Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 31 août 2025 6 min

Interview de François Bayrou : "On paye simplement l'entre deux tours des élections législatives"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Oui, il y a le fonds. Le fonds, non. Encore une fois, c'est 44 milliards. Mais contrairement à ce qui est dit, d'ailleurs, ce n'est pas 44 milliards d'économies. Dans ces 44 milliards, il y a 20 milliards de taxes et d'impôts supplémentaires. Stop ! Alors, autant François Bayreau, c'est comme en médecine, il fait un bon diagnostic, mais ça, on partage complètement. On est devant un mur de dette et de déficit. Mais par contre, l'ordonnance, elle est nulle. Mais elle est complètement nulle. 20 milliards de taxes et d'impôts supplémentaires. La France, c'est le pays le plus taxé au monde. 46% de prélèvements obligatoires, 56% de dépenses publiques. Et on continue comme ça jusqu'où ?

Non, donc c'est stop. Pas de confiance.

0:37
Invité

Pas de confiance. Et vous voulez même aller plus loin du côté du Rassemblement national, c'est-à-dire de nouvelles élections législatives, et vous appelez Emmanuel Macron à dissoudre l'Assemblée nationale. Allons encore un peu plus loin. Imaginons que le Rassemblement national obtienne une majorité relative ou alors absolue, donc post-élection législative. Les Français ont besoin de savoir quelles sont vos priorités. Les 100 premiers jours du Rassemblement national au gouvernement, ça serait quoi par exemple ?

1:06
Présentateur

Ah ben là, je vous renvoie tout simplement un an en arrière, un peu plus d'un an en arrière. Dans les 100 premiers jours de Jordan Bardella à Matignon, nous avons des priorités. C'est redonner du pouvoir d'achat aux Français. Jordan Bardella avait dit « moi j'irai à Bruxelles » en ce qui concerne par exemple les mécanismes de fixation du prix de l'énergie. On ne sort pas du marché européen l'énergie, contrairement à ce qu'on veut laisser croire. On sort du mécanisme de fixation du prix de l'énergie. On fait payer aux Français le prix de l'électricité auquel nous le produisons en France. Mais là, ça s'appelle un bras de fer avec Bruxelles. C'est pour le pouvoir d'achat.

Il y avait d'autres mesures, notamment sur une TVA à taux zéro sur son produit de première nécessité. Et puis en matière de sécurité, bien sûr, en matière d'immigration, bien sûr. Alors en sachant très bien que nous ne serons pas à l'Elysée dans un premier temps. Donc nous ne pourrons pas par exemple changer la Constitution pour nous mettre à l'abri de toutes ces jurisprudences qui nous viennent de la Cour européenne des droits de l'homme, de la Cour de justice de l'Union européenne. Et puis on l'a vu récemment, du Conseil constitutionnel, du Conseil d'État. C'est tout simplement redonner une parole, la parole, aux Français. Ça s'appelle tout simplement la démocratie.

2:12
Invité

Philippe Ballard, Jules Torres a une question pour vous. Bonjour Philippe Ballard. Finalement, c'est un peu le Rassemblement National avec l'orientation qui est prise par l'EPS qui décide si oui ou non on va à une dissolution avec une question extrêmement simple. Si vous décidez qu'il y a censure immédiate sur n'importe quel nom proposé par la gauche, la droite ou même Emmanuel Macron, on ira quoi qu'il arrive à la dissolution puisqu'aucun gouvernement ne pourra passer le budget ou éviter une censure.

2:38
Présentateur

Mais oui, mais on paye quoi là ? On paye tout simplement l'entre-deux-tours des élections législatives. Quand il y a eu ce front républicain qui s'est mis en place. Quand M. Attal a dit moi je préfère un bulletin LFI à un bulletin Rassemblement National. Ça nous a donné la situation actuelle quand il y a eu cette alliance contre nature entre les mélenchonistes et les macronistes. Vous ne répondez pas tout à fait à la question Philippe Ballard ? Bah écoutez, je l'ai peut-être un peu oublié au cours de route, rappelez-la.

3:02
Invité

C'est-à-dire qu'aujourd'hui le nom par exemple qui circule le plus régulièrement c'est Sébastien Lecornu. On sait qu'il entretient des plutôt bonnes relations avec le Rassemblement National. Est-ce que si Emmanuel Macron propose Sébastien Lecornu ou par exemple Bernard Cazeneuve, le RN dit censure immédiate et auquel cas il n'y a que la dissolution maintenant dans la carte, dans le jeu d'Emmanuel Macron ?

3:22
Présentateur

Mais Sébastien Lecornu ou M. Cazeneuve serait le premier ministre d'Emmanuel Macron. Il ferait une politique macroniste. Donc non, ça ne nous convient pas. Oui, oui, je vous stature.

3:32
Invité

Donc pour résumer, parce qu'on a besoin aussi de comprendre et que ça soit clair, vous enclenchez un phénomène en quelque sorte de censure quasi permanente et immédiate.

3:44
Présentateur

Oui. Jusqu'à la dissolution. Enfin, ce n'est pas un problème de personne, c'est un problème de politique qui serait menée. Quelle politique menerait M. Lecornu ou M. Cazeneuve ? Celles qui ont mené le pays à la ruine depuis 45 ans. Donc vous parliez tout à l'heure du stop ou encore. Oui, c'est stop. Et la seule façon de s'en sortir, c'est, alors, il a redit non une démission du chef de l'État, mais sinon une dissolution de l'Assemblée Nationale pour enfin doter la France d'une majorité à l'Assemblée Nationale.

4:09
Invité

Eh bien, merci Philippe Ballard d'avoir réagi en direct sur Europe 1, député RN de l'Oise et porte-parole du Rassemblement National. Thomas Bonnet, c'est très intéressant le discours de Philippe Ballard. C'est-à-dire que j'ai la sensation que maintenant la machine est en route, la machine à censure. C'est-à-dire que François Bayrou a ouvert une boîte de Pandore et que le Rassemblement National n'attend qu'une chose, c'est de retourner aux urnes et c'est d'avoir de nouvelles législatives anticipées.

4:38
François Bayrou

Absolument, il y a une rupture avec la stratégie qui était celle du RN, parce que je vous rappelle qu'ils n'ont pas voté plusieurs fois la censure contre François Bayrou, mais là les choses ont changé. Alors, la question qu'on peut se poser quand même, c'est de savoir, par exemple, puisqu'on est dans les scénarios éventuellement de dissolution, si le Rassemblement National avait une majorité, mais pas une majorité absolue, mettons autour de 230, 240 députés. Est-ce qu'ils iraient quand même à Matignon ? Est-ce qu'ils tendraient la main au parti de droite pour former une coalition ? Voilà, c'est ça aussi les questions qui vont se poser.

Et on comprend bien que pour le RN, l'idée c'est de gouverner dès cet hiver, dès cet automne. Après, on peut s'interroger, est-ce que c'est pertinent d'un point de vue stratégique pour le Rassemblement National d'aller aux responsabilités maintenant ?

5:15
Invité

Ou est-ce que c'est une mission suicide ?

5:16
François Bayrou

Avec une marche de manœuvre qui va être très restreinte, avec une situation financière catastrophique. La question va aussi se poser à un moment donné, c'est quels sont les résultats qu'ils vont pouvoir obtenir le Président ?

5:24
Invité

J'ai le souvenir pendant les législatives anticipées d'un Jordan Bardella qui disait « Moi, à Matignon, la première chose que je fais, c'est une sorte d'audit pour savoir quelles sont véritablement les finances du pays. » Et tout le monde s'était moqué de lui du côté de la Macronie ou encore de la gauche en disant « Oui, il y a quelque chose qui s'appelle la Cour des comptes » et à chaque fois on fait finalement l'état des lieux. Sauf que visiblement, la Cour des comptes n'a pas suffisamment alerté puisqu'aujourd'hui on se retrouve avec 3 300 milliards de dettes. 2 300 ou 3 300 ? 3 300 milliards de dettes. 3 334. J'aurais préféré que ce soit 2 300.

5:59
François Bayrou

Avant que Emmanuel Macron arrive, c'était 2 300.