Les arts et la culture face à l’extrême droitisation | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour cette conférence donc les arts et la culture face à l'extrême droitation. On est ravi de vous accueillir si nombreuses et nombreux. Vous rappelez que cette conférence c'est le fruit du travail du GT culture.
Donc Martin et moi-même Mathilde, on est les coanimateurs animatrices de ce GT. Et donc ce GT qui a pour vocation comme les autres, on le rappelle toujours de faire un travail de veille euh dans tous les domaines de des arts et de la culture, toutes les disciplines artistiques que vous connaissez, mais aussi la question de l'éducation artistique et culturelle par exemple. Euh donc toutes ces réflexions euh voilà sur lesquelles nous avançons toute l'année euh et euh ensuite aux anfis, on a toujours envie de pouvoir proposer une ou des conférences.
Euh et donc si vous souhaitez nous rejoindre, ce sont des questions qui vous intéressent, que vous travaillez dans le secteur ou non, ce n'est pas obligatoire, ce n'est pas un critère pour venir dans le GT. N'hésitez pas soit à vous inscrire sur Action Populaire, soit à venir nous voir Martin et moi à l'issue de la conférence. Et vous rappelez aussi le contexte de cette conférence puisqu'on a le plaisir d'avoir Sarah Legrain euh notre député sur les questions culturelles à l'Assemblée qui avait organisé le 20 mai dernier.
Donc le 20 mai, c'était à la fois une journée de mobilisation nationale pour les arts et la culture. Une mobilisation qui avait commencé déjà en en décembre 24 et qui a continué. Donc le 20 mai, c'est un un grand moment et c'était aussi l'occasion d'organiser à l'Assemblée nationale une grande journée, une grande après-midi thématique sur plusieurs axes.
Euh à la fois le constat terrible et les invités pourront le faire plus en détail sur l'austérité qui accable les secteurs des arrêts et de la culture et plus largement les attaques qui sont faites contre la culture et contre le public. On peut dire aussi he c'est toujours important de l'avoir en tête. hein.
Là, on ne parle pas que de secteur professionnel, on parle aussi d'un domaine de manière plus large qui a normalement pour vocation de nous émanciper toutes et tous. Donc là, comme vous l'avez compris, le contexte ne va pas vraiment dans ce sens, mais voilà, cette journée, elle a rassemblé plus de 300 personnes, euh des personnes de toute horizon, euh des professionnels, des étudiants, des curieux, des curieuses et c'était un moment très fort pour que voilà une députée s'en saisisse et accorde ce moment à l'Assemblée nationale. Donc voilà, on en est très fier et c'était une façon de continuer puisque la thématique voilà et donc la thématique de l'extrême droitation, ce qui nous anime aujourd'hui, faisait évidemment partie euh des réflexions qui ont eu lieu à l'occasion du 20 mai.
On va pouvoir rentrer un peu plus en détail aujourd'hui. Et puis je vais laisser la parole à Martin. Juste redire que il va y avoir évidemment des échanges.
Chacun chacune va pouvoir prendre la parole. Il y aura un temps de prise de parole. N'hésitez pas à plutôt me faire signe à moi parce que voilà Martin est ici, je le laisse tranquille.
N'hésitez pas à me faire un petit signe si vous voulez intervenir. Je viendrai vous voir et et noter si vous le souhaitez. Merci encore et je passe la parole à Martin. [Applaudissements] Alors bonjour à toutes et à tous.
Merci d'être là pour ce dernier créneau de conférence de nos amphi. On sait qu'on a eu déjà de jours et demi très intense, qu'il fait chaud, que nous sommes en intérieur. Donc on est d'autant plus ravi de voir cette salle remplie euh et euh et motivé pour euh cette conférence aujourd'hui.
Donc oui, ça nous a paru important après le le colloque de mai dernier de revenir plus spécifiquement aux amphies sur euh comment les arts et la culture font face à ce phénomène généralisé d'extrême droitisation que l'on rencontre dans le pays. c'est-à-dire pas uniquement à faire face à l'extrême droite, à ses à sa place dans l'espace public, à ses milices et et à ses élus, mais à tout un phénomène d'autoritarisme qui se développe dans tout le spectre politique euh qui globalement bah en fait contamine ce que faussement appelé à un moment l'arc républicain qui en fait est un arc plutôt autoritaire et qui on va en revenir dans cette conférence peut prendre une multitude de formes qui vont d'une austérité destructrice mais également politique comme ça s'est fait dans les pays de la Loire où Christelle Moranet était fier de porter un projet obscurantiste en coupant quasi totalement ses financements dédiés à la politique culturelle, aux associations, aux associations aussi pour le travail, pour les plannings familiaux et cetera et qui a été elle-même récompensée par son parti horizon en ayant aucune place dans l'organigramme avant de mener cette attaque obscurantiste en étant récompensé comme étant vice-présidente de ce parti aujourd'hui ce qui donne l'horizon politique d'ouard Philippe concernant la politique culturelle. Euh d'autres formes de ces extrêmes droitisation dont on va aborder, c'est également euh les censures sous toutes leurs formes euh que ce soit direct, que ce soit des pressions indirectes, que ce soi des punitions faites euh sur euh des programmatrices et des programmateurs comme on l'a vu actuellement à à Rock en scène ou suite à la programmation du groupe NICAP, le département puis maintenant la région Île-de-Fance dirigée par Valérie PCR supprime l'entièreté de leur financement au festival de Rocans scène, soit 500000 € pour la région Île-de-France et festival qui a été ouvertement placé sous le regard attentif et il l'a dit lui-même de Bruno Rotaillot euh suite un la volonté de Caroline Niadan là-dessus au au regard de l'engagement pour la Palestine du groupe NICAP et ça c'est un c'est la face émergée de l'iceberg mais ces phénomènes de censure sont bien plus répandus et d'autant plus pour des personnes moins moins connues.
Enfin, par rapport à cette place qui a ensuite laissée dont on va parler également aujourd'hui, c'est tout un un projet porté par des gens que l'on connaît comme Pierre Eddouard Sterrain, comme Vincent Boloré, comme Philippe Devilier de d'occuper cette place laissée par la multitude des artistes et des travailleurs de l'art qu'on va soit censurer, soit brisés économiquement et matériellement pour les remplacer par des grands projets de propagande nationaliste. de grande ampleur que ce soit al un peu tout ce qu' calquait sur le pied du fou hein, c'est-à-dire des projets révisionnistes de l'histoire pour raconter une histoire antirépublicaine dans dans le sens antirévolution de 1789 royalistes qui passe sous silence les horreurs de Vichi et et qui va célébrer les figures les plus réactionnaires de de l'histoire française qui sont à la fois porté par des acteurs privés comme ces milliardaires là mais également soutenu par des acteurs publique comme ça s'est fait en région Auverronalpe où l'argent que leur invoqué a supprimé des acteurs et des actrices culturelles a servi notamment à financer un grand projet de spectacle itinérant encore une fois sur l'histoire de France et une histoire bien un peu ni rigoureuse scientifiquement ni enfin avec un un but idéologique clair et net. Bref, donc c'est une c'est toute une offensive qui prend plusieurs formes, qui arrange une diversité d'acteurs d'horizon politique à priori différent mais qui se retrouve tous dans cet autoritarisme que l'on connaît et que l'on subit.
Et il nous a parut important de l'aborder aujourd'hui dans une conférence où on va s'articuler à la fois d'une première part comment caractériser cette extrême droitisation. J'en ai donné des premières pistes là, mais on va approfondir ça ensemble avec nos intervenantes et nos intervenants et surtout euh un deuxème axe sur comment la combattre, comment aussi les travailleuses de l'art, les travailleurs de l'art peuvent prendre part au combat généralisé contre l'extrême droitation et surtout quel contreprojet porter à ce projet des arts et de la culture utilisé comme vecteur de propagande nationaliste qui nous proposé par nos adversaires si ce n'est nos ennemis politiques. Et pour en parler et conclure cette introduction, nous avons le plaisir donc de recevoir Maxime Schachud d'Odang qui est comédien metteur en scène et secrétaire général adjoint de la CGT spectacle la Fédération CGT du spectacle ainsi que Abbi qui est artiste militante cuir féministe et décolonial [Musique] dont nous sommes honorés d'avoir la première partie de son intervention aux amphis parce que vous pourrez la retrouver ensuite à 20h45 sur la grande scène pour notre soirée festive.
Et ai-je besoin de la présenter ? Sarah Lin, député France insoumise NFP de Paris et chef de fil insoumise sur la politique culturelle à l'Assemblée. Euh alors pour commencer, peut-être je donne la je vais donner la parole à Maxime pour un un premier tour d'horizon autour de ces axes dont nous avons parlé.
Et Maxime, je je t'en prie. Oui. Bonjour à toutes et à tous.
Merci pour l'invitation. Alors, tu m'as laissé 15 minutes de parole. Je vais essayer d'être clair et puis pas trop long et le plus intéressant possible.
D'abord rebondir sur le titre l'art et la les arts et la culture face à l'extrême droitation. Ce qui m'a interrogé tout de suite par rapport à l'intitulé de de ce débat, c'est ce qui manquait. C'est-à-dire que pour moi, les premières attaques euh auxquelles on fait face, c'est pas forcément sur les arts et la culture, mais c'est bien les travailleuses, les travailleureuses de l'art et des cultures qui sont attaquées aujourd'hui par la droite et l'extrême droite.
Parfois, et c'est pour ça que je le soulligne, peut-être que j'enfonce une porte ouverte en rappelant le cadre du travail, hein, en tant que syndicaliste, euh mais euh on protège parfois mieux euh les œuvres notamment dans certains domaines comme les arts plastiques. C'est pour ça je vois qu'il y a des camarades qui le sont ici, qui sont artistes autorises euh que beaucoup de gens se battent depuis plusieurs années dans nos secteur pour assurer une continuité de revenus pour l'ensemble des artistes autoristes que je le rappelle contrairement par exemple aux intermittentes ou intermittents du spectacle, il n'y a pas de continuité de revenu entre différents travaux de pour exercer nos camarades. Donc l'importance de rappeler que c'est un travail he contrairement à ce qui peut être dit et et répété un peu partout et puis que ça ne concerne pas uniquement les artistes. on le voit puisque vous êtes en train de de de d'inviter des gens à se produire ce soir sur une grande scène qui a énormément de personnes qui sont mobilisé euh pour pouvoir accueillir du spectacle vivant, des techniciennes, du personnel administratif et cetera et cetera et que du coup on est un secteur qui représente des centaines de milliers de travaille heureuses et qu'aujourd'hui on est fortement remise en cause et on est dans une crise sans précédent.
Alors, je vais un petit peu détailler le plus rapidement possible cette crise. On a parlé de de coupe budgétaire. Je vais prendre un point de départ parce qu'il en faut bien un.
Mon point de départ, ce sera février 2024 où ça nous paraît déjà très loin puisque le ministre de l'économie de l'époque était monsieur le maire et qu'il avait annoncé par décret des coupes budgétaires de l'ordre de 10 milliards d'euros. Je dis bien par décret parce que c'est pas anodin, c'est la première fois de l'histoire de la 5e République qu'on fait des coupes de ce type par décret. 10 milliards d'euros pour donner un petit peu une évaluation et une grandeur de chiffres, ça représente 1,5 % du budget d'État.
Pourtant, les coupes liées à la culture, donc dans le ministère de la culture, ça ne représentait pas 1,5 % du budget d'État, mais 5 %. À l'intérieur de ce ministère, il y a différents programmes, notamment le programme 131 qui concerne du coup la la création. Ce programme n'a pas été coupé à hauteur de 1,5 %, ni même de 5 % mais bien de 10 %.
Tout ça pour dire que on a affaire à des choix politiques, des choix idéologiques pour s'attaquer à un certaines franges de notre secteur culturel. Petit exemple pour faire contrepoint toujours. Euh du coup à ce moment-là le pass culture donc il y a deux passes culture, il y a la dit la part individuelle donc ça c'est des aides en gros de l'État à des entreprises du grand capital.
Ça on n'y avait pas touché. Et euh par contre, on s'est attaqué très vite euh à la part collective du pass culture euh qui même si elle a ses limites euh permet à énormément euh de compagnies, de salariés euh et de travailleureuses de l'art et des cultures de euh pouvoir bosser dans l'éducation nationale avec les plus jeunes. Ou autre exemple, au même moment la police avait subi une coupe budgétaire de 0,01 %.
Voilà, c'est qu'un début, ça continue. Projet de loi de finance 2025. Là, on demande au collectivité territoriale de faire des grosses coupes dans leur budget.
Et ce qu'il faut savoir, c'est que par exemple dans le spectacle vivant, 2 tiers de nos subventions dépendent des collectivités territoriales euh et qu'on ait pas une compétence obligatoire. Donc c'est-à-dire que quand les collectivités votent leur budget, on devient souvent une variable d'ajustement. Et c'est pourquoi entre 2024 là et 2025, on s'est mobilisé selon les territoires parce qu'il y a eu des décisions plus ou moins brutales.
Martin l'a rappelé en pays de la Loire mais aussi pas si loin d'ici le département de l'héros avait aussi département géré par un socialiste, hein, pas par l'extrême droite ni par la droite extrême, annoncer à la base 100 % de coupe budgétaire dans ces budgets culture. Il a quitté le PS. Ah, il a quitté le PS.
Bah c'est une Alors, on parle de coupe budgétaire. Nous, on l'a souvent rappelé. Je pense que c'est important de euh bien comprendre que on ne fait pas que couper, on brise en fait, on brise des vies en faisant ça parce que ce qui se passe et on le dit pas assez, c'est un plan de licenciement massif.
Je prends juste l'exemple des pays de la Loire, c'est plus de 2500 emplois qui vont être supprimés dans les prochains mois. Alors, c'est difficile à quantifier puisque pour la plupart dans ce secteur, vous le savez, on est pas forcément salarié permanente et permanent. On est intermittente quand on quand on l'est.
Euh et donc du coup, c'est juste qu'on nous rappelle pas. Euh donc euh on a plus de boulot mais euh on n'est pas à proprement dit licencié. C'est pour ça qu'on parle de licenciement qui dit pas son nom mais la réalité c'est qu'il y a des gens qui n'ont plus de travail, qui peuvent plus exercer leur métier et que c'est des milliers milliers d'emplois parce qu'on reste un secteur très fort avec des centaines milliers de travaille heureuses qui sont attaquées aujourd'hui.
Et puis tu parlais, tu parlais de choix idéologique de de de Morané. C'est aussi euh des attaques politiques sur une certaine idée de ce que peut être la culture. Nous à la CGT spectacle, on parle de service public de la culture.
Donc elle a ses défauts, elle a ses limites. On y reviendra, il y a des choses à creuser et des choses à travailler. Mais en tout cas, c'est l'idée qu'on peut défendre une culture non marchande dans ce pays qui sort des logiques capitalistes et qu'on a besoin de protéger cette ces logiques là pour pouvoir proposer à nos publics dans tous les territoires une culture accessible à toutes et à tous.
Mais comme si ça ne suffisait pas, on ne fait pas que s'attaquer à l'emploi et aux travaill heureuses, à nos salaires et aux gens qui ont du boulot, on s'attaque aussi à la protection sociale. Et en l'occurrence, on l'a su pour pas mal d'entre nous, le RSA il y a pas si longtemps où on a quand même fait une réforme qui corrélait le RSA à du travail forcé, même si c'est un peu plus souple que ça, ça reste très problématique. Et l'assurance chômage qui est attaqué sans cesse.
Je vais pas faire tout l'historique, mais je rappelle quand même qu'en 2018 le gouvernement Macron a volé une partie de nos salaires. Je dis bien nos salaires, même si c'est du salaire indirect puisque si vous regardez vos fiches de paye, nous n'avons plus de cotisation pour l'assurance chômage, sauf pour les intermittentes et intermittents qui ont toujours des surcotisations. Mais du coup, notre salaire indirect qui nous permettait nous de collectiviser notre argent pour nous offrir une protection sociale a été volée par ce gouvernement et remplacé par un impôt.
Et donc du coup, l'assurance chômage est payé aujourd'hui en grosse partie par la CSG et ce qui fait que ça nous met forcément du coup dans une difficulté et un autre rapport de force pour pouvoir négocier les différentes réformes. Et il y en a une nouvelle qui arrive sur le tapis. Le gouvernement Baou nous demande des milliards d'économies.
On parle de passer de 18 mois d'indemnisation à 15 mois, voire 12 pour les plus durs. Et là, je peux vous dire pour les intermittentes et les intermittents, les organisations patronales passent à l'offensive et je ne vois pas pourquoi avec le ces centaines de millions voire de milliards d'économies qu'on demande à l'assurance au chômage, les annexes 8 et 10 seront épargnés aux prochaines négociations. Donc, il y a un point d'alerte là-dessus.
Tout ça pour dire qu'en fait comme n'importe quelle travaille heureuse de ce secteur, la droite extrême, l'extrême droite, on l'appelle comme on veut, on est attaqué exactement aux mêmes endroits. C'est-à-dire qu'on est attaqué sur nos salaires, sur nos conditions de travail, sur notre protection sociale et dans ce qu'on pourrait appeler le service public. Et face à ça, on a une ministre qui bon du coup ferait mieux d'être en prison, je pense en tout cas, mais qui euh qui m c'est-à-dire qu'on a même pas de dialogue ou d'échange possible.
On est face à quelqu'un qui martelle les mêmes mensonges, qui va dire dans tous les médias qu'il n'y a pas de coupe, qui ne manquera pas 1 € sur les territoires et alors qu'il y a une mobilisation dans le secteur depuis février dernier avec des âgés, dans plus de 30 villes de France, avec des manifestations, dans plus de 50 villes de France avec des milliers de travaille heureuses qui se sont parfois même mis en grève pour la première fois parce qu'il y a eu des grèves aussi dans le secteur des arts plastiques, ce qui est assez historique qui a eu des âgés qui regroupé l'ensemble des travaille heureuses des arts et des cultures et qu'il y a eu zéro réponse politique de cette ministre. Donc le combat va continuer. Euh maintenant, je reviens sur un petit peu sur le le sujet où je j'interpellais sur le fait qu'il fallait pas oublier le le monde du travail.
Et puis euh aussi dire que je pense que il faut faire attention à un certain nombre de slogans euh qu'on peut entendre du genre l'extrême droite va tuer la culture, l'extrême droite euh euh s'attaque à la culture. Euh moi je pense pas que l'extrême droite va tuer la culture. L'extrême droite a un projet pour la culture.
Euh tu l'as un petit peu énoncé en plusieurs points. Je vais pas y revenir très longtemps mais effectivement on sait que Boloré, la Garder tout ça détiennent de grosses salles de spectacles et des monopoles là-dessus. Euh voilà, on a parlé des financements même publics euh euh de la région Vernonap pour des spectacle néofasciste euh Pierre Edouard Stin qui a Sterrain pardon qui a investi dans un label, peut-être que vous en avez entendu parler des plus beaux festivals de France ou plus belles ville de France sans que ça se soit très clair mais maintenant les gens se sont rendus compte que voilà, il avait mis des millions d'euros euh pour financer un certain nombre d'actions où moi je viens du nordpalé et dans le nordp de Calé, il y a un théâtre à Enin Baumont.
Enin Baumon, c'est dans la circo de Marine Le Pen avec un maire Eren qui s'appelle Steve Briois et un théâtre qui existé là depuis 67 ou 69, je ne sais plus, qui a été entièrement récupéré par la municipalité. Donc l'association qui exerçait une mission de service public à l'intérieur de ces murs a été mis dehors et aujourd'hui le théâtre est à la solde municipalité. ce qui annonce quand même un plan et une réflexion et un exemple parce qu'on sait que c'est quand même une ville hein et abaumont pour les prochaines municipales et donc du coup qu'il va falloir avoir une réaction et nous on a besoin quand je dis nous c'est les travaille heureuses des arts et des cultures, on a besoin d'une réaction politique forte pour les prochaines municipales parce qu'on sait que ça va être très compliqué.
Pareil, souvent on parle de la liberté de création. Bon là, je c'est quelque chose qui fait débat dans mon organisation, donc je parle en en en mon nom, mais je pense qu'on peut interroger ce concept parce que bizarrement, c'est un concept qui fait un peu consensus, hein, la liberté de création. Alors là, des républicains à l'extrême gauche gauche gauche, on va vous dire "Oui, oui, on est très très attaché à la liberté de création." Euh et du coup moi euh forcément quand il y a consensus et qu'on masque les conflictualités, ça m'interroge toujours.
Euh moi je pense par exemple on parlait de censure, quand on s'attaque à des artistes qui décident de soutenir la Palestine sur scène ou ailleurs, je pense pas qu'on s'attaque à une œuvre. Déjà, on affiche un soutien clair à Israël et un état génocidaire et on s'attaque à une personne. Quand on censure une soit-disant une personne parce qu'elle va jouer dans une église désacralisée et cetera et qu'on lui fait des menaces de mort, on s'attaque pas à l'œuvre.
On n'est pas en train de censurer l'œuvre. On est en train de s'attaquer à des personnes. Il y a un combat idéologique et puis il faut faire aussi attention parce que nous ça peut se retourner contre nous.
Moi personnellement, je soutiens des camarades féministes qui vont manifester pour empêcher de par Dieu de jouer un spectacle sur Barbara parce que c'est un violeur potentiel et qui peut mettre en danger en plus d'autres salariés. Je pense que quand on leur dit que ils s'attaquent à la liberté de création parce que de par Dieu peut pas jouer, c'est problématique. Et moi pourtant je soutiens les personnes qui sont là entre les camarades de décoloniser les arts il y a quelques années se mobilisent contre des spectacles racistes type Exhibit B et j'en passe.
On l'aura rétorqué qu'il s'attaquaiit à la liberté de création. Or, je pense qu'il y avait une nécessité aussi dans nos secteurs euh de euh parler des dominations parce que les dénominations racistes, sexiste, validistes et autres, elles existent quand même au-delà euh des attaques de l'extrême droite et de la droite dans nos métiers. Elles sont fort euh présentes.
Donc nous à la CGT spectacle, on a engagé un long un début de travail, il était temps sur les questions de racisme dans nos métiers. euh où on en a exercé plusieurs débats. Il y a des commissions qui sont enfin euh en place.
Je prends l'exemple justement du service public et euh du spectacle vivant. Dans le théâtre, euh dans les directions, on a aujourd'hui euh uniquement que trois personnes euh perçues euh comme nom blanche à la tête de direction de centres dramatiques nationaux dont un enre maire. Euh et que si aujourd'hui on veut s'adresser vraiment à tous et à toutes dans le service public, il va falloir aussi travailler sur les imaginaires.
Et je pense que contrairement à l'extrême droite qui propose un récit et un récit national et contrairement à ce que j'ai pu entendre dans d'autres organisations politiques de gauche qui disaient qu'il faudrait proposer un récit national de gauche, je ne pense pas. antil faut laisser la place à des récits, qu'il faut laisser la place à des artistes perçus comme nom blanc et blanc au sein de nos institutions théâtrales par exemple et que démultiplier les imaginaires, ça nous permettra aussi de laisser une autre place. Mais souvent quand on parle de ça, quand on parle de ça, des metteurs en scène ou metteurs en scène qui sont installés depuis des années euh à une place forte, qui vont nous rétorquer que c'est leur liberté de création de choisir euh leur euh leur distribution. on va nous rétorquer que c'est la liberté de programmation de choisir une programmation qui est en général la même avec les mêmes artistes et très blanches et que du coup et ben se pose quand même la question aussi des quotas sur ces problématiques là et contrairement à ce qu'on pense il y a eu des statistiques dites et techniques qui existent et on peut dire que 30 % de la population ne se perçoit pas comme blanche dans ce pays.
Et donc, on pourrait estimer au même titre qu'il y a des collectifs 5050 euh dans les secteurs désardé la culture qui pourrait y avoir des collectifs 3070 pour qu'on soit sûr que dans nos programmations théâtrales, spectacle vivant et cetera, il y a au moins 30 % de personnes perçues comme Non blanche qui sont programmées et je pense que déjà ça inverserait un rapport de force et que c'est justement aujourd'hui parce qu'on le sait quand il y a des coupes budgétaires, quand il y a des moins de moyens, c'est le moment où ces artistes là qui auront moins d'accès aux moyens de production et qu'il y a des déséquilibres criants et que il y a un combat en interne aussi à mener et qu'il faut pas baisser les yeux ou ne pas prendre en compte ces questionsl sous prétexte d'une unité face à l'extrême droite. La question de domination, elles doivent se traiter maintenant et directement et dans nos organisations syndicales et dans nos organisations politiques et sur nos lieux de travail. Et un un dernier mot pour dire que voilà, je parlais de la mobilisation.
Depuis février, un peu partout en France, on est réuni sous des bannières qui s'appellent régulièrement Cultures en lutte. Cultures en lutte. Donc du coup euh euh regroupe plusieurs organisations syndicales he notamment la CGT spectacle, la CNTso et Sud Culture et puis plein de personnes qui ne sont pas syndiquées ou d'autres collectifs qui se mobilisent avec nous.
Euh c'est avec cette unité-là en tout cas qu'on essaie euh de défendre une certaine idée de nos métiers, d'une culture non marchande, euh d'une culture antifasciste et euh et bien euh on s'est mobilisé jusque-l. Là on va repartir à la rentrée et puis bah comme tout le monde, on se posa la question du 10 septembre. Donc en tout cas, la CGT spectacle se réunit lundi.
Euh la CGT confédérale se réunit mardi. Donc j'espère que nos organisations seront à la hauteur des enjeux et se mobiliseront en conséquence par rapport à ce qui se passe [Applaudissements] et merci beaucoup Maxime. Euh et on va donner maintenant la parole à à Beach avec une première question.
Toi en tant que euh artiste qui plusit en tant qu'artiste ouvertement engagé qui a cette double pratique de d'artiste d'ailleurs dans plusieurs genres artistiques et de militantes politiques, comment est-ce que toi tu perçois cette extrême drisation qui puis comme artiste qui travaille sur une matière politique également ? Bah déjà ça lame la résistance, ça fait plaisir de vous voir. Non franchement ça fait trop du bien.
Ça fait trop du bien d'être entouré de personnes d'extrême gauche en non mixité extrême gauche proalestinien et palestinienne. Ça fait trop du bien. Quant à la question de l'extrême droitisation de la culture, ça m'a fait plaisir de la voir être posée dans ce contexte là parce que je trouve que dans la France universaliste, la France de René Coti, on a trop tendance à nous dire que la culture n'est pas politique, n'est-ce pas ? que les pratiques artistiques doivent tendre vers la neutralité, vers l'objectivité, un petit peu l'obsession universaliste de la France pour l'objectivité qu'il faudrait même parfois considérer, séparer l'homme de l'artiste.
Voilà. Poncif universaliste patriarcal qui ne s'applique qu'aux hommes 6 hétérosexuels blancs accusés de violence sexuelle. Je sais pas si vous l'aurez remarqué parce que nous les noirs et les Arabes euh on ne bénéficie jamais de la séparation de l'homme et de l'artiste.
On est toujours trop proche de notre sujet. Nous, on a que le séparatisme. Donc voilà.
Donc ça m'a fait plaisir. Si. Non mais souvent souvent la culture elle est elle est laissée de côté alors que elle est éminemment politique.
C'est pas à vous que je vais la prendre. On peut pas séparer la culture de des personnes qui qui la produisent de leur point d'énonciation. Nous sommes tous et toutes des êtres politiques et du coup ce qu'on produit en tant qu'artiste, c'est bien sûr politique.
Du coup, l'extrême droitisation de la culture. Est-ce que c'est étonnant dans la France pays de droite ? Je sais pas.
Euh la France est un pays de droite. Ouais. La France n'a jamais été à gauche.
On a eu le Front populaire 36 38. C'est pas non plus à vous que je vais la prendre, mais la France n'a vraiment jamais été de gauche mitéran qui défendait quand même l'Algérie française avant toute autre chose. Donc moi, je suis pas surprise.
En plus, je suis antific depuis longtemps. Donc ça fait longtemps qu'on voit qu'on voit arriver ça. Donc c'est pas assez surprenant.
Euh moi je le je le vis et je me le prends dans la gueule de plein fouet parce que je suis du coup euh algérienne, née en Algérie, cuir féministe radical euh dans le sens radicalement féministe et pas transphobe. Yes. Euh des coloniales, convergentes ainsi que danseuses professionnelles et chercheuses en sociologie.
Donc si vous voulez entre moi et la France, bon il y a pas une entente maximale. Je suis pas censée être là où je suis. Donc du coup ça ça agace.
Donc moi je me prends quand même des grosses des grosses vitesses par l'extrême droite depuis des années. C'est pas c'est pas c'est pas récent. Après là ces deux dernières années, petit génocide en cours donc 2 ans plus 77.
Euh moi je suis née en Algérie algérienne, donc je suis née proalestinienne puisque l'Algérie a vaincu la Palestine. L'Algérie a vaincu la Palestine. Si si la résistance.
Donc c'est pas j'ai pas découvert en fait l'enjeu de la Palestine et je me suis pas mobilisée pour la Palestine le 7 octobre et demi. Mais cette visibilisation sur mes réseaux sociaux est devenue continuelle, on va dire et j'ai perdu tous mes jobs à partir de là. Donc j'ai perdu mon agence par exemple.
J'avais une agence d'imag parce que je faisais des partenariats à l'époque où je pensais que c'était encore possible de collaborer avec le capitalisme. Voilà. Donc je faisais des partenariats où je pouvais gagner de la tune et je pouvais organiser mes activités de militante radicale on the side.
J'ai tout perdu. Donc j'ai perdu tous mes partenariats commerciaux. J'ai perdu tous les jobs qui me faisaient gagner de la tune.
Je me suis fait virer parce que du coup j'étais devenue plus bankable. Vous voyez ce que ça veut dire bankable dans le cette cette ce grand capital euh c'était bankable à un moment d'être queir un peu woke euh d'être féministe, d'être ouais lgbt un petit peu sur sur la voilà la tendance de la marche, c'était bankball. Donc ça vendait parce qu'en fait les marques s'intéressaient aux artistes qui étaient qui étaient sur ces marges là.
C'est devenu plus bkable avec la mobilisation pour la Palestine. Donc du coup moi j'ai tout perdu. Après, entre vous et moi, je m'en bats les couilles.
C'est-à-dire que ça n'a pas de prix de s'endormir du bon côté de l'histoire tous les soirs. En plus, moi je suis déside et cabile, donc si vous voulez la résistance politique, c'est dans mon patrimoine génétique. Il y a pas de il y a pas de way out pour moi.
Donc voilà, c'est pas c'était pas nouveau. Mais j'habite aussi dans le capitalisme. Donc j'habite à Paris qui plusit dans le 93.
Du coup, j'ai un loyer. Des fois, je dois manger, faire des courses, tout ça, avoir un salaire. Et donc c'est devenu un petit peu plus compliqué pour moi.
Encore une fois, je m'en tape mais c'est devenu compliqué pour moi parce que je me prends des accusations d'antisémitisme. Je pense que je peux le dire ici que c'est devenu une forme de silenciation des soutiens pour pour la Palestine. Moi, j'ai des ascendances juives en plus.
Donc je je suis obligée de le dire pour me justifier en fait de mon non antisémitisme. Ça dit maintenant que Macron s'est pris pareil he il s'est pris une petite vitesse d'accusation d'antisémitisme. Je trouve que du coup on peut tous un peu respirer de se l'être pris.
Moi, j'ai deux procès en cours. Euh voilà, du coup, c'est c'est c'est ça, c'est devenu un petit peu pénible dans ma vie quotidienne, dans ma vie personnelle, dans ma vie de personne sur les réseaux sociaux. Je reviendrai ensuite à mon rapport aux réseaux sociaux et au rapport général aux réseaux sociaux que je trouve que c'est un enjeu qui est très important.
Dans mon travail, ça m'a fait perdre tous mes partenariats, vous avez capté. Mais dans mon travail artistique, moi je suis quand même un [ __ ] de pirate. Je suis un agent du chaos.
Donc en fait, je trouve toujours des moyens de me faire programmer et de faire de la subversion des espaces dans lesquels je programmé. Après voilà, l'enjeu de l'entrisme, mes petits trotskistes, je sais qu'il est compliqué et que on a toujours pas défini si c'était une bonne ou une mauvaise chose de faire de l'entrisme dans l'intérieur du pouvoir pour le subvertir de l'intérieur ou s'il faut d'abord tout cramer et ensuite tout remplacer. Mais moi je je sais voilà, un jour sur deux non binaire, on va d'un côté puis de l'autre.
Euh ouais donc ouais extrême droitisation pour moi, c'est plutôt dans mon c'est plutôt dans mon quotidien et dans le harcèlement euh que je me tape en tant que toutes les identités et expériences de vie que je représente et dans mon taf, on va dire de partenariat commerciaux. Après moi, dans mon taf euh d'artistes, de danseuses, de chercheurs en sociologie, d'écrivaines, de personnes qui prend la parole en conférence et tout ça, ça m'a pas trop impacté parce que je trouve que ça fait le tri aussi. Donc c'est voilà, je fais des blagues sur la binarité, je ne crois pas en la binarité de façon générale, mais ça a assez binarisé le monde en fait, l'enjeu de la Palestine.
Bah la Palestine est le compat moral du monde hein, c'est la boussole politique du monde. La Palestine nous oblige et du coup la Palestine nous a assez polarisé c ces derniers temps et et c'est ça c'est le cas pour moi quoi. En tout cas, moi c'est vraiment c'est l'enjeu c'est l'enjeu principal pour moi.
Vous êtes trop mignante. [Applaudissements] Bah merci beaucoup. Et en fait, tu as commencé déjà à répondre à la deuxième question que que j'avais en tête, c'était selon toi ?
Alors du coup toujours enendant dans cette posture croisée que tu as d'être à la fois et artiste et militante politique euh quelle perspective d'action et d'organisation tu identifies pour combattre cette extrême droitation et à la fois peut-être aussi comment tu le conçois enfin quelle est la place des artistes aussi dans ce combat et des travailleuses et travailleurs de l'art en général dans ce combat contre l'extrêmeation. Bah déjà dans la France là, on se compte sur les doigts d'une main les artistes avec un peu de visibilité et moi j'ai une petite visibilité he c'est pas non plus BC ma vie mais dans mon ma mon échelle là de visibilité on est très très peu à être mobilisé pour la Palestine de façon de façon quotidienne sans relâche et à la fois c'est compréhensible vu l'espèce de chappe de plomb de peur qui pèse en fait sur sur nos tête c'est-à-dire que on se tape on se tape vraiment des procès, on se tape des accusations en permanence et puis c'est des espèces de stigmates qui sont difficiles à déconstruire. Donc déjà, on n'est pas beaucoup.
Euh ce que j'ai du mal à comprendre encore une fois, moi je sais pas ce qui vaut plus cher que notre humanité, une carrière, un job, un partenariat, ça n'a pas de En fait, moi ça dépasse mon entendement qu'on soit pas tous et toutes mobilisés pour la Palestine, qu'on soit pas tous et toutes mobilisés contre un génocide, vraiment toute political views aside, genre juste c'est un génocide. Encore une fois, je parle à des convaincus, donc c'est cool, mais sachez que je fais ça, même à des pas convaincus parfois. Donc moi, je comprends pas comment tous les spectacles ne sont ne soient pas euh à destination de la libération de la Palestine.
Je comprends pas comment c'est possible de parler d'autres choses en fait. Je trouve que ça crée vraiment de la dissonance cognitive. Moi, en tant qu'artiste qui passe vraiment ma vie à essayer de ramener la Palestine au cœur de mes luttes et pas que la Palestine parce que je suis une personne profondément intersectionnelle, profondément convergente.
Les classes first, je vous vois venir. Euh, c'est important la convergence des luttes. Donc, je parle de la Palestine en tant que personne que LGBT qui se bat contre le pink washing, donc l'homonationalisme, à savoir l'instrumentalisation des causes LGBT dans le but de servir un agenda raciste.
Je me bats contre le fémonationalisme qui est l'équivalent pour le féminisme. Je me bats pour le dans le cadre de la lutte des classes. Tout ça à la fois et c'est pas c'est pas contradictoire en fait.
Donc donc j'essaie de faire ça au quotidien et dans toutes mes performances, dans toutes mes prises de parole, dans tous mes spectacles et j'ai du mal à comprendre pourquoi c'est pas le cas de tout le monde. Donc quant aux solutions, j'ai envie de dire ben faites-le. Voilà les artistes, tu sais.
Non mais c'est des fois c'est simple 1 + 1 é= 2. Donc j'aimerais que les artistes se mobilisent tout simplement. Non mais c'est vrai, c'est c'est gentil, non ?
C'est un peu le minimum syndical quand on disait plus jamais ça. Bah pour moi, c'est un peu le minimum syndical. Les artistes sont sont le miroir du monde.
L'art est le miroir du monde. Encore une fois, pour moi, ne pas se mobiliser en tant qu'artiste, c'est un petit peu rejoindre la boucle universaliste de dire "Les artistes ne sont pas politiques ou moi je fais de l'art, je fais pas de la politique, mais frères, tout est politique. Il y a rien qui est apolitique, tout est positionné.
Donc ne pas se positionner conséquemment, c'est se positionner. Le silence n'est pas neutre, le silence est complice. Et donc du coup euh moi j'encourage vraiment voilà pas que les artistes mais à force théori les artistes qui ont la responsabilité d'être sur scène.
C'est-à-dire que on est des artistes aussi parce qu'on a un rapport un petit peu d'ego et de narcisse avec avec le fait d'être sur scène. Sinon, on resterait chez nous puis on écrirait nos petits spectacles dans nos cahiers d'idle. Vo ce que je veux dire ?
Si on prend la scène, c'est parce qu'on a envie d'avoir un rapport avec les autres. Et du coup si on a un rapport avec les autres, on a une responsabilité dans ce rapport avec les autres. que cette responsabilité, elle se doit d'être politique et elle se doit d'être radical the be parce que l'extrême droite est ici.
Et du coup, moi qui suis radicale depuis ma plus tendre enfance, je vais quand même vous livrer une petite contradiction qui est mienne et qui m'est chère, c'est mon rapport avec les réseaux sociaux parce que bon, la radicalité, moi je suis Toto en vrai, moi je viens du milieu, vas-y, je suis déjà fiché S donc la flemme. Et voilà, vous avez capté. Et pourtant, j'ai une forte présence sur les réseaux sociaux.
Pourtant, j'utilise Instagram. Pourtant, j'ai un iPhone. Pourtant, je voilà, j'ai j'ai cette espèce de rapport au grand capital qui est un petit peu je trouve, une issue qui est difficile à dont il est difficile de sortir de nos jours parce qu'en fait, on peut pas faire ça.
On peut pas faire sans sans le capitalisme, on peut pas faire sans le grand capital. Donc, il faut qu'on trouve des moyens de faire à l'intérieur et je trouve que les réseaux sociaux en font partie et je trouve que euh c'est bordur classiste de pas les de pas s'en servir et de pas prendre la place sur les réseaux sociaux. C'est-à-dire que c'est une plateforme qui existe qu'on s'en saisisse ou qu'on s'en saisisse pas. cette plateforme, elle existe et donc c'est aussi à nous de la remplir.
C'est à nous de remplir cet espace-là parce que pour être une personne qui se fait harceler par les fafs un jour sur trois et dans des dimensions en fait je partage même pas ce que je me prends dans la gueule parce que je pense que personne tient 5 minutes dans mes chaussures. Donc moi, voilà, juste je vous le dis, le harcèlement de la faachosphère, il est énervé et il est organisé. Les FAF, ils sont organisés.
Ils ont des chaînes YouTube par exemple où ils disent voilà pendant 24 heur il faut aller harceler cette personne-là sur ce réseau social là et du coup pendant 24 heures ou pendant 3 semaines des fois quand vraiment Dieu est gentil avec toi, tu te prends une vague un raid de faf nonstop parce que ils sont organisés parce que eux ils sont pas en train de se diream il faut d'abord faire chuter le capitalisme et le patriarcat viendra après. Ils sont pas en train de se dire ça. Ils sont juste en train de s'organiser collectivement et de dire en fait les intersectionnels, les convergents et l'extrême gauche, ils sont en train de se [ __ ] sur la gueule.
On va attendre qu'il se foutent sur la gueule et on viendra les terminer ensuite. C'est quelque chose que j'ai entendu mesdames et mesdames pour de vrai dans la fachosphère. Donc ça, je trouve que ça nous ça devrait nous donner en fait l'espèce de [ __ ] de moelle épinière dont on manque de aussi se servir des espaces-temps qui sont à notre disposition.
Là, il s'avère que les réseaux sociaux, internet de façon générale, c'est une plateforme dont il faut qu'on se saisisse nous la gauche, nous l'extrême gauche et un petit peu mieux parce qu'on passe trop de temps aussi à se tirer dans les pattes. On passe trop de temps à se cancel, à se faire des callouts, à se dire "Oui, mais machin il a dit ça, mais machin il a dit c machin il est problématique." Et ce qui est problématique c'est le fascisme.
Là, on est soit antifa, soit fa. Donc à un moment il faut il faut se positionner. Ça veut pas dire ça veut pas dire dans l'antifascisme qu'on a pas des petites dissensions, qu'on c'est mon bon profil ça.
Merci bien. qu'on a pas des petites embrouilles et qu'on va pas se régler, on se règle le weekend à Valence mais on se règle pas en public. On va se régler dans des conversations, on va faire des conférences, on va faire des tables rondes, on va faire on va faire de l'horizontalité, on va discuter et on va se niveler par le haut et on va grandir ensemble.
On va pas se régler comme ça sur les plateformes de réseaux sociaux, sur les internets en public et tout ça nous desserre. Du coup voilà, moi c'est une proposition, c'est de reprendre cet espace-là, de reprendre l'espace de l'internet qui va aussi aller convaincre les masses en vrai parce que là nous on parle entre convaincus mais en fait il y a plein de personnes et je pense notamment aux personnes de ma communauté, les personnes racisées parce que là on est quand même en maot, personnes babtou euh les personnes de ma commue çaà dire tu vas vers vers elle et tu leur dis ouais moi j'ai réfléchi en fait j'ai un peu déconstruit l'intersectionnalité ces derniers temps et ça m'a vachement intéressé on va te regarder va dire alors par contre moi frère j'ai des courses à faire, j'ai un loyer à payer, j'ai quatre enfants à la maison, je m'en bats les couilles de tes espèces de divergences intellectuelles bizarres. Donc il y a un moment aussi faut qu'on se rende compte queon se crée des entr soiis un petit peu bourgeois comme ça et que on sort en fait de de l'impact de qu'on pourrait avoir sur les masses.
Bah alors les masses, on s'entend, c'est pas classiste de ma part, mais je veux dire c'est des mais je sais pas du peuple quoi. Voilà. Donc je trouve que passer par les internets, se politiser tout le temps, se radicaliser tout le temps euh en toute heure, à tout endroit, c'est c'est une bonne solution.
Voilà. Et enfin, vu que c'est aussi le on a on va combattre les fafes et on va les battre, mais justement on aura un monde à construire derrière. Et euh aussi même question que que que j'ai posé à Maxime pour toi quel alors désolé ça va ça paraît un peu réducteur par rapport à tout ce dont on parlait mais aussi du côté de la politique culturelle quel aussi modèle de politique culturelle tu penses qu'il faudrait porter et si ce n'est la description d'un modèle d'ensemble parce que c'est assez conséquent qu'est-ce qui selon toi est nécessaire d'intégrer dans un projet enfin dans la partie concernant les arts à la culture concernant un po culturel d'un projet antifasciste, d'un projet émancipateur.
Qu'est-ce qui devrait faire partie de ce de ce projet là concernant les arrêt et à la culture ? Alors, vous avez invité une anarchiste, un par politique culturelle. Moi, je crois pas en l'État.
Je suis désolée, je crois pas en la politique culturelle. C'est non, c'est compliqué pour moi de répondre à ces questions-là. J'aime J'aime vraiment bien être un un pirate sur le côté, être invité aux universités d'été de LFI et tout.
Je trouve ça trop fable pour moi. Mais on m'a déjà invité à l'Élysée et je vous le raconte hein, ça reste entre nous hein. On m'a déjà invité à l'Élysée.
J'ai dit non les sabiis parce que je savais que ça allait mal se passer si on m'invitait à l'Élysée. Dans ma tête, on m'a invité à l'Élysée. Qu'est-ce qui s'est déclenché dans ma tête ?
Je me suis dit "Non, je vais pas y aller." Donc ça c'est pour vous donner une on coupera au montage. C'est pour vous donner une idée de où est-ce que je me positionne en plus encore une fois.
Donc je suis née en Algérie, j'ai grandi en France, j'ai grandi en Vendé les frérots. Noël, on va prendre une minute de silence pour mon adolescence. Moi, j'ai grandi avec l'idée que le puit du fou, c'était un truc de ouf.
C'est-à-dire que tous les gens avec qui j'étais au lycée, leur rêve, leur rêve yab, le rêve c'était d'être bénévole au puit du fou. C'était le rêve de leur vie. Et moi j'étais en mode alors je pense qu'il y a des choses meilleures qui m'attendent dans cette existence et c'était le cas.
Je savais pas à l'époque j'ai souffert. Mais donc moi, pour moi, voilà, la culture c'est en fait le puit du fou. Et pour moi, la culture dans comment elle est institutionnalisée, elle est intrinsèquement bourgeoise, elle est intrinsèquement de droite comme être moche.
Voilà, être moche c'est de droite. Non, c'est vrai, c'est un choix de vie. Je suis désolé, c'est rien d'autre.
Et du coup, pour moi, la culture c'est bourgeois. La culture c'est de droite. La culture c'est Ouais voilà, c'est c'est pas forcément des endroits que moi je vais aller investir.
Et je dis ça encore une fois, je vous invite dans le grand jardin de mes contradictions. Je suis artiste, je suis danseuse professionnelle, je fais de la musique, je fais plein de choses dans la vie. Donc je fais partie de la culture mais quant à voilà penser réfléchir à des politiques culturelles, je suis désolée mais ça ne passera pas par moi à part par faire la révolution et tout cramer.
Voilà, merci. Bisous. Merci beaucoup.
Jo euh bah je vais donner la parole à à Sarah maintenant aussi pour le les mêmes questions autour de cette caractérisation et des perspectives qu'on a à construire. Aïe aïe aïe. Bonjour à toutes et tous.
Ah bah oui mais c'est pas facile là de passer après vous. Moi j'ai voilà moi j'ai j'ai préparé petit truc de bon élève de politique institutionnelle députés de l'Assemblée nationale tout ça mais donc je évidemment par devoir de réserve et de neutralité je ne dirai rien sur les propositions qui ont été émises à l'égard de l'Élysée et je sais ce que j'en pense. Euh non sérieusement je suis très heureuse qu'il y a une conférence comme ça qui puisse se tenir.
Merci d'ailleurs du coup à à Mathilde et et Martin qui anime le groupe. Donc quand elle a dit j'étais, ça fait très voilà mais il y a quand même peut-être quelques personnes qui sont pas déjà des insoumis dans la salle ne serait-ce qu'abibit tu vois. Il y a peut-être deux trois anarchistes en plus.
Bon donc les GT c'est les groupes thématiques et ils font un gros travail qui nous aide beaucoup et donc c'est très bien que cette conférence ait pu avoir lieu. Je le dis tout de suite parce qu'il va y avoir forcément des frustrations qui vont sans doute s'exprimer parce queen plus je connais le monde des arrêts de la culture. Vous êtes très très fort pour les pour les questions frustrées à la fin des des conférences.
Donc évidemment que à chaque fois on propose quatre thèmes de conférences différents qui à la fin ça devient une conférence dans laquelle on essaie de traiter à la fois les coupes budgétaires, euh les les le harcèlement de la faosphère et cetera. Mais en même temps, je pense sincèrement que cette intitulé cette conférence, il a vraiment toute sa pertinence dans la période qu'on est en train de de vivre parce que bon, ça fait un grand moment qu'on que l'alerte est lancée sur euh en gros la destruction du service public de la culture et particulièrement le service le particulièrement le spectacle vivant qui est souvent la pointe de ces alertes là. Ça fait et parfois même du coup ça crée un effet un peu drangen.
Bon bah chaque année, on fait le bilan sur à quel point il y a combien de théâtres fermés cette année, c'est quoi la combien de déprogrammation faute de budget et c'est qui la le concours de la collectivité qui a le plus retiré dessous ? Et donc ça crée malheureusement cette espèce de routine austéritaire qui nous empêche parfois de percevoir les les moments de bascule. Et moi, je pense qu'on a un moment de bascule et on a un moment comme ça d'artic d'articulation. de jonctions entre ces attaques austéritaires qu'on connaît bien, qu'on qu'on dénonce, qui donne qui donne parfois aussi cet effet rangen et cetera. ces attaques contre les en fait contre les travailleurs, contre les personnes, tu l'as très bien dit, c'était bien que tu le rappelles d'emblé et euh et une certaine vision du monde là qui est en train de qui est en train de s'imposer, pas dans la société parce que je vous rappelle parce que c'est pas vrai qu'il y a que le Front Populaire qui a gagné, il y a aussi le nouveau Front Populaire qui a gagné en juin dernier.
Je dis pas, on n pas encore eu le temps de savoir si c'était la gauche ou pas, mais en tout cas ce qui est sûr, c'est qu'on avait quand même juste, on avait quand même gagné à ce moment-là contre les fascistes. Mais par contre, il y a quelque chose qui est en train de s'opérer de façon très très nette dans la classe, dans les élites. J'aime pas d'ailleurs ce terme d'élite, mais dans la caste dominante politico-médiatique.
Et ce phénomène, c'est je pense celui de la l'extrême droitisation et je pense que c'est important de le qualifier comme ça et du coup de de de repérer ce moment de bascule. Je pense qu'on a à la fois un saut qualitatif cette année, c'est-à-dire que là quand tu comptes les millions, les milliards et tout là, tu fais non, là il y a vraiment un truc qui est en train de se faire d'asséchement, de destruction. vraiment mais brutal économique de de tout de plan social massif tu as tu as eu raison de le dire voilà mais il y a un saut euh de nature qualitatif euh et je vais y revenir.
Alors juste quelques remarques sur les mots. Ça c'est le la déformation professionnelle. Alors donc les choix parce que je suis prof de français à la base le choix des mots c'est pas il est pas il est pas laissé au hasard.
Je trouve ça bien qu'on parle des arts et de la culture parce que çainvite à réfléchir si c'est la même chose ou pas. Et en fait ça rejoint un peu ce que tu as dit. On aurait pu dire les artistes et la culture mais parce que bon ça regroupe pas tout à fait la même chose quoi.
Quand on parle des arts, on parle de l'art dans sa vitalité hein, dans sa diversité, on parle de la création en train de se faire. Donc on parle en fait des des de celles et ceux qui le font les artistes, les travailleurs de l'art en général parce que le travail artistique c'est pas que que les artistes et on parle des effets de l'art. C'est tout le monde sait quand on dit l'art, les arts, bah en fait il y a ce truc aussi de qu'est-ce qu'il fait sur les gens et il faut jamais oublier ça parce que quand y compris quand on parlera de service public, c'est pour faire quoi ?
Pour pour qui ? Pour qu'est-ce que ça provoque ? Et alors bon, je vais pas vous faire une conférence sur qu'est-ce que là, d'ailleurs, j'en ai pas les moyens hein, mais tout le monde voit un peu quoi.
C'est un type d'émotion particulier, un type de communion particulier, un type de surprise aussi, de déplacement. C'est tout ça que provoque les arts. C'est on sait que quand on est face à quelque chose qu'on identifie comme de l'art et alors après il peut avoir mou débat là-dessus, il se passe quelque chose.
Donc à la fois on a des travailleurs, on a des gens qui font cette diversité, cette vitalité. Donc on a de la vie et y compris de la vie matérielle concrète, des gens qui sont en train de crever la bouche ouverte à cause des des plans sociaux qui sont qui sont en train d'être faits. Euh et et on a aussi la production de quelque chose qui éveille quelque chose de particulier.
Je pense qu'il faut nous on doit se réapproprier aussi ce ce truclà quoi. C'est pas quelque chose c'est pas non plus tout à fait un travail comme un autre parce que euh il raisonne et qu'il fait quelque chose dans la société et que quel ce chose alors c'est très mainstream du coup cette expression mais ça a à voir avec la démocratie et je sais que le terme de démocratie aujourd'hui il est mais ça à voir quand même avec ça hein. à avoir avec la capacité à un moment d'être déplacé dans ses convictions, d'être déplacé dans ce qu'on est, d'être approché d'autres, d'être voilà et d'être émancipé et d'être émancipé individuellement mais aussi collectivement parce que quand on est face à à de l'art ou à la perception de l'art, ben on est aussi en fait en communion avec à la fois celles et ceux qui le produisent mais aussi celles et ceux qui le reçoivent et il se passe des choses à ce moment-là.
Et donc c'est tout pour toutes ces raisons que l'art a quelque chose de toujours a toujours eu quelque chose de profondément suspect pour tout les tenants du monde tel qu'il est de l'ordre qui ne doit pas bouger hein parce que les chentres du maintien de l'ordre public qui sont souvent aussi les maintiens de l'ordre économique, l'ordre colonial, l'ordre racial, l'ordre patriarcal he tout ceuxl ils aiment pas trop ce côté un petit peu désordre qui est voilà ce trouble à l'ordre public par essence qui est qui est l'art. Donc c'est pour ça que c'est important c'est important de jamais oublier ce terme d'art. Euh mais ce qui est intéressant aussi, c'est qu'on dit les arts et la culture, c'est que la culture bah en général c'est plutôt un mot plus consensuel.
Euh c'est une petite connotation un peu institutionnelle, un peu figée. Elle est déjà là, elle est déjà présente, surtout au singulé hein quand on parle de la culture plutôt que des cultures. Il y a une dimension un petit peu identitaire, un peu patrimoniale et ça normalement ça plaît quand même à la droite, à l'extrême droite, ça devrait plaire quoi.
Souvent quand on lui donne alors dans le champ politique, on peut lui donner au mieux une mission de pacification sociale, hein. Donc il y a des il y a des émeutes dans les quartiers, on va mettre de la culture, vous voyez ce que je veux dire ? Ou leur donner une petite mission d' de même carrément de d'homogénisation de l'identité nationale, hein.
Bon, la culture, ça sert à ça. Donc normalement, c'est pas censé trop cristalliser le rejet de la droite. Et je crois que ce qui est en train de se passer là, c'est assez fou.
Je dis pas qu'ils ont pas une politique culturelle et une vision de la culture, mais c'est quand même le mot de culture parce qu'en fait historiquement en France depuis la Seconde Guerre mondiale et ben il reste quand même associé à l'idée d'un service public et que là on est face à une offensive. Cette extrême d'entisation, c'est faut pas oublier que c'est une extrême dentisation ultra libérale aussi qui s'articule, c'est la c'est la tronçonneuse de Miley, c'est la tronçonneuse de Trump hein. Donc c'est à la fois ben je vais m'attaquer physiquement en fait aux personnes migrantes et aux personnes transgenre, mais je vais m'attaquer physiquement par tronçonneuse au service public, à l'idée de service public et ça va ensemble.
Et donc on se rend compte que même le terme de culture qui était censé être un terme et ben plus on y va là à l'Assemblée nationale plus ça se décomplexe sur bah la culture c'est quoi un service public de trop une dépense inutile un monde machin et des institutions. Et vous avez même les institutions culturelles qui se retrouvent à être attaqué alors que normalement c'est le truc un peu bon plan et c'est un outil politique c'est aussi un c'était aussi vu comme un outil bon d'émancipation mais aussi parfois de contrôle politique quoi. Donc là, je trouve qu'il se passe quelque chose d'intéressant et on assiste donc à cette offensive.
J'ai commencé à quelle heure dis-moi ? Tu as commencé à 18h20. D'accord.
Ouf, c'est chaud. Non mais je suis sûr ils avaient attends, ils avaient grave débordé. Bon, donc on assiste à une offensive générale euh et euh on a à la fois ce ce tr ce ce ce cette tronçonneuse, l'extrême libéralisme autoritaire qui prend qui prône la marchandisation de tout et cetera et une offensive répressive contre les arts enfin précisément il y a des personnes derrière les artistes tu eu raison de le dire qui sont perçus à la fois comme des fénéants mais ça c'est de longues dates comme des profiteurs mais là maintenant comme des dangers des troubles à l'ordre public et c'est vraiment ça qui se passe.
D'où viennent ces menaces ? Et c'est là que la notion d'extrême droitation, elle est importante parce que si on cherche à saisir l'ampleur de ce qui se passe, on peut pas juste dire "Alors, que fait le Rassemblement national et les petits copains du Rassemblement national ou alors de l'autre côté que fait le gouvernement et les petits copains du gouvernement parce qu'en fait on a affaire à un processus, bon je vous le refais pas hein, vous voyez bien mais on a un pouvoir illégitime qui a besoin un ultralibéral enfin un libéralisme autoritaire qui ne qui ne peut plus se maintenir parce que tout le monde craque en fait et qui ne se maintient que plus que par les formes de l'autoritarisme et qui qui fait des alliances de fête et pas seulement des alliances de fête mais qui va utiliser les stratégies et les agendas qui sont historiquement tous ceux de l'extrême droite et notamment celui de la division du peuple. Donc c'est pour ça que on peut pas dire aujourd'hui que le racisme, l'islamophobie, le colonialisme, c'est quelque chose qui est situé à l'extrême droite du champ politique.
C'est pas vrai. On a on a un on a l'utilisation de tout ça à des fins de maintien d'un d'un système qui peut plusir. Donc du coup ça donne, on l'a dit, les coupes historiques massives de l'État et des collectivités territoriales dans le dans le financement, la culture, mais associé à un discours qui est un discours tout à fait assumé, hostile.
Donc on a les mensonges de Rachidati qui ose prétendre qu'elle a rien retiré. Mais en réalité en même temps Rachidati elle explique que les artistes sont un monde woke déconnecté de ce qu'est la vraie culture populaire. Alors là ils peuvent éventuellement en parler la culture populaire et puis quand on creuse c'est c'est quoi la culture populaire pour les pour les copains de de Rachida Adati, pour les Christelles moretis, pour les Voki et cetera.
Ben en fait euh c'est plus seulement revenir à une culture figée réduite au patrimoine de préférence religieux les église et tout mais c'est un truc euh consumériste, c'est avec l'idée que il y aurait une demande populaire et qu'il y aurait une demande et qu'il faut faut que ça parte passe par le marché et avec cette conception que le marché aujourd'hui si vous demandez aux gens de quoi qu'est-ce qu'ils veulent bah ils veulent du puit du fou. Voilà hein. Euh et c'est ça qui est présenté comme la culture populaire.
Et donc ça faut résister à ça en se disant mais en fait aujourd'hui il y a des cultures populaires, il y a une culture populaire il y a il y a une variété de de la culture et de l'aspiration. Donc même du point de vue même en se poissant du point de vue de la demande du public ce qui pose beaucoup de questions en terme de politique culturelle parce qu'habitudeement c'est une politique de l'offre parce qu'il faut bien que les gens soient surpris tombent parfois sur des choses qu'il voulaient pas mais c'est pas vrai non plus que les gens sont tous en train de faire des manifes pour demander des puits du four pour demander des murmures de la cité de ce terrain financé par ce terrain où il y a des croix gamés et tout. Donc on a ce processus de de d'extrême droitisation du champ politique et médiatique, mais on a aussi face à ça un processus de résistance qu'on espère aussi dans le champ dans le champ artistique.
Donc c'est tout ce continuum qu'il faut avoir et c'est là où faut se dire que c'est l'offensive qu'on dit contre la démocratie. Alors le thème de démocratie est très galvodé mais gros globalement c'est quand même bon du coup derrière c'est des vies hein mais c'est contre les libertés, les droits fondamentaux des principes d'égalité de base des principes de genre le racisme en fait c'est censé être interdit. Voilà tout ça qu'on voit dans le champ et évidemment la question de la Palestine a été abordée, c'est absolument central, c'est que en même temps que vous avez un état qui interdit des manifestations, un pouvoir qui interdit une manifestation, vous avez un pouvoir qui fait annuler des spectacles d'artistes engagés en faveur de la Palestine.
Voilà. Donc eux, ils font le lien en fait. Ils te disent "L'art doit être neutre et tout, mais c'est pas vrai." Enfin, ils font ils font bien le lien en fait.
Donc c'est cette donc donc c'est c'est un combat commun en fait. Donc en même temps que tu as des associations qui sont dissoutes euh qui sont les associations antifasciste, urgence palestine et cetera, il y a aussi des associations culturelles qui sont euh menacées de différentes façons par le pouvoir. Donc vous avez vous avez ce ce continuum là.
Alors j'avais prévu je je peux j'ai encore un peu de temp juste pour pour en fait la première chose à laquelle on pense parce que justement on va penser d'abord du côté de l'extrême alors qu'est-ce qu'on voit ? on voit les attaques et c'est ce que tu as dit. Il faut quand même se le dire hein parce que c'est quand même c'est pas rien.
C'est genre les fachot qui sont à l'œuvre et qui utilisent les réseaux sociaux, les menaces physiques qui ess empêcher des des spectacles de se tenir qui vont aussi utiliser je donne cet exemple là parce que sachez qu'ils s'organise sur halluciné pour détruire des films avant même que les films soient sortis parce que ils ont pas encore sur hallocé voilà pris la mesure du truc. Donc en fait, tu as des trucs qui se retrouvent avec une demi-étoile alors que le truc est pas sorti mais parce que ça parle soit de d'amour lesbienne soit de Palestine. He voilà.
Et donc les mecs il il s'organise voil et donc on a ces attaques là. Alors face à ces attaques là le pouvoir peut avoir l'air de réagir dans certains cas et c'est intéressant à observer c'est qu'effectivement quand la cérémonie d'ouverture des GOIOS est attaquée et il faut redire toute notre solidarité avec que ce soit les les drag queen les DJ Queir et cetera qui se sont fait attaquer avec Ayan Nakamura évidemment qui s'est fait attaquer au moment de la cérémonie d'ouverture des gios. Là, il y a un agenda politique de Macron.
On est après euh la victoire du Nouveau Front populaire qui a montré qu'il était capable de mettre une raclé au Front National, au Rassemblement national et à l'extrême droite et qui a euh fait euh infliger une défaite euh cruciale pour Macron. Et lui, il a cette cérémonie d'ouverture des Juot et c'est l'occasion de rattraper d'oublier que pendant ce temps-là, il est pas en train de nommer un ministre issu. Enfin bon, vous vous souvenez du truc.
Donc là, à ce moment-là, et encore on en a pas entendu tant que ça d'ailleurs hein, ils étaient pas tous très à l'aise hein la Macronie avec ça, mais globalement on a un peu l'impression que Macron, Dati, ils ont détendu, défendu Ayanakamura, ils ont défendu les drag queen, ils ont défendu évidemment Thomas Joli et cetera face aux attaques et Dieu merci. Mais quand vous regardez, ça c'est une partie très très visible, très mondialisée d'ailleurs de l'iceberg. Mais en fait, en réalité, les spectacles de drag queen pour les euh pour euh pour des enfants euh qui sont euh qui ont été menacés, on n' pas tellement vu euh les tenants du du gouvernement euh dire euh bah non, en fait, on va défendre le fait que les dracoin puissent faire des spectacles devant des enfants.
On les a pas tellement vu réagir tant que ça sur Bilal laassani et cetera et on les a pas vu euh on les voit pas. Par exemple, récemment là, je prenais l'exemple l'exposition Nouvelle Reine, donc ça c'est intéressant à la basilique donc il y avait eu aussi le cas de carte noire nommé désir Rebeccaillon au théâtre d'Avignon. Bah en fait c'était quoi ?
Il y a il y a le il y a le festival d'Avignon qui a réagi en disant on veut pas de cette attaque contre eux mais vous avez entendu un une parole politique forte dire on protège nos artistes et donc effectivement même tu vois liberté de création je vois bien le les réserves que tu mets sur le truc mais en fait quand tu quand tu creuses de toute façon cette notion là il l'utilise vraiment uniquement pour protéger Bertrand Kanta uniquement et ça se démonte assez vite parce que Bertrand Kanta oui ben il peut créer ce qu'il veut mais enfin on n'est pas obligé non plus de lui donner des moyens de un voilà il peut créer des trucs dans sa cave s'il veut on s'en fout fou. Voilà. Mais par contre effectivement quand il s'agit d'artistes qui sont les artistes voilà et quand il s'agit d'artistes qui sont des artistes qui ont énormément de mal justement parce qu'ils sont racisés, parce qu'ils ont des engagements et des récits particuliers qui sont celles et ceux qui ont le plus de mal à accéder au moyens de production, c'est les premiers qui sont attaqués par l'extrême droite et pas pour rien parce que c'est les woke et parce que première nouvelle l'art éveille mais il y a des artistes qui éveillent un peu plus que d'autres et euh et donc ceux-là ben en fait ils sont pas tant défendus que ça.
Et donc récemment, vous avez eu l'exposition Nouvelle Reine à la Basilique Saint-Denis. Donc une photographe qui a pris qui a exposé des portraits de femmes. Donc il y avait je crois une trentaine de de portraits.
Et elle-même elle dit en fait j'ai même pas vu venir le truc. J'ai enfin je suis accueilli à la basilique Saint-Denis. Aucun problème la basilique, aucun problème.
Le les monuments nationaux donc les institutions, elles voit même pas sur le coup le sujet. Elle fait des expositions de femmes qui sont plus ou moins dénudées et qui sont ça se reflète dans les vitraux et cetera. Et puis sur les sur les 30 femmes, il y en a trois qui sont volilées.
Et là, vous avez un petit gropuscule, les natifs et tout qui sont allés faire tout le bordel. Et en fait, elle ce qu'elle raconte, c'est que les monuments nationaux l'ont l'ont soutenu, la ville l'a soutenu, la basilique même a soutenu et tout. Ils ont porté plainte, ils ont porté plainte pour atteinte à la liberté de création.
Et elle, elle dit "Bah, enfin, du coup, les gars ont été relaxés hein, parce que ça marchait pas pour atteintre à création." Par contre, elle dit "Mais en fait peut-être on aurait pu porter plainte pour racisme et ça c'est un vrai sujet." Voilà.
Et et à ce moment-là, est-ce que vous avez vu Rashid Abati dire euh j'annule tout, je me déplace à la basilique Saint-Denis et je vais regarder les l'exposition et je dis euh euh on soutient. Donc en fait déjà rien que ces attaques en fait, il y a d'abord une faiblesse ce à quoi on assiste. C'est-à-dire c'est pareil pour les Vars, c'est pareil pour c'estd que même les les sujets qu'ils essayent de porter, qui font semblant de porter, vous avez une faiblesse de des des des autorités qui vont et et vous avez qui vont qui vont céder face à n'importe quelle pression et tout.
Mais évidemment ce ce qu'il faut avoir en tête, c'est que quand ça touche à certains sujets et particulièrement à ce qui consiste en l'ordre racial, l'ordre colonial et cetera, là vous avez une une les auto le pouvoir à ces différentes échelles qui assume totalement d'être lui-même dans un processus de censure. Et donc dati, elle s'est pas déplacé à la basis. Pourquoi ?
Parce qu'elle était très occupée à caporaliser le service public de l'audiovisuel. Mais nous on a aussi été ceux qui m'ont dit "Non, mais nous on veut pas une fusion du service public d'audiovisuel public parce que on a déjà un gros problème avec le fait que l'audiovisuel public est l'endroit où on vire euh euh Guillaume Meuris, où on vire euh euh Merwan Benata, benzar, pardon, euh sur injonction d'une justement de cette jonction entre les Nathalie, l'oiseau et l'extrême droite, on sait plus qui est qui." Voilà.
Et et voilà. Et donc en fait, on a des institutions maintenant qui sous qui sont de plus en plus caporalisées par un pouvoir politique qui lui assume totalement la censure. Et c'est là où on rencontre cette jonction entre les coupes budgétaires et les ces ces coupes budgétaires.
Elles sont massives, elles sont quasi c'est la sulfateuse. Mais si vous regardez, c'est la tronçonneuse. Mais si vous regardez où elle va la tronçonneuse, ben c'est assez intéressant par où elle commence quoi.
Voilà. Et c'est assez intéressant ce qu'elle va cibler parce qu'elle va cibler. elle va cibler donc vous allez avoir des coûts de pression.
Donc là vous avez euh PCRES qui assume de retirer les 500000 les 500000 à Renansen pour ce motif là. C'est qu'on va assumer, on va faire de la pression budgétaire de la de la du retrait de subvention un discours offensif on va dire. Mais on retire les subventions, c'est pas qu'on a plus de sous dans les caisses, c'est qu'on a un problème avec cet art qui n'est pas neutre et que quand même nous si on subventionne, c'est pour que ce soit neutre.
Et quand on dit neutre, c'estàdire comprenez, faut que ce soit complice du génocide. Sinon ça nous pose problème. Voilà.
Et donc vous avez cette articulation, ce qui fait qu'aujourd'hui vous avez pas du tout besoin malheureusement d'être à un baumont pour que votre et sous un maire RN pour que votre théâtre subisse des soit des baisses de subvention et des formes de contrôle et de d'incitation même à l'ossensure. C'est le truc le pire, c'est dire bah en fait si tu veux tes financements. Donc au bout d'un moment les gars, ils osent plus programmer autre chose, ils se disent "Bon, j'ai quand même je suis quand même sur la scellette et cetera." Ben tu as plus besoin d'être à Bomont en fait.
Et puis tu as du coup des spectacles des théâtres qui ferment je pense parce que je vois Laurangela, il y a la bataille de l'échangeur à Bagnolet. Bah c'est l'échangeur à Bagnolet. Enfin c'est pas c'est pas voilà c'est pas un département d'extrême droit, c'est pas voilà mais en fait c'est il se trouve que c'est quand même un lieu qui fait particulièrement dans les quartiers ce ce travail de d'atelier artistique et cetera.
Donc du coup en fait qu'à ce lien avec un territoire et que il serait bon de bon de casser. Voilà. Donc euh il y avait euh mou exemple hein, mais vous avez Borne qui euh annule une une BD qui avait été commandée par l'éducation nationale.
Vous avez une librairie féministe qui est recouverte d'un drap par des policiers au passage de Darmanin. Vous avez le courtmétrage de Clair Monfer le festival et courtmétrage de Clermontfernant qui est qui est définancé parce qu'à chaque fois il y a Boloré qui se fait siffler en début de truc. Vous avez des films sur la Palestine euh ou même sur la contraception et un film sur le slip chauffant.
J'adore cet exemple là qui a été désubventionné. Vous voyez comment ça fonctionne, c'est que les films il il dans leur production, dans les c'est ça se passe à toutes les échelles, hein, toutes les niveaux de Et vous avez des films qui ont vous avez des commission localement qui ont dit "Bah oui, c'est c'est intéressant ce documentaire, ce machin, on va donner les sous de voilà de la ville et tout." Puis traditionnellement, bon c'était contestable hein, c'était les experts, donc les experts parfois c'est vraiment l'entre soi mais c'était les experts qui disaient "Oui, ça faut financer." Puis les élus derrière, ils signaient parce qu'ils reconnaissaient qu'il y avait un voilà une indépendance du secteur artistique.
Et maintenant, les élus, ils font quoi ? Palestine, non. Et alors, je vais pas dire pire mais encore enfin plus voilà Palestine non.
Bon ça on comprend, on a bien compris qu'ils étaient soutien du de du génocide et du soutien inconditionnel Israël. Mais aussi slip chauffant. Ah non, ça c'est pas bon pour nos virilés ça.
Méthode slip chauffant, c'est une méthode contraceptive, tu vois. Donc tu avais un docu sur le truc qui s'est vu retirer. C'est c'est la c'est euh l'école courte Ragem qui se retrouve euh privée de ces subvention parce qu'elles avent utilisé l'écriture inclusive dans genre un programme de bon.
Donc voilà, donc c'est tout ce tout ce continuum d'attaque. Je vais terminer euh euh là-dessus. Je je je dis juste que un des trucs c'est que ça se passe, il faut regarder ce qui se passe aussi dans l'industrie culturelle parce qu'on parle beaucoup du secteur enfin du service public et tout mais il y a une volonté d'harmoniser et donc quand vous regardez ce qui se passe dans le cinéma, dans les le monde des festivals privés dans le monde évidemment de l'édition, vous avez aussi un avant-goût de comment la concentration économique elle va de pair avec le fait de de permettre des agendas, des stérrains, des bolorés et cetera et voilà.
Bon bref, donc j'ai c'est un grand mais vous voyez c'est tous ces phénomènes là et on voit bien le continuum qu'il y a parce que le spectacle de ce terrain avec les croix gamées là il est financé par ce terrain mais il est aussi financé par des fonds publics voilà et que voilà et que quand comment 450000 € voilà donc rock en scène enfin c'est voilà c'est ça voilà donc en fait c'est c'est tout ça qu' faut interroger alors juste que faire bon face à ça moi je pense qu'il faut il faut qu'on arrive à toujours articuler les deux du coup ça veut pas dire qu'on parle plus d'une aire de la guerre qui est l'argent et du ner de la guerre qui est la protection qui est le la reconnaissance du travail artistique et cetera. Mais on montre comment ça ça c'est un une étape de l'extrême droitisation et de la fascisation parce qu'en fait vous êtes en train de de de tuer tout un secteur à des fins idéologiques, à des fins d'une marchandisation qui sera une marchandisation idéologique parce que les acteurs économiques dans les mains desquels vous mettez ça, c'est des acteurs. Voilà, c'est c'est comme saboter l'école pour après qu'il y ait des intern terrain.
Enfin voilà, c'est bon, il faut du coup une repost, il faut qu'on arrive à articuler toujours les deux. Et ça a été dit, mais je pense qu'il faut le redire, c'est que le secteur culturel et artistique, les travailleurs de la culture, ils ont aussi les structures ont une responsabilité de solidarité dans la période. Et ça, je pense que c'est ce qui a manqué ces années, c'est que les premiers et premières qui se sont fait attaquer et même encore aujourd'hui n'ont pas bénéficié de d'un élan de enfin, je veux dire voilà de d'une de mobilisation massive. moins je pense que la CGT a dû faire quand même des communiqués et ça mais on n pas le sentiment que quand Médine est attaquée et ne veut pas faire un concert, vous avez tout le monde parce que justement la liberté de création, c'est ça qu' faudrait dire.
Moi, j'ai pas de problème à employer le terme de liberté de création parce qu'il faut leur renvoyer la gueule. Bah du coup, vous êtes les premiers. Bah attendez, médine, voilà et donc elle est où la solidarité ?
Et donc ça voilà, je sais que j'ai un peu l'air de donner des leçons mais je pense qu'il y a ce sujet là de comment il y a une repost collective à chaque fois et comment on voilà il faut qu' a pas un cheveux d'artiste qui puisse être touché quand un artiste s'engage en fa de la Palestine fait les frais de de son de son de sa de comment il se situe de son voilà et pas commencer à et et donc ça je pense que ça s'est pas suffisamment vu et ça ça va de pa avec ce que tu as dit aussi c'estd que la culture les arts et la culture dans leur aspect institutionnel doit aussi interroger leurs propres les propres discriminations qu'il y a en leur sein. Il y a quelque chose qui s'est fait vraiment autour du mitou dans le secteur de la culture qui a qui a été déflagateur mais on l'a bien vu dans la commission d'enquête avec Sandrine Rousseau dans laquelle je faisais partie. En fait la question des violences des discriminations racistes et des violences racistes, elle a été très très difficile à aborder.
D'abord parce qu'on avait très peu de victimes qui étaient prêtes à à parler publiquement et cetera et parce qu'elles étaient beaucoup plus vulnérables que les autres et ces dominations se croisent. Et donc, on a bien vu qu'on avait qu'une partie de les des violences et qu'il y en avait d'autres qu'il fallait euh interroger. Et puis euh il y a des mobilisations antifasciste, il y a des mobilisations euh pour la Palestine, il y a des mobilisations antifascistes dans la société, des mobilisations pour les personnes migrantes et dessous.
Et je pense que si le secteur des culture veut être perçu comme ce qu'il est, je pense fondamentalement, c'estàd un des outil rempart et d'émancipation face au fascisme, bah il faut en faire la démonstration concrète dans les batailles antifascistes. Et il y a eu un exemple récent avec la question de la gueté lyrique, c'est vous avez l'extrême droite qui a essayé d'utiliser les questions culturelles en disant il faut il faut sauver cette institution culturelle occupée par des méchants migrants. Alors qu'en fait à l'intérieur vous aviez des gens qui étaient y compris des travailleurs, pas tous des artistes qui étaient aussi des salariés, je simplement des personnes qui travaillaient à la guetté lyrique et qui ont dit non nous on va se laisser occuper.
Voilà, on va mener la bataille, on va demander est-ce que c'est c'est mineur isolé, à ce que c'est on va demander àce qu'ils aent un toit sur la tête et donc ils ont pas ils sont pas rentrés logiques. Là, on aurait eu en besoin que tout le monde à la culture dise pas juste il faut sauver la guette lyrique, genre les murs de la guette lyrique, mais disent il faut jeter, il faut sauver les jeunes et gloire aux artistes qui sont au côté de ces jeunes. Voilà.
Et donc il faut que les arts soient perçus comme ce lieu de résistance, ce lieu de solidarité en tout lieux et de de et donc évidemment euh sur le 10 septembre, bah moi je pense qu'il y a un enjeu fondamental enfin vu que c'est un des secteurs passifs qui qui est qui est dans le qui est dans le viseur totalement qui va être dans le viseur dans le prochain budget, dans les attaques contre la protection sociale et cetera. Il faut que ça se ressente. Il faut aussi que ça fasse changer les préjugés qu'on est en train de commencer à entendre de la part évidemment de la case dominante qui a tout intérêt à peindre d'une certaine façon le mouvement du 10 septembre.
Donc il faut réussir à le à à à à à y à y contribuer. Et dernière chose parce qu'il faut qu'on prenne notre part aussi comme politique, la repost politique, c'est aussi que nous de notre côté, enfin je dis pas de notre côté mais tous ensemble mais il on doit absolument euh remettre cette question des artistes, des travailleurs de l'art, de des arts et de la culture, du droit à la culture, du droit des droits culturels aussi au cœur du débat et évidemment avec l'idée que il y a des politiques culturelles à mener. Il faut que dans nos programmes, il faut que évidemment, bon c'est le cas dans le programme municipal de 2026, mais on va aussi s'atteler à ce qu'en 2027 en fait la question de une politique culturelle, c'est pas juste un programme, un chapitre du programme, mais c'est un des vecteurs de ce que nous on a on attend, quoi, c'est-à-dire une rupture fondamentale avec le le monde actuel et un vecteur d'émancipation et de révolution citoyenne.
Et donc, il faut que la politique culturelle, elle soit au cœur etant et et là-dedans, il va falloir qu'on réaffirme et qu'on travaille cette question de du lien du politique et c'est d'ailleurs d'un droit fondamental des artistes à porter parce qu'ils le sont forcément politiquement situés des engagements politiques, mais aussi une responsabilité fondamentale du politique à ne jamais prétendre contrôler et sans s'emparer et contrôler et passer commande et cetera. Et donc c'est assumer ça. C'est dire la subvention de service public, c'est on si on subventionne non pas enfin on attend de la on attend des arrêts de la culture qui soit un service public.
Donc du coup il y a les enjeux d'antiracisme de il y a tous ces enjeux-là parce que c'est un service public. Mais une fois que tu as la garantie que tu finances du service public, pas du pass culture qui va au aux grandes entreprises, ni un truc qui est plus un service public mais qui a un service un entre soi, voilà, ce qui n'est pas le cas non plus hein, qu'il faut pas non plus dépendre comme ça, mais tu t'assures que ça devient pas ça. Et après tu laisses justement par la diversité parce que tu finances la diversité parce que tu mets fin aux appels à projet à tous ces trucs de merde tu à la mise en concurrence des artistes par la diversité que tu fines et ben tu permets la liberté la liberté artistique la diversité la la vitalité artistique sans être en train de prétendre que tu vas demander aux artistes de servir tel et tel agenda et les artistes eux-mêmes ils auront cette capacité de toute façon à troubler l'ordre établi et y compris l'ordre insoumis et c'est ce qu'on leur demandera parce qu'il y en aura besoin.
Voilà.
Sarah Legrain