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interviewRMC (sur Podcast)· 27 mai 2026 18 min

Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie – 27/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Émission spéciale 4 PME sur BFM Business. Bonsoir ou bonjour. On a vraiment eu des témoignages absolument formidables. Maintenant, on va essayer de voir qu'est-ce qu'en pense justement le politique. Est-ce qu'il est prêt à prendre des mesures ? Est-ce qu'il va essayer de sauver la France ? En tous les cas, c'est une tâche difficile. Mon invité, c'est donc Sébastien Martin, le ministre délégué en charge de l'industrie. Bonsoir Sébastien Martin.

0:27
Sébastien Martin

Bonsoir à vous.

0:28
Présentateur

Alors, vous regardez votre cravate, vous avez vu qu'il n'y en avait aucun avec une cravate ?

0:32
Sébastien Martin

Moi, je suis un peu old school.

0:34
Présentateur

D'accord, vous avez le droit de la garder. Beaucoup de questions à vous poser plus sérieusement. J'ai croisé un entrepreneur tout à l'heure et qui me dit, ah, vous recevez Sébastien Martin, dites-lui de faire au niveau de la France ce qu'il a fait au niveau de Chalon. Parce qu'il a réussi à faire venir des entreprises, il y avait Koda qui fermait et il a réussi une alchimie, il a réussi à les faire venir. Voilà, c'est ça qu'il faut réussir au niveau de la France. Vous voyez, la barre est assez haute.

Lorsqu'on regarde ce qui se passe, on voit qu'il y a des données qui sont difficiles, il y a des révisions de croissance à la baisse, il y a une crise économique, il y a un coût de l'énergie qui explose, il y a un nombre de faillites qui explose. Quelle est un peu votre vision, vous, de la situation au jour d'aujourd'hui ?

1:21
Sébastien Martin

Déjà, vous avez dépeint une situation apocalyptique. Non, c'est factuel. Non, mais qui explose, qui explose, qui explose. La situation, je ne vais pas vous dire qu'elle est simple, parce qu'il y a plein d'éléments qui font qu'elle n'est effectivement pas simple. particulièrement depuis, on va dire, fin 2024. Moi, je me souviens très bien, à l'époque, vous avez parlé de mon expérience quand j'étais élu local à Châlons-sur-Saône. Je faisais le même genre de forum en tant que président de mon agglomération. Je rencontrais les chefs d'entreprise. Et en gros, jusqu'à fin 2024, le principal sujet des chefs d'entreprise, c'était comment on recrute. Ce n'était pas il y a si longtemps.

Ce n'était pas il y a si longtemps. Ça ne veut pas dire que, bien évidemment, il faut nier la situation telle qu'elle est aujourd'hui. On a une croissance qui s'est ralentie. On a une situation internationale qui s'est aggravée avec la crise de l'Iran. Et on a, on voit bien, depuis notamment l'élection de M. Trump qui a fermé le marché américain, ce qu'on appelle des volumes supplémentaires, des surcapacités asiatiques qui arrivent sur le marché européen et qui mettent en difficulté un certain nombre de secteurs industriels. À côté de ça, on a aussi eu des exemples, vous les avez eus autour de la table tout à l'heure, de gens qui entreprennent, de gens qui y croient.

Et j'ai beaucoup aimé quelqu'un qui a rappelé, n'oubliez pas de continuer à expliquer que, oui, ce pays a une vocation industrielle. On ne peut pas croire qu'il y a un an et demi, le principal problème, c'était comment on va faire pour recruter, on n'y arrive pas, et qu'aujourd'hui, tout soit terminé. Moi, je me bats contre ça tous les jours. Oui, la situation, elle est compliquée, mais expliquer que tout est foutu, parce que la situation est difficile en ce moment, c'est un non-sens.

Parce qu'on ne va pas, on ne peut pas dans le même temps dire, il faut amener nos jeunes dans les usines, il faut qu'ils reconnaissent les métiers industriels, il faut que, et puis dans le même temps dire, tout est foutu, ce n'est pas vrai. Parce que c'est un combat de long terme. Pendant des décennies, on a dit, il n'y aura plus d'usines dans ce pays. Très bien, parfait, on a vu le résultat. Et maintenant, on veut que nos jeunes retournent dans les usines. Si on veut que nos jeunes retournent dans les usines, ça veut dire qu'il faut tenir sur le long terme. Et même si c'est difficile en même temps, il faut toujours fixer et se tenir le cap de l'objectif.

3:26
Présentateur

Oui, mais ce que disait Guy Oujibaud, le fondateur et le président du Slip français, il disait, il y a une espèce de... On n'aime pas l'industrie en France, on adore la tech, ici on est à la station F, on adore le digital, on adore les services, mais c'est presque un gros mot, l'industrie manufacturière. Donc il faut changer, changer de mentalité. C'est ce qu'il essaie de faire du reste, certains lobbies pour l'industrie. On voit que c'est difficile en France.

3:53
Sébastien Martin

C'est bien pour ça qu'il faut tenir le cap. Je veux dire par là que, effectivement, ce pays, pendant des décennies, et d'ailleurs, ce n'est pas forcément des politiques qui l'avaient dit. M. Turuc qui raconte que la France, sans usine, M. Turuc, à ce que je sache, il n'était pas député, il n'était pas ministre, c'est un industriel, et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays. Je voudrais juste le rappeler des fois. Et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays. Bon, très bien. Moi, j'ai 48 ans, 49 ans. Donc j'ai grandi plutôt, dans toute cette période-là, dans toute cette époque-là. On a dit, ce n'est pas grave.

Et puis, on a dit, les gamins, allez donc en fac de droit, allez donc faire du commerce et du marketing, allez faire de la santé, allez faire tout ce que vous voulez, mais surtout, n'allez pas dans l'industrie. Et puis maintenant, du jour au lendemain, on croit que, clac, par un coup de baguette magique, tout va s'inverser, et que d'un coup, d'un seul, les gens vont ré-aimer l'industrie de manière comme si c'était une grande déclaration d'amour. Non. Il faut du temps.

4:58
Présentateur

Oui, il faut du temps. J'ai envie de dire simplement, on a quand même le président Macron, c'était quasiment sa première feuille de route de ré-industrialiser la France. Ça fait quand même quelques années qu'il est là. Et que les chiffres sont là, je les ai devant moi. C'est la 2025 qui a été, 2026, enfin 2025, elle a pire année en termes des industrialisations. Si vous regardez les chiffres, il y a 57 usines en moins en 2025. Et quand on regarde le solde net, ouverture, fermeture, c'est plus 19, mais c'est des petits.

5:27
Sébastien Martin

Je peux vous poser des questions ? Oui, allez-y. Voilà, d'accord. Entre 2018 et 2024, je crois, on a recréé des emplois industriels dans ce pays. 180 000 emplois industriels recréés dans ce pays. Par contre, entre 2005 et 2015, combien on a détruit d'emplois industriels ? Parce que vous dites, c'est la pire des années, l'année 2025. On a détruit plus d'un million d'emplois industriels dans ce pays. On a détruit plus d'un million d'emplois industriels entre 2005 et 2015 dans ce pays. 2018, 2024, on a enfin inversé cette tendance. Exact.

On a redonné, effectivement, et d'ailleurs, je veux dire, on faisait les mêmes plateaux il y a deux ans et demi, c'était vive la réindustrialisation, c'est parti, c'est génial. Et donc, je veux dire par là, que sur le long terme, il y a toujours des moments de haut et des moments de bas. Toujours. Et il ne faut pas s'ultra enthousiasmer quand ça va bien. Et il ne faut pas non plus dire que tout est foutu quand ça va mal. Parce que ce cap de la réindustrialisation, il n'est pas simplement nécessaire, il est indispensable à notre pays. Et ne croyons pas que ce pays n'est pas capable de faire beaucoup de choses.

6:32
Présentateur

Quelle est la part de l'industrie dans l'économie ? On est autour de 10% du PIB.

6:35
Sébastien Martin

C'est ça, on est à 10%. On est autour de 10% du PIB. Donc, c'est là où... On a stoppé... Je veux le dire. On reste un peu scotché. Le phénomène, il a été stoppé à un moment. Et en ce moment, quel est le visage de notre industrie ? Il faut regarder les choses telles qu'elles sont. On a des secteurs industriels qui, en France, cartonnent. Dans le domaine de l'énergie, prenez le filière de l'énergie autour du nucléaire, mais aussi de certains secteurs du renouvelable. Prenez le secteur de la défense et de l'armement qui cartonnent également. Vous allez chez Alstom qui construit des trains, qui est un secteur qui cartonne également.

Vous prenez le luxe, même s'il y a des difficultés liées au Moyen-Orient, c'est un secteur qui cartonne également. Puis vous avez des secteurs qui connaissent des grandes difficultés. la métallurgie, l'automobile, et puis aussi la chimie. Parce que ce sont trois secteurs qui sont extrêmement aussi ouverts à une concurrence internationale assez difficile. Je prends l'acier. Il y a des mesures de protection qui arrivent au 1er juillet. Et c'est heureux. Sur la chimie, on se bat aussi aux Neuros Européens sur le sujet. Sur l'automobile, il y a la transition vers l'électrique, mais pas que. Il y a plein d'autres éléments qui expliquent aussi que ce soit un moment difficile.

parce qu'on vendait à peu près, il y avait 2,2 millions d'immatriculations en 2019. Aujourd'hui, fin 2025, on est à 1,6 millions d'immatriculations. Ça veut dire qu'on a perdu à peu près 20% du marché. Sans doute qu'il y a une part vers est-ce que je vais vers la transition, est-ce que je vais vers l'électrique qui explique cela. Mais il y a d'autres éléments. Il y a aussi d'autres éléments qui expliquent cette difficulté de transformation du marché de l'automobile.

8:14
Présentateur

Oui. Il y a quand même une dimension européenne qui n'est pas négligeable. Vous êtes d'accord avec moi ? Sébastien Martin, sur l'automobile, des décisions qui ont été prises quand même à marche forcée fait qu'il y a une destruction d'emplois, notamment chez les constructeurs automobiles, mais aussi chez les sous-traitants. Non, en 2020... On n'a pas forcément mesuré l'impact. De la transition vers l'électrique ? Oui.

8:34
Sébastien Martin

De la transition vers l'électrique ? Aussi rapide. En 2020, on vendait 1,2% de véhicules électriques. J'ai du mal à comprendre comment 1,2% de vente serait responsable de la chute globale du marché. Ah non, mais c'est... Il y a plein d'autres éléments. Il y a le coût des véhicules, la montagne... Non, non, non, non, non. C'est le fait de mettre un coup près le 2035 sur les volets thermiques. 2035, ce n'est pas aujourd'hui. Aujourd'hui, si vous allez dans une concession, vous pouvez toujours acheter un véhicule thermique. Personne ne vous oblige à acheter un véhicule électrique. Et d'ailleurs, j'ai plutôt l'impression qu'en ce moment, les gens ont envie d'acheter des véhicules électriques.

En ce moment, j'ai envie de dire

9:06
Présentateur

merci Trump. C'est sûr qu'il y a eu une explosion. Je parlais hier avec Aurélien. Mais oui, merci Trump, parce que grâce à cette crise qui est quand même terrible... Moi, je n'ai pas très envie

9:14
Sébastien Martin

de dire merci à Trump quand même.

9:16
Présentateur

Je veux dire, tu as montré qu'il y a quand même un côté positif. C'est que du coup, on se précipite effectivement vers des véhicules électriques. Et puis, il y a aussi... Il y a un taux d'immatriculation et absolument incroyable.

9:26
Sébastien Martin

Il y a aussi une meilleure, comment dirais-je, technologie. Oui. Et je le dis aussi, française, le véhicule électrique le plus vendu en France, il est fabriqué à Douai et c'est la R5 électrique. Il n'est pas fabriqué en Chine. Pourquoi aussi ? Parce que la France est un des rares pays au niveau européen à avoir mis en place outre les droits de douane qui là existent au niveau européen sur le véhicule électrique.

On y reviendra sans doute tout à l'heure parce que ce n'est pas la même chose sur les véhicules hybrides et avoir mis en place l'écoscore qui fait qu'en France, quand vous avez une aide de l'État pour acheter un véhicule électrique, vous achetez un véhicule qui est made in Europe ou made in France. Ce n'est pas le cas dans tous les pays, je tiens à le préciser. Et qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit le plus dans les rues ? Ce n'est pas forcément des véhicules chinois électriques. D'ailleurs, je le dis au passage, je trouve un peu dommage dans une émission et dans un forum qui défend l'usine française, le made in France, que ce soit partenaire BYD.

Je me permets de le dire au passage parce que ça m'a un peu choqué en arrivant. Mais, parenthèse fermée, oui, c'est bien aussi qu'on soit tous raccord sur nos principes. Parenthèse fermée. Je le dis parce qu'aujourd'hui, quand on dit qu'il ne faut surtout pas de véhicules électriques, alors qu'en réalité, qu'est-ce qui est en train d'envahir le marché européen ? Personne ne dit ça. Non, je le dis, je le dis, je le dis. Qu'est-ce qui envahit surtout le marché ?

C'est plutôt des véhicules hybrides asiatiques que les véhicules électriques asiatiques qui envahissent le marché parce qu'il y a et des droits de douane et les co-scores en France qui font qu'on favorise l'industrie française automobile et électrique.

10:58
Présentateur

Alors, une question quand même, Sébastien Martin, si on, je ne sais pas, à la fin de votre mandat, dans un an, vous pensez qu'on pourra, vous aurez pu inverser la courbe d'industrialisation de la France ?

11:11
Sébastien Martin

Alors, je ne vais pas faire du François-Hollandisme sur les inversions de la courbe. Ça ne leur a pas réussi. Vous voyez ? Ce, par contre, moi, mon combat, c'est que ce cap-là, cette volonté politique, exprimée, partagée, tout à l'heure, vous allez recevoir des parlementaires de tous bords. Oui, il y a même

11:33
Présentateur

François Ruffin que je salue, Je salue les parlementaires

11:36
Sébastien Martin

qui sont ici. Tout le monde ne partageait pas, il y a quelques années en arrière, j'ai fait des débats à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Aujourd'hui, sur tous les bancs, tout le monde dit, oui, ça a été une erreur par le passé, ce qui s'est passé. Tout le monde le dit. Et tout le monde dit, oui, l'industrie est absolument indispensable pour notre pays. Et tout le monde dit aussi, effectivement, les formations scientifiques, les formations techniques, orienter plus de jeunes vers ces formations, c'est indispensable.

Et tout le monde est en train de se rendre compte aussi que contrairement à l'image d'Epinal que l'on avait, enfin, d'Epinal ou de Zola, de ce qu'était l'industrie, en réalité, chacune et chacun voit que l'industrie, c'est autre chose que cette image d'Epinal. Et surtout, et surtout, arrêtons aussi un peu parfois de nous sous-estimer. Je parlais du véhicule électrique, c'était peut-être compliqué, mais en France, on est capable de faire des véhicules électriques. On est capable de faire des ordinateurs quantiques, qui est un des trucs les plus compliqués. On est sans doute un des pays les plus en avance là-dessus. J'étais la semaine dernière à Cherbourg, chez Naval Group.

On m'a expliqué quand même que faire un sous-marin nucléaire, lanceur d'engin, c'est l'objet technologique le plus compliqué au monde à faire. Le plus compliqué au monde à faire. Dans un aussi petit espace, vous mélangez et des technologies de défense, et des technologies du nucléaire, et des questions d'énergie, et des questions de... Il y a tout aussi peu. Combien de pays au monde savent faire ça ? Combien ? La France, les Etats-Unis, la Russie, et il semblerait les Chinois. Avec les Chinois, on ne sait jamais exactement comment ça se passe.

13:13
Présentateur

Avec les Russes non plus.

13:14
Sébastien Martin

Et avec les Russes non plus. Mais il n'y a pas tant de pays que ça qui savent faire tout ce que nous savons faire. Il n'y en a pas tant que ça. Alors, le sujet, c'est bien évidemment de savoir protéger là où c'est nécessaire de protéger. C'est de savoir encourager là où c'est nécessaire d'encourager. C'est de ne pas être que dans les ruptures technologiques. Je suis assez d'accord avec ça. France 2030 est très marquée par les ruptures technologiques. Je pense qu'on a aussi besoin de plus de soutien à la modernisation de notre tissu industriel pour gagner en compétitivité.

Et d'ailleurs, je vais annoncer avec les régions un volet de France 2030 régionalisé dédié au volet modernisation de nos outils industriels dans les territoires.

13:54
Présentateur

Vous allez revisiter un peu les objectifs de France 2030.

13:57
Sébastien Martin

Je vais avoir avec les conseils régionaux parce que je pense que les régions aussi ont des outils pour accompagner la modernisation de notre tissu industriel. Un volet spécifique là-dessus. On a à peu près 200 millions d'euros qui peuvent être consacrés à ça. Un volet spécifique pour la modernisation des outils industriels. Parce que, pourquoi je dis ça ? On est ici à Cap PME. Vous savez, dans notre pays, il y a plein d'outils qui existent. Quand on est une start-up, il y a plein d'outils qui sont là. Quand on est un grand groupe, il y a aussi des outils qui sont là et on sait s'en saisir.

Mais vous êtes la PME industrielle qui est présente dans une sous-préfecture, une ville moyenne depuis des décennies. Des décennies. Qui ne demande jamais rien à personne. Et qui en plus n'a pas forcément les moyens de faire des dossiers, etc. Pour elle, il n'y a jamais vraiment grand-chose. Moi, j'ai envie, vous me demandiez d'ici la fin de ce quinquennat, la responsabilité qui est la mienne. J'ai aussi envie d'envoyer le message à tout ce tissu de PME industrielle, de petites ETI qui font de l'aménagement du territoire

14:55
Présentateur

aussi qu'on est là pour eux. C'est qu'il faut essayer de sortir de cet enfer technocratique ou bureaucratique. Il faut simplifier les procédures. C'est ça dont elle rêve parce que tout est tellement compliqué que souvent, elle n'arrive même pas. C'est vrai en plus au niveau européen. C'est-à-dire qu'elles n'ont même pas accès aux aides parce que c'est trop compliqué elles n'ont pas un service juridique comme dans les grandes entreprises. Vous voyez ?

15:18
Sébastien Martin

C'est bien pour ça que je me tourne aussi vers les PME. Je pense au partenariat avec les collectivités territoriales. On doit être encore mieux organisé. Vous avez parlé de mon expérience quand j'étais élu à Chalon-sur-Saône et quand j'étais président de l'agglo. Oui, j'ai fait sortir 10 usines de terre. Ce n'était peut-être pas plus simple à Chalon-sur-Saône qu'ailleurs et pourtant on y est arrivé parce qu'il y a une question d'alignement et d'organisation. Il est indispensable que nous soyons mieux alignés et mieux organisés partout sur les territoires.

Il y a encore trop parfois et la CCI fait son truc et l'agglo fait son truc et la région fait son truc et les organisations patronales font leur truc. Ils font un meilleur alignement pour les chefs d'entreprise pour les accompagner dans leurs projets et beaucoup de territoires s'organisent face à ça. Ne passons pas notre temps à dire qu'il n'y a que des trucs qui ne marchent pas. Il y a aussi plein de territoires qui savent se prendre en main, s'organiser. Pas partout, c'est parfois plus compliqué. On n'a parfois pas la même ingénierie, on n'a pas toujours les mêmes moyens mais il y a beaucoup de gens qui se prennent en main et qui arrivent à le faire.

16:13
Présentateur

Toute dernière question, ça fera le lien avec la table ronde suivante qui est autour de... Est-ce que les patrons et les politiques peuvent ensemble relever la France ?

16:23
Sébastien Martin

Oui.

16:24
Présentateur

Vous pensez que c'est possible ?

16:26
Sébastien Martin

C'est même indispensable.

16:27
Présentateur

Parce que les politiques ne connaissent pas beaucoup l'entreprise et j'ai envie de dire, même si ici on est à 4 PME, que c'est aussi un peu l'inverse.

16:35
Sébastien Martin

Vous dites qu'il y a plein de politiques qui ne connaissent pas l'entreprise. Le PME. Le PME. Oui. Bah écoutez...

16:43
Présentateur

Ah non, de politique, pardon.

16:44
Sébastien Martin

Oui, de politique. C'est ce que vous avez dit. Oui, oui, excusez-moi. Oui, oui. C'est ce que vous avez dit. Bon. Moi, il se trouve que je connais aussi plein de politiques, élus locaux ou même parlementaires qui connaissent le monde de l'entreprise, qui visitent régulièrement des entreprises, qui dialoguent régulièrement avec des entreprises. Et c'est vrai que la confiance, c'est pas facile à construire. Je vous fais part de ma propre expérience. Au début, lorsque j'ai été élu, je voulais absolument que le monde politique dans mon territoire et le monde économique, nous allions ensemble.

Parce que vous ne pouvez pas attirer dans votre territoire si vous n'êtes pas unis et si vous n'avez pas des porte-parole que sont les chefs d'entreprise. Et donc, cette confiance, il faut la créer. Et je me souviens, au début, j'organisais des rencontres et des dîners à quelques chefs d'entreprise. Ils me demandaient, mais pourquoi vous voulez nous inviter ? Juste parce que je pense qu'on a besoin de se parler. Et après, on a créé la confiance. Et quand vous créez la confiance, vous pouvez avancer. Et je sais qu'au niveau national, il y a aussi des enjeux.

17:41
Présentateur

Merci beaucoup Sébastien Martin. On va essayer de se parler. Merci beaucoup Sébastien Martin. Le ministre de l'Industrie était notre invité. Il y croit.