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interviewLCI· 24 février 2026 12 min

Raphaël Glucksmann : "Aucune alliance, jamais, avec la France Insoumise"|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous sommes en direct avec Raphaël Gluan qui nous attend depuis Bruxelles, l'Eurodéputé place publique. Merci d'être avec nous cet après-midi. Vous êtes avec nous pour parler de l'Ukraine puisque aujourd'hui c'est un jour anniversaire, triste anniversaire.

Ce sont les 4 ans de la guerre. D'abord une réaction à cette actualité avec l'ambassade américain à Paris qui a refusé de répondre à la convocation du C d'Orset. Est-ce que comment est-ce que vous réagissez ?

Est-ce qu'il se fiche de nous ? L'administration Trump a fait son choix. Son choix, c'est la confrontation avec les États démocratiques européens et avec la France en particulier.

L'administration Trump veut soutenir les forces nationalistes partout en Europe. C'est dans sa doctrine de sécurité nationale. Et ce qui se passe en France, c'est que l'ambassadeur américain est désormais un agent au service de Marine Le Pen et de Jordan Bardella.

Alors, il préfère rencontrer Jordan Bardella et Marine Le Pen que de se rendre à une convocation du ministère des affaires étrangères. Nous devons être nous d'une fermeté absolue à l'égard de cette administration qui suit un agenda profondément idéologique et un agenda qui n'est plus diplomatique mais qui est géopolitique et idéologique et politique et il s'ingère dans les affaires intérieures des nations démocratiques européennes ce qui est proprement inacceptable. Et donc je soutiens totalement le ministre des affaires étrangères dans sa convocation et dans le fait qu'il n'y ait plus d'accès au gouvernement français pour l'ambassadeur américain tant qu'il ne se rend pas à la convocation du quedor.

Monsieur Gluxman, nous nous posions la question en plateau. On va vous la poser à vous. On cherche un mot pour qualifier nos relations aujourd'hui avec les États-Unis.

Un problème de vocabulaire. Ce sont nos concurrents, ce sont nos amis, ce sont nos alliés, ce sont devenus nos adversaires. Qu'en pensez-vous ?

C'est une bascule immense pour nos nations puisque pendant 80 longues années, les États-Unis étaient des alliés stratégiques des démocraties européennes. Aujourd'hui, cette administration n'est plus notre allié. On le voit sur la question ukrainienne, on le voit sur le Groenland, on le voit sur absolument tous les sujets, y compris sur la politique intérieure des nations européennes.

Et il va falloir maintenant que l'Europe proclame son indépendance. Nous ne pouvons plus dépendre en tout point des États-Unis d'Amérique. Nous ne pouvons plus tolérer que l'administration américaine s'ingère dans nos affaires intérieures.

Il s'agit pas là de moral. On peut avoir des points de vue politiques différents. Simplement la France, c'est la France.

C'est pas une colonie des États-Unis d'Amérique. L'Europe, c'est l'Europe. Ce n'est pas une colonie des États-Unis d'Amérique.

Nous ne sommes pas des États américains. Et donc l'administration américaine ne peut pas s'ingérer dans les affaires intérieures européennes. Et c'est à cela que nous œuvrons ici au Parlement européen.

Il faut travailler à la souveraineté de l'Europe. Et encore une fois, ce n'est pas abstrait, ce n'est pas moral, c'est profondément politique, c'est notre intérêt vital que devrait à l'émergence d'une puissance européenne souveraine. Est-ce que vous auriez pu avoir les mêmes mots avant 2022 ?

Raphaël Glukman, on a l'impression que ces quatre camps de guerre en Ukraine ont tout changé, notamment en Europe avec cette Europe qui se réarme et qui se réaffirme face aux États-Unis. Vous appelez à l'indépendance face aux États-Unis. Vous auriez pu avoir les mêmes mots avant la guerre.

Vous savez, moi ça fait des années et des années avant 2022 que j'alerte sur l'indolence, l'impuissance, l'irénisme, cette naïveté des élites européennes qui ont pensé que l'histoire était finie et que la guerre était révolue depuis 2014 et l'annexion de la Crimée. Il fallait écouter ce que disaient les dirigeants russes. Il fallait lire ce qu'écrivaient les idéologues de Vladimir Poutine pour comprendre à quel point ce régime est fondé sur la confrontation avec nous, avec nos démocraties, sur le révisionnisme historique, sur la destruction de l'architecture de sécurité en Europe.

Donc ces mots-là, je les emploie depuis très longtemps mais aujourd'hui le réveil de l'Ulman, juste une question de Rena qu'un complet. Juste une petite question, pardon, deux petites questions. Premièrement, si vous étiez élu candidat et élu président de la République, est-ce que vous iriez plus loin dans une sanction ou entre guillemets une punition contre l'ambassadeur des États-Unis ?

Et deuxièmement, est-ce que vous pensez que les les les nations européennes sont unies face à Donald Trump ? Rapidement parce que après il y a la guerre en Ukraine sur les sur qu'on doit questionner. Je pense qu'il faut une attitude extrêmement ferme vis-à-vis de l'administration américaine.

Pendant de longs mois, les dirigeants européens, y compris le président français, ont essayé les courbettes, l'apaisement, la diplomatie du charme personnel, mais tout cela ne fonctionne pas face à des idéologues. Et donc, il faut affirmer avec plus de puissance, plus de fermeté les intérêts de l'Europe. Pas simplement nos principes mais nos intérêts stratégiques.

Et vous savez, en réalité c'est normal aussi. Je comprends moi pourquoi les dirigeants européens ont autant de mal à accepter cette nouvelle époque qui est celle de la confrontation avec les États-Unis d'Amérique parce que c'est complètement absent de leur formation et de leur logiciel. Il faudra mentalité beaucoup plus beaucoup plus dure et beaucoup plus ferme.

D'accord. La deuxième question de Renault c'était elle elle consacraitelle elle elle était elle concernait l'Europe et Renault vous demandait au fond si l'Europe a vraiment pris conscience c'est ça de la situation du danger aujourd'hui. Si elle s'organise et elle apporte la réponse adéquate à l'offensive russe, à la politique russe en Ukraine et contre nous les Européens sur l'Ukraine pas encore pas encore.

Nous ne sommes pas encore unis. Pourquoi ? parce queil y a des forces en Europe au Conseil européen mais ici encore ce matin au Parlement européen qui sont en réalité les alliés à l'intérieur des institutions européennes de Donald Trump et de Vladimir Poutine.

Ce matin encore, le Rassemblement national et bien s'est opposé au fait que nous condamnions l'attitude de monsieur Orban qui bloque les 90 milliards de prêts à l'Ukraine et c'est ces 90 milliards de prêt, le Rassemblement national et toute l'extrême droite européenne et bien ont refusé de les soutenir. Nous avons au sein même des institutions européennes, dans le cœur de nos pays, des forces qui œuvrent pour les adversaires extérieurs de l'Union européenne. Et en réalité, depuis le début de la guerre en Ukraine, depuis l'invasion totale du 24 février 2022, ce que nous voyons, c'est au sein même de nos institutions une sorte de 5e colonne de ces patriotes de P Cotille qui épouse la cause du tyran qui déclenche la guerre contre nos démocraties.

Parce que ne nous y trompons pas. La guerre en Ukraine n'est pas une question de politique étrangère. Ce n'est pas une question, si vous voulez, d'affaires internationale.

La guerre en Ukraine nous vise, nous cible, nous démocratie européenne et nous avons en notre sein des forces politiques qui œuvrent à saper non seulement le soutien européen à l'Ukraine, mais l'affirmation des intérêts stratégiques européens. Nous avons des patriotes de Pacoti qui choisissent le camp de l'étranger et le camp de l'adversaire et donc cela affaiblit considérablement nos nations et cela affaiblit considérablement l'Europe. D'autant plus que nous avons des gouvernements qui sont alliés du Rassemblement national comme le gouvernement Hongro et à chaque fois que l'Europe essae d'affirmer une position ferme et bien s'y oppose et cherche à la bloquer.

Alors nous sommes nombreux à vouloir vous interroger autour de la table. Peut-être des réponses un petit peu plus courtes si vous le voulez bien. Juste d'un mot, est-ce que l'Europe a retrouvé pour vous mais vraiment en moins d'une minute le sens de la puissance qu'elle avait abandonné ?

Elle commence à retrouver le sens de la puissance. Nous n'y sommes pas encore mais il faut qu'on arrête d'avoir peur de notre ombre. Nous sommes le plus grand marché du monde.

Ce qui nous manque désormais, c'est la volonté de puissance politique. C'est la capacité à avoir une défense commune. C'est la capacité à assumer nos intérêts sur la scène mondiale.

Moi, je pense que une démocratie impuissante est une démocratie condamnée et que donc la clé de tout, c'est cette acceptation de la puissance comme étant l'horizon de développement de l'Europe. Et ça, c'est une révolution mentale. Nous la menons, mais nous n'y sommes pas encore.

Et vous croyez vraiment que les Européens vont rester unis derrière l'Ukraine ? Parce que il y a le président de la République Emmanuel Macron qui a réagi ce matin aux 4 ans de de cette guerre en Ukraine et il a eu ce message à ceux qui croient pouvoir compter sur notre fatigue, il se trompe. Est-ce que vous êtes aussi catégorique qu'Emmanuel Macron ?

L'Europe doit rester unie. Est-ce qu'elle le restera ? Ce n'est pas une évidence.

C'est un combat quotidien. Vous savez, il y a des gouvernements européens qui ne sont pas sur le soutien à l'Ukraine et ces gouvernements comme le gouvernement hongrois ou le gouvernement slovaque sont en réalité au service de Vladimir Poutine et de Donald Trump. Donc le combat que nous menons quotidiennement, c'est celui de l'unité de l'Europe dans la fermeté.

Ce n'est pas un acquis. L'Europe n'est pas spontanément unie. Et ici quand vous discutez avec les dirigeants politiques des différents partis européens et bien ils vous disent tous la même chose.

Si la France bascule à l'extrême droite en 2027, plus personne ne pourra parler d'unité européenne, plus personne ne pourra parler de puissance européenne, plus personne ne pourra parler de souveraineté européenne. Et c'est pour ça que l'enjeu des élections qui arrivent en France, c'est finalement un enjeu qui concerne évidemment la France, mais qui mobilise l'ensemble des acteurs européens parce que sans la France, en réalité, l'Europe est condamné et donc nous avons nous sur nos épaules une responsabilité immense dans notre pays. Alors, une dernière question, on se situe cette fois-ci sur le le terrain de la politique intérieure.

Raphaël Gluxman, est-ce que depuis ce weekend pour vous Jean-Luc Mélenchon est devenu totalement infréquentable ? Pas seulement depuis ce weekend, mais vous savez la position que je pousse pour que la gauche démocratique s'y rallie et bien c'est c'est une position extrêmement simple, extrêmement nette. Aucune alliance jamais avec la France insoumise à quelque élection que ce soit.

Et pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon et qui parce que Jean-Luc Mélenchon et ses alliés ont quitté les rives de la politique démocratique et que nous nous serons la digue la digue de la démocratie face à l'extrême droite et face au Rassemblement national. Pour être cette digue, il faut absolument couper tout lien avec toute force politique qui vous empêche d'être cette digue cohérente quand il s'agit de défendre la démocratie dans un moment où les démocraties européennes font attaqué de l'extérieur quitte quelque fois quitte quelquefois laisser gagner le rassemblement national si mais non c'est justement en étant cohérent que nous empêcherons le rassemblement national de l'emporter c'est c'est précisément en étant ferme sur nos convictions et sur nos principes que nous serons la digue face au Rassemblement national.

Et moi je vous le dis, la gauche démocratique, la gauche qui croit dans l'Europe, qui croit dans la dans la République et bien ce sera elle qui aura sur les épaules la responsabilité immense d'empêcher la bascule de la France à l'extrême droite et nous tiendrons bon, nous tiendrons ferme et c'est précisément parce que nous avons un cap clair que nous pourrons empêcher le rassemblement national. Monsieur Gluxman, très vite. Monsieur Gluxman, un duel LFI RN, vous votez quoi ?

Mais ça n'existe pas votre question, elle n'existe pas. C'est la rétorique du RC national et de LI de vous faire poser cette question. Non, non, ce n'est pas une hypothèse, ça n'existe dans aucun cas.

Et en fait, c'est le Rassemblement national et la FI qui veulent faire croire que la politique française pourrait se se résumer à un affrontement entre deux extrémistes. Ça n'existe pas. Ça c'est un cas d'école qui peut faire fantasmer des journalistes, mais ça n'existera pas.

Et pour une raison simple, c'est que nous serons face au Rassemblement national et nous vaincrons le Rassemblement national et qu'il y a une majorité de Françaises et de Français qui veulent préserver la démocratie et la République. Avec quel candidat vous serez au second tour ? Bon lêch on va pas on va pas faire Merci beaucoup Raphaël Guxman d'avoir répondu à nos questions depuis Bruxelles, on le rappelle.