Oui, Le Pen a torturé en Algérie au nom de la France | Alain Ruscio
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Bonjour à tous. Je reçois aujourd'hui l'historien Alain Ruscio.
- 0:31OuverteRéponse directe
Vous avez travaillé sur la guerre d'Algérie, notamment sur l'OAS et les communistes.
- 1:10OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous invité Alain Ruscio aujourd'hui ?
- 1:46RelanceRéponse directe
Jean-Marie Le Pen a-t-il pratiqué la torture pendant la guerre d'Algérie ?
- 3:26OuverteRéponse directe
La torture en Algérie était-elle systématique ?
- 7:46OuverteRéponse directe
Comment expliquer les inégalités juridiques entre colonisateurs et colonisés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12PrésentateurFait
« Il y a plein d'éléments qui permettent de savoir que Jean-Marie Le Pen a effectivement torturé. »
- 4:36Invité politiqueFait
« La torture en Algérie a existé depuis qu'il y avait des décolonisateurs et des colonisés. »
- 6:22Invité politiqueFait
« On utilise une sorte de torture pour extorquer les aveux aux Arabes. »
- 7:27Invité politiqueFait
« Elle a été torturée pendant huit jours. Elle a été frappée, déshabillée, au point qu'elle arrivait, qu'elle urinait à force le coup. »
- 7:56Invité politiqueFait
« On est en décembre 1951, Claude Bourdet interroge, y a-t-il une Gestapo algérienne ? »
- 9:02Invité politiqueFait
« André Violi dénonce la torture à l'électricité dans les locaux de la sûreté de Saïgon. »
- 10:49Invité politiqueFait
« En Algérie, les Juifs sont devenus citoyens par le décret Crémieux de 1870. »
- 11:30Invité politiqueChiffre
« Quels sont les deux seuls pays qui se sont opposés aux résolutions ? C'est la France et le Portugal. »
- 20:32Invité politiqueChiffre
« Il y a eu de l'ordre de 222 guillotinés pendant la guerre d'Algérie. »
- 27:12Invité politiqueFait
« Nous avons reçu une mission de police et nous l'avons accomplie selon l'impératif d'efficacité qui exige les moyens illégaux. »
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Mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés. Alors ça, je n'en parle pas à nos trucs. Les milieux autorisés, vous y êtes pauvres. Bonjour à tous. Je reçois aujourd'hui l'historien Alain Ruscio. Oui, bonjour. Bonjour Alain Ruscio, spécialiste d'histoire de la colonisation française et de la décolonisation. Récemment, en particulier ces dernières années, vous avez travaillé sur la guerre d'Algérie. Du point de vue d'un côté de l'OAS, de l'extrême droite, des ultras d'Algérie, avec ce livre, Nostalgérie, entre autres, l'interminable histoire de l'organisation de l'armée secrète à l'OAS. Vous avez travaillé aussi sur le rôle des communistes.
Oui, j'ai travaillé, bien sûr.
Et sur d'autres forces politiques. Et sur d'autres forces politiques, oui. Et puis, vous avez contribué tout récemment, ça sort là, à un grand ouvrage qui va paraître chez Bouquin, un grand dictionnaire de la guerre d'Algérie, qui a été dirigé par Tramor, que m'honneur Wanassa, Syari, Tengour et Sylvie Tenot, en rédigeant un certain nombre de notices.
Alors, si j'ai voulu vous inviter aujourd'hui, c'est pour une raison toute particulière, un peu ponctuelle, en quelque sorte, à l'occasion d'une polémique liée à un podcast historique, à une émission historique retransmise par France Inter, au cours de laquelle on a pu entendre récemment un historien, pourtant auteur d'une œuvre importante, mais qui semble avoir évolué ces dernières années, dire que Jean-Marie Le Pen, je cite, n'a sans doute pas pratiqué la torture pendant la guerre d'Algérie. Il s'agit d'une émission consacrée à Jean-Marie Le Pen, c'est un portrait en plusieurs épisodes, ça s'appelle Jean-Marie Le Pen, l'obsession nationale.
Et on y entend donc ces mots, une sorte de blanchiment, en quelque sorte, de l'action de Jean-Marie Le Pen à cet égard en Algérie. Comme l'a dit, ce sont les mots, blanchiment, de Florence Baugé, une historienne journaliste qui a fait un livre d'histoire sur la question de Le Pen et la torture pendant la guerre d'Algérie. C'est évidemment une contre-vérité, on va y revenir avec vous, c'est pour cela que je vous ai invité. Il y a plein d'éléments qui permettent de savoir que Jean-Marie Le Pen a effectivement torturé, d'ailleurs il ne s'en est pas caché à l'époque, on va y revenir.
C'est important, me semble-t-il, du point de vue de la gauche aujourd'hui, du point de vue politique général aujourd'hui, parce que ce blanchiment, en quelque sorte, participe d'une respectabilisation générale de Jean-Marie Le Pen, du parti qu'il a fondé avec d'autres anciens collaborateurs ou partisans de l'Algérie française. Au Média, on a toujours été préoccupés par ces affaires, il y a eu une émission, La Grande Hache, avec Raphaël Branche, l'historienne.
Raphaël Branche, cette émission est toujours en ligne, bien sûr, sur Youtube, avec cette historienne qui a rédigé au début des années 2000 la première thèse d'histoire fondée sur des recherches scientifiques en archives, qui montre que la torture a été pratiquée de façon massive, systématique en Algérie. Oui, on voit bien qu'aujourd'hui, il y a des révisions de l'histoire, en quelque sorte, notamment autour de cette figure de Jean-Marie Le Pen, et dire, mettre en doute le fait qu'il ait pratiqué la torture, ça participe évidemment de manière grossière de cette entreprise de respectabilisation.
Oui, merci déjà de votre invitation. Merci de cette mise sous les projecteurs, grâce à l'actualité, effectivement, de la publication. Donc, je rappelle, c'est le dictionnaire de la guerre d'Algérie. Vous m'avez fait le plaisir de citer mon nom parmi les contributeurs, mais je suis un modeste contributeur. Nous sommes sans doute une centaine, peut-être quelque chose comme ça. Moi, j'ai rédigé une douzaine de notices, parmi lesquelles, il se trouve que j'ai rédigé la notice concernant le parcours colonial, algérien en particulier, bien sûr, de Jean-Marie Le Pen. Mais lorsque vous invitez un historien, vous prenez un grand risque.
C'est celui que nous tombons tous, d'ailleurs, dans notre péché mignon, mais je crois que vous partagez également ce genre de choses, à savoir de remonter le temps. Et je dois déjà évoquer ma surprise, je dirais presque mon effarement, lorsque j'ai entendu des débats parlant de la torture pendant la bataille d'Alger, comme si cette torture n'avait été pratiquée, je dirais pas seulement, mais principalement dans la bataille d'Alger, lors de la bataille d'Alger.
Certes, ça a été un paroxysme, mais je dirais sous une forme un petit peu, peut-être provocatrice, mais en tout cas basée sur des recherches historiques qui sont le fait de plusieurs dizaines de collègues, je dirais que la torture en Algérie a existé depuis qu'il y avait des décolonisateurs et des colonisés, des indigènes et des policiers et des militaires. C'est-à-dire que ça remonte au XIXe siècle, en fait, à la conquête de l'Algerie. Ça remonte au XIXe siècle. Il y a-t-il eu des tortures dans les jours qui ont suivi, le 14 juin 1830, le jour où le corps expéditionnaire français a débarqué à Sidi Fretch, puisque Sidi Féruche est prononcé à la française, je n'en sais rien.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a beaucoup de traces. Je vais vous en citer quelques-unes. En 1892, donc fin XIXe, un malade assez célèbre qui s'appelait Karl Marx était donc très malade, on était d'ailleurs quelques mois avant sa mort, et les médecins lui préconisent d'aller prendre le soleil en Algérie. Il va vivre quelques semaines à Alger. Il est reçu par un certain Albert Fermé, qui était un militant qu'on dirait aujourd'hui, disons qu'il était dans la tendance blanquiste, membre de la Première Internationale, blanquiste, etc. Et Fermé dit la chose suivante à Marx, et là je me permets de lire mes notes, donc 1892, et Marx... 1882, je pense. 92. 92, c'est mort en 83.
82, c'est vous qui avez raison, oui, il est mort en 83, on est dans l'année du... Malheureusement, on ne va pas parler de son décès. 82, vous avez évidemment raison. 8 avril 82, pour être précis. Donc Marx écrit à Engels et rapporte les propos d'Albert Fermé. On utilise, citation, on utilise une sorte de torture pour extorquer les aveux aux Arabes. 1882. Je pense les années, 1939, un jeune journaliste qui s'appelait Albert Camus, qui travaillait donc à l'époque pour Algiers Républicains, on peut discuter, et je fais partie des gens qui ont un regard assez sévère parfois sur les engagements ou les non-engagements de Camus pendant la guerre d'Algérie.
Mais en 1939, il est ouvertement dans la critique, je ne dirais pas radicale, pas anticolonialiste, mais dans la critique des pratiques en tout cas de l'armée française. Camus intitule un de ses articles, le 22 juin 1939 d'Algiers Républicains, les tortures infligées par la sûreté. 22 juin 1939. Et le 25 juin, donc trois jours plus tard, il parle des tortures d'une jeune détenue qui se prénommait Aïcha, citation de Camus. Et donc évidemment, tous ces textes, je les mets à la disposition des gens qui voudront bien m'interroger. Citation, elle a été torturée pendant huit jours. Elle a été frappée, déshabillée, au point qu'elle arrivait, qu'elle urinait à force le coup. 25 juin 1939.
On est donc 20 ans avant, 18 ans avant la bataille d'Algérie. Et bien avant l'insurrection, bien avant le début de la guerre de libération anglérale. On est toujours avant l'insurrection, Claude Bourdet, 1951, dans le journal L'Observateur, qui s'appelait à l'époque France Observateur, pour être plus précis.
Donc encore trois ans avant le début de la guerre de l'Algérie.
Trois ans, voilà, exactement trois ans. On est en décembre 1951, Claude Bourdet interroge, y a-t-il une Gestapo algérienne ? Y a-t-il une Gestapo algérienne ?
Sous-entendu de la part des colonisateurs.
Voilà, bien sûr. Et donc c'est une dénonciation, mais il y a quand même, à ce moment-là, un point d'interrogation. On franchira le pas à partir de novembre 1954.
Ces exemples, ils donnent le sentiment que finalement, c'est une pratique structurelle de la part du pouvoir colonial sur les indizaines, pour maintenir l'ordre, quoi.
Mais c'est un phénomène universel. C'est un phénomène universel. Si vous permettez, je vous ai fait voyager un peu dans le temps, je vais vous faire voyager un petit peu dans l'espace. 1935, en Indochine, André Violi, c'est André E. C'est une journaliste très célèbre, qui était du même calibre qu'Albert Londres, par exemple. Aussi célèbre qu'Albert Londres à son époque. André Violi va en Indochine, elle travaille pour le petit journal. Donc ce n'est pas un journal de… le petit parisien, pardon, je rectifie.
Donc c'est une colonie française, je le rappelle, qui correspond aux actuels Vietnam, Cambodge et Laos.
Exactement, vous avez raison de le préciser. On appelait ça l'Indochine. On appelait ça l'Indochine. Donc André Violi dénonce dans son livre SOS Indochine, publié chez Gallimard, qui n'est pas non plus un éditeur d'extrême-gauche, André Violi dénonce la torture à l'électricité dans les locaux de la sûreté de Saïgon. Voilà, toutes ces choses-là sont des choses qui sont, je dirais, répandues à Madagascar. Ça s'est fait en Afrique occidentale française, etc.
Donc ça participe du rapport entre colonisateurs et colonisés.
Ça fait partie du rapport de force entre deux races. Le terme race est omniprésent. C'est comme ça qu'on le pense à l'époque. Voilà, on le pense et on le théorise. Il y a une race, Jules Ferry, qui est un des pères de la République et qui est un des pères de l'école pour tous, a parlé des races inférieures et des races supérieures dans un discours de juillet 1885. Voilà, toutes ces choses-là. Et comment peut-on imaginer que des exécutants, je dirais sans mépris, mais des petits officiers ou sous-officiers, des petits policiers de terrain, imbues de leur supérieure terratiale et constatant qu'il y a des résistances, qu'il y a des oppositions, eh bien, n'utilisent pas la torture.
La torture a été utilisée. Donc je ferme cette parenthèse historique, mais j'y tiens beaucoup parce qu'il n'y a aucune raison d'être, je dirais, étonné, hélas, de l'utilisation de la torture pendant cet autre paroxysme qu'a été la guerre d'Algérie.
Et c'est lié au fait, au fond, qu'il n'y a pas, finalement, de statut de citoyenneté, de droit personnel des indigènes décolonisés qui soit comparable aux droits de citoyenneté des décolonisateurs, finalement.
Voilà, tous les indigènes sont des sujets. Aucun d'entre eux n'est citoyen. Je rectifie quelques-uns d'entre eux, dans ce qu'on appelait les quatre communes du Sénégal, où quelques évolués, entre guillemets, ont eu accès à la citoyenneté. En Algérie, les Juifs sont devenus citoyens par le décret Crémieux de 1870. Mais bon, ce sont des exceptions. Et les autres, ils sont soumis aux différents codes de l'indigénat ? Ils sont soumis aux codes de l'indigénat, ils sont soumis au règne du coup de pied aux fesses, au règne du tutoiement, au règne des tâches les plus dégradantes et les plus pénibles, et parfois au travail forcé. Je pense qu'on ne s'éloigne pas du sujet.
Le travail forcé a été condamné par l'Organisation internationale du travail, qui avait lieu son siège à Genève à l'époque, en permanence pendant l'entre-deux-guerres. Quels sont les deux seuls pays qui se sont opposés aux résolutions ? C'est la France et le Portugal. Voilà, deux pays qui se sont opposés et qui ont maintenant... Qui avaient de vastes colonies. Qui avaient de vastes colonies. Le travail forcé a été légalement interdit en France par la loi Oufouet-Boigny de 1946. Donc, vous voyez, à l'aube de la Quatrième République.
Donc, tous ces éléments font qu'effectivement, il y avait deux sociétés, comme disait Augustin Berg pour le père de Jacques Berg, disait cela pour la société algérienne, et il y avait une juxtaposition de deux humanités. Une humanité qui dominait, une humanité qui était dominée.
Quand vous citez le tutoiement des forces de l'ordre ou du colon spontané à l'égard du colonisé, comme emblème, finalement, de cette oppression, de cette inégalité fondamentale et de toutes les violences qui vont avec, ça fait aussi penser singulièrement à des situations contemporaines. Certaines catégories de la population se trouvent spontanément tutoyées par les forces de l'ordre plus que d'autres.
– Bien sûr, je pense que c'est le fond de la pensée de ces gens qui utilisent le tutoiement, c'est la notion de grands enfants, finalement. On a face à soi des gens qui sont en évolution vers une vraie humanité, mais qui ne parviendront sans doute jamais.
– Et aujourd'hui, ça renvoie aussi, finalement, à une situation post-coloniale, en métropole ou aux effets de long terme et aux permanences des effets du rapport colonial, du rapport indigène-colonial.
– Bien sûr, vous savez, moi, je travaille depuis très longtemps sur les mentalités coloniales. En 1996, j'ai publié un livre qui s'appelle « Le Crédo de l'homme blanc » aux éditions Complexes. Dans ce « Crédo de l'homme blanc », je décrivais un petit peu tous ces aspects, je n'ai pas le temps de les développer aujourd'hui. Mais, effectivement, on retrouve, ne soyons pas caricaturaux, je ne dis pas que la situation d'une partie de la société française aujourd'hui est en situation coloniale, je ne le pense pas. Mais il y a quand même des aspects, des comportements, des prises de distance, des mépris, le mépris colonial qui subsiste dans la société française du XXIe siècle.
– Alors, si on en revient à ce qui a déclenché, finalement, l'émission d'aujourd'hui, même si on voit bien que c'est des questions générales qui sont en cause, c'est-à-dire ce soudain, blanchiment, spontané de Jean-Marie Le Pen, dont on savait très bien qu'il a torturé. Comme je le disais tout à l'heure, il s'en est vanté, même à l'époque. On a de très nombreux témoignages dans ce sens.
Alors, il n'y a pas de preuves écrites, quoique il y ait des rapports, en fait, qui avaient été publiés par Pierre Vidal-Naquet à l'époque, des rapports officiels, enfin, internes, à l'administration, qui disent que le lieutenant Le Pen du premier régiment étranger de parasitistes, parmi d'autres, le premier rep, a torturé. Qu'on se retrouve comme ça dans une émission très largement diffusée sur France Inter, avec une sorte de dérapage comme ça et de falsification, même si, après, de la part du journaliste Philippe Collin et même de la part de l'historien en cause, face à la réaction de Florence Baugé, notamment, il y a eu rétro-pédalage.
Ils ont fini par admettre que, bon, non, en fait, en fait, il est plus que probable qu'il a torturé. C'est symptomatique, disons, d'une extrême droitisation ou, si on veut, d'un retour, d'une sorte de pétainisme profond, puisque Le Pen est un représentant de cette tradition pétainiste française, dans le débat public, bien sûr, qui concerne Jean-Marie Le Pen lui-même, mais surtout, sa fille est héritière, et le parti qu'elle a repris, dont tant de gens, finalement, en tout cas dans les classes dirigeantes, voudraient, en quelque sorte, faire un partenaire, ou en tout cas, dont on reprend les propositions politiques dans une large mesure.
Revenons peut-être un petit peu, donc, cette fois-ci, sur le cas Le Pen, sur, en particulier, son intervention au début de 1957 à Alger, au cours de ce mouvement de répression extrêmement intense dans Alger, qu'on a appelé improprement, je crois, la bataille d'Alger, qu'on doit plutôt appeler la grande répression d'Alger.
Oui, en fait, c'était une armée mobilisée, une armée, une police, mais surtout une armée, sous les ordres du général Massu, qui était mobilisée contre une population. D'ailleurs, beaucoup de participants, même du côté militaire, n'éprouvaient pas une particulière fierté. Bijar, lui-même, dans ses mémoires, a dit que ce n'était pas une bataille. C'était un travail de policier qui ne nous plaisait pas, mais on nous l'avait demandé, et les autorités politiques, nous n'oublions jamais les autorités politiques. C'est un gouvernement socialiste. C'est un gouvernement socialiste. Il faut quand même le rappeler, un dominant socialiste, c'est la SFIO, c'est Guy Mollet, ça n'est pas la droite.
De la SFIO, qui est effectivement président du Conseil à l'époque. Max Lojeune, enfin, et puis Robert Lacoste, qui est ministre de l'Algérie, qui lui réside sur place. Donc tous ces gens-là sont des gens qui décident, qui décident la répression, ce qui n'enlève rien à la dénonciation que l'on doit faire également, qui applique la répression. En tout cas, cette bataille de l'Alger n'a pas été une bataille de l'Alger, ça a été effectivement une guerre à la population.
Et il y a un enjeu politique, parce que c'est un moment où le FLN s'apprête devant les institutions internationales, devant l'ONU en particulier, à dénoncer la situation, et il a appelé, je crois, à une grande grève pour montrer que la population est de ce côté. Qui a été très suivi. C'est ça, on demande à l'armée française de faire de la politique contre la population pour conforter la position politique de la France à l'ONU. C'est ça le contexte. Oui, le contexte, c'est ça. Et donc pour ça, on va approuver, le pouvoir politique va approuver des mesures mises en oeuvre par Massu, de répression ultra-violente et de torture massive contre la population.
Non pas approuver, mais... Demander, en fait. Demander, ordonner pratiquement, ordonner, inspirer. Bon, donc, le lieutenant Jean-Marie Le Pen, après d'ailleurs un court séjour en Indochine, parce qu'il nous aura tout fait, cet homme, donc il arrive en Indochine après l'idée de Bienfou, donc il n'a pas véritablement combattu. La grande défaite de 1954 qui signe la fin de la colonisation française. L'indépendance. Oui, cette même 1954, tout à fait. Donc, d'ailleurs, entre parenthèses, regardez l'importance de ces guerres d'Indochine sur lesquelles peu de gens travaillent, bien qu'il y ait une nouvelle génération qui travaille aujourd'hui, je rectifie un petit peu. 7 mai 1954, Dien Bienfou.
20 juillet 1954, les accords de Genève qui mettent fin à la guerre d'Indochine. Et 1er novembre 1954, déclenchement de la guerre d'Algérie. Il n'y a aucune coincidence dans l'histoire. Les 100 jours, ce que j'ai appelé les 100 jours de l'Empire colonial, entre juillet et novembre 1954, ce sont des jours de gestation de la prise de décision de la lutte armée de la part de l'UFLN. Je reviens donc à la fausse bataille d'Alger. Alors, première surprise en écoutant effectivement cette émission sur France Inter, c'est une approximation chronologique. Pour moi, et je pense que la totalité des historiens connaissent ces dates, Jean-Marie Le Pen a été en Algérie d'octobre 1956 à mai 1957.
Donc, il est présent lors de la première phase de la bataille d'Alger. Ça n'enlève rien de toute façon, puisque, comme je viens de le démontrer, la torture a été pratiquée pendant toute la guerre d'Algérie. Donc, déjà, ça discrédite un premier argument qui serait un argument chronologique, qui dirait, finalement, il n'y était pas. Mais si, on a torturé avant la bataille d'Alger, on a torturé après la bataille d'Alger. Mais la différence, peut-être également connue par le film de Gillo Pontecorvo, la différence, c'est que c'était manifeste, affirmé, proclamé, et même l'objet de déclarations d'état-major de grande fierté. De grande fierté, on a ramené la paix à Alger et le FLN est mort.
En gros, c'était le message. Et effectivement, le FLN a pris de grands coups. Mais évidemment, la population était là pour ensuite continuer le combat et puis refaire naître des cellules du FLN.
Mais Le Pen, lui-même, avait fait un aller-retour. Non, parce qu'il était député poujadiste.
Bien sûr. Il était à l'Assemblée nationale. C'était un très jeune député. Très jeune, le plus jeune. De janvier 1956, élection législative anticipée, d'ailleurs, puisque Edgar Faure avait dissous l'Assemblée précédemment. De janvier 1956, il y a une vague. Une vague. Alors, on pense toujours au Front républicain qui remporte les élections. Donc, Guy Mollet avec son allié Pierre Mendès-France. Le succès du PCF qui arrive tout de suite derrière. Mais on a un petit peu oublié cette vague du poujadisme qui était l'équivalent de l'extrême droite d'aujourd'hui. Une extraite droite populiste, démagogue, etc. Et Jean-Marie Le Pen, avec son collègue de Marquet, par exemple, devient député.
Lui, il est le plus jeune député de France. Il rentre à l'Assemblée nationale et il va avoir des discours extrêmement violents sur, d'abord, l'exigence de la répression. Jean-Marie Le Pen va exiger que les condamnations à mort soient exécutées en taxant la Quatrième République qui, pourtant, a tué beaucoup d'Algériens, a guillotiné beaucoup d'Algériens. Je vous rappelle que sur les deux républiques, d'après les statistiques, y compris les travaux de notre collègue Sylvie Tenot, il y a eu de l'ordre de 222 guillotinés pendant la guerre d'Algérie. 222. De l'ordre de 200 en Algérie et plus d'une vingtaine en métropole.
Et on se souvient que François Mitterrand, malheureusement,
ministre de l'Intérieur... Et François Mitterrand était ministre de l'Intérieur au début et ensuite garde des Sceaux. Oui, oui, donc il a eu deux postes... Ministre de l'Intérieur sous le gouvernement Modès et garde des Sceaux sous le gouvernement Mollet.
Et on voit alors Le Pen, à l'époque, jeune député, appeler aux exécutions systématiques.
Non seulement il l'appelle, mais il veut plus de sang. Il veut plus de sang. Il explique que les terroristes doivent être terrorisés, en quelque sorte, pour reprendre une expression qui a été faite par quelqu'un d'autre. Donc voilà, il a cette... Et en même temps, il explique des choses. Par exemple, lorsque une partie de la société française, en particulier autour d'une troisième gauche, parce qu'il y a des choses assez un petit peu compliquées que j'ai expliquées dans mon autre livre sur le rôle des communistes, mais la troisième gauche est extrêmement active. Jean-Paul Sartre est extrêmement actif. Et Le Pen va dire la chose suivante.
Donc, qui sont les responsables de la défaite française ? Enfin, des difficultés de l'armée française ? Ce ne sont pas les combattants algériens. Ce n'est pas la résistance du peuple algérien. C'est, citation, les politiciens pourris, les intellectuels apatrides. Ça nous rappelle quelque chose. Il n'a pas dit juif, mais il le pense. Et voilà, sans doute... D'ailleurs, il avait dit des choses à Mendestrance sur la répulsion physique que Pierre Mendestrance lui déclenchait chez lui. Mais répulsion physique, ça voulait dire quand même... Tu as une sale tête, quoi. Et je n'en dirai pas plus. Donc, je poursuis la citation de... C'est lors de la campagne de décembre 55. Justement, celle qui...
Campagne législative. C'est une élection. Législative. Citation. Chaque fois qu'on reçoit un coup de pied dans les fesses, il faut brosser le pantalon après. La France est gouvernée par des pédérastes. Sartre, Camus, Mauriac. Voilà. Donc, il y avait tout, homophobe en plus.
Qui avait en commun d'être, à des degrés divers, des opposants à la répression d'Algérie.
Oui, absolument. À la répression, oui. Pas à l'indépendance de l'Algérie. C'était le cas de Sartre. Ce n'était pas le cas de Camus. Ce n'était pas le cas de Mauriac. Mais en tout cas, c'était des gens qui mettaient le cri protestataire. Donc, voilà le portrait de cet homme.
Et alors, il a beau être député, il décide de se réengager dans l'armée alors qu'il a le statut de député. Donc, il suspend sa participation à l'Assemblée nationale pour intégrer, réintégrer le premier régiment étranger parasitiste et être à la manœuvre comme lieutenant dans les opérations de répression à Alger. Et on a toute une série de témoignages sur les crimes qu'il perpétue, notamment à la Villa des Roses, qui est un haut lieu de la torture à Alger.
Bien sûr. Alors, il part en Algérie au nom d'une certaine conception de la virilité. Je reviens d'ailleurs. La France est gouvernée par Tépédérastes et des ONU. Enfin, c'était un petit peu ça. Moi, je suis un homme politique. J'aurais pu rester seulement sur le siège de l'Assemblée et protester contre la gauche. Mais je vais au bout de mes idées. Je suis un homme qui en a. Excusez-moi l'expression. C'est un petit peu sous-entendu là-dedans. Moi, je suis un homme qui en a. Il part d'ailleurs avec de Marquette. Oui, voilà, il fait monter. Et donc, il part en Algérie. Très franchement, d'après les biographies, il n'a pas fait énormément de terrain. Il n'a pas été dans le Djebel.
On peut, par exemple, le comparer à Bijar, pour qui j'ai nulle tendresse et dont j'ai brossé parfois des tableaux très accusateurs et très documentés. Mais Bijar allait au terrain, allait sur le terrain. Il était à la tête de ses hommes. À ma connaissance, Le Pen n'a pas été beaucoup sur le terrain, mais il a fréquenté plus, vous l'avez dit, la Villa des Roses. C'est-à-dire un lieu de torture.
Il avait besoin, en étant en quelque temps en Algérie, de se légitimer, aux yeux de l'extra-droite, de se relégitimer comme un dur, comme un homme de terrain qui était capable de commettre des violences.
Oui, voilà, c'est ça, je pense. Et puis, c'était également montré aux autres députés poujadistes que lui, effectivement, allait plus loin, alors que les autres étaient quand même, pour l'essentiel, c'était souvent des petits commerçants. C'était le public de Poujad. De Poujad, oui. C'est un électorat de petits commerçants. Voilà. Et donc, autre surprise, j'en viens maintenant toujours à ma surprise en écoutant l'émission de France Inter. Autre surprise, c'est le fait que mes collègues aient oublié les aveux de Le Pen. Pas sous forme d'aveux, mais sous forme de revendications.
Et je vais vous citer, en mai 1957, une association anti-guerre qui s'appelait Les Amis du droit organise une réunion de dénonciation des pratiques. Donc, c'était une association qui n'était même pas forcément de gauche, mais qui était une formation de gens qui émettaient une protestation humaniste. Contre la torture pratiquée. Contre la torture, pardon. Donc, elle est interrompue par Le Pen. Et Le Pen dit la chose suivante. Évidemment, le texte s'est publié dans Regards, juin 1957. Citation de Le Pen. « J'ai été officier de renseignement au 74 boulevard Gallienny. » C'est l'adresse tristement célèbre de la Villa des Roses. « J'y ai moi-même interrogé des gens.
Je les ai interrogés le temps qu'il fallait, qu'il fallait, pas plus. Pas plus du temps qu'il fallait, mais pas moins. Je travaillais 20 heures par jour. » Autre citation. Évidemment, je l'ai perdu. Je la retrouve. Pierre-Henri Simon, dans Le Monde, se fait l'écho des propos toujours en juin 1957. Donc, il est rentré depuis trois mois. Juste après la grande répression d'Alger. Il est rentré depuis trois mois. Donc, Pierre-Henri Simon cite Le Pen. Ce n'est pas Simon qui parle, c'est Le Pen. Le Pen est de Marquet. Dans le journal Le Monde.
C'était une citation extraite du journal Le Monde.
Extraite du journal Le Monde, juin 1957. Je n'ai pas le jour exact, mais je pourrais retrouver facilement. En tout cas, voilà un livre dont je conseille la lecture. C'est un livre de 1985. Le livre d'Alain Rollin, Les hommes de l'extrême droite. Voilà. 1985, il y a tout sur le... D'ailleurs, le titre du chapitre, c'est Le Torsionnaire. Le Pen Torsionnaire. Et donc, citation de Le Pen et de Marquet, de Concert. Nous avons reçu une mission de police et nous l'avons accomplie selon l'impératif d'efficacité qui exige les moyens illégaux. Il peut y avoir encore des sentiments humains dans la lutte contre le terrorisme.
Il n'y a plus de place pour les règles de la guerre classique, encore moins pour celles de la légalité civile. S'il faut user de violence pour découvrir un nid de bombe, s'il faut torturer un homme pour en sauver sang, la torture est inévitable. Et donc, dans les conditions anormales où on nous demande d'agir, elle est juste. Le Pen et de Marquet emploient le verbe torturer, le mot torture dans cette déclaration. Donc, ils revendiquent, ils revendiquent.
Là, on retrouve le système de justification habituel des tortionnaires qui est toujours de dire mais ça va permettre de sauver des gens qui sont menacés en permettant de prendre connaissance à temps d'attentats qui sont préparés ou des choses comme ça. Tous les gens qui ont travaillé sérieusement sur la torture, à commencer par Raphaël Branche pour la torture en Algérie, ont démontré sans aucune équivoque possible que la torture est inefficace et que ça n'est pas son objet, son but, c'est de terroriser.
C'est de déshumaniser l'ennemi et de terroriser une population dans des contextes de guerre asymétriques où une population, où un mouvement de résistance infiltré de manière capillaire dans la population, qui est présent dans la population, s'oppose à des formes régulières.
Si vous permettez, je salue effectivement au passage le travail de Raphaël Branche. Je me souviens, j'étais dans la salle le jour de sa soutenance et c'était toujours très émouvant. C'était un événement parce que la torture avait toujours été dénoncée mais il n'y avait jamais eu de travail.
On pensait que c'était impossible de faire une recherche historique d'après les archives sur la question et allait montrer le contraire.
Et Pierre Vidal-Naquel a couvert de sa grande autorité morale et historique ce travail remarquable.
Il était dans le jury, sachant qu'il avait été le même acteur historique de la dénonciation de la torture dans les années 50-60.
C'est une très belle histoire humaine. Avant même Raphaël Branche, il y a un travail qui n'était évidemment ni historique ni scientifique, mais que je me plais toujours à citer, c'est le livre de Jules Roy qui s'appelle « J'accuse le général Massu ». Jules Roy, c'est très intéressant de voir l'évolution de cet homme et je le mets d'ailleurs en contraste avec l'évolution de Camus.
Jules Roy qui était un fils de colon, de grand colon, qui était né en Algérie, qui avait été pétainiste au début de la Seconde Guerre mondiale et qui ensuite avait rallié la France libre, qui était un homme vraiment qui était parti ensuite en Indochine où il avait déjà constaté l'usage de la torture, j'aurais pu le dire au passage, Jules Roy écrit donc ce livre qui est une réponse à Massu qui s'appelle « La vraie bataille d'Alger ».
Et donc Jules Roy dit exactement ce que vous venez de dire, c'est-à-dire que non seulement c'est un crime moral, et Jules Roy, il a fini sa carrière, il a démissionné de l'armée, il était lieutenant-colonel quand même, donc c'était quand même un officier supérieur. Non seulement c'est un crime moral, mais c'est une pratique totalement inefficace et qui soude finalement les populations colonisées derrière ces représentants, en l'occurrence derrière le FLN. Donc je ferme cette parenthèse.
Au début des années 2000, il y a eu cette enquête de la journaliste du Monde Florence Boger, très documentée auprès d'un Algérien qui était enfant pendant la bataille d'Alger et qui a assisté à des séances de torture de son père chez lui par Jean-Marie Le Pen et ses hommes. Son père finalement a été assassiné par ses tortionnaires. Et en partant, cet homme s'appelait Ahmed Moulaï, en partant, Jean-Marie Le Pen a oublié son ceinturon, je crois, dans le couloir, et le poignard qui s'y trouvait accroché avec son nom dessus. On en a la photo de ce poignard. Ce garçon, le fils d'Ahmed Moulaï, avait conservé le poignard. Il avait restitué, il a restitué le ceinturon.
Quand Le Pen et ses hommes sont revenus dans les jours suivants pour chercher ce qu'ils avaient oublié, ils ont récupéré le ceinturon, mais jamais le poignard parce qu'ils l'avaient caché. Et cet Algérien a rencontré Florence Boger et celle-ci a fait toute une enquête attestant, réattestant, donc de manière irréfutable, que Jean-Marie Le Pen s'est livré à des tortures. Jean-Marie Le Pen l'a attaqué en justice et il a fini par perdre. De même qu'il a perdu aussi, en dernière instance, contre Michel Rocard, qui avait rappelé, je crois, en 1992, que Jean-Marie Le Pen avait torturé. Donc voilà, c'était des choses qui étaient acquises et qui sont connues.
Si vous permettez la filiation, le livre de Florence Boger a été véritablement un apogée pratiquement de la dénonciation de Le Pen et c'est un livre que je salue au passage et je salue Florence Boger au passage. Il y avait déjà des éléments d'information. Par exemple, un film de René Vautier. René Vautier a fait un film en 1984 qui s'appelle « À propos de l'autre détail », dans lequel on voit, il avait filmé, lui, on ne lui avait pas proposé de le garder, il avait filmé ce poignard. Le livre d'Alain Rollat dont je viens de parler et le livre de Florence Boger dont je cite le titre parce que, franchement, c'est assez inacceptable, d'à la part d'un collègue, d'avoir oublié ce livre majeur.
Florence Boger, 2005, Algérie et une guerre sans gloire, histoire d'une enquête. Elle a fait une enquête, elle a fait une enquête qui est que bien des historiens...
C'est le débouché de ses articles dans Le Monde dont je parlais tout à l'heure. Voilà, c'est ce livre.
Et Florence Boger a eu un rôle magnifique. C'est elle également qui a fait parler au Sarrès. C'est elle qui a fait parler Massu. Lorsque Massu a dit « La torture en Algérie, on aurait pu faire autrement ». Bon, il était catholique et il se rapprochait de sa lutte finale. Et donc, il a peut-être eu besoin de se confesser. Au Sarrès, je rappelle qu'il était aussi un des maîtres d'œuvre de la... Parce que c'est peut-être déjà oublié, oui.
...de la torture systématique qui, lui, a carrément revendiqué non seulement la torture mais les exécutions sommaires, peu avant sa mort. C'est important de souligner aussi qu'après, au Sarrès, c'est aller faire de la pédagogie, si j'ose dire, former des militaires à la guerre contre-révolutionnaire, contre les résistants, les mouvements de gauche en Amérique latine, auprès des militaires, des dictatures d'Amérique latine dans les années 60-70. Ce savoir-faire français, c'est importé... L'exportation. C'est exporté, pardon, par lui, à partir du vécu...
Michel Alliomarie avait dit la même chose pour la police française qui aurait pu aider la police de Ben Ali en Tunisie. Donc, là aussi, il y a des permanences. Oui, il y a des échos.
Il y a des échos. Merci beaucoup, Alain Ruscio. Je pense que c'était vraiment important de revenir là-dessus, d'essayer de clarifier un peu ce qui commence à être brouillé, voire falsifié. On voit régulièrement aujourd'hui, bien sûr, naturellement, Marine Le Pen, considérée comme une interlocutrice tout à fait respectable, mais son père aussi, qui a plus de 90 ans, qui est reçu chaque fois qu'un tome de ses mémoires sort, par exemple, par Léa Salamé sur France Inter, et somme toute, finalement, de façon assez aimable, qui fait l'objet d'une émission, d'un reportage dans l'émission d'Anouna, un peu comme si c'était le grand-père, voilà, un peu caractériel, mais finalement...
Un peu bourru, quoi. Pas antipathique. Ce sont des éléments très importants qu'il faut rappeler aujourd'hui, au moment où l'espace public français s'extrême-droitise. Et oui, on est là pour résister. Merci beaucoup à vous, Alain Ruscio. Je recommande, bien sûr, tous vos livres, et puis ce dictionnaire, ce grand dictionnaire de la guerre d'Algérie, qui paraît chez Bouquin, les jours qui viennent.
Merci beaucoup.