Marine Le Pen, candidate "Rassemblement national" à l'élection présidentielle - 10/10
Audio original de l'émission.
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– Vous le jugez. – Je n'envisage pas de vous changer.
– BFM Politique, on direct donc avec Marine Le Pen, députée Rassemblement National et candidate à l'élection présidentielle. Soulez la bienvenue dans cette émission. Philippe Godin l'évoquait donc à l'instant au cours de ce journal, la course à la présidentielle. Nous sommes à six mois jour pour jour aujourd'hui du premier tour de l'élection. Il y a une enquête Harris Interactive pour le magazine Challenge cette semaine qui place Éric Zemmour devant vous dans les intentions de vote. S'il arriverait au second tour, est-ce que ça vous inquiète ?
– Non, pas du tout. Je ne suis pas inquiète par conviction et pas inquiète par expérience. Précisément parce que vous rappelez que l'élection présidentielle a lieu dans six mois. Six mois, c'est très long. Vous savez, une campagne présidentielle, ça nécessite, c'est un marathon en réalité. Donc ça nécessite du souffle, ça nécessite du courage, ça nécessite une forme de condition. Et donc à six mois, on sait très bien qu'on ne peut pas mesurer en réalité la vie des Français. Et le sondage dont vous parlez, qui a été d'ailleurs commandé par un de vos concurrents, puisque votre propre sondage, vous ne le commentez plus, c'est celui qui me donne au second tour en l'occurrence.
– Il a été commenté. – Qui a été publié le même jour, mais je ne sais pas, personne n'en parle. Bref, c'est un sondage dont le biais fait en réalité que les gens interrogés fondent de 50%. Comme s'il y aurait 50% d'abstention à l'élection présidentielle. Vous savez ce que je crois fondamentalement ? Je pense que les sondages sont un outil qui sont en réalité aujourd'hui défaillants. Ça a été vrai au régional, je peux le dire avec beaucoup de tranquillité. Les sondeurs ont dit eux-mêmes, on n'a pas réussi à mesurer le niveau d'abstention. Et donc ça a entraîné évidemment des résultats très différents d'aujourd'hui.
Aujourd'hui, un certain nombre de sondeurs prennent en quelque sorte cette situation inverse. C'est-à-dire qu'ils introduisent un biais qui consiste à ne s'intéresser qu'aux gens qui sont sûrs de voter. Eh bien, le remède est encore pire que le mal. Et donc moi, mon objectif n'est pas de casser le thermomètre, mais juste de dire qu'aujourd'hui, le thermomètre ne prend plus la température.
Vous ne disiez pas ça quand tous les sondages, sans exception, vous donnaient au second tour. Là, c'est la première fois depuis 2013 qu'un sondage, ce n'est qu'un seul sondage, mais c'est la première fois depuis 2013, qu'un sondage ne vous donne pas au second tour de la présidentielle.
Oui, mais ça apporte quoi ? C'est un sondage, encore une fois, avec un biais qui est contesté, y compris par les sondeurs eux-mêmes. C'est-à-dire qu'on sait très bien qu'il n'y aura pas 50% d'abstention. Je comprends que les sondages tâtonnent. Alors un coup, on ne tient pas compte de l'abstention, un coup, on en tient trop compte, quoi qu'il en soit. Je pense très sérieusement que je serai au second tour de cette élection présidentielle. Parce que, alors je sais que ça, j'ai envie de vous dire, j'ai ressenti quand même que je suis fine, que depuis un certain nombre de mois, ça vous ennuie. Ça ennuie les journalistes. Les journalistes s'ennuient.
Vous savez qu'on nous a fait le reproche pendant ? C'est ennuyeux.
Marine Le Pen, vous savez qu'on nous a fait le reproche pendant des mois de vous placer au second tour ?
Un second tour, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, ça ennuie les journalistes. Bon, parce qu'on connaît, ce sont des candidats qui sont connus, donc c'est moins intéressant, ça fait moins vendre, ça fait moins de pubs, que si on fait émerger quelqu'un de nouveau, la nouveauté étant toujours la recherche des journalistes. Et je ne vous en fais pas le reproche, objectivement. Mais je pense très sincèrement que je serai au second tour de cette élection présidentielle. Et je crois même, je vais vous faire une confidence, je crois même que je vais gagner cette élection présidentielle.
Marine Le Pen, on va quand même parler un instant quand même d'Éric Zemmour. En Corse, justement, il s'est défendu d'être raciste. Est-ce que pour vous, quand vous écoutez, j'imagine que vous écoutez quand même ce que dit Éric Zemmour, est-ce que pour vous, il est raciste ? Non, mais je vais vous arrêter tout de suite.
Vous m'avez invité ici, je crois, pour parler de mon projet. Que vous ayez envie de jouer, vous, à la course des petits chevaux, je le conçois, mais moi, je n'ai pas envie de jouer à la course des petits chevaux. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que pendant que vous saturez, en réalité, l'intégralité des chaînes d'information continues avec le phénomène Zemmour, eh bien, les problèmes des Français, eux, ils passent à la trappe. Il y en a qu'un, en réalité, qui se frotte les mains, c'est Emmanuel Macron. Moi, mon seul adversaire, écoutez-moi bien, moi, j'ai deux promesses à faire aux Français. Mon seul adversaire, ce sera Emmanuel Macron. Première promesse.
Deuxième promesse, je vais rendre aux Français leur pays et leur argent. Vous voyez, moi, je regrette. Il y a eu quelque chose de très important cette semaine, le 1er octobre, enfin, la semaine dernière. Ça a été la mise en œuvre de la réforme sur l'indemnisation du chômage. Personne n'en a parlé parce que vous étiez occupé... Non, non, non, non, non, non. Vous étiez occupé à parler d'autre chose. Non, non, vous étiez sur le terrain, parce que je comprends pour votre campagne. Eh bien, cette réforme de l'indemnisation du chômage, moi, je la trouve affreuse. Elle est heureusement injuste parce qu'elle revient à faire baisser les indemnités de chômage pour 40% des personnes qui la touchent.
Nous y reviendrons, Marie-Clappel.
En moyenne, de 17% jusqu'à 43% pour certaines. Vous vous rendez compte que tout ça pour faire, monsieur Vriand, parce que vous êtes spécialiste de l'économie, pour faire, en réalité, un milliard d'économies. Un milliard seulement d'économies. On met en place une mesure qui va précariser des gens qui, déjà, n'arrivent pas à trouver de l'emploi.
Oui. Est-ce que vous pouvez quand même répondre à ma question sur Éric Zemmour, sur le fait qu'il est raciste ? J'ai oublié votre question. Eh bien, je vous la repose. Ça ne m'a pas passionné, mais bon. Oui, non, désolé. On reviendra sur la question, bien sûr, là, sur le chômage, parce que, pour le coup, ça passionne, en effet, beaucoup de Français et ça touche beaucoup de Français. Mais est-ce que, pour vous, quand vous l'écoutez, est-ce que vous pensez que c'est quelqu'un de raciste ?
Non, mais là, je vous arrête. L'utilisation de ces injures que j'ai entendues pendant 40 ans, à chaque fois que quelqu'un parlait d'immigration, il était traité de raciste, xénophobe, etc., vous ne m'emmènerez pas sur ce terrain-là. Moi, si vous voulez, Éric est un homme brillant, c'est incontestable. Moi, j'ai deux constats au moment où nous nous parlons. C'est, un, je ne vois pas la plus-value qu'il apporte par rapport à mon projet, si vous voulez, sur le plan de l'immigration, contre laquelle je veux lutter sans faiblesse, mais sans excès, et pour lequel je présente un référendum aux Français qui est déjà rédigé, clé en main, et dont on aura l'occasion de parler.
Donc, je ne vois pas la plus-value qu'il apporte sur ces thématiques. En revanche, nous avons incontestablement des divergences sur le plan économique et social. Et vous le savez bien, il s'aligne, en réalité, sur des positions plutôt libérales et conservatrices assez classiques, retraite à 63, 64, voire, avait-il dit il y a quelques semaines, 67 ans. La critique du poids de notre système de protection sociale, sans dire d'ailleurs qu'est-ce qu'il veut raboter. Donc, sur ce sujet-là, incontestablement, nous avons des divergences. Pourquoi ? Parce que je pense qu'il s'intéresse assez peu, en tout cas si j'en crois, ses déclarations assez peu, au fin de mois des Français.
Et moi, j'ai une sensibilité sociale qui est plus importante incontestablement.
Je voudrais clore ce sujet, s'il vous plaît, Marine Le Pen. Vous avez vu au cours du journal de Philippe Godin la déclaration de Marion Maréchal, qui dit en gros, il faudra sans doute à un moment donné se positionner, avoir deux candidats dans notre camp. Elle fait allusion à Éric Zemmour et à votre candidature. Aujourd'hui, c'est compliqué.
Je suis heureuse de constater que je pourrais compter sur le soutien de Marion à un moment donné. Mais le constat qu'elle fait est un constat que font beaucoup d'électeurs. C'est qu'ils se disent pourquoi, encore une fois, l'émergence de cette candidature Éric Zemmour, qui s'appuie essentiellement sur l'immigration, alors même qu'il y a une candidate qui, de longue date, a fait un travail extrêmement ferme, extrêmement sérieux, extrêmement construit sur ce sujet-là.
Donc c'est cela que je viendrai leur dire, en leur disant, il faut à tout prix que nous nous mettions dans les conditions, évidemment, de faire le meilleur premier tour possible, car, encore une fois, l'objectif, c'est de battre Emmanuel Macron. Et je suis la mieux placée pour battre Emmanuel Macron au second tour. Vous vous parlez dans cette optique-là avec Éric Zemmour ? Nous nous sommes parlés. J'ai d'ailleurs retrouvé l'intégralité de cette conversation qui était censée être privée dans son livre, ce qui permettra à chacun de s'apercevoir que je suis quelqu'un d'extrêmement franc, puisque ce que je dis en privé, je le dis aussi en public.
Hier, Marine Le Pen, Gérald Darmanin était dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, le ministre de l'Intérieur qui a demandé la négociation d'un nouveau traité migratoire avec l'Angleterre. Il a sommé les Anglais de payer les quelques 63 millions d'euros qui sont prévus dans les accords actuels. Je rappelle pour nos téléspectateurs, les accords actuels, c'est 2003, les accords du Touquet. En gros, la frontière britannique est déplacée sur la frontière française à Calais. Est-ce qu'il faut revoir ces accords ?
Mais le problème n'est pas de savoir est-ce qu'il faut revoir ces accords ? Le problème, est-ce qu'il faut maîtriser nos frontières ? C'est-à-dire que les gens qui se retrouvent à Calais pour passer en Grande-Bretagne sont des gens qui sont entrés illégalement en France quand même. Donc la question que devrait se poser M. Darmanin, qui est ministre de l'Intérieur, c'est pourquoi je suis incapable, moi, ministre de l'Intérieur, d'empêcher des clandestins d'entrer en France, de s'y maintenir. Et ils sont, selon ses dires à lui, 600 000 clandestins. Selon M.
Stéphanini, 900 000, en réalité, on n'en sait strictement rien parce qu'on est totalement aveugle à être capable de déterminer le nombre de clandestins qui sont présents sur le territoire.
Donc concrètement, on fait quoi alors ? Ça veut dire quoi ?
Concrètement, d'abord, on fait en sorte de ne pas avoir un taux de reconduite à la frontière qui est dérisoire. dérisoire, je crois qu'on est à 12%. Déjà, c'est la première chose. Deuxièmement, on met en place... Vous parliez des gens qui entrent pour les empêcher d'entrer au fait. D'abord, on va mettre en place les moyens, et c'est le cas dans le référendum, pour couper l'intégralité des pompes aspirantes de l'immigration. C'est-à-dire ce qui fait que la France est attractive, en réalité, parce qu'on vit bien ou mieux quand on est clandestins en France que dans d'autres pays.
Mais là, nous parliez des gens qui passent par la France pour aller en Angleterre.
Oui, mais je m'en moque de savoir où ils vont, moi. Ce que je peux vous dire, c'est que ceux qui sont à Lampedusa, si vous allez les interroger, et je serai vous, je le ferai, c'est intéressant, ils veulent tous venir en France, pas tellement en Angleterre, en l'occurrence. Donc le gros de l'immigration clandestine en Europe, c'est la France qui est la destination principale. Nous ne pouvons plus admettre cela. Nous n'avons plus les moyens de cela.
Et moi, l'intérêt de ce référendum qui va, encore une fois, couper les pompes aspirantes, qui va modifier l'accès à la nationalité, qui va supprimer un certain nombre d'aides sociales ou mettre des conditions pour obtenir des aides sociales quand on est étranger en France et qui va redonner la primauté de la Constitution sur les règles internationales, c'est de lancer un message clair au monde. La France n'est plus une terre d'immigration. C'est cela le message que lance ce référendum. La France n'est plus une terre d'immigration.
Plusieurs candidats à droite, notamment, proposent aussi un référendum sur la question migratoire. En quoi votre proposition est différente ? Vous ne posez pas une question aux Français. C'est plusieurs textes qui sont prévus par votre référendum.
Mais parce que ça n'existe pas, cher monsieur. En France, un référendum, on soumet un projet de loi au référendum en réalité. Donc évidemment, c'est un projet complet. Je réclame ce référendum depuis 2014. Vous voyez ? Donc ça ne date pas tout de même d'hier. Je suis heureuse d'être rejointe sur ce sujet par toute une série de personnes. Je m'en réjouis, évidemment. Mais il faut... Il est très ferme, ce référendum. Il met en place un vrai bouleversement, en réalité, de la politique migratoire telle qu'elle a été conçue dans les 40 dernières années. Mais j'assume cette fermeté.
Et je viens dire aux Français, il n'y a pas d'autre moyen de régler définitivement le problème de l'immigration que de voter ce référendum.
Donc la question, ce sera arrêter l'immigration ?
Ce sera ça, votre question ? Arrêter l'immigration ? Non, non, pas du tout. Il n'y a pas de question dans un référendum, M. Vrayon. Il y a un projet de loi. Il y a un projet de loi dans lequel vous allez retrouver la suppression du droit du sol, dans lequel vous allez retrouver les conditions pour lesquelles on accepte que les gens viennent et celles pour lesquelles on n'accepte pas qu'ils viennent. Les conditions où on leur dit de repartir. Le fait que quand on vient étranger en France, il faut subvenir à ses besoins ou subvenir aux besoins de sa famille car vous ne pouvez plus compter sur la solidarité nationale.
Le fait que, par exemple, les allocations familiales vont être réservées exclusivement aux Français et que concernant les prestations de solidarité, comment dire, RSA, primes d'activité, etc., eh bien il faudra 5 ans d'équivalent temps plein, avoir travaillé 5 ans équivalent temps plein en France pour pouvoir les obtenir. Et puis, il y a la nationalité. Comment est-ce qu'on accède à la nationalité française ? Et je crois qu'il faut être beaucoup plus ferme que nous ne l'avons été, en supprimant notamment tout ce qu'on appelle l'acquisition quasi-automatique de la nationalité française.
Et puis, pardon, il faut aussi se mettre dans les conditions de renvoyer chez eux les gens qui sont nocifs à notre pays. Vous voyez ? Par exemple, les délinquants. Vous le savez, Marine Le Pen,
que le gouvernement a essayé de durcir un peu le temps avec les pays d'origine. Je vois que ça vous fait sourire. Notamment l'Algérie et le Maroc. Il y a une situation qui s'est tendue avec l'Algérie, notamment, effectivement, comme le rappelle Edwige. Vous trouverez le moyen de faire mieux ? Ah oui.
Comment ? Oui, bien sûr. Parce que, d'abord, permettez-moi de noter qu'Emmanuel Macron se réveille 6 mois avant l'élection pour s'apercevoir qu'un certain nombre de pays se moquent ouvertement de la France. parce que 0,2%, 0,2% d'acceptation de la part de ces pays de leurs nationaux qui sont en situation clandestine ou qui sont des délinquants condamnés à retourner chez eux. 0,2% acceptés. Et au bout de 4 ans et demi, on se dit, ah quand même, c'est un peu scandaleux. Moi, je trouve ça scandaleux depuis très longtemps. Comment vous faites alors ?
Eh bien, très simplement, je vais dire à l'ensemble de ces pays qui ne respectent pas le droit international, car il s'agit des droits internationaux, tant que vous n'aurez pas repris l'intégralité de vos nationaux qui doivent retourner dans vos pays, il y aura zéro visa. Pas 60%, pas 50%, pas 70%, zéro. Voilà. Car la France se doit maintenant d'être à nouveau respectée à l'extérieur. Et elle ne l'est pas. Et je vais même vous dire...
Excusez-moi, je prends l'exemple du bras de fer qu'il y a eu entre l'Espagne et le Maroc sur des questions liées à des prisonniers politiques, etc. Le Maroc a dit qu'on ouvre la frontière d'un petit territoire espagnol qui est enclavé au nord du Maroc. C'est un moyen de pression du Maroc sur l'Espagne. On a des relations au niveau de l'énergie.
Oui, mais nous avons aussi des moyens de pression. Il ne faut pas croire que nous sommes désarmés face à ce type de pression. Il y a autre chose. Il y a les transferts de fonds qui sont effectués. Vous savez que chaque année, il y a une aide publique au développement que l'on peut couper accessoirement quand on ne nous respecte pas. Mais il y a aussi l'intégralité des transferts de fonds qui sont adressés par des gens qui ont la nationalité algérienne et qui travaillent en France ou qui touchent d'ailleurs des aides sociales vers l'Algérie.
Chaque mois, là aussi, on peut intervenir et dire écoutez, puisque c'est comme ça, eh bien les 1,5 milliard qui partent chaque année de la France vers l'Algérie au travers des transferts de fonds, je ne vais pas citer les sociétés qui s'occupent de ça, eh bien ce sera terminé. Ce qui permettra de réinjecter d'ailleurs 1,5 milliard dans l'économie française. Ça lui fera, je pense, le plus grand bien. Donc nous avons les moyens de nous faire respecter. Nous sommes un grand pays il est temps d'ailleurs d'imposer aujourd'hui ce respect.
Avant-hier à Montpellier, Emmanuel Macron avait organisé un sommet franco-africain mais au lieu d'avoir que des chefs d'État, c'était la société civile. Il a été du reste assez bousculé mais il a eu cette phrase, il a dit il faut que la France assume son africanité. Je vous propose de l'écouter et après je voudrais avoir votre réaction.
On ne peut pas avoir une France qui embrasse son propre avenir, sa propre destinée, qui construit son propre roman national, comme on le dit. Si elle n'assume pas sa part d'africanité... Est-ce que notre roman national
dépend de notre africanité ?
Le problème de la France aujourd'hui c'est qu'elle retrouve sa part de francité, si vous voulez. Pardon. Je ne vois pas d'où sort ce propos. Je ne vois pas sur quoi il est fondé. Avec le plus grand respect que j'ai pour l'Afrique, l'Afrique est l'Afrique. Et que l'Afrique défend son africanité est parfaitement légitime. Moi je défends le droit des peuples, de tous les peuples du monde à défendre ce qu'ils sont, à défendre leur identité, à défendre leur tradition. Je ne voudrais pas que le seul pays qui n'ait pas le droit de le faire ce soit la France. Donc je pense que ce président est en permanence en train de s'excuser de tout auprès de tout le monde. Si, si, il l'a fait.
Si, si, si, il l'a fait. Ah ben il l'a fait, il le fait tout le temps. Donc ça devient un travail à temps complet. Bon. Donc la question aujourd'hui de la France, et le président devrait s'attacher normalement, si vraiment il était attaché lui-même à l'intérêt de la France et des Français, c'est comment faire en sorte que la France retrouve précisément ce qui fait sa spécificité. La défense de ses valeurs, de ses codes, de ses mœurs, de son mode de vie qui aujourd'hui incontestablement est bousculée par un basculement migratoire contre lequel ils sont impuissants, non pas parce qu'ils ne peuvent pas, mais parce qu'ils ne veulent pas.
Marine Le Pen, nous arrêtons un court instant, dans un instant, la suite de cette émission. Le pouvoir d'achat des Français, évidemment, nous nous intéresserons aussi à votre financement de campagne, qui est un vrai sujet. Ce sera dans quelques secondes sur BFM TV. La suite de BFM politique en compagnie de Marine Le Pen. Nous revenons, Louis, sur un fait d'actualité marquant de la fin de semaine.
Le rapport Jean-Marc Sauvé sur les abus sexuels dans l'Église, 216 000 victimes d'agressions ou abus sexuels de la part de religieux depuis 1950. Qu'est-ce que vous inspire ? Est-ce que pour vous, l'Église doit se réformer ?
Que l'Église ait ouvert en quelque sorte ses archives pour connaître l'étendue sur 70 ans de ces actes criminels est, je trouve, quand même une preuve de courage de leur part. Ils n'étaient pas obligés de le faire. Maintenant, si vous voulez, moi, j'ai assisté à des débats qui étaient des débats lunaires, savoir si le secret de la confession était en dessous de la loi, au-dessus de la loi, mais elle n'est ni en dessous ni au-dessus et il est dans la loi. Tout cela est prévu. Et le secret, il existe, mais il est levé lorsqu'il s'agit d'atteintes aux mineurs.
Moi, je pense que tous les Français, et puisqu'on parle de l'Église catholique, tous les catholiques sont outrés des agressions subies par des enfants. Et ils sont tous, à mon avis, extrêmement sévères à l'égard de ceux qui ont commis ou qui ont laissé commettre, d'ailleurs, ces actes. Mais il ne faudrait pas non plus, que la justice française détourne les yeux sur sa propre responsabilité et que les gouvernants détournent les yeux sur leur propre... Je vais vous donner un exemple. Mgr Gaillot, à la fin des années 80, a fait venir un prêtre canadien pédophile, condamné pour de multiples actes de pédophilie à l'encontre d'enfants.
Eh bien, il l'a fait venir et il l'a accueilli dans son diocèse, il l'a mis au contact d'enfants et il a recommencé. Voilà. Exemple type. Mais que fait l'État français dans ces cas-là ? Et on en revient au problème de la maîtrise des frontières. Est-ce qu'on doit accepter la venue de gens, par exemple, qui ont été condamnés pour pédophilie dans notre pays ? Et est-ce qu'on peut accepter de, encore une fois, est-ce que des gens comme Mgr Gaillot, qui s'en est excusé après, mais le mal était fait, pardon, peuvent faire venir des gens comme ça qui ont commis des atteintes sur des enfants et ont recommencé à commettre des atteintes à nos enfants ?
Est-ce que la justice ne doit pas s'intéresser à tout cela ? Vous voyez, moi, j'aimerais bien que chacun fasse, dans ce domaine qui est un domaine terrible, son travail et le fasse totalement.
Le pouvoir d'achat des Français, Marine Le Pen, évidemment, sera au cœur de la campagne. Il y a beaucoup de sujets. Vous avez fait des propositions. Nous allons maintenant y revenir. Comment vous positionnez-vous sur le SMIC, son augmentation ou pas ? Là, il était augmenté sur l'inflation, ce qui est une augmentation classique. Est-ce que, comme le proposent d'autres candidats, il faut augmenter le SMIC, il faut augmenter les salaires ?
Moi, je voulais, ma manière d'augmenter les salaires, si je puis me permettre, c'est ce qu'a fait la Grande-Bretagne, de 8,8% des salaires. Automatiquement, presque. Parce que la réalité, c'est que l'immigration est utilisée, l'immigration à bas coût, est utilisée depuis des décennies pour peser à la baisse sur les salaires. Vous m'avez entendu cent fois le dire. Mais là, on a un exemple concret. La Grande-Bretagne arrête l'immigration clandestine, elle arrête le travail des étrangers et en réalité, on s'aperçoit que du coup, les salaires augmentent de 8,8%. Il n'y a plus de camionneurs pour conduire les camions. Mais il n'y a pas de camionneurs non plus en France, Madame Chevrillon.
Permettez-moi de vous dire, il en manque 40 000. D'accord ? Voilà. Il en manque 40 000. Pourquoi ? C'est très intéressant ce que vous me dites. Il en manque 40 000. Pourquoi ? Parce que précisément, le travail détaché pèse à la baisse sur les salaires des routiers. Et si on arrêtait le travail détaché, on paierait à nouveau les salariés correctement. Parce que c'est un boulot très dur. Parce que les gens sont éloignés de chez eux et que tout ça, ça se paye. Et à ce moment-là, on aurait à nouveau des chauffeurs routiers en France. Mais vous le savez bien les syndicats représentatifs de la restauration dire qu'on a un problème pour trouver des salariés.
Et enfin, ils comprennent que c'est peut-être en passant par une augmentation de 9 %, c'est ce qu'ils proposent, un 13e mois, c'est ce qu'ils proposent, qu'ils vont à nouveau attirer des gens pour travailler dans des secteurs qui sont en tension. Moi, je pense que ça, c'est un cercle vertueux. En revanche, ce que je souhaite faire, c'est rendre leur argent aux Français. C'est-à-dire qu'on parle des salaires, mais on ne parle pas de l'augmentation continue des dépenses contraintes qui fait qu'en réalité, à salaire égal, les gens ont de moins en moins les moyens de vivre et de terminer les fins de mois. On a beaucoup parlé
de passer avec l'augmentation du prix de l'énergie.
Oui, mais on en a beaucoup parlé. Mais que propose le gouvernement ? Alors, on va bloquer pendant 6 mois et puis on lissera après. Donc, en fait, c'est bloqué jusqu'au 24 avril, second tour de l'élection présidentielle. Et puis, le lendemain du second tour de l'élection présidentielle, eh bien, on retrouvera les mêmes hausses qui seront lissées sur 18 mois.
Vous, ce que vous préconisez, c'est une baisse de TVA au niveau 5,5% sur l'essence, le gaz et l'électricité. Mais là, vous posez un problème de taxe nationale. Est-ce que le problème n'est pas plutôt européen quand on sait que les prix de l'électricité, notamment, sont contraints par le marché de l'UE ?
D'abord, il y a plusieurs problèmes. Moi, je considère que l'essence, le gaz et l'électricité sont des biens de première nécessité. Et parce que ce sont des biens de première nécessité, ils doivent être taxés comme des biens de première nécessité, c'est-à-dire à 5,5% au lieu de 20. Mais ça, c'est des chiffres. Ce sont des pourcentages. Qu'est-ce que ça entraîne ? Et bien ça entraîne immédiatement 8 euros d'économie sur un plein de gazole de 40 litres. 8 euros d'économie. Vous voyez, les Français qui nous écoutent, à chaque fois que vous ferez un plein, vous penserez à moi et vous vous direz avec Marine Le Pen, présidente de la République, eh bien mon plein, il me coûtera 8 euros de moins.
Et puis c'est 125 euros d'économie en moyenne pour une famille qui se chauffe au gaz. C'est tout cela et il n'y a pas que cela.
Vous avez chiffré cette mesure parce que vous voyez, la difficulté, c'est qu'ensuite, on se retrouve avec un déficit qui grandit. Non. Ça fait un manque à gagner pour l'État.
Écoutez, le financement, je vais vous dire, avec la suppression des allocations familiales pour les étrangers, le fait de les réserver aux Français et le fait de soumettre à 5 ans, 5 années de travail temps plein les prestations sociales dont je vous ai parlé tout à l'heure, ça permet de financer non seulement cette baisse de TVA sur les énergies, mais ça permet aussi de financer une mesure à laquelle je suis très attachée parce que les familles sont dans de très lourdes difficultés qui est le fait qu'il y aura une part pleine dès le deuxième enfant.
Une part pleine dès le deuxième enfant, ça va être un ballon d'oxygène pour les familles et notamment pour les familles des classes modestes et moyennes puisque ça représentera pour eux 560 euros de plus par an. Moi, ce que je veux, c'est encore une fois qu'on arrête de taper les Français au portefeuille pour faire des dépenses qui sont des dépenses que je considère comme nocives comme c'est le cas évidemment de l'intégralité des dépenses qui sont faites pour gérer l'immigration. Au passage, il n'y a pas d'ailleurs l'immigration, ça ne coûte pas que de l'argent parce qu'en fait, réfléchissons bien. Regardez l'énergie que dépense la nation pour régler partout les problèmes de l'immigration.
C'est vrai à l'école, avec la laïcité, c'est vrai dans le sport, avec les atteintes la laïcité, c'est vrai de l'insécurité, c'est vrai les zones de non-droit, c'est vrai dans les tribunaux qui sont saturés, 50% de l'activité des tribunaux administratifs. Excusez-moi
de vous interrompre. 50% de l'activité des tribunaux administratifs, c'est... Tout à l'heure, vous nous avez dit, Marine Le Pen, pardonnez-moi de vous interrompre, tout à l'heure, vous nous avez dit, OK, il y a des questions de journalistes, machin, etc., vous avez des sujets qui vous obnubilent, mais vous revenez à l'immigration à tout instant, pour tous les sujets depuis le début de ces échanges. Nous parlions du pouvoir d'achat des Français, c'était ma question. Vous revenez sur l'immigration. Est-ce que vous aussi, comme Éric Zemmour, vous n'avez que ce sujet ? Est-ce que ce sujet
est l'essentiel ? Je viens de vous expliquer les efforts majeurs que je fais en matière de pouvoir d'achat. Mon objectif est de rendre 200 euros aux Français par mois. 200 euros aux ménages français par mois. Et j'aurai l'occasion tout au long de la campagne de vous exposer mes mesures. Madame Chevrion me demande comment vous les financez. Excusez-moi, je suis obligée de vous dire que je les finance en coupant les dépenses nocives qui concernent l'immigration. Je suis obligée de vous dire que c'est dans mon projet. Augmente en coupant l'immigration. Oui, bien sûr, évidemment.
Car, encore une fois, lorsqu'on supprime les allocations familiales pour les étrangers, lorsqu'on supprime le RSA, la prime d'activité tant que les étrangers qui sont présents sur notre territoire, ne peuvent pas démontrer qu'ils ont eu 5 ans d'équivalent en temps plein, ont fait des économies. Et ces économies, je les reverse aux Français. Et c'est donc 12 milliards que je reverse de cette manière-là aux ménages français.
Justement, il y a une note de l'INSEE qui est parue en début de semaine et qui montre que le pouvoir d'achat des Français, alors vous avez raison, ce ne sont que des chiffres et c'est une moyenne, mais a progressé quand même de 1,9% et que le chômage surtout devrait redescendre dans les prochaines semaines à 7,6%. C'est-à-dire vraiment un niveau le plus bas qu'on a connu depuis 2008, je crois, ça fait 13 ans. Est-ce que, vous dites quand même, est-ce que Emmanuel Macron, finalement, sa politique économique, n'était pas si mauvaise que ça ?
Non, je pense que le gouvernement d'Emmanuel Macron est un gouvernement de menteurs et de trucurs. Les chiffres sont faux ? Je vais vous expliquer pourquoi. De menteurs et de trucurs. Vous voyez, sur le pouvoir d'achat, par exemple, moi, ce qui m'amuse, c'est que c'est un peu comme la température réelle et la température ressentie. C'est drôle, parce que la température dans la Macronie, c'est 25 degrés, tout va bien, on est très à l'aise, mais la température ressentie par les Français, c'est 12. Et eux, ils ont froid. En gros, c'est ça. Il y a 60% des Français qui considèrent que leur pouvoir d'achat n'a pas augmenté. Et pour cause.
Parce qu'en réalité, ce pouvoir d'achat, il a beaucoup plus augmenté pour les milieux aisés que pour les milieux modestes. Nous le savons. Parce que 4% pour les milieux modestes, ça représente 350 euros à peu près, ou 360 euros. Sauf que ça représente 1200 euros, les 2% pour les familles les plus aisées. Donc vous voyez qu'on truque les chiffres. Bien sûr qu'ils truquent les chiffres. Et que du coup, le ressenti des Français, évidemment, eux, c'est la réalité de ce qu'ils payent.
Quand ils voient l'essence augmenter comme ils augmentent, quand ils voient le gaz augmenter comme il augmente, quand on voit l'électricité augmenter, ça ne va pas tarder d'ailleurs encore puisqu'elle est indexée au gaz, vous le savez. Eh bien, eux, ils se disent mais ce n'est pas possible, on ne peut plus faire face. Donc il faut les entendre, eux, parce que gouverner, c'est être capable de voir la réalité des choses et pas uniquement d'envisager des courbes ou des statistiques qui en réalité ne représentent rien. sur le chômage, pardon.
Alors justement, il y a une réforme de l'assurance chômage. Attendez, je vais juste répondre sur le chiffre du chômage. Je voudrais qu'on avance, excusez-moi Marine Le Pen. On pose une question, moi j'aimerais y répondre. Il y a un peu plus d'un million de Français qui seront concernés par une baisse en moyenne de 17%. Le gouvernement explique qu'en fait, il faut financer, que la dette est trop importante, qu'il faut gagner de l'argent et en même temps encourager les Français à revenir à l'emploi. C'est pour ça que j'insistais puisque nous revenons à la question du chômage. Est-ce que c'est un moyen d'encourager les Français à revenir à l'emploi ?
Je suis bretonne, moi je suis un peu butée donc je vais d'abord répondre à M. Chevrillon. On parle de la catégorie A du chômage. Toute catégorie confondue, la réalité, c'est que le chômage est aussi important aujourd'hui qu'il l'était lorsqu'Emmanuel Macron est arrivé président de la République. Ça, c'est la réalité. En ce qui concerne ce que vous me dites, c'est terrifiant en réalité la philosophie qui procède de cette réforme. Parce que vous dites que c'est pour pousser les gens à revenir à l'emploi. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le gouvernement considère que les Français sont des feignants. En fait, ils ne veulent pas travailler.
Ils sont au chômage parce qu'ils ne veulent pas travailler. Eh bien moi, je ne crois pas à cela. Je crois qu'ils ne sont au chômage parce qu'ils ne peuvent pas. Qui profitent de cette permanence. Oui, mais ça, M. Chevrillon, excusez-moi, mais ça, c'est la théorie de droite à laquelle je n'adhère pas. Qu'il y ait, encore une fois, des gens qui trichent. Il y en a partout, tout le temps, dans tous les domaines. L'immense majorité des Français, on parle de 6,5 millions de personnes, eh bien, ils ne peuvent pas travailler parce qu'il n'y a pas d'emploi dans notre pays. Ça, c'est la réalité. Et on nous dit, il faut faire des économies. OK, un milliard.
Ben oui, mais en supprimant l'AME, je vous apporte sur la table le milliard en question. Un milliard. En supprimant l'aide médicale d'État, c'est-à-dire la prise en compte de l'ensemble des soins de ceux qui veulent venir en réservant uniquement les soins, évidemment, aux problématiques d'urgence vitale ou d'épidémie. Vous voyez ce milliard ? C'est ça. C'est un milliard. Alors, moi, venir baisser les... Est-ce que vous connaissez la moyenne, quand même, de l'indemnisation du chômage ? C'est quoi, la moyenne ? C'est 1260 euros bruts par mois. Enfin, je veux dire, on parle quand même pas de sommes qui sont considérables. Déjà, comment est-ce qu'on vit avec 1260 euros bruts par mois ?
Et c'est cela, c'est contre cela qu'on va mener des réformes pour gagner un milliard qu'on pourrait gagner, encore une fois, en arrêtant les dépenses inconsidérées de l'État dans un certain nombre de domaines. Eh bien, moi, je suis en désaccord avec cela.
Vous avez été auprès d'agriculteurs cette semaine et vous avez expliqué vouloir refaire de la France une grande nation agricole. Est-ce qu'on peut être très concret, très clair, s'il vous plaît, Marine Le Pen, pour nos téléspectateurs, en faisant comment ?
Déjà, en arrêtant de suivre les consignes délirantes de l'Union européenne qui a quand même réussi, avec son programme appelé de la ferme à la fourchette, à faire baisser la production agricole d'Europe. On est en train d'importer en Europe plus d'enrées alimentaires parce que la politique menée et qu'elle a cachée d'ailleurs au Parlement européen pendant presque un an, les résultats de cette politique sont dramatiques. Je pense qu'il faut pour les agriculteurs, à l'évidence, mettre en place un système clair. Vous ne pouvez plus être victime de la concurrence déloyale de production agricole.
Ça veut dire qu'on ne peut pas vous imposer des normes que vous respectez et qui sont un choix de société parce qu'il en va de notre sécurité alimentaire et en même temps vous mettre en compétition avec des productions alimentaires extra-françaises ou extra-européennes qui ne respectent pas ces mêmes normes et qui donc sont évidemment beaucoup plus concurrentielles. Il faut arrêter ce système qui est un système mortifère. Comment on fait pour l'arrêter ? Il faut que les accords de libre-échange excluent les productions agricoles. L'agriculture, la nourriture des Français, ce qui permet à un pays d'être souverain en matière de nourriture, ça n'est pas un bien comme un autre.
Ce ne sont pas des écrous, ce ne sont pas des écrans plats, c'est quelque chose de fondamental. Et donc, intégrer l'agriculture dans des accords de libre-échange qui en réalité servent à importer massivement des productions de pays étrangers, ça déstabilise l'intégralité de notre production et on voit encore aujourd'hui notamment dans l'élevage. On a une baisse extrêmement significative du nombre de têtes pour une grande nation comme la France alors même que des pays vont avoir besoin de nous dans les années qui viennent. Parce que moi, si vous voulez, ce que je vois, ce que j'essaye de faire, c'est me projeter. Je veux projeter le pays dans le siècle.
Et quand on voit que la Chine achète des terrains agricoles français parce que la Chine, elle, elle anticipe qu'il va falloir qu'elle nourrisse son peuple et nous, nous leur vendons des terrains agricoles et nous baissons notre production alors que nous pourrions
être leur fournisseur. Vous citiez tout à l'heure en exemple la Grande-Bretagne mais là, en même temps, on voit que sur la pêche, elle ne respecte pas sa parole parce que dans le cadre de l'accord post-Brexit, elle devait donner des licences aux pêcheurs français en plus vous êtes bretonnes. Or, on voit qu'il y a un bras de fer extrêmement dur parce que la Grande-Bretagne n'a donné que 200 licences de pêche alors qu'elle devait en donner 244. Vous sautez le gouvernement français dans ce bras de fer ? Est-ce qu'il faut couper l'électricité aux îles Angle-Normandes ?
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Non mais écoutez, moi je soutiens totalement le gouvernement français dans la défense de l'intérêt des pêcheurs. Je voudrais juste pointer du doigt, pardon Mme Chevrillon, mais quand même l'hypocrisie ou l'incohérence, allez, je vais être gentil, je suis de bonne humeur ce matin, de l'Union européenne dans ce dossier parce que l'Union européenne qui a fait monter la pression dans les tours concernant le Brexit et sachant que évidemment un des moyens de rétorsion de la Grande-Bretagne c'était précisément ces accords de pêche.
Maintenant que nous sommes confrontés à ce bras de fer et que nous le menons, c'est l'Union européenne qui vient dire à la France hé, mollo là, baisser le ton un peu face à la Grande-Bretagne. Mais pour qui nous prennent-ils ? C'est Michel Barnier qui a mal négocié. Nous sommes qui en réalité entre les mains de la Commission ? Donc oui, j'appelle à ce que le gouvernement français défende dans ce domaine comme dans tous les domaines l'intérêt de la France et des Français parce que je pense que c'est ça la seule mission d'un président de la République française défendre l'intérêt de la France et des Français.
À propos de l'Union européenne, vous avez dû suivre avec intérêt le conflit qui oppose le tribunal constitutionnel polonais qui est la plus haute juridiction du pays et la Commission européenne. Donc ce tribunal s'est prononcé contre la primauté de certains articles des traités européens sur la Constitution polonaise. la Commission européenne a réagi de manière extrêmement ferme et David Sassoli, le président du Parlement européen explique que la primauté du droit européen ne peut être remise en cause et s'attaquer à l'un des principes fondateurs de notre Union. Où vous situez-vous dans ce débat juridique mais très important et fondamental ?
Non mais je pense que la Commission perd, en l'occurrence dans ce domaine, perd la raison. Je vous rappelle, d'ailleurs ils évoquent souvent l'état de droit, moi je vous rappelais du droit des États. Vous voyez ? Le droit des États, c'est-à-dire le droit des peuples souverains à décider pour eux-mêmes. Est-ce que nous sommes oui ou non des défenseurs de la démocratie, démos le peuple, le pouvoir du peuple, ou est-ce que nous sommes des défenseurs de la technocratie, c'est-à-dire le pouvoir des technocrates non élus ?
A l'évidence, moi je suis défenseur de la démocratie et c'est la raison pour laquelle le peuple étant souverain, je lui soumets par référendum dans mon référendum sur l'immigration, un article qui évoque très clairement la primauté de la Constitution française sur les textes internationaux. Parce qu'encore une fois, il en va de notre modèle général et donc des valeurs qui sont celles de la France, mais il en va aussi tout simplement de notre intérêt car nous avons le droit de nous défendre.
Voilà, des choses qui nous nuisent et la Commission européenne encore une fois a attribué des pouvoirs qui n'étaient pas les siens, elle ne cesse de grappiller des pouvoirs sur les nations, il est temps que les pays leur disent stop. Mais en fait, le problème d'ailleurs, ce n'est pas le problème du polyxite ou du frexit, etc. dans ce sujet-là, c'est le problème du bruxite. Voilà, c'est-à-dire, est-ce qu'à un moment donné, il ne faut pas que Bruxelles se transforme définitivement en alliance européenne des nations souveraines ?
Madame Le Pen, je voudrais revenir au tout début de nos échanges. Nous sommes donc à six mois du premier tour de l'élection présidentielle aujourd'hui. J'en appelle là aussi à votre expérience. On voit que les polarisations ont bougé, que les camps politiques ont évolué et que les partis historiques de gouvernement ont beaucoup souffert et qu'il y a pour ce que vous appelez le camp des nationaux et vous l'avez d'ailleurs vous-même dit, moi je peux rassembler d'Éric Zemmour à Arnaud Montebourg.
Je dis que je n'avais pas d'adversaire d'Éric Zemmour à Arnaud Montebourg.
Mais ça veut dire qu'aujourd'hui vous n'êtes plus la seule ? C'est ça que vous dites aussi ? Vous n'êtes plus la seule à incarner ce camp des nationaux ?
Non, ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'il y a le camp de ceux qui croient en la France et le camp de ceux qui n'y croient plus, qui donc veulent la bazarder, bazarder ses frontières, bazarder sa souveraineté, bazarder sa défense, bazarder... Je dis dans le camp de ceux qui croient en la France avec lequel on peut avoir des divergences sur un certain nombre de sujets. Il y a toute une série de personnes. Il y a Montebourg, il y a Éric Zemmour, il y a M. Kusmanovic qui pourtant n'est pas de ma chapelle. Il y a un certain nombre de personnes qui croient en la France. Avec ceux qui croient en la France, on peut travailler. Jean-Luc Mélenchon ? Ça, c'est essentiel.
J'aimerais bien savoir... J'aimerais bien que Jean-Luc Mélenchon soit beaucoup plus précis parce que pour l'instant, ce que je vois de Jean-Luc Mélenchon, moi, c'est un immigrationniste fou, un défenseur du fondamentalisme islamiste et ça, permettez-moi, mais ça, pour moi, ça n'est pas la défense de la France.
Il a envie de débattre avec vous ? Vous seriez prêt à débattre avec lui ?
Oui, mais le moment viendra des débats... Je sais que chacun essaye de se hisser avec des débats. Le moment viendra des débats. J'ai déjà débattu avec M. Mélenchon à plusieurs reprises, par ailleurs.
Au cours de la dernière élection présidentielle, vous avez fait quelque chose qui n'avait jamais été fait entre deux tours. Vous avez proposé un ticket. Un ticket avec Nicolas Dupont-Aignan que vous avez proposé comme votre Premier ministre. Est-ce que cette forme, vous l'avez toujours en tête ? Est-ce qu'il y a des gens dans les noms que vous avez cités qui font partie de votre tendance idéologique avec lesquels vous pourriez présenter un ticket ?
Ce que je veux surtout, c'est faire un gouvernement d'Union nationale. Je pense que dans toutes les familles politiques que je viens de vous citer, y compris d'ailleurs en partie chez un certain nombre de LR, il y a des gens qui peuvent venir participer à un gouvernement d'Union nationale. C'est ça que j'appelle. Parce que je pense que la France est dans une passe de son histoire qui est terriblement difficile. Je ne voudrais pas que cette passe soit définitive. Et il m'apparaît que 50 plus de Macron, ce sera le drame absolu.
Donc face à la politique d'Emmanuel Macron qui est tout à fait nuisible pour le pays, je pense qu'un certain nombre de personnes peuvent se réunir autour du projet que je porte pour pouvoir participer à ce gouvernement de l'Union nationale.
Vous ne pensez pas que parmi les LR auxquels vous pensez, certains sont plus tentés par Éric Zemmour aujourd'hui ?
Je ne sais pas. On verra bien. On verra bien. Mais si vous voulez, c'est facile de dire je voterai Éric Zemmour au second tour compte tenu du fait que c'est les mêmes personnes qui disent ça ne croient pas une demi-seconde qu'Éric Zemmour soit susceptible d'arriver au second tour. Donc vous voyez, ça c'est des grandes promesses qu'on peut faire mais qui en réalité n'engagent pas beaucoup. Ce qui est sûr, c'est que LR aujourd'hui, les électeurs LR en réalité ne sont pas représentés ou sont très mal représentés. Et moi je viens leur dire, moi je ne suis absolument pas sectaire. Donc venez avec moi. On peut, on doit gagner face à Emmanuel Macron et on peut, on doit le faire ensemble.
Merci beaucoup. Merci Madame Le Pen d'avoir accepté notre invitation ce midi sur BFM TV. Edwige, Louis, à très vite. À bientôt. À faire suivant tout de suite. Philippe Godin, Dominique Rizet, je vous retrouve à 18h. À tout à l'heure.
Marine Le Pen