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interviewRMC — Face à Face· 18 mai 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : François Bayrou - 18/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
François Bayrou

Jean-Jacques Bourdin. François Bayrou, bonjour. Merci d'être avec nous. Au commissaire au plan, maire de Pau, patron du Modem. J'ai envie de commencer. Alors, je vais vous parler évidemment du Covid, mais je vais vous parler aussi de votre réflexion. Je dirais que c'est une réflexion sur la démographie en France. C'est très intéressant et j'y consacrerai la deuxième partie de cet entretien. Mais François Bayrou, je voudrais commencer sur l'autorité de l'État. Pourquoi ? Violence contre les forces de l'ordre, les pompiers, les enseignants, les élus, rapport dégradé de l'exécutif avec une partie de l'armée, trafic de stupéfiants au grand jour, montée du communautarisme.

Est-ce que l'État, François Bayrou, n'a plus d'autorité ?

0:55
Présentateur

Nous sommes dans une société qui est profondément déstabilisée. Et l'État n'a pas changé, renouvelé ses pratiques. L'État n'a pas trouvé les voies, les moyens, l'organisation nécessaire pour faire face. Alors évidemment, ça veut dire... L'État faillit. Non, je ne veux pas employer ce genre de mot parce qu'il est excessif. Il laisserait croire que c'est de la faute d'eux. Ça n'est pas mon point de vue. D'Emmanuel Macron. Bon, non. Ça fait 30 ans que cette dégradation est en cours. 30 ans que toutes vos émissions, ou à peu près, commencent sur des sujets de cet ordre. Et donc, la réflexion que nous devons avoir, c'est...

C'est, est-ce qu'on peut trouver une organisation qui fasse que l'État soit présent et respecté ? Vous dites l'éducation. Vous avez raison de dire. Ce n'est pas l'État qui est mis en cause dans l'éducation. C'est le lien entre la famille et l'école. C'est le lien entre les enfants et le quartier dans lequel ils vivent. La réflexion que nous devons avoir, elle doit prendre en compte cette réalité qui me frappe depuis longtemps et qui est le... On est au bout d'une situation qui est une situation qui dure et qui s'est aggravée depuis des années et on doit maintenant faire preuve de cette volonté, de cette imagination nécessaire pour en sortir.

2:29
François Bayrou

Alors, l'État, l'autorité de l'État sera le fil rouge de toute cette rencontre que nous avons ce matin, François Bayrou. Pourquoi ? Parce que, je vais prendre un autre exemple. On parle beaucoup de la police actuellement. Demain, il y a une grande manifestation, un rassemblement. Ce ne sera pas un rassemblement devant l'Assemblée nationale. Pour la première fois, toutes les forces politiques, à l'exception de la France insoumise, toutes les forces politiques seront devant l'Assemblée nationale. Est-ce que vous y serez ? C'est possible que j'y passe, oui. En effet, je... Et est-ce que c'est la place de Gérald Darmanin, avec les policiers, dans un grand rassemblement ?

3:08
Présentateur

Franchement. Vous voyez bien que ça a quelque chose d'inédit. Oui. Donc, c'est probablement qu'il veut exprimer quelque chose. Et on voit bien ce qu'il veut exprimer, ce que nous avons tous besoin d'exprimer. Tous les parlementaires qui seront là, au contact avec les policiers. Les policiers nous protègent et on a le sentiment que personne ne les protège, eux. Et le nombre d'interpellations, le nombre de réflexions qui sont faites, le nombre de mises en cause, le ciblage, le fait qu'ils ont l'impression qu'entre justice et police, les choses ne vont pas dans le même sens. Et que celui que vous arrêtez la veille, vous le retrouvez le lendemain.

Cette rupture de la société, nous en sommes tous responsables et nous en sommes tous comptables. Et il faut donc que nous ayons le courage, en effet, de l'assumer. Alors, je ne sais pas si c'est par une manifestation, par un rassemblement, par la présence d'un ministre que ça se joue. Ça se joue aussi, Jean-Jacques Bourdin, sur vos plateaux. La manière dont, assez souvent, ce n'est pas une mise en cause que je fais. La manière dont, assez souvent, les images qui ont été publiées à longueur de semaines et de mois donnent le sentiment que la police est dans un rapport de brutalité avec les citoyens. Et ce n'est pas vrai.

Ils essaient de maintenir l'ordre que ceux qu'ils ont en face d'eux veulent détruire. Parce que c'est ça, le but de ces opérations.

4:52
François Bayrou

Je vous parle de l'autorité de l'État, encore une fois, avec la décision, par exemple, de Jean Castex. Suppression du corps préfectoral, tout en conservant, évidemment, la fonction de préfet. Mais c'est une révolution aussi, n'est-ce pas ?

5:05
Présentateur

C'est une erreur ou pas ? Non, c'est poser la question. Alors, vous voyez, essayez de vous mettre à la place de ceux qui vous écoutent. Vous dites suppression du corps préfectoral. C'est une norme de suppression. Alors, ceux qui vous écoutent pensent que les préfets vont disparaître. Je dis tout en conservant la fonction de préfet. Non, mais je précise. Ce n'est pas de votre faute. Je dis le débat public. Oui. Bon, qu'est-ce qui se passe ? Oui. Est-ce qu'il y a un Français qui peut venir en face de moi, et de vous, là, en ce moment, et dire, monsieur, l'État, ça marche bien. L'État, en France, il fait son travail. L'État marche bien. C'est-à-dire que l'État ne marche pas en France ?

L'État ne marche pas depuis des décennies. Il y a eu une lente dégradation. L'État, normalement, il devrait être en soutien de la société. Et on l'a organisé. Alors, c'est une tragédie, parce que les gens qui occupent ces fonctions sont des gens de qualité. Il y a cette espèce d'étrange chose ou d'étrange réalité qui fait que des femmes et des hommes de qualité, avec le souci du bien public, sont dans une organisation qui les empêche de faire leur travail. Et cette organisation, elle vient de quoi ? On sait très bien, et depuis le temps, et quant à moi, j'ai dit ça depuis longtemps, elle vient de ce qu'on a des systèmes de recrutement qui ne sont pas les bons.

Je voudrais qu'on prenne exemple, qu'on réfléchisse à ce que fait l'armée. L'armée a réfléchi, a pensé pendant longtemps, a mis longtemps à mettre au point un système de recrutement qui fait que les recrutements pour les postes de responsabilité, ils ne sont pas à 20 ans, ils se font à 35 ans. Quand on a vu ce que la femme ou l'homme à qui on va confier ses responsabilités savait faire avec des hommes, de la réalité humaine, s'il était capable de les entraîner. Et ça n'est pas seulement le diplôme à l'entrée. Et c'est pourquoi cette rupture dont vous parlez, entre l'État et la société, elle est désespérante.

Parce qu'aujourd'hui, quelqu'un qui vient des classes, des femmes et des hommes qui n'ont pas des situations mirobolantes, qui travaillent, qui sont salariés, parfois qui sont chômeurs, quelles chances ont-ils d'entrer ou de rejoindre les responsabilités les plus importantes ? Vous voulez la vérité ? Presque aucune. Parce qu'on a un système de recrutement qui, en réalité, fait que ce sont les mêmes à 20 ans ou à 22 ans qui se trouvent repérés, qui se trouvent reçus. Et qui, pour toute leur vie, vont avoir ces responsabilités. Ce que vous appelez le corps préfectoral, le corps, les corps, dans la société française. Oui, les corps. Qu'est-ce que c'est comme organisation ?

Et encore une fois, c'est des gens bien. Qu'est-ce que c'est comme organisation ? C'est que vous réussissiez ou pas dans votre fonction, vous êtes protégé jusqu'au dernier jour de votre travail. A vie. Savez-vous combien il y a de hauts fonctionnaires et de très hauts fonctionnaires qui sont, comme on dit, au placard ? Non. C'est-à-dire, qui ont été enlevés de l'exercice de la responsabilité et qui ont été mis dans une gâche, comme on dirait aujourd'hui, pour les protéger, même s'ils ne rendent plus le service qu'on attend d'eux. Il y en a plusieurs centaines, peut-être on arrive aux milliers.

Alors que c'est des gens, des femmes et des hommes qui ont des capacités, des aptitudes, pourquoi est-ce qu'on ne les utilise pas à soutenir la société française ? Tous les problèmes qui se posent sur le terrain, pourquoi ne les y envoie-t-on pas ? Et c'est cette logique corporatiste, corps, corporatiste, défense d'un corps et pas défense des fonctions, qui est visée aujourd'hui par le gouvernement, qu'il faut rebâtir, reconstruire.

9:06
François Bayrou

Oui, reconstruire. François Bayrou, grand désordre politique aussi. Vous le constatez, grand désordre à gauche, grand désordre, pardon, mais grand désordre au LR, grand désordre à la République en marche. Le modem, ça fonctionne. Il n'y a qu'au modem que ça va bien, voilà, merci, il n'y a pas trop. Et puis le Rassemblement National, même chose, même chose finalement. Il y a deux partis qui fonctionnent. François Bayrou, les régionales, Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin n'ont-ils pas autre chose à faire que d'aller en campagne électorale combattre et Marine Le Pen et Xavier Bertrand ?

9:41
Présentateur

Réflexion très rapide sur ce point. On leur a assez reproché d'être coupé du terrain, de n'avoir jamais été élu. On ne l'a pas reproché à Gérald Darmanin. Non, mais on le reproche à Éric Dupond-Moretti et à d'autres. On l'a reproché au président de la République. Oui, alors ils vont s'enraciner au contact des citoyens et des électeurs. Bon, c'est une ligne qui a été choisie et dont je comprends l'inspiration. Mais ma réflexion, ce n'est pas celle-là. Alors allez-y, c'est laquelle ? On est devant un contresens absolu, contre lequel je me suis battu et rebattu et encore battu. Ce contresens est celui-ci. On confond les élections locales et les élections nationales.

Une élection locale s'est faite pour bâtir une majorité diverse, pour soutenir un projet, pour une région ou pour une commune, pour une ville. Et la loi de cette élection, c'est le rassemblement. Qu'est-ce qu'on vient raconter ? Des gens qui étaient ensemble et dont on prétendrait qu'ils n'ont plus jamais à se parler. Le sectarisme introduit dans des élections qui sont des élections qui normalement... Mais où le trouve-t-on ce sectarisme ? Soyons clairs.

11:00
François Bayrou

Partout. Est-ce que les républicains, par exemple, incapables de choisir entre la République en marche et le Rassemblement national sont en voie de disparition à cause de ce sectarisme ?

11:11
Présentateur

Oui, ça vous le verrez et les historiens le verront. Ce que je sais, c'est que prétendre qu'on n'a rien à voir ensemble, alors qu'on est concomitant, soit avec LR, soit avec d'anciens responsables sociodémocrates du Parti Socialiste, qu'on n'aurait rien à construire, alors que vous auriez bien du mal, si vous preniez un microscope, à trouver la différence entre la gestion d'un président de région de droite, d'un président de région du centre, d'un président de région de gauche et même des présidents de région d'autres inspirations.

Quand vous êtes affronté, confronté à la réalité locale, vous prenez des décisions qui sont des décisions de bon sens, plus ou moins ambitieuses, plus ou moins généreuses, mais en tout état de cause, ces politiques-là qui sont conduites au niveau local, ce sont des politiques qui n'ont rien à voir avec la carte de parti que vous avez dans la poche. Ou si peu qu'il est ridicule de prétendre qu'on va décalquer toute la politique nationale avec les affrontements qu'on connaît, qui sont là encore stupides.

12:28
François Bayrou

Pardon, mais confusion ! Confusion ! La République En Marche qui d'un côté soutient en région Provence-Alpes-Côte d'Azur un candidat LR, dans les Hauts-de-France qui ne soutient pas un candidat qui n'est plus LR mais qui est un rival au président de la République, dans la région Hauts-de-France...

12:46
Présentateur

Vous essayez de décrire des choses... J'ai essayé de décrire la confusion politicienne ! Non, non. Vous soulignez la confusion, alors qu'on peut essayer de clarifier et d'éclairer les choses. Alors on va le faire. Il y a six ans, dans les Hauts-de-France, comme en PACA, toutes les forces politiques extérieures à l'extrême droite ont fait ce qu'il faut, y compris des sacrifices avec abnégation pour faire élire un candidat de rassemblement. C'était Estrosi d'un côté, Xavier Bertrand de l'autre.

Et il se trouve qu'aujourd'hui, dans un cas comme dans l'autre, le parti politique qui les soutenait dit « Nous interdisons toute alliance avec ceux qui nous ont fait élire, même s'ils font partie de la majorité. » Eh bien, pour moi, je trouve ça stupide. Si j'avais été président de région, mais je suis maire, c'est à peu près la même chose, j'aurais dit « Mesdames et messieurs des appareils politiques, vous êtes très sympathiques, je vous aime beaucoup, mais je vais construire pour ma région et pour ma ville la majorité la plus large.

» Et je veux que dans ma majorité, puisque j'appartiens à vos rangs, il y ait des gens de l'opposition, mais je veux aussi des gens de la majorité, parce qu'on a besoin, pour être défendu dans les décisions gouvernementales, de gens qui aient cette sensibilité. Une région ou une ville mérite qu'on se rassemble et qu'on essaie de trouver ce qu'il y a de plus, comment dire, de plus fédérateur pour l'avenir des citoyens à qui vont vous être confiés. C'est ça qui devrait être la ligne. On l'a raté au municipal. Vous vous souvenez que je me suis beaucoup battu sur ce sujet. Alors, à Pau, vous vous êtes beaucoup battu sur de nombreux sujets

14:34
François Bayrou

et vous n'avez pas été entendus. Vous vous êtes battu sur la proportionnelle, vous êtes battu sur le rapport des régions, sur le vote par correspondance, sur le doublement du plan de relance.

14:42
Présentateur

Pour l'instant, vous n'avez pas été entendus. Eh bien, vous vous trompez sur au moins deux de ces sujets. Ah bon, d'accord. Alors, sur le plan de relance, excusez-moi de dire ça, le président de la République, peut-être que vous n'avez pas fait attention, est allé à Bruxelles et a dit, au nom de la France, qu'il fallait un nouveau plan de relance. Eh bien, excusez-moi de dire, ça n'est pas une défaite, c'est une victoire. Et quant à la proportionnelle, vous dites, vous vous êtes battu, vous n'y êtes pas arrivé. Qu'est-ce que vous en savez ? Moi, je crois que les mois qui viennent... Vous pensez que ça va y arriver ? Vous avez y arrivé ?

Je crois que les mois qui viennent vont obliger le président de la République, s'il se représente, à présenter un nouveau visage du pouvoir dans son rapport avec les citoyens. Et que, quand on s'interroge pour savoir comment changer le rapport avec les citoyens, alors vous allez voir mettre... Ce sera une condition de votre soutien ? Non, je ne marche pas comme ça. D'ailleurs, est-ce que vous allez le soutenir, à la présidentielle ? Est-ce que vous allez le soutenir ? S'il se représente, je ferai tout ce que je peux pour l'aider. Donc vous le soutiendrez. Et donc, moi, je vous dis... Vous le soutiendrez ? Oui, mais vous le savez bien.

Ce que vous présentez comme combat perdu, c'est que peut-être vous n'avez pas le calendrier en tête. Et moi, je crois... Peut-être je me trompe, on verra. Je crois que c'est une nécessité pour changer le climat politique dans ce pays. Une question. Je me voyais, je me voyais. Qu'est-ce que c'est le climat politique ? Mais je vais aller jouer au vide, François Bayrou. C'est un contre tous. Tous unis contre un. Et moi, je crois que pour gouverner la France dans les années qui viennent, il va falloir dépasser ce un contre tous et être capable de faire vivre et de travailler ensemble des gens différents.

16:20
François Bayrou

Alors, un mot. La mise en examen de Marine Le Pen dans l'enquête sur le détournement de fonds européens au profit du Rassemblement national, vous aviez dit ici, ici même, tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française. Je me souviens. Est-ce qu'elle pourrait être privée ? Privé d'être candidate, non ?

16:39
Présentateur

Je ne crois pas. Voir ressurgir ces affaires perpétuellement lorsque les échéances électorales viennent... Avec une violation du secret de l'instruction. Sans doute. Il n'y a que ça en France. Lorsque les échéances électorales viennent, ça laisse interrogatif sur la manière dont ces coups de théâtre ou ces mises en scène médiatico-policières et justice sont organisées. C'est organisé, pour vous ? Oui, en tout cas... Ces révélations sont guidées. Non, je ne dis pas guidées. Peut-être qu'il n'y a pas une main noire. Mais je vois bien qu'à chaque élection, ces affaires reviennent.

17:23
François Bayrou

François Bayrou, je voudrais terminer avec l'avenir démographique de la France qui n'est plus assuré. Il manquerait 40 à 50 000 naissances par an pour assurer le renouvellement des générations. Alors, vous faites des propositions. Il faut une natalité forte. N'oublions pas, que tout repose en France sur la solidarité.

17:44
Présentateur

Voilà, c'est absolument l'argument de la réflexion que vous évoquez. Nous sommes un pays, le seul dans le monde, qui a choisi un modèle de société, un contrat social, qui fait que la totalité des soutiens et des aides, les retraites, bien entendu, mais l'éducation, la santé, la totalité des soutiens et des aides reposent sur les actifs. Donc, si le nombre d'actifs se réduit, alors, je vous le dis, il n'y a aucune possibilité de faire autrement. Les aides, le contrat social, le soutien, la solidarité baisseront. Deux solutions.

18:23
François Bayrou

Encourager les naissances, évidemment. Alors, je ne sais pas, augmenter les allocations familiales ?

18:27
Présentateur

Mais en tout cas, on a touché aux allocations familiales, on s'est trompé. On s'est trompé. Vous parlez des conditions de ressources. Oui, je parle de ce qui a été fait par le gouvernement de François Hollande. On s'est trompé. On s'est trompé. Il faut revenir là-dessus. Oui, en tout cas, il faut repenser le système de soutien. Mais le soutien, ce n'est pas seulement des allocations. Oui, bien sûr. C'est l'accueil à la petite enfance. Bien sûr. Les crèches, les assistantes maternelles. Le logement, l'emploi, l'emploi des jeunes. ralentis pour les mères de famille que ce n'est pas parce qu'elles ont des enfants que leur carrière va être ralentie.

qui sont aux femmes et aux carrières des femmes. Si la France a eu plus d'enfants que les autres pays en Europe, c'est parce que la situation des femmes au travail y était plus acceptée ou soutenue. Et c'est ça la vérité. Et donc vous voyez que ce que nous évoquons là, c'est en réalité la même chose que les interviews que nous avons eues ensemble sur l'effondrement de l'appareil productif de la France industrielle, agricole. C'est pareil. Nous sommes un pays qui est fondé sur la solidarité. Et s'il n'y a plus assez de gens pour porter la solidarité ou assez de ressources pour financer la solidarité, alors elle va s'effondrer.

19:38
François Bayrou

Elle va s'effondrer. Et l'immigration ? L'immigration, la France doit accueillir des personnes d'autres pays.

19:44
Présentateur

Mais vous dites dans des proportions raisonnables. Non, je pense que ceux qui imaginent, on ne l'a connu pas seulement en France. L'Allemagne a accepté un million d'immigrés d'un seul coup. Venant pour l'essentiel de Syrie dans une de ces périodes de crispation. C'est le patronat allemand qui avait demandé ça. Il avait fait une grande déclaration au début de l'année en disant on a besoin d'un million de personnes de plus. Moi, je crois que ça n'est pas une solution. En tout cas, évidemment, ça peut aider dans des moments critiques.

Mais lorsque vous introduisez des communautés importantes, nombreuses, dans une société déjà fragile, alors ça fait des chocs culturels qu'il est très difficile de maîtriser.

20:32
François Bayrou

Donc il faut mieux contrôler l'immigration ?

20:34
Présentateur

Il faut en tout cas faire ce qu'il faut pour que l'immigration ne soit pas un perpétuel irritant de la société française avec toujours les mêmes mots, toujours les mêmes chiffres, sans qu'on sache aujourd'hui comment reconduire. Parce que c'est ça la question. Il y a des milliers, des dizaines de milliers de personnes qu'on a identifiées comme étant en situation illégale et qu'on ne sait pas reconduire parce que les pays d'où ils viennent ne les veulent pas, ne les acceptent pas, y compris en Europe.

21:03
François Bayrou

Merci François Bayrou d'être venu nous voir ce matin sur RMC et sur BFM TV.