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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 29 décembre 2014 5 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Frédéric Martin

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

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  • 0:54InvitéChiffre
    « Il y a plus de 200 000 personnes qui y sont abonnées. »
  • 1:16InvitéFait
    « Tout est vrai. »
  • 1:25InvitéFait
    « On a un article de The Independent aussi. »
  • 3:36InvitéFait
    « Alors ce Figaro, c'était un maire en plus. »
  • 3:59InvitéFait
    « Le tout va bien ? »
  • 4:00InvitéFait
    « Oui, ça c'était une proposition de ma part à Adrien. »

Temps de parole

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Présentateur

Autre invité ce matin, Yves Decamp, c'est Frédéric Martin, éditeur à la maison d'édition Le Tripode. Il vient nous parler du livre d'Adrien Gingold, Le tout va bien, un pot pourri de 136 titres de la presse de l'année qui vient de s'écouler.

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Invité

Bonjour Frédéric Martin. Bonjour. Le tout va bien, c'est un recueil de titres de faits divers glanés dans la presse par Adrien Gingold, qui veut voir dans ses titres le reflet de la réalité du temps. Alors une réalité réduite, évidemment, à ce qu'elle a de plus insolite et de plus absurde. Oui, au départ c'est parti de quelque chose de très très simple. Lui-même était journaliste et pour amuser, il s'occupait des revues de presse notamment, et pour amuser les copains de la rédaction, il avait pris l'habitude de noter les titres les plus fous. Et en fait ça faisait tellement rire les collègues qu'il a fini par en faire un blog.

Et le blog a fait boule de neige parce que des gens ont commencé à lui renvoyer des articles de la presse, notamment régionale, à tel point qu'aujourd'hui le blog est un phénomène. Il y a plus de 200 000 personnes qui y sont abonnées. Alors quelques exemples dans ses titres qu'il a recueillis. Cette girafe qui a été tuée sur l'autoroute parce que sa tête a heurté un pont. Ce détenu belge qui refuse de sortir de prison parce que c'est le jour des frites. Cet homme qui se tue en prenant un selfie avec une arme à feu. Erreur tragique. Les faits divers. Alors tout cela est vrai. Tout est vrai.

Ou alors les journalistes se sont fait avoir mais en tout cas tout ça a été pris dans la presse nationale ou régionale, voire internationale. On a un article de The Independent aussi. Donc on n'a pas vérifié les sources des journalistes mais a priori les articles sont derrière les titres. Ce n'a pas été réécrit. Absolument pas. Les faits divers on dit que c'est le reflet de l'époque. C'est surtout le moyen de se rire un peu en l'occurrence y compris de sujets dramatiques. Moi en fait j'ai découvert le blog complètement par hasard à un moment où j'étais assez fatigué. J'avais eu beaucoup de travail, des livres assez lourds à préparer.

Et en fait le premier réflexe ça a été de dire puisque ça m'a fait du bien de lire ce blog, ça serait bien que de le faire lire à d'autres personnes. Voilà donc effectivement le projet du livre est parti d'abord d'un éclat de rire. C'est un exercice qui rappelle les perles de l'assurance, les perles du bac ou même les coquilles relevées par le canard enchaîné toutes les semaines. Oui il y a même un côté bref du comptoir parce qu'on y retrouve toute l'humanité avec les tendances lourdes, la sexualité, la violence, la folie. Après il y a eu un travail éditorial entre le blog et le livre.

C'est qu'on s'est aperçu que si on dépouillait cette revue de presse qui était faite sur le blog, de tout ce qui était très circonstancié. Que ça soit sur l'époque ou sur les personnalités, il n'y a aucun en commun par exemple dans le livre. On s'apercevait qu'on avait une sorte de, non seulement de portrait de l'humanité, mais en plus quelque chose qui était très cathartique. C'est-à-dire qu'avoir des articles comme ça qui traitent des choses les plus intimes finalement de l'homme, ça fait du bien. Très poétique aussi parfois, comme ce titre en scène maritime, un homme ivre qui vole un camion de pompier pour escalader le balcon de sa petite amie. Très beau ça ?

Il y en a un dans la catégorie des ivres qui me réjouit encore plus, c'est le Figaro qui avait titré ça. Ivre, il tente de voler des palmiers. Joli aussi. Et on se prend à rêver, alors ça c'est aussi à mon avis la vertu de ce livre. Comme on a volontairement reproduit que les titres et non pas les articles, c'est une boîte à rêve. Ou même un outil surréaliste pour un romancier par exemple qui a du mal à trouver des histoires, il achète ce livre et il a 25 romans potentiels. Et on a du mal à y croire parfois comme ce titre, cet automobiliste flashé à 154 km heure pour faire sécher sa voiture. Alors ce Figaro, c'était un maire en plus.

C'était pas du tout un délinquant et j'ai lu l'article et il s'expliquait. C'était un truc tout bête, il avait remarqué que quand sa voiture passait au séchage après le lavage, il restait toujours un petit peu d'eau et ça faisait des traces une fois que ça séchait. Donc il a roulé à 150 km heure pour vraiment sécher le plus rapidement possible la voiture. Et alors pourquoi ce titre ? Le tout va bien ? Ça c'est le titre du livre. Oui, ça c'était une proposition de ma part à Adrien. Il y a deux façons. C'est qu'après chaque article, soit on est désespéré, soit on dit la vie continue et d'une certaine manière tout va bien, on panique pas.

Et une autre façon de lire le titre qui est plus philosophique, c'est de dire que le monde c'est ça aussi. Voilà, une totalité, il faut l'apprendre pour ce qu'elle est. Et tant que la réalité dépassera la fiction, tout ira bien. Oui, c'est ça. Merci Frédéric Martin. De rien, au revoir.

4:30
Présentateur

C'était Frédéric Martin, l'invité du 5-7 Le tout va bien d'Adrien Jingold aux éditions Le Tripode et c'est déjà en librairie.

Frédéric Martin · Pourquijevote