Discours de Fabien Roussel en conclusion de la conférence nationale du PCF le 11/04/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mes chers camarades, je voudrais d'abord remercier Enrique qui vient de s'exprimer, le remercier pour son message de fraternité et d'espoir, qui me touche d'autant plus que je suis un descendant d'un républicain espagnol qui a été interné dans un camp de concentration en France pour ses idées. Et donc je fais un petit clin d'œil à sa fille, ma grand-mère, parce que c'est aussi mon histoire. Oui Enrique, tu peux compter sur les communistes de France pour travailler à la construction d'une majorité de gauche écologiste qui va se mobiliser avec la plus grande détermination pour prendre le pouvoir à la finance et enfin répondre aux besoins populaires.
Je veux tout de suite vous dire ma fierté de voir notre parti relever ce formidable défi démocratique en menant à son terme cette conférence nationale dans des conditions évidemment particulières, difficiles. Mille délégués réunis, 150 interventions, témoignages de toute la France, des amendements, des votes, des débats, tout ça en distanciel et en présentiel ici dans les fédés, dans les sections et dans la fraternité.
Merci aux entreprises qui ont réalisé cet exploit unique je crois pour une force politique en ce moment, aux vingtaine, aux plus de vingt salariés techniciens, aux militants du parti mobilisé ici qui nous ont permis de réussir ce formidable exercice démocratique si important pour aussi organiser la résistance à la politique gouvernementale. Oui c'est possible d'organiser cette riposte, c'est possible de discuter, de débattre, c'est possible et c'est nécessaire car on a besoin d'air dans ce pays, on étouffe, on est asphyxié par le virus de la pandémie mais aussi par le virus libéral.
C'est important, c'était important pour nous de nous poser pendant une journée et demie, de réfléchir ensemble à l'avenir de notre pays, de notre jeunesse et du monde dans lequel nous aspirons à vivre. Vivre et lutter ensemble pour éclaircir notre horizon, pour ouvrir des chemins d'espoir au monde du travail, aux ouvriers, aux enseignantes, aux soignants, aux agriculteurs, aux agricultrices, aux étudiants, aux ingénieurs, aux artisans, commerçants, chefs d'entreprise, au monde des arts et de la culture. Le destin de la France va se jouer dans les mois qui viennent et c'est avec eux que je viens de citer que nous voulons le construire.
Notre pari à nous, c'est celui des jours heureux et ne peut pas être le résultat du hasard. Nous voulons le gagner et mettre tous nos atouts de notre côté. Et c'est cette crise sociale, sanitaire, écologique qu'il exige. Elle nous oblige. Elle oblige le Parti communiste français à être présent, à être au rendez-vous de cette histoire. Nous tenons cette conférence en plein pic épidémique. C'est aussi ça le choix ambitieux que nous faisons, révolutionnaire, que nous avons voulu faire ensemble pendant deux jours. Bravo, mes camarades. Que c'est joli ce nom, camarades. Bravo, secrétaire de fédération, de section. Bravo à tous les militantes et les militants.
Merci pour vos interventions qui ont enrichi notre débat. Vous avez bravé le confinement pour tenir cette conférence. Mais je sais que vous le faites continuellement pour pouvoir être présent dans les luttes, pour défendre nos hôpitaux publics, pour un vaccin qui soit enfin un bien commun, pour défendre notre industrie, nos services publics, nos usines, pour organiser les distributions d'aides alimentaires, pour combattre les discriminations. Oui. Oui, c'est dur, je le sais. Vous me le dites. C'est dur parce que, quand on sort, nous aussi, on craint pour nos vies. On a peur d'attraper le virus, de le ramener à la maison, de contaminer notre famille.
Oui, ce climat de peur nous rend la vie dure. 300 à 400 morts par jour. 100 000 morts dans notre pays. Des proches, des amis, des camarades nous ont quittés. Et je pense encore à Yann Le Polotec, à qui nous avons rendu hommage la semaine dernière. J'en veux. J'en veux beaucoup au président de la République d'avoir fait le choix de ne pas suivre les recommandations du Conseil scientifique, qui réclamait dès le mois de janvier des mesures de confinement pour empêcher le virus de faire autant de dégâts par la suite. Mais voilà, ce président a fait un choix inverse. Celui de vivre avec le virus. Résultat, aujourd'hui, nos hôpitaux sont saturés, comme il y a un an.
Les médecins font le tri parmi les malades. Des soins sont déprogrammés. Faute de préparation, d'anticipation, la campagne de vaccination a pris un retard considérable. Un échec aux lourdes conséquences, qui s'ajoute à celui sur les masques, les tests, sur l'absence de mesures d'accompagnement des malades. Rien n'a été fait pour embaucher dans nos hôpitaux, dans nos écoles, pour former des soignants, pas des médecins, ça prend si longtemps, mais au moins des aides-soignants, des infirmières, ceux qui étaient en fin de cursus. Où sont les lits de réanimation qui étaient promis ?
Ça fait plus de quatre mois que notre pays fait du surplace, quand d'autres ont avancé en ordre de bataille et commencent à sortir du tunnel. Ce climat d'angoisse et d'incertitude pèse sur nous tous, sur nos concitoyens, à commencer par notre jeunesse, littéralement étouffée depuis un an. Il pèse aussi sur les luttes, sur les capacités des communistes comme du mouvement social à se mobiliser. Or, le gouvernement aurait pu faire le choix de retirer ses réformes. Il a fait l'inverse. Il a décidé de maintenir la réforme de l'assurance chômage, la privatisation de la production d'énergie en France avec le projet Hercule.
Il laisse les grandes multinationales poursuivre la délocalisation en masse de nos usines. Il est complice des plans de licenciement qui se succèdent aujourd'hui. Il prépare déjà les Français à de nouveaux sacrifices au nom de la dette qu'il faudra rembourser à tout prix. Et tout cela au mépris des circonstances nées de la crise sanitaire et qui limitent forcément la contestation sociale. Alors oui, oui, nous nous organisons, oui. C'est tout le sens des travaux, de nos débats et des initiatives que nous avons décidé de prendre et que nous prendrons dans les prochaines semaines.
Oui, nous voulons permettre au Parti communiste français, à ses militants, ses militantes, ses élus, de jouer pleinement leur rôle dans notre pays. C'est le choix que vous avez exprimé majoritairement lors de cette conférence. Je veux bien sûr vous remercier pour la confiance que vous m'exprimez aussi à travers ces choix. Le débat va maintenant se poursuivre jusqu'au vote des adhérents, des adhérents, et je continuerai de m'y engager pleinement. Je sais, je mesure pleinement combien cette confiance est aussi porteuse d'exigences, y compris me concernant. Nous en avons discuté tout au long de ces deux jours. La situation est grave et elle nécessite surtout d'ouvrir un espoir.
L'espoir de sortir notre pays de cette crise, l'espoir de changer de politique, l'espoir pour les Français d'être enfin protégés contre la pandémie, mais aussi contre le chômage, contre la précarité, contre la pauvreté. Nous avons bien sûr l'ambition de vivre ces idées et de les mettre en œuvre dans les départements et les régions, parce que l'actualité, elle est là et c'est dans les prochaines semaines. Et oui, nous voulons pour cela le plus d'élus communistes possibles au sein de majorités de gauche dans le plus de régions et de départements possibles. Et c'est possible de faire gagner la gauche lors de ces échéances. Nous y mettons tout notre poids, tout notre énergie.
Et je serai très attentif à ce qui se passe dans nos cantons, dans nos régions, dans le Val-de-Marne, en Seine-Saint-Denis, en Normandie. Je le dis parce que je trouve inacceptable que les mêmes forces qui nous appellent au rassemblement pour 2022 disent nous tendre la main, cherchent en même temps à nous faire perdre ou créent les conditions de la désunion en juin 2021. Le rassemblement, ça se construit en actes, maintenant, et sur des choix clairs. J'y ai travaillé personnellement en Haute-France. Beaucoup de camarades l'ont fait aussi, dans beaucoup de régions, et ils le font dans beaucoup de départements.
En Normandie, Sébastien Jumel et les camarades travaillent d'arrache-pied à créer les conditions de ce rassemblement. Alors j'en appelle encore une fois les Verts, les socialistes, à s'unir avec les communistes et les Insoumis. Nous sommes tous mobilisés jusqu'au bout, jusqu'au 13 juin, premier tour de cette élection si elle est maintenue, pour faire gagner tous les communistes qui seront présents dans ces listes, toutes ces majorités. Et nous sommes mobilisés pour faire gagner Cécile Kuckerman en Auvergne-Rhône-Alpes, Sébastien Jumel en Normandie, et je le souhaite Michel-Séphanie en Corse, dans toutes les régions et dans tous les départements, là où nous sommes dans des listes d'union.
Ouvrir cette perspective, cet espoir, c'est aussi le faire en 2022, et c'est ce qu'attendent des millions de femmes et d'hommes qui ne se résignent pas au duel Macron-Le Pen, qu'on veut leur imposer à toute force pour qu'au fond, rien ne change dans le pays. Ce duel, ils l'ont déjà connu en 2002, après cinq années d'un gouvernement de gauche qui avait renoncé à affronter les dogmes des traités européens. Ils l'ont également connu en 2017, là aussi au terme d'un mandat de gauche de François Hollande, qui avait identifié un ennemi, la finance, mais qui, au final, a mis toute sa politique au service de sa mamie sur notre économie.
Notre vocation, celle du Parti communiste français, ne peut pas se résumer à commenter les dangers d'un scénario écrit à l'avance. Elle est de contribuer à le déjouer en y mettant toutes nos forces, toute notre énergie. Les deux tiers des électeurs ne veulent pas du duel Macron-Le Pen. Ça fait 66% qui ne veulent pas tomber dans ce piège. Eh bien, c'est à cette majorité que nous devons nous exprimer, parler.
Nous décidons pour cela de proposer à notre peuple, au monde du travail, à la jeunesse, aux électeurs de gauche, mais pas seulement à eux, à tous les Françaises et les Français, d'écrire ensemble un contrat, de conclure un pacte pour la France, un pacte qui permette enfin de sortir la santé des mains des logiques marchandes et des laboratoires pharmaceutiques, un pacte qui nous libère du poids de la finance et fasse jouer un autre rôle aux banques et aux assurances pour créer des emplois, un pacte qui ouvre enfin l'espoir pour chacun d'avoir un emploi stable, correctement rémunéré, et nous voulons porter le SMIC à 1 500 euros net tout de suite, comme ça a été dit ce week-end, pour toutes et pour tous, avec une hausse générale des salaires.
Nous voulons donner les moyens à notre pays, à notre jeunesse, de reprendre la main sur nos moyens de production, sur notre outil de travail, pour nous engager pleinement dans une véritable transition écologique que nous attendons. Notre programme, notre ambition pour le pays, c'est de bâtir avec le peuple, avec la jeunesse, une république sociale, laïque, féministe, écologiste, démocratique. Ce pacte, nous voulons le construire à l'occasion des élections présidentielles et législatives à venir. Écoutez cette jeunesse qui manifeste pour le climat, remis en cause les logiques de domination, qu'elle soit patriarcale ou capitaliste.
Elle souffre tellement du système capitaliste, ce vieux modèle économique à bout de souffle. La jeunesse, elle est exigeante vis-à-vis de nous, vis-à-vis de tous les partis, des partis de gauche, comme le soulignait Léon hier dans sa très belle intervention. Quand je vais à leurs rencontres dans les manifestations, en faveur d'un revenu étudiant ou dans les manifs pour le climat, j'entends leurs exigences, ils ne quémantent pas, ils veulent vivre, se former, travailler, libre, être heureux, s'aimer, être épanoui.
Quand je rencontre également les jeunes travailleurs, travailleuses, ces ouvrières, ces ouvriers dans les usines, dans la fonction publique, ces infirmières dans les hôpitaux, ces enseignants dans nos écoles, tout juste formés, qui entrent dans la vie active et qui souffrent déjà d'un manque de reconnaissance ou de conditions de travail pénibles. Je me dis, mais quelle honte pour notre pays de mépriser à ce point cette jeunesse qui rentre dans la vie active. Quelle honte ! C'est à eux que nous voulons nous adresser.
C'est avec eux que nous redresserons le pays, que nous construirons ce nouveau modèle économique qui doit redonner du sens et du contenu au travail, à notre place dans la société, aux emplois, qui doit placer le bonheur de chaque être humain, son émancipation au cœur de tous nos choix. C'est avec tous ces responsables syndicaux aussi, ces énergéticiens, ces cheminots, ces salariés que je rencontre, ceux de Renault que j'ai rencontrés dernièrement avec l'effonderie de Bretagne, à Codan, qui dénoncent, quand je vais les voir, les logiques de concurrence, de compétitivité qui conduisent à délocaliser leur travail en République Tchèque et en Pologne.
Je les ai écoutés, ceux qui sont postés, qui travaillent de nuit de 22h à 6h du matin, qui m'ont raconté comment on leur avait supprimé leur temps de pause supplémentaire. Ces 30 minutes auxquelles ils avaient le droit quand ils travaillent de nuit, entre 22h et 6h du matin, ils n'ont plus droit qu'à deux pauses de 10 minutes, entre 22h et 6h du matin. On en fait des robots, on leur a demandé ces sacrifices, en leur garantissant qu'ils garderaient leurs emplois. Et aujourd'hui, Renault, les actionnaires, dont l'État, leur dit « On vous vend, on délocalise l'activité ». Mais quelle honte, quel mépris pour eux !
C'est avec eux, c'est aussi avec ces artistes, ces créateurs, mais aussi tous les intermittents du spectacle qui occupent les théâtres, que nous imaginons tout le rôle et la place que la culture doit prendre dans la société, y compris en période de pandémie. C'est avec toutes ces femmes et ces hommes d'horizons tellement divers, de gauche et de droite, que nous gagnerons le combat pour faire du vaccin contre le Covid, un bien commun. Il y en a à droite qui le réclame. Pour que nous puissions le fabriquer, une fois acquise la levée des brevets, sur toutes les chaînes de production de France, d'Europe et du monde.
Toutes ces voix, toutes ces voix, dans leur diversité, à leur manière, ils mettent en cause le capitalisme, la concurrence entre les salariés, les logiques de profit à tout prix. Ils exigent que les richesses produites servent à répondre à nos besoins, plutôt qu'aux appétits de la finance.
Toutes ces voix, elles veulent que les 140 milliards d'euros d'argent public que l'État et les collectivités versent tous les ans aux entreprises, et surtout aux plus grosses, servent enfin à créer des emplois, à mettre en place vraiment et rapidement l'égalité salariale et l'égalité professionnelle femmes-hommes, à relocaliser la production, le travail en France, à respecter la planète, à tenir nos objectifs pour le climat. Ils demandent toutes ces voix. Ils demandent tous de mettre fin au scandale de l'évasion fiscale, la fraude fiscale. Tous les présidents de la République l'annoncent, mais à chaque fois, faute de décisions politiques courageuses, ça continue.
Je peux vous dire qu'avec moi, l'Élysée, et avec Éric Boquet à la tête d'un ministère dédié à ce fléau, je peux vous dire que tous ces délinquants en col blanc, tous ces bandits de grand chemin, ils iront direct en prison, ils passeront par la casse-prison, parce que ça, ce n'est plus possible que ce fléau de la fraude et de l'évasion fiscale qui coûte 100 milliards d'euros au budget de la nation perdure. Ça, ça doit être terminé. Et nous, nous voulons y mettre un point final. Ces hommes, ces femmes, ces familles ont bien du mal aussi à boucler leur fin de mois.
Ils demandent de mettre fin aux inégalités qui se creusent de plus en plus entre des riches qui, encore aujourd'hui, n'ont jamais gagné autant d'argent et des retraités, des salariés, du public comme du privé, qui, malgré leur salaire, un SMIC, tombent dans la pauvreté. C'est ça, notre pays, aujourd'hui, travailler et tomber dans la pauvreté. Oui, nous voulons une France décidément libérée des dominations et des exigences d'une classe minoritaire. Nous voulons une France et une Europe, solidaires, faites d'égalité réelle entre toutes et tous, de liberté reconquise, de fraternité humaine.
Une France où les services publics, les entreprises publiques ne sont pas un problème, un coût, mais au contraire, un puissant levier pour répondre aux besoins populaires et relever les défis du progrès social et de la transition écologique. Une France qui a enfin le courage de s'attaquer à la domination du capital, de construire de nouveaux droits pour les citoyens et les salariés, dans la cité comme dans l'entreprise. Oui, nous voulons une France de la fraternité, de la sororité, car nous sommes toutes et tous frères et sœurs d'humanité, tous égaux, quelle que soit notre couleur de peau, notre religion, notre origine. Nos différences sont une force, une richesse, jamais un problème.
Ce peuple de France a su vaincre la monarchie et bâtir la République. Il a su vaincre le nazisme et mettre en œuvre en même temps le programme des jours heureux, construire des avancées sociales sans précédent, à l'image de la sécurité sociale ou de la création d'EDF, dont nous venons de fêter l'anniversaire. Il a su s'unir à chaque fois pour porter des idéaux généreux autour d'un projet collectif dans lequel chaque homme et chaque femme trouvaient toute sa place, sans distinction. Il a su gagner l'indépendance des peuples, la décolonisation de l'Algérie, du Vietnam, mais enfin à l'idée insupportable, horrible, de la supériorité d'une race sur une autre.
Pour nous, il n'y a qu'une race, c'est la race humaine. Il a su faire vivre les droits des femmes dès 1871, lors de la Commune, bien avant que la loi l'impose. Il a su donner une définition de la laïcité unique, exigeante, qui respecte la foi de chacun, garantit la stricte séparation entre l'État et les religions, mais aussi la liberté d'expression et le droit au blasphème, tant attaqués ces dernières années. Notre projet pour la France s'inscrit dans cette histoire, dont nous sommes fiers. Et nous voulons le défendre et le faire gagner lors des prochaines échéances présidentielles et législatives.
C'est pourquoi je souhaite que nous puissions proposer aux Françaises et aux Français un programme nourri d'espérance, mais aussi d'engagement. Nous porterons ce programme, si vous le décidez, lors de l'élection présidentielle. Et je suis prêt à mener ce combat avec vous et avec tous les citoyens, les citoyennes qui le partageront jusqu'au bout, jusqu'à son terme. Je le ferai en poursuivant toujours nos échanges, nos rencontres, et nos rencontres avec les forces de gauche et écologistes. Et je dirais que toutes les forces de gauche et écologistes ont un formidable, un incroyable défi à relever.
C'est d'abord de celui de reconquérir, eux aussi, les cœurs et les têtes d'une majorité de Françaises et de Français autour d'un projet qui sorte notre pays du capitalisme, de l'exploitation des hommes, des femmes comme des ressources naturelles, qui bâtissent le programme des jours heureux du XXIe siècle. Voilà ce que je leur propose. Oui, réunissons-nous, travaillons ensemble pour reprendre le pouvoir à la finance, pour reprendre la main sur nos choix économiques, pour redonner le pouvoir aux Français, au monde du travail, dans toutes les entreprises. Voilà le pacte d'espoir, le pacte d'engagement que je propose à la France, à la gauche, au monde du travail.
Travaillons ensemble à reconquérir les cœurs et les têtes de toutes celles et ceux qui malheureusement aujourd'hui se réfugient dans l'abstention, qui n'y croient plus. Elle est là, la force dont nous avons besoin pour empêcher l'extrême droite de prendre le pouvoir et pour empêcher la finance de le garder. C'est aussi pourquoi je rencontrerai les responsables syndicaux, les responsables d'associations, d'ONG, toutes celles et ceux qui portent des propositions, des ambitions fortes pour notre pays.
C'est dans cet esprit que nous avons l'ambition de construire une candidature collective, ouverte, fraîche, rassembleuse, et en même temps de créer toutes les conditions, circonscription par circonscription, de rassembler nos concitoyens pour construire une majorité de gauche à l'Assemblée nationale. C'est pourquoi je demande aux forces de gauche et écologistes de respecter notre choix et de maintenir ce dialogue utile, important entre nous. Nous devons travailler ensemble dans le respect de nos différences. Nous ne sommes pas adversaires. Nous ne voulons rien soustraire à gauche.
Au contraire, nous voulons additionner celles et ceux qui aujourd'hui sont rouges dans leur cœur mais noirs de colère et qui s'abstiennent. Nos différences à gauche ont toujours existé. Elles doivent nous permettre de pousser les débats à fond avec nos concitoyens et de les convaincre à nouveau de s'engager, de lutter, de voter. C'est la seule voie pour ne pas renouer avec les erreurs, les reniements, les promesses non tenues, les renoncements que nous avons connus. D'ailleurs, je voudrais leur dire à tous mes camarades des forces de gauche et écologistes, je voudrais leur dire que si tout le monde est d'accord pour déjouer le piège Macron-Le Pen, qu'est-ce qu'on fait, nous ?
Qu'est-ce qu'on fait pour empêcher Le Pen d'arriver au second tour ? Qu'est-ce qu'on fait pour l'empêcher d'être présente au second tour ? Pourquoi devrions-nous accepter comme une donnée incontournable, comme une fatalité, qu'elle soit qualifiée au second tour et qu'il faudrait juste savoir qui serait face à elle ? Enfin, est-ce que nous aussi on aurait capitulé à ce point ? Enfin, c'est ça le défi qu'on doit avoir. Alors, travaillons. Travaillons chacun avec nos programmes, nos militants, nos candidats, pour aller reconquérir une majorité de nos concitoyens, pour faire grandir dans notre pays une majorité, pour rendre les valeurs de gauche majoritaires dans ce pays.
Faisons cet appel dès maintenant, faisons gagner cette majorité dès le premier tour, y compris derrière des candidats différents. Construisons dans notre pays une majorité de bonheur, de fraternité, de solidarité. Voilà le scénario que nous voulons écrire, nous, au Parti communiste français, et nous voulons l'écrire jusqu'aux élections législatives. Travaillons ensemble dans le respect de notre diversité, pour faire élire une majorité de gauche et écologistes à l'Assemblée nationale. C'est notre souhait, avec bien sûr un nombre important de députés communistes en son sein.
Je veux ajouter quelques mots sur la conception de la campagne des présidentielles que nous mènerons si les communistes en décident ainsi le 9 mai prochain. Cette campagne doit être l'affaire de toutes et de tous. Elle doit être ouverte sur la société, sur le monde du travail, ouverte à la jeunesse, à toutes celles et ceux qui se retrouvent dans notre proposition de pacte. Elle doit être ouverte à toutes celles et ceux qui veulent apporter leurs contributions, leurs idées. Nous devons nous y préparer dès maintenant. Si le 9 mai, le choix est fait, tous ensemble, de se lancer dans cette grande bataille, c'est pour gagner, c'est pour que nos idées, nos propositions l'emportent.
Il faut donc s'y préparer. Préparer ce grand débat national dans cet état d'esprit, celui du rassemblement le plus large. Oui, nous voulons convaincre des abstentionnistes déçus par la gauche, aujourd'hui convaincus que la politique ne peut pas changer leur vie, de revenir dans les urnes. Nous voulons convaincre des hommes et des femmes en colère de ne pas voter pour celle qui crie le plus fort, mais pour celui qui lui tend la main pour devenir un acteur du changement. Nous voulons convaincre des hommes et des femmes qui n'ont jamais voté pour nous et qui aujourd'hui ont pris conscience que les logiques de profit ont tué leur usine, notre industrie, parfois leur emploi.
Soyons audacieux autant dans les idées et les propositions que dans la pratique que nous mettons en œuvre. Nous avons une force que d'autres n'ont pas avec vous, avec ces 50 000 hommes et femmes militantes et élus de terrain implantés dans les entreprises, dans la vie associative, combatifs dans les communes, dans les départements, dans les régions, au Parlement. Nous devons créer partout des comités de soutien, les faire vivre, les ouvrir sur la société. Nous avons tous ces lieux qui existent, qui peuvent être autant de lieux demain ouverts sur la société, des lieux de campagne, de rassemblement, de débat.
Nous sommes tous présents aussi sur les réseaux sociaux qui doivent être mis au service de cette belle campagne pour faire vivre nos idées. rassembler, convaincre. Oui, nous pouvons construire cet espoir tous ensemble, avec le plus de nos concitoyens. C'est ce message que j'ai largement entendu dans notre conférence et je le partage pleinement avec vous ce midi. Alors, ayons cette ambition pour notre pays, pour la France, pour la République. Je vous remercie.
De bonnes années de la terre a changé de base.
Fabien Roussel