Daphna Poznanski-Benhamou | Les enfants de la guerre d’Algérie : Le grand départ
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[Musique] bonjour à toutes et à tous et bienvenue à l'Institut Français d'Israël et je passe immédiatement le micro et notre ambassadeur ce fut rapide très bien bonjour à tous Mesdames et Messieurs chers amis nous sommes ici bien sûr pour rencontrer d'atte ainsi que veut reconnaissez tous et qui a écrit un livre il y a une semaine et je l'ai lu et je dois dire que c'est un livre qui me paraît à la fois émouvant et important en fait ce livre il est essaie et réussi à faire parler les adultes sur leur regard d'enfants au moment des événements de la guerre d'Algérie et reviennent dans les différents témoignages des choses que les adultes oublient la surprise l'incompréhension le manque de confiance aussi parfois en tout cas la question de la confiance dans les adultes il se pose en permanence la déchirure et à travers ça plusieurs choses ne sont revenues par rapport à mes parents qui n'ont pas vécu la guerre d'Algérie mais ont été chassés d'Egypte sous Nacer c'est un peu comment dire c'est comment les enfants arrivent à traverser cette période avec leur résilience propre sans comprendre ce qui se passe mais en sentant tout ce qui se passe et il y a là quelque chose dans le regard sur la guerre qui est pour moi extrêmement précieux en fait je pense que Dafna ouvre un chemin qui est celui du regard des enfants il y a eu des textes bien sûr là-dessus mais vous voyez que le temps avançant nous avons eu littérature importante sur les enfants pendant la deuxième guerre mondiale et puis le temps passant maintenant on arrive au regard des enfants pendant des colonisations un temps plus tard et on voit les différences mais on voit aussi des émotions qui sont à bien des égards les mêmes devant la mort et la destruction et puis je terminerai là-dessus il y a d'un coup me sont revenus comment dire la somme de souffrance incroyable de cette génération mais c'est se dire beaucoup parmi vous dans vos familles vous avez vécu des exils et on oublie on oublie la souffrance et à travers la souffrance on oublie quelque chose que moi j'ai retrouvé qui est le non dit le secret de famille le il faut pas en parler qui a laissé tant de monde après les temps d'enfants en deux jeunes compris moi absolument sans l'histoire familiale que des bribes que des tensions que des choses très difficiles à évoquer que d'un coup les yeux des parents des grands-parents des ondes des tentes qui se trouillent les larmes etc et tout de suite il faut repartir aller de l'avant etc et l'enfant reste sans réponse par rapport à ça d'où l'importance du livre de Daphna je remercie infiniment d'être ici parmi nous voilà et cette avec un très grand plaisir que évidemment je lui laisse la parole vraiment merci pour ça parce que j'étais ce livre que j'ai vu en deux jours il y avait avant-hier ma profondément touché et fait renaître beaucoup beaucoup de choses en moi-même merci Monsieur Madame [Applaudissements] une deuxième personne a été très touchée par votre livre c'est moi mes parents viennent pas d'Algérie mais de Tunisie cette histoire dont vous parlez c'est l'onduit c'est Dieu muets ce pays on ne reverra plus ou qu'on a revu mais qui n'existe plus même si on y retourne c'est quelque chose qui me touche beaucoup et qui touche je pense beaucoup de gens dans cette salle je voudrais commencer par lire les quelques premiers mots de votre livre et même pas de votre livre de l'introduction du livre la nuit dernière j'étais à Oran je suis montée sur la terrasse de notre immeuble je me suis allongée sur le sol encore chaud du jour j'ai contemplé le ciel avec ravissement et ébloui de bonheur le cœur gonflé de trop de joie mon pays natal palpité en moi irrigué mon âme j'étais heureuse au petit matin j'ai fondu en larmes j'ai voulu courir derrière l'enfant que j'avais été la rattraper lui donner les explications qu'elle avait attendu alors en vain répondre à cette pourquoi ce livre c'est ça répondre à vos pourquoi d'enfants et au pourquoi des enfants qui ont également témoigné dans votre livre bonjour je voudrais vous remercier tous et en particulier Eric et Georges elle peut dire après l'intervention de Berry parce que il a très bien compris exactement la raison pour laquelle j'écris ce livre pourquoi oui c'était c'était vraiment on me dirait les enfants se posent toujours des questions pourquoi mais lorsque vous êtes une petite fille vous retrouvez en 10 minutes sur le quai du port d'Oran en flamme plein de fumées noires les citernes le citerne avait des sens avait été incendié par l'OS vous comprenez que vous avez tout perdu vous avez vous n'êtes plus une petite fille vous avez perdu ce statut vous avez perdu tout l'univers familier vous êtes plus qu'une réfugie et ça je l'ai senti et en même temps au moment même où je ressentais ça je me suis fait une promesse la promesse j'essaie de la tenir toute ma vie cette promesse là c'était plus jamais ça c'est à dire ne plus être un fœtus de paille malmené par les vents de l'histoire parce que j'étais une enfant j'étais pas responsable de ce qui se passait d'aucune manière mais je devais vivre les conséquences nous devons vivre les conséquences donc à partir de cette promesse là je me suis dit il faut que j'apprenne à me battre tout ça sur le quai enflamme et je dis il faut que j'apprenne à me battre il faut que j'étudie il faut que je me batte pour que les gens qui comme moi aujourd'hui sont des sans voix c'est-à-dire que on n'a pas droit à la parole et les enfants n'avaient pas droit à la parole mais peut-être que certains adultes non plus n'ont pas dans la parole et ne connaissent peut-être même pas leurs droits donc j'ai effectivement ensuite appris le droit public pour justement et je m'en excuse auprès des autorités françaises justement défendre les droits des Français et ensuite lorsque j'ai immigré il y a très longtemps en Israël défendent des droits des Français d'Israël et puis des Français de l'étranger c'est un même promesse en fait c'est défendre les droits de s'envoient et voilà c'est pourquoi pourquoi aussi parce que c'est une vision inédite il y a eu énormément de livres qui ont été écrits sur la guerre d'Algérie mais à ma connaissance je sais que les éditions Ramsay ont fait on fait une enquête là dessus ils m'ont dit on n'a pas trouvé de livres qui parlent du regard des enfants pendant la guerre d'Algérie donc c'est une vision inédite et pour y arriver et peut-être que vous voulez dire quelque chose c'est allez-y mais en effet le questionnement c'était la genèse de ce projet comment c'est votre deuxième livre comment ça s'est mis en place pourquoi cette forme de récit essai et pourquoi pas un roman et pourquoi y avoir ajouté d'autres témoignages alors c'était un roman mais vous savez en fait voilà donc la tricher donc c'était un roman que j'ai écrit j'ai écrit 20 versions de ce roman Une par an chaque fois les éditeurs ont refusé et ma dernière version j'ai rajouté des des témoignages en deuxième partie et là au bout de quelques mois les éditions Ramsay m'ont contacté m'ont dit qu'ils étaient intéressés et puis bon les jours passent et puis me rappelle il me dit nous ce qu'on veut c'est pas le moment nous on veut votre témoignage et donc pour ajouter encore d'autres témoignages on veut votre témoignage c'est bien embêté je n'avais que dit que dit témoignages et là je vais envoyer sous toutes les latitudes je vais envoyer un message je veux envoyer un message à mes collègues de l'Assemblée des Français de l'étranger en leur disant sans doute quelque part dans vos pays quelqu'un a vécu la même histoire que moi essayer de faire passer ce message et certains ont joué le jeu et donc il y a des témoignages qui viennent de France de la France outre-mer comme de la Réunion mais aussi de Grèce en dehors d'Espagne et même de l'île Maurice donc c'est comme ça qu'il a été construit le roman qui est devenu anissait dans le livre vous parlez de mots diamant les adultes protègent les enfants des mots comme guerre en les remplaçant par l'événement se protègent eux-mêmes d'ailleurs de la réalité vous êtes une petite fille et vous essayez de d'attraper comme ça des mots que vous ne connaissez pas et c'est ça les mots diamants dont vous parlez oui alors j'étais une fille unique comme l'enfant il est enfant unique c'était difficile d'avancer en Algérie à l'époque et donc je n'avais finalement comme jeu que d'écouter des adultes et d'observer leur comportement et c'est comme ça que j'ai appris la guerre que les adultes appelaient les événements et ce sont les mots et ça va commencer par évidemment insurrection et ça finira vous le savez par magie ou cercueil et donc il y a toute la guerre d'Algérie qui défilent mais que j'apprends moi en France avec des mots donc il y a égorgement muscade opération de maintien de l'homme que personne ne comprenait évidemment situation d'urgence torture il y a des tas de mots qui m'arrive je sais pas quoi faire avec ces mots donc je mets je les mets dans une liste la liste des grands mots c'est des grands mots mais je n'ai jamais compris en fait même une fois arrivé à adulte j'ai pas compris pourquoi j'étais fascinée par ces mots de la langue française et c'est bien des années plus tard quand lisant une poétesse que vous connaissez peut-être qui est francophone qui s'appelle bluema funkelstein et le nombre prix et voilà je sais que pas mal de personnes qui la connaissent qui d'origine romaine qui a écrit justement sur cette expérience qu'elle a semble-t-il vécue elle aussi et elle parle des mots diamants de la langue française et elle dit de très belles choses où elle dit que ce sont ils ont la pureté de l'eau et la densité du diamant et c'était exactement ça et à ce moment là j'ai compris l'expérience que j'avais vécu enfant c'était c'était une expérience absolument extraordinaire finalement c'est elle qui avait ouvert le coffre le coffre de la langue française un trésor du trésor de langue française qui est sublimé justement et en même temps la vie la vie la vie la vie de la guerre et ces mots aussi important pour une petite fille vous les imagez beaucoup dans le livre il y a beaucoup de d'images d'affiches d'image de de feuilles de propagande enfin ces mots-là ils ne sont pas que dans le livre ils sont aussi imaginés c'était volontaire oui c'est volontaire parce que c'est la vraie vérité en quelque sorte c'est-à-dire que moi je voulais les fractes que les adultes se passaient je lisais je lisais les époques je les ai décodorants bien sûr parce que j'habitais au moins donc je lisais les codorants à un âge où on lit pas les journaux et je partais sur le lit pour le livre et je lui lisais jusqu'aux horaires des bateaux c'est ainsi qu'un jour le jour où en catastrophe on fuit la mer et moi mon père me dit elle partait sur les Djazair dans deux heures et [Musique] alors à ce moment là je me rappelle les horaires des bateaux genre des bateaux il y avait les éjaïre pendant toute mon enfance mais il a beau qui était bouclé en fait malgré l'horreur de ce qui se passe autour de vous en tant qu'enfant vous arrivez quand même à restituer la douceur et la beauté de l'Algérie alors j'ai eu beaucoup de chance j'ai beaucoup de chance parce que la triangulation familiale fait que j'ai vécu en quelque sorte plusieurs enfants dans la même enfance il y avait des ongles qui étaient dans le Wars Nice donc c'était des hauts plateaux magnifique et puis il y avait d'autres qui étaient à Mascara une petite ville que certains d'entre vous connaissent et puis il y avait au rang évidemment la ville natale et donc ça fait une sorte de triangle et peu à peu en fait je vais je vais voir le pays rétrécir pourquoi parce que au fur et à mesure la France va perdre géographiquement le pays étant donné que va se resserrer la guerre étant ce qu'elle est on va se resserrer de plus en plus en fait ça finira à moi qui ai vécu les premières années de mon enfance en train de grimper dans les eucalyptus dans le noirmis qui vivait dans un short déchiré toute la journée et qui courait c'était vraiment la liberté j'avais la liberté ça finit assez mal d'ailleurs ça finit auprès d'un d'un réchaud à gaz on avait des cartouches dans la cuisine on essayait de d'allumer le gaz pour voir une soupe avec quelques lamelles de pommes de terre à corni vous voyez que on passe de la liberté à l'enfermement total je voudrais que vous ne parliez de en tant qu'enfant d'Algérie de votre sentiment d'appartenance et de votre identité comment est-ce qu'elle a évolué déjà avec les événements mais également avec l'exil avec l'exil si je peux appeler ça Alexis alors oui c'est un exil bien sûr alors mon identité j'ai voulu préserver et pour préserver j'ai gardé les mots de la langue française je savais que c'était le meilleur moyen de préserver préserver la mémoire préserver mon identité et donc il fallait tout garder je savais pas si ça servirait un jour il fallait tout garder donc le meilleur moyen finalement de garder son identité c'est de conserver sa langue quoi qu'il en coûte et quel que soit les aléas d'où ma défense de la Francophonie comme on l'a dit les adultes emploient des mots en remplacement d'autres pour se protéger je pense protéger les enfants et en même temps vous êtes sans arrêt soumis à des images d'horreur dans les journaux dans la réalité mais d'horreur absolue la perte de personnes qui vous sont chères parfois en l'occurrence Ali à côté de vous comment vous avez réussi à parler de ça de la mort pour les enfants il faut garder la distance en fait et finalement le livre je crois que je l'ai si je peux résumer d'une seule fois ce livre je l'ai écrit avec l'encre du chagrin avec la lumière de l'Algérie et en essayant de garder un tout juste d'être toujours sur la crête pour ne pas tomber d'une manière ou d'une autre là où je veux pas tomber je crois que c'était j'ai eu à chaque mot que j'ai mis sur le papier enfin c'est plutôt un ordinateur c'était la recherche du temps juste parce que c'est sûr que nous avons été confrontés à des moments très durs des images terribles mais vous savez on avait de la chance on était des enfants et les enfants ils ont toute la vie devant eux et donc être un enfant c'est une grande chance dans cette dans une guerre on peut on peut aller de l'avant et alors c'est vrai que c'est une enfance volée c'est une enfance sera cassée mais on est des enfants et donc on a l'avenir devant nous et on peut se construire et c'est là où vous pouvez revenir sur l'intervention de notre ambassadeur c'est que s'il y a une chose qu'il faut savoir et avoir à l'esprit nous tous c'est que l'histoire familiale que elle puisse être douloureuse que ce soit c'est pas le problème le problème c'est de la transmettre parce que sinon les enfants et les petits enfants vivent avec un immense trou dans leur dans leur corps et ça c'est terrible ça c'était terrible c'est terrifiant et toute la vie ils vont essayer de de remplir ce trou et en fait ce trou on peut pas le remplir il faut parler il faut transmettre il n'y a pas une autre moyen vous parlez également dans votre livre des fractures et des divisions en fait des personnes qui jusqu'à présent vivaient en harmonie oui il écoutait peu à peu c'est sûr que on a vu les divisions entre les voisins qui étaient au S et les autres qui étaient rien qui était juste des fétuses à l'hôtel justement au Parlement de l'histoire on a vu aussi et là il y a eu effectivement des moments on peut un peu étrange où on raconte on raconte que certains témoins notamment racontent que un moment donné ils avaient des amis à l'école des amis musulmans et un moment donné ses amis musulmans les ne se mettent plus à côté d'eux ne leur parle plus les liquides en quelque sorte ils sont extrêmement choqués par ce ces moments-là et ils ont à ce moment-là c'est la double peine c'est-à-dire qu'en fait ils sont ils ont rejetés par dans leur amitié et en même temps on leur dit ça juif et donc voilà c'est assez c'est très drôle enfin comment vous écrivez le mot saint juive dans votre dans votre livre comme une enfant et c'est d'autant plus touchant ah oui mais j'avais pas de peau là parce que moi en fait j'étais tombée amoureuse d'un des chefs d'un des fils d'un chef de l'os vous imaginez un peu c'est ça c'est futé donc bon il y a un jour il me dit il me dit moi je voyais comme à martien il avait les yeux verts il y a pas beaucoup de yeux verts en Algérie donc pour moi c'est un martien et donc en fait il est en train de distribuer les trains de l'Ouest dans les boîtes aux lettres de l'immeuble et alors il me dit tu veux m'aider imaginer un peu alors donc j'ai été à moitié vanille donc je me suis dit oui bien sûr et donc je me mets à mettre les tracés depuis bon je suis d'enfant je suis pas très à droite puisque aujourd'hui d'ailleurs c'est pas le problème mais en fait je fais tomber quelques trades et à ce moment-là il me dit sale petite juive alors là bon ça quand même rendez compte ma première graine d'amour et on parlait les amis en l'occurrence votre ami j'avais une amie et elle était cabine elle était blonde aux yeux bleus moi j'étais amoureuse d'elle en fait parce que ma mère était amoureuse d'elle elle aurait tellement voulu elle qui était blonde aux yeux bleus avoir une fille comme un ami bon bah on est mal génétique vous savez et donc oui on était on était très proche et puis on a été peu à peu séparés au fur et à mesure et je lui dis au moment où elle me quitte je lui dis au revoir et je sais que je mens à ce moment-là je sais qu'on se regarde plus jamais je sais c'est un joli moment très émouvant arrive les accords d'Évian quel impact ça a eu sur vous l'enfant écoutez je me rappelle de ce jour de 19 mars comme si c'était encore hier tout d'un coup les gens sont sortis des maisons et comme si il voulait pas croire à ce qui se passait ils ont commencé à aller venir descendre et monter et boulevard comme si ils interrogait le cerne en quelque sorte et je comprenais ça je comprenais aussi la vanité de ses entrain de faire mais c'était alors ce 19 mars moi je vois les gens aller venir et je comprends que vous êtes très lourd je vous ai pas boule je sais pas plus ce jour-là on est en Algérie j'ai très très lourd et je comprenais qui se passait quelque chose de grave que les adultes surtout ne maîtrisaient pas qu'ils avaient perdu complètement à la maîtrise et que leur vie était en train de se disent ok je l'avais compris et un moment donné un des témoins extrêmement émouvant et sa fils de harki qui s'appelle Sala et qui raconte ce 19 mars il est dans les Aurès le 19 mars il voit arriver dans son village il voit arriver des enfants avec des drapeaux algériens avec une brigade à fallait et ils sont des petits quelqu'un et alors ils arrivent leur disent ce village est à nous maintenant vous partez et vous maison par maison et puis se distribue les maisons ils leur disent je partais où vous voulez on peut plus vous voir et donc ils vont se réfugier encore plus loin dans les oreilles et ça a été très difficile pour moi d'obtenir un témoignage d'enfants de harki il m'a fallu 9 mois en fait les harkis est une histoire douloureuse dans notre histoire douloureuse et personne ne voulait parler personne ne voulait parler et donc j'avais dit la directrice éditoriale de Ramsay je dis le livre pour moi il est pas complet il est pas complet parce que on était à 15 jours de la pression il est pas complet il y a pas il y a il manque il manque quelque chose il manque cette histoire là et donc je finis par faire ce que je n'ai pas fait que je n'ai pas voulu faire et je j'actionne mes contacts politiques il est un samedi soir en fait et j'envoie 9 heures du soir j'envoie un WhatsApp un sénateur des Français de l'étranger et je lui dis est-ce que tu peux m'aider il me répond tout de suite il me dit [Musique] voilà le mail du président du Souvenir Français Serge vincellini dis-lui que c'est de ma part et donc je le fais il est 11h du soir je reçois une réponse du président du Souvenir Français qui en fait est une réponse et une réponse assez extraordinaire puisqu'il donne des ordres c'est des soldats donc il donne des ordres donc à tous d'organisation de trouver quelqu'un qui veut parler et donc effectivement le lendemain j'ai j'ai déjà je me réveille j'ai déjà un président d'associations pourtant je les ai les tous contactés en position d'associations de harpie qui me dit j'ai quelqu'un qui est prêt à parler et ça c'était comme ça et on était finalement je l'interview la veille d'envoyer les épreuves et il raconte et donc il raconte cette ce fameux 19 mars est-ce que je voulais raconter surtout c'est comment cette famille a été par miracle sauvé c'est donc ils sont la France a abandonné les harkis ils étaient on sait pas exactement à peu près 90 000 il y a eu environ 70 conditions souvent épouvantables et et eux c'est décembre c'est décembre donc 1972 ils sont toujours dans les Aurès et le grand-père vient de mourir et c'est le dernier point qu'il est libère en quelque sorte ils veulent partir ils demandent de l'aide à la pied noir qui est encore resté de mettre en relation avec un taxi le taxi va venir en pleine nuit les chercher et leur fera un appel de fin et donc il se met à 6 dans une dans une auto ça pouvait être à l'époque et ils n'ont surtout ils ont aucun aucune valise il n'est pas question de faire penser qu'il parle d'une manière donc ils ont seulement les vêtements qu'ils ont sur eux et c'est en pleine nuit c'est en pleine en plein hiver c'est très dur et il part et le taxi leur dit si nous sommes arrêtés nous sommes arrêtés vous allez à une fête familiale à Alger donc ils vont à cette fête ils arrivent à Alger évidemment il tremblent de peur pendant tout le pendant tout c'était ce périple là de des aurais jusqu'à Alger ils arrivent devant le camp militaire français et le la sentinelle refuse de leur ouvrir la barrière et de l'autre côté de l'autre côté donc à quelques mètres il y a les baleines qui attend justement qu'il soit qu'il soit rejeté pour les tuer et ils sont là les quelques minutes passent et ils comprennent que la vie est finie ils vont mourir là devant et tout d'un coup arrive un lieutenant à cheval qui qui reconnaît le père de Salah parce que il avait un jour raccompagné dans les Aurès il était venu voir son capitaine et il avait raccompagné en pleine nuit dans les Aurès pour sa sécurité il reconnaît il leur donne leur donne d'ouvrir la barrière mais c'est un site qu'ils ont été sauvés mais sur le fil les voisins la famille les amis commencent à partir pour la métropole je voudrais lire une comment ça à recevoir des cartes postales de métropole une des cartes postales que vous recevez ici on nous traite de collants de profiteurs ici c'est toujours l'hiver nous ne sommes plus rien que des rapatriés comme on nous appelle en France on ne veut pas de nous là-bas non plus on ne voulait pas de nous on fait semblant de ne pas voir les regards de mépris ou de haine pour nous jette les îles est dur [Musique] ah bah écoutez le gouvernement de l'époque avait prévu qu'il y aurait 100 000 Français qui reviendraient d'Algérie il y en a eu un million 100.000 d'où le chaos et on est absolument pas attendu et donc ça a été effectivement très très très dur et ça sort dans mon témoignage bien sûr quand j'étais à une rencontre dédicace à Marseille et donc j'avais une histoire Marseillaise à le raconter et qui était pas très drôle c'est que lorsqu'on revient d'Algérie en fait on va être équipé hébergé dans la famille qui est partie un peu avant pendant 3 mois et après mon père va décider qu'on va aller à Marseille au plus près au plus près et en fait on va habiter dans un body 69 rue d'Aubagne alors quand vous dites rue d'Aubagne on dit 69 rue d'Aubagne aux Marseillais ils vont regarder comme ça parce que c'est un des trois immeubles qui étaient effondré mais à l'époque je me demande je m'en demandais je me demandais comment il pouvait tenir debout parce qu'il y avait dimanche fissures dans la cage d'escalier mais pour vous petite fille la métropole c'est autre chose dans votre je vais lire je vais dire vos mots dans votre aide de petite fille la métropole c'est une entité supérieure bienfaisante dotée de bras multiples et maternel ou déposer ses tourments et ses blessures je parle de la petite fille qui vit encore en Algérie oui c'est vrai c'était c'était la solution bienheureuse c'était le rêve c'était l'idéal bien entendu c'était ne pas oublier que la métropole c'est à dire la France avait libéré des Juifs d'Algérie de du statut de d'indiginal du statut de Dimi donc les jus d'Algérie sont deviennent français en 1870 le décret Crémieux et dans ma famille dans ma famille chaque enfant est né devait être capitaine dans l'armée française donc ça a été fait comme ça donc en fait j'ai vécu dans les drapeaux français et les défilés quasiment guitariste il y avait toujours des uniformes autour de moi si moi j'étais enfant unique par contre il y avait des tombes détentes qui a besoin puis en pagaille et par contre ils avaient des bagages d'enfants et donc il avait toujours des ondes des cousins qui étaient en uniforme et je suis très fière vraiment pour moi c'était c'était très idéalisé très idéaliste alors évidemment le disons l'arrivée a été rude parce qu'on nous a très très mal reçu on nous a arrêté méprisés on nous a vraiment réservé des traitement qui était franchement la femme voilà parce que peut-être qu'il y avait des gens qui s'étaient mal conduit mais c'était certainement un pourcentage infime de la population des des rapatriés donc mais on a payé pour tout le monde voilà nous on a vraiment c'était c'était très dur et tous les tous les témoignages sont exactement dans ce sens il y a d'ailleurs un témoin qui vit aujourd'hui à la Réunion et qui dit cette phase absolument être étonnante j'ai fait mon coming out pied noir à la retraite moi je comprenais même pas ça toute cette phrase alors j'ai changé avec lui je dis mais ça veut dire quoi j'ai menti toute ma vie voilà ce que ça veut dire je disais que j'étais de dire et il a menti toute sa vie donc il a il m'a dit quand je l'ai dit j'ai obtenu un bon silence du coup ça m'a conforté dans l'idée que justement il a lieu se taire avant donc voilà c'est oui ça a été très dur vraiment donc votre mère un jour reçoit une lettre de métropole qui dit massacre en préparation envoyer petit immédiatement non c'est un télégramme vous savez c'était les gramme bleu qui peut autrefois ça a été les gammes et ma mère ma mère elle n'arrive pas à l'ouvrir elle ne peut pas l'ouvrir donc je vais prendre des mains et j'ouvre les grammes et je dis ma sac en préparation envoyer petite c'est évident c'était une de ses soeurs qui savait très bien que si on mettait ce envoyé petit ça voulait dire viens ce que ça veut dire viens et donc voilà le problème c'est que mon père ne voulait pas partir mon père disait pourquoi je dois partir moi j'ai rien fait à personne j'ai toujours respecté tout le monde ma terre c'est ici non je m'arrangerai et ne voulait absolument pas passer et donc à cause du Télégramme on part en catastrophe ma mère et moi d'ailleurs il y a un côté cocasse puisque on peut évidemment on ne doit pas partir on part en vacances comme tout le monde bien sûr et donc ça se passe en vrai en quelques moments ma mère jette une valise dans le hall je la vois je vais rien compris d'ailleurs elle avait entassé des journaux décodorants ce manne après semaine je comprenais pas ce que je faisais et elle prend ses journaux et elle entoure les les verres gravés en cristal qu'elle avait reçu de sa mère pour ses noces elle les entoure et elle les met dans la valise et là moi je dis on part et mon père me dit oui vous partez en vacances dans la famille comme souvent ça veut dire que même à vous elle n'a pas et moi et moi je dis on part en vacances avec les vers de grand-mère et donc voilà et mon frère reste mon père refuse de partir donc on part seulement de la mer et moi et mon père se promène le 5 juillet à Oran jour de massacre il se promène comme une heureuse comme si tout allait bien comme si c'était normal et il comprend pas que les patients européens sont en train de se faire massacrer et ce qui se passe c'est que juste il a une un camion de l'armée qui s'arrête à son à sa hauteur de soldat en décembre il l'attrape il le jette dans le camion ils avaient ramassé quelques quelques autres personnes et il emmène mais sans lui demander quoi que ce soit il l'emmène à l'aéroport d'Oran il le jette dans un avion militaire il emmène et mon père est en fait lors de chagrin parce que il a pas il devait pas parti de son propre chef il n'a jamais accepté cet enlèvement en quelque sorte et mais il y a beaucoup il y a beaucoup de personnes à qui c'est arrivé et d'ailleurs les témoins le disent aussi souvent les les paires de famille ont pas trop trouvé malgré les poses des trembleurieuses n'ont pas trouvé de place sur les JT et ils sont morts ils sont morts de chatons c'est ce que vous dit c'est que tout le long en Algérie la tenue psychologiquement physiquement il était là support de votre mère de vous et en arrivant là-bas il s'est effondré les adultes sont beaucoup d'adultes ce sont effondrés parce que c'était la réalité qui s'était disloquée ils arrivaient plus à remettre les morceaux ensemble ils avaient peur de construire c'est pour ça que je l'ai dit nous les enfants on a eu plus de chance vous êtes sur le bateau et il y a ce passage que j'aimerais dire qui est absolument magnifique je l'ai compris que je porterai mon exil comme une plaie qui jamais ne cicatriserait et qu'il me faudrait enfouir l'amour de ma terre natale au plus profond pour ne pas être la risée de ceux qui n'avaient pas eu la chance de naître là la chance de pouvoir confondre le réel et l'imaginaire j'ai compris que je pourrais construire et construire encore et que je resterai néanmoins à jamais une déracinée qui chercherait sa vie durant à enfoncer en terre de nouvelles racines pour tenter de me retrouver vous sentez déraciner toujours mais ce qui s'est passé c'est que il y a 44 ans j'ai venu ici en Israël et aujourd'hui écoutez les racines sont bien enfoncées puisqu'on est déjà la deuxième génération puisque un de nos fils est né en Israël et il a lui-même des enfants comment quel était le ce parcours vous êtes arrivé en France et vous avez eu envie rapidement de venir en Israël ou ça c'est venu beaucoup plus compliqué que ça et moi d'abord au début je voulais je voulais un perdre mon accent piednois alors donc je m'étais je faisais le théâtre avec le lycée je jouais quand même dans le sud donc j'avais du perdre mon accent sans doute et puis et puis non s'il fallait c'était faire des études il fallait il fallait avancer il fallait construire et déraciner il a fallu il a fallu encore une fois une sorte de coffre avec les mots de la langue française il a fallu mettre toute cette histoire là l'enfermer un adressé absolument personne il fallait pas en parler il fallait pas et d'ailleurs on avait l'impression qu'on ne devait être transparent pour être accepté il fallait être transparent ça c'était très dur c'est très dur parce que c'est très dur d'être obligé d'être transparent et donc non alors peu à peu à peu je me suis dit que de toute façon le pays d'où je venais avait disparu Harry des choses comme ça dans l'histoire que des pays disparaissent que donc il me restait il me restait justement à écrire avec avec les mots de la langue française essayer de le faire revivre avec tous ses côtés et donne donc les hommes de lumière et il y a beaucoup de zones de lumière aussi donc tout faire revivre et ainsi il est il est pas mort il est encore là tous ceux qui peuvent le lire il est là il est là il suffit de le juste entrer d'accepter de il faut accepter de se dire on a quelques mots de la langue française ça va être des valises pour prendre le chemin et aller sur un pays imaginaire un pays en tout cas à l'époque déjà où moi j'étais une enfant le réel imaginaire ça se confondait déjà votre vocation professionnelle est née de cette expérience vous nous raconter nous ça s'est passé que voilà j'ai voulu être fidèle à la promesse que je m'étais faite sur ce qu'est et donc j'ai fait des études de droit j'ai je me suis vraiment après j'arrive en Israël je me rends compte qu'il y a des il y a des décrets qui s'intéressent au bien-être de la communauté française et en fait ils sont pas piqués alors je vais commencer effectivement je crée une association je prends contact avec des sénateurs je me rappelle que j'ai un binamou notre journaliste lui a vu ce départ donc voilà donc je c'est un vrai combat que je mène et donc je crée la DFI je fais bouger les choses on va même à l'époque vous savez pas tellement de livres en Israël et on va créer 25 espaces francophones dans les bibliothèques en Israël et bon maintenant évidemment c'est différent mais donc je me bats à la fois pour la défense de la langue française en Israël et où les droits des Français d'Israël puis bon je vais être en suite à partir de 2000 je vais être élu à l'Assemblée des Français d'étrangers et là je vais défendre les droits de tous les Français de l'étranger 3 millions de de français je peux vous dire que hier soir j'étais encore en train de me battre pour vous tous parce qu'on nous fait des gros soucis avec le ministère de la justice quand on demande un certificat nationalité française il fait pas beau en ce moment-là le Français devaient être rangés donc j'écris des questions des questions pour des sénateurs qui déposent au gouvernement comme je l'ai dit c'est votre deuxième livre en quoi votre position vous a influencé à écrire et dans votre écriture je sais pas avant de toute façon je suis pas sûr que ma position m'influencer je crois bon il faut reconnaître que j'y commençais à écrire un âge de 6 ans j'avais écrit un poème il s'appelait l'orge de la mort ne me demandez pas qu'est-ce qu'il est devenu il est parti avec le reste donc il a disparu dans le reste donc j'ai commencé à écrire très souvent très tôt et j'arrive en 63 donc je suis en 63 je suis à Marseille et à Marseille je lis le journal et il y a une concours de poésie j'avais écrit des poésies parce que je m'embêtais pendant l'été et donc je les envoie mais j'ai pas du tout l'âge j'étais 13 ans il faut avoir 18 ans ils sont j'obtiens la première mention au Grand Prix de Poésie la vie de Marseille j'ai juste dû me déguiser pour aller le championnat cérémonie parce que bon bah 13 ans vous faites pas 18 quand même bon j'ai toujours été facile et c'est pas tellement ma position actuelle j'ai toujours été fascinée par par les mots c'est important les mots le voilà je vous ai pas du tout juste le mot juste aussi c'est très important et dans votre livre on le sent que c'est important pour vous les bons déjà en tant qu'enfant et puis petit à petit et puis au niveau de l'écriture c'est une écriture sincèrement magnifique douce belle où on sent que chaque mot est choisi chaque phrase est tournée je pense que vous faites attention vraiment à ça et que c'est important pour vous dans vos livres c'est comme une musique alors j'ai pas du tout loué musicale par contre j'entends la musique des mots et depuis mon enfance [Musique] je vais relire la phrase à haute voix pour pour être sûr que c'est bien la musique que je veux dire j'aimerais qu'on parle de transmission maintenant quand on met lit en quand on écrit un livre comme ça je pense qu'on pense aux générations actuelles et futures [Musique] disent en plus alors la première semaine de l'apparition du livre saint-chabbat les enfants et tout d'un coup il y a un de nos fils qui me dit moment on est très fier de toi sidéré penser vous savez bien les enfants ne font pas des compliments je comprends même pas et je dis je comprends pas pourquoi et alors il me dit nous avions besoin tu as transmis cette histoire et nous avions besoin de cette héritage c'était cette phrase est importante nous avions besoin de cet héritage et donc ben écoutez je suis très heureuse que vous soyez là parce qu'en fait si j'ai un message à passer c'est celui-là il faut transmettre transmettez votre histoire à vos enfants et vos petits-enfants sinon comme je l'ai dit au début ils vont vivre avec un trou il faut ils vont vraiment passer leur vie à essayer de le combler donc ça c'est ridicule faites quelque chose pour transmettez tout à fait bien sûr et moi j'ai 80 ans et j'ai été très content traumatisé par le fait d'avoir mes parents sur lequel c'est mon père disait nous ne sommes pas comme chéri nous sommes venus d'aller et à l'époque on faisait pas des questions ou paroles donc j'ai avalé ça et en vieillissant je cherche à comprendre et je viens de découvrir parler d'un historien que les gens enfin les mes parents c'est mon arrière grand-père qui a quitté qui était un espace qui est vraiment Nara de parce qu'il y a puis d'Espagne il est parti au Portugal où il y a eu le même problème et donc il était considéré comme la marraine culture et après tous ces gens qui ont été des marades par peut-être la préparation Isabelle la Catholique Portugal on disséminé tout le bassin Mégane méditerranéen donc elle m'a eu en Turquie d'entre eux et mon arrière-grand-père et d'aller à Alger et en 1850 il est retourné en Algérie alors en série on s'appelait Mendez et quand on est arrivé en Algérie l'état l'officier d'état civil a voulu faire du sel donc mon arrière grand-père était âgé on l'a appelé boule paire et même d'îles parce qu'il était en comment dire en tenue indigènes et même dit c'est le torchon dans une portée comme un turquois et bien je vais vous dire Madame d'abord je vais écrire un passage pour mes enfants mais quelque part je suis un peu soulagée parce que je suis ici d'une famille donc zen et nous étions en Algérie et ça vous en avez pas beaucoup parlé il y a plus la nationalité française nous étions français avant d'être juif donc enfin chez moi nous étions très nombreux ensemble donc ça soulage très intéressant ce que vous dites parce que ça correspond exactement à quelqu'un dans la salle que je nommerai pas mais alors il y a un passage il faut savoir c'est que lorsque la guerre d'Algérie éclate le FLN les chefs vont vous voyez une lettre au Grand Rabbin d'agir en leur disant faut que les Juifs se mettent de l'autre côté c'est difficile pour les huiles d'Algérie parce que effectivement il se considère ils ont une vraie grande reconnaissance vis-à-vis de la France et il se sent français avant tout et donc il y a journaliste célèbre qui s'appelle Jacques Lazarus qui va devoir répondre au nom de la communauté et il va répondre effectivement ça quoi il va ça va être et à partir de là les Juifs d'Algérie sont effectivement d'un certain côté très très clair c'est à dire ils sont du côté français ils vont pas il y a une infime vraiment c'est infinitésimale qui vont être entraînés du côté de du FLN je crois qu'il y a un réseau et quelques noms qui son âge dans l'histoire de cette époque là mais vraiment très très voilà c'est c'est infinitésimal infinitésimales et d'ailleurs ces mêmes personnes qui sont combattu pour l'indépendance et contre la France et pour l'indépendance de l'Algérie finiront par quitter l'Algérie on va peut-être en profiter pour savoir s'il y a d'autres personnes qui veulent poser des questions oui moi je voudrais je rappelle oui alors c'est laquelle parce qu'elle a posé beaucoup de questions en fait je me souviens plus vous avez fait votre Allia Dafna oui d'accord comment ça vous est venu étant en France quel a été le moment difficile effectivement on est d'abord en fait on a fait deux en 68 on vient en Israël et on est on est on est au Milana suzantin et à betchemej bon c'est vraiment Israël à ce moment là c'est le Tiers Monde carrément le Tiers Monde c'est c'est je vois que des gens au Pin oui c'est le Tiers Monde c'est très très dur et en fait mon mari réussit son examen et les souvenirs ne le lui dit pas et donc on a pensé qu'il avait échoué et donc on repart on repart mais on repart en se disant dans 10 ans on revient et donc on est en 78 et on est en train de se poser des questions au moins à mon rêve c'est d'être prof de droit administratif dans mon almamataire la faculté de droit de Nice a une belle situation donc la question se pose la question se pose et alors à ce moment-là en 78 il y a le un groupement robuscule d'extrême droite qui va jeter une grenade dans le jardin de la communauté juive de Nice d'enfants et là ça va ça va être la paille l'Espagne qui fait donc il fait déborder le vase et ce qui m'a en fait choqué c'est pas tellement on pourra mettre dans d'autres de l'estomac bien sûr mais par contre c'était plutôt les réactions le préfet impose à la communauté juive de Nice le silence et ils obéissent et là moi je suis très en colère et je leur dis dans 20 ans vous aurez vous aurez un maire d'extrême droite à Nice maintenant plus tard ils ont eu Jacques Perrin Front national comme mère donc je vais pas trop trompé dans mes prédictions politiques mais en fait on part on part on vient en Israël ou on achète quelque chose ici et en 79 on revient mais quand on revient on a un enfant de 3 ans il y a un enfant de 2 mois le troisième d'être à ici donc voilà mais alors peut-être qu'il faut remonter un peu plus loin parce que je te vois venir Roger tu vas me dire pourquoi Israël ça aurait pu être le Costa Rica c'est un réseau mais en fait ce qui se passe c'est que 62 donc c'est le départ et 63 les adultes les adultes ils sont ils sont disloqués quoi ben leur vie c'est disent OK et eux ils sont en morceaux souvent c'est des familles qui sont en morceaux et je comprends que je peux rien attendre de mes parents il y a rien à attendre parce que mes parents ils sont perdus ils ont pas les codes ils ont juste pas des codes de la société où ils ont été projetés et donc moi je me dis j'entends par un voisin qui me dit qu'il va dans un mouvement de jeunesse et je dis bah moi aussi je veux je veux faire quelque chose je dimanche je lisais le je lisais les ordonnances encyclopédie familiales et j'avais décidé que les autres jours n'a jamais fait autre chose et que après l'école donc j'irai dans un moment et donc évidemment ça demande je laisse pour ne pas le nommer ce qui va voilà donc voilà ça va c'est bon tu tu as les mots que tu as tu comprends simplement parce qu'un jour je suis perdue dans une forêt du Costa Rica et qu'est-ce qui se passe j'entends j'entends parler français et ça parle de la vie des colibris donc je vais je vais vers la ville école libris et c'est un Français quelqu'un qui parle très bien le français et je m'approche en fait c'était le guide qui expliquait un couple de Français la vie des colibris et je comprends pas comment perdu au Costa Rica il parle un si bon français et un grand je lui demande il me dit mais moi je suis je suis née à Oran je suis né à Oran je m'appelle Paula et je suis là on est perdu dans une forêt et alors je comprends pas je dis pourquoi le Costa Rica en 62 je savais pas que ça existait sur la carte et donc il mystique son père avait été actif dans l'OM et donc la route de la France était barrée et en fait ils se sont enfuis ils s'enfuits au plus loin possible pour éviter Costa Rica est-ce que nous avons d'autres questions merci beaucoup vous voulez le micro les instructions que tu as donné à tous les autres témoins pour que le témoignages soient à peu près harmonieux que ce soit sur la longueur les sur les annéesdotes précises lequel était leur instruction oui tu as raison Stéphanie c'était effectivement il fallait canaliser parce que par exemple j'ai reçu quelqu'un qui m'a envoyé un bouquin parce que lui il allait écrit pour ses enfants donc donc il fallait canaliser et donc je leur ai expliqué que je leur donnais entre 3 et 5 pages que j'ai fait j'ai fait un questionnaire d'abord en fait il fallait que les jours les gens qu'elle est témoignée ils ont ils ont voulu l'anonymat et moi j'ai respecté c'est à dire que même lorsque ça a été envoyé aux éditions Ramsay c'était déjà anonyme donc ils ont voulu l'anonymat il a été respecté ensuite il fallait qu'ils aient entre 6 ans et 17 ans au moment de la guerre d'avion parce que on a des souvenirs précis très précis à partir de 6 ans et donc après 18 ans donc c'était des adultes c'était plus le regard des enfants donc on s'est mis dans le conçu général merci cher Mathieu je sais que tu t'es présenté donc voilà donc en fait j'ai fait un échantillonnage de 6 à 17 ans et j'envoie un questionnaire j'envoie un questionnaire pour essayer de les aider à s'exprimer à exprimer leur souvenir leur émotion et mais en leur disant vous êtes libre de vous en inspirer ou pas alors il y a eu des va-et-vient parfois il a fallu tirer un peu parce que les gens les gens ne savaient pas comment dire comment écrire leur témoignages il y a eu des quelques va-et-viens pas tous parfois c'était vraiment apprendre à l'état brut parfois j'ai dû poser des questions et je me souviens que il y a une personne à qui je n'ai pas osé poser de questions alors que j'ai cru je pense que j'ai dû lire 10 fois son texte avant j'arrivais pas à comprendre l'horreur de ce qu'elle disait l'horreur n'arrivait pas j'arrivais pas à comprendre et elle parle elle parle de choses tout à fait normal notamment de la tendance il vivait dans la maison ils étaient voilà c'était deux familles liées en attendant de la faire mais et son nom et puis bon elle va finir par devoir fuir avec ses parents et elle j'ajoute un jour son père meurt elle retrouve dans les papiers donc de son père et les documents de son père elle retrouve un document de la police qui dit que c'est l'intendant que tu es son nom message et sa tante Lisa écrasé sous la sous la main du Moula et j'avoue que très sincèrement j'ai pas compris au début je peut-être que peut-être que je voulais pas comprendre aussi l'horreur était telle que l'image de ces gens écrasés sur la meuf peut-être je crois que c'était c'est pas possible pour moi d'accepter ce témoignage comme ça alors là j'ai pas osé lui poser la question je sais pas où j'ai pas vraiment pas osé mais autrement bon il y a eu des effectivement des allers-retours parfois et ce qui est très ce qui est très joli comme histoire c'est que le premier le premier qui a voulu témoigner bon c'est un c'est en fait quelqu'un que j'ai connu où j'ai travaillé avec lui pendant 15 ans à l'Assemblée des Français de l'Étranger et on n'a jamais parlé jamais j'avais parlé de ça et je mets quand j'ai commencé à dire voilà je vous annonce que mon livre a été pris par les éditions Ramsay immédiatement je reçois un message de Facebook il me dit Daphné c'est mon histoire c'était une c'était joli comme ça vraiment et à Marseille sa fille est venue sa fille est venue c'était c'était très émouvant vraiment mais à Marseille il s'est passé des choses intéressantes c'est qu'il y a des gens qui sont bien pleurer carrément quand j'ai la il y a eu cet échange parce qu'ils ont dit c'est trop tard on peut pas parler on n'a pas parlé c'est trop tard et j'ai dû passer un moment pour essayer de leur donner le courage de au contraire de dire mais non c'est pas trop tard il faut parler maintenant il faut parler est-ce que nous avons une autre question là-bas je vais essayer de parler à peu près merci beaucoup pour votre témoignage et du coup je vais rebondir sur ce que vous venez de dire pour pas les gens ne parlaient pas et c'est pas uniquement des événements qui se sont produits en Algérie mais aussi ça résonne avec forcément ce que les gens ont des prétendre la joie pourquoi les gens ne parlaient pas est-ce que ça vienne vient d'eux est-ce que ça vient de la société qui ne veut pas entendre est-ce que ça vient de gouvernement qui ne voulait pas prendre les responsabilités donc en tout cas gardent l'Algérie c'est complètement différent de la joie mais est-ce qu'il y a des parallèles à ce niveau là voilà donc je vous remercie mais vous l'avez dit en fait c'est la société qui voulait pas les entendre tout simplement donc ils ont dû se réfugier dans le silence il y a pas d'autres solutions il y avait absolument aucun autre solution le silence vous a été imposé en quelque sorte de manière silencieuse ça c'est important parce que même les gouvernements de l'époque mais il fallait aller vraiment voilà il fallait qu'on soit transparent donc les gens ne pouvaient pas parler et après vous savez plonger les choses à l'intérieur plus c'est difficile de les sortir ensuite donc et de toute façon je pense qu'il est très difficile de parler des traumatismes qu'on a pu subir ça c'est de toute façon difficile mais c'est en plus vous avez même pas aider et souvenez-vous que là aujourd'hui quand un enfant un traumatisme il y a une pléiade de psychologue qui s'en occupe enfin remonter en arrière 62 ou même avant pour les enfants de la joie mais la personne qui sont occupées de leur traumatisme c'était vraiment pas à la mode c'est bon je pense que c'est bon j'avais sept empires au mois d'août quand on est parti en bateau OK et ce dont je me souviens c'est que de la guerre les bondes Algérie je me souviens très bien qu'on se mettait en dessous les tables et c'est tout ça veut dire après j'ai eu un noir j'ai eu un noir d'avant c'est-à-dire que oui je savais qu'il fallait pas parler aux Arabes que nous on avait des histoires dans notre famille que j'aime mais voyez ce que je veux dire il y a aucun retour et les gens ils s'en foutent les gens s'en foutent pas vraiment ce que je vous assurer une chose parce que les vos enfants et vos petits-enfants ne s'en foutent pas du tout maintenant vous me dites les gens s'en foutent alors il y a une chose qu'on n'a pas encore abordé c'est l'actualité justement l'actualité fait que le livre est sorti en même temps que une note de l'ambassadeur de l'ancienne ambassadeur de France en Algérie en cours il a publié une note pour la Fondation sa fille la progression fonda Paul et le intitulé de la note dit politique migratoire politique immigratoire le que faire des accords franco-algériens de 1968 et là si vous voulez tout est remis en tout est remis en quelque sorte en cause parce que 68 c'est l'époque louieuse la France a besoin pour son industrie automobile de main d'oeuvre si possible francophone et donc les accords en koalgériens de 68 sont extrêmement généreux pour l'Algérie notamment sur les conditions de d'arriver de séjour de travail c'est la libre circulation pour les algériens en France et en fait on n'est plus on est aujourd'hui en 2023 les accords ils sont toujours là le contexte politique social économique n'est plus le même et aujourd'hui les politiques commencent à parler de remède en cause ces accords donc vous voyez que on est toujours on est toujours dans cette histoire là je crois que bon de trois petites choses sur ce qui a été dit et pour la personne qui a demandé pourquoi est-ce que on parlait pas alors pour avoir vécu ça après chaise d'abord on parlait pas parce que on était le symbole de la défaite et il réunit une victoire en Algérie comme il y en aurait eu après Suez ça aurait été complètement différent la deuxième chose c'est que de Gaulle ne sait pas quoi faire des harkis le dit à cause de leur ville et ses rapportait par la couture et avec une phrase très violente qu'est-ce que vous voulez que je fasse de vous après la guerre la phrase elle est cité e c'est elle est redoutable évidemment et puis la troisième chose c'est que la France a eu un mal fou à parler de son histoire quand c'est la défaite et il est très difficile encore aujourd'hui de faire un film sur l'Algérie les Américains ont cette chance sur nous c'est que eux ils sortent la douleur par le cinéma alors vous avez le Vietnam simple difficile etc alors c'est fini par sortir mais en France non l'Algérie ça sort pas et quand on fait un bout de film alors c'est la tempête passionnelle en France il y a le défi énormément il y en a 6 c'est ça exactement c'est à dire que voilà ça entraîne ça entraîne un vrai un vrai débat extrêmement violent en fait la défaite surtout lorsque elle est attribuée au gouvernance la défaite ne se il faut pas en parler et je pense que les difficultés de la France et de c'est de regarder son passé y compris lorsque je sais pas passer pas forcément noir mais d'abord un passé de défaite les conséquences d'un pays lisait que c'est pas important je crois justement que deux ou trois générations après comme le disait la France est extrêmement important parce que vous avez faire de la psychologie de comptoir le retour du refoulé c'est-à-dire que l'incertitude dans lesquelles se trouvent les enfants les petits-enfants les arrières petits-enfants de l'histoire familiale et bien elle est redoutable pour leur propre construction et elle va très facilement tomber dans la caricature pour avoir parlé avec beaucoup de gens de la communauté française et franco-israël en 4 ans je vois bien qu'au début de la discussion c'est on est parti on avait choisi la France etc et c'est la même chose du Maroc et de la Tunisie où ça a été moins violent quand même mais au bout d'une heure de discussion c'est quelle que soit le narratif on a été chassé par les Arabes et maintenant on est fait nous et ils vont pas recommencer et on voit cette tendance et je trouve qu'il est très important justement que l'histoire soit expliquée dans sa complexité pour que trois ou quatre générations après on ne tombe pas dans la caricature et que on puisse effectivement essayer de le voir comment aller vers ce que tu souhaitais dès le début le plus jamais ça c'est à dire comment on fait pour surmonter l'histoire et arriver à vivre merci Monsieur l'Ambassadeur on va avoir une dernière question et ensuite nous allons concluer vraiment depuis longtemps oui je voulais savoir si justement en ayant cette expérience tu fais ta tendance à faire des analogies avec ce qui se passe en Israël et tu pourrais dis donc voir des similitudes et des erreurs à éviter je te remercie pour sa question que qui m'a été posée par Cyril Amar hier dans dans son émission Maghreb je vais revenir à Camus mal nommer les choses ça aide pas du tout on a trouvé des solutions positives il n'y a absolument aucune similitude entre les deux histoires absolument aucune donc il faut se garder de tout mélanger et si c'est ma position personnelle sur les événements alors que je ne la donne pas parce que je suis conseillère à l'assemblée du Français de l'étranger je dois faire attention comme je l'ai dit j'ai dit il y a effectivement un il faut éviter les similitudes qui n'ont pas lieu d'être de les solutions oui bien sûr moi je suis une juriste alors bien sûr qu'une solution donc j'espère qu'un jour le seul problème qu'on est en Israël c'est que en Israël et du côté des Palestiniens c'est qu'en fait des deux côtés ils sont jamais ensemble en même temps c'est comme le tambeau il faut être deux pour dans cet embout et quand il y a des partisans d'une solution réaliste et bonne pour tout le monde d'un côté il y a pas de l'autre côté et vice versa donc en fait il faut attendre que les gens apprennent avancer le tambour ensemble juste c'est pas une question c'est pas une question de la FNA c'est juste une confirmation par rapport à l'Assemblée des Français j'arrive tout de suite c'est juste une conférence j'ai eu la chance ou le matin en Algérie pendant ces événements et je confirme la chatte de plomb c'est tombé sur nous tous ces événements on en parlait pas dans le cercle familial on en parlait pas que ce soit quand on était en Algérie quand on était en France toutes ces histoires on en parle pas et même aujourd'hui on a des difficultés à en parler pour être honnête c'est une chape de plomb qui s'est abattue sur nous pendant par le pain parce que on ne parle pas de notre traumatisme dans les faits c'est ça on ne parle pas de notre métier c'était pas une question et je vais aller vers la dernière personne voilà c'est pas vraiment une question c'est plutôt une remarque il a vécu des événements similaires que je sois de Tunisie je peux dire que certaines façons il y a un grand danger c'est que volontairement je voudrais passer pas volontairement surtout si c'est une sorte de mémoire à crachats ne veulent plus en parler refusent d'en parler beaucoup ou vite sur une façon quand on a vécu ces éléments très jeunes souvent les familles qu'on en parle pas ils ont peur de laisser l'enfant de laisser d'histoire de l'enfant Dieu et à ce moment-là l'enfant va vivre toute sa vie avec cette blessure sans comprendre bien donc ce calcul est très important ce sont parlé avec soi-même il faut en parler avec les enfants avec les petits enfants pour que deux heures de façon celles blessure ne soit pas une blessure intérieure et que au contraire en parler et ensuite se soulager de tout ça merci beaucoup merci à tous pour vos interventions malheureusement le temps passe je voulais vraiment remercier Dafna merci infiniment d'être venu merci je suis un grand plaisir merci Stéphanie merci à vous tous vraiment d'avoir vous êtes déplacé pour écouter cette histoire mais c'est une histoire qu'il faut absolument transmettre si je compte sur vous et le livre de Daphna est disponible au sein de la librairie du foyer n'hésitez pas bonne journée à tous [Applaudissements] [Musique] [Musique]