Témoin RMC : Pr. Rémi Salomon - 26/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Ce qui nous attend pour la prochaine phase de déconfinement.
- 0:14FerméeRéponse partielle
On va mettre en place le stop Covid alors que le virus ne circulera pratiquement plus ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Préparons l'hôpital à un éventuel second choc ou à d'autres chocs.
- 2:39ComplaisanteRéponse directe
Le Ségur de la santé a été lancé hier, très bien, nous allons voir ce que ça va donner.
- 4:52OuverteRéponse directe
Trop d'administration à l'hôpital ? Comment faire ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Tous les médecins ne sont pas d'accord, notamment les médecins libéraux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25InvitéFait
« Pratiquement, c'est vrai qu'il circule beaucoup moins. »
- 1:44InvitéFait
« Quand j'ai pris mes fonctions, j'ai été élu le 15 janvier, il y avait plus de 1000 chefs de service qui démissionnaient pour dire leur inquiétude. »
- 2:00InvitéFait
« Ça fait des années qu'on fait des économies sur l'hôpital. »
- 2:49InvitéFait
« Notamment les personnels qu'on appelle paramédicaux, les infirmières aides-soignantes, les manipulateurs radio, les kinésithérapeutes, psychologues, etc. »
- 3:10InvitéChiffre
« Si on se compare au pays de l'OCDE, on est en queue de peloton. »
- 3:46InvitéFait
« Il y a un défaut d'attractivité de l'hôpital. »
- 3:50InvitéFait
« Il y avait plusieurs puissants postes vacants d'infirmières qui n'étaient juste pas pourvus. »
- 6:36InvitéFait
« La dépense publique est trop importante. »
- 6:49InvitéFait
« Si jamais les espoirs ne sont pas au rendez-vous, ce serait la catastrophe. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur33 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Et nous serons jeudi, puisque jeudi, nous serons ce qui nous attend pour la prochaine phase de déconfinement. Professeur Salomon, ça va mieux. Tiens, juste une petite parenthèse, j'ai entendu parler du stop Covid, je crois, pendant le journal. On va mettre en place le stop Covid alors que le virus ne circulera pratiquement plus. C'est cela, professeur Salomon ?
Alors, pratiquement, c'est vrai qu'il circule beaucoup moins. Oui. Il circule encore un peu. Oui. Il faut être méfiant. Il faut être méfiant, oui. Il faut quand même être prudent. Donc là, c'est vrai que plus le temps passe et plus les indicateurs restent au vert, mieux c'est. Et plus on pourra probablement se rassurer pour les semaines qui viennent. Ceci étant dit, tout le monde sait qu'il peut circuler encore pendant des mois. Oui. Donc, si ça ne circule pas trop cet été, tant mieux. Certains espèrent un effet saisonnier. Les Français ont été raisonnables. Ils portent le masque, ils gardent les distances. Donc, tout se passe bien. Pas toujours, mais en majorité. En majorité. En majorité.
Attendons, je suis quand même prudent. Attendons encore quelques jours pour voir. Mais il se pourrait que dans quelques mois, par exemple à l'automne ou à l'hiver prochain, le virus ressurgisse, recircule à nouveau. Donc, tout ce qu'on prépare aujourd'hui pour demain, ce sont des bonnes choses. On va parler de l'hôpital, mais les applications qui permettent de traquer et d'aller dépister les patients.
Ce qu'on prépare aujourd'hui, c'est pour demain. C'est pour demain. Les traitements, d'ailleurs. Et un jour, le vaccin, s'il existe. Un jour. Espérons-le. Professeur Salomon, alors justement, préparons l'hôpital. Préparons l'hôpital à un éventuel second choc ou à d'autres chocs, d'ailleurs. Il n'y a pas que les virus.
Oui, vous savez, l'hôpital, ça fait des années qu'on ne se... Souvenez-vous, il y a quelques mois, il y avait des mouvements de grève dans les hôpitaux. Quand j'ai pris mes fonctions, j'ai été élu le 15 janvier, il y avait plus de 1000 chefs de service qui démissionnaient pour dire leur inquiétude. Ce n'est pas rien, quand même. Pour dire leur inquiétude par rapport aux dégradations des conditions d'exercice de leur profession, les paramédicaux. Et donc, ça fait des années qu'on fait des économies sur l'hôpital. On ne met pas suffisamment de moyens pour que les soignants exercent leur métier dans de bonnes conditions.
C'est-à-dire que le soin soit prodigué dans de bonnes conditions, avec une bonne qualité de soin. Donc ça, c'est des choses qu'on dénonce depuis déjà des années. Et donc là, il a fallu cette crise, si vous voulez, pour... Mais les Français étaient déjà très attachés, ils savent que l'hôpital s'est en train de faire. Bien sûr, mais bien sûr. Là, on en a pris conscience de manière...
Elle était l'attente, on la voyait, on la voyait déjà, le personnel l'exprimait, cette inquiétude, cette crise. Et puis, tout à coup, effectivement, il y a eu ce révélateur de l'épidémie. Mais, professeur Salomon, alors, il y a... Le Ségur de la santé a été lancé hier, très bien, nous allons voir ce que ça va donner. Il y a déjà un point qui fait unanimité, c'est l'augmentation de la rémunération des personnels.
Oui, alors, notamment les personnels qu'on appelle paramédicaux, les infirmières aides-soignantes, les manipulateurs radio, les kinésithérapeutes, psychologues, etc. Il y a toute une mairie de l'hôpital, c'est un endroit où il y a énormément de métiers différents. C'est ce qui fait aussi l'intérêt de l'hôpital, ces staffs pluriprofessionnels. Alors, les paramédicaux sont mal payés, sont très mal payés. Si on se compare au pays de l'OCDE, on est en queue de peloton. Ce n'est pas bien pour un pays comme la France, ce n'est pas normal. Ce sont des métiers qui sont durs, ce sont des métiers à responsabilité.
Moi, je vois des infirmières qui me disent, dans les conditions dans lesquelles on travaille, j'ai l'impression, j'ai peur de remettre mon diplôme en jeu chaque jour. Ça veut dire quelque chose, ça. Bien sûr. Donc, c'est quand même des gens qui travaillent le matin, la semaine après, le soir.
Donc, crise des vocations, des infirmières qui souvent vendent dans le privé parce qu'elles sont mieux payées, où les conditions de travail sont...
Ça peut être l'un et l'autre, ça peut être l'un ou l'autre. Mais c'est vrai qu'il y a un défaut d'attractivité de l'hôpital. Regardez, là où on est à la PHP, la grande institution de la PHP, il y a plusieurs centaines en février, il y avait plusieurs puissants postes vacants d'infirmières qui n'étaient juste pas pourvus. Les infirmières partent, elles partaient. Alors là, aujourd'hui, elles espèrent. Je dis les infirmières, mais c'est l'ensemble. Les jeunes médecins sont aussi mal payés, surtout en région parisienne. La vie est chère et donc ça pose un problème. Moi, j'ai vu des collègues chefs de service qui me disent « Moi, j'ai un collègue brillant, je lui propose un poste et il refuse.
» Moi, je n'avais jamais vu ça avant. Jamais. C'est un signe fort qu'aujourd'hui, il y a une perte d'attractivité de tous les métiers à l'hôpital. Et donc, il faut absolument, absolument retrouver l'attractivité. Il en va de l'avenir de notre système hospitalier qui veut s'effondrer si on ne le fait pas.
Voilà. Et là, on va voir. Il faut que le gouvernement mette les moyens, quoi qu'il en coûte. Moi, je me souviens de cette phrase. Je la retiendrai toute ma vie professionnelle. Quoi qu'il en coûte. Bien, alors, quoi qu'il en coûte, maintenant, l'organisation de l'hôpital. Parce qu'alors là, j'entends tout. J'entends des sons différents venus de la fédération hospitalière, des médecins, des personnels. Mais trop d'administration à l'hôpital ? Comment faire ? Il faut rapprocher l'hôpital de la médecine de ville ?
Oui, il y a beaucoup de choses. Il y a beaucoup de choses à revoir. Il y a beaucoup de choses à changer. Donc, c'est vrai que parler que de l'hôpital sans parler de ce qu'il y a autour serait une aberration. Mais oui. Si les urgences sont encombrées, c'est parce que la médecine de ville n'est pas suffisamment solide et structurée pour accueillir les patients en avant-là. Ce qu'on appelle la permanence des soins, elle s'organise aussi en ville. Donc, il faut aussi renforcer les liens entre la ville et l'hôpital. Il faut qu'on ait une bonne coordination entre la ville et l'hôpital. Et ça, ça passe aussi par des métiers.
On peut demander à des infirmières, par exemple, de faire une coordination au moment où le patient va sortir de l'hospitalisation.
Et tous les médecins ne sont pas d'accord, notamment les médecins libéraux ?
Alors, il y a des points de vue qui peuvent être différents. Tout le monde est d'accord pour dire que ça ne va pas. Donc, j'espère que pendant les sept semaines qui viennent, parce que les ministres, M. Philippe et M. Véran, nous ont annoncé qu'on allait aller vite, qu'il n'y avait aucun tabou, qu'il fallait aller... Je crois que M. Véran a dit qu'on peut être transgressif. Donc, il faut y aller. Il compte sur les professionnels pour proposer. Donc, il va y avoir débat. Oui. Et je pense qu'on va pouvoir s'entendre sur un certain nombre de points. Pas sur tout, bien évidemment. Vous avez la médecine, le système de santé, c'est beaucoup d'intérêts différents.
Mais l'intérêt principal, c'est celui du patient. Et je pense qu'il faut qu'on s'accorde tous pour dire...
Et qu'aujourd'hui, il faut qu'on pense avant tout aux patients, avant de penser à des questions budgétaires, à des questions même de carrière ou tout.
Les questions budgétaires, on a considéré que les questions budgétaires étaient...
C'est comme ici à la radio, on doit commencer à penser auditeur avant de penser argent. On a considéré que les questions budgétaires étaient primordiales.
Prenez-le pas, on disait, on dépense trop. La dépense publique est trop importante. Moi, je dis que c'est un investissement absolument indispensable. Si on ne le fait pas, la prochaine vague Covid, si jamais elle arrive l'hiver prochain, et qu'il nous manque encore quelques centaines d'infirmières en plus, on ne saura pas faire. Et on va être obligé de se confiner encore plus. Vous voyez ? Donc, même sur le plan purement économique, ce serait une aberration de ne pas consolider le système de santé dès maintenant. Et de toute façon, ils ont raison d'être rapides. Le gouvernement a raison d'aller vite. Les professionnels de santé attendent beaucoup.
Si jamais les espoirs ne sont pas au rendez-vous, ce serait la catastrophe. Il faut vraiment aller vite et plus loin que ce qui avait été annoncé dans les mois précédents.
Bien, on va appuyer tous vos efforts. Professeur Rémi Salomon, je peux vous dire, on va suivre ça de près, parce que c'est essentiel pour nous tous. Pour nous tous. C'est vrai qu'on a besoin d'un hôpital public fort. On en a besoin. À côté d'une médecine privée. Mais ça peut très bien... On travaille ensemble. Hein ? Vous travaillez ensemble, franchement.
C'est absolument indispensable. On travaille ensemble. Et donc, c'est le territoire. C'est quelque chose qui a été mis en avant plusieurs reprises hier. Il faut qu'on réponde aux besoins du territoire. Donc, c'est l'hôpital, c'est la médecine de ville. Et tous ensemble, on va améliorer les choses. On y croit.
Bien, merci professeur Rémi Salomon d'être venu nous voir. Je rappelle que vous êtes président de la commission médicale d'établissement. C'est l'instance qui représente le personnel médical de l'APHP, Assistance Publique Hôpitaux de Paris. Merci.