Guerre en Iran : les marins du détroit d'Ormuz témoignent
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Des attaques comme celle-ci rythment depuis le 28 février le quotidien des marins qui travaillent dans le golfe arabo-persique. "Le Monde" a recueilli le témoignage d'un marin français qui a passé trois semaines dans cette zone, théâtre de guerre depuis l'attaque israélo-américaine contre l'Iran. Il témoigne sous couvert d'anonymat car il n'est pas autorisé à parler aux médias par son employeur.
Au moins 23 navires ont été touchés par des frappes attribuées à l'Iran depuis le 28 février et 10 marins ont perdu la vie, selon l'Organisation maritime internationale. Le chef ingénieur grec Vaggelis Dimakis a tenu un journal de bord depuis le pont de son pétrolier. Comme lui, près de 20 000 marins se sont retrouvés pris au piège de la guerre.
Dans cette ambiance tendue, ils tentent de rester calmes. La plupart des marins occidentaux ont pu, comme le marin interrogé par "Le Monde" ou Vaggelis Dimakis, être rapatriés et rentrer chez eux. Mais ces derniers font partie des plus chanceux.
La marine marchande est extrêmement hétérogène. Pour les officiers européens ou les navires contrôlés par, mettons, les intérêts français, ce sont des navires neufs qui s'inquiètent de leurs équipages. Tout ça devrait se passer le moins mal possible.
Quand on va avoir des navires de 25-30 ans d'âge avec des équipages internationaux, là, on a de toute façon des sociétés qui sont prêtes à les abandonner. Certains marins espèrent pouvoir quitter le golfe arabo-persique dans le cadre du cessez-le-feu prononcé le 8 avril ou grâce à la réouverture temporaire du détroit, annoncée par l'Iran le 17. D'autres doivent composer avec le risque de reprise des hostilités.
Les marins qui entretiennent et ravitaillent les plateformes offshore de la région. Un de ces navires de soutien offshore a été légèrement endommagé, le 18 mars. En cause, selon plusieurs médias spécialisés, les débris d'un projectile visant Ras Laffan, la plus grande plateforme d'exportation pétro-gazière du Qatar.
Malgré le risque, le travail continue. Voici par exemple le champ pétro-gazier offshore Al-Khalij au Qatar. Ici, des navires de ravitaillement et d'entretien qui continuent de faire des allers-retours avec l'île de Halul et le continent.
Une grande partie des activités de production a continué pendant toute la durée du blocage du détroit d'Ormuz. Quoi qu'il advienne du fragile cessez-le-feu, les sociétés pétro-gazières devront faire avec ce nouveau contexte sécuritaire et continuer de faire travailler des marins, y compris en zone de guerre.