“Au boulot !”, le retour de François Ruffin au cinéma - C à vous - 04/11/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Pourquoi n'étiez-vous pas emballé par l'idée de F.Ruffin ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Les clichés de S.Saldmann reflètent-ils une France populaire ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Vous entendez ces propos dans les milieux populaires ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Ces propos sont-ils nouveaux ou médiatiques ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Comment se sont passées les rencontres avec S.Saldmann ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Qu'a découvert S.Saldmann lors de ces rencontres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00F.RuffinFait
« Je vois en quoi S.Saldmann est folklorique. Ce qu'elle dit sur les plateaux télé, c'est quelque chose que j'entends dans les campagnes populaires. »
- 4:00F.RuffinFait
« Sur les assistés, ça revient régulièrement. Sur ceux qui prennent des arrêts-maladies et qui ne veulent pas se lever du canapé, c'est quelque chose qu'on entend. »
- 10:00F.RuffinChiffre
« Aujourd'hui, 10 000 personnes sortent du travail pour inaptitude. Elles sont broyées physiquement ou psychiquement par le travail. »
- 11:00F.RuffinChiffre
« Le mal-travail en France, ça coûte au moins 4 points de PIB. »
- 12:00F.RuffinFait
« Aucun effort n'est fait par le gouvernement pour lutter contre ce mal-travail dans notre pays. »
- 19:00F.RuffinFait
« Je suis central à gauche. »
- 22:00F.RuffinFait
« Mon film, je le considère comme une forme de manifeste politique. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- Il n'y a pas de rendement? - Je vous le dis franchement, emballer des poissons de la journée, je ne vois même pas comment on peut dire que c'est un métier passion. - On n'a rien par ici. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, F.Ruffin, député écologiste et social de la première circonscription de la Somme.
Merci de votre présence à l'occasion de la sortie au cinéma de votre film "Au boulot!", que beaucoup coréalisé avec G.Perret, à vos côtés.
Vous êtes là, mais vous n'étiez pas du tout emballé par l'idée de F.Ruffin. Pourquoi? - G.Perret: J'étais persuadé que de travailler avec S.Saldmann et de créer du contraste allait forcément créer du rire. - A.-E.Lemoine: Que ça serait caricatural? - G.Perret: Non.
Je ne me sentais pas capable de la supporter. Il faut aller voir ses prises de position. Je ne viens pas tout à fait du même milieu.
On n'a pas les mêmes comportements. Ca s'est plutôt bien passé. Elle s'est prêtée au jeu. - A.-E.Lemoine: Vous étiez persuadé que les clichés et les préjugés qu'on entend dans la bouche de S.Saldmann sur une France qui ne travaille pas, on les entend régulièrement dans la bouche de Français de toutes les couches de la société, y compris les plus populaires? - F.Ruffin: Je vois en quoi S.Saldmann est folklorique.
Ce qu'elle dit sur les plateaux télé, c'est quelque chose que j'entends dans les campagnes populaires. Déminer les préjugés de S.Saldmann contribue à déminer ce que peut penser une bonne partie du pays. - P.Cohen: Vous l'entendez dans la bouche des milieux populaires? - F.Ruffin: Bien sûr.
Sur les assistés, ça revient régulièrement. Sur ceux qui prennent des arrêts-maladies et qui ne veulent pas se lever du canapé, c'est quelque chose qu'on entend. - A.-E.Lemoine: C'est nouveau?
On a l'impression que ce sont des propos médiatiques tenus par quelqu'un qui est totalement déconnecté de la réalité mais qui infusent dans le pays. - F.Ruffin: C'était déjà dans le pays.
Ce n'est pas né dans les médias. Ce qu'on fait avec Gilles...
On parle d'un documentaire humoristique. On aime mettre des rires, des larmes, des émotions. On cherche à faire un film. - A.-E.Lemoine: Comment se sont passées ces rencontres?
Elle n'était au courant de rien? - G.Perret: Chaque jour, on l'emmenait quelque part et elle ne savait pas où on allait.
On ne prépare rien et on ne rencontre pas les gens à l'avance. On essaie d'avoir le plus de spontanéité possible. - A.-E.Lemoine: Rendez-vous en terre inconnue. - G.Perret: Elle découvre des gens qui sont plutôt bienveillants. - E.Tran Nguyen: Elle a découvert la vie d'un livreur, la vie d'une auxiliaire de vie payée 1000 euros par mois et fière de son travail. - Je m'en fous d'avoir à nettoyer des excréments, ça ne me gêne pas.
Leur bien-être, c'est ce qui m'importe le plus. Ce n'est pas toujours facile. - Non, ce n'est pas facile. - On a cette charge émotionnelle.
Rentrer à la maison, se vider la tête...
Ce n'est pas facile mais tellement enrichissant. On devrait être reconnus d'utilité publique. - E.Tran Nguyen: Ce qu'elle fait quand elle s'adresse à S.Saldmann, c'est un droit de réponse sur les clichés qu'elle a véhiculés. - F.Ruffin: Il y a quelque chose de l'ordre de la revanche sociale.
Elle lui a fait récurer les toilettes...
Mais il y a aussi le droit de réponse. Ce sont des gens qui sont jugés par les politiques. Pour une fois, ils ont quelqu'un qui descend de son piédestal, qui se met d'égal à égal.
Pour nous, le film existait déjà avant la rencontre avec S.Saldmann. - A.-E.Lemoine: Il aurait fallu que ce soit un élu ou un responsable politique. - F.Ruffin: J'ai proposé à J.-M.Blanquer...
J'ai dit au ministère de la Santé: "Allons dans un Ehpad ensemble." - P.Cohen: Vous lui reconnaissez du courage, à S.Saldmann? - F.Ruffin: Du courage et de l'humour.
Elle n'en sort pas de la même manière qu'elle en est rentrée. - E.Tran Nguyen: Elle a changé d'avis? - F.Ruffin: Très vite. - A.-E.Lemoine: A la télévision, on va entendre un discours différent? - G.Perret: On va voir.
C'est sûr, ces préjugés qui sont très présents dans les classes populaires et partout, nous, c'est un bon outil, S.Saldmann, pour les diminuer. On construit le film comme ça.
On part sur des questions sociales...
Les 1300 euros, c'est pas mal. On se retrouve avec les gens qui disent: "A qui elle dit'vous, vous travaillez mais il y a des assistés'?" Ensuite, on va sur des territoires zéro chômeurs...
La réalité sociale est peu présente sur les écrans. - A.-E.Lemoine: S.Saldmann ne jette pas l'éponge, mais à un moment donné, vous êtes fâché car vous n'acceptez pas ce qu'elle dit après les attaques du 7-Octobre.
La confrontation de points de vue a ses limites? - F.Ruffin: On est passés d'un film social à ce qu'elle raconte, qui devient plus marqué sur le plan identitaire.
Ca crée des difficultés. Son incapacité...
Je fais un film humaniste. On ne peut pas l'être aussi là-bas à Gaza. On a arrêté de tourner. - G.Perret: On avait tourné une bonne partie du film.
Il fallait terminer le film. Il y a eu un glissement sur le personnage de S.Saldmann.
A un moment donné, il faut être cohérent par rapport à ce que l'on raconte. Il y avait des propos qu'on avait du mal à soutenir. - A.-E.Lemoine: Si ces propos n'étaient pas tenus dans le film, ça ne l'empêchait pas de continuer à rencontrer des Français. - G.Perret: On avait pratiquement terminé le film. - F.Ruffin: Le précédent film, c'était sur le covid.
On avait le président de la République qui avait déclaré: "Il faudra se rappeler que le pays tout entier se repose sur ces femmes et ces hommes que le pays rémunère si mal." Depuis, il y a eu l'inflation, la retraite à 64 ans. Comment on fait pour rendre extraordinaire la vie des gens dont on dit ordinaires?
Amener du contraste, une avocate parisienne au milieu de ça...
C'est une manière de faire surgir l'extraordinaire des gens ordinaires qui tiennent le pays. - A.-E.Lemoine: Ceux qui travaillent beaucoup, on va leur demander de travailler plus?
Auront-ils un jour férié en moins? C'est l'une des questions qui a émergé ces derniers jours. L'objectif du gouvernement est de trouver 60 milliards d'euros.
La question a été mise sur la table par le ministre de l'Economie. - A.Armand: La quantité d'heures travaillées dans ce pays ne suffit plus à financer notre modèle social.
Si on veut le conserver, il faudra travailler davantage. Chaque année, les Français travaillent globalement moins que nos voisins. Ca a pour conséquence moins de cotisations, moins de recettes et moins d'emplois.
C'est cette croissance qui crée de la richesse. - G.Perret: Je sens qu'on va moins parler de cinéma. - A.-E.Lemoine: Les Français ne travaillent pas assez? - F.Ruffin: Monsieur Armand, j'ai envie de l'emmener.
On a un grand sujet dans notre pays. On a une explosion des burn-out, on a doublé les inaptitudes en 10 ans. Aujourd'hui, 10 000 personnes sortent du travail pour inaptitude.
Elles sont broyées physiquement ou psychiquement par le travail. Le gouvernement ne prend pas la moindre mesure. Si les gens pouvaient rester en bonne santé au travail, on n'aurait pas à se demander si les gens peuvent travailler plus.
Je pose le principe que tous les habitants de notre pays puissent bien vivre de leur travail. Que respire le film? C'est un double rapport au travail.
C'est la dureté du travail, et la fierté du travail, la dignité par le travail. Quand j'étais dans le mouvement des retraites, on me parlait moins des retraites en elles-mêmes...
Les gens me disaient: "J'aime mon métier, je n'aime pas comment on me fait faire mon métier." Le mal-travail en France, ça coûte au moins 4 points de PIB. Aucun effort n'est fait par le gouvernement pour lutter contre ce mal-travail dans notre pays.
Il faut que les Français se sentent bien au travail. Aucun effort n'est fait là-dessus. - P.Cohen: J'ai une question pour le député F.Ruffin.
On vous a peu entendu depuis votre réélection dans la Somme et depuis votre rupture avec LFI. Vous avez qualifié J.-L.Mélenchon de boulet.
Vous avez écrit dans un livre que LFI avait abandonné une partie de la France et poussé à une campagne communautariste. Comment vous situez-vous dans la gauche aujourd'hui? Vous êtes isolé?
Minoritaire? - F.Ruffin: Je suis central à gauche. - P.Cohen: Mais invisible ces dernières semaines. - F.Ruffin: Peut-être des médias parisiens, mais j'ai fait des meetings dans 30 villes, dans des salles de cinéma.
J'ai rencontré tous les médias régionaux. - P.Cohen: Dans l'Hémicycle, vous y êtes de temps en temps? - F.Ruffin: Bien sûr.
Aujourd'hui, j'ai voté...
Avec le film, je passe de "je critique" à "je fais". Mon film, je le considère comme une forme de manifeste politique. A la fois sur le ton...
On y met de la joie, de la générosité. On vient dire que c'est important d'apporter de la fantaisie dans la vie. - P.Cohen: Ca ne remplace pas un programme politique. - F.Ruffin: Projet politique.
Sans le dire, en le montrant, qu'est-ce que vous avez dans le film? Une France rassemblée, humaine, fraternelle. Une France où on va à Grigny avec Mohamed et des paysans du Morvan.
Vous savez à quel point le travail est central dans ma conception. De la même manière que le Parti communiste ironisait au sujet du mineur...
Je considère que la gauche doit dire non... - P.Cohen: Avec qui autour de vous? - F.Ruffin: Du monde autour de moi. 500 personnes dans toutes les villes où je passe. - A.-E.Lemoine: Ils vous demandent quoi?
Pendant l'avant-première, ils demandent quoi? - G.Perret: Les spectateurs sortent reboostés.
La période est morose. Avoir un public qui sort avec l'envie d'en découdre avec les injustices, des gens qui ont pleuré...
En ce moment, ça fait du bien. Globalement, il y a un capitale sympathie autour de François. Peut-être que je ne suis pas objectif. - P.Cohen: Qu'est-ce qu'on en fait, de ce capital sympathie? - G.Perret: On essaie de faire du cinéma.
Par l'affect, l'émotion, peut-être qu'on va pouvoir mettre les gens en mouvement. - P.Cohen: Vous, vous voulez faire des entrées et F.Ruffin... - G.Perret: Pas du tout.
On a le 1er cercle qui vient voir le film. Il faut qu'ils sortent des salles de cinéma avec l'envie d'en découdre. - A.-E.Lemoine: Ce serait un mouvement politique. - P.Cohen: La France debout au cinéma... - A.-E.Lemoine: L'élection présidentielle aura lieu dans 2 ans et demi.
Vous voulez la vivre en tant que documentariste ou acteur? - F.Ruffin: J'en suis un acteur.
Un acteur qui veut qu'on rassemble la gauche et la France. - M.Bouhafsi: Avec quel rôle? - F.Ruffin: Je jouerai le rôle maximum pour rassembler la gauche et la France.
Face à tous les conflits, face aux déchirements qui traversent le pays, on a besoin de se demander en permanence ce qui fédère. Et ce, malgré les immenses différences qu'il peut y avoir dans notre pays. - A.-E.Lemoine: "Au boulot!", c'est en salle mercredi.
Vous avez le talent de journaliste et documentariste. C'est efficace, même si c'est parfois un peu démago. - F.Ruffin: C'est drôle? - A.-E.Lemoine: Oui, on rit, on pleure. - G.Perret: Ce n'est pas démago de montrer des gens qu'on ne voit
François Ruffin