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Discours / meetingyoutube.com· 2 juin 2017 60 minFond programmatiqueTravail & emploiInstitutions & électionsEnvironnement & énergieJustice

Discours de Jean-Luc Mélenchon à Lons-le-Saunier

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 13:50Chiffre
    « 7 milliards d'êtres humains, bientôt 11, nous exerçons sur la nature une prédation de plus en plus violente. »
  • 14:42Chiffre
    « Pendant le quinquennat qui commence, il y a 19 réacteurs qui vont arriver en fin de vie. »
  • 15:28Chiffre
    « Il y a 75 fois la ressource dans la mer d'énergie dont on a besoin à terre. 75 fois. »
  • 19:20Chiffre
    « Ça coûte 150 milliards, mesdames, messieurs. »
  • 19:32Promesse
    « Et quand je propose 100 milliards d'investissements sur deux ans et demi »
  • 26:23Chiffre
    « Ça nous coûte 85 milliards par an dans ce pays, la fraude fiscale. »
  • 26:28Chiffre
    « Ça coûte 1000 milliards en Europe. »
  • 27:29Chiffre
    « Parce qu'il y en a 31 000 qui sont à la rue. »
  • 33:17Fait
    « Il y a eu 1300 personnes ensevelies dans la mine. »
  • 33:50Chiffre
    « Tous les ans, il meurent 565 personnes au travail sur son poste de travail. »
  • 33:54Chiffre
    « Tous les ans, il meurent 1200 personnes d'une maladie professionnelle »
  • 41:20Chiffre
    « à la fin de l'année, il vous aura taxé 250 euros. »
  • 45:46Chiffre
    « 43 années, boum, boum, boum. »
  • 48:44Chiffre
    « On dit, il a 32%. »
  • 49:23Chiffre
    « Et s'ils reviennent, on est présents au deuxième tour dans 78% des circonscriptions. »
  • 56:52Chiffre
    « Dans notre pays, il y a 2,5 millions de gens qui sont illettrés. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Merci Gabrielle. Bon, c'est une relation un peu spéciale que j'ai à cet endroit-là. Vous le savez bien. Enfin, si vous ne le savez pas, je vous l'apprends. Mais comme il pleut, il vaut mieux que je garde pour moi mes émanchements sentimentaux. Je vous regarde. Vous avez du courage quand même, parce qu'il pleut. Non, mais il y en avait qui s'étaient mis dans les bars, là. C'est les malins, hein. Je vous vois. Je vois des petits qui sont là. Il me fait toujours le même effet. Je me dis, bonjour petit. Qu'est-ce qui... Non, j'en vois un qui me fait coucou.

Et vous, comme vous êtes ballot à la maison, quand je passe à la télévision, vous dites, gamin, tais-toi, tais-toi, tais-toi, il y a Mélenchon. Alors, vous écoutez, et puis après, vous retournez à vos affaires. Mais le gamin, vous ne lui dites pas, stop, ça y est, on peut faire autre chose. Alors après, quand il me voit, il me regarde comme le Père Noël. Ils n'osent plus bouger. Regardez-les, ces trois-là. Je me demande ce qu'ils vont retenir. Quatre, il y en a. Oui, oui, c'est toi, mon bonhomme. Qu'est-ce qu'ils vont retenir de tout ça ? Ah, puis il y en a derrière aussi. Oui, oui, les petits, les grands, les moyens. Non, mais vous êtes des grands, vous.

Si je parle de ça, c'est parce que, tout à l'heure, Gabriel parlait de notre responsabilité. Et c'est vrai qu'on en a une politique, tout le monde le comprend, puisque nous avons été placés en tête, alors, de quoi ? Hein ? Ha ha ha ! Parce que moi, je suis un homme de gauche, tout le monde le sait. Je dois pas être le seul dans le coin. Hein ? Il y a aussi des femmes de gauche. Mais c'est pas comme ça qu'on se définit maintenant pour une raison. C'est pas que j'ai honte de ce que je suis, et de ce que j'ai été toute ma vie, et de ce que, sans doute, je serai jusqu'au bout.

C'est que l'étiquette est devenue tellement confuse que le temps qu'on explique, qu'il n'y a plus d'élection, c'est fini. Et puis, que la grande masse des gens s'en fiche. Et je dis très clairement, nous ne nous battons pas pour une étiquette. Nous nous battons pour des idées et un contenu. Et après, à chacun d'apprécier par quelle porte il entre dans ce programme. Et je vous appelle d'abord à l'optimisme de nos idées. Nous pouvons convaincre tout le monde. Parce que ce que nous proposons, c'est un programme qui est utile à l'intérêt général humain.

Donc toute personne, quelle que soit par ailleurs, ou sa religion, ou son opinion philosophique, ou même ses engagements du passé, peut se reconnaître dans la proposition que nous faisons. Et vous voyez, je vais commencer par de la philo. Sur mon papier, il y a autre chose, je vais y venir, mais il y a plein de choses sur mon papier, ça dure 3 heures. Je commence par la philosophie. Une élection, c'est toujours un grand moment de vie collective. Quelle que soit la nature de cette élection, parce que nous sommes tous appelés à ce moment-là à réfléchir au bien commun. Et nous avons deux manières de commencer à y réfléchir.

Soit en partant de soi-même et de son intérêt particulier, soit avec une vraie mentalité de républicain. C'est-à-dire en nous demandant, qu'est-ce qui est bon pour tous ? La chose commune, c'est la République. Qu'est-ce qui est bon pour tous ? Et alors, naturellement, par obligation, dès que nous commençons à réfléchir comme ça, nous nous transformons. Parce que ce qui est bon pour moi, j'en ai une idée, mais ce qui est bon pour tous, je suis obligé de réfléchir. Et puis, je voudrais bien que ce qui est bon pour tous, je me doute que ça doit être aussi bon pour moi.

J'ai expliqué cette chose compliquée dans le livre La Vertu, qui est un sédatif de première grandeur, si vous avez du mal à vous endormir. Achetez mon livre, c'est que 5 euros, ça coûte moins cher qu'un médicament. Mais j'ai essayé de réfléchir à ça, comment nous-mêmes, on se transforme, on évolue intellectuellement, on pense, dès lors qu'on pense aux autres. Et une élection, ça doit donc être respecté comme un grand moment de vie commune, pour cette raison-là. Après, il y a les rites, hein. Bon, ben, à la maison, peut-être que vous posez les professions de foi sur la table, et puis il y a les gamins qui sont autour, puis vous expliquez votre propre choix, ils vous posent des questions.

Il faut faire attention, c'est quand même nos gosses, alors comme on les aime, on peut leur bourrer le crâne. On veut qu'ils réfléchissent tout seuls, mais enfin, on aimerait bien qu'ils concluent comme nous, et ainsi de suite. Bon, c'est ça la complication de la vie d'un adulte, hein. Voilà, on fait avec. Mais ce moment magique, il nous transforme, donc il mérite d'être respecté. Une élection, ce n'est pas une affaire de personne. Bien sûr que les personnes jouent un rôle. Mais c'est une affaire de définition, d'idée, de comparaison.

Et nous, nous nous proposons, non seulement un programme, j'espère que la majorité d'entre vous, si vous êtes venus jusque-là et sous la pluie, c'est que sans doute vous avez déjà regardé ce qu'il y a dans le programme. Mais le programme, c'est ce qui nous réunit ici. Ce n'est pas à ma personne, ce n'est pas à nos candidats. C'est cet ensemble d'idées, et ce n'est pas une addition de vœux pieux ou de formules creuses et générales. C'est un programme qui a essayé de résumer en sept chapitres les idées correspondant aux nécessités de notre temps. Je vous rassure, je ne vais pas vous infliger les sept chapitres. Je vais essayer de présenter la philosophie générale.

Parce que je ne cesse d'y revenir. Je dis, l'élection est importante, elle mérite d'être respectée. Nous nous présentons dans cette élection devant nos concitoyens avec un document, nous leur disons, voilà, si vous votez pour nous, on est capable de gérer ce pays, et voilà comment nous le ferons. Donc nous ne sommes pas non plus des gens qui venons, je respecte ça, pour la gloire de notre parti, ou pour, je ne sais pas, nos personnes venons, avec ce document en disant, nous sommes capables de gouverner le pays demain.

Peut-être que ça va vous paraître présomptueux, mais si demain nous gagnons cette élection, je sais par quel bout commencer, et avec qui, parce que nous avons le programme, et nous avons les équipes qui sont capables de porter ce programme. N'en doutez pas un seul instant. Nous ne sommes pas seulement en train de faire du témoignage. Il faut des fois faire du témoignage. Nous sommes en état de gouverner. Je dis respecter l'élection, ça veut dire qu'on a le droit, on a le devoir de parler d'idées. Alors ça ne peut pas être à nouveau comme ça a été pour l'élection présidentielle. Pendant cinq semaines, le prix des costards de Fillon.

Et maintenant, ça recommence avec le prix des bâtiments au mètre carré de M. Ferrand. Ça suffit ! Nous méritons mieux que ça. Parce que deux façons de voir la vie s'affrontent. On va dire trois, mais il y a un cas qu'on va régler facilement, c'est celui de Mme Le Pen et de l'extrême droite. Mais il ne reste plus que trois familles politiques dans ce pays, au sens porteuse d'une philosophie, d'une vision générale de l'existence. Il y a Mme Le Pen, tout le monde a compris. C'est « chacun pour soi, ma tribu et périsse les autres ». En réalité, c'est un programme d'une violence inouïe parce que que ça lui plaise ou pas, et à nous, ça nous plaît, le peuple français s'est métissé, mélangé.

Il est fait de tous les bois possibles, et on en est content. Par conséquent, même le plus ronchon d'entre nous, le plus grognon, est la voix à la télévision, elle a compris, quoi. D'ailleurs, elle n'est pas une candidate, elle est un faire-valoir. Vous la mettez devant n'importe qui, et de toute façon, c'est une table, une chaise, une chèvre où M. Macron, il est élu. Mais bien sûr, vous le savez tous. D'ailleurs, c'est pour ça qu'ils ont organisé cette comédie. Pendant un an, à nous bourrer le crâne qu'elle allait être là, la première, et qu'elle allait gagner, et tout ça. Et alors, vous aviez des armées de ballots qui se trimballaient d'un endroit à l'autre.

Il faut voter Juppé pour empêcher le peuple. Allez, les blâts tous partis à donner 2 euros à Juppé, comme s'il en avait besoin. Après, et ça changeait comme ça, à intervalles réguliers, il y en avait un autre, et ils sont quand même arrivés. Alors résultat, à la fin, catastrophe, c'est Mélenchon. Alors là, ils se sont tous mobilisés. Et puis ça a été tous les jours pas de la flotte qui me tombait dessus, mais vous savez quoi ? Et puis ça continue. Je suis certainement le type qu'on diabolise le plus dans ce pays. Ils avaient complètement oublié Mme Le Pen, ils ne s'occupaient plus que de moi.

Et encore maintenant, je dois faire partie, pardon je parle un peu de moi, mais des gens dont on scrute le plus les boyaux psychologiques, parce qu'ils sont tout le temps en train de regarder s'il m'a figuré comme ci ou comme ça, et alors je peux parler pendant des heures, ce qui est vrai d'ailleurs, hein ? Et ils vont me prendre un mot, et à partir de ça faire toute une histoire, bon, qui des fois peut se retourner contre eux, hein ? Parce que je ne suis pas que malhabile aussi, hein ? Bon, je mets donc de côté le cas de la famille de l'extrême droite, parce que nous avons tous compris de quoi il s'agit, et que nous pouvons dire une chose, ce n'est pas soutenable, ce n'est pas possible.

Appliquer son programme, c'est se mettre en guerre les uns contre les autres, de la manière la plus absurde. Bon, alors il reste après ça, deux familles. L'une, on va l'appeler chacun pour soi. Ils sont très nombreux, alors on les appelle libéraux, on les appelle comme vous voulez, mais c'est chacun pour soi. Ils se disent que si chacun pour soi fait comme il le sent, à la fin ça s'arrangera pour tout le monde. C'est la main invisible du marché. La compétition de chacun contre tous. Alors, nous, on ne dit pas que la compétition n'existe pas dans la vie, ni qu'elle ne soit pas nécessaire.

On a tous été en compétition, souvent, dans le sport si on en fait, des fois en compétition amoureuse, hein, ça arrive, hein. Et compétition avec son frère et sa soeur pour avoir le ballon quand on est petit, et ainsi de suite. Et puis on sait aussi que des fois ça peut être stimulant. Mais nous, nous pensons que la compétition doit s'arrêter là où commence l'exigence de la solidarité. C'est-à-dire l'autre, celui avec qui on est nécessairement, c'est-à-dire nous tous là, formant une communauté humaine. Si bien que, en face du camp du chacun pour soi, il y a le camp du tous ensemble. Et c'est ça que nous essayons, que nous voulons incarner.

Nous croyons fondamentalement à l'unité et l'indivisibilité de la communauté humaine. Voilà ce que nous croyons. Nous croyons que tous les êtres humains sont semblables par leurs besoins. Enfin identiques semblables. Et que dès lors, puisqu'ils sont semblables par leurs besoins, ils sont donc égaux en droit pour contenter ces besoins. Voilà comment l'égalité et la fraternité se conjuguent dans une même conception de la vie. Ça a mis des siècles à revenir. À la Renaissance, c'était l'idée qui revenait de la centralité de l'être humain. Mais maintenant, nous sommes au 21ème siècle et nous avons compris quelque chose de plus que nous ajoutons à l'humanisme.

C'est pourquoi nous sommes les tenants d'un nouvel humanisme. On peut le nommer radical si ça nous amuse. Mais on va l'appeler nouvel humanisme pour ne pas s'encombrer d'adjectifs qui font des histoires avec tout le monde. Ce nouvel humanisme, il dit, l'être humain ne peut être pleinement un être humain dans sa relation aux autres, qu'à la condition de trouver une relation harmonieuse avec la nature et les animaux. Ce nouvel humanisme, il prend l'être humain comme composant d'une biosphère au sens le plus large du terme. Et c'est alors que se vérifie de façon objective la philosophie politique qui est la nôtre.

C'est parce qu'il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine que nous sommes tous semblables et qu'il y a un intérêt général humain. Pardon si sous la pluie, je fais de la philosophie, mais c'est ce qui me permet d'expliquer, au-delà des étiquettes, qui nous sommes dans notre diversité de parcours, d'identité, de religion, de philosophie. Nous sommes cette famille intellectuelle-là, celle du nouvel humanisme, celui du 21ème siècle, qui est nécessairement un humanisme social et écologique. Social parce qu'il ne peut pas être question qu'on abandonne le futur de l'humanité à la compétition au point d'accorder à quelques-uns le pouvoir d'accumuler sans cesse.

Accumuler est absurde. Vouloir être milliardaire est une maladie mentale. L'être est une névrose. Accumuler n'a pas de sens. Jusqu'à un certain point, ça peut en avoir, mais au-delà, ça ne veut plus rien dire. Ceux qui accumulent à ce point ne savent qu'en faire et en toute hypothèse ne l'emporteront pas avec eux dans leur tombe. Et ce n'est pas ceux qui leur donnent un gramme d'amour de plus ou de tendresse autour d'eux, il n'y a qu'à voir comment a été traitée Mme Bettencourt, qui est si riche, par les siens eux-mêmes. L'argent n'est rien d'autre qu'un moyen et ne doit jamais être autre chose qu'un moyen. L'intérêt général humain, ça m'amène... Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que tout le monde sait que le changement climatique, pas aujourd'hui, est commencé. Tout le monde le sait. Vous autres, vous l'avez compris. Et quand on parle avec ceux qui sont les plus en contact avec la nature, vignerons, paysans, de toutes sortes, ils vous le disent que le changement climatique est commencé. Ici, il y a de la vigne, il n'y a pas n'importe laquelle. On sait bien que la vendange est de plus en plus tôt. On sait bien que certains insectes sont montés et sont à des endroits où ils n'étaient pas auparavant. Donc le changement climatique est commencé. Et le monde va se trouver confronté à des défis, des événements climatiques extrêmes.

Et il y en a beaucoup qui ne voient pas le rapport entre un événement climatique extrême et la situation de survie de l'humanité. Mes amis, prenons un exemple tout bête. Si vous avez un tsunami, vous savez ce que c'est. C'est quand il y a un tremblement de terre sous la mer. Ça ne sert à rien à voir avec le changement climatique. Mais ça fait une grosse vague. Si la grosse vague, elle passe sur des cabanes de pêcheurs, pauvres pêcheurs. Mais si elle passe sur une centrale atomique, vous avez tous le temps de vous en rendre compte. Et c'est ça aujourd'hui. 7 milliards d'êtres humains, bientôt 11, nous exerçons sur la nature une prédation de plus en plus violente.

Donc le moment est venu de décider qu'on ne produit plus n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelles conditions, en créant des faux besoins aux gens par la publicité pour qu'ils consomment toujours davantage. Nous avons donc besoin de raisonner la société, de réfléchir et de planifier notre action. C'est-à-dire, pour passer de l'état dans lequel est la société aujourd'hui à un autre état, il faut organiser. Organiser la transition. Ici, on est à deux pas de la Suisse. Les Suisses viennent de voter qu'ils laissent tomber le nucléaire, après les Allemands.

Les Suisses, ils ne sont pas contents, et ils ont raison, parce qu'il y a la centrale du budget, et celle de Fessenheim qui n'est pas loin, les deux posant un problème. Les deux sont en fin de vie. Pendant le quinquennat qui commence, il y a 19 réacteurs qui vont arriver en fin de vie. Alors qu'est-ce qu'on fait, les gens ? Notre position, c'est qu'il faut arrêter. Mais arrêter, ce n'est pas un mot, ce n'est pas un bouton où on appuie et puis ça y est, c'est arrêté. Il faut donc planifier le passage à une autre ressource énergétique. Il faut préparer ça, il faut construire, il faut instruire les jeunes pour qu'ils sachent faire les machines.

On sait les faire aujourd'hui, mais il y en a encore d'autres. On va avoir besoin de bras, d'intelligence, pour mettre tout ça en route. On a besoin des outils industriels, il ne fallait pas vendre à l'Somme. C'est la boîte qui fabriquait les éoliennes. Et il faut en créer d'autres pour être capable d'utiliser la géothermie et toutes les autres ressources qui sont là en abondance. On sait le faire, faire autre chose que du nucléaire. Il y a 75 fois la ressource dans la mer d'énergie dont on a besoin à terre. 75 fois. Donc personne ne doit dire qu'on est limité, ce n'est pas vrai. Il faut le faire.

Mais si on ne fait rien, alors au dernier moment, c'est-à-dire dans 3 ans ou 4 ans, on vous dira Bah écoutez, ce n'est pas raisonnable M. Mélenchon. Vous connaissez le refrain, hein ? Vous voulez retourner avec des bougies dans les cavernes ? Bah dis-toi dans la caverne avec ta bougie. Je n'ai jamais dit ça, moi. Ce n'est pas ça qu'on propose. Vous comprenez, ces décisions, elles sont urgentes. Or, que voyez-vous ? J'ai pris que cet exemple. Je vous rassure, je ne vais pas en prendre 10, vu qu'il pleut. Mais regardez la situation. Vous êtes tous conscients du fait que ça urge, qu'il faut prendre les bonnes décisions. Et que voyez-vous ?

Le président des États-Unis qui paraît-il est un climato-sceptique. C'est la formule jolie et embellie pour dire un crétin borné, qui n'a toujours pas compris de quoi il retourne. Alors, lui, il pense qu'il faut continuer à sortir les gaz de schiste, le pétrole de schiste et tout ça, alors que tout le monde sait que ça nous conduit tout droit à la catastrophe. Mais bon sang, les gens, c'est la première puissance du monde. C'est pas rien. C'est pas rien. Et ils sont très agressifs pour garder le contrôle des pipelines et des gazoducs partout. Ils vous foutent la guerre dans le monde entier.

Et puis, vous avez un président de la République qui vient d'être élu dans les conditions dont vous vous souvenez. Et cette personne-là... Oh, tu peux toujours crier mon gars, t'arriveras pas à me faire taire. Rires Mais, cet homme-là... Cet homme-là... Je devrais pas, hein, mais c'est plus fort que moi. Rires Ici, on met pas de l'humour et... Ça va devenir sinistre, notre affaire. Déjà que ce que je raconte, c'est pas très drôle. Donc, voilà le président de la République qui est élu. La première chose qu'il fait, alors qu'on a tous ce défi devant nous, que dans sa mandature, ça va arriver. Il nomme, comme premier ministre, le gars qui était chargé des relations publiques d'Areva.

C'est-à-dire, relations publiques et institutionnelles, vous comprenez, vous savez pas ce que ça veut dire, je vous l'explique. Ça veut dire que c'est le gars qui était chargé d'aller voir les gens dans les institutions pour les convaincre du bien fondé de la politique d'Areva et du nucléaire. Donc, le premier nucléariste du pays est premier ministre de ce gouvernement. Eh bien, moi, j'hésite pas à vous dire, c'est pas raisonnable de faire ça. C'est pas raisonnable du tout, parce qu'on sait d'avance comment il traite le problème. Et j'ai été déçu, j'aime bien Hulot, je préfère vous le dire. J'ai de l'amitié et de l'estime pour lui, je le connais.

Mais quand il a dit l'autre jour, « Ah ben moi, je suis d'accord avec la politique qui consiste à mener un mix » Moi, j'adore, il trouve toujours des mots, les gens formidables, pour vous enrober la pastille. Bon, alors, c'est un mix à 50% pour le nucléaire. Prends-moi pour une cloche. Prends-moi pour une cloche, vas-y. Je crois que j'ai pas compris. 50%, ça veut dire quoi ? Que si la consommation d'énergie augmente, on restera à 50. C'est ça que ça veut dire. Donc, on garde ce qu'on a. C'est pas la peine de faire des grandes phrases, qui durent une heure pour berner tout le monde, et à la fin, pour dire quoi ? Dorénavant, ça sera comme auparavant. Voilà ce que ça veut dire.

Ce n'est pas raisonnable. Ces attitudes-là ne sont pas raisonnables. Je ne veux pas vous faire peur, mais les centrales nucléaires qui arrivent au bout de leur vie, c'est un problème pour tout le monde. La dernière fois qu'on a failli avoir un problème, c'est avec la centrale du Blayet, dans l'estuaire de la Gironde. Ce jour-là, il y avait du vent à 140 km heure, et il y avait des vagues qui faisaient des creux dans l'estuaire de 7 mètres. Heureusement, il y a un ingénieur d'EDF, EDF à l'époque publique, qui s'est dit, ça va mal tourner cette histoire, j'arrête la centrale. Et en effet, il a eu raison.

Parce que les prises d'eau froide pour refroidir la centrale étaient en train de se boucher avec les alluvions qui étaient bousculés dans la flotte de la Gironde. Donc je parle de choses très concrètes. Maintenant, on me dit, comme on ne pourra pas faire autrement, on va continuer à utiliser ces centrales. Comme elles ont 40, il faut les recaréner. Recaréner, ça veut dire qu'on refait l'emballage. D'accord ? Ça coûte 150 milliards, mesdames, messieurs. 150 milliards, peut-être 200. Et personne ne dit un mot sur le sujet parmi les très importants qui nous font la leçon matin, midi et soir.

Et quand je propose 100 milliards d'investissements sur deux ans et demi pour faire la transition écologique, il y en a qui font des sauts périlleux arrière en disant c'est trop cher, vous n'avez pas réfléchi, les impôts, le machin, tout ce qu'ils trouvent, tout ce qui leur passe par la tête. Parce que vous avez vu qu'ils sont capables de tout et de n'importe quoi, y compris de raconter que c'est moi qui fait changer les cours de l'emprunt à 10 ans dans le différentiel, si vous vous suivez, accrochez-vous bien, entre les emprunts à 10 ans pour les Allemands et pour les Français.

Vous avez raté cet épisode parce que ça vous a tellement fait un nœud dans la cervelle que vous n'avez même pas envie de réfléchir à la suite. Mais moi, quand j'ai vu ça, j'étais consterné. C'était à la une d'un grand journal économique. Donc ils savaient très bien qu'ils racontaient des histoires. Mais à qui ils racontaient ces histoires ? Pas à vous, vous ne lisez pas ce journal. Et j'espère que ceux qui prennent des décisions économiques dans ce pays ne croient pas à des balivernes pareils. Mais ça leur a permis d'occuper les télévisions pendant quelques temps en disant que si vous votez Mélenchon, les emprunts vont coûter plus cher. Vous n'avez même pas compris lesquels d'emprunts.

Donc, être capable de penser l'intérêt général, c'est une politique concrète. Et c'est à ça qu'on aspire avec le programme L'Avenir en commun. Pour arriver à ça, j'ai dit, il faut respecter l'élection elle-même. Mais il faut surtout respecter le peuple. Le peuple, c'est une réalité. Ce n'est pas que les salariés comme on le pensait avant. C'est tous ceux, soit qui sont retraités, soit qui sont en formation, soit qui ne travailleront jamais. C'est un peuple. Nous dépendons tous des moyens communs que nous avons à notre disposition ou pas. C'est-à-dire essentiellement des services publics. Le respecter ce peuple, c'est lui donner le pouvoir.

Il ne faut pas croire que les gens sont juste capables de faire des bêtises. Tous se comportent d'une manière extraordinairement paternaliste et méprisante à l'égard du grand nombre. Ce matin, je suis allé voir M. Bayrou parce qu'il m'a invité à venir. Il voulait me parler de moralisation de la vie publique. J'y suis allé puisqu'on m'a demandé mon avis. Je suis allé avec quelques camarades dont Charlotte Girard qui était la responsable du programme L'Avenir en commun. Il me dit bon ben, qu'est-ce que vous nous proposez ? Je lui dis, M. le ministre, je vais vous dire deux choses. Je l'aime bien ce gars, je vous le dis comme ça. Je l'ai bien tarté. Mais ça n'empêche politiquement.

Comme homme, c'est un homme intéressant. D'abord, c'est un littéraire, il n'y en a pas tant que ça dans ce pays. Et on peut parler. Je lui dis, écoutez, moi je ne crois qu'à une chose. Le peuple. J'y crois vraiment. Alors, si vous voulez moraliser la vie publique, bien sûr qu'il y a des dispositions à prendre. Il faut arrêter les lobbyistes. C'est ça un grand mot. Un lobbyiste, c'est un gars ou une fille qui vient pour vous mourrez le crâne, pour vous expliquer qu'il n'y a rien au-dessus de l'intérêt de telle ou telle entreprise. Il faut arrêter les lobbyistes, etc. Je vous passe les détails. Quand quelqu'un est condamné, peut-être qu'il pourrait devenir inéligible quand c'est un élu.

Parce que c'est quand même une mesure de salubrité publique. Je ne vois pas pourquoi quelqu'un qui a triché avec le fisc, ou qui a triché avec ce qu'on voudra, pourrait être ensuite à représenter le peuple. Bon, on est tous écœurés de voir reconduit des gens qui ont une moralité plus que douteuse et des comportements avec lesquels nous on est en désaccord complet. Parce que pas un d'entre nous se comporte comme ça. C'est pas seulement qu'il y a deux poids, deux mesures. C'est que nous, ça ne nous vient pas l'idée de nous comporter comme ça. Non mais il faudrait quand même s'en rappeler. Tout le monde n'a pas envie d'être malhonnête, hein.

Il y a aussi des gens qui s'appelaient d'être honnêtes, qui se trouvent d'ailleurs, c'est le 99% des gens, ils préfèrent être honnêtes que malhonnêtes, parce qu'ils sont assez jugeotes pour comprendre que si tout le monde était malhonnête, il n'y aurait plus de vie commune possible. Mais je lui ai dit, écoutez, monsieur le ministre, la chose à faire c'est de donner au peuple le pouvoir de virer ceux dont ils pensent qu'ils sont déchus moralement ou politiquement. Donc au lieu de faire des grandes phrases, donnez le pouvoir de révocation par référendum, donnez le pouvoir au peuple d'organiser des référendums. Ça prend du temps, je le sais bien que ça va être le bazar.

Non, ça ne va pas être le bazar. Les gens ne sont pas dingues. Si on te dit, ben voilà, le maire, le conseiller général, le député, le président de la République, on peut, si on estime, nous autres, vous autres, qu'il faut l'enlever de là, il faut X % des électeurs qui signent une feuille et il y a un référendum. Qu'est-ce que ça a de compliqué ? Ça existe déjà. Ça fonctionne dans certains pays. Alors, je ne vais pas citer le Venezuela, parce qu'à chaque fois, c'est des histoires pas possibles, mais dans deux États des États-Unis. Ça, les États-Unis, quoi qu'il se passe, c'est bien, non ? D'accord ? Ah, d'accord, bon.

Ben oui, il y a des États qui condamnent à la peine de mort, d'autres qui continuent à criminaliser l'homosexualité, mais c'est bien, c'est aux États-Unis. Si c'est chez les autres, c'est horrible, hein ? Attention, surtout si c'est au Venezuela. Bon, alors, qui ne le fait pas tout ça ? Mais c'est pour dire, ça existe, ça peut fonctionner. Mais il y a une deuxième chose que je voudrais vous dire. Je ne voudrais pas que pendant qu'on nous amuse, soit dit par parenthèse, je ne sais pas si ça les amuse autant, depuis l'affaire Ferrand, hein ? Mais comptez bien un peu se la jouer, nous sommes les chevaliers blancs, regardez, on va vous proposer une formidable loi de moralisation.

Ben très bien, si vous voulez moraliser. Il faut réfléchir aux deux aspects du problème. Pour qu'il y ait des corrompus, il faut qu'il y ait des corrupteurs. D'accord ? Voilà. Pour que les 40 voleurs finissent par se faire découvrir par Alibaba, il faut qu'il y ait une grotte. La grotte, elle existe et on sait où elle est. Ça s'appelle Panama, ça s'appelle Luxembourg, ça s'appelle tous ces paradis fiscaux. D'accord ? Donc si vous voulez moraliser, commencez par couper les circuits qui permettent à ceux qui sont immoraux d'accumuler en se cachant. On est d'accord là-dessus. Par conséquent, on a des mesures à proposer.

Il faut interdire aux banques françaises d'avoir des affaires avec les paradis fiscaux parce que la liste des paradis fiscaux, on les connaît. Tout français, où qu'il soit, où qu'il vive sur la planète, doit payer sa part d'impôt à la collectivité nationale après avoir payé celle qu'il doit dans le pays dans lequel il se trouve. Ça s'appelle l'impôt universel. Toutes les sociétés doivent déclarer leurs bénéfices dans les pays où elles les réalisent, et pas dans les pays où elles vont se cacher pour cacher leurs bénéfices. Si bien qu'en France, où se réalise l'essentiel des bénéfices d'un certain nombre de grandes marques je ne vais pas nommer parce que j'ai déjà quelques procès sur les bras.

Quelques grandes marques réalisent l'essentiel pour une d'entre elles au moins qui est une marque de restauration. C'est son premier chiffre d'affaires en Europe. Et bien il ne paye pas un rond d'impôt en France. Pourquoi ? Parce qu'elle met chacun de ses restaurants à la taxe de payer la location plus la franchise. Et ça représente exactement la somme qui leur permet de mettre pile poil à l'équilibre tous leurs restaurants dans le pays en maltraitant leurs ouvriers, les salariés, les gens qui sont là. Nous ça, on le sait tout ça. Si on veut arrêter ça, on peut. C'est parce qu'ils ne veulent pas l'arrêter que ça continue à avoir lieu. Parce qu'ils ont décidé de protéger ça.

Parce qu'ils pensent que c'est mieux quand chacun pour soi accumule de son côté que plutôt que l'intérêt général de tous les gens qui sont là. On revient toujours à la même chose. Aux deux conceptions de la vie qui sont différentes. Il faut lutter contre ces paradis fiscaux. Ça nous coûte 85 milliards par an dans ce pays, la fraude fiscale. Ça coûte 1000 milliards en Europe. Avec les 85 milliards, ça représente presque une fois et demie le service de la dette. Il n'y aurait pas de déficit dans ce pays si tout le monde payait la part qui doit à la collectivité. On revient à l'intérêt général. Moi, je crois que c'est ça que je ferais.

Si on avait gagné les gens, au mois de juillet, on aurait augmenté le SMIC. Parce que ce que demandent les gens, ce n'est pas d'être milliardaires. C'est de pouvoir vivre dignement de leur travail. Au mois de juillet, on aurait augmenté les minima sociaux. Parce que ce n'est pas normal que dans le pays qui est record d'Europe des millionnaires, qui est 9 millions de pauvres. Et moi, dès tout de suite, je me serais mis au boulot. Eh bien, j'aurais demandé à celui-ci, qui a toujours eu beaucoup de sens du concret, de régler le problème. Parce que nous, on aurait fait un gouvernement avec des hauts commissaires chargés d'une mission.

Et je lui aurais dit, Gabriel, l'hiver prochain, je ne veux plus un seul gosse dans ce pays qui n'a pas un toit sur sa tête. Parce qu'il y en a 31 000 qui sont à la rue. Je ne veux plus un malheureux qui dort dehors alors qu'il y a des milliers de mètres carrés vides dans toutes les grandes villes. Parce que nous affirmons haut et fort que la solidarité, ce n'est pas une faveur qu'on fait aux gens. C'est un droit que tous les êtres humains ont, qui s'appelle le droit de vivre et de survivre. C'est un droit, pas une faveur.

Et quand bien même ça le serait, nous affirmons haut et fort que nous sommes le parti, le mouvement des humiliés, des opprimés, des abandonnés, des délaissés, des affligés qui sont pour nous les premiers dont on doit s'occuper dans une société. Parce qu'une société vraiment humaine, elle commence par s'occuper de ceux qui ont le plus de difficultés. Les enfants, les pauvres et nos anciens. Voilà par quel bout on prend la vie. Et il n'y a pas à avoir honte de la voir. Et vous n'êtes pas obligés de répondre tout le temps, tous les cinq minutes à la question combien ça coûte. Je vais vous dire combien ça coûte. Rien. Parce que l'argent n'est rien. Que de l'argent il y en a des montagnes.

Que ce n'est rien à prendre en charge, que de partager un peu, pour que ce monde cède d'être aussi injuste et cruel pour le grand nombre. Alors vous vous dites ça c'est l'urgent. Vous pensez comme moi. Vous n'avez pas pensé à tout. Moi j'ai été obligé. Et bien oui. Vous vous dites c'est ça l'urgent. Et l'autre bonhomme qu'est-ce qui est urgent pour lui ? Qu'est-ce qui est urgent ? Qui urgentissime avant même toute chose. Le code du travail mes amis. Vous le croyez une chose pareille ? Mais de quel bois ils sont faits ces gens ? Et attention hein ! Vous ne savez pas ce qu'il y a dedans, ce qu'ils comptent faire. Mais on a tous compris, il a dit la philosophie de son truc.

Si vous ne le savez pas, je vous leur explique en trois mots. En France, la république a un caractère, on appelle ça la république sociale. C'est-à-dire que vous avez la loi, elle s'applique à tout le monde. On a le droit d'avoir un accord de branche. La branche, la métallurgie, le bâtiment, le reste. Vous pouvez avoir un accord de branche à condition qu'il soit meilleur que la loi. Et vous pouvez avoir un accord dans l'entreprise à condition qu'il soit meilleur que l'accord de branche. Ce système-là s'appelle le principe de faveur. Première organisation de la hiérarchie des normes. Deuxième élément, si vous allez à l'école et que vous avez un diplôme.

Votre diplôme, que ce soit un CAP ou que ce soit un BTS ou que ce soit un Bac plus 5, il y a des BTS par là ? Parfait. Ça c'est des bonnes études. Ça c'est des bonnes études. Si vous avez un BTS, dans les conventions collectives, on retrouve le niveau du diplôme à un niveau de salaire. C'est pourquoi notre république est sociale et éducative. La qualification est reconnue. Si vous faites maintenant, vous balayez tout ça comme il a l'intention de le faire, et que vous renvoyez tout à la négociation dans l'entreprise, tout ça c'est fini. Écoutez bien, ça à nouveau c'est de la philosophie politique. Entre le faible et le fort, dit la Cordère. Entre le faible et le fort.

C'est la liberté qui opprime. Pourquoi ? Parce qu'elle donne la prime au fort. Et c'est la loi qui protège. C'est la loi qui vous protège. La loi c'est l'intérêt général. C'est la volonté générale. On discute et en effet, oui, la loi s'applique à tout le monde de la même manière. Même durée du travail hebdomadaire. Même durée du travail dans la vie. Même durée du travail dans la journée. Parce qu'on a passé des années, des décennies à obtenir ça. Et que maintenant, d'un trait de plume, ils volent l'oreiller. Et vous avez des ballots qui croient que c'est une bonne idée. Qui se disent, ben moi je vais aller discuter avec mon patron, ça va se faire... Ça va Marcel ?

Oui ça va, qu'est-ce que tu veux ? Bon voilà, tant d'heures. C'est pas comme ça que ça se passe. Et même si vous avez un patron, parce que ça existe aussi, faut pas non plus qu'on fasse les marioles nous. Qu'un brave homme ou une brave femme. Bon, du moment que tout ça, ça tourne. Faut voir hein, il y en a, il faut pas des mille et des cents hein. Faut pas non plus les patrons du CAC 40 et celui de la petite boîte de maçonnerie d'à côté. C'est pas la même chose hein. Le salaire moyen d'un patron dans ce pays, c'est 4000 euros. Bon, c'est déjà pas mal. Faut dire qu'au passage, ils ont mis tous les auto-entrepreneurs, que c'est auto-esclaves, dans le paquet.

Alors évidemment, ça fait baisser la moyenne. Mais c'est la vérité. Donc vous pouvez avoir un gars ou une fille qui est brave et qui veut que ça se passe bien. Mais comment voulez-vous qu'il le reste ? Si dans la boîte d'à côté, on a augmenté la durée du travail et réduit le salaire, ça veut dire que la boîte d'à côté, elle va mieux vendre, elle va être plus compétitive. D'accord ? Si vous mettez les esclaves, ça va encore plus vite. Donc l'autre, il est obligé de faire pareil. Si vous défaites la loi, vous fichez la pagaille partout, tout le monde devient en concurrence avec tout le monde, les ouvriers, les salariés les uns contre les autres, et les boîtes les unes contre les autres.

Voilà pourquoi nous tenons à la loi et aux principes de faveur et aux mécanismes de la République sociale. C'est pas une vision idéologique. Bien sûr que c'est de l'idéologie. Parce que ça veut dire la loi nous protège. Mais c'est quelque chose de très concret. Très concret. Et maintenant, vous autres qui êtes plus jeunes, collez-vous bien ça dans le crâne. Le code du travail, c'est pas comme le code de la route. Chaque page du code du travail, ce sont les luttes de vos pères et mères, de vos grands-pères et grand-mères. Chaque page, ce sont des protections contre les travailleurs, pour les travailleurs, qui ont été arrachées. Aucune ne nous a jamais été donnée.

Demandez, consultez, demandez aux anciens comment ça s'est passé. Tout le temps, il n'y avait pas de limite. Alors moi, je peux vous dire que j'ai la grosse rage quand je vois qui on a nommé ministre du travail. Alors pareil, un petit cours d'histoire. Vous savez, quand est-ce qu'il a été créé, le ministère du travail ? Il y en a parmi vous qui le savent. Et d'autres qui ont regardé mes vidéos, je me répète un peu, donc ils sont au courant. Eh bien, ce ministère du travail, il a été créé quand a eu lieu dans notre pays, au début du 20ème siècle. Le plus grand accident industriel de notre histoire. Un coup de grisou dans la mine de Courrières. Il y a eu 1300 personnes ensevelies dans la mine.

Et les femmes et les enfants attendaient tous les jours pour voir si quelqu'un allait ressortir. Et de temps à autre, il en ressortait un. Cette crucifixion qui a duré des semaines après qu'on ait perdu 1300 hommes et enfants dans la mine. C'est elle qui a sonné le glas une bonne fois. Et même les puissants ont pris peur devant l'ampleur du crime qu'ils avaient commis en n'ayant pas pris les mesures de sécurité qui auraient protégé les mineurs. Alors ça date du début du siècle. Ne me dites pas que tout ça c'est du Zola et du passé. Tous les ans, il meurent 565 personnes au travail sur son poste de travail.

Tous les ans, il meurent 1200 personnes d'une maladie professionnelle ou sur son poste de travail. Et il n'y a pas de honte à dire que nous représentons cette classe salariale, nous défendons ses intérêts et que nous croyons que nous n'avons jamais rien obtenu que par la lutte. Et moi, je suis fier d'être le tribun du peuple quand on pense que c'est une injure contre moi. Oui, je le suis. Et je vous invite à l'être tous. Alors qu'on a nommé comme ministre du travail l'ancien DRH de chez Nestlé, une multinationale. Je suppose que c'est le paradis sur terre là-dedans. On n'a pas fait le ministère du travail pour ça, mais c'est pas le pire on pourrait dire après tout.

Cette femme, tout d'un coup, s'est rendu compte que ce qu'elle faisait, bon, il y a moyen de faire mieux. C'est qui est son directeur de cabinet ? Vous le savez déjà ? Le directeur adjoint du MEDEF. Ce type-là travaillait comme fonctionnaire du MEDEF et le voilà au ministère du travail. Eh oui, vous n'avez pas fini de dire où. Parce que dès comme ça, je peux vous en sortir toute une niche. Il y en a partout. Le premier ministre qui est nucléariste. La ministre du travail qui représente les multinationales. Son directeur de cabinet qui représente le MEDEF. Et je continue l'attaché particulier agriculture du président de la République, la lobbyiste du vin.

Et dans les candidats, par dizaines des gens qui étaient chargés des relations publiques de telle ou telle grosse boîte. Maintenant, on en est là. Ils n'ont même plus besoin d'envoyer des lobbyistes. Ils vont les faire élire sous l'étiquette La République en marche. Voilà ce qui est en train de se préparer dans ce pays. Et si vous croyez que ça va encore faire des histoires avec moi, bah ma foi, j'assume cette histoire-là. Mais je vous renvoie à la lecture du journal Marianne dans lequel il y a 17 cas. Et nous, demain, on ouvre un site internet, une page internet, sur laquelle on va mettre les noms de tous ces braves gens.

Et vous allez voir, si vous en trouvez un seul qui ressemble à ça, dans ma liste à moi d'insoumis. Il n'y en a pas. C'est que des braves gens. Et il n'y a pas besoin de leur repas de la figure. Pour dire, voilà, Gabriel Amar et tout ça. Pouf, société civile ! Personne n'a jamais cru qu'il y avait une société militaire. Et des fois, on préférerait les militaires que ces civils-là. Vous le savez comme moi. Non, c'est des gens qui ont des métiers, qui ont une activité. Je vais vous dire une chose, les gens. Et bien, respectez-les. Parce qu'être candidat aujourd'hui pour la France insoumise, et bien, c'est pas un cadeau. Parce qu'après, vous allez être googolisé toute votre vie.

Et des fois, quand vous avez un métier, quand vous avez une profession, ces braves gens-là ont le courage de l'assumer. Et les autres, que vous ne voyez pas. Mais il y en a dans tout le département. Et il y en a dans toute la région. Honneur à ceux qui sont nos candidats. Parce qu'ils sont courageux. Jamais, mes amis, vous aurez eu une telle caste au pouvoir que comme en ce moment. Alors on dit, vous n'êtes jamais content. Ben non, je ne serai jamais content. Je veux que je sois content. Ne demandez pas, moi non plus, de commencer la comédie. Alors, vous croyez que je n'ai pas vu, comme vous, pendant un an et demi, ils vous ont bourré le crâne avec cette histoire de Mme Le Pen.

Et après, il n'y avait qu'une chose à faire, se mettre au garde-à-vous. Et moi, on m'achetait des pierres, parce que je ne voulais pas le faire. J'ai dit la seule chose utile qui comptait. Je vous dis, les gens, il ne faut pas voter pour Mme Le Pen, ni pour l'extrême droite. Et j'estime que c'est un message suffisant. Et je vais le compléter devant vous, en espérant convaincre des gens qui m'écoutent. Moi, j'avais la responsabilité de vous garder unis, si vous vous avez voté avec moi à l'élection présidentielle. C'était ma responsabilité. Et je sais que vous vous êtes partagés en trois groupes.

Il y a ceux qui y sont allés et qui ont dit, moi, je vote Macron parce que je ne veux pas que quelqu'un d'autre fasse le travail à ma place. Il y a ceux qui ont dit, moi, j'y vais, parce que je suis un citoyen et je vote blanc, parce que je ne veux pas participer à cette mascarade. Et puis, il y a ceux qui ont dit, moi, je ne vais pas à cette mascarade, je ne vais même pas voter. Et moi, mon devoir, ce n'était pas de vous dire, toi, toi, toi, tu n'as pas bien fait, parce que c'est comme ça qu'il faut faire. Et moi, de vous faire les leçons de morale qu'on m'a fait à moi. J'ai pensé que je vous appartenais dans cette circonstance.

Et que donc, ma parole devait se limiter à ce sur quoi j'étais certain que nous sommes tous d'accord entre nous, à savoir, pas une voix pour Mme Le Pen. Et c'est ce que j'ai dit. Parce que ceux qui sont responsables du score de l'extrême-droite, c'est ceux qui votent pour l'extrême-droite. Ce n'est pas ceux qui la combattent comme nous toute l'année. Et ceux qui sont responsables, c'est ceux qui poussent dans le dos les gens à être enragés d'abandon. Et c'est à eux que je parle. Parce que nous, pour la première fois depuis des années, nous autres de la France Insoumise, nous avons ramené dans le vote avec nous des gens qui avant ça, voté pour le Front National.

Et bien moi, j'en suis content. Et je dis aux gens, écoutez, ce n'est pas à nous qu'il faut dire que vous êtes très fâchés. Parce que nous aussi, on est très fâchés. Mais quand on est très fâchés, on n'est pas obligés de faire facho. Parce que maintenant, vous avez une autre carte dans votre main. La carte d'un groupe de gens qui ne combinent avec personne, qui ne trafiquent avec personne, qui n'en rabattent jamais. Un ramassis de têtes dures, insolents, qui tiennent tête à tout le monde. Et vous pouvez leur faire confiance, parce qu'ils ne lâcheront pas prise. Et c'est ça que nous sommes en train de faire. La France Insoumise est un mouvement absolument nouveau.

On ne demande pas aux gens d'où ils viennent, quand ils arrivent, du moment qu'ils agissent avec nous. Et que le contrat commun, eh ben, c'est notre programme. Il va y en avoir besoin. C'est notre podcast. Et nous, on est en train de parler dans tous les journaux de M. Ferrand. Bien sûr qu'on condamne tous le comportement et tout ce que vous voulez. Mais on voudrait parler du reste, quand même. Là-dedans, parmi vous, il y a des gens qui ont les petites payes et les petites retraites. En général, ce n'est pas les milliardaires qui viennent m'entendre dans la rue avec un parapluie. Donc c'est à peu près à qui je parle. Eh bien, le monsieur, il a décidé deux choses qui vous concernent.

Après, je cause aux jeunes, pour que vous compreniez. D'abord, je commence par les autres. Le monsieur, il a décidé que dans les entreprises, quand vous regardez votre feuille de paye, il y a le salaire brut et le salaire net. Le salaire brut, c'est ce qu'on vous donne. On retire les cotisations et ça vous donne le salaire net. D'accord ? Il a décidé qu'on va retirer les cotisations sociales, maladie et chômage. Et comme la loi prévoit que chaque fois qu'on est exempte d'une cotisation sociale, il faut la repayer à l'euro près, vous avez bien compris que ce n'est pas un cadeau. Il faudra que quelqu'un le paye. Qui c'est qui va le payer ? Les impôts. Quel impôt ? La CSG.

Donc d'un côté, il retire les cotisations. Si vous êtes dans le privé, vous pouvez espérer qu'il vous reste un chouïa. Ça passe de la case cotisation à la case salaire net. Toc ! La CSG vous tombe dessus et peut-être qu'il vous reste un petit plus positif. Attention au petit plus positif, parce que ça peut vous faire passer dans une autre tranche d'impôts. Mais bon, admettons. Allez, soir de bonté. On admet que ça puisse faire un ou deux carambars par tête de pipe. Mais les autres, c'est-à-dire ceux qui sont fonctionnaires de l'Etat ou fonctionnaires des collectivités locales. Vous, vous en avez jamais payé de cotisations sociales de cette nature. Donc pour vous, c'est plein pot.

Plein pot la CSG. Pour les petits fonctionnaires. 1200 euros. C'est la catégorie C plus. Pour beaucoup, c'est beaucoup d'argent, 1200 euros. Attention hein, tout le monde n'a pas 1200 euros aujourd'hui. Tout le monde n'a pas un temps plein. 1200 euros. Quand vous gagnez 1200 euros par mois, avec le système de monsieur Macron, à la fin de l'année, il vous aura taxé 250 euros. Eh ben, 250 euros dans une année, pour quelqu'un qui gagne 1200 euros, c'est pas pareil que pour la paie d'un cadre supérieur qui gagne 4000 ou 5000 ou 6000 euros. C'est pas pareil du tout. Parce que là, on n'est pas en train de prendre sur le superflu, on est en train de prendre sur l'essentiel. 250 euros.

Mais alors, le pompon, c'est pour les retraités. Parce que dans le système de la sécurité sociale, la sécurité sociale, c'est une assurance. Vous vous assurez pour faire face aux risques, la vieillesse, la maladie, etc. Les risques que ça comporte. Parce que la vieillesse, c'est pas un risque. C'est comme ça. Voilà. Alors eux, ils n'ont pas besoin de cotiser pour le risque chômage, puisque par définition, ils sont à la retraite. Par conséquent, il n'y a pas besoin de les faire cotiser. Eh bien maintenant, vous cotisez. Par le biais de la CSG. Et les petites retraites, il y en a plein plein plein partout. Ils vont quand même se manger la CSG plein pot.

250 euros par an pour 1200 euros de retraite. Vous n'avez qu'à calculer. La proportion, vous la retrouverez sur les autres petites retraites. C'est ça qu'il va faire. Où on en parle les amis ? Où c'est expliqué tout ça ? À part moi qui viens ici vous le dire. Peut-être vous qui avez fait attention au milieu de ce flot de paroles qu'il y a en ce moment sur notre magnifique chef que nous avons comme président de la République. Imaginez-vous que j'ai osé vous dire une fois je vais être jupitérien. Vous aurez dit cette fois-ci, c'est vrai, il est fou. Ah mais non, attendez, il y a là qui se pose la question.

Il y avait une émission l'autre soir à la radio dont le titre était Mélenchon est-il fou ? À qui d'autre qu'à moi on fait ça ? Mais oui, pour que tous vous vous disiez ce gars-là est un exagéré. Mais on pourrait dire, le président de la République il dit qu'il est jupitérien. Il lui manque une case ou quoi ? Non pardon, oh là là, qu'est-ce que j'ai dit ? Le président qui a dit ça, est-ce qu'il n'a pas un peu exagéré ? Est-ce que ça n'a pas fini par lui monter à la tête toutes ses premières pages des journaux ? Macron à la piscine, Macron à la neige, Macron et sa dame, Macron et sa cabane de jardin, Macron et son cousin, son voisin, etc.

Ne me dites pas que j'exagère, la semaine dernière le JDD, le titre c'était « Macron séduit le monde ». Le monde, mes amis ! Alors évidemment, tout ça a une finalité. Pendant qu'on gesticule comme ça, on ne parle pas de ce que je viens de vous raconter, qui est des choses simples. Mais celui ou celle à qui on va enlever les fameux 250 euros. Peut-être que c'est ça qui le fait basculer dans la pauvreté. C'est peut-être ça qui fait que, ce mois-là, il ne va pas payer son loyer parce qu'il faut savoir si on met de l'essence dans la voiture ou si on paye le loyer, ou bien si on paye les fournitures de rentrée des gamins. Et c'est ça qui peut complètement faire basculer votre vie.

Donc moi, je parle de choses qui concernent la vie réelle des gens traités cruellement et injustement. Et c'est ça qu'il est en train de mitonner. Pareil pour vous, gosses. Alors, je commence par les plus jeunes. Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer, il ne pleuvra pas. Oui, mais il faut bien que vous ayez des arguments à raconter autour de vous après, pour expliquer pourquoi il faut voter pour Gabriel. Sinon, pourquoi celui-là ? Vous pourriez prendre un des deux ou trois Les Républicains qu'il y a là, qui sont candidats en même temps, ou ainsi de suite. Alors... Donc, où j'en étais ? La retraite ? Non, je parle aux jeunes. C'est bien aux jeunes que je parle, parce que les autres...

Si vous avez moins... Écoutez, si vous avez moins de 57 ans, ce que je raconte vous concerne. Si vous avez plus, vous êtes sauvés. Monsieur Macron est venu à la télé et il a dit « Nous allons proposer un système pour ça. » Il y a aujourd'hui trop de systèmes de retraite. Déjà, premier argument. Mais nous, on s'en fout qu'il y en ait trop. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est est-ce que les gens qui ont ces retraites-là, ils sont contents ou pas ? Est-ce qu'ils arrivent en vie ? C'est tout. Tout le reste, c'est du baratan. On s'en fout qu'il y en ait 10, 20, 30 ou 0. Ce n'est pas le sujet. Alors, il va simplifier. Et pour chaque euro cotisé, vous aurez le même droit.

Alors, les gens qui ont écouté ça, naturellement, n'ont rien compris, mais sont dit « Ah ben, comme les Français, c'est comme ça, ils sont égalitaires. » Ils disent « Ah ben oui, pour chaque euro, c'est normal qu'on ait les mêmes droits. » Alors, les gens oublient que les régimes de retraite, dans toutes sortes de professions, ça a été des bagarres rangées pendant des années, que pour obtenir que pouvoir partir à la retraite plus tôt, dans certains métiers, ça a été la croix et la bannière, etc., etc. Et ils ont avalé tout rond le truc, si jamais ils ont retenu. Ben, je vais vous dire ce que c'est. Ça veut dire que vous cotisez toute votre vie, les petits choux. D'accord ?

43 années, boum, boum, boum. Et puis, quand vous avez fini, aujourd'hui, avec le système par répartition, vous savez combien vous aurez. Ça sera le X % de votre salaire. Avec le système par points, vous ne saurez jamais. Ça dépendra d'une génération à l'autre. Alors, j'ai lu le papier avec attention. Et il dit dedans, « Ben, ça dépendra des générations parce qu'il y en a qui vivent plus longtemps que les autres. » Évidemment, comme vous me voyez moi, c'est encourageant. Ben oui ! Non, mais attendez, je sais de quoi je parle. Je ne me suis pas usé le corps, je suis un intellectuel. Je ne me suis pas usé le corps dans des tâches physiquement éprouvantes.

Alors, quand vous prenez la moyenne des gens qui sont nés mon année, ça va pas mal pour eux. C'est le baby-boom, on a tous bu le bon lait, qu'il n'y avait pas encore les pesticides dedans, etc. Nos mères nous faisaient manger. Vous mangez une pomme à l'époque. Il faut vous rendre compte, vous mangez une pomme. Il y avait autant de vitamines dedans qu'aujourd'hui, combien vous en faut ? 100 pommes ! Allez manger 100 pommes ! Vous voulez faire manger à vos enfants ? Moi, j'en mangeais une, clac, 100 pommes, d'aujourd'hui. Grosse évaluation de la pomme. Ben, vous vous marrez comme ça, vous allez retenir le chiffre. Hein ?

Ça vous montre ce que ça a donné l'agriculture productiviste, industrielle, chimique, etc. Autant boire un coup de flotte, ça fait le même effet que ces pommes-là. Donc, dans ma génération, les gens vivent plus vieux. Mais pardon de vous dire que je vis plus vieux en meilleur état que mes potes qui ont eu des métiers physiquement éprouvants. Et je vais vous dire mieux que ça compte tenu de mon âge. Mes potes en question, ils sont morts. Parce qu'entre un ouvrier et un cadre, c'est pas la même durée de vie moyenne. Donc, c'est parfaitement dégueulasse de dire, dans la génération de Mélenchon, comme ils vivent plus vieux, ben, donne moins. Eh ben non ! Eh ben non ! C'est pas juste.

Il faut donner à chacun la part qui lui revient. Et moi, je suis d'accord pour que ceux qui ont le plus aient moins, pour que ceux qui ont le moins aient plus. Voilà. Ça, c'est une bonne truc. C'est pas de dire, je vais vous donner pour chaque euro la même chose. Bon, voilà. Je pourrais continuer comme ça. Ce que j'essaye de faire, les gens, c'est de vous dire, il faut que les gens ne soient pas hallucinés autour de nous. Il faut qu'ils réfléchissent. Une élection, c'est sérieux. C'est leur vie qui va se jouer là. Ils sont en train de vouloir réécrire un traité européen avec la Mme Merkel, ça va être encore pire que c'est aujourd'hui. On peut gagner cette élection législative.

La première fois que je l'ai dit, on m'a dit, c'est impossible. Et maintenant, voilà qu'ils me jettent à la figure toutes sortes de sondages. Au passage, ils me tapent, vous avez vu, hein. Bien. Bien, tous les jours, il y a un truc. Mes pauvres amis s'arrachent les cheveux. Puis moi, des fois, l'acide passe sous l'armure, vous savez, les gens. Faut pas croire que je prends tout ça en me disant que je m'en fous. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est un matin, je me dis, est-ce que j'ai bien fait ? Est-ce qu'il n'y a pas un problème ? Enfin bon. Mais, je vois, ils me montrent des sondages où ils annoncent 310 députés pour M. Macron. Mais je veux dire, j'en crois pas un mot. C'est pas possible.

Même le général De Waul, il n'y arrivait pas. Pourtant, hein, quand même, il avait des moyens, lui. C'est pas Macron. Donc pourquoi l'autre va arriver à avoir 310 sièges ? On dit, il a 32%. Ah bon ? 32% ? Mais comment il fait ça ? Comment il peut arriver à faire 32% alors qu'il a moins de candidats dans les 177 circonscriptions que nous, la France Insoumise ? Comment il fait ? Ils ont donc réparti sur tout le pays une statistique de quelques circonscriptions. Donc c'est pas vrai. Donc c'est pas vrai qu'il a une avance telle qu'il va nous écraser. Ce n'est pas vrai. Ce qui est vrai, c'est que nous allons être présents au deuxième tour dans des paquets de circonscriptions.

Tout à l'heure, Gabriel vous l'a rappelé, si les 7 millions, ils reviennent, parce qu'ils ont la rage et qu'ils ont l'impression de s'être fait voler, à juste titre, leur élection présidentielle. S'ils reviennent, c'est nous qui avons gagné. Et s'ils reviennent, on est présents au deuxième tour dans 78% des circonscriptions. Donc j'aime mieux vous dire que ça va être la fête, hein. Voilà. Du coup, c'est pas compliqué ce que vous avez à faire. C'est d'aller chercher ceux qui sont venus voter avec nous à la présidentielle. Et vous pouvez leur dire une chose simple. T'as voté à la présidentielle, pas pour Mélenchon, si c'est pour Mélenchon. D'accord, on a compris.

Mais t'as voté pour ce programme. Ah bah oui. Et bien si t'as voté pour ce programme, ça tombe bien, tu revotes pour le même programme. Parce que nous, on n'a pas changé de programme entre les deux élections, voyez-vous. Non mais ça vaut la peine d'être dit. Parce que je sais qu'au PS, ils ont changé leur programme. Apparemment, tout le monde n'est pas content là-dedans, hein, de ce changement. Alors comme ça, il y en a un. Voyez mes ailes, je suis Hamon. Voyez mes pattes, je suis Macron. Et voici la chauve-souris. Bon, mais c'est ça la vérité. Et vous en avez la moitié, ils ont la valoche toute prête. Et entre les deux tours, ils vont changer de camp.

Parce que c'est comme ça que l'autre, il prévoit de faire son 30%. Comme il a moins de candidats quand on va arriver au deuxième tour, Au premier tour, il y en a plein qui vont disparaître. Vous savez quoi ? Je me suis aperçu que dans la feuille du ministère de l'Intérieur, vous savez, vous cochez. Quand vous êtes candidats, vous cochez. Nous, on a coché France Insoumise. Bon, quand même, j'ai de l'expérience. Donc je regarde, c'est où majorité présidentielle ? Il n'y en a pas. Il n'y en a pas, les gens. Je me suis dit, c'est quand même curieux, ça. Il aurait pu mettre majorité présidentielle, c'était à tous les coups on gagne. Pourquoi ? Pourquoi il a fait ça ?

Il y aura donc des La République En Marche, le Modem, et le soir du premier tour, ils vont faire leur tambouille. Et ils diront, ils s'annexeront ceci ou cela. Mais surtout, ce n'est pas ça le plus important. C'est qu'entre les deux tours, il y en a qui vont être repeints. Ils auront commencé le premier tour en Parti Socialiste ou Les Républicains, et au deuxième tour, tchouf, majorité présidentielle. Et les ballots qui auront été roulés, c'est tous ceux qui se sont dit, « Ah ben moi, je vote comme j'ai toujours voté, comme a voté mon père ou ma mère, et j'ai voté comme ça à toutes les élections, donc je continue.

» Le gars Olafi, il croit qu'il a voté PS, il croit qu'il a voté Les Républicains, et au deuxième tour, tchac le blaropin en Macroniste. Et au passage, on aura éliminé qui ? Devinez, qui ils essayent d'éliminer ? Celui dont ils disent du mal tous les jours pour vous convaincre que ça ne vaut pas la peine d'aller voter pour lui, parce qu'ils ont LA PÉTOCHE ! Les gens, il va falloir que je m'arrête pour finir. Ce que je veux vous dire, c'est que, quoi qu'il advienne, si on gagne, on sait gouverner. Si on perd, on sera continué. Je vous redis, il n'y a pas de majorité sociale dans ce pays pour pratiquer la politique de sauvagerie sociale de M. Macron. Il n'y a pas de majorité pour ça.

Ce pays est un volcan. Et des cratères, je peux en citer dans un certain nombre d'endroits dans ce pays, et c'est pour ça que je suis allé à Marseille, parce que Marseille c'est un cratère. Quoi qu'il arrive, rappelez-vous que l'histoire nous a toujours donné le moyen, à un moment ou à un autre, quand on fait réfléchir, quand on donne des idées positives, quand on montre qu'on peut sortir par le haut, qu'on n'est pas tout le temps en train d'affoler tout le monde, de fiche la trouille à tout le monde, qu'on montre qu'il y a une autre manière de vivre qui est possible, qu'il y a d'autres principes et qu'on les porte avec fierté, ça finit toujours par payer.

La bonne idée est comme une petite graine et elle germe. Et ici, dans cette foule qu'il y a là, il y a des jeunes gens qui sont en train de m'écouter parler. Ils sont d'accord avec une partie de ce que j'ai dit, ou avec tout ce que je dis. Et à leur tour, de ce qu'ils m'auront entendu dire, comme moi-même de ce que j'ai entendu dire par ceux qui m'ont instruit, ils auront été en quelque sorte labourés, travaillés par ces idées, et de me voir perché sur cette tribune avec ces deux-là. Ils se disent c'est possible, c'est possible, il existe un autre chemin, il y a d'autres gens qui sont capables de le prendre, et bien je vais m'en occuper à mon tour.

Et celui-ci, celle-ci qu'elle a, celui-ci, celle-ci, à leur tour vont reprendre le flambeau. La seule chose qui peut nous faire perdre, c'est qu'un jour, quelqu'un renonce au combat. Quelle que soit la force que nous donnerons les électeurs, à peine l'élection sera-t-elle terminée, nous appellerons à la formation d'un nouveau Front populaire. Et nous tâcherons d'y inclure, non seulement toutes les forces politiques aujourd'hui éparpillées, qui sont prêtes à ce combat, mais aussi les forces sociales, et je vous le dis, les forces culturelles. Notre pays est plein de richesses intellectuelles, plein de richesses culturelles.

Ce n'est pas juste que les cultureux vivent dans leur case et les autres dans une autre. Nous avons besoin de rebrasser à nouveau les ouvriers avec les musiciens, les philosophes avec les cadres, et ainsi de suite. La grandeur du peuple, c'est sa capacité à se mélanger. Bon, allez maintenant, interro-oral, vous savez que j'ai inventé ça ? Parce qu'à force de lire des poèmes, il va nous lire un poème lequel ? C'est bon quoi, pas passer toute ma vie à lire des poèmes, je les lis chez moi. Non, maintenant, c'est une interro-écrite. Non, orale, orale. Attention, respirez bien et réfléchissez avant de répondre, mais répondez que je ne sois pas tout seul à parler.

Les pauvres, ils n'en peuvent plus, là. Bon, et vous non plus. Alors, c'est dimanche, 11 juin. Vous partez de chez vous, toute la maisonnée est en train de dormir. Vous vous dites, je vais aller voter, j'achète les croissants et je rentre. Et vous arrivez dans le bureau de vote, pas moyen de vous rappeler le nom du candidat. C'est bête, hein ? Vous sortez. Attends ! Chaque chose dans son temps. Mais le rythme, c'est comme ça, ça prend du temps. Voilà. Alors donc, vous prenez le téléphone et vous appelez à la maison. Zut, tout le monde dort, personne ne vous répond. C'est un peu bête de rentrer à la maison.

Donc, vous entrez dans le bureau de vote et tout d'un coup, vous savez exactement quel est votre bulletin et vous le reconnaissez. À quoi ? Monsieur, il ne faut pas me regarder la bouche ouverte comme ça. Il faut dire fille, là. Ah, mais, bon, fille, voilà. Fille, comme France insoumise. Et comme la lettre grecque, fille, qui est la première lettre de philosophie. Philosophie, ça veut dire en grec, l'amour de la sagesse. Et nous, nous sommes le camp de ceux qui ont l'amour de la sagesse, qui essayent d'être sages en déterminant quel est le bien commun. Et qui essayent d'être sages en trouvant une harmonie entre les êtres humains, entre eux et la nature et les animaux.

Car phi, c'est la proportion qui travaille l'univers. On ne sait pas pour quelle raison. Est-ce qu'il y a des gens qui mesurent 1m61 dans ce public que je vois ici ? Levez la main. Eh bien, ça ne m'étonne pas. Vous êtes magnifiques. Vous êtes la proportion parfaite. Phi, chez vous. J'ai deux filles devant moi. Deux filles là.

56:35
Locuteur

Et là.

56:36
Présentateur

Fille comme dents, fille. Waouh. Bon. Là, il commence à faire tard, hein. Bon. Je vous redis aussi une chose. Je la dis souvent à tous les amis. Mais c'est pour qu'on réfléchisse. Et que toujours, on se pose des questions du plus opprimé. Dans notre pays, il y a 2,5 millions de gens qui sont illettrés. Être illettré, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de culture. Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas un métier. Ça ne veut pas dire qu'on ne connaît pas par cœur des poésies. Ça ne veut pas dire qu'on ne sait pas jouer de la musique. On est comme tout le monde. Mais des fois, ça arrive qu'on est illettré parce que c'est la vie. On a du mal à reconnaître les lettres.

Et des fois, c'est pour une raison toute bête. C'est qu'au point de départ, ce n'était pas notre alphabet. Que vous, que vous faites les malins, si je vous mets en Grèce ou en Russie, que c'est l'alphabet cyrillique, eh bien, aussi malin que vous êtes, vous la transformez en illettré. Et pareil, si vous allez dans un pays du Maghreb où on écrit en arabe. Donc, l'illettré, c'est un inconvénient qu'il a. Et nous, dans chaque pas qu'on pose, que ce soit dans le militantisme, en associant tous ceux qui peuvent être là, en partageant quand il faut partager. Mais quand on entre dans le bureau de vote, alors, mes amis, vous êtes établi dans la splendeur de votre dignité de roi dans la cité.

Eh bien, oui. Oui, parce que votre bulletin de vote, c'est une bombe atomique. Et quand vous rentrez dans l'isoloir, eh bien, que vous soyez pauvre ou riche, que vous soyez petit ou grand, patron ou salarié, une personne, une voix. Et c'est ça toute la grandeur, la splendeur du suffrage universel. Il y a le fait de rentrer, de pouvoir tirer un rideau devant vous pour choisir librement. Ça aussi, on a dû l'arracher. Parce qu'autrefois, c'était le patron qui était là et qui vous regardait voter et qui vous disait, « Ah, tâche de ne pas te tromper. Vote pas pour les rouges ou pour les roses. » C'était pareil. Quand j'ai été jeune élu, on m'a dit, « Jean-Luc, tu dois mettre la cravate rouge.

» La cravate rouge, pourquoi ? Parce que quand on va dans le bureau de vote, c'est comme ça qu'on se reconnaît. Eh oui, c'est mes anciens qui m'ont dit ça. C'était la fierté. Malgré tout, on tenait tête. Quoi qu'il arrive, on tenait tête. Eh bien, avec le bulletin de vote FI, l'illettré, il sait, lui aussi, s'il veut voter avec nous, où est son bulletin de vote. Pensez-y. Quand vous verrez ce FI, vous vous direz, c'est la lettre des opprimés, c'est la lettre des humiliés, mais c'est la lettre de la liberté et de la dignité. Ça dure, ça dure, mais c'est comme ça. Il ne fallait pas m'inviter si vous trouvez ça trop long. Et encore, là, ça n'aura duré que deux heures.

Quel est le prénom du député que nous voulons voir élu dans cette circonscription ? Le prénom, on a dit. Quel est le prénom de sa suppléante qu'elle sera députée si Gabriel est ministre, parce qu'on a gagné l'élection ? Ça y est, c'est dit.