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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 8 décembre 2022 36 min

Congrès EELV : Les Verts à moitié pleins

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter.

0:09
Marine Tondelier

Techniquement, le moment est à l'écologie. L'urgence climatique pousse à l'écologie. Et pourtant, le parti écologiste donne le sentiment de se cannibaliser lui-même ou de ne pas intéresser jusqu'à ses propres militants. 45% des 11 000 incris seulement inscrits ont participé au premier tour de l'élection de leur nouvel chef. Le temps de quelques tractations et discussions. L'épilogue sera donc connu samedi. Mais on sait déjà que les rares votants ont renvoyé la querelle Jadot-Rousseau dos à dos. Ce qui donne presque envie de poser la question comme ça. À quoi sert Europe Écologie Les Verts ? Qui d'ailleurs changera de nom l'été prochain. Fassure que ça bouleverse réellement leurs affaires.

À quoi sert Europe Écologie Les Verts ? Et que propose-t-elle collectivement ? Ce qui transpire du premier tour, c'est le dilemme non tranché entre radicalité et pragmatisme électoral. Appelons ça comme ça. Est-ce qu'on cherche à peser pour gouverner ? Est-ce qu'on cherche à provoquer pour réveiller les consciences ? Est-ce qu'on s'allie à la gauche radicale ? Est-ce qu'on cherche un consensus et une alliance plus large avec d'autres ? Toutes les contradictions et difficultés d'Europe Écologie Les Verts étaient contenues à Sainte-Solines devant les militants contre les bassines.

Par exemple, sans parler évidemment de cette affaire Bayou qui là aussi a beaucoup cannibalisé toutes les attentions et les discussions. Un nom sortira donc du chapeau ce samedi. On imagine que ce sera celui de celle qui est arrivée en tête évidemment il y a trois semaines. Mais pour quel mouvement et pour quel avenir ? Surtout pour Les Verts, c'est le téléphone sonne ce soir. Soyez-les bien. Le premier Patrice, c'est vous. Bonsoir et bienvenue.

1:38
Auditeur

Oui, bonsoir. Et on vous écoute, Patrice. Eh bien, je me demande si la différence majeure entre les deux grandes tendances n'est pas que l'une se dit prête à gouverner en s'associant éventuellement avec le PS, quitte à renier certaines revendications majeures, alors que l'autre se veut plus intègre, fidèle à ses idées sociales et environnementales. Parce que j'ai l'impression qu'on a un double sentiment. On entend souvent dire que les Verts devraient s'occuper que d'écologie et laisser tomber les préoccupations sociales. À mon avis, c'est une idiotie parce que c'est oublié aussi que tout est imbriqué, c'est systémique. L'un ne va pas sans l'autre.

Mais d'un autre côté, on a l'impression que certains dirigeants ont oublié ce qui fait l'essence même de leur formation, leur raison d'être, c'est-à-dire la protection de l'environnement, la santé, la sécurité. Juste un petit exemple pour être très concret en termes de nucléaires. Leur premier cheval de bataille de nos jours, c'est d'être lutté par exemple contre le procédé CGO de Bure qui est mille fois plus grave que le barrage de Sivins sous Notre-Dame-des-Landes avec toute la corruption, les atteintes à la démocratie dénoncées par les droits de l'homme. Et ma foi, on n'entend pas grand-chose là-dessus.

Dans la campagne électorale de Yannick Jadot, c'était plutôt silence, donc c'est un peu affligeant.

2:47
Marine Tondelier

Patrice, merci beaucoup. J'étais sûre que vous allez nous replacer Bure. Patrice, qui est l'un de nos auditeurs fidèles, merci beaucoup pour discuter ensemble autour de cette table. Il y a Arthur Nazaret, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste politique au Journal du Dimanche. Vous avez écrit notamment une histoire de l'écologie politique aux éditions La Tengo. C'était en 2019. Vanessa Jérôme est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes politiste, chercheuse associée à l'Université de Victoria, c'est au Canada. Vous avez écrit notamment Militer chez les Verts aux presses de Sciences Po. C'était l'année dernière en 2021. Je salue Thomas Legrand qui l'a également. Bonsoir Fabienne.

Vous êtes éditorialiste politique à Libé, bien sûr, et sur France Inter. Enquête de politique. C'est le samedi et c'est à 18h. Arthur Nazaret, je vais commencer avec vous. Ce que nous dit Patrice, c'est cette hésitation finalement avec une alliance plus large, mais au risque de se renier ou rester plus intègre. Moi, je trouve intéressant les termes qui ont été utilisés par Patrice pour définir ça.

3:39
Invité

Déjà, on peut dire qu'aujourd'hui, Europe École et Gilles Verts, en tout cas au moment où on parle, se place au sein de la NUP, c'est-à-dire avec une alliance qui va avec la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon et avec le PS. Donc aujourd'hui, est-ce que ça répond à sa question ? Peut-être parce qu'ils ne sont pas que les supplétifs du PS. Ils essaient d'avoir une position qui ne peut plus être centrale vu leur score, mais ils aspirent à le redevenir.

Et c'est vrai que la question de votre auditeur, elle traverse toute l'histoire de l'écologie politique parce que au début, dans les années 74 et pendant de longues années, je dirais même des décennies, l'écologie politique s'est d'abord tournée vers la gauche alternative avant d'avoir une période de nini de l'écologie qui n'était pas mariée, ni droite, ni gauche, avec Antoine Wechter. Et ensuite, c'est Dominique Vouenet qui les a ancrés dans ce qu'elle appelait l'autonomie contractuelle, c'est-à-dire une alliance possible avec le Parti Socialiste.

Mais il y a toujours effectivement cette tension qui était incarnée dans les primaires par un pôle radical qui ne ferait pas de concession et qui serait Sandrine Rousseau et un pôle Jadot qui dit, voilà, nous avons raison sur le constat, il est temps maintenant que nous passions d'une victoire culturelle à une victoire politique et donc pour cela, il faut s'institutionnaliser un peu.

4:50
Marine Tondelier

Moi, j'ai l'impression, Vanessa Jérôme et vous m'arrêterez si je me trompe, que précisément le fait que l'écologie est le vent en poupe aujourd'hui c'est ce qui, paradoxalement, est un handicap pour eux puisqu'il faut proposer plus, puisqu'il faut aller plus loin, puisqu'il faut se démarquer, puisqu'il faut se distinguer et c'est bien ça qui parfois pose souci.

5:07
Invité

Oui, alors l'écologie est le vent en poupe, je ne suis pas tellement sûre de ce constat en fait, parce que l'écologie n'a pas de majorité citoyenne, démocratique, politique, sinon on ne se poserait pas toutes les questions qu'on se pose ce matin, les Verts gouverneraient, ils gagneraient la présidentielle et on parlerait d'un autre monde. Moi, ce que je trouve important de dire, c'est que les Verts font les frais comme d'autres, finalement d'une espèce d'éloignement, croissant des citoyens et de la politique, mais de manière générale.

Les citoyens n'y croient plus vraiment, les militants n'y croient plus vraiment non plus, il y a de moins en moins de militants dans les partis politiques et puis surtout les militants les plus jeunes ou les plus nouveaux, je fais attention aux questions d'âge parce que l'idée de la génération climat, pour moi elle cache plus de choses qu'elle n'en montre, il y a des vieux qui s'occupent encore d'écologie et des jeunes qui ne s'en occupent pas, donc c'est pas une guerre des générations de ce point de vue-là. Ce que ça montre surtout de ces nouveaux mouvements, c'est qu'ils pensent en dehors des partis, ils pensent au-delà des partis.

Greta Thunberg disait vous nous avez tous finalement abandonnés, vous nous avez tous des services ce qui n'est pas tout à fait juste parce que beaucoup des militants écologistes politiques vous diraient, mais nous on n'a demandé que ça, on est restés minoritaires parce qu'on n'a pas voté pour nous, mais on n'a demandé que ça, donc la tension dans laquelle le parti Europe Écologie aujourd'hui est prise, c'est une tension entre le politique partisan, politique mouvement social, et c'est une tension qui l'a constituée, ce parti a toujours dit on est un pied dans les institutions, un pied dans les mouvements sociaux, et pourquoi en sortir dans le fond ?

Parce que ces gens sont convaincus que c'est ça qu'il faut faire, c'est à cet endroit là du monde qu'il faut être pour le transformer.

6:59
Marine Tondelier

Thomas Legrand a la raison Vanessa Jérôme sur ce qu'elle disait au début de son intervention, on dit l'écologie a le vent en poupe, et c'est vrai que c'est peut-être une phrase rapidement dite, parce que si on se réfère à la campagne présidentielle par exemple à des moments comme ça dans l'histoire récente politique, on en a sûrement moins parlé que ce qu'on aurait pu imaginer

7:19
Présentateur

en fait. Je ne suis pas d'accord, l'écologie le parti, les partis écologistes en France n'ont pas le vent en poupe, et dans les autres pays aussi non plus d'ailleurs, pas tellement sauf en Allemagne ou dans quelques pays du Nord, mais l'écologie elle va en poupe, on a beaucoup parlé à gauche en tout cas d'écologie la France insoumise a parlé beaucoup d'écologie, les socialistes ils n'ont pas eu un gros score, mais ils ont parlé d'écologie.

J'ai l'impression que l'été nous a remis deux trois choses en place mais que ce n'est pas tant pendant la campagne que ça se produit le problème c'est que quand on parle d'écologie, on fait un constat c'est compliqué c'est compliqué comme idée politique l'écologie, parce que toutes les grandes idées, toutes les grandes idéologies politiques c'est pour construire un monde, pour aller vers un idéal, l'écologie à la base c'est pour sauver le monde, c'est pour finalement ne pas tomber dans le drame qui nous arrive, donc c'est très difficile de construire et puis un parti politique en France, c'est construit autour de la présidentielle, donc de la nation hors l'écologie, ça marche bien au niveau municipal, regardez les grandes villes, Lyon, Strasbourg Bordeaux, Marseille d'une certaine façon Paris d'une autre façon aussi toutes les grandes villes, beaucoup de grandes villes font des bons scores et ont des maires écologistes, il y a aussi des villes moyennes, l'écologie ça marche au niveau local, ça marche on sait que c'est nécessaire au niveau international au niveau national, dans le cadre de nos institutions de la 5ème république très personnaliste, c'est compliqué

8:46
Marine Tondelier

Est-ce que ça veut dire Arthur Nazaré qu'il faut assumer d'être ce parti, c'est-à-dire celui qui peut peser localement et qui infuse et qu'il faut renoncer, j'y mets des guillemets parce que je ne veux pas recevoir des tonnes de mails là tout de suite mais qu'il faut effectivement se dire qu'on n'est pas le parti du gouvernement, on est le parti des villes, on est le parti des régions, on est le parti de tout ça

9:04
Présentateur

Les socialistes ont été le parti des villes avant d'être le parti

9:07
Marine Tondelier

du gouvernement. C'est pour ça que je pose la question

9:09
Invité

Peut-être qu'on peut vous faire une synthèse en disant que c'est en gouvernant bien leur ville qu'ils arriveront à crédibiliser aussi le fait qu'ils savent ou non gouverner parce que jusqu'ici ils étaient députés européens, députés mais ils ne géraient pas vraiment d'exécutifs locaux et quand ils étaient au gouvernement, qu'on pense avoiner plus tard à Duflo, ils étaient à des places assez marginales quand même.

Mais je pense que les écologistes, c'est aujourd'hui tout leur défi alors peut-être qu'aujourd'hui ils ont plus de mal à le dire haut et fort parce que les résultats de la présidentielle avec seulement 4,63 contre 21,95 pour Jean-Luc Mélenchon montrent un tel rapport de force qu'il est peu audible le discours qu'il pourrait avoir de nous serons les prochains présidents de la République mais il faut se souvenir que après de bonnes européennes et surtout de très bonnes municipales comme vous l'avez souligné, ils étaient un peu dans l'idée que rien n'arrête une idée dont le temps est venu, comme disait Hugo et ils voyaient être la matrice de la reconfiguration de la gauche et ils pensaient que c'était autour de leur récit écolo.

L'écologie est la matrice peut-être pas eux. C'est ça et après effectivement sur l'écologie politique pour ajouter peut-être une question au débat Jean-Luc Mélenchon s'en réclame totalement et peut-être beaucoup d'électeurs écolos sont aussi allés vers Mélenchon et pour ne citer qu'un exemple, par exemple Claire Lejeune qui était la présidente des jeunes écolos, elle, elle a fait le pas

10:23
Marine Tondelier

elle est chez Mélenchon. On va y aller avec la prochaine question je voudrais juste un instant me retourner vers vous Vanessa Jérôme pour que vous puissiez nous expliquer pourquoi à votre avis, parce qu'au fond c'est pas tant une surprise pourquoi il n'y a que 45% des militants, des inscrits qui ont voté, pourquoi est-ce que ce score est si bas ? Parce qu'on pourrait se dire que au moins, à minima, à l'intérieur du parti, on vote, mais visiblement même pas

10:43
Invité

Alors d'abord ce score il n'est pas surprenant parce que c'est toujours le cas, il y a à peu près moins de 50% ou autour de 50% Absolument, et ça reste un étonnement pour moi en fait, moi j'aimerais bien comprendre Pour deux raisons d'abord parce qu'il n'y a pas de raison qu'il y ait moins d'abstentionnistes dans un parti politique qu'il y en a à une élection présidentielle en France et puis ensuite et surtout parce que ça prend beaucoup de temps de s'investir dans la démocratie partisane interne Les Verts, c'est un parti dont les statuts sont très complexes et si on n'est pas un professionnel de la politique qui a 100% de son temps et des revenus pour s'intéresser aux histoires de courants s'investir, écrire des motions fabriquer des alliances c'est très très très coûteux et c'est d'autant plus coûteux que les Verts essaient de se tenir à l'idéal de démocratie interne qui est censé être représenté dans les statuts et voilà donc c'est un effet de professionnalisation politique pour une grande partie Arthur Nazaré Très vite il y a aussi des petits éléments matériels c'est-à-dire que par exemple chez les Républicains vous pouvez faire voter votre chat par internet ça marche ou votre chien ou votre chien effectivement mais par contre chez les écolos il faut faire le déplacement c'est-à-dire que par exemple si vous vouliez aller voter la dernière fois pour certains c'était 2h30 de voiture aller, 2h30 de voiture retour ce qui n'est pas très écolo peut-être qu'il y avait des cars ou je ne sais pas qui étaient affrétés non je ne pense pas donc ça c'est une première partie et après c'est vrai qu'ils ne se sont jamais voulus un parti de masse même si aujourd'hui ils espèrent le devenir mais à l'inverse ils avaient des militants qui étaient peu nombreux mais quand même très impliqués et prêts à faire des sacrifices c'est un parti mouvementiste ils ont une culture mouvementiste

12:21
Présentateur

ils ont plus une culture de mouvement social ils sont tous la plupart des militants sont aussi membres d'associations de défense

12:29
Marine Tondelier

mais sauf qu'on a bien compris qu'ils aspirent à autre chose et que cette aspiration à autre chose elle ne se voit pas là dans ce résultat

12:34
Présentateur

et vous avez remarqué que dès qu'il y a une tête qui dépasse un peu dès que quelqu'un devient un peu une star

12:38
Marine Tondelier

il perd alors pour revenir à ce que vous disiez à l'instant Artur Nazareth je voudrais qu'on écoute Catherine bonsoir Catherine

12:44
Auditeur

oui bonsoir

12:45
Marine Tondelier

on vous écoute

12:46
Auditeur

alors moi j'ai envie de dire que je ne comprends pas bien je ne comprends pas qu'on soit en 2022 avec encore un parti des écologistes puisqu'il me paraît il me paraît évident que l'écologie devrait figurer comme priorité dans chaque partie

13:04
Marine Tondelier

merci pardon j'attendais la fin de votre question mais j'ai bien entendu que c'était la fin Catherine et je vous remercie beaucoup c'est toujours la question d'encinante Artur Nazareth qui dit désormais que chaque partie fait de la politique est-ce qu'un parti écologique a vraiment du sens et au fond même est-ce que le parti écologique supporte bien que les autres fassent autant d'écologie et donc et marcher sur leur plate-bande

13:26
Invité

ça ça a toujours été une question qui a traversé les écolos c'est-à-dire est-ce qu'on est un parti à part entière ou est-ce qu'on est juste des militants et dès 71 il y avait une manif à Bugé par Fournier un dessinateur de Charlie Hebdo et qui après la manif avait un peu raté parce que Choron était complètement bourré il a fini la soirée en fracassant les pianos alors que bon le reste c'était plutôt bien passé mais après lui s'en est expliqué dans son journal en disant mais nous on n'a pas de leader on n'a pas un programme établi et en fait les écolos pour avoir un programme ils ont mis beaucoup de temps pour avoir un socle une base pour ne traiter pas que des petits oiseaux entre guillemets ça a mis du temps et c'est peut-être pas toujours totalement abouti sur le régalien et donc en 84 par exemple quand il se crée il y a 4 textes un peu qui sont comme des patchwork mais il n'y a pas encore une doctrine qui est figée et après si vous voulez l'écologiste ils ont toujours essayé de se démarquer de la gauche parce que pendant tout un temps Mitterrand les aurait bien mis juste sur leur porte-bagages et pas plus et eux tout leur discours était de dire nous ne sommes pas une branche de l'arbre de la gauche nous sommes un arbre à part entière et cet arbre là il se situait dans le champ politique de la gauche par les combats par la lutte contre le productivisme par le rapport au temps de travail mais l'écologie effectivement ce n'est pas à moi d'en juger il y en a qui s'en réclament en parlant d'autres parties le premier à avoir été ministre de l'environnement était Poujade il était de droite et en fait ce que disait Fournier aussi c'est que c'est les années 60 qui ont ramené l'écologie à gauche parce que pendant tout un temps dans l'entre-deux-guerres et un peu avant elle était plutôt à droite

14:53
Marine Tondelier

Mais là-dessus Vanessa Jérôme est-ce que vous diriez j'ai au fond envie de répéter la question que j'avais posée un peu de manière provocante en introduction au stade où nous en sommes aujourd'hui avec effectivement tous les partis qui ont inclus l'écologie à l'intérieur de leur programme à quoi ça sert un parti écologiste ?

15:12
Invité

Écoutez déjà ce qu'on peut dire c'est que le parti vert celui créé en 1984 et qu'on appelle aujourd'hui Europe Écologie les Verts n'a jamais eu le monopole de la représentation de l'écologie dans le champ politique il y a toujours eu d'abord des petites formations encore plus petites finalement que le parti vert qui est déjà petit il faut le redire qui continuait de porter l'écologie et puis très vite ça a été approprié mais par plein de moyens d'abord parce que l'écologie effectivement il y a tout un tas de gens qui pensent que ça n'appartient pas à un parti politique voire ça ne mérite pas un parti politique comme votre auditrice vient de le dire tout à l'heure tout le monde pourrait en faire donc la cause écologique a été appropriée par d'autres formations politiques des individus du parti vert ont été aussi finalement attirés par d'autres formations tout le temps à toutes les époques notamment ceux qui étaient peut-être les plus pressés pour gouverner ou pour avoir eux-mêmes un poste et qui trouvaient que dans le fond il valait mieux prendre un véhicule plus efficace et moins minoritaire pour arriver à ses fins donc en fait le parti vert est un parti qui se fait dépouiller d'une certaine manière depuis le début à la fois des causes qu'il porte et de son personnel politique dès qu'il est un petit peu professionnalisé pendant que ses militants sont très multi-positionnés ils sont encore les plus engagés dans des associations dans des syndicats même s'ils ne le disent pas nécessairement donc voilà c'est un parti qui est très ouvert et qui fait face aussi à une forme de banalisation de son enjeu et toute la difficulté du parti vert c'est de dire mais notre écologie ce n'est pas la même c'est pas que l'environnement c'est pas celle de droite parce qu'elle est attentive à la justice sociale et aux inégalités finalement sociales ce n'est pas celle des environnementalistes et des petits oiseaux parce qu'on oublie beaucoup Arthur c'était tout à l'heure les textes les quatre textes fondateurs du parti vert je ne vais pas m'étendre parce que je trouve qu'il y a beaucoup de poncifs sur lesquels je pourrais revenir mais il y en a un la première campagne que le parti vert choisit en 1984 de mener il avait le choix c'est une campagne de lutte contre le chômage c'est pas anodin donc cette inscription à la fois dans les luttes environnementales et dans les luttes économiques et sociales elle est constitutive du parti vert et ça ne se voit pas bien en tout cas pour finir parce que je ne veux pas être trop longue il y a toujours eu trois finalement courants qui sont assez de forces identiques chez les verts ceux qui veulent s'allier historiquement à un parti de gauche qui est un véhicule pour gagner ça a été le PS c'est peut-être maintenant la France insoumise ceux qui veulent une écologie autonome cette fameuse écologie voie du centre qui devrait faire la synthèse et qui devrait s'imposer et puis celle qui est plus mouvementiste plus agitée plus à l'extrême gauche parce que beaucoup de gauchistes des années 70 ont aussi construit ce parti et que ça voilà ça reste constitutif c'est trois c'est trois tiers

18:16
Marine Tondelier

dans le fond Thomas Legrand mais ce que ça veut dire pour employer un terme d'Arthur Nazaré tout à l'heure ça veut dire qu'on ne peut pas massifier ce parti en fait ça veut dire qu'il peut difficilement être plus gros que ce qu'il est aujourd'hui

18:26
Présentateur

mais peut-être pas mais peut-être que la question que vous posiez au départ est la bonne à quoi sert à quoi ça sert et finalement depuis le début les écologistes n'ont pas réussi à se faire un corps de doctrine il n'y a pas de grands penseurs écologistes il y a des grands lanceurs d'alerte René Dumont ou Hulot sont plus des lanceurs d'alerte que des théoriciens il y a bien André Gorce journaliste, philosophe qui a mis dans les années 70 le premier en cause la croissance avec le rapport Midoz et tout ça mais on peut se demander si le parti écologiste finalement n'a pas le destin du parti radical sauf que le parti radical a été un grand parti mais le parti radical a été créé pour installer la république

19:06
Marine Tondelier

radicalement républicain

19:09
Présentateur

une fois que tous les partis la gauche et la droite étaient républicaines et bien il n'y a plus eu besoin de ce parti radicaliste il s'est indé il a disparu est-ce qu'aujourd'hui on n'en est pas là sauf que les écologistes ne sont pas passés par les hautes sphères du parti radical mais est-ce qu'on n'en est pas là aujourd'hui est-ce qu'il ne faudrait pas est-ce que ce n'est pas un consensus maintenant il y a une écologie de droite à l'extrême droite on peut considérer que ce n'est pas écologiste mais en tout cas eux le disent ils sont localistes environnementalistes à droite ils essayent de croire plutôt dans la technique la technique va nous sauver voilà et à gauche ils voudraient changer la nature de la croissance il y a peut-être maintenant une sorte de consensus et le fait que beaucoup de gens veulent mettre dans les institutions un peu plus l'environnement montrerait que c'est un peu comme la république l'écologie maintenant est devenue quelque chose d'assez général et peut-être qu'il faut s'habituer à ça et les verts le parti écologiste serait simplement l'aiguillon pour nous rappeler attention pas greenwashing attention ils ont quand même si on regarde mais ça c'est une ONG ils ont tout raté d'un point de vue électoral vous êtes en train de nous décrire

20:17
Marine Tondelier

vous êtes en train de nous décrire une ONG là c'est assez non mais ils ont été

20:19
Présentateur

c'est un peu dramatique ils ont tout raté d'un point de vue électoral sauf les municipales et quelquefois les régionales mais il faut quand même être juste ils ont été en avance sur beaucoup de choses beaucoup de choses ils ont eu raison avant tout le monde sur beaucoup de choses parfois avoir raison trop tôt

20:35
Marine Tondelier

c'est avoir tort je sais que vous vous avez réagi Vanessa Jérôme pas aussi pas autant de minutes s'il vous plaît que tout à l'heure pour qu'on puisse retourner au standard mais comme vous avez réagi à ce que disait Thomas Legrand je vous écoute

20:47
Invité

non mais moi je pense que le problème avec le parti vert français c'est qu'on l'analyse avec l'idée qu'on se fait d'un parti en France c'est à dire un parti qui gagne c'est un parti discipliné c'est un parti unifié c'est la cinquième république et donc à un moment donné c'est quoi le problème c'est le parti vert ou c'est la cinquième république c'est bien pour ça que ces gens n'ont pas de discours sur l'état-nation il y en a un qui est plus facile à changer que l'autre on est en tension dans ce schéma là et quand vous disiez il n'y a pas d'intellectuels le parti vert n'en produit peut-être pas au sens de l'intellectuel organique des autres partis mais c'est un parti dans lequel il y a sûrement le plus d'académique ou d'intellectuels et très clairement s'il ne les produit pas en tout cas il en est proche il s'en inspire je crois que ce n'est pas le cas de tous les partis en France depuis de nombreuses années

21:36
Marine Tondelier

je voudrais qu'on écoute Roberto qui est aussi dans le fil de ce moment de débat que nous avons bonsoir Roberto on vous écoute

21:44
Invité

oui moi je pense que la question de l'écologie n'est plus une question discriminante politiquement parce qu'ils ont culturellement gagné et que du coup on voit même au niveau international quand Joe Biden lance son plan de transition écologique on sait que le monde entier va devoir s'y plier et que la question est bien de l'orientation politique de comment est-ce qu'on mène cette transition écologique est-ce que c'est à travers l'égalité le partage ou est-ce que c'est à travers le prisme plus entrepreneurial plus économique et que c'est à mon sens le dépassement de cette question-là doit d'ailleurs réorienter l'ensemble des discours de la gauche et de la droite aujourd'hui

22:23
Marine Tondelier

merci pour cette question pour cette remarque Roberto la bataille culturelle a été gagnée Arthur Nazaret donc cette bataille a été gagnée et qu'est-ce qu'on fait de la bataille politique alors ?

22:33
Invité

est-ce que la bataille culturelle a été gagnée peut-être que vous allez un peu vite en bosanne vous entendez les débats à LR où ils ont à peine parlé d'écologie oui

22:41
Marine Tondelier

pour reprendre les termes de Roberto qui dit la bataille culturelle a été gagnée

22:47
Invité

allez-y je pense quand même qu'il y a plusieurs récits qui s'affrontent quand on voit les résultats on ne peut pas dire en gros ils représentent un tiers peut-être que l'écologie politique de gauche pour aller très vite pourrait représenter un tiers du bloc en tout cas c'est un peu la théorie de Mélenchon et d'autres personnes qui auraient un tiers qui serait libéral et un tiers d'extrême droite donc est-ce qu'un tiers enfin bon ils n'ont peut-être pas encore vraiment totalement gagné et après sur la j'ai oublié évidemment la question

23:10
Marine Tondelier

on est en train de se demander si la bataille culturelle avait été gagnée donc qu'est-ce qu'on fait de la bataille politique avec des guillemets

23:15
Invité

ils sont là pour la mener je pense que la prochaine échéance c'est les européennes on parlait tout à l'heure des bons résultats qu'avaient pu avoir les écolos leur meilleur résultat historiquement c'est aux européennes et d'ailleurs et c'est peut-être aussi pour ça qu'ils se sont un peu grisés c'est qu'aux dernières européennes ils ont été pour la première fois en tête de toutes les composantes de la gauche largement devant le PS et même devant les insoumis ils sont forts pour le global

23:40
Présentateur

et le local non pas le national

23:42
Marine Tondelier

mais du coup parce qu'il y a eu des ministres évidemment donc est-ce qu'on dit que c'est le pouvoir qui abîme le parti écologique vous le disiez tout à l'heure je crois que c'est vous qui disiez ils n'ont jamais eu

23:50
Présentateur

vraiment le pouvoir il y a eu des ministres il y a eu des ministres qui ont été souvent en charge de verdir ou de s'occuper de l'environnement le jour où il y aura un ministre de l'industrie et des transports et de l'agriculture quand Pascal Canfin a refusé de remplacer Nicolas Hulot c'est parce qu'il voulait s'occuper de la PAC et là on lui a dit ah non la PAC

24:11
Marine Tondelier

mais le sens de ma question c'est ce qui abîme aujourd'hui Europe Écologie les verts ou les verts d'une manière générale est-ce que c'est l'exercice du pouvoir est-ce que ce sont les luttes internes est-ce que ces deux-là marchent si je puis dire main dans la main dans le recul que peuvent avoir certains électeurs qu'est-ce qui abîme le plus en fait en ce moment est-ce qu'on a cette réponse Arthur Nazaret

24:31
Invité

elle peut dire non elle est difficile c'est sûr qu'à chaque fois qu'il participe au pouvoir c'est compliqué parce que déjà quand vous participez au pouvoir quelque part vous décevez toujours un peu votre base mais évidemment quand vous participez au pouvoir sur une ligne qui n'est pas la vôtre parce que vous êtes que sur le strapontin de la salle de spectacle du parti socialiste c'est très compliqué

24:51
Marine Tondelier

mais ça veut dire être obligé

24:52
Invité

parce que les solutions

24:53
Présentateur

qu'il propose sont des solutions radicales c'est ce que j'allais dire ça veut dire être obligé

24:58
Marine Tondelier

d'être dans le consensus et or c'est extrêmement difficile

25:02
Invité

d'être dans la complexité c'était tout le paré d'Yannick Jadot il n'aimerait pas le terme mais de se recentrer ou en tout cas de donner des gages de bonne gouvernance mais ça n'a pas fonctionné alors est-ce que lui il dit que c'est le parti qui n'était pas prêt qui était justement trop petit trop recroquevillé le parti il dit que c'est sa campagne qui était trop sage et trop centriste

25:26
Présentateur

où l'écologie et les solutions écologiques sont des solutions qui doivent être des solutions de compromis parce qu'on doit changer nos attitudes individuellement et le groupe aussi et collectivement et ça c'est très compliqué on n'est pas dans une société de compromis on n'est pas dans des institutions de compromis et notre culture est plutôt une culture d'affrontement et nos institutions confortent notre culture d'affrontement là-dedans les écologistes qui doivent faire du compromis ont du mal du coup ils se radicalisent et ils proposent des choses qui sont qui paraissent difficilement acceptables et qui paraissent socialement difficilement conciliables avec l'autre volonté de la gauche d'agir dans l'égalité sociale

26:12
Invité

j'ajouterais juste que eux assument quelque chose qui est difficilement entre guillemets vendable à l'électeur c'est la fin du productivisme alors on a l'impression que du coup c'est pas un monde plus joyeux qui le propose donc c'est toute la complexité mais ça même sans être décroissant c'est compliqué

26:25
Marine Tondelier

oui mais eux alors c'est une chose les militants vraiment je pense à quelque chose de plus élargi au moment de voter notamment pour les présidentielles et autres lorsque les primaires sont ouvertes et qu'il y a 100 000 personnes qui votent c'est vers Yannick Jadot que les gens se tournent donc vers ce que vous venez de décrire c'est-à-dire quelque chose de plus consensuel de plus prêt à faire un certain nombre de compromis etc mais est-ce que ça veut dire que le parti aujourd'hui ne correspond pas ou plus du tout à ce que pourraient être les aspirations des français tout simplement des gens tout simplement autour d'un parti comme celui-ci est-ce qu'il est trop fermé pour être plus plus ouvert à d'autres et donc faire masse comme vous disiez tout à l'heure Arthur Nazaret

27:07
Invité

c'est leur paré aujourd'hui ils constatent qu'effectivement avec 11 000 et quelques militants ils ne sont pas armés pour conquérir le pouvoir et que si vous voulez pendant des années et des années en fait ils se sont engagés en politique à la base pas pour être élus mais parce qu'ils étaient dans des associations et qu'ils ne faisaient pas bouger les choses et que le maire les regardait le maire ou d'autres les regardaient un peu de haut et qu'ils ont commencé par s'engager et après si vous voulez ils ont longtemps eu la conquête du pouvoir un peu honteuse et aujourd'hui ce que Yannick Jadot essayait de vendre à l'opinion publique c'est moi je me suis préparé et je peux exercer ses fonctions après il s'est présenté à l'élection qui est historiquement la plus catastrophique pour les Verts qui n'ont dépassé qu'une seule fois 5%

27:45
Marine Tondelier

pardon Thomas je voudrais qu'on se retourne vers Vanessa Jérôme et j'aimerais qu'on reste sur cette phrase Vanessa Jérôme qui a prononcé Arthur Nazaret ils ont eu longtemps la conquête du pouvoir un peu honteuse et on a l'impression que c'est toujours vrai en fait ou je me trompe

27:58
Invité

mais en fait pas du tout il y a quand même un nombre de poncifs qui circulent sur ce parti il faudrait quand même en finir si vous aviez dit à Yves Cochet en 1986 qu'il allait être président de la République il ne vous aurait pas dit non Antoine Wechter non plus parce que c'était les deux grandes figures qui s'opposaient au tout début de la création du parti ce qui abîme les Verts c'est de ne pas gouverner ça abîme les militants parce que quand vous avez l'impression la conviction que vous avez raison avant tout le monde depuis longtemps et que le monde serait bien meilleur si on écoutait ce que vous racontez c'est fatigant c'est usant de trépigner comme ça à la porte comme un cheval avant le tiercé et d'être jamais élu c'est fatigant de les Verts ne gagnent jamais seuls c'est fatigant d'avoir à toujours gouverner au mieux en étant minoritaire dans des majorités avoir trois ministres ça sert à rien mais d'ailleurs est-ce qu'être ministre ça sert Cécile Duflo a quitté le gouvernement en disant ça sert à rien d'être ministre parce que le verrou de Bercy donc finalement il faut aussi des hauts fonctionnaires ce que les Verts n'ont pas il faut aussi tout un tas de technocrates dont ils ne sont pas etc donc ce qui les a abîmés c'est d'avoir raison depuis 30 ans et d'être considérés comme des radicaux une espèce d'avant-garde intellectuelle voilà mais jamais assez sérieux pour gouverner alors qu'ils n'en ont quasiment jamais eu la chance et que quand ils l'ont dans des exécutifs régionaux départementaux municipaux ils se débrouillent très bien enfin je veux dire autant le Front National a laissé des mairies en faillite vous n'avez jamais vu de mauvaise gestion des Verts ils ne sont pas accusés pour corruption c'est le parti le moins condamné pour fait de corruption financière quand ils gouvernent ils gouvernent très bien ce sont des technocrates en chef ils font des politiques publiques magnifiquement je ne suis pas du tout d'accord sur le fait qu'ils n'auraient pas de programme ils en ont un il est complexe c'est ça qui les abîme

29:53
Marine Tondelier

mais du coup on se demande Thomas Legrand si on suit la description de Vanessa Jérôme pourquoi est-ce qu'il n'y a pas plus de masse encore une fois et pourquoi est-ce que ce parti n'arrive pas plus haut que ce qu'il nous a

30:02
Présentateur

Vanessa Jérôme a raison quand elle dit que si vous prenez chacun des leaders et vous leur dites tu seras élu président de la république ils sauraient faire ils le feraient d'ailleurs peut-être pas mal elle a raison aussi de dire qu'ils gèrent bien leur ville que quand ils sont dans des majorités municipales et qu'ils ne sont pas maires ils apportent beaucoup de choses et que là ils infusent leur façon de faire infuse mais ce qui est vrai et ce qui est vrai avec ce parti c'est que regardez quand Yannick Jadot Yannick Jadot a été très mal désigné parce que il y a une radicalité qui lui a fait concurrence la radicalité de Sandrine Rousseau avec l'écoféminisme qui est quelque chose que moi je peux trouver intéressant mais qui dans le cadre d'une présidentielle aujourd'hui peut-être est un peu handicapant et ça a un peu plombé Yannick Jadot ensuite maintenant Sandrine Rousseau est connue et célèbre elle est sur tous les plateaux et on a l'impression que ça la plombe à l'intérieur et il s'agit de 5000 militants qui plombent tout ça donc quand vous donnez le pouvoir quand ils accèdent au pouvoir généralement c'est localement ou en Europe parce qu'en Europe aussi ils font un bon travail et ils ont de l'influence et ils infusent quand vous leur donnez le pouvoir ils s'en s'en chargent très bien mais il y a des verrous partidaires qui sont très compliqués qui sont dus au fait que leur culture n'est pas du tout une culture d'affrontement mais une culture de compromis où ils doivent parler en permanence ils ont ils ont des partis à chaque fois qui sont très parlementaristes avec une démocratie interne assez admirable mais assez compliquée et par accord avec la Ve République moi je regrette que l'élection du président le suffrage universel comme ça je trouve que ça nous abétit mais il se trouve que c'est comme ça et malheureusement les Verts n'arrivent pas à s'y adapter la façon dont Yannick Jadot a été désigné et ses prédécesseurs à chaque fois qu'il y avait un candidat vert à la présidence il a été plombé par les siens Juste un mot

32:06
Invité

je souscris à ce que dit Vanessa Jérôme sur la conquête du pouvoir sur le fait qu'aujourd'hui ils sont tout à fait volontaires pour exercer le pouvoir mais que quand même historiquement ce parti a un rapport aux élections qui est compliqué parce que pendant des années pendant dix ans ils n'ont pas su si c'était se compromettre ou pas que d'y participer et entre la première candidature à la présentielle de René Dumont en 1974 et la création du parti il se passe dix ans pendant lesquels on a ces questions qui reviennent sans cesse une espèce une espèce d'attraction répulsion vis-à-vis

32:40
Marine Tondelier

de cette présidence et même de toute façon de très haute fonction je voudrais qu'on écoute Olivier bonsoir oui bonsoir on vous écoute

32:50
Invité

oui j'ai le sentiment que on vit une période où les défis majeurs autour de l'environnement de l'écologie sont de plus en plus prégnants sur le terrain on vit des contradictions par rapport à la situation d'Europe écologie c'est-à-dire que les acteurs s'organisent on voit que la base est en mouvement que beaucoup de gens interagissent dans les associations les entreprises dans les collectivités la transition écologique devient un axe de travail collectif avec de l'enthousiasme et à contrario alors je ne dis pas que forcément il y a des réussites mais il y a des choses qui se mettent en mouvement rapidement dans les territoires autour des entreprises qui fonctionnent et ce mouvement à mon avis est en panne dans sa transformation on n'est plus capable actuellement de proposer un discours ou un projet de société qui va qui va susciter de l'enthousiasme on a besoin de l'enthousiasme actuellement les défis majeurs qu'on rencontre sur le climat la biodiversité ou encore les autres problématiques environnementales nécessitent de réunir de rassembler et je sens beaucoup de clivage de scission une incapacité de faire d'avoir une approche globale claire qui permettent de créer de l'enthousiasme et de l'envie parce que la société les citoyens sont en attente d'un projet sur l'écologie mais ne se retrouvent pas dans cette stratégie de communication que porte actuellement ce mouvement Olivier

34:18
Marine Tondelier

merci beaucoup pour votre remarque Olivier panne de transformation nous dit Olivier Arthur Nazaret

34:24
Invité

oui alors je pense qu'ils en sont même assez conscients c'est ce qu'on disait tout à l'heure sans vouloir réenforcher les mêmes choses mais c'est que eux voilà ce qu'ils constatent aujourd'hui c'est qu'ils ne sont pas du tout assez nombreux c'est que certains le constatent de façon plus brûlante que d'autres mais qu'il y a une déconnexion avec une partie justement du peuple écolo qui ne se retrouve pas dans ces leaders là et que un pied dehors un pied dedans n'est plus toujours aussi vrai plus pour tout le monde et donc voilà mais après ce que ça condamne ce parti il faudra voir aux élections qui viennent aux européennes donc on l'a dit qui leur sont favorables on a vu que les municipales l'avaient aussi été donc c'est complexe

35:08
Marine Tondelier

Thomas Legrand moi j'ai aimé ce que disait notre auditeur sur le manque d'enthousiasme en fait l'idée de porter l'envie et porter l'enthousiasme alors qu'on se dit

35:16
Présentateur

oui c'est compliqué mais c'est compliqué d'être le parti qui alerte depuis des années sur un danger ce danger arrive il a l'air il est terrifiant il a l'air inéluctable et c'est le parti qui essaye d'expliquer comment faire pour l'éviter ou pour l'atténuer c'est pas un parti qui annonce des bonnes nouvelles et c'est difficile d'annoncer des bonnes nouvelles alors que l'écologie si on vit de façon plus écologique on vit mieux et il y a de quoi organiser une vie meilleure et une vie plus belle et beaucoup d'écologistes quand vous leur parlez vous l'explique et savent vous l'expliquer ils savent l'expliquer au niveau municipal regardez à Marseille c'est une écologiste qui a gagné elle n'a pas gouverné mais si elle n'avait pas été écologiste un socialiste n'aurait pas gagné donc ils savent le faire quand même mais il n'y a pas ce discours global enthousiasmant et c'est assez dramatique parce que encore une fois ils ont eu raison avant tout le monde sur beaucoup de choses

36:10
Marine Tondelier

et on verra samedi ce qui se passera surtout après d'ailleurs après samedi ce qui se passera pour ce parti je vous remercie tous autour de la table d'avoir participé à cette émission et à vous tous très nombreux qui nous avez appelés merci encore pour ce qui se passera

Congrès EELV : Les Verts à moitié pleins — Marine Tondelier · Pourquijevote