Gouvernement de Michel Barnier: la prise de parole de Jordan Bardella
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Jordan Bardella depuis la foire de Châlons en Champagne. — Ces actes n'ont pas assez prise de parole. La réalité, c'est que désormais, rien ne peut se faire sans nous. Rien ne peut se faire sans le Rassemblement national. Et malgré l'alliance contre nature qui s'est déroulée pendant les élections législatives entre M. Macron, M. Attal et M. Mélenchon, le Rassemblement national est le premier parti de France en nombre de voix, en nombre d'adhérents, mais aussi en nombre de députés. Et désormais, rien ne peut être effectué en politique contre nous ou sans l'approbation ou la censure du Rassemblement national. Donc moi, je jugerais M. Barnier à ses actes.
Et je me réjouis que le Rassemblement national ait empêché l'extrême-gauche de s'emparer du pouvoir.
— Hier, le Premier ministre a dit qu'il allait respecter les 11 millions d'électeurs du RN. Il a parlé aussi de la maîtrise des flux migratoires. Est-ce que ces propos vous rassurent aujourd'hui ?
— Le respect que l'on doit aux 11 millions de Français qui se sont exprimés pour le Rassemblement national, qui est le parti politique pour lequel les Français ont le plus voté aux élections européennes, mais aussi aux élections législatives, est la moindre des choses. Et moi, je souhaite que le Premier ministre et le futur gouvernement puissent non seulement se mettre au travail, mais qu'ils puissent être attentifs aux exigences qui sont désormais les nôtres. Et je crois qu'à compter de ce jour, M. Barnier est un Premier ministre sous surveillance.
Voilà, sous surveillance démocratique d'un parti politique qui est désormais incontournable dans le jeu parlementaire et dans le jeu démocratique, le RN.
— La gauche dit qu'il a été nommé grâce à vous. Il y a du vrai là-dedans ?
— Non, il n'a pas été nommé grâce à nous. Moi, je me suis présenté dans ces élections législatives comme candidat au poste de Premier ministre avec un projet, avec des inquiétudes qui étaient celles exprimées par les Français. Nous avons recueilli 11 millions de voix. Je note que nous n'avons pas pu obtenir la majorité. C'est un fait. Maintenant, M. Barnier est aujourd'hui à la tête d'un futur gouvernement fragile dans lequel il devra intégrer dans les préoccupations, dans l'action qui seront les siennes, les sujets qui sont ceux du Rassemblement national parce qu'ils sont ceux de millions de Français. Il est nommé par le président de la République.
— Mais en ne le censurant pas immédiatement, vous autorisez sa nomination. Donc il a été élu et il a été nommé grâce à vous, en quelque sorte.
— Est-ce que vous avez un rôle d'arbitre ? — Mais nous aurons sans doute un rôle d'arbitre dans les prochains mois. Et à compter d'aujourd'hui, la vie politique, dans son fonctionnement, ne peut plus se passer d'un mouvement politique qui compte 143 députés à l'Assemblée nationale. Mais moi, je ne souhaite ni le désordre ni le chaos pour mon pays. Et entre Mme Castet et M. Barnier, moi, je fais le choix de rendre possible le moindre mal. Voilà. Et il nous a été préférable de porter le bénéfice du doute plutôt sur M. Barnier que sur M. Castet. M. Barnier a des positions politiques qui ne sont pas les miennes.
Il a exprimé un certain nombre d'inquiétudes lors de la primaire sur la question de l'immigration avec des positionnements extrêmement fortes. Maintenant, nous attendons sur les questions sécuritaires, migratoires et sur la question du pouvoir d'achat que les sujets que nous avons portés puissent aussi se retrouver dans la politique qu'il va conduire. Et le fait de lui accorder un bénéfice du doute et de ne pas le censurer a priori pour ne pas faire le jeu du désordre et du chaos institutionnel contrairement à la gauche ne veut pas dire que nous nous interdisons toute forme de censure au cours des prochains mois.
Est-ce que vous avez déjà échangé avec lui ? Est-ce que vous avez reçu une invitation pour être consulté à Matignon ?
Non, pas encore. Mais j'espère que nous aurons l'occasion de nous entretenir avec le prochain gouvernement, avec le Premier ministre. Et nous entendons être, de ce point de vue-là, extrêmement intransigeants parce qu'encore une fois, il y a des millions de Français qui ont dit leur volonté de changement. Et je crois qu'il n'est pas dans l'intérêt aujourd'hui du pays que Michel Barnier se comporte en collaborateur du Président de la République. Vous avez quand même parlé de défaite après législative. Est-ce que vous avez fait le bilan de cette défaite ? C'est à la fois une victoire et une défaite.
Une victoire parce que nous sommes passés en deux ans de 6 à 143 parlementaires et que nous avons réalisé en France, avec nos alliés, un score qu'aucun mouvement politique n'a réalisé dans aucune autre démocratie occidentale. C'est-à-dire 34% des voix au premier tour, 37% des voix au second et le RN et le parti politique pour lequel les Français ont le plus voté. Maintenant, c'est une défaite. C'est une défaite personnelle parce que, évidemment, candidat au poste de Matignon, je n'ai pas eu suffisamment de parlementaires à l'Assemblée nationale avec mon mouvement politique pour constituer une majorité. Mais la progression du RN est une progression extrêmement importante.
Donc nous allons évidemment travailler pour conquérir cette majorité dans le cadre de futures élections législatives, même si elles doivent être anticipées. Et nous allons évidemment poursuivre la campagne. Moi, je poursuivrai les meetings chaque mois, les déplacements sur le terrain. Et évidemment que nous allons rendre le RN encore plus performant pour continuer d'élargir notre future majorité.
Hier, il va vouloir ouvrir le débat sur la réforme des retraites et s'appuyer sur les compétences des régions. Ça se rapproche un peu de ce que vous défendiez également ?
Pour l'instant, le Premier ministre a beaucoup de points d'accord avec tout le monde. Maintenant, il va falloir faire des choix, notamment en prévision du budget dans quelques jours, dans quelques semaines, parce qu'il n'y a rien de plus politique qu'un budget. Et la formation du budget dira aussi quelles sont ses priorités politiques.
Nous nous militons pour l'abrogation de la réforme des retraites dans la version qu'elle a été votée et mise en œuvre de manière brutale par le président de la République, parce que je la crois injuste, notamment pour les Français qui ont commencé à travailler très tôt et qui, nous le savons, ont de plus en plus de difficultés à partir à la retraite en bonne santé. Donc nous serons à la fois le parti du régalien, du quotidien, mais aussi celui de la justice sociale. Et encore une fois, je crois que le RN est le pôle de gravité de la vie politique.
Merci à tous. Quelle est la ligne rouge que Michel Bernier ne doit pas franchir ?
Il doit prendre en compte les exigences qui sont les nôtres, et au travers des nôtres, celles de millions de Français. Je l'ai évoqué sur les sujets politiques, mais aussi par exemple sur la proportionnelle.
Juste une question plus personnelle, votre livre, il en est où ?
Sortir à bientôt.
C'est-à-dire, c'est ce mois-ci ?
Très bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada
Jordan Bardella