Chute du gouvernement Bayrou : une journée historique qui plonge la France dans la crise politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est quand même une première dans l'histoire de la 5e République. Un vote de confiance se termine mal, aussi mal d'ailleurs. Comment avez-vous vécu ce moment hier où François Baot est monté à la tribune ?
Alors, d'abord, je peux faire une petite remarque sur votre annonce des nouvelles. Non, le la France n'importe pas au même taux et la forcer pas au même taux au-dessus de l'Italie. À 9h30, c'était le casino.
C'était 348 contre 347. D'abord, il y avait pas il y avait pas de il y avait pas aujourd'hui de adjudication de deat. Si si ou alors à 12h48 euh on était sur le taux AAT à 3,410 et sur le l'obligation italienne 3,482.
Hm hm. Bah ça ça ça Non non non non mais vous pouvez rendre responsable François Berou de ce qui arrive en disant il a il a il a prétexté le chaos. Donc ben voilà, les marchés commencent à prendre peur.
Ça ça peut être un argument c'est un argument que vous développez. C'est vrai, c'est tout à fait vrai. Mais on emprunte pas au-dessus de l'Italie.
Ça c'est ça c'est pas vrai. Ça ça n'est pas vrai. On peut revenir sur la politique non parce que c'est la même chose.
La politique et nos adjudications elles sont souscrites deux fois ou trois fois. Le montant été souscrit à souscrit à 15 à 15 milliards et on en a placé 7. Voilà.
Franchement essayer de de dramatiser cette situation à l'extrême ne fait que tendre le tendre les choses et abîmer la confiance. Voilà et c'est ce qu'a fait ce gouvernement depuis des semaines. Bon, c'est ce que j'allais dire hier, c'était pas dramatique à la tribune.
Ce qui était dramatique, c'est ce qu'on a entendu justement. Dites-nous. Voilà.
C'està-dire le discours du premier ministre dire voilà. Non mais rien ne m'a surpris puisque de toute façon il a il a répété ce qu'il répète depuis des semaines. Il nous manquait que la guerre des générations un peu plus un peu plus violente.
Voilà c'est c'est enfin tout ça tout ça est absurde mais on n' pas eu un spectacle magnifique en entendant les autres non plus hein. Je veux dire c'est le problème le problème il est là. Le problème c'est que dans une démocratie il y a toujours des politiciens.
C'est c'est normal. Voilà, c'est c'est le mal nécessaire de la démocratie, mais euh quand il n'y a plus que des politiciens, alors ça va, ça va vite très très mal. Voilà.
Et nous sommes dans Mais vous voyez sur dans le paysage politique aujourd'hui euh enfin les gens qui sont en scène hein autre chose que des politicien on verra après il y a des politiciens qui arrivent à passer au-dessus de leurs conditions que je dire qui sont transcendés peut-être par le poste ça peut arriver peut ces missions impossibles. Quelle que soit au vu de la composition de l'Assemblée nationale de toute façon ce sera mission impossible. Bah c'est ces missions impossibles à partir du moment où les politiciens vont continuer à se comporter comme des politiciens et et les et les parti à essayer absolument de de de jouer la partition du régime des parties.
Voilà, c'est il faut pour aller aujourd'hui. Mais moi je dis ça depuis le début depuis qu'on a élu cette assemblée nationale, on me disait sur les plateaux est-ce qu'il y a une issue ? Quelle est la meilleure façon de je a il y a pas de bonne issue, il y a pas de bonne solution. il a créé une situation avec la dissolution qui est une situation inextricable.
Bon donc il y a pas de solution institutionnelle. La dissolution c'est ça ça n'a rien arrangé. Probablement même ça va aggraver les choses.
Euh et même si le Rassemblement national était élu, ça les aggraverait parce qu'il pourrait pas gouverner. Il a pas le référendum, il peut pas les ordonnances président peut toujours refuser de les de les signer. Donc donc il a pas les moyens de répondre aux attentes de ses électeurs.
Bon et en plus je pense qu'ils auront pas la probablement pas la majorité absolu. Bon la la la démission du président de la République c'est une catastrophe institutionnelle. Dieu sait si je me passerais bien d'avoir je me serais bien passé d'avoir Emmanuel Macron comme président de la République mais enfin il est là.
Il y a la personne et puis il y a la fonction. C'est vous vous allez faire des s'il démissionne on va faire des élections en 35 jours. Bon maximum.
Donc il y a pas de débat, il y a pas de celui qui va sortir la la la celle c'est la piste de la démission anticipé qui Jean-Fançois Copé ou bien sûr tout ça c'est des tout ça c'est des des enfin des des montages un peu farfelus. Euh donc euh vous imaginez pendant 6 mois le président de la République est déjà plus le président était encore le président. Enfin, tout ça n'a tout ça n'a n'a aucun sens.
Sur le papier, c'est très joli, mais en pratique, c'est absurde. Bon, donc euh c'est le le celui qui ou celle qui sera élu aura héritera d'une fonction affaiblie et on aura elle-même aura elle-même une légitimité faible parce que bah parce qu'elle aura pas de vrais mandat ou il n'aura pas de vrai mandat. Après campagne aussi courte.
Bon, alors c'est alors vous êtes déjà allé sur la la démission peut-être hypothéque la solution institutionnelle. Alors mais justement hier, je voudraisir ce qui est passé hier parce que je suis passé à l'Assemblée nationale et on a vu j'étais j'avais été déjà témoin de la la chute du gouvernement Barnier. Il n'y avait pas et tous les observateurs l'ont l'ont noté, il n'y avait pas la même ambiance.
C'est-à-dire que là et hier il y avait une ambiance déjà il y avait énormément de monde, énormément de journalistes notamment de la presse étrangère et il y avait une ambiance de fin de règne. Est-ce qu'on en est là ? Est-ce que c'est le qualificatif que que vous utiliseriez dans une ambiance crépusculaire ?
C'est alors fin de règne de berou ça sûrement. Euh fin de reine du président de la République. Oui, mais encore une fois, va falloir à mon avis le garder jusque jusqu'à l'échéance.
Euh sauf s'il décider tout seul de partir ce dont je doute et ça n'arrangerait rien en plus encore une fois parce que on aurait une une élection très dans un délai très court. Alors on me dira en 69 le général est parti. Oui, mais c'est la société était en ordre.
Il y avait Pompidou derrière. Résultat, vous imaginez bien que vous imagin non mais c'était ça, c'était fini. C'était derrière mes 68.
Je vous rappelle que 68 ça s'est traduit à la fin par un rat de marégoliste à l'assemblée. Voilà. Et donc il y avait il y a et la preuve c'est que le second tour c'était Poer contre Pompidou.
Vo imaginez que ça ce que ça reflète comme état de la société par rapport à ce qu'on peut récupérer aujourd'hui comme comme second tour. Donc euh voilà en en 74 pour Pompidou et moi on a fait encore une élection très courte mais ça ça s'est pas si bien passé que ça parce que à la fin c c'est on a eu Giscar a gagné avec 05 points de d'avance. Donc c'était c'était une légitimité très fragile.
Comme disait le général, on gouverne pas avec une majorité de 1 % alors une majorité de 0,5 c'est encore plus difficile. Bon, on est passé juste là là dans la situation actuelle, ça serait un désastre. Donc la seule chose qui peut qui qui peut fonctionner, c'est que que dans le nouveau gouvernement, à la tête du gouvernement, comme dans le gouvernement, ceux qui vont exercer des fonctions ministérielles ou qui vont aller à Matignon fassent passer leur devoirs avant leur appartenance partisane.
Qu'ils y aillent pour faire leur devoirs, non pour essayer pour être les porte-paroles de leur parti, non pour essayer de mettre en œuvre tout partie du programme de leur parti. L'idée, il y aura pas de il peut pas y avoir un gouvernement socialiste, personne le demand pour ça. Il peut pas y avoir de gouvernement à l'air, il peut pas y avoir de gouvernement centriste, il ne peut y avoir qu'un gouvernement où les gens vont pour faire leur devoirs, où les gens sont sont modestes, acceptent d'être là pour assurer la continuité de l'État, faire face aux événements.
Voilà. Et si ça n'est pas ça, ben ça on va à l'aventure. Voilà, c'est comment ?
Je n'en sais rien. Par d'aventure. Là, on a esquisser certains noms aussi euh depuis tout à l'heure puisqueil y a le nom de Sébastien Lecorneu qui revient.
C'est ce qu'a laissé entendre Xavier Bertrand qui était à une réunion des dirigeants de du parti les Républicains. Gabriel Atal, lui, le chef des députés ensemble pour la République, souhaite un négociateur pour trouver des compromis et écouter la réaction à l'Assemblée de Marine Le Pen qui sur cette proposition justement. Moi, ce que je dis de manière très claire, que le président de la République désigne une personnalité en dehors de la politique qui ne sera pas premier ministre mais qui aura vocation pendant les trois prochaines semaines à réunir 7 jours sur 7 24 heures sur 24 les chefs de partis politiques un négociateur pour qu'il puisse oui un négociateur c'est ce qui se fait Adrien Gendre dans quasiment tous les pays autour de nous je crois que c'est une personne effectivement qui vient pas de la politique active immédiate. peut être quelqu'un qui vient du monde syndical, du monde associatif et qui sur son nom peut mettre autour d'une même table l'ensemble des chefs de partis politique.
C'est absolument n'importe quoi. Enfin, je veux dire, il faut arrêter. On n'est pas dans une cellule psychologique, quoi.
Vous voyez ? Soit il y a un premier ministre qui est capable de trouver une voie pour ne pas être censuré quand il présentera son budget, soit ce Premier ministre n'est pas capable de trouver une voix. Et et dans ces cas-là et bien on reposera évidemment sur la table la question de la dissolution.
Votre réaction à cet échange Victor Hon. Alors écoutez, il est très révélateur. Non, Marine Le Pen a raison.
Il faut trouver une voix pour ne pas subir une censure. Alors à ce moment-là, soit le pas la seule à le dire mais bon d'ailleurs tout le monde le dit mais personne ne trouve cette voix. Soit il faut composer avec c'est mathématique hein, soit il faut composer avec le Parti socialiste en gardant les républicains et là vous avez un espèce de socle commun qui peut tenir.
Soit il faut composer avec le Rassembl national. Là, vous pouvez oublier le Parti socialiste, vous en fichez mathématiquement, ça ne compte plus, mais il faut y aller à fond avec le Rassemblement national. C'est ces deux hypothèses, ces deux seules voies qui sont possibles.
Le reste est impossible strictement. Donc maintenant, le souci c'est que le centre ne veut pas composer avec leur assemblée nationale pour la simple et bonne raison que depuis 2022, il n'a été élu et réélu que grâce au barrage contre leur assemblée nationale. Un peu absurde d'aller voir leurs électeurs et de dire bah finalement maintenant on va composer un gouvernement avec eux.
Puis il est pas sûr que la RA nationale accepte. Et dans l'autre sens, si vous voulez, le seul qui a tendu la main vers les socialistes, autrement que Gabriel Atal, mais il en vient, c'est Bruno Rotaillot qui dit "Nous nous sommes d'accord pour qu'il n'y ait pas un homme issu du Parti socialiste au gouvernement, mais nous sommes d'accord pour avoir un gouvernement qui fasse des concessions au Parti socialiste pour pouvoir ne pas être censuré et rester nous la droite aux manettes." Le souci, c'est qu'en disant ça, il se prend tous ses électeurs à dos et toute la droite d'ailleurs qui lui dit "Mais attendez, mais la droite ne peut pas être socialiste." Donc le seul sens de la responsabilité dans ce paysage à mon sens, c'est Bruno Rota mais il se fait déjà tirer dessus.
Et je note que dans votre analyse euh euh pardonnez-moi euh monsieur Genot, vous dites que le la ministres doivent aller là-bas euh pour faire leur devoirs sans ambition personnelles et sans être les pores-paroles de leur parti. Vous expliz les ambitions personnelles mais ils peuvent les mettre à la porte le temps. Mais mais sans être les porte-paroles de votre parti de leur parti.
Donc vous excluez Bruno Rotaillot qui est président de son parti. Il ne peut pas être ministre et président du parti selon vous. Mais je pense qu'il a déjà beaucoup de mal depuis quelques mois à conjuguer les deux.
Quand on est ministre, on n'est pas là pour porter la sauf quand c'est c'est votre parti qui est au pouvoir. Sauf que vous avez la majorité Sarkozi l'a pas été monsieur Got. Mais c'était son parti qui était au pouvoir.
Oui oui oui d'accord. Mais enfin il a été les deux il a été les deux. Il a été de il a été les deux parce que parce que c'était le parti qui c'était le parti au pouvoir.
C'est la majorité c'était le gouvernement de de de l'UMP à l'époque. Donc c'est pas du tout la même chose. Là vous enfin vous pouvez pas c'est c'est et le devoir qu'on a au gouvernement il est supérieur à celui qu'on a vis-à-vis de son parti.
Voilà. Et et je trouve que la situation là, elle est très ambigue. Euh juste une remarque, je demande comment les Français peuvent s'y retrouver surtout là comment comment les Français peuvent s'y retrouver.
Mais non, mais il y a il y a une chose qu'on oublie dans cette affaire, c'est que si ça n'est qu'une question de négociation, euh d'arrangement entre les partis, il y a pas de solution. Il y en aura pas parce que une partie du centre, le centre et une partie de de Macron ne voudront pas travailler avec le Front national, le Rassemblement national. Il faut il faut d'abord il y a le le problème c'est c'est que tous les premiers ministres là depuis depuis la dissolution ne se sont pas adressés aux français, ils se sont adressés aux partis.
Bon donc ils ont été prisonniers des des partis et mais il y a une chose qu'on a oublié c'est que contrairement à la à la vision qu'on imposé certains en disant à partir de maintenant puisque l'Assemblée est dans dans cet état tout va se passer à l'assemblée mais non en réalité tout se passe dans l'opinion parce que l'assemblée ne fait que refléter l'état de l'opinion. Si les partis là on fait un choix tout de suite de de ne pas accorder la confiance, c'est même pas parce qu'ils ont une stratégie propre, c'est parce que leurs électeurs leurs électeurs ne pouvaient pas l'accepter. Donc c'est la la question est de savoir comment le nouveau premier ministre et le nouveau gouvernement va s'adresser à à à l'opinion et quelle sera la pression de l'opinion sur les différents partis qui sont à l'Assemblée.
Et sinon, c'est le régime des parties et dans ce contexte, ça ne peut pas marcher.
François Bayrou