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interviewRMC — Face à Face· 30 avril 2021 23 min

L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 30/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Gabriel Attal

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Gabriel Attal, merci d'être venu répondre à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Vous êtes le porte-parole du gouvernement, cette annonce donc d'un calendrier de déconfinement qui a été fait par Emmanuel Macron. Mais je ne comprends pas très bien, en fait je ne comprends pas très bien, parce que le 31 mars dernier, Emmanuel Macron nous annonçait donc qu'il fallait tout refermer, et parce que la situation était, disait-il, critique. On en était à environ 300 morts par jour en moyenne et il y avait 5053 personnes en réanimation.

Aujourd'hui au contraire, on estime qu'on peut déconfiner et en fait les chiffres sont les mêmes. On est à 5804 cas en réanimation, c'est-à-dire en réalité plus qu'il y en avait quand on a confiné, et toujours 300 morts en moyenne. Pourquoi on déconfine du coup ? Ou pourquoi on a confiné ?

0:55
Présentateur

Ce qui a changé à Pauline de Valherbe c'est la dynamique. Mais moi avant, je veux insister sur ce que vous disiez à l'instant au début de votre intervention. Le Président s'est exprimé devant les Français le 31 mars. Et il s'est annoncé des mesures, des mesures difficiles, des efforts supplémentaires, en disant pendant 4 semaines jusqu'au 3 mai, il y aura des restrictions de circulation. Et autour de la mi-mai, on commencera à rouvrir un certain nombre de lieux, en commençant par certaines terrasses et certains lieux de culture.

Et hier, ce qu'il a annoncé, c'est un engagement tenu, puisqu'il a annoncé précisément la fin des restrictions de circulation à partir de lundi prochain, et puis un calendrier de réouverture progressive. C'est un calendrier qui est prudent, qui est pragmatique, qui est fait avec du bon sens et qui surtout tient compte du fait que les Français ont envie de reprendre une vie de plus en plus normale. Et ça, il faut l'entendre, ça fait plus d'un an que les Français vivent avec des restrictions. Maintenant, sur votre question précisément. Ce qui a changé, c'est que quand il a annoncé ces mesures difficiles, on était sur une dynamique, vous vous en souvenez, exponentielle.

Le nombre de cas augmentait chaque semaine de plus de 20%, je crois, ce qui était un pic, enfin une exponentielle. En réanimation aussi, on avait une augmentation très forte. Vous parliez de 5 000 et quelques. On est monté jusqu'à 6 000 personnes en réanimation. Et à l'hôpital, on est monté très haut aussi. Et qu'est-ce qu'on voit depuis plusieurs semaines ? C'est que ça descend. Depuis quelques semaines, l'épidémie perd du terrain dans notre pays. Elle le fait doucement, il faut aller plus vite, il faut continuer nos efforts. Mais on voit que ça diminue.

2:15
Gabriel Attal

Vous dites, on tient compte des envies. Mais j'ai qu'une envie, moi, ce matin, c'est de me réjouir avec tout le monde. Et de me dire, c'est génial, on va enfin pouvoir retrouver progressivement le chemin d'une vie normale. Mais quand même, si je me souviens bien, ce qu'on nous a dit aussi à l'automne, ce qu'Emmanuel Macron nous a dit à l'automne, au moment où il a fermé les restaurants, c'était qu'il rouvrirait le 20 janvier. C'était ça ce qui était prévu à l'époque. Le 20 janvier, avec un critère, il fallait être repassé sous la barre des 5 000 nouveaux cas par jour. On est à 30 000 nouveaux cas par jour.

Mais ça veut quand même dire qu'à un moment, en fait, ces critères, on les a envoyés bouler. Mais dans ces cas-là, quitte à ne pas tenir compte des chiffres,

2:50
Présentateur

pourquoi on n'a pas rouvert plus tôt ? Non, ça veut dire qu'on n'est plus dans la même situation. Pourquoi ? Parce que depuis, on a la vaccination. La différence entre l'automne et maintenant, c'est qu'aujourd'hui, on a une campagne vaccinale qui se déploie, qu'on a de plus en plus de Français qui sont protégés grâce à la vaccination. Donc ce qu'on organise là, j'espère, c'est une sortie durable de cette crise. La deuxième chose, c'est qu'effectivement, à l'époque, à l'automne, on regardait quasiment exclusivement ce critère du nombre de contaminations.

Parce que nombre de contaminations veut dire, voulait dire, nombre de personnes admises à l'hôpital et en réanimation deux semaines plus tard. Vous savez qu'il y a une corrélation. Aujourd'hui, on protège de plus en plus les personnes qui sont à risque de faire une forme grave de la maladie. On est à plus de 60% des plus de 60 ans qui sont vaccinés. C'est autant de personnes qui sont les plus à risque d'aller à l'hôpital qui sont protégées d'une forme grave de la maladie. Donc, on voit que la boussole et les critères qui nous permettent d'alléger des restrictions ont changé grâce à la vaccination.

Puisque la vaccination nous permet et nous permettra de limiter le nombre de personnes qui sont hospitalisées.

3:48
Gabriel Attal

Alors, avant de rentrer dans le mode d'emploi en quelque sorte de ce déconfinement, vous parlez de la vaccination. Il y a quand même une grande question qui se pose aujourd'hui. C'est qu'est-ce que vous attendez pour l'ouvrir à tous ? Pourquoi tous ces critères ? Pourquoi continuer tous ces critères ?

4:01
Présentateur

On attend les doses.

4:02
Gabriel Attal

Mais il y a des doses qui ne trouvent pas preneur ?

4:04
Présentateur

Je vais vous dire, il peut y avoir des centres, et je crois que c'était au début de semaine, une trentaine de centres sur 1700 où il y avait des créneaux disponibles. Mais je veux dire, ces créneaux, ils sont pourvus progressivement. On utilise quasiment la totalité des vaccins qu'on reçoit dans les jours suivants. Le jour où on les reçoit, si vous prenez Pfizer, par exemple, 92% d'utilisation. Les 8%, c'est ce qu'on appelle le roulement, c'est le temps que les vaccins arrivent dans les centres. Donc, quand on reçoit des doses en France, aujourd'hui, elles sont injectées quasiment immédiatement parce qu'il y a un public qui est très large qui peut aujourd'hui se faire vacciner.

La vaccination, moi j'entends les impatiences. Je connais aussi plein de gens, moi-même, j'aimerais bien pouvoir me faire vacciner. Mais la vaccination, le succès de la vaccination, ce sera un succès collectif parce qu'on aura avancé en bon ordre. Et avancer en bon ordre, et je sais que c'est difficile et qu'il y a beaucoup d'impatience, c'est vacciner en priorité ceux qui sont les plus à risque de faire une forme grave. Il n'y a pas de raison que moi ou vous, on soit protégé, vacciné avant quelqu'un qui est plus à risque, c'est-à-dire quelqu'un d'âgé, quelqu'un qui a du diabète,

5:02
Gabriel Attal

qui a un surpoids. Sur ces questions de critères, vous avez encore élargi les critères. Mais je vais vous dire, vous savez ce que j'ai fait moi ce matin ? J'ai imprimé tous les critères. Il y a d'abord une page sur les critères d'âge. Ensuite, il y a la liste des professions qui sont prioritaires. Mais alors en fait, il faut rentrer dans tous les détails. Il y a les agents d'entretien, les agents de nettoyage. Dans les agents d'entretien, ce n'est pas tous. C'est les agents de nettoyage, les agents de ramassage des déchets, les agents de centres de tri de décès. Ensuite, il y a les salariés des abattoirs, il y a les salariés des entreprises de transformation des viandes.

Ensuite, ce que je veux dire, c'est que je ne suis même pas sûre que ceux qui sont dans ces critères le savent.

5:36
Présentateur

Je pense que si, mais c'était attendu que les professions les plus exposées puissent avoir un accès plus rapide au centre de vaccination. C'est de ça qu'il s'agit. On parle des personnes

5:46
Gabriel Attal

de plus de 55 ans

5:47
Présentateur

qui peuvent déjà se faire vacciner comme tous ceux qui ont plus de 55 ans. Et on a fait des plages horaires dédiées dans les centres de vaccination pour les professions les plus exposées, c'est-à-dire celles qui, de par leur profession, prennent peut-être plus de risques vis-à-vis de l'épidémie. C'était très attendu, on nous en a beaucoup parlé. Il y a eu un vrai débat politique autour de cette question et donc on l'a tenu. Moi, je vais vous dire, j'entends encore une fois l'impatience. Mais on vaccine en bon ordre. Il y a les étapes qui ont été annoncées.

On veut avoir vacciné 20 millions de personnes à la mi-mai et à ce moment-là, ce qui est prévu, c'est l'ouverture et puis ensuite, à la mi-juin, ouverture à tous les Français au grand public. C'est le calendrier qui a été annoncé.

6:24
Gabriel Attal

Ça, c'est pour la théorie. Ça, c'est pour les annonces. Mais on a un peu l'impression qu'en réalité, vous fermez les yeux sur ce qui se passe sur le terrain. Quand vous écoutez les médecins, ils vous le disent tous. D'abord, il y a en fin de journée des doses qui restent et donc, dans ces cas-là, ils les donnent un peu selon la tête du client, je dirais. C'est-à-dire que selon l'heure à laquelle il est, selon le nombre de doses qu'il reste, selon simplement leur humeur du jour, ils vont accepter ou non que certaines personnes qui ne sont pas dans les critères soient vaccinées. En fait, vous les laissez chacun gérer. Mais d'ailleurs,

6:53
Présentateur

heureusement qu'il n'y a pas de doses qui sont jetées en fin de journée parce qu'il en reste. D'ailleurs, évidemment que les centres de vaccination, si à la fin de la journée, parce qu'il y a eu des désistements sur des rendez-vous ou parce qu'ils ont réussi à extraire plus de doses, vous savez que parfois, on arrive à extraire un peu plus de doses dans un flacon en fonction de la qualité de la seringue, etc., qu'ils puissent mobiliser des personnes pour se faire vacciner. Mais vous savez, j'ai été visiter un centre de vaccination dans le Val-de-Marne.

Ils ont une liste d'attente avec des personnes qui sont dans la cible, des personnes âgées, des personnes qui ont une pathologie qui les rendent à risque. Et oui, en fin de journée, ils passent des coups de fil en disant qu'il nous reste une dose. Il y a aussi des sites internet qui se sont mis en place « Vite ma dose », « Covid list », qui permettent d'accéder à des créneaux de vaccination. Qui ont pallié

7:28
Gabriel Attal

à ce que vous ne faisiez pas.

7:30
Présentateur

Mais qui ont complété. Moi, je trouve ça super. Je vais vous dire qu'il y a des jeunes et en l'occurrence, c'est des jeunes qui se lancent, qui créent des dispositifs qui permettent d'améliorer la campagne de vaccination. Mais tant mieux. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui attendent toujours tout de l'État. Et je pense que, justement, il y a une émulation qui peut se faire avec des jeunes.

7:44
Gabriel Attal

Eh bien, il y a aussi des villes qui ont pris des initiatives qui ne vont pas dans le sens de ce qu'Emmanuel Macron a annoncé. Je cite ce matin Bastia, notamment, en Corse, qui a décidé, quoi qu'il arrive, ça y est, d'ouvrir la vaccination à tous les plus de 18 ans. Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez leur envoyer la police ?

7:58
Présentateur

D'abord, il n'y a plus à avoir des annonces de certaines villes ou de certains centres. Je vais vous dire, souvent, il y a un dialogue qui se fait au niveau local avec les représentants de l'État et on arrive à trouver une solution. Parce que, qu'est-ce que disent ces villes ? Vous n'avez pas les empêché de vacciner. Il y en a notamment eu dans les Alpes-Maritimes. Qu'est-ce que disent ces villes ? Elles disent, finalement, on a suffisamment de doses pour ouvrir à d'autres personnes que celles qui sont prioritaires. C'est bien souvent des départements où on leur envoyait plus de doses que sur le reste de la France parce qu'il y avait une épidémie qui circulait plus.

On se souvient des Alpes-Maritimes. Il y avait une situation qui était très difficile. On leur envoyait des doses en plus. Donc, ils n'ont plus vacciné davantage de personnes. Et puis maintenant, ils disent qu'on peut ouvrir davantage. Il y a un enjeu de solidarité avec d'autres départements qui, eux, n'ont pas pu vacciner toutes les personnes les plus âgées. Et ensuite, je vais vous dire, on est aujourd'hui, je le disais, à 60% des plus de 60 ans qui ont été vaccinés, en tout cas qui ont reçu une première injection. Ça veut dire qu'il en reste 40%. Et il peut y arriver, souvent, qu'il y ait des personnes âgées qui sont isolées, qui sont chez elles.

Et donc, la responsabilité des municipalités, évidemment en lien avec l'État et des associations, d'ailleurs, c'est d'aller jusqu'au domicile de ces personnes.

9:03
Gabriel Attal

Donc, plutôt comme Bastia, d'ouvrir la vaccination à tous, vous inciteriez davantage les gens de Bastia, les responsables à Bastia, d'aller chercher un par un dans les maisons ?

9:13
Présentateur

Il faut aller chercher ceux qui sont les plus éloignés parce qu'il y en a. Il y a des collectivités, d'ailleurs, qui ont mis en place des bus qui se déplacent partout sur leur territoire, sur leur département, qui ont mis en place des équipes avec des infirmiers libéraux qui se déplacent au domicile des personnes. L'assurance maladie passe des coups de fil tous les jours aux personnes âgées pour vérifier qu'elles ont bien un rendez-vous. On en trouve régulièrement. Il y a eu plusieurs dizaines de milliers de personnes dont on s'est rendu compte qu'elles n'avaient pas eu de rendez-vous parce qu'elles n'avaient pas accès à l'information.

On leur donne un rendez-vous, on les flèche vers un centre. Ce travail-là, il est en cours. Encore une fois, j'entends l'impatience. C'est une question de semaines maintenant avant qu'on puisse ouvrir beaucoup plus largement. Et on va y arriver. Mode d'emploi

9:48
Gabriel Attal

de ce calendrier du déconfinement. Un déconfinement avec quand même à tout moment cette menace qu'on puisse tirer sur le frein. Une sorte de liberté surveillée. Il y a trois critères. Et c'est là-dessus que je voudrais quand même qu'on s'arrête un instant. Trois critères qui pourraient entraîner ce que le Président appelle un blocage des réouvertures. D'abord, il y a le taux d'incidence. Plus de 400. Il y a une augmentation très brutale du taux d'incidence. Et puis, il y aurait une menace de saturation des services de réanimation. Première question. Ce taux d'incidence de plus de 400. Quand on voit qu'il y a huit départements aujourd'hui qui sont au-dessus de ce critère.

Est-ce que ça veut dire que si d'ici les dates indiquées le taux n'est pas descendu ils n'auront pas de terrasse reverte ils n'auront pas de réouverture ?

10:28
Présentateur

Alors déjà, pourquoi est-ce qu'on met en place un frein d'urgence ? Parce que le Président a annoncé des phases d'allègement des contraintes de réouverture de certains lieux qui auront lieu dans tout le pays qui sont nationales. Moi, je pense que les Français sont aussi attachés à cette égalité. Mais on sait bien il faut avoir du bon sens il faut être pragmatique que si on voit que dans un département il y a une situation particulièrement dégradée qui a un foyer de contamination important qui fait que l'épidémie repart très fort qu'il y a une menace sur l'hôpital oui, il faut pouvoir freiner un peu les choses prendre un peu de temps avant de passer une étape.

Maintenant, vous disiez il y a huit départements qui sont au-dessus du taux d'incidence de 400 pour 100 000. C'est vrai, c'est essentiellement des départements d'Île-de-France je crois qu'il y a les Bouches-du-Rhône Seine-Saint-Denis Val-d'Oise Val-de-Marne Bouches-du-Rhône Essonne Seine-Saint-Denis Oise et Paris Voilà, quand vous regardez ce qu'était l'incidence dans ces départements il y a dix jours ou deux semaines elle était nettement plus élevée parfois elle allait jusqu'à 800 et donc ce que je veux dire c'est que c'est les départements qui sont partis du plus haut et c'est souvent ceux où ça baisse le plus vite donc moi je vais vous dire

11:22
Gabriel Attal

Sauf que là entre temps les écoles vont rouvrir il n'y a pas de raison que ça baisse

11:25
Présentateur

ça baisse encore plus fortement ces derniers jours et c'est très encourageant parce que les Français font des efforts parce qu'ils vont continuer à faire des efforts parce que chaque personne va baisser la garde on va continuer à être vigilant mais je vous le dis aujourd'hui on peut légitimement être optimiste sur la possibilité d'ouvrir largement sur tout le territoire les terrasses et les lieux de culture à la Mimè

11:45
Gabriel Attal

Sauf menace de saturation des services de réanimation ça veut dire quoi ?

11:50
Présentateur

Alors ça sera précisé par le Premier ministre dans sa conférence de presse ce critère mais c'est la question du taux d'occupation des réanimations qui est regardé je crois au niveau régional et donc c'est la part de lits en réanimation qui sont occupés par des personnes qui sont à l'école Parce que moi

12:04
Gabriel Attal

j'ai regardé sur mon application TousAntiCovid ce matin juste avant d'entrer dans ce studio il y a marqué que la tension des réanimations est de 114,5% donc on est au-dessus de 100% Oui au-dessus

12:15
Présentateur

des capacités initiales c'est-à-dire que vous savez que ça veut dire qu'il faudra

12:18
Gabriel Attal

être en-dessous des 100% ?

12:19
Présentateur

On a des capacités initiales qui sont au-dessus je crois de 5000 lits en France qu'on augmente progressivement et qu'on a augmenté progressivement ces dernières semaines et ces derniers mois au fur et à mesure que des personnes étaient admises en réanimation ça veut dire qu'on a transformé des lits en lits de réanimation qu'on a reprogrammé un certain nombre d'opérations

12:36
Gabriel Attal

Mais voilà tout simplement est-ce qu'on pourra se dire quand on passe en-dessous des 100% c'est bon ? C'est ça le critère ?

12:42
Présentateur

Ça veut dire quoi ?

Je vous ai dit tout à l'heure que le Premier ministre allait préciser je ne sais pas si ça sera 100% 80% en tout cas ça sera le taux d'occupation en réanimation par des malades du Covid Notre boussole depuis le début de cette crise vous le savez la boussole absolue ça a été de protéger toujours l'hôpital de ne pas se retrouver dans une situation telle qu'on l'a vue malheureusement dans plusieurs pays dans le monde pas uniquement on a vu des scènes dramatiques en Inde ces derniers jours mais pas uniquement en Inde y compris en Europe chez certains de nos voisins on a vu des situations où vous avez des personnes qui n'ont pas pu être accueillies à l'hôpital qui ont été prises en charge dans leur voiture sur le parking de l'hôpital avec la bouteille d'oxygène sur le toit faute de place en réanimation on ne s'est pas retrouvé dans ces situations en France parce qu'on a toujours pris les mesures nécessaires pour protéger notre hôpital et pour faire en sorte que tous les français qui en ont besoin puissent accéder à des soins et ça évidemment que ça restera notre boussole

13:28
Gabriel Attal

le troisième critère pour éventuellement tirer sur le frein c'est l'augmentation très brutale du taux d'incident j'imagine que ça aussi ce sera précisé ça veut dire quoi très brutale ?

13:37
Présentateur

c'est quand vous avez une exponentielle comme je le disais tout à l'heure c'est à dire quand vous avez une augmentation très rapide sur un temps très court oui le Premier ministre aura l'occasion de préciser

13:45
Gabriel Attal

il suffira que l'un de ces trois critères c'est à dire le taux d'incidence la rapidité de l'augmentation et la menace de saturation sur les réanimations que l'un de ces trois critères soit rempli pour qu'on tire sur le frein ou il faudra les trois ?

13:56
Présentateur

l'un de ces trois critères entraînera une discussion au niveau local entre les élus et les représentants de l'Etat c'est à dire le préfet l'agence régionale de santé on regardera à chaque fois la situation et si on considère qu'il y a un risque on tirera sur le frein mais encore une fois il faut regarder la situation telle qu'elle est aujourd'hui l'épidémie perd du terrain évidemment on va tout faire pour que ça continue c'est pour ça qu'il faut poursuivre nos efforts et encore une fois aujourd'hui tout indique que les départements seront repassés sous les 400 d'ici à la mi-mai et qu'on pourra rouvrir et puis il y a quand même des bonnes nouvelles

14:28
Gabriel Attal

en effet puisque progressivement ça va rouvrir d'abord les terrasses ensuite les restaurants et puis les matchs avec des jauges bien sûr mais si on s'arrête un instant sur le cas des restaurateurs qui sont quand même les plus touchés depuis le plus longtemps vous dites que vous allez continuer les aides et les diminuer de manière progressive Emmanuel Macron a même cette expression il dit ce sera du coût humain ça veut dire quoi du coût humain ?

14:51
Présentateur

du coût humain ça veut dire que on a vous savez depuis un an le quoi qu'il en coûte qui a permis de faire en sorte que les français aient pu garder leur travail leur rémunération qui a fait en sorte que beaucoup d'entreprises ont tenu pendant cette crise il y a eu même moins de faillites en 2020 qu'en 2019 parce qu'on n'a pas lésiné sur les moyens pour permettre à nos entreprises à nos artisans à nos commerçants de tenir et c'est une fierté et que là il va y avoir le quoi qu'il en soit c'est-à-dire si vous reprenez votre activité on passe du quoi qu'il en coûte au quoi qu'il en soit ou si vous reprenez votre activité dans un premier temps vous allez continuer à être aidé notamment au mois de mai où toutes les entreprises qui ont reçu le fonds de solidarité c'est-à-dire l'aide qui est donnée qui va jusqu'à 10 000 euros ou 20 % du chiffre d'affaires le recevront en mai comme ce qu'elles ont reçu en avril et puis ensuite dans les mois qui suivent ça va s'adapter à la reprise de votre activité pour faire en sorte que si vous reprenez votre activité vous avez des rentrées vous ne soyez pas perdant vous ne travaillez pas à perte évidemment c'est ça l'objectif et donc oui il va y avoir une appréciation au cas par cas de la situation des établissements il y a une concertation qui va avoir lieu la semaine prochaine avec les fédérations professionnelles les partenaires sociaux Bruno Le Maire évidemment sera aux avant-postes pour cette concertation il précidera le dispositif avec le Premier ministre la semaine du 10 mai

16:02
Gabriel Attal

Gabriel Attal Clément auditeur d'RMC m'appelait ce matin et il me disait il va y avoir certes ce pass sanitaire ça y est c'est acté ça on a bien compris le pass sanitaire qu'il faudra montrer par exemple pour aller dans des concerts pour aller dans des matchs ou même pour voyager soit vous pourrez prouver que vous avez été vacciné soit vous avez fait un test PCR il y a moins de 72 heures mais ce que disait Clément et au fond je trouvais que la question était assez intéressante et qu'il fallait vous la poser c'est qu'il disait au fond on aura envie d'aller à un match ou d'aller à un concert et il faudra faire un test PCR un test PCR ça coûte 80 euros qui va payer ?

est-ce que pour aller à un concert c'est l'État qui va payer les 80 euros c'est-à-dire la Sécu ou est-ce que si vous voulez aller à un concert casse-là ne tienne c'est vous qui voulez y aller c'est vous qui payez le test PCR

16:47
Présentateur

aujourd'hui il n'est évidemment pas prévu de revenir sur la gratuité des tests tant qu'on est dans cette épidémie et qu'on a pour objectif de contrôler cette épidémie et de faire en sorte qu'il n'y ait pas des personnes qui se baladent qui aillent dans des événements en étant contaminées évidemment qu'on va continuer à prendre en charge les tests et d'ailleurs il y a peu de pays au monde voire pas de pays dans le monde qui ont cette politique précisément qui permet de déployer des tests sans frais parce que quand on dit gratuit c'est la collectivité qui paye sans frais pour les personnes et évidemment ça va se poursuivre mais je vais vous dire

17:17
Gabriel Attal

évidemment c'est-à-dire en fait vous voulez aller à un concert vous payez un ticket si pour aller au concert il faut aussi payer un PCR non

17:23
Présentateur

en tout cas ce que je vais vous dire évidemment je veux dire

17:25
Gabriel Attal

personne n'a envie de payer je comprends très bien mais simplement à un moment vous le disiez ça coûte ça coûte quand même 80 euros quoi qu'il arrive du coup pour que quelqu'un aille à un concert

17:33
Présentateur

d'abord on va continuer à vacciner de plus en plus largement et vous savez qu'à partir de la mi-juin tous les français on va ouvrir la vaccination au grand public le président le premier ministre l'avait annoncé et puis il y aura aussi la possibilité de faire un test PCR le pass sanitaire c'est ce qui permet de rouvrir un certain nombre de grands événements tout en garantissant que les personnes qui se rendent dans cet événement qui brassent beaucoup de monde sont protégées voilà et c'est extrêmement important qu'on puisse déployer cet outil donc quoi qu'il en coûte pour la collectivité sur les déplacements pouvoir aller dans des concerts quoi qu'il en coûte pour la collectivité il n'est pas prévu de faire différemment je reviendrai devant vous si c'est le cas

18:02
Gabriel Attal

d'autres questions très précises sur les mariages par exemple les fêtes autorisées à partir de quelle étape est-ce que ce sera le 19 mai avec quelle jauge est-ce qu'à partir du 19 mai on peut considérer que tous ceux qui veulent se marier sans aucune limitation du nombre d'invités peuvent le faire

18:21
Présentateur

sur cette question des mariages que j'entends et j'ai souvent des questions sur ce sujet là ça fait partie des sujets qui seront précisés par le Premier ministre dans sa conférence de presse tout n'a pas été dit dans l'interview du Président de la République aussi parce qu'il y a un travail qui est mené encore une fois avec les entreprises avec les élus locaux avec les parlementaires qui va permettre de préciser un certain nombre de choses et de répondre à des questions que se posent beaucoup de Français

18:41
Gabriel Attal

Donc pour l'instant ça n'est pas vraiment décidé ?

18:44
Présentateur

Je n'ai pas la réponse aujourd'hui en termes de date à vous donner il y a aujourd'hui la possibilité de se marier civilement à la mairie d'ailleurs on avait revu les jauges pour qu'il puisse y avoir plus de personnes qu'au départ 6 personnes c'était très peu après pour les grandes fêtes de mariage là aujourd'hui je ne peux pas encore vous donner la réponse j'espère que ça sera le plus rapidement possible évidemment que dès qu'on considérera qu'on pourra le faire pour des raisons sanitaires on le fera

19:06
Gabriel Attal

On sent bien dans cette interview ce matin donnée par Emmanuel Macron à la presse régionale qu'il a aussi envie lui de pouvoir tourner la page du Covid vous disiez en fait on tient compte de l'envie des français mais on tient aussi compte visiblement de l'envie du président il dit qu'il va ensuite je le cite reprendre son bâton de pèlerin il dit qu'il va aller reprendre le pouls de la France et faire une grande concertation encore un grand débat sérieusement encore un grand débat

19:31
Présentateur

je pense que ça sera une grande mobilisation nationale plutôt qu'un grand débat national vous savez dès lors que grâce à la vaccination on espère dès cet été on aura tourné la page sanitaire la plus importante de cette épidémie les pays du monde entier vont se lancer dans la bataille de la relance du rebond pour aller conquérir des nouveaux marchés conquérir des investissements des talents créer de l'emploi et il faut évidemment que la France elle soit aux avant-postes de cette mobilisation-là et donc il faut mobiliser l'ensemble des forces vives de la nation c'est-à-dire les entreprises les élus locaux les travailleurs par-delà les clivages qui ont pu exister y compris pour les politiques par-delà les clivages politiques pour qu'on ait toutes nos forces jetées dans cette bataille-là vers la relance économique vous savez l'année dernière à l'été je crois que c'était le troisième trimestre la France est un des pays développés qui a eu le plus gros rebond qui a eu le plus fort taux de croissance je crois que c'était 18,2% c'est reparti très fort c'était entre les deux vagues malheureusement ensuite on a eu la deuxième vague mais ça montre quoi ?

ça montre qu'il y a une envie dans notre pays de travailler qu'il y a une envie dans notre pays de relever la tête de se reconstruire et moi j'ai la conviction qu'on va y arriver et le président de la république va beaucoup se mobiliser pour que partout sur le territoire les français puissent bénéficier de cette relance vous savez qu'on a un plan de relance de 100 milliards d'euros qui se déploie qui permet à des entreprises d'être aidées quand elles veulent ouvrir une nouvelle chaîne de production quand elles veulent relocaliser une activité qui permet à des collectivités de rénover un bâtiment de faire de la rénovation énergétique qui permet à tous les français qui souhaitent faire la rénovation énergétique de leur logement d'être accompagnés jusqu'à 20 000 euros pour le faire avec MaPrimeRénov' il y a eu autant de primes qui ont été versées depuis le début de cette année qu'en 2020 donc le plan de relance il se déploie il fonctionne il faut aller encore plus loin pour reconstruire notre pays pour rebondir avec le président de la république

21:11
Gabriel Attal

il y a autre chose qu'il dit Emmanuel Macron dans une interview il dit notamment que l'une des choses importantes sur laquelle il faudra accentuer pour cette reprise ce sera plus de simplification dans les procédures on le sait ça faisait partie de ses promesses de campagne il avait d'ailleurs cité Georges Pompidou en disant qu'il avait dit qu'il fallait moins emmerder les français mais je trouve ça quand même un peu cocasse de nous dire qu'il faut libérer un petit peu les énergies et moins de procédures quand on sort d'un an d'attestation on a été le pays qui a eu le plus de procédures

21:43
Présentateur

je veux vous dire l'attestation c'est pas quelque chose qu'on aime on apprécie il a fallu prendre des mesures difficiles qui c'est vrai d'ailleurs sont assez contre-intuitives par rapport à notre ADN politique moi je me suis engagé avec Emmanuel Macron

21:53
Gabriel Attal

on nous avait promis moins de paperasse et on s'est retrouvé avec un an de paperasse

21:56
Présentateur

je me suis engagé avec Emmanuel Macron parce que je crois à la liberté à la liberté individuelle aux libertés collectives et donc effectivement cette période ça a été aussi difficile pour ces raisons-là et donc oui il faut un choc de liberté en sortant de cette crise sanitaire qui permette aux français qui ont des projets de les mener qui permette à ceux qui ont envie d'entreprendre de le faire qui permette à ceux qui ont envie de se déplacer d'aller s'installer avoir un projet de vie ailleurs de le faire d'être accompagné aidé pour ça et je pense que c'est un beau projet pour la République qu'on peut construire pardon

22:24
Gabriel Attal

ça paraît presque un peu gonflé de nous dire ça maintenant alors que c'est exactement l'inverse qui s'est produit depuis un an et demi

22:29
Présentateur

mais oui mais il y a eu une épidémie un virus qui a surpris le monde entier qui a mis en péril les systèmes sanitaires la vie de très nombreux français qui a emporté la vie de nombreux français et de nombreuses personnes dans le monde qui a mis en péril les économies qui nous a amenés à prendre des mesures extrêmement difficiles et je le disais à l'instant radicalement opposées à ce qu'est notre philosophie qui est celle de la liberté et donc je vais vous dire ça sera évidemment avec beaucoup de satisfaction quand on le pourra qu'on reviendra vers ce qui est le cœur de notre engagement c'est-à-dire la liberté des français et qu'Emmanuel Macron

22:58
Gabriel Attal

reprendra donc pour le citer son bâton de pèlerin merci Gabriel Attal d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC BFM TV vous êtes porte-parole du gouvernement CEO

23:11
Locuteur

vous êtes porte-parole du gouvernement par exemple en u'. 5 0 8 exactement 0 0 0 8 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 30/04 — Gabriel Attal · Pourquijevote