en Afghanistan ni en Irak ni dans les guerre de décolonisation ni aujourd'hui en kanaki par exemple on pourrait multiplier il les exemples et puis enfin il y a un Paris et ce Paris c'est ce qu'il faut suivre de manière attentive c'est que nataniaahou va par ce geste militaire en même temps reconquérir une opinion publique israélienne qui l'avait en grande partie perdu et ça marche un peu sa code de popularité est meilleure en Israël aujourd'hui qu'il y a quelques mois c'est-à-dire l'effet guerre et l'effet mobilisation c'était là le Paris semble marcher et puis le deuxième Paris c'est que effectivement en liant la conviction et la stratégie il pourra mener une guerre contre l'Iran parce que je crois qu'effectivement c'est la cible principale c'est ce que les dirigeants israéliens perçoivent comme la plus forte menace sur leur propre sécurité et que il pourra en profiter et c'est dans le verbe profiter que se situe l'essentiel du problème euh pour démeler euh l'équipement nucléaire iranien alors pourquoi démel l'équipement nucléaire iranien l'équipement nucléaire iranien en voie de constitution hein l'Iran n'a pas la bombe aujourd'hui pourquoi faut-il ainsi s'attaquer au programme nucléaire iranien non pas tellement parce que euh Israël est menacé d'un holocauste nucléaire il est évident que si jamais un jour l'Iran avait la bombe et qu'il l'utilisait contre Israël Teran n'existerait plus dans les 15 secondes qui suivrait donc c'est pas tellement ça l'enjeu l'enjeu c'est si l'Iran finit par acquérir l'arme nucléaire Israël n'aura plus le monopole de l'arme nucléaire dans la région du Grand Moyen-Orient et ça c'est quelque chose qui contredit l'exigence de puissance dont je parlais tout à l'heure l'exigence de dissuision dont je parlais tout à l'heure et que donc les dirigeants israéliens et pas seulement d'an juge ils acceptent là alors est-ce que quelque part dans cette fuite en avant guerrière il n'y a pas une sorte de foi quand même dans les vertus purificatrices de la guerre d'autant plus que nous sommes sur une Terre Sainte où les comment dire les messianismes sont nombreux est-ce que cela effleure euh l'esprit des dirigeants ou alors c'est juste une narration à l'usage d'une partie de la population moi je crois que le narratif et ailleurs aussi aussi dans le monde chiit musulmans partout en fait c'est à peu près euh il faut être prudent Théophile parce que le narratif principal je crois l'avoir dit tout à l'heure nous sommes la civilisation et c'est vrai qu'il y a une dimension messianique à cette civilisation c'est-à-dire une civilisation créée voulue forgé par la volonté de Dieu hein ça c'est certain euh mais je suis toujours prudent quand il est question de religion dans la sphère des relations internationales elle est très présente la religion mais elle est présente davantage de manière instrumentale que de manière essentielle c'est il faut pas tomber dans les visions à la htington sur le choc des civilisations le choc des religions les religions sont pas faites pour se choquer pour s'entrechoquer euh mais en revanche euh l'alibi religieux est probablement le meilleur des instruments politiques qui soi pourquoi parce que le discours religieux c'est de dire euh ce que je fait répond à une volonté qui me dépasse qui est surhumaine qui est celle de Dieu c'est imparable donc tout le monde va manipuler ce genre de choses et effectivement on voit la manipulation euh du message biblique par Israël on voit la manipulation des messages musulmans à l'intérieur de l'islam on voit effectivement ce rôle propre au chiisme et propre sunisme qui quelquefois s'efface totalement on oublie que le Hamas et le Hezbollah l'un est sunnite et l'autre est chiite et en même temps les commentateurs nous disent qu'ils sont alliés sur le terrain sur le champ de bataille syrien ils étaient opposés donc tout ça est très très compliqué tout ça est très instable et tout ça est instrumentalisé par une volonté politique la volonté politique est celle que j'exposé tout à l'heure alors le régime iranien il est loin d'être tendre il déteste avec constance l'État d'Israël qui le lui rend bien mais finalement lui etzbollah libanais ont joué d'une certaine manière la carte de la retenue pendant des mois et là il se déchaînne pourquoi ne l'a-t-il pas fait hier et pourquoi le fait-il aujourd'hui alors je sais pas s'il le fait aujourd'hui c'est ce qu'il le fait aujourd même eu il y a eu une action très important 180 missiles c'est plus important que ce qui avait été tiré en avril et qui avait déjà retenu les chroniques mais réfléchissons le tir de missile d'il y a quelques heures de qu' a quelques jours euh chacun savait qu'il ne serait pas destructeur chacun savait que le fameux dô de fer euh donnerait à cette action une dimension spectaculaire une dimension de crédibilité c'est il faut savoir effectivement lancer des missiles et qui ne sont pas n'importe quel missile sur un territoire qui n'est pas un territoire immédiatement voisin donc tout ceci valorise effectivement la réputation et la crédibilité de l'Iran auprès de ses alliés et d'une façon générale dans la région faut faut pas oublier que l'un des principes fondamentaux de la politique étrangère iranienne c'est d'être reconnu comme puissance régionale si l'Iran n'avait pas réagi à l'assassinat de hanier et à celui de cher nasola il aurait perdu cette réputation et en même temps cette capacité de puissance régionale mais la manière dont les choses se sont déroulées euh faisait que sauf accident tu vois je dis sauf accident euh il n'y aurait pas de désastre sur le sol israélien maintenant la vraie question c'est comment les Israéliens vont vouloir interpréter cette action est-ce qu'ils vont vouloir la dramatiser pour avoir ainsi le prétexte de cette action militaire offensive contre l'Iran dont on parler tout à l'heure ou est-ce qu'au contraire ils vont considérer plus profitable de montrer que décidément leur technologie est supérieure à celle de ses voisins barbares ou semi-barbares et donc considérer queils n'ont pas à répliquer ils ont déjà annoncé qu'il répliqueraient on ne sait pas quelle sera la force la puissance de cette réplique c'est ça qu'il va falloir suivre l'enjeu pour l'Iran il est peut-être aussi interne on a parlé des enjeux internes en Israël avec netanahou mais le le régime iranien beaucoup d'analystes le disent menacer d'implosion avec des contradictions internes certaine avec une population qui est plutôt défante par rapport à lui et donc quelque part se découvrir dans une forme de guerre à destination de l'étranger pour aussi être un risque interne non euh je crois que il faut voir la chose de manière plus global euh je pense qu'on a très mal analysé l'événement qui a été l'élection de Mass p comme nouveau président de la République islamique d'Iran pourquoi parce que chacun sait que en Iran le maître c'est le guide suprême l'ayatollah Kham Ali khamene et il y avait en finale pour pas parler des étapes précédentes deux candidats l'un qui était de la même sensibilité ultra conservatrice que ramenei il s'agissait de Monsieur dalili et euh un autre pion qui était réputé réformateur partisan d'une politique d'ouverture pourquoi le guide suprême a-t-il laissé le réform réformateur se faire élire à la place de l'ultra conservateur ça aurait été très simple de d'élire Jalili pourquoi parce que je pense qu' était en train de s'élaborer et c'était pas du jour de ces élections le phénomène je crois a commencé quelques semaines voire quelques mois auparavant une nouvelle stratégie où effectivement tu as raison le régime a tiré les conséquences d'une impopularité croissante et qui a été euh particulièrement avivée par les massacres de l'automne 2022 et l'assassinat de Massa Amini euh parce que la situation économique est catastrophique et donc pour au moins ces deux raisons et beaucoup d'autres le régime et le guide ont considéré qu'il était indispensable d'avoir une politique systémique j'appellerais systémique c'est-à-dire d'ouverture sur le monde et de tenter de réguler par conivance avec d'autres acteurs de la scène mondiale la crise régionale et de ce point de vue beaucoup de contacts ont été établis avec les États-Unis on le sait ça et ces contacts portent notamment sur la non réplique ça aussi c'est quelque chose de de documenté maintenant et je crois que c'est pas une question de tendance au sein de la République islamique c'est une question de régulation pour faire face à une situation extrêmement difficile mieux vaut jouer la carte de l'ouverture du système politique iranien sur le monde et quand on voit l'activisme qui a été celui de pion aux Nations unies la semaine dernière par exemple exemple on voit à quel point cette diplomatie est active alors on constate aujourd'hui une forme de supériorité militaire d'Israël dans la région mais ce rapport de force peut-il être demain un facteur de paix ou plus sûrement d'humiliation et de forme plus sournoise de guerre on pense naturellement au terrorisme et ben c'est très bien posé parce que finalement la puissance aujourd'hui elle est intacte peut-être même renforcé dans ses capacités de destruction on l'a vu à Gaza mais on le voit dans toute forme de guerre qu'on appelle asymétrique où le puissant peut continuer à faire très mal mais en revanche la puissance a perdu sa vertu politique c'est-à-dire on peut détruire sans que cette destruction permette de construire un ordre politique qui vous est plus favorable c'est ça la contradiction majeure et c'est une une vieille histoire qui remonte aux guerres de décolonisation la France a gagné la bataille d'Alger la France a fait pas mal de mal dans cette guerre de décolonisation mais finalement c'est le faible qui a gagné et on pourrait ainsi continuer c'est-à-dire Israël a une capacité intacte et même renforcée de détruire et de tuer mais pour autant une capacité sans cess en régression de construire un ordre politique qui soit enfin conforme à ses vœux donc ce qui me fait peur dans une guerre de cette nature c'est qu'elle risque d'être extrêmement destructrice mais de toute façon on sait par avance qu'elle ne débouchera sur rien moi c'est pour ça d'ailleurs que dans mon livre que tu es la gentillesse de citer je dis il est temps de retourner à la paix positive pour comprendre que la paix c'est pas la non guerre c'est pas la trêve c'est reconstruire un ordre en passant par d'autres chemins que ceux de la puissance alors on a l'impression que la France est à la fois plus équilibrée d'un point de vue théorique que les États-Unis compris dans cette nouvelle séquence et que elle est tout de même gênée aux entournures quand il faut dire les termes notamment quand il faut admettre l'agression israélienne sur le Liban par exemple Jean-Noël Barot le tout nouveau ministre des Affaires étrangères du gouvernement Macron Barnier et ben il a passé un mauvais quart d'heure au Liban à Beyrouth récemment monsieur le ministre j'ai deux questions l'une d'une consur qui qui voudrait savoir pourquoi la France parle de ressortisans Français qui meurt dans des explosions et pas dans des bombardements et ma propre question est pourquoi la France ne condamne pas avec clarté la mort de civil dans les frappes aérien la la première question c'était pardon pourquoi vous parlez de vous vous parlez de de mort dans des explosions et pas dans des si si le premier communiqué qui est sorti a parlé d'une ressortissante française française décédé suite à une explosion j'ai parlé de frappe et j'ai pas de problème à parler de de bombardement très bien alors c'est quelque chose d'assez paradoxal la France finalement demande une conférence sur le Liban la France demande à Israël d'arrêter ses incursions la France demande à l'Iran aussi d'arrêter elle essaie de se mettre comment dire dans une situation d'équilibre mais dans la mais la traduction politique enfin en tout cas la traduction verbale de cette de cette équilibre voulu n'existe pas en tout cas elle est mal perçue alors trois choses euh la première c'est que lorsqu'on est impuissant on parle et effectivement la diplomatie française est une diplomatie qui se fait de plus en plus rhtorique et c'est ça qui m'inquiète c'estd faire de grandes déclarations pour appeler à la retenu pour dire qu'on est au côté d'eux pour dire que l'on n'oubliera pas que et cetera mais faut se mettre dans la peau d'un Palestinien ça fait quand même 76 ans qu'il entend des bonnes paroles la France a quelques leviers encore sur Israël pas tant en terme militaire puisque là l'essentiel se joue au niveau des États-Unis mais par exemple sur le plan commercial sur le plan des relations économiques donc là il y a une capacité aucun dirait de sanction ou en tous les cas de contrainte il n'y a pas de passage de la parole à la sanction et c'est là que vient ma deuxième remarque c'est-à-dire qu'il y a une gêne qui devient extrêmement remarquable dans la classe politique qui n'ose pas critiquer l'État d'Israël le gouvernement d'Israël et qui adhère de manière plus ou moins mécanique à l'idée que je disais tout à l'heure c'està dire Israël est là pour défendre la civilisation occidentale au ProcheOrient et en face c'est les islamistes donc effectivement on a intérêt à soutenir la cause occidentale face à la menace islamiste ça c'est une affirmation qui est d'ailleurs reprise à titre principal par l'extrême droite hier monsieur Sébastien Chenu disait que la France doit apporter un soutien inconditionnel à Israël plus on se déplace vers la gauche plus le discours est hésitant mais je n'entends pas dans la gauche non plus au sein de la gauche un discours extraordinairement clair autant dire il y a un embarras dans le choix des référen dans une partie de la gauche le discours clair et assimilé quasiment à l'adhésion à des thèses des Molas iraniens ou à des thèses par exemple la France insoumise a plein de problèmes à se faire entendre et voilà et puis enfin le troisième problème que que je voulais évoqué qui qui est extrêmement grave c'est que la France n'a plus aujourd'hui la capacité diplomatique qu'elle avait hier euh ça s'est éteint brutalement cette capacité diplomatique de la France au proche rayant en 2003 en 2003 Shirak est plébisité parce qu'il s'oppose à la guerre américaine en Irak en juin 2003 Chirak se réconcilié avec les États-Unis et çaen est fini du prestige de la France la France maintenant devient anonyme et inaudible et eff paradoxe bah oui parce que Chirac n'a pas eu le courage de tenir cette position qui effectivement était coûteuse de résister à la puissance américaine rappelle-toi les le le boycotte des produits français aux États-Unis et cetera et à ce moment-là Chirac s'est brutalement engouffré dans une collaboration étroite qui s'était jamais produite avec les États-Unis dans la gestion Doé moyen orientale c'est la fameuse résolution 1559 qui a été corédigée par la France et les États-Unis ce qui était une nouveauté et qui montrait la fin de cette politique que gaulienne Moyen-Orient Sarkozy Hollande et Macron ont renforcé le trait en plus on oublie également que c'est juste après cette affaire irakienne que la France de Jacques Chirac et les États-Unis de bouche ont géré d'une manière assez douteuse le renversement de jean-ber Aristide à Haïti tout à fait tout à fait alors que vont faire les pays du Sud global que vont faire la Russie et la Chine est-ce que ce conflit peut faire advenir un nouvel ordre régional au Moyen-Orient le fameux Grand Moyen-Orient rêvé il y a une vingtaine d'années par l'administration bouch et plus largement par les nveau conservateurs américains et même européens alors moi je serais très prudent sur la recomposition parce qu'on ne sait pas encore quels sont les paramètres qui vont décider de cette recomposition qu dit le Moyen-Orient en fait va être en feu je paraphrase ça veut dire que aujourd'hui la clé pour les dirigeants israéliens c'est effectivement quelques renversements de régime autour quelques affaiblissements autour une sorte de d'incursion politique diplomatique et militaire dans la région c'est-à-dire que je crois que la principale faute de la diplomatie occidentale c'est de ne pas avoir vu que la partie qui se jouait au Proche Orient était en train de recomposer le système international dans la mesure où c'était en en situation de réfinir les identification des uns et des autres c'est-à-dire que dans la comparaison entre le conflit russo-ukrainien et le conflit israelllo-palestinien beaucoup d'États du Sud ont vu ce fameux double standard dont on parle temps on on vu également se révéler jour après jour l'impuissance de la puissance l'incapacité occidental de garder le fil de contrôle d'un conflit d' et surtout à libérer les énergies de quantité d'État il suffit de regarder le vote à l'Assemblée générale des Nations unies qui se sont dit mais à propos du conflit israëlo-palestinien on peut redéfinir de nouvelles formes non pas d'alliance c'est fini les alliances mais de N nouvelle forme d'affinité et dans ce contexte effectivement le sud global est le grand gagnant moi c'est un des points que je développe dans mon livre c'est-à-dire que nous autres occidentaux nous avons eu une confiance aveugle dans les vertus de la guerre parce que pendant 4 siècles la guerre nous a permis de tailler le monde à notre image ou en tous les cas à l'image de ce que nous voulions et c'est ça qui a fait la popularité de la guerre et qui a fait oublier l'art de la paix euh ce qui est intéressant c'est que maintenant que la guerre ne tient plus ses promesses on voit que les acteurs s'émancipent de ces disciplines d'hier et les acteurs en Afrique les acteurs en Asie Moyen-Orient voir en Amérique latine et cetera et que du coup la guerre n'étant plus en mesure de rétablir l'ordre voulu par les Occidentaux et bien cet ordre est en train de filer entre les doigts des diplomaties occidentales c'est la raison pour laquelle j'explique qu'il faut inventer cette art de la paix pour reconfigurer l'ordre international c'est la première fois depuis la pai de vesfali 1648 que les guerres ne sont plus capables de redessiner la figure du monde ben peut-être que ils se disent qu'une petite guerre un rapport de force amélioré peut permettre justement d'aller à la table négociation et de bâtir une pai mais où où où cela s'est-il produit où d'abord avons-nous vu une négociation se réaliser s'accomplir et modifier l'ordre international depuis 1856 depuis le traité de Paris qui a mis fin à la guerre de Crimée il y a pas une négociation à la fin de la première guerre mondiale seulement négociation entre vainqueurs il y a pas eu du tout de négociation à la fin de la Seconde Guerre mondiale il y a eu tout un tas de négociations bizarres depuis 1945 qui n'ont jamais rien redéfini de solide ça prouve quoi ça prouve que la négociation qui autrefois obéissait à la matrice guerrière aujourd'hui ne répond plus n'a plus cet effet de prolongement de la victoire la négociation c'était ce qui permettait au cur de d'imposer le plus possible de ce qu'il souhaitait au vaincu maintenant ça ne marche plus comme ça et comme ça ne marche plus comme ça il faut savoir refaire les le monde par d'autres voix c'est ce que j'appelle l'art de la paix c'est-à-dire construire un ordre international non plus au gré des canons mais au gré de la redécouverte des vertus d'humanité c'est-à-dire des grands défis planétaire et des grands problèmes humains des grands problèmes sociaux auquel l'humanité est confronté en tout cas merci Bertrand l'art de la paix de Bertrand bad c'est aux éditions famarion après l'art de la guerre de szou voilà c'est un livre très intéressant donc vous pouvez commander chez votre libraire et aussi sur les librairies numérique si le cœur vous en dit merci Bertrand et nous voici arriver à la fin de cet épisode du monde n'a pas de centre la chronique internationale de Bertrand Badi que vous avez regardé sur le canal 165 de la freebox sur Youtube et sur notre site internet lemediatv.fr votre engagement et votre fidélité nous sont précieux car le média ne vit que des dons et des abonnements de soutien de celles et ceux qui nous regardent et qui nous aiment alors soutenez-nous si vous le pouvez sur le médiia sur le mediatv.fr/ soutien restez connectés aux médias [Musique]
Xavier Bertrand