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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 8 février 2025 14 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsÉducation & recherche

Dieynaba Diop, députée "Socialistes et apparentés" des Yvelines | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Bonjour Dieynaba Diop.

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Vous souvenez-vous de l'école des fans ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    C'est comment l'Elysée ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Quel souvenir gardez-vous de ce Noël 1983 à l'Elysée ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Donc la politique était présente à la maison chez vous ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Ca doit être une frustration que votre père ne puisse pas voter pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Dieynaba DiopFait
    « C'est un de mes plus gros regrets du quinquennat Hollande, qu'on n'ait même pas essayé pour ce vote des étrangers qu'on avait tant promis au moment de la campagne de 2012. »
  • 6:30Dieynaba DiopFait
    « Oui. C'est pas simple. Déjà quand vous êtes une femme en politique c'est compliqué. Donc j'ai beaucoup d'attaques racistes, xénophobes, misogynes. »
  • 8:30Dieynaba DiopFait
    « Pour moi, la politique c'est comme être enseignante, vous êtes là pour être utile aux autres. »
  • 10:30Dieynaba DiopFait
    « J'avais décidé de ne plus y aller parce que c'était devenu compliqué parce que je trouvais que les biais éditorialistes étaient vraiment très compliqués. »
  • 12:30Dieynaba DiopFait
    « On va sur le terrain tout le reste du temps. On est à sa permanence parlementaire mais surtout on va voir les associations. »
  • 13:30Dieynaba DiopFait
    « Oui, parce qu'il y a du débat en commission. C'est aussi tout cet aspect-là que les gens ne voient pas. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Elle avait trouvé sa vocation dans l'enseignement mais la politique a surgit dans sa vie. Franco-sénégalaise, mon invitée est aujourd'hui porte-parole et députée du Parti socialiste. Générique Bonjour Dieynaba Diop. -Bonjour Clément. -Je ne sais pas si vous vous souvenez de l'école des fans.

C'était à la télévision le dimanche après-midi. -Oui, j'étais une assidue. -Oui ? -Vraiment.

En fait, on passait tous nos dimanches en famille à regarder "Dimanche Martin". Donc ça a démarré à dix heures, je crois, et mon petit frère était fan. -Ca vous déclenche un enthousiasme !

J'ai trouvé une petite archive qui ressemble un peu à l'école des fans. -D'accord. - Lorsque les 21 élèves de la classe ont appris qu'ils étaient invités à l'Elysée, ils ont pensé que c'était une blague.

Ils n'y ont cru que le jour où ils ont reçu une invitation personnelle. -"Monsieur le président, nous sommes très heureux d'avoir été choisis pour participer à l'arbre de Noël du palais de l'Elysée." -C'est comment l'Elysée ? -Je ne sais pas. -Comment tu l'imagines ? -Je crois que c'est grand. -Et puis ? -Que c'est illuminé ? -Alors, la petite fille qui imagine l'Elysée c'est vous, Dieynaba Diop.

Vous aviez neuf ans ? - Huit ans et demi. - Huit ans et demi.

Vous étiez dans votre école primaire aux Mureaux. -Oui, Pierre Brossolette. -C'est incroyable. -C'est assez dingue, oui.

En fait, j'ai huit ans et demi, on est tirés au sort pour assister à l'arbre de Noël de l'Elysée et je rencontre, du coup, François Mitterrand. -Quel souvenir vous gardez de ce Noël 1983 à l'Elysée ? -Un très bon souvenir parce que c'était une des premières fois qu'on sortait de la ville.

J'étais avec les copains. -On voit les images. -Et on avait été un peu les stars.

Je revois des copains avec qui j'ai encore de très bons contacts aujourd'hui. Et c'était une belle fierté pour mes parents qui avaient été très émus à l'élection de François Mitterrand, deux ans plus tôt. -Donc la politique était présente à la maison chez vous ? -Oui.

Les parents étaient très engagés, très militants, socialistes depuis toujours. Mon père disait, quand Mitterrand avait été élu, que c'était la première fois qu'il allait avoir un président qui allait s'occuper du peuple. -C'est lui qu'il aurait fallu inviter à l'Elysée. -Oui.

Tout à fait. -Il était pas jaloux ? -Il était très fier.

Mon père c'est quelqu'un qui est arrivé en 1966, il était berger, il a fait un peu de commerce en Côte d'Ivoire et il est venu rejoindre son grand frère en 1966 pour travailler à Renault Billancourt. Il a jamais été à l'école. Il ne sait pas lire ni écrire.

Donc, pour lui c'est une immense fierté de se dire que sa fille non seulement, à ce moment-là, va voir le président de la République mais ensuite, devient enseignante puis une élue de la République et maintenant députée de la nation. -Sauf que... il ne peut pas voter pour vous, votre père. -Non.

Il n'a pas la nationalité française. -Ca doit être une frustration. -Oui.

Et c'est un de mes plus gros regrets du quinquennat Hollande, qu'on n'ait même pas essayé pour ce vote des étrangers qu'on avait tant promis au moment de la campagne de 2012. -On a parlé de votre père. Votre mère était à la tête de l'association des parents de votre quartier.

Est-ce que son engagement associatif peut expliquer votre propre engagement politique quelques années plus tard ? -C'est d'elle, ça vient de là. Elle était présidente de l'association des parents, donc elle était une des rares mamans à avoir fait un peu d'études, elle était allée jusqu'au CM2, elle parle couramment français.

Elle voulait faire le lien entre les mamans qui ne s'exprimaient pas bien ou ne comprenaient pas tout et les institutions. Moi, j'étais la petite main. Je préparais les papiers, les sorties, etc.

C'est parce que justement j'étais la fille de Madame Diop que le secrétaire de section du Parti socialiste de l'époque vient me chercher au moment des élections municipales en 2007. Il me dit : « Avec François Garay le maire des Mureaux, on aimerait que tu rejoignes notre équipe. -C'est comme ça que ça s'est fait.

Avant de reconstituer le fil de votre engagement, j'aimerais continuer à parler de vous, de vos origines. Dans un portrait que "Libération" vous a consacré vous vous présentez en ces termes : "Je suis une femme noire, binationale, musulmane pratiquante, issue d'un milieu modeste." De tous ces éléments qui ont vous définissent, il y en a un qui plus important que les autres ? -Je crois que celui qui... me définit le plus c'est que je viens d'un milieu modeste. -C'est ça qui compte le plus dans votre identité. -Oui.

Dans mon identité d'aujourd'hui. En fait, il faut jamais oublier d'où l'on vient. Moi j'ai des copains qui disent : "De la VB à l'Assemblée." -La VB c'est la Vigne Blanche. -Oui, le quartier où j'ai grandi.

C'est surtout un endroit extraordinaire où on a grandi les uns avec les autres, un vrai melting-pot. Il y avait plusieurs nationalités. On s'est jamais posé la question de la confession de l'autre.

On était des copains, presque des frères et soeurs d'une autre mère. Et j'ai cette chance immense d'avoir gardé la plupart de mes copains d'enfance. C'est la chose dont je suis le plus fière, d'être quelqu'un qui n'a fait ni Léna ni Sciences-po, j'étais prof en lycée professionnel à Jean Rostand, Mantes-la-Jolie, pendant plus de 23 ans et je crois que c'est ce qui a forgé aussi mon caractère, celle que je suis aujourd'hui et c'est ce qui fonde aujourd'hui mes combats politiques. -Est-ce que c'est compliqué, aujourd'hui, en France, d'être une femme députée, noire et musulmane ? -Oui.

C'est pas simple. Déjà quand vous êtes une femme en politique c'est compliqué. Donc j'ai beaucoup d'attaques racistes, xénophobes, misogynes.

La fachosphère se...

Comment dirais-je ? Je suis la cible privilégiée de beaucoup de gens issus de ces idéologies. Et en même temps c'est aussi une fierté parce que, quand j'ai été élu j'ai reçu tellement de mots, de messages, de petites filles, de jeunes femmes, d'origines diverses qui me disent : "Mais ça fait tellement de bien d'avoir quelqu'un qui nous ressemble à l'Assemblée." Donc c'est aussi une immense fierté. -Est-ce que c'est une pression, aussi, d'être à la hauteur de toutes ces attentes ? -Bien sûr.

Evidemment. C'est beaucoup de pression donc j'essaie d'être à la hauteur de tout cet espoir et de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour que je sois élue. C'était pas du tout écrit dans le marbre que je serais députée, surtout dans cette circonscription, et d'y être arrivée, ça brise un peu un plafond de verre et ça ouvre un champ des possibles auquel je crois depuis toujours.

Oui, c'est beaucoup de responsabilités. Vous évoquez votre autre engagement qui a marqué votre vie, l'enseignement. J'ai lu prof de lettres, d'histoire et aussi des géographies ? -C'est ça.

En lycée professionnel je suis ce qu'on appelle une PLP lettre, histoire, donc j'enseigne la littérature mais aussi l'histoire-géographie et l'EMC en lycée pro. -J'ai retrouvé enfin j'ai découvert un point commun quand vous parlez et de l'enseignement et de la politique, vous dites : "Je me sens utile." C'est ça le moteur qui vous anime ? -Tout à fait.

Pour moi, la politique c'est comme être enseignante, vous êtes là pour être utile aux autres. C'est le sens de mon engagement. Moi, j'ai choisi d'être en lycée professionnel.

J'ai un BAC +7, je suis linguiste de formation, Mais en lycée pro je me disais que c'était des élèves où souvent la littérature et l'histoire-géographie sont pas trop ce qui les attire le plus et en politique, le fait d'avoir était d'abord adjointe, d'être une élue locale, de proximité, c'est ce qui a façonné ma façon de faire les choses. -Vous êtes une élue de terrain. C'est important chez vous. -Vous avez expliqué comment vous avez été élue sur la liste aux municipales des Mureaux en 2008.

Vous êtes devenue adjointe au maire, sauf qu'après il a fallu attendre cinq ans pour que vous preniez votre carte au Parti socialiste. Pourquoi ? -Tout simplement parce que, pour moi, j'étais déjà socialiste et en fait je n'ai découvert le parti politique socialiste qu'en 2013.

Parce que j'ai toujours été socialiste et voté socialiste. Et c'est toujours cet adjoint qui était aussi secrétaire de section qui m'a dit : "Il faut que tu t'encartes, comme va arriver sur les élections municipales." "Ah bon ?

J'étais pas déjà socialiste ?" "Non, il faut que tu prennes ta carte, que tu cotises." Et donc depuis 2013. -Vous avez pris votre carte et vous êtes devenue, en 2018, porte-parole du PS.

Vous avez dû aller sur tous les plateaux, les chaînes info pour défendre la position du Parti socialiste. Et un moment vous avait décidé de ne plus aller sur CNews. -Oui j'avais décidé de ne plus y aller parce que c'était devenu compliqué parce que je trouvais que les biais éditorialistes étaient vraiment très compliqués et que ça allait à l'encontre de ce que moi je défends et ce que je porte. -Mais est-ce que ça ne va pas à l'encontre de ce que vous avez pu déclarer sur le site Mediapart ?

Vous avez expliqué que vous cherchez à déconstruire toutes les forteresses que le RN et CNews ont construites. Et vous ajoutiez : "Je ne renoncerai jamais à mener la bataille culturelle contre le racisme." Est-ce que boycotter CNews n'est pas renoncer à mener cette bataille ? -C'est pour ça que je me pose la question d'y retourner.

Vraiment. Je me dis que la politique de la chaise vide n'est pas forcément la meilleure. -En 2024 vous avez battu le candidat du Rassemblement national au second tour.

Vous êtes passés des bancs du lycée aux bancs de l'Assemblée. Comment est-ce qu'on garde le contact avec le terrain quand on est députée et qu'on passe une grande partie de son temps au palais Bourbon ? Que ce soit dans l'hémicycle, en commission... -On va sur le terrain tout le reste du temps.

On est à sa permanence parlementaire mais surtout On va voir les associations. Je vais voir les maires. J'ai fait beaucoup de rendez-vous avec les différents élus.

J'ai 87 élus sur ma circonscription donc déjà ça prend du temps d'aller les rencontrer. J'ai aussi des sollicitations qui viennent des associations, des particuliers. C'est aussi ça, garder le contact avec le terrain.

Au lycée François Villon de ma circonscription, de ma ville, il y a eu des soucis donc je suis allé les voir... -Vous gérer les deux. -Oui. -Vous gardez le contact avec la réalité du terrain. -Oui et c'est important. -Vous évoquiez votre besoin de vous sentir utile.

Est-ce que vous vous sentez utile en tant que député d'opposition ? -Oui, parce qu'il y a du débat en commission. C'est aussi tout cet aspect-là que les gens ne voient pas.

Il y a eu débat... -Ca produit du résultat concret ? -Oui, parce qu'on fait des amendements.

A la commission des affaires étrangères, on n'avait voté le maintien du budget qui est alloué à l'aide publique au développement parce qu'il y avait un consensus assez transpartisan. Il faut aussi être en capacité de discuter et ce qui est intéressant dans cette mandature, c'est que comme il n'y a pas de majorité absolue, il faut aller construire des concessions, des majorités texte par texte. Du coup je pense que plus que jamais, même quand on est dans l'opposition, s'il y a bien un mandat où on est utile, c'est celui-ci. -On va conclure la mission par notre petit quiz.

Le principe c'est que vous allez compléter des phrases que je vais vous proposer. -D'accord. -"Pour se faire entendre à l'Assemblée, c'est comme en classe, il faut...

Il faut faire preuve...

Il faut faire preuve de... de discipline mais aussi de fermeté, parce qu'il faut aussi prendre sa place et c'est ce que j'essaie de faire.

Pour l'instant, on ne m'a pas beaucoup entendu mais ça va venir. -Vous allez monter en puissance. Après mon passage dans Hit Machine, j'ai bien cru...

J'ai cherché les images et je ne les ai pas trouvées mais vous êtes passés dans Hit Machine sur M6. -Oui. C'était l'époque où je chantais.

J'ai bien cru que mon heure de gloire était arrivée. -Le chant a tenu une place importante dans votre vie ? -Oui.

C'est ce qui m'a guéri de timidité et c'est ce qui m'a permis, aussi, d'être très à l'aise à l'oral. J'ai chanté pendant longtemps. C'est un peu ma botte secrète.

Cette petite fille Que vous avez vu sur les images, qui était très timide et effacée a réussi à prendre un peu d'envergure grâce à la musique et au chant. -Enfin, entre une séance de nuit à l'Assemblée et un film avec Shahrukh Khan, je choisis... -Un film avec Shahrukh Khan, il n'y a pas photo !

C'est un des grands acteurs de Bollywood. Je suis une fan inconditionnelle de Bollywood. -Donc vous séchez la séance de nuit pour aller voir Shahrukh Khan ? -Oui, je sèche. -Bon, on ne le répétera pas.

Merci beaucoup d'être venue dans "La politique et moi". -Merci à vous. Merci beaucoup.

Générique