Retraites, motions de censure, fin de la voiture thermique, nucléaire... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jordan Bardella
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Le gouvernement se résout donc à utiliser le 49.3 sur la réforme des retraites. Elisabeth Borne engage la responsabilité de son gouvernement. Et spontanément, hier soir, on a vu dans la rue descendre quelques milliers de Français avec parfois des débordements, des feux déclenchés à Dijon ou à Paris par exemple. Est-ce qu'un embrasement du mouvement social vous semble aujourd'hui inéluctable ?
En tout cas, on a le sentiment que c'est ce que cherche Emmanuel Macron. Et on a un peu le sentiment qu'il prend un plaisir malsain à organiser le chaos dans le pays. Et je suis comme beaucoup de gens ce matin, j'ai du mal à comprendre son obsession. Elisabeth Borne adresse en réalité un bras d'honneur irrespectueux à la fois au peuple français et à la représentation nationale. Elle présente un texte qu'une très grande majorité du pays rejette. Je crois que c'est sans appel depuis maintenant plusieurs semaines que la représentation nationale et que les députés qui ont été élus par le peuple français rejettent.
Et le gouvernement vient dire devant les Français, vous aurez quand même, par la force, parce qu'on est là dans un coup de force démocratique, la réforme des retraites. Donc je suis comme beaucoup de gens ce matin, je peine à comprendre l'obsession du gouvernement. Il y aura des motions de censure qui vont être déposées en début de semaine. Et moi j'appelle ce matin tous les députés, tous les mouvements politiques en France qui se disent d'opposition à voter cette motion de censure parce que je pense qu'Elisabeth Borne maintenant doit partir.
Mais pour bien comprendre, Jordan Bardella, pour vous, c'est Emmanuel Macron qui organise les débordements qu'on a vus hier dans les rues ?
Je ne sais pas, mais en tout cas on a le sentiment qu'il prend un peu un plaisir malsain à laisser s'organiser le chaos dans le pays. Vous voyez bien qu'il y a une très grande majorité des Français qui ne veulent pas de cette réforme. Vous voyez bien qu'il y a des gens qui ont fait le choix de renoncer à un jour, deux jours, trois jours, quatre jours, voire plus de salaire pour descendre dans les rues, pour contester une réforme parce que beaucoup de ces gens-là sont usés par le travail et qu'ils s'inquiètent de voir une réforme à 64 ans qui va venir remettre en cause les acquis sociaux les plus essentiels.
Et puis j'ai un peu le sentiment aussi, si vous voulez, qu'en fait NUPES et Renaissance, même combat. C'est-à-dire que NUPES nous empêche par l'obstruction parlementaire de voter contre cette réforme à l'Assemblée nationale et que le gouvernement vient déclencher le 49-3 pour empêcher les députés de voter contre cette réforme alors même qu'il y a une majorité précisément de députés dans l'hémicycle qui est contre la réforme des retraits.
Mais vous pensez que tout ce qui s'est passé ces dernières semaines, ce climat à l'Assemblée, la teneur des débats, notamment insufflée par l'ANUP, n'a pas peut-être fait changer d'avis certains députés parmi les Républicains et donc conduit à ce 49-3 ?
Je ne suis pas dans la tête des députés LR. C'est ce que l'ANUP dit en tout cas. En tout cas, ce qui est clair, c'est que les députés LR ont plié en tout cas la direction des Républicains parce que j'entends beaucoup de voix courageuses aujourd'hui chez LR et je les en félicite parce que ces gens-là sont sur le terrain, parce qu'ils voient bien que cette réforme est impopulaire, que les Français ne la souhaitent pas. Mais c'est vrai que la direction de LR, qu'il s'agisse de M. Marlex ou de M. Ciotti, a plié le genou devant Emmanuel Macron. Ces gens-là sont obsédés par l'idée de finir dans le gouvernement d'Emmanuel Macron et ils en abandonnent presque leurs électeurs.
Je vous rappelle que dans le sondage, je ne sais plus si c'est Harris, vous préciserez l'Institut, mais qui est sorti hier, il y a une majorité des gens chez LR qui n'est pas seulement contre la réforme, mais qui souhaitent le vote par les députés de LR de la motion de censure qui sera déposée en début de semaine. On est dans un contexte aujourd'hui où moi j'ai le sentiment d'une fin de règne. Le début de quinquennat d'Emmanuel Macron ressemble à une fin de règne où le gouvernement et les gens qui sont au pouvoir dirigent, gouvernent et agissent contre le peuple français.
J'ai entendu parler là, est-ce que pour vous c'est une crise politique qui est temporaire liée à cette réforme, en particulier la réforme des retraites, ou est-ce que c'est plus grave ? Les insoumis disent par exemple c'est les institutions qui sont obsolètes, c'est la fin du parlementarisme, il faut tout changer.
Je pense que le 49-3 érigé en méthode de gouvernement, parce que c'est ça le sujet si vous voulez, c'est le 11ème 49-3 depuis les élections législatives. C'est-à-dire que c'est pas si vous voulez à un moment donné une fois dans un quinquennat on utilise le 49-3 pour contraindre non pas l'opposition mais sa propre majorité parce que c'est ça l'esprit initial du 49-3. On est là devant un 49-3 qui est devenu une méthode de gouvernement qui a été érigée en pratique politique, c'est-à-dire qu'on a des textes que les français ne veulent pas, que la représentation nationale ne veulent pas, que les députés ne souhaitent pas voter et qu'on fait passer quand même.
Enfin, est-ce qu'on a le sentiment qu'ils veulent se faire détester à tout prix ?
Est-ce que ça veut dire que, par exemple, vous qui vous préparez ou qui, en tout cas, travaillez à être majoritaire un jour dans le pays, vous dites, Marine Le Pen au pouvoir, c'est jamais de 49-3 ?
Mais attendez, le 49-3, c'est pas une méthode de gouvernement. Le 49-3, c'est un outil qui est dans la Constitution. Mais vous ne dites pas
qu'il faut y renoncer. Il y a une proposition de loi qui est prévue.
Mais je pense que c'est des discussions qui sont saines. Je pense que l'utilité du 49-3 est à débattre aujourd'hui et peut-être à remettre en cause. Mais à la base, initialement, encore une fois, ils sont en train de détourner l'esprit même des institutions et du fonctionnement de la démocratie française pour gouverner par la force. Or, moi, je dis une chose, le 49-3, il est là non pas pour forcer l'opposition, pour forcer la politique du président de la République, il est là pour contraindre sa majorité quand vous avez parfois des difficultés en votre sein à faire adopter un texte.
Mais en l'état actuel des choses, c'est vrai que ce 49-3, il apparaît comme obsolète et surtout quand il est utilisé 11 fois en quelques mois. Je veux dire, le Parlement, il a été composé en juin dernier, ça pose un problème et ça remet en cause, effectivement, je pense, les principes démocratiques dans notre pays. On pourrait sortir par le haut de ce texte de loi soit en retirant ce projet, soit en allant au référendum. Pourquoi est-ce qu'on va au référendum ?
On va parler du référendum dans quelques instants. Pour revenir au mouvement social, à l'heure où on se parle, la raffinerie Total Énergie de Normandie annonce qu'elle sera arrêtée ce week-end. Il y a des rassemblements sur le périphérique à Paris. L'intersyndicale appelle à amplifier aussi les mouvements de grève. Est-ce que vous souhaitez que la contestation s'amplifie ?
Depuis le début de ce mouvement populaire, nous avons soutenu toutes les manifestations, toutes les mobilisations. Nous avons dit une chose... Est-ce qu'elle doit se poursuivre et s'amplifier ou s'arrêter ? Je vais vous dire très clairement, nous avons dit une chose, la paralysie du pays, elle n'est jamais souhaitable. Mais encore une fois, elle est la conséquence, elle est la conséquence de ce texte de loi et du fait qu'Emmanuel Macron n'entende pas les Français. Donc, il y a une source de blocage dans le pays, c'est Emmanuel Macron et sa réforme.
La source de déblocage, elle est très simple, la clé de déblocage, elle est très simple, c'est le retrait du texte ou le référendum que nous avons proposé depuis le départ. Non mais, vous me dites, ça n'arrivera pas. Alors, c'est de la responsabilité d'Emmanuel Macron. Donc, s'il y a des blocages et si les blocages se poursuivent, c'est de la responsabilité exclusive du gouvernement.
Si les épreuves du baccalauréat n'ont pas lieu lundi, vous dites que c'est la faute du gouvernement.
Bien sûr. Si j'étais à la place d'Emmanuel Macron, je retirerais cette réforme. Voilà. Et encore une fois, si Marine Le Pen était à la place d'Emmanuel Macron, on n'imposerait pas un texte de loi
que 78% des Français rejettent. Marine Le Pen au pouvoir, si les gens sont dans la rue, si les sondages montrent qu'une de ces réformes est impopulaire, elle la retire.
Je pense que vous voulez faire en sorte que cet extrait cerveau d'archive, mais pour moi, la politique, c'est l'expression de la majorité et de la majorité du peuple. Si Marine Le Pen était au pouvoir, elle ne prendrait pas des mesures que 80% des Français rejettent.
C'est ça l'essence même du projet parce qu'encore une fois, les Français qui se mobilisent se mobilisent parce qu'ils ont bien compris que ce texte allait être non seulement la hausse des efforts pour les Français les plus modestes, mais surtout la baisse des pensions parce qu'évidemment qu'à 64 ans, vous allez avoir beaucoup de gens qui, usés par le travail, ne pourront pas aller au-delà de l'âge légal actuelle et devront donc partir plus tôt, c'est-à-dire avec une décote. Je vous rappelle qu'il y a 6% des Français qui partaient avec une décote en 2014, 13% aujourd'hui et ça augmenterait évidemment avec cette réforme dont on a pu compris d'ailleurs l'intérêt.
C'est-à-dire que les gens qui nous écoutent ce matin doivent se dire mais mon Dieu, ce texte est devenu un bazar indescriptible et si vous êtes capables de me dire aujourd'hui à quel âge vous ou moi on va partir à la retraite, bon courage.
Ça dépend en effet de quand est-ce qu'on entre sur le marché du travail donc ça dépend de tout le monde.
Le préfet de Côte d'Or annonce son intention de porter plainte au nom de l'État après qu'un mannequin à l'effigie d'Emmanuel Macron a été brûlé hier soir à Dijon brûlé lors de manifestations contre le recours au 49-3 par le gouvernement pour faire passer la réforme des retraites des mobilisations qui se sont tenues dans toute la France et ce matin blocage du périphérique parisien à l'appel de la CGT pour ce qui est de l'Assemblée nationale des motions de censure sont en préparation. Le parti des Républicains n'en votera aucune affirme son président Éric Ciotti. Il ne veut pas dit-il ajouter du chaos au chaos. C'est une première pour un pays de l'OTAN.
La Pologne va fournir quatre avions de chasse des MiG-29 à l'Ukraine qui réclament depuis plusieurs semaines un tel équipement. Une décision qui ne change rien au refus américain d'en faire autant selon la Maison Blanche. L'OGC Nice accède au quart de finale de Ligue Europa conférence de football. C'est le dernier club français engagé dans une compétition européenne. Nice vainqueur 3-1 des Moldaves du shérif Tiraspol lors du match retour. Les Aiglons connaîtront cet après-midi leur prochain adversaire. France Info
Le 8.30 France Info Néil à la trousse Jules de Thys
Jordan Bardella président du Rassemblement National pendant tout le temps de ce débat parlementaire le Rassemblement National a dit que sa place n'était pas dans la rue mais au Parlement vous n'êtes pas descendu manifesté aux côtés des syndicats. Est-ce que maintenant qu'on se dirige vers la fin du processus parlementaire et que vous êtes toujours opposé à ce texte vous allez descendre dans la rue par exemple jeudi prochain ?
D'abord excusez-moi mais le processus parlementaire il n'est pas terminé et premièrement il arrive là à l'étape la plus importante qui est le vote des motions de censure on va peut-être en reparler dans quelques instants je vous le confirme depuis le début de ces manifestations depuis le début du mouvement social nous avons dit une chose c'est que le mouvement social il s'organise par lui-même et que chacun est dans son rôle si en tant que président du Rassemblement National je descends dans la rue aux côtés des syndicats vous allez sur ce même plateau me demander mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment de faire un peu de récupération ?
je pense que chacun est dans son rôle et que dans cette contestation à la réforme des retraites nous avons eu et nous avons encore besoin de l'énergie de chacun de la mobilisation de tous les syndicats en organisant des manifestations sont dans leur rôle et beaucoup
les leaders de la gauche récupèrent plutôt qu'ils soutiennent
ça dépend en qui les leaders de la gauche moi si vous voulez manifestement même la présence de la France insoumise était contestée par les syndicats et je crois qu'il y a des différences de stratégie très claires qui ont été évoquées entre monsieur Martinez monsieur Berger et les responsables de la France insoumise mais je dis juste les partis politiques sont dans leur rôle lorsqu'ils mènent l'opposition à l'Assemblée et quand on a le premier parti d'opposition à l'Assemblée nationale comme nous on mène l'opposition au Parlement c'est ce que nous ont demandé et confié les Français quand les syndicats organisent des manifestations dans les rues et bien ils sont dans leur rôle et il y a eu dans ces manifestations et il y a des électeurs du Rassemblement national des adhérents des militants des gens qui ont voté pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle je pense que cette majorité de refus elle est très large elle vit sur les plateaux de télé au Parlement dans la rue et c'est quand même assez dramatique qu'Emmanuel Macron ne l'entende pas
Alors la question des motions de censure c'est la suite dépôt de motions de censure aujourd'hui a priori examiné lundi juste petit point technique pour l'instant la réforme n'est pas adoptée elle le sera si les motions de censure ne sont pas rejetées lundi prochain ce qui pose beaucoup de questions Naïla Latrousse
Oui parce qu'il y en a plusieurs des motions de censure et par le passé lors des débats sur cette réforme des retraites il y avait un tirage au sort qui décidait de laquelle était examinée à l'Assemblée vous en déposez une au Rassemblement national est-ce que ça doit être absolument la vote qui est examinée ou est-ce que vous envisagez éventuellement de retirer votre texte pour laisser la place à une motion qui rassemblerait plus largement
Nous ferons tout ce qui permettra parce qu'encore une fois notre seule boussole c'est l'intérêt des français et qu'on ne tient pas à l'intérêt de notre boutique mais je pense que là l'intérêt de l'ensemble des parlementaires qui se disent d'opposition c'est de faire en sorte que cette motion de censure soit adoptée donc si nous devons grouper nos voix sur des motions de censure qui n'émanent pas du Rassemblement national nous grouperons nos voix sur des motions de censure qui n'émanent pas du Rassemblement national et pour une raison très simple c'est qu'il y a toute une partie de la gauche et notamment la NUPES qui est sectaire et qui ne veut pas voter les motions de censure qui viennent du Rassemblement national ce qui n'est pas notre cas moi je ne suis pas sectaire je veux dire si des gens de la France insoumise nous disent on est opposé à la réforme des retraites on dépose une motion de censure nous votons en faveur de ces motions de censure il y a pour préciser l'explication que vous avez donnée une motion de censure qui va être déposée qui est en train d'être déposée par le groupe LIOT qui est un groupe indépendant qui est un groupe plutôt centriste indépendant et qui est celle qui pour l'instant est susceptible d'avoir les voix de l'ensemble des mouvements d'opposition donc bien sûr nous la voterons et je pense qu'il y a des chances que ces motions de censure aboutissent et donc vous retirerez la vote pour qu'il n'y ait plus que celle de LIOT nous verrons si vous voulez encore une fois le processus est assez complexe nous verrons la manière dont l'ordre dans lesquelles elles sont votées mais a priori elles seront mises au voie lundi mais sur le principe je vous dis nous les voterons toutes sans la moindre exception et j'appelle aussi d'ailleurs les députés des républicains qui sont sincères dans leur démarche qui sont opposés à ce texte de loi et qui ne veulent pas être ad vitam aeternam comme le veut monsieur Ciotti la béquille d'Emmanuel Macron à avoir le courage de voter ces motions
de censure a priori en l'état l'option la plus probable n'est pas celle de la censure que se passe-t-il s'il n'y a pas de censure du gouvernement lundi à l'Assemblée
je demande à ce que le président de la république écoute les français voilà elle est là la réalité et je veux dire attention mais s'il vous dit ça y est
le processus législatif est terminé le parlement s'est exprimé et bien je veux dire
au peuple français n'ayez pas peur il n'y a aucune fatalité dans la situation que vous vivez et qu'il vous restera une arme une arme la plus efficace la plus utile c'est le bulletin de vote dans un an un an il y a des prochaines élections il y a des élections européennes dans un an dans quatre ans il y aura une élection présidentielle et des élections législatives donc je dis aux français il n'y a aucune fatalité mais surtout ne vous résignez pas le gouvernement tente de vous avoir à l'usure le gouvernement tente de vous démobiliser de vous démoraliser d'expliquer que on ne peut pas faire autrement que l'inflation c'est une fatalité et qu'on ne peut rien y faire que la réforme des retraites à 64 ans c'est une fatalité et qu'on ne peut rien y faire que l'augmentation des prix des péages et des carburants c'est une fatalité et qu'on ne peut rien y faire donc rendez-vous aux prochaines élections aux français si cette réforme est adoptée si ce texte de loi Vaubou et que le gouvernement ne tombe pas par je veux dire l'absence de courage notamment de certains députés LR lundi dans le vote des motions de censure il y aura des prochaines élections donc ne vous résignez pas nous sommes là et nous serons là dans les prochaines années pour vous défendre et pour défendre vos intérêts
Laurent Berger le secrétaire général de la CFZT attendez un peu à ce que vous donniez rendez-vous aux français aux élections après ce débat sur la réforme des retraites il le disait hier sur France Info
le Rassemblement National et Mme Le Pen ils sont en embuscade on ne les entend pas parler parce qu'ils n'ont pas grand chose à dire sur le travail et sur les retraites c'est pas la question sociale chacun le sait qui anime le Rassemblement National c'est la question identitaire c'est la question nationale au sens repli sur soi etc s'il n'y a pas du compromis social qui se construit avec les corps intermédiaires les organisations syndicales en l'occurrence sur ce sujet des retraites et bien on laisse la place à Mme Le Pen et donc c'est ça qui est dangereux
Laurent Berger qui dit qu'on ne vous a pas beaucoup entendu dans ce débat sur la réforme des retraites et que c'est que maintenant que vous reprotez le bout de retenir j'espère qu'il écoute France Info ce matin
je pense qu'il y a une petite gêne du côté des leaders syndicaux parce que vous vous souvenez que lors du second tour de l'élection présidentielle en fait tous les leaders syndicaux qui se disent de gauche en fait ont appelé à voter pour Emmanuel Macron et que c'est un peu facile d'avoir soutenu le bourreau social du peuple français d'avoir soutenu celui qui avait pour seule mesure pour unique mesure dans son projet présidentiel face à Marine Le Pen de mettre en place la réforme des retraites à la base c'était 65 ans dans le texte de loi mais vous me direz on y viendront si on continue avec ces gens là au pouvoir et bien ils ont appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle donc nous nous sommes cohérents et en vérité une grande partie des français ont bien compris que le seul l'unique bouclier social pour les français c'était le vote et c'était le rassemblement national nous nous disons depuis le départ qu'il faut que ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans puissent partir à 40 ans et 60 annuités parce que plus vous avez commencé à travailler tôt plus vous faites un métier difficile et plus vous devriez en théorie partir tôt à la retraite c'est un choix de société je dirais même un choix de civilisation et nous avions chiffré cette mesure à 9,6 milliards dans notre projet présidentiel et nous la mettrons en oeuvre évidemment si nous arrivons
à la tête de l'état en 2021 autant changer un peu de projet passer de 60 à 62 ans pas du tout sur l'âge de départ à la retraite vous n'avez pas apporté de modification à votre projet c'est toujours 60 ans pour le rassemblement national l'âge légal de démarre entre 17 et 20 ans oui bien sûr
évidemment au-delà c'est 62 ans et 42 annuités mais si vous commencez à travailler après 20 ans avec une progressivité qui se met en place mais c'est normal bien sûr je parlais au-delà des carrières longues oui mais il n'y a pas eu de changement on défend toujours la même chose juste évidemment si vous avez commencé à travailler à 24 ou 25 ans c'est que par définition vous avez un métier moins difficile moins exposé et que par principe vous pouvez évidemment travailler un petit peu plus tard mais écoutez la porte ne sera jamais fermée voilà et si demain des représentants d'organisations syndicales décident de dialoguer avec nous moi je ne suis pas sectaire encore une fois je veux dire ça fait 30 ans le sectarisme on ne fait que le subir et je note que dans le cadre de la NUPES et de leur vote à l'Assemblée nationale leur sectarisme pousse un peu à la bêtise et c'est regrettable
Jordan Badela président du Rassemblement National le fil info tout de suite et juste après les questions de Neila Latrousse Diane Ferchit
Elisabeth Bans s'est dite très choquée par les huées de l'opposition hier à l'Assemblée Nationale la première ministre qui a engagé la responsabilité de son gouvernement en utilisant l'article 49.3 pour faire passer la réforme des retraites des motions de censure sont en préparation notamment une du groupe indépendant Liott elle sera soutenue par la France Insoumise et sur France Info la fédération CGT cheminot appelle les salariés à se mobiliser à multiplier les actions ce matin il y a des blocages sur le périphérique parisien après des manifestations hier soir dans plusieurs villes de France Paris Amiens Marseille Lille ou encore Dijon ou Rennes et quelques échauffourés 310 personnes interpellées au total 7 personnes sont en garde à vue ce matin après la perquisition au siège d'Optical Center le groupe est soupçonné d'avoir mis en place un système de fausses factures et de prestations surévaluées afin de réduire le montant de ces impôts plusieurs centaines de millions d'euros de flux bancaires suspects ont été repérés et puis 92% des soudures prioritaires dans les centrales nucléaires seront contrôlées d'ici la fin de l'année c'est ce que promet EDF à l'agence de sûreté nucléaire EDF qui ne change pas néanmoins son estimation de production d'électricité nucléaire pour cette année France Info
Le 830 France Info mail à la trousse Jules Dethys
Toujours avec Jordan Bardella président du Rassemblement National il y a une initiative lancée par la gauche annoncée hier pour un référendum d'initiative partagée donc je réexplique le principe il faut 185 signatures de parlementaires 4,8 millions de signatures de citoyens pour réclamer l'organisation d'un référendum sur les retraites jamais personne n'a réussi jusqu'ici à rassembler ces 4,8 millions de signatures de citoyens est-ce que vous vous appelez vos électeurs à aller s'additionner à cette initiative lancée par la gauche pour obtenir un référendum sur les retraites
non mais excusez-moi la gauche a beaucoup de culots parce que pour l'instant le seul vote qu'il y a eu à l'Assemblée Nationale sur le texte dans son ensemble c'était une motion référendaire qui avait été déposée par le Rassemblement National nous avons été très clairs avant même l'examen du texte nous avons dit ce texte doit être soumis au peuple français par un référendum parce que ça fait 18 ans que les français n'ont pas été consultés par référendum lorsque nous avons mis au voie cette motion référendaire tous les députés de la NUPES tous les députés de la NUPES sans exception les députés de M.
Mélenchon ont voté contre cette motion référendaire mais il y a une nouvelle opportunité oui non mais d'accord non mais c'est facile si vous voulez de rejeter la motion référendaire et de venir trois semaines après quand le texte est passé par 49-3 de venir dire on va engager un référendum d'initiative partagée donc je rappelle aux français je ne vais pas entrer dans l'explication technique mais c'est très compliqué parce qu'il faut que ça repasse ensuite à l'Assemblée ensuite avec l'aval du président de la République c'est très compliqué d'engager ce référendum d'initiative partagée et c'est la raison pour laquelle nous avions défendu et nous continuons de défendre dans le projet présidentiel le référendum d'initiative citoyenne pour que les français puissent voter moi si vous voulez j'ai le sentiment que là il y a deux mondes en fait il y a le monde la salle avec le peuple français la majorité ordinaire la majorité silencieuse les gens qui bossent les gens qui subissent la politique du gouvernement et une toute petite minorité de gens au pouvoir qui gouvernent contre les français et qui prennent systématiquement des mesures que la majorité rejette donc allons au référendum c'est très intéressant je veux dire on peut pas
mais vous dites c'est trop tard il fallait voter la motion référendaire mais là c'est trop tard l'initiative lancée par la République
le président de la République peut encore retirer son texte et s'il n'est pas convaincu qu'une majorité de français y est opposée qu'ils le soumettent par référendum pourquoi le référendum c'est ça vous lui avez aussi demandé
de changer de gouvernement pardon vous lui avez aussi demandé ce matin de changer de gouvernement fondamentalement ça changerait quoi quelqu'un d'autre à la place d'Elisabeth Borne
non mais écoutez d'abord nous sommes respectueux je ne suis pas révolutionnaire il y a des institutions les institutions ne prévoient pas la destitution du président de la République sinon de considérer qu'il y aurait une élection présidentielle anticipée etc les institutions prévoient qu'en cas de motion de censure adoptée le gouvernement démissionne je pense que la démission du gouvernement c'est un signal politique très fort le président de la République lui-même a dit qu'en cas de dissolution en cas de rejet il engagerait une dissolution de l'Assemblée nationale nous nous n'avons pas peur du peuple nous n'avons pas peur de revenir devant le peuple français et encore une fois je pense que ce référendum c'est aussi un moyen pour oxygéner la démocratie française et faire entendre les gens qui sont opposés à ce texte
ce que vous dites si la motion de censure n'est pas votée lundi Elisabeth Borne est légitime pour rester à Matignon
mais non je pense que ces gens-là ont perdu toute légitimité je veux dire quand vous mettez en place une réforme un texte qui est aussi dur qui n'est pas un ajustement comptable
elle doit partir quoi qu'il arrive
excusez oui je pense qu'elle doit partir je pense que quand on vient dire hier soir aux 20h de TF1 devant les français les députés ne veulent pas voter cette réforme je n'ai pas de majorité une majorité des français rejettent ce texte mais je vais quand même vous infliger la pilule de la retraite à 64 ans oui je pense qu'on manque de respect aux français et qu'on humilie le parlement
voilà Jordan Bardena il nous reste quelques minutes pour parler d'un autre sujet que la réforme des retraites sur la scène européenne notamment je rappelle que vous êtes député européen la fin des véhicules thermiques c'est pour 2035 c'est ce qu'avaient décidé les députés européens mais l'Allemagne commence à vouloir revenir sur cette décision dit que 2035 c'est trop tôt elle s'oppose désormais à cela vous êtes du côté de la France qui veut qu'on se tienne à ces 2035 ou alors du côté de l'Allemagne
non pas du tout je pense que sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres sujets européens comme l'agriculture par exemple on est en train de s'infliger des contraintes qu'on est les seules puissances au monde à s'infliger je pense que l'interdiction des moteurs thermiques en 2035 va avoir des conséquences très lourdes sur l'emploi en France qu'elle va avoir un coût social considérable l'industrie automobile c'est entre 12 et 13 millions d'emplois dans les pays européens en Europe et il y a un certain nombre de patrons d'ailleurs de grands leaders notamment le patron de Ford qui indique que le passage au tout électrique pourrait coûter leur emploi à 40% des ouvriers de l'automobile et que quand vous créez un emploi dans le tout électrique dans l'industrie automobile tout électrique vous en supprimez deux premièrement c'est CETLM qui a donné ce chiffre deuxièmement je pense que ça a un coût économique parce que quand vous regardez aujourd'hui le coût des véhicules électriques il y a beaucoup de français qui ne peuvent pas s'acheter des véhicules électriques monsieur Tavares lui-même a indiqué que le coût de construction d'une voiture électrique c'était 50% de plus par rapport à un véhicule conventionnel le coût écologique et surtout parlons du coût écologique je veux dire passer au tout électrique passer le parc automobile français en tout électrique d'ici 2035 ça exigerait en gros de multiplier par deux la production électrique française les mêmes les mêmes gens qui aujourd'hui viennent nous dire on va interdire les moteurs thermiques en 2035 on va passer au tout électrique sont les mêmes gens qui depuis 10 ans ont organisé le sabotage de la filière nucléaire en fermé Fessenheim ont abandonné tout investissement dans le nucléaire ont abandonné le projet Astrid et que donc vous me parlez de Planète la première des mesures à prendre pour engager la planification écologique c'est pas d'interdire les moteurs thermiques c'est de renouer avec une souveraineté énergétique et de renouer avec une souveraineté notamment nucléaire parce que le nucléaire est l'énergie la plus décarbonée dont nous disposons et les fautes très lourdes qui ont été commises par François Hollande puis Emmanuel Macron qui ont affaibli la filière nucléaire coûte énormément très cher à la France et puis du manière
le texte qui est examiné par la suite au Parlement
aujourd'hui et le fait de se déplacer c'est en train de devenir un luxe quand vous avez des carburants à 2 euros avec 60% de taxes des péages qui augmentent des zones à faible émission qui sont en train de s'installer partout dans les grandes agglomérations et qui excluent les français de banlieue et de la ruralité qui ont besoin de leurs voitures pour travailler l'interdiction des moteurs thermiques c'est la persécution permanente des automobilistes celui et j'en termine qui pollue c'est pas l'automobiliste français ce sont les super tankers qui viennent du bout du monde et qui viennent par la bénédiction des accords de libre-échange qui sont négociés encore une fois par Emmanuel Macron et ses députés au Parlement européen
Jordan Bardella président du Rassemblement National merci à vous d'avoir répondu
à l'invitation du 830 de France Info
Jordan Bardella