Emmanuel Macron avec des SDF : "J’en suis plutôt fier" dit Benjamin Griveaux
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire que le groupe Ford, Benjamin Griveaux, vous a menti ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez nationaliser le site pour lui trouver maintenant un autre repreneur ?
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Est-ce que vous réclamez à Ford de rembourser ces aides publiques ?
- 5:39OuverteRéponse partielle
Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de mesures de restriction de circulation ?
- 5:59RelanceRéponse partielle
Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de mesures de restriction de circulation ?
- 6:01RelanceRéponse partielle
Le préfet qu'obéit aux ordres qu'il donne le gouvernement.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« D'abord il y a une attitude indigne du groupe Ford et de ce groupe industriel. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Ford devra payer. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Il devra payer à trois titres. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Comment vous allez contraindre Ford à payer tout ça ? »
- 1:57Invité politiqueFait
« C'est un patron voyou, le patron de Ford. »
- 3:53Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 15 millions d'aides qui ont été versées à Ford »
- 4:00Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce que ces 15 millions d'aides, elles étaient liées à des engagements sur l'emploi que Ford a tenus. »
- 6:01Invité politiqueFait
« C'est le préfet qui décide de prendre des mesures. »
- 6:41Invité politiqueFait
« Non, ils ont estimé qu'il y avait de la pollution, et donc le préfet n'a pas rien fait »
- 9:51Invité politiqueFait
« Il y a des élections qui vont se tenir en Algérie le 18 avril prochain. »
- 10:10Invité politiquePromesse
« Nous formons, nous le vœux, qu'elles se passent dans les meilleures conditions »
- 12:31Invité politiqueFait
« Non. Pourquoi ? Parce que, d'abord, il est très prévisible, François Ruffin, dans ses attaques. »
- 14:35Invité politiqueFait
« D'abord, ce n'est pas un coup de com'. »
- 15:07Invité politiqueChiffre
« Mais ce que j'aimerais, moi, c'est que vous ayez retenu qu'on avait 136 000 places d'hébergement d'urgence, on en a 150 000, soit 14 000 de plus. »
- 15:16Invité politiqueChiffre
« C'est qu'on y consacre 2 milliards d'euros. »
- 15:22Invité politiqueChiffre
« C'est qu'on a mis dans le plan pauvreté 5 millions d'euros de plus sur les maraudes le soir. »
- 19:02Invité politiqueFait
« Non, il ne le faut pas. »
- 19:10Invité politiqueFait
« Différentes ordonnances ont été prises depuis maintenant de nombreuses semaines en Conseil des ministres. »
- 20:31Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce que nous on préfère toujours, vous savez, le scénario au casting chez En Marche. »
- 21:21Invité politiqueFait
« Le critère de la compétence. »
- 22:56Invité politiqueFait
« Le printemps approche. »
- 24:14Invité politiquePromesse
« Moi, j'ai dit que le jour où, si je devais annoncer ma candidature à la candidature, je quitterais le gouvernement »
Temps de parole
- Invité politique68 %
- Présentateur12 %
- Locuteur non identifié9 %
- Auditeur9 %
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Bienvenue à nos amis téléspectateurs de France Info, canal 27 qui nous rejoignent à l'instant. Vous êtes bien sûr France Info, la radio également en direct. On est avec le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux et avec Renaud Delis qui lui pose la première question.
Bonjour Benjamin Griveaux. Bonjour Renaud Delis. Alors on a appris hier que le constructeur automobile Ford refusait la dernière offre de reprise du site de Blancfort. C'est à côté de Bordeaux et privilégie un plan social. Il y a 800, un peu plus de 800 emplois, 850 emplois qui sont menacés. Est-ce que ça veut dire que le groupe Ford, Benjamin Griveaux, vous a menti ?
D'abord il y a une attitude indigne du groupe Ford et de ce groupe industriel. Et nous l'avons dit et Bruno Le Maire a eu l'occasion de le dire puisqu'il a évidemment suivi le dossier avec Agnès Pannier-Runacher à Bercy. C'est que Ford devra payer. Il devra payer à trois titres. D'abord pour les salariés du groupe, vous évoquiez les 850 personnes qui vont perdre leur emploi et donc payer dans l'accompagnement et par un plan de sauvegarde de l'emploi important. Deuxièmement, il devra payer pour le site. Parce que le site, il a été évidemment pollué, lié à l'activité industrielle qui s'y est développée pendant de nombreuses années.
Et on connaît les dégâts que font ce type d'industrie en particulier sur les sols. Et donc il y aura un travail de dépollution. Ford devra le payer. Et enfin, il devra payer pour le territoire. Et la question de la réindustrialisation. Alors on est dans un territoire qui est moins isolé que certains autres territoires où on a eu des difficultés avec certaines industries. Mais le rôle aussi de l'entreprise Ford et du groupe Ford, c'est d'aider à la réindustrialisation et à la reconversion des différentes personnes qui vont perdre leur emploi. Comment vous allez contraindre Ford à payer tout ça ? D'abord, c'est dans la loi. Le plan de sauvegarde, c'est prévu.
C'est quelque chose qui est inscrit dans les textes. Et donc, à la fois sur les questions des salariés, sur la question de la dépollution, c'est le rôle de l'État de faire valoir ces droits et nous les ferons valoir. C'est un patron voyou, le patron de Ford. Vous avez dit une pratique indigne il y a quelques instants.
C'est une pratique indigne parce que lorsque vous avez un repreneur de qualité qui a un projet industriel qui prévoit justement de permettre la reprise d'un très grand nombre de salariés et donc de maintenir sur un site important une activité industrielle et que, au fond, vous refusez cette reprise alors que vous vous désengagez de ce territoire, ça n'est pas un comportement digne.
Est-ce que vous allez nationaliser le site pour lui trouver maintenant un autre repreneur ? Est-ce que c'est une possibilité que vous vous gardez dans la manche ou pas ?
Je ne crois pas, moi, que la nationalisation soit la réponse à ce type de situation. Je le dis, le rôle de l'État, c'est de s'occuper de l'éducation, de la santé...
On parle de nationalisation temporaire, pour quelques semaines ou quelques mois.
Mais, à nouveau, le rôle de l'État, c'est de s'occuper de l'éducation, de la santé, du transport, de la sécurité, de l'emploi. Mais le meilleur moyen de s'occuper de l'emploi, c'est de former, c'est de reconvertir, c'est justement d'aider à la reconversion des salariés, à la réindustrialisation du site. Le meilleur service à rendre à ce site, ce n'est pas forcément la nationalisation, c'est bien plutôt qu'on cherche à diversifier l'activité industrielle, et c'est aussi le rôle de l'entreprise Ford que de nous y accompagner.
Vous évoquiez le comportement indigne, c'est le mot que vous avez employé de l'entreprise Ford, d'autant plus que l'entreprise a perçu des aides publiques pendant de nombreuses années, et précisément l'ancien candidat du NPA à la présidentielle, Philippe Poutou, qui est salarié du site de Blancfort, réclame le remboursement de ces aides. Alors Ford, qui est triste, c'est ce constat de voir qu'un État ne puisse pas contraindre une multinationale comme Ford de pouvoir faire autre chose, surtout que Ford fait des profits, que Ford a touché énormément d'argent public ces dernières années, y compris même sur les 45 ans de présence de l'usine Ford sur le territoire de Blancfort.
Voilà, c'est le côté qui est un peu désolant de la situation. Est-ce que vous réclamez à Ford de rembourser ces aides publiques ?
Il y a eu 15 millions d'aides qui ont été versées à Ford, et on ne peut pas les demander, demander leur remboursement. Pourquoi ? Parce que ces 15 millions d'aides, elles étaient liées à des engagements sur l'emploi que Ford a tenus. Ford a tenu ses engagements ? Ford a tenu ses engagements. Même si le site va fermer. Ford a tenu les engagements qui étaient liés à l'emploi pour ces 15 millions d'aides. Et donc on est dans un État de droit. Je comprends la colère de M. Poutou. Je comprends. Je ne suis pas idiot. Mais lorsqu'on est dans un État de droit et que l'État passe... On peut difficilement entendre que Ford a tenu ses engagements, alors que le site va fermer. J'entends parfaitement.
Mais sauf que les engagements qui ont été pris, vous savez, ce n'était pas nous qui étions au gouvernement. Les engagements qui ont été pris depuis de nombreuses années, qui ont donné lieu à ces 15 millions d'aides, 15 millions d'euros d'aides, ils ont été tenus. On est dans un État de droit. Et donc en droit, on n'a pas le pouvoir de demander ce remboursement des 15 millions d'aides. En revanche, c'est ce que j'ai dit, on va les faire payer pour les salariés, pour le site et pour la réindustrialisation du bassin. Ça, M. Poutou peut compter sur la détermination du gouvernement. Et je le dis, il y a des dossiers industriels qui ne se passent pas bien, comme celui-là.
Mais il y a aussi des dossiers industriels. On a obtenu des résultats. Je pense aux 120 emplois sauvés dans la creuse chez GMS. Je pense à William Sorin et à ses 1500 emplois. Je pense aux Poulets doux et aux 900 emplois. Il y a aussi des entreprises où on arrive à trouver des solutions avec l'accompagnement de l'État. Et je le dis aussi, des collectivités locales, les métropoles, les régions jouent leur rôle. La région est pilote de l'activité et du développement économique dans un territoire. Et les régions ont aussi un rôle important dans ces dossiers industriels sensibles.
Autre sujet, Benjamin Grévaud. Ça fait presque une semaine que la France connaît un pic de pollution dans plusieurs régions. Et pourtant, il ne se passe rien ou pas grand-chose. Écoutez ce qu'en dit l'adjoint au transport à la mairie de Paris qui vous interpelle.
On peut avoir le sentiment aujourd'hui que les autorités de l'État, à savoir la préfecture de police pour l'Île-de-France, jouent en quelque sorte à la montre le temps que l'épisode de pollution passe. Et puis finalement, on considère que les conditions ne sont plus réunies pour qu'on doit prendre des mesures restrictives.
Christophe Najdowski, l'adjoint au maire de Paris, chargé des transports. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de mesures de restriction de circulation ?
Écoutez, d'abord face à la pollution, parce que tout le monde considère qu'effectivement on respire un peu moins bien, qu'on tous un peu depuis une semaine et qu'il y a un épisode de pollution en particules fines qui est important, qui est avéré. C'est le préfet qui décide de prendre des mesures.
Le préfet qu'obéit aux ordres qu'il donne le gouvernement.
Non, mais ce n'est pas le gouvernement qui, au doigt mouillé, va décider. Le préfet, il prend ses décisions suite à quoi ? Un comité d'experts. Des gens qui mesurent. Ils ne sont pas réunis entre ces experts. Le gouvernement politique, le matin à la radio, pour vous expliquer que le gouvernement ne fait pas assez, quand M. Najewski est adjoint au transport depuis près de 5 ans à la ville de Paris, et où manifestement il n'a pas pu empêcher les pics de pollution en particules.
Les experts ont estimé, Benjamin Grévo, qu'il n'y avait pas assez de pollution ?
Non, ils ont estimé qu'il y avait de la pollution, et donc le préfet n'a pas rien fait, contrairement à ce que dit M. Najewski. Il fait de la mauvaise, honnêtement, c'est de la mauvaise polémique. Il fait de la mauvaise polémique. Il y a eu des restrictions sur les vitesses. Il y a eu une limitation, une restriction, pardon, sur l'utilisation des transports. Il y a eu une limitation sur la vitesse. C'est fait par un comité d'experts. C'est fait par un autre comité où siège qui ? Les élus. Et donc les élus de la ville et les élus de la région. Et moi, je vais vous dire, la question, ce n'est pas seulement de savoir si la circulation, elle doit être alternée dans Paris.
La circulation, la question, elle est aussi de se poser la bonne échelle de ce type de décision. Et c'est évidemment la petite couronne. A quoi sert la petite vignette critère qu'on a fait installer ? Je ne parlais pas de Paris, Benjamin Griveaux. Vous m'interrogez, c'est un agent maire de Paris qui m'interroge.
A quoi sert la petite vignette critère qu'on a fait installer aux Français sur le Paris-Bri ?
Je réponds simplement que sur ces sujets, pas de mauvaise polémique. Pas de mauvaise polémique. Il y a des décisions qui sont prises, non pas sur des intentions, mais sur des choses qui sont mesurées de manière scientifique par des experts et auxquelles participe notamment Air Paris. Donc franchement, il faut faire ça de manière sereine. La pollution et la lutte contre la pollution atmosphérique, ça doit dépasser les clivages politiques, échapper à la petite politique politicienne de bon matin et faire en sorte qu'on y arrive ensemble. Et puis, nouvelle pour M. Najewski, la pollution ne s'arrête pas au périphérique.
Et donc, quand on prend des décisions dans Paris, ça impacte les habitants de la petite couronne. Et donc, il faut arrêter de se comporter de manière égoïste. Et il faut qu'on pense que lorsqu'on prend des décisions dans Paris, ça impacte tout le monde. Et avoir déplacé la pollution du centre de Paris vers les grands boulevards et vers notamment l'est de Paris, je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur service rendu pour la qualité de l'air à Paris.
On a presque l'impression d'entendre quelqu'un qui serait candidat à la mairie de Paris, mais ça, on posera la question tout à l'heure, Benjamin Kendo.
Écoutez, vous m'avez interrogé, moi je réponds sur la question de la pollution à Paris, mais je suis prêt à répondre à Lyon. J'ai entendu qu'il y avait d'autres collectivités où la question se posait. On se retrouve dans un instant.
8h41, David Doba nous résume l'actualité de ce mardi matin.
Les étudiants attendus dans la rue en Algérie. Nouvelle manifestation contre un éventuel cinquième mandat du président Bouteflika. Sur France Info, ce matin, l'opposant Rachid Nekaz affirmait qu'il n'y avait pas de révolte, mais simplement la volonté de vivre un changement pacifique, stable et démocratique. A l'étranger toujours, le groupe de Lima appelle à une transition démocratique là également, mais au Venezuela, tout en dénonçant la situation humanitaire, il écarte l'usage de la force contre Nicolas Maduro, une option pourtant envisagée par Donald Trump.
Les 14 membres de l'Alliance se réunissaient hier à Bogotá pour la première fois en présence de Juan Gueldo, le président vénézuélien autoproclamé. « Tant que je suis en vie, je vais le combattre. » Déclaration sur Twitter de l'actrice Sanne Van Roy après le classement sans suite de sa plainte pour viol déposé contre Luc Besson. Parallèlement, le parquet de Paris ouvre une enquête contre le réalisateur après le signalement d'une autre actrice. Elle l'accuse d'agression sexuelle.
Et puis c'est désormais le gouvernement qui a les cartes en main, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud présentent dans une vingtaine de minutes ce matin le calendrier et la méthode de la réforme de l'assurance chômage. Patronaires et syndicats n'ont pas réussi à se mettre d'accord la semaine dernière.
France Info. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux et l'invité de France Info jusqu'à 9h, Renaud Delis.
En Algérie, Benjamin Griveaux, les manifestations se succèdent depuis plusieurs jours. Aujourd'hui, ce sont les étudiants qui vont manifester contre la perspective d'un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Est-ce que la situation en Algérie aujourd'hui vous inquiète ?
Il y a des élections qui vont se tenir en Algérie le 18 avril prochain. Nous formons, nous le vœux, qu'elles se passent dans les meilleures conditions, que le débat puisse se tenir de manière sereine et calme. Mais on entend aussi l'envie de débattre et qu'au fond, ces élections puissent permettre à chacun en Algérie d'exprimer ses envies et ses espoirs pour l'avenir de l'Algérie. Ces élections peuvent être crédibles à vos yeux aujourd'hui ? Moi, je n'ai pas à juger de la crédibilité ou pas des élections. Il y a un processus électoral qui est engagé et je souhaite qu'ils puissent se tenir dans les meilleures conditions.
Est-ce que vous soutenez l'élan démocratique des manifestants ?
Vous imaginez bien, quand on est membre du gouvernement, je n'ai certainement pas à m'exprimer sur une élection.
On a vu des leaders étrangers, italiens en l'occurrence, venir soutenir des gilets jaunes en France. Le porte-parole du gouvernement pourrait avoir un avis sur un mouvement en Algérie.
Oui, mais vous aurez noté que nous ne sommes pas exactement, nous ne nous comportons pas de la même manière que les membres du gouvernement italien qui viennent soutenir et faire de l'ingérence. Moi, il n'est pas du tout...
Vous n'avez pas un mot pour saluer les manifestants algériens ?
Mais ce n'est pas la question. La question, c'est est-ce qu'on souhaite que l'élection puisse se tenir dans les meilleures conditions ? La réponse est oui. de la jeunesse algérienne qui va défiler aujourd'hui. Oui, il y a des aspirations à pouvoir bâtir un avenir dans des conditions sans doute meilleures qu'elles n'ont connues jusqu'à présent. Mais ça, c'est l'aspiration d'un peuple. C'est un rendez-vous important, démocratique, qui se tiendra le 18 avril. Et on souhaite que ces élections puissent d'abord connaître un fort taux de participation et puissent permettre une expression libre de l'élan démocratique en Algérie.
Vous souhaitez que ces élections se déroulent dans les meilleures conditions ? Ce que vous venez de dire, aujourd'hui, vous n'avez aucune raison d'en douter. Vous avez confiance dans ce processus ? Écoutez, aujourd'hui, je n'ai pas de raison d'en douter. Vous n'avez pas de raison d'en douter du fait que ces élections soient libres et démocratiques ?
Je n'ai pas de raison d'en douter. Et à nouveau, en tant que membre du gouvernement, il n'est pas question que je porte un jugement sur le processus électoral dans un pays.
Et on peut être candidat à 81 ans, candidat à 5e mandat au pouvoir depuis 20 ans, fragilisé par un AVC sans qu'il y ait de doute de la France ?
À nouveau, vous ne trouverez aucune prise de position du gouvernement là-dessus. Ce serait de l'ingérence, ce serait mal vécu. Et donc, il n'est pas question que je me livre à cela ce matin à votre micro.
Renaud Delis. Alors, on va évoquer la politique française. Benjamin Griveaux, est-ce que vous avez lu ou est-ce que vous allez lire le pamphlet que François Ruffin consacre à Emmanuel Macron ? Un livre qui s'intitule « Ce pays que tu ne connais pas » ?
Non. Pourquoi ? Parce que, d'abord, il est très prévisible, François Ruffin, dans ses attaques. Et ce n'est pas un pamphlet. Les pamphlets, c'est bossuet dans la littérature française. Je ne suis pas sûr que François Ruffin laissera un souvenir impérissable à la littérature. Et puis, je vais vous dire, quand on a beaucoup de haine, je ne crois pas que ce soit bonne conseillère en politique. Il faut faire ça et s'engager dans la voie que nous avons choisie les uns et les autres. François Ruffin au Parlement, pour l'intérêt général. Il exprime de la haine à vos yeux, François Ruffin, à l'endroit d'Emmanuel Macron ? Oui, bien sûr. Il faut le faire.
La haine n'est jamais quelque chose qui permet de guider le responsable politique vers, d'abord, la défense de l'intérêt général. Et puis, vers le calme et l'apaisement que, je crois, appelle le pays dans la période. Nos concitoyens, ils sont en colère, ils sont impatients, ils sont parfois inquiets, ils sont parfois angoissés. Mais la haine, je la laisse aux extrêmes. François Ruffin en fait partie. Donc, qu'il déverse sa haine à longueur de page. Mais enfin, je ne compte pas acheter ce livre et encore moins le lire.
François Ruffin décrit la politique économique d'Emmanuel Macron. L'homme Emmanuel Macron est le physique d'Emmanuel Macron. Je voudrais vous citer un passage, Benjamin Griveaux. « Votre tête », il s'adresse au chef de l'État, « ne me revient pas, c'est physique, c'est viscéral. Je ne m'en vente pas, au contraire. » Pourquoi est-ce qu'il écrit ça ? Et est-ce qu'il y a des Français qui pensent la même chose ?
Écoutez, je ne suis pas là pour faire la psychanalyse de François Ruffin, mais... Il en aurait bien ? Voilà, je vous laisse ses propres mots. Très franchement, je pense que ça n'intéresse à peu près personne.
Il ne vous l'a pas envoyé, le livre, de toute façon ?
Non, je ne suis pas certain qu'il me le dédicacera. Et très franchement, je ne suis pas demandeur. Renaud Délit. J'ai d'autres lectures en prévision.
Alors, Emmanuel Macron, justement, il a participé, c'était le lundi 18 février, à une maraude avec le SAMU social. Il est allé à la rencontre des SDF. Ça, c'est une visite qui se voulait sans journaliste. Et puis, des photos de cette visite ont été diffusées par la photographe officielle de l'Élysée. Pourquoi faire de la communication sur une visite qui se voulait, justement, sans journaliste ? Pourquoi un tel coup de com' ?
D'abord, ce n'est pas un coup de com'. Je ne suis pas sûr que ce soit ça ou ce à quoi les Français pensent le matin en se réveillant. C'était important de marquer l'attention du président de la République à l'endroit des personnes qui sont les plus fragiles dans notre société. Ce n'est pas qu'un coup de com' pour une raison simple. Ce sont des photos quand même très posées.
On voit le président avec un blouson de cuir, en jean, posant tel qu'on ne le voit pas d'ordinaire.
Moi, ce que j'aimerais, Renaud Delis, c'est qu'on ne parlait pas de ces photos, puisqu'on n'est pas sur de la com'. C'est l'Élysée qui nous a discuté. C'est la photographe de l'Élysée. Mais ce que j'aimerais, moi, c'est que vous ayez retenu qu'on avait 136 000 places d'hébergement d'urgence, on en a 150 000, soit 14 000 de plus. C'est au fond ça qui est le plus intéressant dans le débat qu'on a. C'est qu'on y consacre 2 milliards d'euros. C'est qu'on a mis dans le plan pauvreté 5 millions d'euros de plus sur les maraudes le soir. C'est ça, je crois, qui est le plus intéressant, plutôt que le commentaire du commentaire d'une photo. C'est ça qui est surprenant.
Oui, mais moi, en tant que porte-parole du gouvernement, ce sont les moyens qu'on y consacre, qui ont été votés et qui sont déployés, 5 millions d'euros supplémentaires pour les maraudes la nuit, parce qu'il est insupportable d'avoir encore des gens qui dorment la nuit dans les rues de nos grandes villes, d'avoir des enfants et des femmes. Et tout ce qui doit être mis en oeuvre par l'État et par les collectivités pour lutter contre cela doit être fait, que le président de la République ait participé à une maraude. Très franchement, j'en suis plutôt fier.
C'est insupportable, vous le disiez. Et on se souvient qu'en campagne, le candidat Macron avait promis qu'il n'y aurait plus de SDF à la fin de l'année 2017.
Et nous n'avons pas réussi à tenir cette promesse. La différence peut-être avec avant, c'est qu'on reconnaît, quand on n'arrive pas à tenir une chose, on envisage 40 000 logements très sociaux de plus par an. Et à nouveau, on a augmenté, on est passé de 136 000 à 150 000 hébergements d'agence cet hiver. Donc c'est 14 000 de plus, c'est 10% de plus, 5 millions sur les maraudes en plus. Voilà, on n'a pas tout réussi, on a progressé, pas suffisamment. Et à nouveau, tant qu'on aura des gens qui dormiront dans les rues de Paris. Et d'ailleurs, ce sera insupportable, ce sera un combat du quotidien. C'est ce que le président de la République a témoigné par ce déplacement.
Benjamin Griveaux, France Info, a révélé ce matin l'existence d'une note signée du procureur de la République de Paris et qui demande des consignes de sévérité en ce qui concerne les gilets jaunes. Il demande notamment que les gilets jaunes qui sont placés en garde à vue les jours de manifestation restent jusqu'au soir, même s'il n'y a aucune charge retenue contre eux, pour être sûr qu'ils ne vont pas manifester ensuite et rejoindre les cortèges. Est-ce que ce sont vos consignes ?
Écoutez, je découvre la note dont vous parlez, donc je n'ai pas l'habitude de commenter un document dont je n'ai pas connaissance.
Est-ce qu'il y a eu des consignes de fermeté particulières suite aux différentes manifestations ?
Il y a des consignes de fermeté qui ont été données, mais à l'occasion de l'ensemble des manifestations, pas spécifiquement contre les gilets jaunes, vous le savez, vous êtes en France, et nous avons connu des épisodes de violences nombreux depuis de nombreux week-ends, mais qui faisaient suite aussi à des épisodes importants où il y a eu des violences terroristes ces dernières années, et donc il y a eu des consignes de sévérité particulière qui aient pu être données à certains moments pour rétablir l'ordre public, parce que vous aviez dans certaines manifestations des personnes qui s'y rendaient avec l'intention ferme de piller, de voler, de brûler, et de violenter, et je dirais même de tuer les forces de l'ordre, bien cueillir des consignes de sécurité, ça ne me choque pas.
N'ayant pas eu connaissance du document que vous mentionnez, il m'est difficile de le commenter plus avant.
Benjamin Griveaux, vous restez avec nous, on s'interrompt le temps du rappel de l'actualité à 9h10, et on poursuit cet entretien juste après. Voici David Doba.
Sur France Info ce matin, Carlos Tavares ne cache pas sa satisfaction. Le patron de PSA annonce une année 2008 record avec un bénéfice de près de 600 millions d'euros. Le résultat net atteint pour sa part 3,3 milliards. Les salariés qui gagnent jusqu'à 2 SMIC toucheront une prime de performance et d'intéressement de 3 810 euros. Elle est en progression de 43% par rapport à l'année dernière. Alexandre Benalla et Vincent Crase, incarcérés, vous le savez depuis une semaine maintenant pour ne pas avoir respecté leur contrôle judiciaire, vont à nouveau tenter d'obtenir leur libération. Elle sera étudiée par la Cour d'appel de Paris dans la journée.
La justice australienne s'est prononcée le 11 décembre, mais le verdict n'a été rendu public qu'hier. Le cardinal George Pell, numéro 3 du Vatican, ancien conseiller du pape François, a été reconnu coupable de délits sexuels commis sur des mineurs dans les années 90. Good morning Vietnam, Kim Jong-un est arrivé à Hanoi ce matin en termes d'un périple de 4000 kilomètres à bord de son fameux train blindé. Il y retrouvera demain Donald Trump pour un deuxième tête-à-tête historique. Et puis quart de finale de la Coupe de France ce soir, 19ème de Ligue 1. Les Dijonais affrontent le Paris Saint-Germain. Le coup d'envoi, c'est à 21h10 et ça se passera sur la pelouse du Parc des Princes.
Benjamin Griveaux, le Brexit approche à grand pas. En tout cas, sa date théorique, c'est dans un mois. Est-ce qu'il faut repousser cette date ?
Non, il ne le faut pas. Nous avons pris les mesures en France en cas de Brexit, comme on dit, sans accord, avec un no deal. Différentes ordonnances ont été prises depuis maintenant de nombreuses semaines en Conseil des ministres. J'ai eu l'occasion d'en faire état concernant différents sujets, la question des douanes, la question du tunnel sous la manche. Bref, l'ensemble des dispositions pour faire en sorte que le lendemain du Brexit, les entreprises françaises, les salariés, les Français qui vivent dans la Grande-Bretagne, les Britanniques qui vivent en France, nos entreprises qui commercent avec la Grande-Bretagne puissent poursuivre leur activité dans les meilleures conditions.
Donc on ne fera pas de cadeau à Thérésa May, on ne renégocie pas une partie de l'accord, ce qui est écrit et gravé dans le marbre. L'accord a été négocié âprement, longuement. Il y a un accord des 27. Ce n'est pas un pays qui imposera aux 27 autres ces conditions. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Et donc, partant de là, nous on est évidemment attentifs, c'est un grand partenaire la Grande-Bretagne. Et ça restera un partenaire après le Brexit. Nous continuerons à avoir, et c'est heureux, des relations commerciales, financières, économiques, humaines, universitaires, culturelles avec la Grande-Bretagne. Mais ils ont fait un choix. Le choix de quitter l'Union Européenne.
Peut-être ne l'ont-ils pas suffisamment préparé. Peut-être ceux qui ont défendu la sortie de l'Union Européenne ont-ils menti au peuple britannique. Mais il faut désormais en assumer les responsabilités.
Alors les élections européennes, Benjamin Griveaux, ce sera fin mai. Tous les partis ou presque ont d'ores et déjà désigné leur tête de liste. Pas encore La République En Marche. Pourquoi ? Et quel est le bon profil d'une tête de liste pour ces élections européennes à vos yeux ?
Pourquoi ? Parce que nous on préfère toujours, vous savez, le scénario au casting chez En Marche. On préfère toujours travailler à ce que nous allons mettre sur la table, ce que nous allons proposer. J'ai vu beaucoup de castings ailleurs, j'ai entendu assez peu de propositions pour le moment.
Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de volontaires ?
Non, nous on fait l'inverse. On a toujours fait ça. Dans le cas de l'élection présidentielle, on a fait ça pour les élections européennes. Et on fera ça pour les autres élections à venir. D'abord, on travaille à ce qu'on veut dire aux Français, à ce qu'on propose, à ce qu'on met sur la table. Aux Français et aux Européens. Parce qu'on ne va pas faire ça seul dans notre coin. Et ensuite se posera la question, mais elle sera tranchée dans les semaines qui viennent, de la tête de liste. Et pas que de la tête de liste, parce qu'il y a la tête de liste. Il y en a 78 à trouver derrière. Exactement. Il y a 79 personnes qui vont porter les couleurs.
Je crois que le délégué général de La République En Marche l'a dit, vers la fin du mois de mars. Et ce sera le bon moment. Il faut avoir quelqu'un qui puisse... D'abord, et je vais vous dire, c'est souvent le critère qu'on a nous retenu, notamment lorsqu'on a fait le choix pour nos candidats des élections législatives. Le critère de la compétence. La question européenne, c'est une question trop sérieuse pour la laisser à des gens qui ignorent tout du fonctionnement des institutions communautaires, qui racontent n'importe quoi, et on en a eu encore des exemples récents, sur la question du fonctionnement de ces institutions et sur le rôle de l'Europe.
Nous, on veut des gens qui puissent, le lendemain de l'élection, prendre des positions importantes dans les différentes commissions au Parlement européen et défendre les intérêts français à Bruxelles. Ça peut être un ministre ? Oui, pardon. Ça peut être un ministre ?
Ce n'est pas moi qui fais le casting. Vous évoquez les compétences européennes. Par exemple, la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau ?
Je vous confirme que la ministre des Affaires européennes est compétente sur les affaires européennes. Et vous me rassurez. Et donc, elle serait une bonne candidate. Ça n'est pas moi qui fais le casting. Et donc, ne comptez pas sur moi pour entrer dans ce petit jeu.
Emmanuel Macron a déjà son nom en tête ?
Ou pas encore ? Mais il faudrait lui demander. On l'avise régulièrement. C'est bien lui qui décidera. C'est le délégué général de La République En Marche qui a mis en place une commission d'investiture qui est présidée par Jean-Marc Borrello. C'est cette commission d'investiture qui désignera les candidats et les candidates à l'élection européenne.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a déjà en tête le nom de son candidat pour la mairie de Paris ?
Vous pourrez à nouveau lui poser la question. Le calendrier, ce sera quand ? Écoutez, nous, j'ai beaucoup entendu que ça accélère. Avant les européennes ? Il n'y a pas d'accélération. Ce sera avant les européennes ? Je ne sais pas si ce sera avant ou juste après les européennes. Je ne suis pas sûr que ça change fondamentalement la donne. Moi, j'ai dit, et j'ai déjà eu l'occasion de le dire à ma entreprise, que je dirais mon souhait au printemps. Le printemps approche. Les beaux jours sont presque déjà là, si j'en crois les températures ce matin. Vous pourriez le dire ce matin. Et donc, le printemps approche.
Mais jusqu'à preuve du contraire, je crois qu'il commence le 21 mars pour se terminer le 21 juin. Qu'est-ce qui pourrait encore vous empêcher d'être candidat à la mairie de Paris ? Mais si je n'ai pas un projet innovant qui s'intéresse au quotidien des Parisiens et que je sois en capacité de le porter collectivement, c'est sans doute seulement cela qui pourrait faire en sorte que moi ou des autres, d'ailleurs, ne porte pas de projet.
Si La République En Marche n'a pas un projet très innovant pour les Parisiennes et les Parisiens, qui dit aussi quelque chose aux territoires qui sont limitrophes de Paris, qui fait tomber cette marrière physique et le périphérique, au moins dans les esprits, qui s'interroge sur la manière dont on peut diriger la ville différemment, sur comment est-ce qu'on rapproche la décision de nos concitoyens, comment est-ce qu'on renforce les pouvoirs des maires d'arrondissement, comment est-ce qu'on remet de la confiance dans la ville, comment est-ce qu'on réconcilie les Parisiens entre quartiers, entre arrondissements.
Si on n'a pas les clés pour dire aux Parisiens comment on va faire cela, il ne faut pas présenter de candidature. Ma conviction, c'est que le projet que nous sommes en train de travailler de manière très collective permettra cela et à partir de là, on choisira la bonne personnalité pour porter ses idées.
Et si cette personnalité est ministre, il ou elle devra immédiatement quitter le gouvernement dès son annonce de candidature ?
Moi, j'ai dit que le jour où, si je devais annoncer ma candidature à la candidature, je quitterais le gouvernement parce qu'il faut être très clair. On s'y consacre pleinement, on ne fait pas deux choses en même temps, même si on est des gens très occupés et qui travaillent beaucoup. Moi, je ne sais pas faire deux choses en même temps.
Donc, vous ne savez pas ce matin si vous serez encore ministre dans un mois ?
Ce que je vous dis, c'est que si je dois être candidat à la candidature, moi, en tout cas, je démissionnerai.
Ça, c'est une règle qui vaut pour vous, pas forcément pour les autres ministres comme Olyar Majoubi ?
Écoutez, c'est la règle que je m'applique à moi-même et je laisse aux autres s'appliquer les règles qu'ils souhaitent déterminer. Pourquoi est-ce que vous avez rencontré récemment Bertrand Delanoé, l'ancien maire de Paris ? Parce que d'abord, ça m'arrive de le faire à ma entreprise et puis je le fais. C'est quelqu'un qui a marqué de son empreinte la ville de Paris. Et vous avez vialé ? Non, mais d'abord, les conversations qui sont entre lui et moi restent entre lui et moi. Et puis, c'est important d'encontrer des gens qui ont exercé des mandats locaux à Paris.
Le maire de Paris, je rencontre aussi des élus de l'actuelle municipalité, de toute sensibilité, parce que c'est une ville extrêmement complexe à diriger.
C'est une référence pour vous, Bertrand Delanoé, c'est une référence pour vous ?
Oui, c'est une référence en termes d'éthique. Et je crois que dans la période, c'est une bonne chose de s'inspirer un peu de personnalités politiques qui, dans leur comportement, ont toujours montré un rapport à l'éthique particulier. C'est le cas de Bertrand Delanoé. Et ce sera Benjamin Grévo, le dernier mot ce matin.
Merci beaucoup d'avoir été au micro de France Info ce matin. Dans 1 minute 30, il sera 9h. Bonjour. Sous-titrage ST' 501