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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 8 avril 2026 20 min

Général Vincent Desportes : « L’Iran a tenu face à la plus grande puissance mondiale »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Général Vincent Desportes, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation au sein directeur de l'école de guerre, professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC. On est ensemble pendant 20 minutes pour cet entretien en partenariat avec la presse régionale représenté par Fabrice Vesserodon du groupe Émera, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.

Bonjour Auriane, bonjour Général, on a évidemment envie d'avoir votre éclairage sur ce qui se passe ces dernières heures. Alors qu'il menaçait encore hier de détruire l'Iran, Donald Trump, cette nuit finalement, a opté pour un cessez-le-feu de 15 jours, accepté par l'Iran. Comment il faut comprendre ce volte-face ? – Écoutez, de manière assez simple.

Trump s'était mis dans un piège, il était vraiment piégé. On voit bien qu'il vociférait pour essayer de trouver une voie de sortie, il ne la trouvait pas. En fait, il l'a fait parce qu'il était pris en étau entre deux fêtes.

Le premier fait, c'est que la pression militaire ne fonctionnait pas, que les Iraniens beaucoup mieux préparaient à cette guerre que ne l'étaient les Américains, les Iraliens beaucoup plus stratèges que l'étaient les Américains, allaient continuer pendant sûrement longtemps. Et l'autre partie de l'étau, c'est l'opinion publique américaine, puisqu'on a bien compris qu'une grande majorité des Américains étaient opposés à cette opération, que les mid-terms approchent et que pire que ça, désormais tant au Sénat, surtout quand même à la Chambre des représentants et surtout parmi les démocrates. Mais on trouvait de plus en plus de personnalités politiques qui commençaient à envisager sérieusement l'utilisation de l'article 25, demandant sa destination pour folie.

Donc il s'est peut-être rendu compte qu'il allait quand même un peu loin et qu'il était temps d'arrêter la casse sur le terrain et pour lui. Vous pensez qu'il agit sous la contrainte ? Assurement, il agit sous la contrainte.

Il peut faire ce qu'il veut. C'est bien le problème. Trump, personne ne peut lui Mais lui, il voudrait au moins gagner les mi-terme ou au moins ne pas perdre le Sénat.

Je pense que la Chambre des représentants s'est terminée, mais le Sénat n'est pas encore le conservé et il voudrait survivre politiquement. Et donc, il avise sur la contrainte du peuple et après tout, réjouissons-nous. Ça prouve que les États-Unis sont encore un tout petit peu une démocratie. – Mais est-ce que c'est une victoire totale et complète des États-Unis comme il le prétend C'est ce qu'il dit.

Non, c'est une défaite des États-Unis, soyons clairs. Trump arrête parce qu'il doit arrêter. Et il a finalement lui-même craqué dans le bras de fer, il a craqué.

Alors, il va nous expliquer évidemment qu'il a gagné, évidemment, parce que...

C'est ce qu'il dit, victoire totale et complète pour l'estime. Oui, alors vous savez, quand vous avez quelqu'un qui dit victoire complète, mais je reprends le plan de paix de l'autre, et maintenant je vais négocier un peu chacun des 10 points de l'autre, c'est qu'il a totalement abandonné son propre agenda, non il a perdu dans cette affaire-là. Il a perdu ce qui n'est pas bien du tout pour lui et puis pour nous parce que l'Amérique perd sa crédibilité en tant que puissance de réassurance et nous derrière.

Nous ne sommes pas partie prenante de cette guerre mais nous sommes, par ce qu'on appelle le sud global, considéré comme faisant partie du camp qui a attaqué. – Un petit complément, vous dites que les États-Unis ont perdu. Est-ce pour autant qu'on peut dire que c'est une victoire du régime iranien ? – Écoutez, oui, en quelque sorte, ils ont tenu face à la plus grande puissance du monde.

Alors, ils ont beaucoup perdu. Mais dans ce bras de fer, qu'ils préparaient eux depuis 47 ans et auxquels ils s'étaient préparés, c'est eux qui ont tenu et c'est le président Trump qui a arrêté. Mais réjouissons-nous, réjouissons-nous évidemment que Trump ait enfin pris une décision sensée. – Est-ce que pour autant...

Ce matin, les Français voient un recul du président américain. Les prix à la pompe, puisque c'est le sujet en France, qui vont baisser dans probablement les 10 jours qui viennent. Et pour autant, vous ne nous dites pas que c'est rassurant.

Que c'est rassurant, oui. Bah si, c'est rassurant. Bien sûr, c'est rassurant.

Je dis que c'est une très bonne chose. Alors ça ne veut pas dire que tout soit terminé. D'abord, parce que tant que les troupes américaines, les deux porte-avions sont pas rentrer aux États-Unis, tout peut reprendre.

Vous imaginez bien aujourd'hui que les Américains ont toujours le doigt sur la gâchette prêt à repartir et que les satellites tournent pour essayer de voir ce que font les Iraniens. Donc ça peut repartir à tout moment. Mais avant les 15 jours, parce que Donald Trump c'est revirement sur revirement, est-ce que là on est sûr que pendant 15 jours il y a un cessez le feu ou est-ce que même ça, ça peut changer ?

Avec un homme aussi pathétique que le président Trump, vous ne pouvez pas savoir, vous l'avez dit, il change tout le temps. Mais je crois que là son intérêt maintenant, déjà il a perdu un peu la face aux yeux du monde, restons raisonnables, donc il va chercher à la gagner vis-à-vis de son électorat et donc il va essayer de s'y tenir. Là il faut qu'il retravaille son électorat pour arriver au mi-terme. – Parce qu'il y a des explosions qui ont été entendues ce matin à Bahreïn après l'annonce du cessez-le-feu, ça veut dire que ce cessez-le-feu il ne va pas forcément tenir ? – Alors vous savez, après le 11 septembre 1918 à 11h, il y a encore eu beaucoup de morts parce que les choses ne se terminent pas comme ça.

Est-ce que ces coups de feu, ça a été des coups de feu israéliens, enfin des frappes israéliennes ? Est-ce que ça a été des frappes iraniennes ? Je n'en sais pas.

Je ne sais pas. Mais vous ne sortez pas d'un volcan comme celui qui a été allumé juste en sifflant à la fin de la partie, ça prend un peu de temps. Israël justement puisque vous en parlez, Israël est-ce qu'ils étaient sur la ligne des Etats-Unis à savoir cette trêve pendant 15 jours ou est-ce qu'il a eu d'autres choix que de l'accepter et de s'y plier ?

Alors moi je pense, si vous voulez, alors d'abord il faut bien comprendre que depuis le début ce sont deux guerres différentes avec des objectifs différents. Néanmoins extrêmement coordonnés au moins techniquement et je pense que le président Trump a parlé à son ami Netanyahou avant d'arrêter. Mais néanmoins, Netanyahou n'est pas parvenu lui-même à ses objectifs puisque l Iran...

Évidemment, les installations nucléaires iraniennes ont été encore à nouveau détruites. Mais on n'est pas sûr qu'elles aient été complètement détruites. Et ce que demandent les Iraniens, c'est de pouvoir continuer à enrichir.

Ce n'était pas du tout l objectif des Américains, certes, mais même des Israéliens. Donc d'une part, on a compris que les Israéliens allaient continuer leur propre manœuvre qui est l'écrasement du Hezbollah. Et d'autre part, il n'est pas du tout un possible, qu'ils se remettent dans la politique de ton.

Vous savez, ils passent régulièrement, ils bombardent, etc. Donc pour eux, cette guerre n'est pas terminée. Tant que je pense que le régime des ayatollahs, le régime des durs, parce que c'est plus le régime des ayatollahs, tiens, les Israéliens considéreront qu'ils sont eux toujours menacés et donc continueront probablement.

Si pas demain, peut-être après-demain. C'est deux interprétations. Parce que d'un côté, Trump dit que le régime, qu'on a changé de régime, les Israélien, c'est vrai.

On a changé de régime ? Oui, mais pour le pire. Pour le pire, on avait un régime des ayatollahs qui était dur, mais qui pouvait être raisonnable.

Et là maintenant, on est arrivé au dur des durs. C'est le régime des passes d'avant qui n'est plus un régime religieux, qui est juste un régime de mafieux qui veulent tenir et qui le feront par tous les moyens, y compris en continuant à écraser la population iranienne. Ce qui veut dire que c'est le pire avenir pour la population – Eh bien écoutez, je ne sais pas.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas d'amélioration pour eux. Il n'y a pas d'amélioration. Et encore, ils partent d'une situation qui sera bien pire.

Parce qu'évidemment, il va falloir que l'Iran reconstruise. Alors ils ont demandé des les réparations de guerre. Il semble que Trump ne soit pas maintenant complètement opposé, mais on voit que les destructions de l'Iran vont rendre la vie de la population iranienne beaucoup plus difficile.

Les Américains avaient dit « help is on the way », on s'en rappel, on arrive. Eh bien moi je pense qu'il laisse un Iran dans une situation beaucoup plus dramatique que celle qui était avant. – Mais à quoi aura servi ce conflit ? – Eh bien à rien madame, à rien.

Il a servi au président Netanyahou. Le président Alors Netanyahou, on comprend, ils sont dans une démarche existentielle, voulaient écraser ce régime-là. Il a fini par persuader Trump qu'il était assez près, Trump qui s'est laissé piéger parce qu'il dit « je suis tellement bon en technique que ça suppléera mon manque de stratégie ».

Alors il y est allé, évidemment ça n'a pas marché. Donc c'est un conflit qui a servi Israël très sûrement, qui a amoindri les capacités de frappe, mais qui globalement n'a servi à rien et surtout pas pour les Etats-Unis. Mais est-ce qu'Israël pourrait continuer ce conflit sans les Etats-Unis ou pas ?

Alors oui et non, si vous voulez. Donc il a dit déjà qu'il allait continuer au Liban. Alors, non, ils ont...

C'est ça, comment on le comprend ? Que l'Israël refuse d'inclure le Liban dans ce cessez-le-feu ? Parce que c'est un cessez-le-feu avec les Etats-Unis.

Ce n'est pas un cessez-feu pour l'instant. Et puis, le Hezbollah, bon, c'est un proxy de l'Iran, mais c'est pas l'Iran. Et de toute façon, dès le départ, on savait bien qu'il allait en profiter et on le comprend, Israël, pour aller régler le problème du Hezbollah.

Donc, l'affaire... – Il peut le régler, pardon, parce que là, le Hezbollah, Israël veut mettre à mal le Hezbollah sauf qu'on le voit, les combattants tués il y en a de nouveaux qui arrivent est-ce que Israël peut vraiment mettre à mal le Hezbollah ?

Mettre à mal sûrement détruire le Hezbollah, non mais c'est un problème, vous le savez bien, comme c'est le problème du Moyen-Orient, vous ne pouvez pas les régler. Il est probable qu'Israël va se saisir de toute la partie sud du Liban, c'est-à-dire le sud du Litanie. Donc ils vont s'y installer Je pense qu'ils vont se faire sceller et ils vont avoir une zone tampon qui sera devant.

Cette zone tampon, un jour, il faudra aller s'en saisir. On est dans une démarche qui est infinie comme le problème d'Israël au arabe est un problème sans fin. Et cette guerre ne l'aura pas réglé.

Et la France, l'Europe, les Nations Unies vont laisser faire ? Mais qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse, la France ? Qui peut agir sur Netanyahou ?

Vous savez, il n'y a plus d'ordre du monde et il n'y a plus de gendarme. Le gendarme, vous l'avez vu, il était devenu voleur. Donc ça devient un peu compliqué.

C'est bien le problème, madame. Nous sommes en train de rentrer dans un monde qui est totalement dérégulé, dans lequel la force, la puissance prévaut sur le droit. Qui peut arrêter Netanyahou aujourd'hui ?

La réponse est personne. Oui, on l'a vu, notamment pas Trump. Pourquoi ?

Comment peut-on expliquer l'influence de Netanyahou sur Trump ? Comment peut-on expliquer ? D'abord, je pense que...

Netanyahou étant lui-même très en difficulté dans son propre pays avec une majorité politique très fragile. Bien sûr, bien sûr. Alors je pense que justement c'est une des raisons pour lesquelles il continue.

Parce qu'il faut bien justifier les pertes qui ont été subies, les morts israéliens par un gain. Le gain...

Le gain en Iran, il existe. Enfin il n'est pas absolument majeur. Et donc il faut gagner sur le Hezbollah pour arriver aux élections qui arrivent en quelques mois de manière correcte.

Alors pourquoi ? Quelle est cette attraction ? D'une part, on voit bien qu'on est arrivé au temps des leaders.

Ce qui compte, ce n'est pas les peuples, c'est les leaders. On a Netenahou, on a Xi, on a Poutine, on a Modi. Voilà, c'est un peu la même race de leaders forts et Trump adore ça, adore ça.

D'autre part, il y a toujours eu un lien très fort entre Israël et les Etats-Unis. Ça s'explique par plein de raisons, mais en particulier ces deux pays qui sont nés de la même manière, qui sont nés par rejet et qui sont nés par volonté de survie, l'un au XVIIe siècle et l'autre au XXe siècle. Mais il y a une affinité intellectuelle, une proximité qui est importante et puis n'oublions pas, il y a ce qu'on appelle le lobby juif qui existe, ce qui est tout à fait important.

Les électeurs de Trump, il y a une bonne partie qui regarde avec attention justement la façon dont les États-Unis prennent soin ou non d'Israël. Est-ce que si jamais c'était le feu ? Déjà, première question.

Est-ce que ce cessé le feu peut aboutir à une paix durable, selon vous ? Alors moi, je crois. C'est mon sentiment.

C'est très compliqué. Moi, je pense qu'on est sorti du gros, si vous voulez. Je pense qu'aujourd'hui, le train ne peut pas y retourner encore une fois on voit bien qu'avec les moyens qu'il a il n'y arrive pas donc il faudrait d'autres moyens alors on arrive dans les mi-terme donc là je pense qu'il va se débrouiller il va dire qu'il a gagné qui a aucun problème etc il ya une autre limite peut-être vous allez me dire c C'est une limite de 60 jours, c'est-à-dire au bout de 60 jours, il faut à un moment un accord du Congrès.

Est-ce que ça aussi c'est une limite pour Donald Trump ? Oui, oui, oui, c'est une limite, vous avez raison. Alors pour l'instant, avant les mi-termes, cette autorisation, ils pourraient l avoir.

Mais après, les militaires, ils ne l'auraient plus. Alors, c'est une limite sans en être une. Mais moi, je crois que le maintenant Trumpy, je pense qu'il est tellement heureux d'être sorti de ce foutoir, et en particulier des sautistes terribles qu'il a énoncés à la télévision, % etc moi je pense qu'il n'y reviendra donc il retournera pas et je pense qu'en dehors des affaires du liban, moi je pense que ça va se calmer petit à petit.

S'ils y retournent est-ce que l'Iran a encore les moyens de riposter ? ils ont encore des capacités de frappe. On dit qu'ils tirent, on l'a vu, 30 missiles par jour.

On dit qu'ils ont encore une capacité de frappe pendant 200 jours. Donc on voit que ce n'est pas terminé. Et figurez-vous que les 15 jours qui vont venir, they ne vont pas se mettre les mains dans les Ils vont continuer à refaire, etc., à reproduire.

Donc ils vont très vite se remettre en position de riposter. – Donc l'Iran reste un problème quand même pour la paix dans la région. – Ah Bien sûr, l'Iran reste un problème.

Le problème n'a pas été réglé. Et c'est ça qui est terrible, si vous voulez. C'est-à-dire qu'il y a eu une débauche de moyens, une débauche de destruction et finalement on n'a pas réglé le problème.

Et pourquoi ? Parce que cette guerre, elle a été faite en croyant que la force produisait du résultat politique. Mais la force en elle-même doit être transformée en résultat politique par de la stratégie.

Et là, il n'y a pas eu de stratégie. Vous savez Trump, on aurait pu y aller avec On est allé combien de fois faire des guerres avec les Américains ? Très souvent.

Mais encore aurait-il fallu qu'il ne se casse pas, qu'il ne casse pas les liens avec tous ses alliés et qu'on ait une affaire commune ? L'OTAN aurait pu éventuellement y aller, c'est pas son Mais encore est-il fallu qu'on en passe par des moyens normaux. Donc il accepte effectivement de ne pas être le maître du monde mais de se placer sous la tutelle d'autorités multilatérales plus fortes que lui. – Oui, ça aurait été possible.

Donc ce problème-là, je ne sais pas s'il est réglable. Moi je pense qu'en 2015, le traité qui a été cassé en 2018, JCPOE je crois, quelque chose comme ça, qui a été cassé, il était C'est bien meilleur, ce qu'on avait obtenu en 2015, c'est bien meilleur que ce qu'on va obtenir en 2026. Donc non, le problème n'est pas réglé, il l'aurait pu l'être, il ne l'a pas été.

Un mot sur l'Iran et il est important pour nous en France, est-ce que vous arrivez à expliquer pourquoi l'Iran a acté ces derniers jours la libération et le retour en France des deux anciens otages Cécile Collard et Jacques Paris ? Est-ce que le conflit a joué ? – Alors honnêtement, je ne sais pas.

Mais je pense que peut-être l'Iran voulait nous dire qu'il avait bien compris notre position et que l'Iran ne nous mettait pas exactement dans le même panier que les Américains. Bon, moi c'est ma seule explication si vous voulez. Est-ce que ce conflit va avoir des conséquences à moyen terme, à long terme sur l'OTAN ?

On a entendu Donald Trump menacer justement les pays de l'OTAN. Est-ce que pour vous ça peut avoir des conséquences qu'on verra plus tard – Eh bien, la bonne nouvelle, aucune. Pourquoi aucune ?

Parce que l'OTAN est déjà mort. On ne peut pas tuer davantage l'OTAN qu'aujourd'hui. L'OTAN, ça repose sur deux choses, madame.

Ça repose sur le sentiment d'une communauté de valeurs. On a bien vu que les valeurs américaines n'étaient plus les nôtres et suivre les Américains, pour nous, commence à être un déni de nos propres valeurs. Ça, c'est la première chose.

La deuxième chose, c'est l'OTAN, c'est la confiance, la certitude absolue qu'on sèdera mutuellement. Ce qu'on a fait en 2001, par exemple, on a dit OK, on vient vous aider les États-Unis. Mais qu'en revanche, les États-Unis viendraient quoi qu'il arrive.

Nous savons bien que c'est fini, que ce soit Rubio, que ce soit Vente, que ce soit Trump, même que ce soit les présidents précédents. Ils ont tellement dit que finalement, le baril centre de leur intérêt ne se trouvant plus en Europe, ils n'avaient pas eux-mêmes intérêt à aller défendre l'Europe. Donc cette affaire-là, c'est terminé.

Donc maintenant, l Europe, elle a démarré. Elle s'en occupe bien. Il est temps qu'elle devienne adulte et qu'elle prenne sa propre défense à son compte.

Nous devons devenir une puissance autonome. Et nous en avons les moyens, vous le savez bien. Mais il faut faire de manière absolument volontariste.

Ce qui passe probablement par une réforme de la gouvernance de l'Europe. C'est possible ? Bien sûr, c'est possible.

Mario Draghi a annoncé des voix qui sont le groupe des six, par exemple. Oui, c'est possible. Mais il faut y aller franchement, si vous voulez.

Il faut redonner...

D'abord, le premier truc, c'est qu'il faut que l'Europe redevienne un rêve. Le rêve de l'Europe, c'est embourbé dans les normes, dans les règlements, etc. Donc il faut redonner envie d'Europe et que les jeunes aient à nouveau envie d'Europe et qu'on trouve une nouvelle façon de faire fonctionner notre Europe dont on a absolument besoin.

Vous faites partie des généraux qui pensent qu'il faut une Europe de la défense, clairement. Je n'ai pas dit ça. Je dis que nous devons être capables d'assurer notre défense de manière autonome.

Il y a deux choses à laquelle nous n'arriverons jamais. C'est une défense européenne et c'est une armée européenne. Ça n'arrivera pas parce qu'il faudrait que nous soyons une fédération et nous ne serons jamais une fédération pour de bonnes raisons.

Et donc il faut construire un autre modèle, un autre modèle, celui, Mario Draghi l'a dit, celui des coopérations renforcées ou celui, il appelle ça du fédéralisme pragmatique. On a fait la coalition des volontaires, on en parle moins parce que l'Iran prend les écrans, mais il y a des moyens d'avancer en connaissant nos contraintes. Comme disait le général de Gaulle, on ne peut pas faire une oblette avec des œufs durs, les œufs durs existeront toujours, mais il faut transformer l'Europe en une nation de nations.

Je reviens à l'une des conditions du cessez-le -feu, c'est la réouverture du détroit d'Hormuz. Est-ce qu'aujourd'hui, ce détroit d'Hormuz, il reste encore une âme fatale pour l'Iran ? Bien sûr, toujours, puisque comme le disait Trimpier ou avant-hier, il suffit qu'un gars arrive avec une voiture, mette une mine au milieu du détroit, le détroit est bouché.

Donc évidemment, on voit qu'il faudra aller assez loin dans cette affaire-là. Assez loin, c'est où ? C'est quoi ?

Non, assez loin, c'est trouver une solution de défense par l'ONU, enfin une sécurisation qui dépasse maintenant. C'est vrai qu'on est complètement à la merci d'une décision et donc on va en tirer les conséquences. Mais on ne va pas enlever le Golfe et le mettre au milieu de l'Atlantique, ça va rester comme ça.

Donc on voit bien qu on a une faiblesse congénitale, et puis une des conclusions, c'est que les pays, dont la France, vont essayer de retrouver le plus rapidement possible leur autonomie par rapport au Gov. – Donc on parle d engrais, on parle de chimie, on parle d'aluminium, il va falloir retrouver notre autonomie. – Un dernier mot parce que hier, Moscou et Pékin ont opposé leur veto au déblocage du détroit d'Hormuz, alors c'était avant le revirement de Donald Trump, mais quand même quel rôle jouent la Chine et la Russie dans ce conflit ?

Eh bien, qu'est-ce qu'ils sont contents ? C'est les deux pays qui gagnent tout. Ils voient l'Amérique tirer des armements, ils voient l'Amérique se ridiculiser, ils voient l'Amérique s'affaiblir, ils voient Trump céder finalement devant un petit pays qui Qui ressort les marrons du feu, c'est évidemment la Chine et la Russie.

Et c'est bien un des drames de cette guerre, c'est qu'elle était inutile, mais en gros, elle nous affaiblit face à nos concurrents, qui ne sont plus que des concurrents qui sont des adversaires. Dernière question, Fabrice ? Oui, justement, les yeux ont été rivés sur Gaza, là, sur Téhéran ces dernières semaines.

Et pendant ce temps, côté Ukraine, Poutine gagne du terrain, il en Qu'est-ce qu'on en sait ? Alors, vous avez raison, c'est terrible parce que la guerre qui nous intéresse, nous, en premier, au premier chef, c'est la guerre d'Ukraine et c'est vrai qu'on n'en parle plus. Alors ce qu'on en sait quand même, c'est que les affaires sont stabilisées, elles ne bougent pas véritablement et que l'Ukraine est plutôt en train de regagner du terrain, mais je dirais mètre par mètre.

Ce qu'on sait aussi, c'est que l'Ukraine continue ses frappes dans la profondeur qui affaiblit la capacité de la Russie à financer sa guerre. Donc on est toujours sur le statu quo, mais au bilan, on n'a pas progressé. Et la mauvaise nouvelle, c'est qu'avant, on avait l'impression que les États-Unis étaient un peu les maîtres du jeu.

On aurait compris que ce n'était pas tout à fait vrai. Mais aujourd ils sont décrédibilisés vis-à-vis de la Russie. Ils sont décrédibilisés.

C'est pour ça que l'Europe, aujourd'hui, doit encore plus dans cette affaire-là faire corps pour arriver à défendre l'Ukraine. Et vos téléspectateurs n'auront pas oublié que défendre l'Ukraine, c'est défendre la France, c'est défendre l'Europe et c'est défendre la France. On ne peut pas laisser l'Ukraine perdre.

Merci beaucoup. Merci, Général Vincent Desportes, d'avoir été avec nous, d'avoir livré votre éclairage à la une de l'Alsace Fabrice.