Eric Coquerel : "Nous sommes pour la révocabilité des élus"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:07OuverteRéponse partielle
Est-ce que votre parti a eu des députés européens depuis 2009, est-ce que ça vous choque ce qu'on reproche au Modem ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Et chez vous, tout a été clair ?
- 3:47OuverteRéponse partielle
Vous comprenez ou vous regrettez que trois ministres aient quitté le gouvernement sans mise en examen ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Sur la révocation des élus, comment ça se passerait concrètement ?
- 8:45OuverteRéponse directe
Vous avez dit que vous étiez très ému d'être député. Qu'est-ce que vous vouliez dire ?
- 10:30OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon a tenu une conférence de presse, qu'est-ce que vous en pensez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« « J'étais payé pour partie par le Parlement européen, mais le travail pour le Parlement européen était faible. » »
- 1:07Invité politiqueFait
« Est-ce que votre parti, le parti de gauche, maintenant la France insoumise, a eu des députés européens depuis 2009, est-ce que ça vous choque ce qu'on reproche au Modem ou est-ce que vous avez fait un peu la même chose ? »
- 7:20InvitéFait
« Il faut en finir avec la professionnalisation de la politique. La politique, ça doit rester un engagement. »
- 8:52InvitéFait
« Député de la nation et du peuple français pour faire les lois, voter la confiance au gouvernement, avoir une action. »
- 15:26InvitéFait
« Il y a le fait d'installer un barème des prud'hommes qui du coup banalise la question des licenciements qui ont à passer devant justement les prud'hommes. »
- 18:55InvitéFait
« Nous l'avons signé avec Noël Mamère, Eva Jolie, Olivier Besancenot, Daniel Obono, Clémentine Autain, et moi-même, dans les Inrecuptibles. »
- 21:00InvitéFait
« Il y a derrière ça une espèce de paternalisme et de racisme ambiant qui n'est pas bon et qui a été fait parce que Daniel est noir. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Éric Coquerel11 %
- Présentateur6 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info. On est ensemble jusqu'à 9h, comme tous les matins, avec Jean-Michel Apathy. Bonjour.
Bonjour Fabienne.
Avec Gilles Bornstein et avec Guy Birenbaum. Et notre invité ce matin est nouveau député de la France Insoumise en Seine-Saint-Denis.
Bonjour Éric Ocrel. Nous allons parler de votre élection en Seine-Saint-Denis, de votre fierté, vous l'avez dit, d'entrer à l'Assemblée nationale. Mais avant, nous allons reparler des emplois supposés ou soupçonnés à être fictifs du Modem. France Info apporte un nouveau témoignage ce matin d'un ancien salarié du Modem qui dit « J'étais payé pour partie par le Parlement européen, mais le travail pour le Parlement européen était faible. » On l'écoute.
Ce que j'ai pu vivre, c'est que les parlementaires à plusieurs finançaient des temps partiels d'assistants parlementaires qui ne fournissaient aucun travail pour le député. Les temps partiels qui étaient financés par l'Europe servaient à servir les ambitions de François Bayon.
Voilà, c'est un témoignage exclusif recueilli par Elodie Guéguen du service Investigation de Radio France. Est-ce que votre parti, le parti de gauche, maintenant la France insoumise, a eu des députés européens depuis 2009, est-ce que ça vous choque ce qu'on reproche au Modem ou est-ce que vous avez fait un peu la même chose ?
Non, ça me choque. Il faudra exactement savoir ce qu'on reproche au Modem. Parce que j'entends par exemple l'expression « servir les ambitions de François Bayrou ». Si c'est des assistants parlementaires qui sont au service d'un député qui a une expression politique qui peut être multiforme, y compris pas forcément seulement dans le Parlement européen. Vous savez par exemple, dans les assistants parlementaires que nous avons, vous savez qu'il y a des assistants parlementaires dits de circonscription par exemple. Ça, ça ne me choque pas.
Je veux dire, quand Jean-Luc Mélenchon traite du traité consulé européen ou s'oppose au TAFTA, que la personne soit au Parlement européen installée en permanence ou qu'il soit aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, il travaille pour le député européen. Ce qui est choquant, si jamais ça s'avère vrai, c'est si les assistants parlementaires deviennent en réalité des permanents de partis. Là, effectivement, il y a un dévoiement de l'utilité. Bon voilà, c'est ça qu'il faut analyser et savoir.
Mais quand Jean-Luc Mélenchon défile contre la loi El Khomri, si les assistants au Parlement européen lui ont filé un coup de même pour...
Là, ça ne va pas. Non, si Jean-Luc Mélenchon défile contre la loi El Khomri, qui est imposée par Bruxelles à la France, c'est un rôle politique. Bien sûr, c'est un rôle politique. Donc le problème, il est très clair, Jean-Michel. Soit ce sont des assistants qui aident un député dans sa fonction globale. Et quand vous parlez de l'Europe, vous parlez de choses multidâches. Vous parlez du développement des énergies renouvelables. Vous parlez d'une chose qui a un lien avec la question européenne. Donc ça, ce n'est pas répréhensible. Ça l'est si c'est déconnecté totalement du travail du député. Et ça sert en gros de permanence politique. Voilà, c'est ça le problème.
Vous voyez bien, on arrive toujours, quand on est un peu malin, à faire le lien. Ce que vous venez de faire sur El Khomri, c'est vrai. On peut trouver dix exemples où ça va être juste de l'ajustement. Justement, toute la question... C'est hyper subtil. Oui, c'est hyper subtil. Mais si vous avez un assistant parlementaire qui n'est jamais avec le député, qui ne sert jamais le député, qui en réalité a une fonction de permanent administratif d'un parti, bon, ben voilà, c'est un problème. C'est ça que la justice doit arriver à discerner. Alors, en plus de ça, si c'est un système organisé, parce que là, on parle du modem, j'aimerais bien qu'on parle du Front National aussi.
Parce que là, c'est beaucoup plus assistant parlementaire. Si c'est un système organisé qui vise à faire en sorte qu'un parti vit, fonctionne grâce à des subsides qui ne sont pas prévus pour ça, ben voilà, il y a problème.
Et chez vous, tout a été clair ? Écoutez, oui, oui. D'accord. Alors, vous comprenez ou vous regrettez que trois ministres aient quitté le gouvernement, alors même qu'il n'y avait pas de mise en examen, et qu'il n'y avait au fond qu'une suspicion dont peut-être la justice dira qu'elle n'a aucun contenu illégal ou répréhensible ?
Déjà, notons que les raisons ne sont pas les mêmes. Ce ne sont pas les mêmes pour M. Ferrand que pour le modem. Non, je parlais du modem.
J'ai bien compris. Je parlais de Sylvie Goulard et de Marielle de Sarnez et François Bayron.
Oui, enfin, il me semble que... De toute façon, c'est aussi déjà la décision de M. Macron, parce que les départs, si j'ai bien compris, auraient pu être sinon des démissions forcées. Moi, je pense que ça indique sur ces choses... C'est sûrement Sylvie Goulard, ça a l'air d'être sa décision à elle. D'accord. Bon, peut-être.
Mais enfin, en tout cas, je note sur une chose, c'est que quatre ministres qui se retirent alors que ce n'était pas prévu, ça montre quand même que derrière la République exemplaire, il y a en réalité la continuité de certains fonctionnements de la Ve République qui facilitent, à mon avis, de par la présidentialisation et la personnalisation politique qu'elle induit, qui facilite, je pense... C'est le contraire. Non, non, c'est pas le contraire. Richard Ferrand, ça... Pour moi, je pense qu'elle le facilite. Il serait resté si c'était la vieille politique. Non, non, non. Richard Ferrand, ça n'a rien à voir avec la Ve République. Voilà, ça, c'est trop simple.
Si il y a des départs comme ça, c'est bien que, quelque part, M. Macron s'est installé avec des hommes qui sont, finalement, la continuité des politiques qui ont été faites pour la Ve République. Et je pense que ça illustre le problème qui va être le sien. Je crois qu'on ne peut rien réformer, on ne peut rien changer dans ce pays dans un pouvoir tel que la Ve République. Nous, nous sommes, vous savez, pour la révocabilité des élus qui nous ferait, par exemple, de résoudre aussi ce genre de problème. Soit parce que des élus ont effectué quelque chose de moralement réformé avec les électeurs de Suède. Ce sont des ministres, ce ne sont pas des élus. Oui, d'accord.
Si je puis me permettre, ce n'est pas pareil. Oui, attendez, parce qu'a priori, chez les élus de En Marche, je crois savoir qu'il y a pas mal d'affaires qui sont en train de se faire. Oui, tout à fait. Je pense que, je crois qu'on ne peut rien modifier, notamment dans le rapport entre la politique et l'argent ou la politique des relations personnelles avec la continuité de la Ve République. C'est pour ça que nous, on veut passer une Ve République dans lequel, j'allais dire, on revient à un principe vertueux établi comme une pierre, j'allais dire, incontournable de la République dans laquelle nous voulons vivre.
Justement, M. Coquerel, sur cette histoire de révocation des élus, comment ça se passerait là, concrètement, si on était dans la situation ? Là, vous avez Marielle de Sarnez en face de vous qui est députée, qui est élue, qui va diriger le groupe Modem qui a quitté le gouvernement pour les raisons qu'on sait. Qu'est-ce qui se passe ?
Le principe est assez simple. On le prend, notamment, on copie sur les États-Unis américains. C'est le côté pratique.
C'est pas le principe, c'est le côté pratique.
Oui, je vous explique, j'ai compris. Donc, à partir du mi-mandat, par exemple, vous estimez à une période, vous estimez que, selon un nombre de pétitionnaires qui représente, je veux dire, par exemple 20% du corps électoral, vous pouvez avoir... De la circonscription. Oui, de la circonscription, vous pouvez avoir la convocation d'un référendum révocatoire. Et s'il est élu réévoqué, bon, on passe à nouvelles élections et c'est quelque chose... Mais ça, vos adversaires
vont facilement réunir 20%.
Alors, d'abord, ils peuvent effectivement faire... C'est que réunir, comme un méthode ? Non, non, non, ils peuvent établir 20%, mais après, il y a le référendum. Et s'il s'avère que c'est uniquement quelque chose qui a été, j'allais dire, conçu, concocté pour des fins politiciennes, en général, le référendum révocatoire se termine bien. M. Chavez, dont vous avez souvent parlé, a fait plusieurs fois ça. Et il y a eu deux référendums révocatoires, il a gagné les deux. Bon, voilà. Donc, un référendum révocatoire, c'est pas très grave que les gens votent pour juger, non pas seulement, d'ailleurs, des questions morales, mais ça peut être autre chose.
Ça peut être François Hollande qui fait une politique inverse à ce pour laquelle il a été... Donc, ça peut aller jusqu'au président. Bien sûr. Et c'est plutôt, j'allais dire, une respiration démocratique qui permet, j'allais dire, un contrôle populaire qui, là, en plus, dans cette République est vraiment trop problématique. Très, très difficile. Il y a un autre élément que je voulais dire, quand même, dans la série en l'éthique, telle que je la vois, c'est que je pense qu'il faut en finir avec la professionnalisation de la politique. La politique, ça doit rester un engagement.
Ce qui fait qu'il faut être drastique sur le non-cumul des mandats, c'est sain que les gens reviennent dans la vie professionnelle ou, comme moi, l'a été pendant 40 ans et puis prennent un jour un mandat. Ce qui n'est pas sain, c'est qu'on rentre à 20 et quelques années dans la politique et on en ressente à 70 ans en n'ayant dépendu que ça. Vous le direz à qui vous savez. Oui, bah écoutez, je constate une chose... Je constate une chose... Jean-Luc... Il a su rompre avec un confort établi qui était celui du Parti Socialiste qui n'était pas le Parti Socialiste d'aujourd'hui et que, manifestement, il l'a fait sans se préoccuper de sa carrière à venir et de ses fonctions d'élu.
Je vous le rappelle puisqu'il a quitté un poste de sénateur pour être élu au suffrage universel en tant que député européen ce qui, à l'époque, était un certainisme.
En fait, il est rentré à 20 ans dans la politique et à 66 ans, il est toujours. Oui, mais ça, c'est autre chose. Non, non, non, non. Attendez, attendez, j'en ai répondu à la politique.
que l'on doit modifier et Jean-Luc Mélenchon est le premier à le souhaiter. Je vous rappelle que c'était le président de la République et qu'il aurait été le dernier président de la République.
Et cette conversation se poursuit dans une minute et les 8h41. Il doit remarguer pour l'essentiel.
Eric Coquerel est avec nous sur France Info jusqu'à 9h et la question, c'est vous, Gilles Bernstein. Vous avez été élu député de Seine-Saint-Denis dimanche dernier et vous avez fait, mardi, je crois, votre entrée à l'Assemblée nationale. Ceux qui nous regardent à la télévision sur le canal 27 voient les images. Vous avez dit que vous étiez très ému d'être député. Qu'est-ce que vous vouliez dire ? Parce que pour moi, c'est le plus beau mandat qui existe. Député de la nation et du peuple français pour faire les lois, voter la confiance au gouvernement, avoir une action. C'est, je trouve, le plus beau des mandats. Donc voilà, j'étais ému.
Et en plus, j'étais spécialement ému d'être député de la circonscription à laquelle je me suis présenté qui est très riche, qui est pour moi un peu le symbole de la Nouvelle-France. Première circonscription de Seine-Saint-Denis. Saint-Ouen, Île-Saint-Denis, Sud-Saint-Denis et Pinay et qui est très diverse à l'image du 93 et dans lequel, moi, j'ai un objectif et que j'ai commencé à faire pendant cette campagne puisqu'on a fait campagne jusqu'à 2-3 heures du matin dans les cités pour convaincre des gens de voter, ceux qui avaient voté Jean-Luc Mélenchon à présidentiel et qui ne revotaient pas la législative. C'est comme ça, d'ailleurs, que j'ai gagné.
C'est de faire en sorte, justement, qu'il y ait une implication citoyenne et politique de ces acteurs des quartiers parce qu'on ne modifiera rien dans la vie politique. Comment ? Ça a été un peu raté. Il y a eu une implication massive. Je suis élu en face de vous, donc ce n'est pas si raté que ça. Bien sûr. J'avais raison. Il y a l'abstention. On l'a dit 7. Non, vous avez raison 7. C'est pas la peine de m'agresser. Non, non, je ne vous agresse pas. Vous parliez de mobilisation. Je ne vous agresse pas. Je suis quelqu'un qui n'est pas du tout agressif. Il y a eu chiffre de l'abstention. Je réagissais juste au fait que c'est raté.
Si c'était raté, comme si c'était raté, comme j'ai été cherché, j'avais 12 points de retard. Donc si j'étais cherché mes électeurs à la fois dans ceux du premier tour mais également dans les abstentionnistes, en partie, et notamment je le constate dans les bureaux de vote très populaires où il y a eu un afflux de vote entre le premier et le deuxième tour, j'y suis arrivé en partie. Maintenant, vous avez raison de dire, et c'est un des vrais problèmes, qu'une assemblée élue avec 57% d'abstention et vous 67%.
Et absolument, c'est un vrai problème et j'allais dire que c'est tout le problème aussi de la présidentialisation accrue de ce régime et du fait qu'on a aujourd'hui une assemblée nationale du coup très mal élue, ce qui va poser des problèmes dans le quinquennat.
Et donc, mardi, Jean-Luc Mélenchon était avec vous, il a tenu une conférence de presse, il a un peu gâché la fête avec des propos qui lui ont été beaucoup reprochés. On l'écoute.
Il y a beaucoup de... des chercheurs, des intellectuels, je ne sais pas quoi, j'ai vu le matheux là. Je vais lui expliquer ce que c'est qu'un contrat de travail qui va tomber par terre. Parce qu'il ne le sait pas. Il ne le sait pas, tout simplement. Il ne sait pas ce qu'il y a dedans. Il ne sait pas que la journée de 8 heures, c'est son temps de lutte. Le gars, il croit que ça a toujours été comme ça.
C'est le mépris des autres qui est frappant dans cette intervention. Il ne sait pas, il ne sait pas. Comment on sait qu'il ne sait pas ?
Alors, ce qui est marrant, c'est qu'il aurait fallu remonter au début de l'interview parce que j'étais à côté de Jean-Luc à ce moment-là.
C'est un montage mal honnête.
Non, je ne dis pas que c'est un montage. Je vous dis que c'est un extrait. D'accord. Comme vous m'interrogez pour éclairer les auditeurs, je vais essayer de le faire. Jean-Luc, à ce moment-là, est en train de discuter et dire qu'on va essayer de convaincre des députés d'En Marche. D'accord ? Y compris de la nocivité de la loi travail. Et qu'après tout, vu qu'il y a une grande diversité dans les élus d'En Marche, on ne va pas partir sur l'idée qu'on ne peut pas les convaincre. Et il part là-dessus. Il part sur le matheux qui, pour lui, n'a rien d'insultant. Il appelle comme ça son directeur de campagne, Manu Bompard, le matheux.
Et il dit, le matheux qui ne connaît pas le code du travail, ce qui d'ailleurs s'est avéré vrai dans l'interview que vous avez faite sur France Info du député en question. Eh bien, nous allons lui expliquer exactement ce qui se passe pour essayer de le convaincre. Voilà exactement le fond de cette interview. Et en faire quelque chose qui signifierait qu'il y a un mépris sur les matheux ou je ne sais quoi, je pense que c'est abusif. Non, pas les matheux, les gens en général.
Enfin, je veux dire, les adversaires.
Ah, c'est les gens en général. Non, non, je veux dire,
il ne connaît pas. Moi, je ne sais pas ce que vous connaissez et ce que vous ne connaissez pas. C'est ça qui frappent.
Lui, il déduit qu'il ne connaît pas. Puis ça s'est vérifié parce que lundi, avec Léa Salamé sur France Inter, l'autre jour, il s'est affirmé effectivement qu'il confondait un peu le régime public-privé donc qu'il ne connaissait pas très bien. En tout cas, comme les syndicats le connaissent ou comme les salariés le connaissent, la question du code du travail, ce n'était pas injurieux de dire qu'on pensait pouvoir lui expliquer et on pensait pouvoir le faire changer d'avis. Je trouve qu'imaginer qu'à un moment donné, vous fassiez changer d'avis un adversaire politique est quelque chose qui est tout sauf injurieux. Ah, ça c'est autre chose.
Tout ça, c'est toujours très paradoxal en fait parce qu'il faut des gens neufs en politique, il ne faut pas cumuler les mandats, il faut que chacun retourne dans la vie professionnelle et même vienne de la vie professionnelle et en même temps, du coup, ce sont les politiciens professionnels qui donnent des leçons à ceux qui viennent d'arriver. Je trouve qu'on se mord un peu la queue en fait.
Enfin, des leçons, là on a l'impression qu'on parle au-delà, en dehors de toute idée politique. en marche à un projet. J'espère qu'on va en parler après parce qu'on va agglutiner sur les petites affaires de ce qui est le code du travail, d'accord, qui est extrêmement grave, qui est une contre-révolution par rapport à ce qui a été gagné depuis un siècle en France sur la question de la protection par la loi du travail. Bon, on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas.
Donc, à un moment donné, à un moment donné, que des députés qui soient élus pour appliquer cette politique, on l'aborde de cette manière-là pour dire qu'on va essayer de les convaincre que ce n'est pas une bonne loi puisque beaucoup viennent de la société civile, notamment cette personnalité. Il y en a beaucoup d'autres qui ne viennent pas de la société civile, qui viennent, qui ont été recyclés du PS et de la droite, mais c'est autre chose. Bon, je veux dire, excusez-moi, mais je veux dire, c'est aussi une autre fonction de député. Alors, Jean-Luc le fait avec ces termes. Manifestement, vous n'appréciez pas.
Il y a quand même beaucoup de Français qui trouvent que parler net et parler un peu comme on parle dans la vie ordinaire n'est pas un problème. Mais je veux dire qu'essayer de convaincre un adversaire n'est pas un problème. Dans la vie ordinaire, on dit à la personne en face de... On peut traiter quelqu'un de matheux. Là, c'est devant des caméras. Mathieu, ça va. Non, mais ce n'est pas le sujet. Vous dites, on parle comme ça dans la vie ordinaire. Dans la vie ordinaire, je peux vous dire quelque chose. Je vous le dis à vous. Là, il y a des caméras, il y a des médias. Vous n'allez pas me dire que ce n'est pas fait exprès. Oui. Ce n'est pas la vie ordinaire, c'est la vie médiatique.
Voilà, c'est ça. Et il le sait. C'est ça. Et Jean-Luc Mélenchon, non, il ne le sait pas. Jean-Luc Mélenchon s'exprime et ne pense pas forcément qu'on va prendre 40 secondes de ce qu'il est en train d'expliquer pour en faire l'affaire de la semaine alors que l'affaire de la semaine aurait dû être le fait que nous rentrons à l'Assemblée pour combattre le code du travail. Et ça, ça passe à l'attrape. Vous vous faites plus naïf que vous l'êtes. Oui, on est naïf un peu avec vous les médias. C'est vrai, je vous l'admets. Monsieur Mélenchon n'est pas naïf. On est naïf à certains moments, mais ne vous inquiétez pas. Oui, oui, mais on est un peu naïf quand même malgré tout, sachez-le.
On pense que quand il y a des médias autour de nous qui enregistrent pendant un quart d'heure quelque chose, ils ne vont pas prendre un point uniquement du discours pour lancer une polémique. Mais nous avons tort. Et d'ailleurs, Jean-Luc est en train de se dire que finalement, il ne faudrait même plus qu'il fasse de points presque comme ça puisqu'à un moment donné, on va prendre une phrase et que ça va devenir l'événement. L'événement, c'était qu'il y a un groupe France Insoumise de 17 députés qui rentrent à l'Assemblée pour combattre la loi travail. On n'en parle pas, on parle du matheux.
Alors qu'on devrait justement parler justement de la loi travail qui va combattre le fait de transformer l'état d'urgence en loi. Et vous, vous faites une polémique depuis une semaine sur cette question matheuse. Excusez-moi, je trouve ça disproportionné et déconnecté des réalités du pays.
Et justement, on enchaîne, Jean-Michel.
Voilà, on enchaîne. Vous montriez tout à l'heure le journal Le Monde qui publie des extraits de ce que va être peut-être le projet du gouvernement. Vous y avez appris des choses ou vous saviez déjà ce qui était dans les tuyaux ?
Alors déjà, il y a une chose que j'observe, c'est que vous vous rappelez que la ministre, au moment où ça a été révélé dans le Parisien et dans le journal Le Monde, a dit que c'était des documents de travail qu'il n'avait aucune réalité. Dans l'Ibée au départ ? Oui, enfin bon. Allons-y. Bon, il s'avère qu'en fait c'est très ressemblant à ce qui est sorti. Bon, c'est la première chose. Bon, il y a plusieurs choses. Il y a le fait d'installer un barème des prud'hommes qui du coup banalise la question des licenciements qui ont à passer devant justement les prud'hommes.
Il y a une deuxième chose quand même qui est cette idée de CDI de projet qui n'est rien d'autre que le retour du travail à la tâche. Le travail à la tâche
qui existe déjà dans le bâtiment et qu'on veut étendre à d'autres secteurs. Oui, mais qu'on veut étendre.
Donc le travail à la tâche, on sait ce que c'est, c'est on vous emploie pour une tâche et puis bonjour, au revoir. Et là, c'est exactement ce qui est prévu. Et puis enfin, cette inversion des normes qui va aller manifestement sur des domaines encore plus étendus que la loi El Khomri qui est une inversion totale du droit social du travail en France puisque ça veut dire que la loi ne sera plus une base minimale qui protège tous les salariés. C'est un ensemble, toujours. C'est-à-dire que, par exemple, le droit de grève est dans la Constitution.
Si le droit de grève est dans la Constitution, c'est qu'on estime que la question des mobilisations sociales, la question de l'expression à un moment donné populaire fait partie de l'une autre partie. Et donc, nous soutiendrons les mobilisations qui auront lieu. Nous ne manquerons pas d'essayer même de participer à ceux qui les appellent parce que ce que nous avons dit à M. Macron, c'est que quand vous êtes élu avec 15% des inscrits, il faut faire un petit peu attention à la profondeur des réformes que vous proposez. Et par exemple, effectivement, Jean-Luc Mélenchon l'a dit, il a raison.
Je pense qu'il serait peut-être mieux inspiré de dire qu'au lieu de passer ça par des ordonnances en été, on fasse pourquoi pas un référendum sur cette question.
Parce qu'on a bien compris qu'il y aurait des manifestations dans la rue, effectivement, dans ces cas-là. Vous l'avez dit, le droit de grève, évidemment, est autorisé. Mais qu'est-ce qui se passe si cette loi est votée, votée à la majorité puisqu'il y a un groupe majoritaire de la République ?
Si elle est votée à la majorité et qu'elle finit par s'imposer, quand nous gouvernons le pays, nous l'abolirons. Donc, quand nous gouvernons, quoi ? Quand nous gouvernons le pays, nous reviendrons sur cette loi. Ah, d'accord. Donc, pas la manifestation, alors ? Mais si, non. Il faut attendre que vous soyez majoritaire. Vous n'avez pas très bien compris. Nous, nous ferons tout pour faire en sorte que cette loi ne passe pas. Nous défendrons mettre par mettre la question du code du travail. Il y aura des manifestations, nous les appuierons, nous serons dans les manifestations, nous travaillerons en même temps l'Assemblée. Quand vous gouvernons le pays, vous changez la loi.
Je vous rappelle qu'il est arrivé que des lois, par exemple, le CPE ou la loi de Vaquet soient toutes prêtes de passer et que finalement, par rapport à des mobilisations qui montrent qu'elle n'est pas majoritaire, elle ne passe pas. Il n'y a que M. Valls qui a recours aux 43 répétitions pour passer sans force.
Merci beaucoup. On se retrouve vraiment dans une minute, il est 8h51, Edouard Margué pour l'essentiel. L'émission politique de France Info se poursuit avec Eric Coquerel ce matin et la question de Gilles Bernstein.
Oui, une autre polémique qui concerne l'une des députés de la France Insoumise, Daniel Obono, qui a été élu dimanche dans le 18e arrondissement de Paris, invitée de l'émission Les Grandes Gueules mercredi. Elle a été interrogée sur une pétition qu'elle avait signée en 2012 avec, semble-t-il, un dénommé Eric Coquerel. Eh bien, on va écouter cet extrait d'émission, on en parlera après. Vous aviez signé une pétition en faveur de la chanson « Nik la France » du groupe ZEP. Oui. Est-ce que vous êtes en tant que député ou vous êtes fière d'avoir signé cette époque la chanson ?
Pour défendre la liberté d'expression de ces artistes ? Oui.
Avec votre parcours d'être devenu député, vous dites « Vive la France » ?
Euh... C'est pas... Pourquoi « Vive la France » ?
Non, mais « Vive la France » parce que c'est la démocratie. Vous êtes député de la République. Alors, est-ce que, comme elle, dire « Nik la France » ne vous pose pas de problème, mais dire « Vive la France » vous paraît compliqué ? J'ai vu que Jean-Michel Apathy avait tweeté, d'ailleurs, sur cette question. Ah oui, j'ai tweeté, oui.
Si vous voulez lire le tweet, d'ailleurs, je te tweet. Non, non, je l'ai vu, je l'ai vu. Non, non, parce que c'est pas un tweet très... Là, c'est moi qui vous pose la question.
J'ai vu lire un texte. Être né sous le signe de l'hexagone, on ne peut pas dire que ce soit abondant. Si le renégros perd son trône, il y aurait 50 millions de prétendants. Je veux dire simplement que... Je resitue l'appel. 2012. L'appel date de 2012. Nous l'avons signé avec Noël Mamère, Eva Jolie, Olivier Besancenot, Daniel Obono, Clémentine Autain, et moi-même, dans les Inrecuptibles. Il s'agissait de dire que c'était face à la Griffe, qui est une association d'extrême droite, que dans la tradition pamphlétaire des chansons françaises, que ce soit Renaud, que je viens de citer, Ferré et autres, c'était étonnant qu'on s'en prenne au groupe Z. Mais c'est pas ça la question, M. Popper.
Je vais vous répondre, je vous resitue. Au nom de la liberté d'expression, nous défendons donc le fait de le dire. Moi, ce qui m'étonne, c'est que depuis 2012, ni moi, ni Olivier Besancenot, ni Noël Mamère, on ne nous ait jamais parlé de cette affaire. Et Daniel Obono, on lui en parle. Et je vais vous dire pourquoi, je pense qu'on lui parle. Pascal est noir. Voilà la réalité. Je pense qu'il y a un racisme patent dans ce qui a été fait. Je suis totalement soliaire à Daniel Obono sur ce qui est là. Moi, je ne fais pas des... Comment dire ? Il y a quelque chose d'absolument insupportable au fait d'estimer qu'une personne, Pascal est noir, on lui demande de crier la franc.
Moi, on ne me l'a jamais demandé. On ne me l'a jamais demandé. On n'a pas de leçon, j'allais dire, à donner sur notre patriotisme républicain. Nous l'avons toujours. C'est dans notre programme. Donc, c'est dans le programme de Daniel Obono. J'aimerais comprendre pourquoi c'est Daniel Obono qui, justement, se retrouve devant cette accusation. Manifestement, elle a du mal à dire vive la France. Mais non, ce n'est pas qu'elle a du mal. Non, non, non, vous vous trompez. Ce n'est pas qu'elle a du mal à dire vive la France. Daniel, on chante la Marseillaise ensemble à la fin du discours. Ce n'est pas du tout le problème.
C'est le fait de se demander pourquoi on lui demande à ce moment-là de crier vive la France. Pourquoi on ne le demande pas à moi ? Pourquoi on déterre une affaire de vive la France ? C'est précisément ce que je suis en train de faire. Allez-y. Dites vive la France. Vous êtes pour la République une indivisible ? Dites-le. Moi, c'est pour la République une indivisible. Non, non, mais ce n'est pas le problème. Les journalistes, c'est une personne publique. Je suis pour la République une indivisible. D'accord. Vous êtes pour la République une indivisible. Moi, je suis pour le patriotisme républicain. Mais on ne va pas nous se faire obligé.
Tout cela, maintenant, ça tombe sur moi parce qu'il y a eu Daniel Obono. Donc là, vous en sortez avec des... Mais là, vous ne le dites pas. Non, non, non. Mais vous ne le dites pas. Non, non. Si, je vous dis qu'on est attaché au patriotisme républicain. Mais ce qui a été fait à Daniel, bizarrement, ça n'a été fait à aucun d'entre nous. Et je renvoie à vos auditeurs qu'on ne va pas pouvoir en parler longtemps à l'article de Libération qui démontre tout à fait cette question. Je dis qu'il y a derrière ça une espèce de paternalisme et de racisme ambiant qui n'est pas bon et qui a été fait parce que Daniel est noir. Ça n'échappe à personne puisqu'on la voit maintenant sur les images.
On ne m'aurait jamais posé la question. Voilà la réalité.
Dernier extrait qui a beaucoup étonné Jean-Luc Mélenchon dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale et qui s'étonne que le drapeau européen soit présent aux côtés du drapeau français. On regarde. Et franchement, on est obligé de supporter ça.
Non, mais attends, c'est la République française ici. Ce n'est pas la Vierge Marie, là. Je ne comprends pas. Ce truc n'est pas construit. Voilà, il y a peu, Marine Le Pen avait...
On ne va pas vous demander de crier vive l'Europe.
Non, non, c'est la totale. Je pensais qu'on avait parlé de l'état d'urgence dans les minutes qui restent.
Marine Le Pen avait demandé dans une émission à TF1 est-ce qu'on retirait le drapeau européen sinon elle n'y participerait pas.
Ah, la comparaison avec Marine Le Pen, je la voyais venir. Allez-y.
TF1, il y avait consenti. Là, vous demanderez le retrait du drapeau européen.
Écoutez, là, c'est une réflexion de Jean-Luc Mélenchon par rapport au fait une réaction sur le drapeau européen dans une assemblée française. Non, on ne va pas le demander. À ma connaissance, on ne va pas le demander.
Vous allez siéger avec le drapeau européen
dans l'hémicycle. Si c'est les règles de cet hémicycle à ce moment-là, on ne va pas en faire une affaire. Mais par contre, on a le droit d'observer qu'on se demande pourquoi le drapeau européen est là, surtout dans une aparté comme ça. J'ai pas compris pourquoi il parle de la Vierge Marie. On dirait la Vierge Marie. Qu'est-ce que ça veut dire ? J'ai pas compris. Écoutez, je n'en sais rien. Est-ce que la bonne mère à Marseille... Excusez-moi, je ne vais pas... Enfin, je regrette. Il me reste trois minutes. J'aurais voulu parler de l'état d'urgence transformé en loi. Ça aurait été intéressant.
Donc, je vais commenter toutes phrases qui, à un moment donné, sont des phrases qui sont lancées que ça. Il nous arrive de faire les questions. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon... Vous remarquez s'il répond de tout à l'heure. Oui, vous y répondez
avec bonne volonté, mais est-ce que Jean-Luc Mélenchon ne vous desserre pas quelque chose ?
Ah non, vous n'allez pas recommencer. Non, franchement, je me suis retrouvé ici à Question politique avec une journaliste qui me demande si ça ne me pose pas de problème de militer avec Jean-Luc Mélenchon. Non, ça ne nous desserre pas parce que je pense que Jean-Luc est le meilleur tribun qui représente notre programme L'Avenir en commun. Et d'ailleurs, il y a 19% de Français qui l'ont considéré ainsi et qui l'ont élu largement à Marseille, n'en déplaise à certains journalistes. 19% de votants. Vous avez raison, 19% de votants. J'espère que vous rappellerez toujours ça à Emmanuel Macron pour lui imposer ses lois. On le fait systématiquement à tout le monde.
Merci Eric Coquerel d'avoir accepté l'invitation de France Info.
Merci à tous et on se retrouve lundi.
Éric Coquerel