Jour 4 - Discours de Fabien Roussel
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le Conseil national se réunira de manière très brève dans la salle de commission des candidatures à l'école d'histoire de Paule.
Un peu d'attention, s'il vous plaît. J'appelle Sandra Blaise, co-présidente de la commission des candidatures pour la proclamation des résultats.
Je vais laisser un petit peu le suspense. Je vais commencer par la commission de médiation et des conflits. Il y avait 685 inscrits, votant 667 pour 569, 85,30%, contre 98, 14,7%. Bravo. Maintenant, les résultats sont entendus. Pour le CN, donc inscrits 685, votant 672 pour 540, 80,40%. Contre, attendez, je donne quand même les contres, contre 132, soit 19,6%. Bravo à tout le monde. Et donc, avant d'annoncer le discours de Fabien... Allez, encore un instant d'attention. Une seconde d'attention avant que Fabien arrive. Donc, les membres du CN élus aujourd'hui, donc, se rassemblent, après le discours de Fabien, salle de la commission des candidatures.
Allez, maintenant, c'est le moment que nous attendons tous. Est-ce qu'il y a besoin de chauffer la salle, tu crois ? Pas sûr. Vous le connaissez ? Il est du Nord. Il est député du Nord. Il a été élu à l'instant secrétaire national du Parti communiste français. À 80,40%. J'ai nommé Fabien Rousset !
Très chers amis, mes très chers camarades. D'abord, je voudrais, avant d'entamer mon discours, tout simplement rappeler toute notre solidarité, toute notre amitié aux Marseillais frappés par ce drame terrible et redire ici que tous les communistes, et nous tous réunis ici en Congrès, nous sommes totalement aux côtés de la municipalité qui a besoin d'être soutenue face à cette terrible épreuve. Et je voudrais que nous ovationnons une nouvelle fois les forces de secours qui, encore en ce moment même, sont en train de chercher des victimes. Merci.
Cela fait maintenant des semaines, des mois, que les 42 000 adhérentes et adhérents cotisants du Parti communiste français échangent dans la proximité de nos organisations, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les villages, dans nos fédérations, tout en participant à ce mouvement social historique. Ce que nous venons de faire, c'est la démocratie dans laquelle nous croyons. et notre démocratie, c'est ni Dieu, ni César, ni César, ni Tribun. C'est la force du commun. Et c'est la force que nous avons et que nous mettons dans notre Congrès.
Les choix que nous avons faits ce week-end sont des choix collectifs, avec des directions renouvelées, rajeunies, féminisées pour notre organisation, avec un projet partagé, ambitieux pour la France. Vous m'avez renouvelé votre confiance comme secrétaire national. Je voudrais vous dire l'honneur que cela représente pour moi. J'aspire à être digne de la confiance que vous me portez et vous pouvez compter sur moi, sur la future direction que vous venez d'élire, pour faire respecter les choix que nous venons de prendre ensemble. Depuis trois mois, la France se lève, se rassemble, s'unit contre une des réformes les plus dures que le monde du travail ait subi avec la retraite à 64 ans.
Et c'est toute la France du travail, le cœur battant du pays, qui dit non, unis, pacifiques, solidaires. Salutons ici ces salariés que toute la France a glorifiés pendant la pandémie et qui sont si mal remerciés par ce président. Gloire aux éboueurs, aux rippeurs que Macron remercie de leurs efforts en leur imposant honteusement deux années de travail supplémentaire. Souvenez-vous de ce que disait Jacques Prévert, les concernant, je cite, « Quand les éboueurs font grève, les orduriers s'indignent ». Eh bien, regardez-les, écoutez-les. Écoutez ceux qui nous gouvernent, qui vivent dans les salons dorés de leur ministère.
Ils ne tiendraient pas deux heures derrière une benne et ils leur font la leçon tous les jours. L'autre jour, j'entendais parler de la grève des poubelles, comme si c'était les poubelles qui faisaient grève. Ce sont les éboueurs, ce sont des êtres humains, des êtres vivants et qui revendiquent de partir en retraite vivants. Et c'est pour ça que nous sommes à leurs côtés. Gloire à cette France du travail la plus belle que nous ayons. Quand elle se met à l'arrêt, c'est toute la France qui est à l'arrêt. Car ce sont elles, eux, les travailleurs, les travailleuses qui produisent les richesses de la France. Ce sont eux qui font la valeur de la France.
Que Bernard Arnault et François Pinault se mettent en grève, tiens. Ça changerait un petit peu la marche du pays ? Pas du tout. D'ailleurs, je leur lance le défi. Mettez-vous en grève un peu, là, pendant 15 jours. On va voir ce que ça va faire. Ça se trouve, ça ira peut-être mieux. En tout cas, la lutte des classes, on en a parlé, oui, elle existe. Et ce sont eux, la classe des riches, qui l'amènent, avec brutalité, avec violence. La classe des riches, elle sait se défendre. Et elle nous fait mal. C'est elle qui impose cette réforme des retraites. C'est elle qui veut toujours nous faire travailler plus longtemps, plus durement.
Et quand nous résistons, ils veulent nous faire taire, avec Macron à leur tête. C'est lui qui veut baïonner les députés en les privant du droit de voter. C'est lui, avec son ministre Darmanin, qui veut discréditer les manifestants en les faisant passer pour des violents, qui réquisitionne les salariés, brise la grève, qui veut faire taire les élus locaux engagés dans le mouvement social. Eh bien, nous ne les laisserons pas faire, car nous, nous avons choisi notre camp.
Nous, au pouvoir, nous respecterons les Français, nous respecterons le monde du travail, nous respecterons les syndicats, nous respecterons les élus et le Parlement, et nous supprimerons même le 49.3 de la Constitution, parce que nous, nous respectons la démocratie. Et c'est pourquoi, encore aujourd'hui, je demande au président de la République de respecter les Français, de retirer sa réforme. C'est la seule chose bonne que vous ferez depuis que vous êtes élus. et si ça vous fait trop de mal à faire du bien, donnez-nous au moins la parole. Donnez la parole au peuple. Laissez-nous décider de ce que nous voulons pour nous et pour nos enfants.
Et nous ferons tout, tout pour obtenir ce référendum, en allant chercher ces 4 800 000 signatures, comme le propose le RIP, le référendum d'initiative partagée, inscrit dans notre Constitution. Et nous organiserons le plus grand et le plus beau débat populaire, démocratique que la France ait connu depuis le référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Oui, j'ai confiance. Car même si nous n'avons pas encore gagné cette bataille, le président, lui, il a déjà perdu. Il a perdu les Français, il a perdu l'opinion, il a perdu les syndicats.
Mais, et nous en avons parlé ce week-end, s'il a perdu, je ne crois pas, nous ne croyons pas que pour autant c'est le projet de l'extrême droite qui est majoritaire dans le pays. Et c'est là une contradiction qui existe en ce moment. L'extrême droite serait aux portes du pouvoir. Pourtant, ces idées ne sont pas majoritaires aujourd'hui en France. Car l'extrême droite ne propose rien d'autre que la fin des cotisations sociales sur les salaires. Et donc la fin de la sécurité sociale. Les Français ne veulent pas de la fin de la Sécu. Au contraire, ils en veulent plus. L'extrême droite, qu'est-ce qu'elle propose ?
Elle propose la retraite après 42 annuités de travail sans garantir un montant de pension décent. Est-ce cela que veulent les Français ? Non. Ils veulent partir plus tôt et avec une pension permettant de vivre. Et pour financer cette réforme, que propose l'extrême droite ? Il propose aux femmes de faire des enfants. Enfin, quel projet ? Réduire les femmes à un utérus. Son projet, c'est travail, famille, patrie, c'est la France de Pétain qui est au retour. Est-ce cela que nous avons entendu dans les cortèges ? Non. Et nous avons surtout entendu les femmes dire qu'elles veulent plus de respect, plus de salaire et plus d'égalité.
L'extrême droite, c'est la meilleure alliée du capital et c'est la pire ennemie des femmes et des syndicats. C'est pourquoi nous devons construire une alternative de progrès, ouvrir un chemin pour battre l'extrême droite et répondre en même temps aux attentes des Français. Nous voulons construire une majorité capable de l'emporter, capable de battre l'extrême droite qui menace. Alors, et c'est ce que nous leur proposons à l'issue de ce Congrès, proposons aux Français de sceller un pacte avec eux, de sceller une union autour du projet le plus ambitieux pour notre pays. Notre proposition, c'est de construire un nouveau front populaire pour bâtir ensemble une France libre, forte et heureuse.
C'est ça, notre pacte pour le progrès social et pour la France du travail. Une France libre, forte et heureuse. Une France libre d'abord. Une France libérée de l'emprise du capital et des prédateurs qui en ont fait leur terrain de jeu. Une France libérée de la corruption et des trafics de toutes sortes, que ce soit les trafics d'armes, de drogues et d'êtres humains. Une France libérée de la finance et de la fraude fiscale qui l'accompagne et qui prive notre pays de dizaines de milliards d'euros par an. Notre pacte pour une France libre, c'est d'abord de reprendre le pouvoir sur l'argent, sur nos richesses, sur notre outil de travail.
Nous voulons et nous continuerons de nous battre pour un pôle public bancaire, pour que notre argent serve à investir et à préparer l'avenir de nos enfants. Et parce que nous voulons reprendre le pouvoir sur l'argent et sur les banques, nous ne voulons plus de cette Europe libérale qui défigure la France comme tant d'autres pays européens. Et c'est pour ça que nous voulons une France libre. Il est temps de promouvoir de nouveaux traités européens, respectant les choix de chaque nation, faisant la promotion de la coopération, le respect des salariés, de la planète, des services publics plutôt que les règles mortifères de la concurrence libre et non faussée.
Regardez ce qui se passe en ce moment. En Espagne, en Irlande, en Grèce, les forces progressistes ou les partis communistes de ces pays sont en train de préparer la victoire. Eh bien nous aussi, préparons la victoire en France. Et nous l'avons décidé ce week-end, vous l'avez décidé, le parti communiste français devra défendre ce projet d'une Europe de la paix et du progrès social. Une Europe qui respecte la souveraineté des peuples lors des prochaines élections européennes. C'est votre choix, c'est notre choix. Une France libre, c'est une France qui porte partout la voie de la paix, qui privilégie la diplomatie plutôt que l'escalade guerrière.
Les familles, les enfants, les salariés sont les premières victimes des guerres, des tensions internationales et des sanctions économiques. Sortons de ces logiques qui ne servent que les marchands d'armes et font taire toutes les revendications sociales. Elles n'ont d'ailleurs pas empêché, au contraire, la guerre de se répandre jusqu'à tonner aux portes de l'Europe. L'horreur est là, avec son cortège de crimes, de morts, de destructions. La France se tient résolument aux côtés des Ukrainiens et nous avec, victimes de Poutine avec comme premier horizon la paix. Et la condition de la paix, ce sont le dialogue et des règles communes pour éviter toute source de conflits.
Et voilà tout ce qui a manqué pour éviter cette guerre. Il est urgent que la France prenne des initiatives diplomatiques partout dans le monde pour ouvrir la voie à un cesse-le-feu et à des négociations. Et nous le rappelons, il ne doit pas y avoir deux poids, deux mesures en matière de respect du droit international. Nous le disons sur l'Ukraine, mais nous voulons le dire aussi pour les Palestiniens. Nous voulons une France qui respectera toutes les résolutions de l'ONU et qui dénonce la colonisation des territoires palestiniens.
Nous serons aussi aux côtés des peuples d'Amérique latine qui les uns après les autres retrouvent leur liberté et le chemin de la justice sociale en s'émancipant de la tutelle américaine. Eh bien, nous voulons justement que ce chemin s'ouvre jusqu'à Cuba qui subit le blocus le plus long, le plus dur de notre histoire contemporaine. Mais qu'est-ce qui justifie une telle haine, un tel déchaînement de mesures de la part des Américains qui portent atteinte à la souveraineté d'un pays ? Nous lancerons donc une grande campagne de solidarité envers le peuple cubain.
Nous demanderons à la France de tout mettre en œuvre pour faire respecter les résolutions prises à la quasi-unanimité par l'ONU contre ce blocus insupportable. viva Cuba libre ! Une France libre, c'est aussi une France qui retrouve sa souveraineté en matière de politique internationale et qui saura s'émanciper de l'OTAN et des États-Unis pour ne pas être engagée dans des conflits qui n'ont pas lieu d'être. Retrouvons notre indépendance en matière de politique étrangère pour que la voix de la France soit mise au service de la paix et du dialogue, des coopérations et de la sécurité collective. Voilà ce que c'est pour nous une France libre. une France libre et une France forte aussi.
Une France forte et souveraine car c'est la condition de notre liberté. Une France forte pour tourner la page de ces années de déclin et d'affaiblissement. Franchement, regardez ce qu'ils ont fait de notre pays ces dernières années. Ils ont mis la France sur le bon coin, ils ont signé des traités de libre-échange à tour de bras, ils ont transformé nos frontières en passoires et ouvert la France aux quatre vents, aux marchands et à la finance. Et aujourd'hui, ils reviennent la bouche en cœur en nous parlant de souveraineté, souveraineté, souveraineté.
Non mais dites donc, ils ont vendu le pays, c'est le grand déménagement industriel, ils ont laissé filer nos usines, notre industrie et ils viennent nous parler de souveraineté. On a vu, nous, ce qu'il en était de la souveraineté de la France sous leur pouvoir. On l'a vu pendant la pandémie, incapable de produire des masques, incapable de produire des tests, incapable de produire un vaccin. Plus jamais cette humiliation. Nous n'avons pas attendu, nous, 2023, pour défendre le produire français.
Et nous le disons encore aujourd'hui, notre pacte pour une France forte et souveraine, c'est d'abord un pacte industriel avec un engagement et il n'y aura plus un euro d'argent public, plus une seule exonération de cotisations sociales ou d'impôts pour une entreprise qui délocalise, qui licencie et qui précarise. notre pacte, c'est celui-là. Avec nous au pouvoir, l'État sera au service des travailleurs et des travailleuses et pas au service de la finance. Les 160 milliards d'euros d'argent public versés tous les ans aux entreprises seront tous conditionnés à la création d'emplois, à la rélocalisation de l'activité industrielle et à des objectifs environnementaux.
Et d'ailleurs, pour cela, nous voulons permettre aux salariés de participer au choix de l'entreprise, de participer aux conseils d'administration de ces grands groupes industriels et nous planifierons ainsi une stratégie industrielle permettant à la France de retrouver le million d'emplois perdus ces 20 dernières années.
Je le dis avec force aux Français et je le dis aux jeunes, aux jeunes qui nous écoutent et vous le direz demain, dans les semaines et les mois qui viennent, nous voulons former et embaucher autant de chercheurs et d'ingénieurs que de soudeurs, de mécanos, d'électriciens, de chaudronniers, de conducteurs de machines qui sont de beaux et nobles métiers et des métiers autant ouverts aux femmes qu'aux hommes et nous en avons tellement besoin pour reconstruire notre pays.
Et notre projet, il est cohérent parce que pour lancer ce vaste plan de recrutement dans les métiers de l'industrie, nous voulons le faire avec l'éducation nationale, avec nos enseignants, avec nos lycées professionnels, en garantissant un bac pro en quatre ans, l'accès au BTS, aux formations d'ingénieurs pour celles et ceux qui le choisiront. L'avenir de la France et son industrie et c'est la formation et c'est l'éducation nationale au service de cette jeunesse qui choisira demain de s'y investir avec confiance.
Oui, notre pacte pour la France, c'est d'abord de remettre au cœur de notre projet le travail, le salaire, la dignité au travail avec tous ces hommes et toutes ces femmes qui font toute la richesse de la France. La reconquête industrielle de notre pays, la relance de nos services publics, passera aussi par la reconquête de notre souveraineté énergétique qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Notre pacte pour la France du travail est indéfectiblement lié à son pacte énergétique. La France forte, c'est donc celle qui sortira du marché européen de l'énergie et reconstruira à son indépendance énergétique en s'appuyant sur un mix énergétique, renouvelable et nucléaire.
Nous ne lâcherons pas là-dessus car c'est bon pour le climat, c'est bon pour le pouvoir d'achat et c'est bon pour nos entreprises. Imaginez, nous reconstruirons une entreprise publique de l'énergie avec un EPIC réunissant EDF et ENGIE nationalisés. Nous garantirons ainsi l'électricité la moins chère d'Europe aux Français et aux entreprises mais aussi l'énergie la plus décarbonée pour le climat. Comment ont-ils pu brader nos outils comme ça ? Quel avantage compétitif incroyable nous avons dans notre pays avec ces barrages hydrauliques, avec ces centrales nucléaires qui sont des biens précieux, qui nous appartiennent et qui appartiennent à la nation.
Alors, je le dis ici, nous ne les céderons jamais aux privés. La production électrique doit échapper à toute spéculation, servir les intérêts de la nation à des tarifs correspondant aux coûts de production et de transport. Voilà ce que c'est que la réappropriation de nos outils de production. Voilà ce que c'est une politique industrielle au service de la République et de tous ses enfants. Une France forte, une France forte, c'est aussi celle qui défend sa souveraineté alimentaire. C'est une bombe sociale qui s'abat en ce moment sur les Français avec l'explosion des prix de l'alimentation.
Oui, nous avons eu raison de défendre le droit à une alimentation de qualité, le droit pour chacun de manger bien, de manger sain et de manger à sa faim. Nous voulons une France qui permet à ses paysans, à ses pêcheurs, de vivre dignement de leur travail et qui les protège de la concurrence déloyale organisée par les traités de libre-échange. Nous voulons soigner nos agriculteurs, nos paysans, les pêcheurs. Ils nous nourrissent et ils dessinent aussi les plus beaux paysages de notre pays. Alors, j'en profite pour dire à ceux qui passent leur temps à les critiquer qu'ils rendent à notre pays un bien mauvais service.
Ils ne doivent pas être montrés du doigt et punis, mais au contraire, accompagnés pour qu'ils puissent prendre toute leur part dans la transition écologique. C'est cela, la France, que nous voulons construire avec le monde paysan. Une France libre, une France forte et enfin, une France heureuse. Car le bonheur est toujours une idée neuve. Le bonheur, tout simplement pour en finir avec des années de sinistrose, de marasme et de Macron. Parce qu'avec Macron, c'est bonjour tristesse tous les matins et c'est soupe à la grimace tous les soirs. On n'a jamais vendu autant d'exomiles avec lui. Il a transformé le bonheur en privilège. Eh bien moi, je veux le bonheur partagé par le plus grand nombre.
Parce qu'il ne vaut vraiment le bonheur qu'à la condition d'être partagé par toutes et par tous. Et la France heureuse que nous voulons bâtir, c'est d'abord une France qui reconnaît la valeur de celles et ceux qui travaillent et qui produisent les richesses de la nation. La reconnaissance de ces hommes et de ces femmes, ça commence d'abord par une bonne fiche de paye sans qu'ils aient besoin d'aller chercher une prime d'activité à la CAF. Une France heureuse, c'est une France du travail, du travail pour toutes et tous et du travail justement rémunéré. Notre horizon collectif ne peut plus être celui des minima sociaux, d'une vie au rabais, de la pauvreté à vie imposée par le capitalisme.
Nous voulons sortir la France et les Français du chômage, de la précarité généralisée et reconstruire une France du travail et des bons salaires. C'est ça notre projet. Comment la gauche a-t-elle pu perdre cette boussole ? C'est pourquoi nous garantirons un SMIC minimum à 2 000 euros bruts. Nous réévaluerons toutes les grilles salariales tenant compte de l'inflation avec une conférence salariale réunissant les organisations syndicales et patronales. Et surtout, nous construirons un nouveau service public de l'emploi visant à sécuriser les parcours professionnels permettant à chaque jeune, chaque salarié de bénéficier tout au long de sa vie d'un salaire, d'un emploi ou d'une formation.
Nous voulons ainsi révolutionner le travail et mobiliser tous les moyens en ce sens. Nous voulons travailler moins, nous voulons travailler mieux, mais nous voulons travailler tous. C'est ça, ce que nous voulons. Et bien sûr, une France du travail, c'est aussi celle qui reconnaît le droit après une vie de travail, qui reconnaît le droit au congé payé. Heureusement, on s'est battu pour. Mais concernant la retraite, nous devons être clairs auprès des Français qui nous interrogent. Oui, la gauche doit se fixer l'ambition de rétablir la retraite à 60 ans pour toutes et pour tous avec une pension garantie. La retraite.
La retraite à 60 ans, on s'est battu pour la gagner, on se battra pour la garder. On s'est battu pour la gagner, on se battra pour la garder.
A 60 ans, on s'est battu pour la gagner, on se battra pour la garder !
Une France forte, une France libre, une France heureuse. Mais une France heureuse, c'est surtout une France de l'égalité. L'égalité au travail, mais pas seulement. L'égalité face à toutes les dominations qui font tant de mal à beaucoup de nos concitoyens. L'égalité entre êtres humains, quelle que soit notre couleur de peau, notre religion, notre genre, notre origine. Où est la France des Lumières ? Celle de 1789 qui a écrit que tous les citoyens naissent libres et égaux en droit. C'est cela l'universalisme que nous défendons et qui refuse de distinguer, de différencier un être humain en fonction de sa couleur de peau, de sa religion, de son sexe ou de son genre.
Cette égalité doit garantir à chacun de nos jeunes le même droit à un travail, à un logement, à une formation, à la mobilité. Il n'y a pas de place dans notre République au racisme, à l'antisémitisme, à l'homophobie. Et je le redis ici, les auteurs de propos discriminatoires, racistes, antisémites, n'ont pas de place dans les assemblées électives. Ils doivent être inéligibles et déchus de leur mandat. L'égalité en République, c'est aussi de permettre à chacun d'avoir accès à des services publics, à un médecin, à un hôpital, aux soins. C'est d'avoir accès à une école et à des enseignants, à une université et aux formations.
C'est d'avoir accès à un logement de qualité, d'avoir accès à l'énergie, à l'eau. C'est aussi d'avoir accès et droit à la tranquillité publique, à la sécurité. Pour les femmes, les jeunes filles, aujourd'hui victimes de violences sexistes, comme pour nos enfants qui ne peuvent plus grandir dans des quartiers ravagés par les trafics de drogue. Ne laissons pas les dealers prendre le pouvoir dans nos villes. Demain, notre gouvernement garantira l'accès à tous ces services publics, de l'école jusqu'à la tranquillité publique, pour toutes et pour tous, en tous points du territoire que l'on habite, en Seine-Saint-Denis ou dans le Pas-de-Calais, à Marseille ou à Les Réunions.
Les services publics, c'est notre patrimoine et nous les défendrons toutes et tous. L'égalité, c'est aussi celle entre les femmes et les hommes. C'est celle de l'égalité salariale que nous avons toujours défendue. Mais c'est aussi celle de l'égalité dans la vie de tous les jours, au travail, à la maison, à l'école, sur les terrains de sport. Nous voulons une France qui s'engage contre toute forme de domination, contre le patriarcat, contre le capital qui l'exacerbe toujours plus. Et ce n'est pas pour nous un combat de femmes contre des hommes, mais c'est un combat de toute la société. Alors progressons, nous aussi, dans notre manière de faire de la politique.
Et nous avons fait un pas important lors de ce congrès, en nous dotant de règles de vie visant à faire respecter totalement l'égalité des droits et exclure tout comportement sexiste. Il n'y aura aucune place dans notre parti pour des comportements violents, sexistes ou racistes. Tous propos ou gestes indignes des valeurs de notre parti sont à bannir. Les auteurs seront sanctionnés voire exclus. Aucun adhérent, aucun candidat ne pourra se présenter aux élections et avoir notre soutien s'il a été sanctionné par la justice pour l'une de ces raisons. Et je le dis parce qu'on ne s'auto-proclame pas parti féministe. On le devient.
Et on le devient en se transformant et en commençant d'abord par respecter les femmes et leurs combats. La France heureuse, c'est donc l'égalité. L'égalité au cœur de toutes les politiques. Et nous disons aussi qu'il n'y a pas d'égalité sans laïcité. Parce que cette laïcité permet de faire respecter l'universalité des droits humains. Parce qu'il affirme, la laïcité affirme l'égalité de toutes et de tous et refuse toute religion d'Etat. Oui, nous défendrons la laïcité comme la prunelle de nos yeux. Et je voudrais que l'on rende hommage ici à toutes ces femmes qui partout dans le monde portent l'idéal de laïcité.
À ces femmes qui, au péril de leur vie, refusent de se soumettre à des dogmes religieux d'un autre temps. Honneur aux valeureuses femmes kurdes qui combattent Daesh et qui risquent leur vie pour défendre ces valeurs. Honneur aux femmes iraniennes qui refusent la soumission au Mollah ! Pensez à elles ! Pensez à leur courage quand elles brûlent leur voile !
Liberté ! Liberté !
Oui, dans la République que nous voulons construire la laïcité et la condition de notre liberté. Une France heureuse, enfin, c'est une France qui inventera l'écologie heureuse. Parce que l'écologie, nous, on la veut heureuse. Le dérèglement climatique est le grand défi de notre temps. Il ne saurait y avoir de bonheur dans une planète en ruine. Les jours heureux, c'est aussi ce projet permettant de protéger la planète et le vivant, de sortir des énergies carbonées, du gaz, du charbon et du pétrole. Une France heureuse, c'est un avenir sans pénurie qui concilie les droits à se chauffer, se loger, se déplacer et se nourrir sans abîmer la planète.
Nous faisons notre les objectifs du GIEC et les recommandations des chercheurs et des scientifiques. Oui, nous devons changer nos modes de production, de déplacement, de consommation. Et d'ailleurs, chacun individuellement, nous faisons beaucoup d'efforts. Mais quand même, comment ne pas éprouver de la colère quand nous arrivons à réduire notre consommation d'électricité. Mais quand on voit arriver la facture, on paye plus cher. Pareil pour l'eau, pour le gaz. Enfin, la révolution écologique impose de nous libérer du système libéral. Il faut mettre l'argent, l'argent public comme l'argent du capital, au service de cette révolution, avec des règles et des critères définis démocratiquement.
C'est notre projet. Et d'ailleurs, nous proposons pour cela de sortir l'énergie et l'eau des mains des financiers. C'est urgent et c'est important. Nous proposons de mobiliser 20 milliards d'euros par an pour rénover tous les bâtiments de France et réduire massivement leur consommation d'énergie avec l'usage de matériaux innovants et respectueux de l'environnement. Et nous voulons voir les factures de loyers de charges baisser pour tous les locataires des HLM de notre pays. Nous voulons enfin engager le grand chantier de la mobilité décarbonée avec un programme massif d'investissement pour le rail, les transports en commun et les voies cyclables.
Et d'ailleurs, nous mettrons un terme à la mise en concurrence de la RATP comme celle du rail lancé par trop de régions. Nous voulons reconstruire une grande entreprise publique, unifiée, avec la SNCF libérée de sa dette et capable d'investir avec l'Etat les 100 milliards d'euros en 10 ans dont nous avons besoin. L'écologie heureuse, enfin, ce n'est pas l'assignation à résidence, ce n'est pas la démobilité vantée par certains. L'écologie heureuse que nous voulons, ce ne sont pas ces ZFE qui demandent toujours au même de faire des efforts supplémentaires. Voilà la France libre, forte et heureuse que nous voulons pour les Français. Nous voulons réparer la France.
Et pour cela, nous n'avons qu'un seul but. Faire gagner la France du travail et du progrès social. Faire que demain la France renoue avec des réformes populaires, avec pour ambition de vivre mieux. Pour cela, nous proposons donc de construire un nouveau Front populaire. Construire un Front populaire, c'est d'abord faire le choix de s'adresser à toutes les Françaises, à tous les Français. D'abord à celles et ceux qui doutent, qui cherchent, qui ne votent plus, qui s'abstiennent. C'est de s'adresser à toutes celles et ceux qui manifestent en ce moment contre cette réforme, avec sincérité, avec détermination.
Adressons-nous à tout cela, à ces ouvriers, à ces employés qui se sentent méprisés, ainsi qu'aux classes moyennes qui se font essorer par ce gouvernement. Adressons-nous autant à cette France rurale qu'aux habitants des banlieues qui se sentent tous abandonnés, parce que tous victimes des mêmes reculs de la République et des mêmes logiques du capital. C'est construire un Front populaire, c'est construire un programme, et dire aux Français, voilà ce que nous nous mettrons en œuvre demain, pour vous, pour la France, pour l'avenir de nos enfants et de la planète.
Et c'est ce pacte que nous proposons, un pacte que nous voulons sceller avec les Français, un engagement ferme à améliorer la vie de toutes et de tous, en mettant le travail, l'être humain, la planète au cœur de tous nos choix. Enfin, construire un Front populaire, c'est dire aux forces de gauche, aux forces de progrès, au monde syndical, au mouvement associatif, social, que nous sommes disponibles, ouverts, prêts à travailler ensemble. Mais n'est-ce pas ce que nous faisons déjà, dans de nombreuses villes, dans des métropoles, dans des départements, dans des régions ? N'est-ce pas comme cela que nous avons réussi à faire reculer l'extrême droite, dans des cantons, dans des villes ?
Et nous l'avons fait à chaque fois, dans le respect de chacun, sans hégémonie de qui que ce soit. C'est cela que nous appelons de nos voeux. Montrons aux Français que la gauche en France, elle est, à leur image, passionnée et passionnante. Qu'elle est diverse, mais qu'elle sait se rassembler. C'est pourquoi nous appelons à aller plus loin que l'union construite au lendemain de la présidentielle. Et bien sûr, je vais reprendre l'expression, il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain. Mais quand même, il faut quand même bien changer l'eau de temps en temps. Dans les semaines qui viennent, je demanderai une rencontre des forces de gauche réunies au sein de la NUPES.
Une rencontre, une réunion de travail pour faire le point de ce que nous avons construit jusqu'à maintenant. Et de ce que chacun souhaite faire demain. Parallèlement à cela, nous continuerons de discuter avec toutes celles et ceux qui le souhaiteraient. Et ce n'est pas à nous de fermer la porte à qui que ce soit. Le Parti communiste français restera toujours ouvert. La porte de place de colonel Fabien sera toujours ouverte. Et je dis à ceux-là, à celles-là, vous nous connaissez. Vous connaissez le Parti communiste français. Vous savez ce que nous défendons. Vous savez ce que nous n'accepterons jamais. Oui, on se rassemble sur des combats. On se rassemble sur des idées, sur un programme.
Et nous, dans notre histoire, nous n'avons eu qu'un seul objectif et nous le gardons. Toujours défendre les intérêts de la France, défendre les intérêts du monde du travail et ne jamais laisser l'extrême droite l'emporter. Et aujourd'hui, c'est quoi notre priorité ? C'est quoi l'actualité ? Aujourd'hui, notre priorité, c'est d'abord de gagner cette bataille des retraites. De la gagner tous ensemble. De la gagner contre ce gouvernement. Et enfin, d'ouvrir un nouvel espoir pour la France. C'est ça la priorité qui doit nous mobiliser. Gagner la bataille des retraites et rien d'autre. Pour conclure, je voudrais lancer un dernier appel.
Après le Tour de France que je viens de finir, après cette belle campagne présidentielle que nous avons menée ensemble, et en pleine lutte contre cette réforme des retraites à 64 ans, dans laquelle nous sommes pleinement investis, je voudrais dire aux Français qui nous regardent. Il y a dans ce pays un parti, une force politique solide, humaine, fraternelle et généreuse, dont vous pouvez être fiers. C'est le Parti communiste français. Il est là, à votre disposition. Je le dis aux Françaises et aux Français. Le Parti communiste français et la France sont intimement liés. Liés par une histoire tellement riche, belle, issue des luttes anticoloniales et des combats pour la paix.
Des grandes conquêtes sociales à la résistance. De notre engagement contre le racisme et l'antisémitisme au droit de vote des femmes. Notre parti, il est fort de ses racines, mais aussi de tous ses adhérents, de ses adhérentes, de ses élus, ancrés dans tous les territoires. C'est notre force. Nous sommes un parti populaire, avec 42 000 cotisants, 5 000 élus, dévoués des parlementaires au Sénat et à l'Assemblée nationale. C'est une richesse incroyable, que beaucoup de partis n'ont pas. pour conquérir le pouvoir, pour être utile à la France.
Nous voulons être résolument et pleinement ouverts à la société, être présents partout, dans les entreprises, dans les villages, dans les quartiers, et agir au sein des assemblées municipales et dans tous les lieux de décision. Alors, c'est pour ça que je m'adresse à vous, à nos concitoyens, aux jeunes. Et je leur dis, rejoignez les communistes, rejoignez la jeunesse communiste, rejoignez l'union des étudiants communistes et venez avec nous, œuvrez au rassemblement le plus large, pour faire gagner la France du travail et du progrès social, pour faire gagner la paix, pour faire gagner partout les valeurs humaines et fraternelles.
Nous lancerons donc, dans les semaines qui viennent, une grande campagne de renforcement et d'adhésion en direction de la jeunesse et du monde du travail. Et nous ferons, le plus grand parti du monde du travail, de la jeunesse, de la paix et de la fraternité. Voilà, chers amis, voilà, mes camarades, notre projet. Nous n'avons pas d'autre intérêt que celui de servir la France, humblement. Et je vous le dis, j'ai confiance. J'ai confiance parce que j'aime mon pays et je sais ce dont il est capable. Vive la France, vive la République, vive le Parti communiste français. Merci.
Merci.
Fabien Roussel