Le comédien Alban Ivanov est dans Le monde d'Elodie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:16OuverteRéponse directe
Quand Éric Barbier est venu vous chercher pour jouer Justin, quel regard portiez-vous sur la guerre, l'armée, l'engagement ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Le tournage a-t-il été difficile physiquement ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Comment passez-vous d'un rôle comique à un rôle aussi dramatique ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a touché chez Justin ?
- 6:17OuverteRéponse directe
Maîtriser la parole, c'est aussi commencer à exister aux yeux des autres ?
- 7:34OuverteRéponse directe
Justin le Juste raconte-t-il la naissance d'une parole ?
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour Alband Ivanov. Bonjour. Vous êtes comédien, humoriste, enfant de l'improvisation. Vous avez commencé à jouer adolescent bien avant euh d'imaginer que le cinéma vous donnerait un jour des premiers rôles. Il y a eu les petites scènes, les collectifs, les le théâtre, puis le Jamel Comédy Club et puis le cinéma vous a attrapé. Patient, le sens de la fête où beaucoup de français vous découvrent évidemment en 2017. Puis le grand bain, la vie scolaire, une année difficile, challenger aussi. Vous avez longtemps fait rire avec ces personnages un peu cabossés, parfois excessifs, mais auquels vous donnez toujours quelque chose de profondément tendre. Et derrière cette ascension, il y a aussi un homme qui a dû apprendre à s'arrêter en 2022 après des années à enchaîner les
films et la scène vous interrompait un spectacle et vous disparaissez quelques temps. Vous direz plus tard que vous aviez trop dit oui, peut-être par peur que tout s'arrête. Vous avez appris depuis à laisser davantage de place he au silence, au temps, à la vie. Et aujourd'hui, vous voilà dans un rôle assez inattendu, loin de l'image que le public s'est peut-être faite de vous. D'ailleurs, Yvan, vous êtes à l'affiche du film d'Éric Barbier Justin le Juste au côté d'Alexandre Alami et de Biranba notamment parce qu'il y a évidemment plein d'autres acteurs qui sont incroyables. Nous sommes dans 1915. Justin est un paysan pauvre, un homme simple, attaché à sa terre que l'on arrache à sa ferme pour l'envoyer dans une guerre dont il ne comprend rien. Il rencontre Basil, un tirailleur
sénégalais et peu à peu ouvre les yeux sur l'absurdité du monde dans lequel on l'a jeté. Quand Éric Barbier est venu vous chercher pour jouer Justin, quel regard vous portiez-vous sur sur la guerre, sur l'armée, sur l'engagement, sur ces hommes qu'on envoie combattre ? Est-ce que vous connaissiez déjà ces histoires de fusiller pour l'exemple de ces soldats condamnés par leur propre armée ? Euh, ouais, ouais. J'avais déjà conscience de pas mal de choses. Mais ce qui m'a plu euh sur la proposition du film d'Éric, c'est que le fait de rentrer dans les tranchées et de voir des hommes comme nous euh se retrouver au front, je trouvais que ça humanisait des gens où on avait pris l'habitude de euh que ce soit que
des numéros et des groupes, quoi. Donc là, le fait de voir des personnes dans les tranchées, je trouve que ça ramenait ce qui malheureusement arrive quand c'est la guerre, c'est qu'il y a pas que des soldats, il y a beaucoup de monsieurs tout le monde et surtout sur la première guerre mondiale. C'est pour ça qu'on disait que il y avait cette sensation de partir la fleur au fusil parce que les gens ne savaient vraiment pas où ils allaient et donc ils quittaient leur boucherie, leur quincaillerie et c'est une découverte de l'horreur en en direct. Un mot sur le tournage en lui-même avec Éric Barbier qui a tenu vraiment à ce que vous ressentiez la boue, la pluie, des conditions climatique particulièrement difficile. Ça a joué ça aussi. Ça ça crée des images d'ailleurs inoubliables
aussi pour vous. Euh oui oui euh parce que c'est un c'est un parti prix mais euh on était tous d'accord avec ça, c'est que finalement euh pour ressentir aussi euh euh la fatigue euh la dureté des tranchées, plus on est proche du réel, plus euh c'est payant euh à l'image. Donc même sur les scènes de guerre avec les explosions, on n'est pas au numérique. On est on est vraiment avec des artificiers sur place. Donc ça peut être vraiment voilà la différence c'est qu'on a des balles à blanc. Mais c'est vrai que pendant allez 2 minutes, on a on est vraiment au plus proche du réel de ce que pouvait être un assaut ou de l'ambiance dans les tranchées.
C'est bluffant. il Alban parce que quand on vous voit l'image, on se dit "Mais comment cet homme qui pour nous est un un homme drôle dans toute dans toute sa splendeur, dans dans tout ce qui fait corps et chair chez vous, comment il peut réussir à se mettre dans la peau d'un soldat avec un rôle aussi fort, aussi impactant, aussi dramatique entre guillemets ? Euh c'est vrai que c'est un c'est un c'est c'est un curseur que j'ai que j'ai plus poussé sur ce sur ce film là. Mais même dans enfin je je sais que pour les gens qui me suivent et qui voient ce qui ce que j'ai l'habitude de faire, forcément que ça crée quand même une très grosse différence. Mais comme vous disiez au début, même dans mon humour, j'essaie toujours de mettre de de
l'humanité derrière le rire. Euh je j'ai moi ce que je dis, j'ai pas un rire de euh de moquerie. J'aime rire avec euh les gens et même euh mes sketch par exemple la concert d'orientation avant que ce soit très drôle et absurde, euh il y a toujours quand même un petit message derrière euh plus sérieux. Il vous propose Justin Éric Barbie à ce moment-là, un homme qui au début du film est presque occupé du monde. Il est presque coupé du monde. Il vit sur sa terre, il connaît à peine d'ailleurs ce qui l'entoure. Tout le monde le prend un peu pour un imbécile et pourtant celui qu'on croyait incapable de comprendre va finir par comprendre beaucoup plus que les autres. Qu'est-ce qui vous a touché chez lui ? Bah, je pense que je me suis reconnu un
peu dans cette idée d'un culte. Euh c'est et c'est la vérité, c'est que souvent moi je disais euh l'intelligence ça s'apprend pas à l'école et c'est vrai mais du coup le fait de manquer de savoir et ben euh dans la société c'est un c'est c'est c'est une lacune en vrai de vrai. Voilà. tant que malheureusement, c'est pour ça que c'est important d'apprendre d'avoir du vocabulaire parce que c'est ce qui nous permet de de nous défendre ou de partager nos idées. Donc je me suis reconnu dans Justin. Il y a des phrases très fortes dès le départ dès le début du film d'ailleurs à ce propos. Alban Justin, il dit "La vérité c'est que les pauvres ne devraient jamais comprendre. C'est trop dangereux pour la société. C'est presque tout le film qui est là, comprendre
devient dangereux parce que comprendre permet de ne plus subir." Vous l'avez reçu comme ça vous aussi ? Oui oui oui. Il y a une autre phrase aussi qui dit dit euh la misère quand on vit dedans, on sait même pas que c'est que c'est pas bien. Donc euh c'est ça. Il y a il y a vraiment cette idée de sortir euh euh de j'allais dire sa zone de confort, mais c'est pas ça. Mais de sortir de son cadre, de sa condition. Exactement. Voilà. C'est ça. C'est quand il y a la réflexion justement que les pauvres devraient pas comprendre. C'est quand ils découvrent toute l'absurdité de pas comprendre vraiment pourquoi on se bat. il sait pas ce que c'est la patrie. Et ben ça fait poser beaucoup de questions et on a cette petite sensation de est-ce qu'on nous prend pas pour des cons ? Et
ça c'est une question qui qui fait un peu mal et qui est toujours un peu récurrente d'ailleurs. Oui. Euh ça fait penser d'ailleurs au livre d'Éric Marique à l'Ouest rien de nouveau où effectivement il décrivait la guerre du côté allemand avec ses soldats qui n'avaient pas envie d'y aller qui eux-mêmes n'avaient rien demandé. Ce qui découvre euh Justin, ce sont aussi les mots effectivement, ceux qui connaissent les lois, ceux qui savent parler, ceux qui savent raconter l'histoire, ont un pouvoir sur ceux qui ne les maîtrisent pas. Euh vous qui venez de l'improvisation, qui avez construit votre vie avec les mots, euh ça vous a parlé cette idée que maîtriser la parole, c'est aussi commencer à exister aux yeux des autres. Oui. Oui. Mais complètement de toute
façon, pour moi, il y a pas de hasard même à ce moment-là dans ma vie de me retrouver dans ce film là. C'est très cohérent parce que justement avec l'improvisation, je pense que j'ai développé une une intelligence de jeu mais j'ai toujours manqué des mots et ce qui était très intéressant de tourner avec Biranba, de la Comédie française, je pense que ça aussi c'est très très intelligent le le le casting d'Éric Barbier, c'est qu'il y a vraiment la rencontre des deux mondes. On n'est pas de la même école mais sur le même terrain et ben ça se répond très très bien. Et je pense que moi j'étais et je le suis encore. Je suis demandeur de de de mots. C'est c'est c'est très bizarre mais et la langue française, elle est belle pour ça. Elle est riche, c'est que
quand on n pas les mots, je vais essayer de vous faire comprendre quelque chose. Je vais mettre quatre phrases et quand on découvre qu'il y a un mot bah qui évite quatre phrases, on gagne du temps, de la compréhension. Donc en ce moment, je suis dans je suis dans ce délire. Là, on raconte une histoire dans ce film. C'est une fable hein qui dénonce un pan de l'histoire qu'on a tend tendance d'ailleurs à à vouloir oublier en tout cas la hiérarchie des commandements. Le film commence par Justin qui raconte son histoire à une journaliste. Celui dont personne ne voulait entendre la voix finit par devenir le porte-parole. Il va tenter de de changer la loi de et le regard sur porté sur ces hommes. Est-ce que pour vous Justin le juste raconte aussi la naissance d'une parole ?
Euh en tout cas euh je trouve que c'est euh enfin sur sur le film, il est euh il est la la parole d'un ralball qui est légitime. Voilà, moi c'est ça que que que j'aime bien dans ce dans ce film là, c'est qu'il y a cette subtilité là. c'est quand ils décident de se rebeller contre leur commandement, il ils ont pas déserté, ils étaient déjà au front et ils se battaient depuis 15 jours. Donc il y a toujours cette logique de faire des efforts. Euh les hommes peuvent le faire à partir du moment où on leur fait comprendre que leur vie, on en a rien à faire, c'est là où ça devient dangereux et c'est là où arrive la la révolte. Donc c'est de la révolte légitime. C'est un Il y a un petit côté gilet
jaune quand même hein. Un petit côté gilet jaune, un petit côté employé qui se plaint avec leur patron. Ce que je dis c'est que c'est c'est vraiment ça le et je trouve que c'est encore d'actualité, c'est que je ne connais pas des gens qui que se rebelleront quand on leur demande de faire des efforts de rester 1h 2h au travail. Mais à partir du moment où on leur dit, on leur fait comprendre que leur vie, on s'en fout, c'est là où ça se retourne et c'est le rat de maré. On découvre d'ailleurs la nature humaine à travers cette guerre parce que à la base Justin, c'est pas du tout un héros de guerre hein. Lui, il vide sa terre, il demande rien à personne. On vient le chercher chez lui, on le jette dans un monde dont il ignore presque tout. Euh, est-ce que c'est plus difficile pour un
acteur de jouer le courage ou de jouer un homme qui a peur ? Non, c'est plus dur de jouer le de jouer la peur. Enfin, pour moi, c'est c'est plus dur. le courage parce qu'il y a il y a toujours le côté enfantin quand quand on joue même quand on fait du cinéma. Donc en fait on est content à l'idée de jouer quelqu'un de courageux. Donc ça nous ça décuple nos forces. Ah j'arrive, je vais vous sauver. Voilà. Alors que de jouer de jouer la la peur c'est plus dur. C'est plus dur. Ouais. Et puis il y a Basil hein, c'est aussi à travers euh cette rencontre que Justin commence à regarder autrement le monde qui l'entoure et à le comprendre d'ailleurs. Qu'est-ce que Birba vous a apporté dans le jeu et est-ce que la relation entre Justin et Basil s'est aussi nourrie de ce que vous avez vécu
ensemble pendant ce tournage ? Euh oui. Alors, c'est ça qui était intéressant, ça aussi c'était pas calculé d'avance mais ça s'est fait là-dessus. C'est que le film on l'a tourné un peu dans la très beaucoup dans la dans la chronologie de l'histoire. Donc en vrai euh bah c'était parfait parce qu'il y avait notre rencontre avec Biran dans la dans la dans la vraie vie et cette amitié qu'on a commencé à lier, cette solidarité euh à vouloir tourner pour nos personnages euh c'est c'était parfait. Donc bon, je peux pas tout dire mais vers la fin du film quand on se dit au revoir, il y a aussi et Alban qui se disent au revoir. Donc c'est c'est c'est plus facile à être touchant d'une certaine manière quand quand c'est vrai. Vous disiez tout à l'heure que finalement enfin vous faisiez comprendre
que ce n'était pas arrivé par hasard ce rôle là. C'est vrai que il y a quand même une sorte d'écho à votre propre histoire. Justin il est propulsé dans un monde effectivement auquel il n'était absolument pas préparé. Vous avez raconté qu'au moment où le succès vous est arrivé, vous avez ressenti quelque chose de cet ordre-là. Quand vous jouez un homme dépassé par ce qui lui arrive, est-ce qu'il y a une part de vous que vous allez chercher ? Euh oui oui, enfin moi tout le temps. Après c'est c'est intéressant comment tous les les comédiens et acteurs jouent. Mais euh moi, pour être au plus proche de la de la vérité en général euh euh je comprends ce qu'on a à jouer et je vais chercher dans ma vie euh où est-ce que j'ai déjà senti cette émotion
ou ce sentiment et et j'ajuste comme ça. J'ai l'impression d'être honnête quand je fais ça. Vous avez quitté l'école très tôt pour jouer. Quand vous repensez à ce garçon, qu'est-ce qu'il cherchait ce garçon Yvan ? faire rire, être regardé, trouver sa place ou simplement être ailleurs. Euh non, mais alors je pense que enfin moi à ce moment-là j'ai pas j'ai pas une vision de rêve de ce que je veux faire en vrai. C'est je suis en BP vente, j'ai 17 ans, je sens que depuis déjà un bon moment que tout ce qui est scolaire c'est fini. Et comme j'ai commencé le t d'improvisation tôt vers 12 13 ans, je sens que c'est ma seule carte à jouer pour réussir socialement en vrai de vrai. Donc je prenais beaucoup de plaisir à faire rire
les gens. Ça m'a ramené de la positivité dans dans ma vie. C'est ce que je dis hein. Je faisais rire à l'école et c'était négatif parce que juste j'étais pas sur le bon j'étais pas sur le bon terrain. Et une fois que j'ai fait la même chose sur scène, c'est devenu génial. Donc voilà, c'était juste un truc à C'était une question de lieu. J'ai eu un problème de lieu. C'est vrai que quand on vous regarde, on a l'impression que c'était en vous, mais ça toujours été en vous ce rire ou est-ce que c'était une posture pour affronter ce qui vous faisait mal aussi ? Parce que c'est souvent ça aussi le rire. Euh, je pense. Alors, c'est ça qui est marrant quand on est tout petit parce que inconsciemment il doit y avoir de ça, mais de des souvenirs les plus lointains que j'ai, j'ai toujours aimé
le rire. Je je c'est dur à expliquer hein, mais je sais pas quand il y a le quand quand le rire arrête le temps d'une certaine manière. C'est on connaît votre rire, votre énergie, cette capacité à prendre toute la place sur scène. Mais l'homme qui semble beaucoup moins à l'aise avec le fait d'être regardé. Euh est-ce que faire rire a longtemps était une manière très efficace de ne pas parler de vous aussi ? Évidemment. Oui. Oui. C'est le meilleur c'est la c'est la meilleure des carapaces. C'est même au collège parce que le collège c'est violent sur euh le le rapport entre adolescents. Euh on se vanne beaucoup. C'est c'est compliqué, hein. Donc moi, le fait d'avoir développé mes vannes et mon humour me mettait une
façade pour pas qu'on voit mes mes faiblesses. Évidemment, Justin, il met du temps à comprendre, mais aussi il met du temps à refuser. Ouais. Il faut qu'il arrive à comprendre pour refuser. Est-ce que vous c'est aussi une difficulté dans votre vie d'homme, d'acteur de savoir dire non ? Oui, oui, oui. Enfin, ça allait été euh ça allait moins aujourd'hui parce que j'ai appris, j'ai compris. Mais euh évidemment la pause que vous avez décidé de faire Ouais. Ouais, ouais. Mais même pendant cette période-là, c'est ça qui est qui est c'est pour ça où euh il y a pas de formation ou succès entre guillemets parce que quand on commence quelque chose, on espère que ça marche et une fois que ça marche euh on apprend sur le tas. Donc moi à ce moment-là évidemment tous les projets que j'ai, c'est
impensable de dire non, de refuser parce que j'ai espérer faire du cinéma depuis toujours. Donc voilà, c'est c'est une autre manière de de réfléchir et voilà de de faire vraiment ce qui nous plaît et et nous donne envie de de faire. Et pourtant un jour, vous avez mis les deux pieds sur le frein, vous décidez de tout arrêter. Est-ce que le fait d'avoir arrêté d'être revenu vous a permis de mieux déguster ce que vous viviez et de recentrer votre vie sur l'essentiel ? Et c'est exactement ça, c'est qu'à un moment, je savais plus pourquoi je faisais les choses. C'est tout ce qui m'arrivait était formidable mais pour moi, ça n'avait plus aucun sens parce que ça reste aussi un business. Donc à un moment donné, on parle plus de
business et de carrière que juste bah kiffer. Donc c'est ce que je dis, j'ai eu un peu cette image là. En fait, je suis allé je suis allé récupérer mon enfant de 11 ans en mois et euh j'ai j'ai appliqué une autre manière de penser, c'est que ce que j'ai souhaité, il fallait que ce soit jouissif. Donc à partir du moment où j'ai retrouvé le kiff, bah c'est là où forcément tout devient merveilleux entre guillemets. Cet enfant de 11 ans dans l'anten chercher, c'était quoi ? C'était le but du jeu ? C'était de lui dire que ça y est, il était soigné, que il avait trouvé sa voix, qu'il s'autorisais, il pouvait s'autoriser à se construire et à se faire confiance. Euh je sais pas si c'était aussi profond que ça. Ouais.
Mais en tout cas, c'était déjà l'idée de Moi, j'ai fait des nuits blanches en espérant un jour être à l'Olympia. C'est ça qui est fou, c'est quand quand j'étais dans ma chambre d'adolescent, je regardais le plafond et je m'imaginais être dit piaf. Vous comprenez ? C'est bon, faut m'imaginer avec une petite perruque. Mais et quand j'y quand j'y suis, quand j'ai commencé à faire l'Olympia, les zénites et tout, j'arrivais pas à à voir la route, le le le parcours que j'avais fait. Donc, il fallait que je retrouve justement les yeux d'enfant de de kiffer ce que je vivais. Et là, ça va mieux. Là, je suis bien là. Là, vous voyez, je suis dans le kiff. Il y a souvent chez vos personnages des hommes que l'on pourrait juger un peu vite et dont vous finissez par révéler
toute la fragilité. Est-ce que c'est aussi ce que vous attendez du cinéma aujourd'hui qu'il montre de vous des endroits que l'humoriste a longtemps caché ? Pas forcément. Euh, pas forcément. Pas Moi, le cinéma, ce qui m'intéresse, c'est les histoires qu'on raconte. C'est c'est ça qui me plaît. J'adore défendre des personnages et une histoire. Si euh je devais montrer plus euh qui je suis, je pense que ça viendra par la par la scène plus par là. En fait euh sur la scène, on va dire qu'il y a il y a vraiment plus le côté euh axé euh sur moi et ma personne. Le cinéma, moi j'arrive à et et j'aime
l'idée de faire oublier Alban Ivanov et que les gens se concentrent sur ce qu'on raconte. C'est carton blin là. C'est vraiment totalement réussi. Alors justement le mot réussir aujourd'hui, il veut encore dire Olympia, cinéma, premier rôle ou réussir sa vie, c'est devenu autre chose. Ouais, non, ça y est, je suis plus là-dedans là. Moi, ce que je dis, hein, j'ai franchement j'ai dépassé mes rêves d'enfant. Euh, mes rêves, c'était faire une fois l'Olympia et faire un film. Comment on fait alors pour continuer sachant qu'on a plus de rêve ? Et ben c'est une c'est c'est une bonne question, non ? de alors voilà, j'ai plus ces yeux là mais en tout cas avec euh les accès que j'ai aujourd'hui de ce que je peux faire, c'est vraiment ça qui me plaît de faire passer des des
messages aux gens. Je suis beaucoup plus axé sur les jeunes aussi. Euh d'ailleurs sur ce film là, au-delà du film, je trouve ça génial que Alban du Jamel Comedy Club et Biran de la Comédie française se rencontre parce que ça ouvre les spectres et les possibilités. Donc on va dire aujourd'hui je suis plus en retrait. Moi ce qui m'intéresse c'est plus mes enfants et les enfants de manière générale. Pour terminer, j'aimerais terminer avec le garçon du début Alban. Celui qui découvre l'improvisation, qui ne sait évidemment pas encore tout ce qui va lui arriver. Si vous pouviez le retrouver aujourd'hui, qu'est-ce que vous auriez envie de lui dire ? Ah, tu es pas prêt. Tu es pas prêt, tu es pas prêt. Tu es pas prêt, mais ça va bien se passer. Boss, merci beaucoup Alban Ivanov d'être
passé dans le monde des sur France info. Je rappelle que vous êtes à l'affiche du film Justin le juste d'Éric Barbier qui sort aujourd'hui avec Alexandra Lami et Biranba. Un film sur un homme que l'histoire arrache à sa terre et qui au milieu du fracas finit par découvrir une chose essentielle. Sa propre voix, c'est une merveilleuse fable sur l'absurdité de la guerre. Merci beaucoup. Merci à vous. Yeah.