L'interview politique intégrale d'Eric Coquerel sur RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
l'Assemblée nationale, puisque hier soir, vous avez décidé d'autoriser l'examen d'une proposition de loi qui reviendrait sur la réforme des retraites. Ça commence à 9h30 aujourd'hui, ça sera examiné en commission. Toute la Macronie est vent debout contre vous désormais.
Ils vont même jusqu'à menacer votre poste. On va y revenir, mais d'abord sur le fond. Pourquoi avez-vous accepté cet examen qui revient sur une loi qui, on peut contester la manière dont elle a été adoptée, mais a été adoptée, a été promulguée ?
Au nom de la jurisprudence, de l'initiative parlementaire et du fait que cette loi ait égagé. Je vous explique rapidement deux choses. A l'Assemblée nationale, il y a deux types de lois qui arrivent.
Les projets de loi, c'est les plus fréquents, qui viennent du gouvernement. Et puis, il y a les propositions de loi qui viennent des parlementaires. Et notamment, une fois par an, seulement une fois par an, ces propositions de loi peuvent venir de groupes d'opposition.
Ça s'appelle des niches parlementaires. C'est la fameuse niche, le 8 juin, du groupe Liotte. Le groupe Liotte, c'est ce groupe, notamment de Charles de Courson, qui avait porté un rejet de cette réforme et qui, désormais, la font revenir un peu par la fête.
Voilà. Bien. Donc, c'est un droit qui, je veux dire, c'est le seul moment où les parlementaires peuvent, et notamment l'opposition, peuvent présenter des choses à l'Assemblée, le débat.
Et du coup, depuis 2009, il y a une révision constitutionnelle en 2009, assez importante, qui fait notamment que c'est le président de la Commission des Finances qui décide de l'article 40. Donc, Éric Ocrel. Avant, c'était la majorité via le bureau de la Commission.
Maintenant, ça a changé. Et bien, depuis 2009, on s'aperçoit qu'en réalité, il y a une jurisprudence de plus en plus établie. Elle s'est progressivement établie dans le temps, qui veut que quand vous avez une proposition de loi qui arrive, où manifestement, la dépense, le gage, qu'on appelle le gage, a été repéré par les auteurs et qu'un gage de charge est prévu, là, en l'occurrence, on va y venir, c'est un gage traditionnel qu'on utilise, qui est le gage sur les tabacs, eh bien, l'article 40 est appliqué de manière souple.
Alors, il est appliqué une première fois, ça se sait peu, mais dès le moment où la loi est déposée, le bureau de l'Assemblée nationale, où la majorité est majoritaire, qui est présidée...
En fait, il y a deux filtres, en quelque sorte. Voilà, il y a deux filtres. Le premier filtre la valide toujours, alors même que le règlement lui demande de le valider au nom, déjà, de ce fameux article 40.
Donc, le premier filtre était passé. C'est bon, le feu vert a été donné. Restait votre feu à vous.
Mais reste mon filtre à moi si des gens estiment devoir me saisir. C'est pas du tout obligatoire. Or, vous avez été saisi par la majorité, c'est le comble.
Or, figurez-vous, la majorité me saisit. Et depuis 2016, on constate que ça s'est tellement perdu dans le temps qu'il n'y a plus aucune majorité qu'a saisi un président de la Commission des Finances. Alors, vous me direz, peut-être qu'il n'y a pas de proposition de loi qui créait une charge.
Bah, si, justement. Il y a eu beaucoup de propositions de loi qui ont créé des charges. Rien que depuis le début de cette mandature, il y a six propositions de loi qui ont créé des charges, parfois de centaines de millions, voire de plusieurs milliards, et qui étaient assises sur le même gage, le fameux gage, c'est-à-dire le tabac.
Et pour autant, personne n'a trouvé rien à y redire depuis 2016. Donc, moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que la volonté de me saisir pour essayer de censurer et de faire en sorte que cette proposition de loi n'arrive pas en débat, c'est une volonté politique et partisane des membres de la majorité, pire, du gouvernement qui se mêle, à mon avis, de quelque chose qu'il ne regarde pas, c'est-à-dire le travail parlementaire, c'est-à-dire la séparation des pouvoirs dans ce pays, et qui décide de me saisir pour que ce texte n'arrive pas à l'Assemblée. Et s'il le fait, je termine là-dessus, s'il le fait, c'est pas, j'allais dire, par principe, pour vérifier que c'est bien légitime, c'est juste pour que ça ne soit pas soumis au vote, parce qu'ils se savent minoritaires.
En fait, pour vous, ils ont peur de ce vote ? Ils revoutent ce vote ? Vous avez bien vu que les ministres disent un peu partout qu'il est hors de question que l'Assemblée revote là-dessus, parce qu'ils sont minoritaires.
C'est toujours la peur qu'ils ont. Depuis longtemps, ils ont utilisé le 49-3, ils ont utilisé le procédateur du 47-1, à mon avis, qui n'était absolument pas adapté à passer un projet de loi. Cette mesure qui permettait des débats accélérés.
Accélérés, voire pas de vote. Ils ont fait ça, et là, maintenant, ils utilisent à chaque fois les règles, les lois, pour essayer de s'arranger avec le fait qu'ils ne sont pas majoritaires. Mais Éric Coquerel, l'argument que vous utilisez contre eux, tout ça est un peu technique, mais en même temps, c'est important aussi de rentrer vraiment dans le fond des armes juridiques, constitutionnelles, que vous avez les uns comme les autres.
La majorité, par la voix de Yaël Braun-Pivet, par la voix d'Elisabeth Borne, disent que vous ne jouez pas votre rôle, disent même que vous faites de la politique. Est-ce que vous faites de la politique ou est-ce que vous faites du droit ? J'ai compris que moi, je leur renvoie la parole.
Je pense qu'ils sont partisans. Vous dites un peu, c'est lui qui a commencé, mais non, c'est lui. Moi, depuis hier, une chose que je constate, c'est que j'ai donné un avis, j'ai fait une conférence de presse qui était même un peu rébarbative, mais je l'ai fait un peu volontairement pour montrer que je m'appuyais sur des arguments juridiques.
Vous avez développé vos arguments juridiques. Il y a six pages d'arguments juridiques et j'ai en face de moi des espèces d'arguments inaports. Alors Yaël Braun-Pivet, elle dit de vous, c'est un multirécidiviste de la posture anticonstitutionnelle, alors qu'il a un rôle institutionnel à tenir.
Sans entendu, vous n'êtes pas à la hauteur de votre rôle. Bah écoutez, je trouve que c'est un peu dommage que la présente de l'Assemblée ait ces mots-là. Je n'avais pas eu cette déclaration jusqu'à maintenant.
Elle a été quand même mesurée et elle a fait bien. C'est des mots qu'elle aurait tenus. C'est le journal Le Figaro ce matin qui explique qu'elle a tenu ces mots devant le groupe majoritaire.
Le Figaro qui précise également qu'elle l'a menacé de vous faire tomber. Elle a dit tout est possible et elle a précisé que votre poste serait de toute façon remis en jeu en septembre. De toute façon, en octobre, normalement, il peut y avoir des élections.
Il n'y en a quasiment jamais. C'est-à-dire qu'il est implicite. Moi, je n'ai jamais voté pour la reconduction d'Éric Wehr.
Ça se passe de manière implicite. Est-ce que quelqu'un est opposé ? Éric Wehr qui était votre prédécesseur à la présidence de la Commission des Finances.
Si maintenant la majorité ne supporte plus en réalité aucune contradiction, aucune opposition, ne supporte plus aucun contre-pouvoir. Parce que si le président de la Commission des Finances est de l'opposition, si le législateur l'a voulu, c'est pour instituer un contre-pouvoir sur le contrôle financier. Et par exemple...
C'était plutôt une démarche que vous soulignez, en disant justement que ça permettait...
Là, ce n'est pas ce gouvernement. La présidence de la Commission des Finances est traditionnellement donnée à l'opposition. Mais ça date de 2009.
Donc vous voyez que ça remonte. Si ce pouvoir, cette majorité, parce qu'en réalité, les minoritaires ne supportent plus les contradictions de l'LDH, ne supportent plus les contradictions de Justine Trier, ne supportent plus les contradictions...
Alors attendez, on va s'arrêter d'autre seconde. La LDH, c'est la Ligue des Droits de l'Homme. Justine Trier, c'est...
Voilà. Ils ne supportent plus les contradictions de la présidence de la Commission qui, par essence, est dans l'opposition. Donc n'obéit pas au moindre coup de sifflet de la majorité quand il lui intime l'ordre, sans aucun argument, de déclarer irrecevable une proposition de loi sur laquelle, lui, il a beaucoup d'arguments pour montrer qu'elle est irrecevable.
Et j'ai vu qu'hier, Anne-Charlène Belzina, qui est une constitutionnaliste, a commencé à me donner raison. Vous allez voir que d'autres vont le faire. Je pense qu'on a un problème.
Et je pense que ce problème, il a un nom. On a un problème vis-à-vis de la démocratie parlementaire, avec ce qu'est en train de faire la Macronie. Parce que minoritaire, elle va chercher dans les règlements, les lois, alors parfois à la limite de la légalité, ce qui lui permet de passer des textes sans vote.
Et bien moi, ça ne me rassure pas. Je ne connais pas beaucoup de démocratie parlementaire dans le monde qui ont comme ça l'utilisation du 49.3, l'utilisation du 44.3, maintenant l'utilisation de l'article 40, ce qui pose d'ailleurs, à mon avis, aussi un problème du régime qui le permet, c'est-à-dire celui de la Vème République.
Alors évidemment, vous faites partie de la France Insoumise, qui prône une VIème République. Éric Coquerel, si on déroule le fil des prochains jours, aujourd'hui, il y a donc ce texte qui sera examiné en commission. La majorité espère que le texte saute, qu'il n'aille pas jusqu'à le 8 juin prochain, l'hémicycle et ce débat, et donc ce vote.
Est-ce qu'ils ont encore des armes juridiques pour empêcher de ce texte d'aller jusqu'au bout la semaine prochaine ? Apparemment, ils en ont une, qui est une zone grise, là aussi, qui n'aurait jamais été faite. C'est si ce matin, par exemple, il y a ce qu'on appelle un amendement de suppression qui est voté, ce matin en commission des affaires sociales, qui examine d'abord cette proposition de loi.
S'il y a un amendement de suppression qui est voté, il faut dire encore qu'il soit voté, inévitablement, le groupe Liot va vouloir le rétablir sur le texte initial. Moi, je vais le déclarer recevable, en lien avec mon premier choix. Et à ce moment-là, parce que c'est un amendement, la présidente de l'Assemblée peut décider qu'il est irrecevable.
En fait, elle peut faire sauter un amendement alors qu'elle ne pouvait pas faire sauter une proposition de loi. Mais tenez-vous bien, ça serait inédit. Ça n'est jamais arrivé.
Et pourquoi ça n'est jamais arrivé ? Parce qu'il y a une règle, communément admise, qui fait qu'on ne revient pas sur une décision à partir du moment où ça restaure le texte initial. Et en plus de ça, en faisant ça, Yael Bond-Pivet se mêlerait, en réalité, d'un article, le fameux 89.4, qui me donne la prérogative sur le fait de décider ou non de la recevabilité de la proposition de loi, finalement, elle finirait par faire ce qu'elle a refusé au début.
Parce que, vous me parlez d'Yael Bond-Pivet, j'étais un peu étonné sur ses déclarations. Pourquoi ? Parce qu'elle aussi a subi des pressions importantes.
Et même des pressions de l'exécutif, ce que je trouve absolument sidérant. Lui intimant l'ordre de réunir le bureau de l'Assemblée qui avait donné le premier feu vert pour se déjuger, ce qu'elle a refusé. Bon, je serais...
Très franchement, moi, je l'interroge aujourd'hui, malgré les déclarations que vous mettez, ce n'est pas très agréable, notamment parce qu'elle n'a pas le pouvoir de décider, par exemple, de me remplacer à la présidence de la commission des finances. Ça ne se passe pas comme ça. C'est l'opposition qui décide, puisque c'est élu par l'opposition.
Donc, il faudrait qu'il y ait une opposition majoritaire qui décide de me remplacer. Ce qui, à mon avis, n'est pas fait. Eh bien, la présidence de la commission de l'Assemblée, moi, je pense qu'elle a eu aussi une pression et qu'elle continue à avoir une pression pour arriver à trouver les moyens que ce texte n'arrive pas au vote.
De qui, la pression ? De la majorité. On sait qu'il y a eu un...
Enfin, la majorité, c'est elle. Attendez, c'est elle, la présidence de l'Assemblée. Vous savez très bien qu'il y a aussi des désaccords dans cette majorité.
Tout le monde, j'allais dire, ne le présente pas. Mais alors, qui met la pression ? Exactement, Mme Borne a fait...
Manifestement, il y a eu une réunion il y a deux semaines à Matignon avec Mme Borne, avec Mme Aurore Berger, avec les présidents de groupe, avec le rapporteur général, avec Yael Bond-Pivet pour lui intimer l'ordre de faire ça. Ce qu'elle n'a pas fait. L'Ourop-Berger, ici même à ce micro, parce qu'il y a aussi le combat syndical, L'Ourop-Berger disait que lorsqu'il a enfin rencontré Elisabeth Borne à Matignon, l'un des points qu'il voulait aborder avec elle, c'était de lui dire, par pitié, laissez ce vote exister, laissez ce moment vivre.
Et quelques heures après cette réunion, Elisabeth Borne a en effet déclaré sur le perron de Matignon que cette proposition de loi, elle estimait qu'elle n'était pas recevable. Ils ont donc encore quelques outils, même si vous dites que c'est une zone grise. Yael Bond-Pivet, encore une fois, a dit qu'elle prendrait, je cite, ses responsabilités pour permettre que ce texte ne soit pas examiné.
Mais si on est tout à fait honnête, et pour l'instant, vous avez l'air de vouloir avoir des arguments très juridiques, justement. Vous le savez, même si ça passait dans l'hémicycle, ça ne passerait pas le Conseil constitutionnel. — Attendez. — Donc en fait, tout ça... — Non, non, ce n'est pas le Conseil constitutionnel.
Pourquoi ça ne passerait pas le Conseil constitutionnel ? — Ça ne passerait pas au Sénat, ça ne serait pas... — Ça c'est autre chose. — Le cheminement, le cheminement de toute façon... — Mais si c'était aussi... — C'est presque pour du beurre. — D'accord.
Alors si c'était pour du beurre, expliquez-moi pourquoi la majorité mettrait autant d'énergie à faire en sorte que pour la première fois, elle empêche un texte d'aller...
Une proposition de loi... — Peut-être parce que ce serait un camouflet de se retrouver en minorité.
Mais sur le fond, elle n'a pas grand-chose à craindre. — Ça ne serait pas seulement un camouflet. Ça serait le fait que...
C'est la démonstration qu'à l'Assemblée nationale, il n'avait pas de majorité pour faire passer ce texte. Et moi, dans cette histoire...
Vous savez ce que je défends ? Je défends la démocratie parlementaire. J'y reviens.
C'est un problème de fond. D'accord ? Je dépends.
J'entends depuis hier que je serais quelque part un dynamiteur des institutions. Eh bien moi, je suis pour faire en sorte que la démocratie parlementaire vive parce qu'elle est plus importante que la majorité actuelle qui lui donne des coups incessants. Et ce dernier coup l'est.
Donc s'ils n'ont pas peur d'aller au vote, si c'est finalement quelque chose qui compte pour du beurre, etc., ce qu'ils vendent un peu partout, etc., eh bien qu'ils aillent au vote.
Là, on verra bien. Moi, je vais vous dire pourquoi ils auront peur. C'est qu'à partir du moment où à l'Assemblée, ce texte est minoritaire, il y a un regain de mobilisation sociale pour faire en sorte que ce texte ne soit pas appliqué parce que les décrets d'application de ce texte, eux, ne sont toujours pas faits.
Ça remobiliserait ? Quand vous dites que les textes d'application ne sont pas encore publiés, ça veut dire qu'il reste encore la possibilité peut-être de ne pas les avoir, de ne pas avoir l'application. Entre-temps, donc il y a le 8 juin à l'Assemblée, mais le 6 juin, deux jours avant, il y a un appel à la mobilisation et aux manifestations, à la fois de la part d'une partie de la gauche, mais aussi des syndicats.
Ce n'est pas très, très bien parti. Alors, il y a, juste pour l'information, on fait déjà aussi un rassemblement d'UPS tout à l'heure à 13 heures invalides pour soutenir ce qui va se passer. Allez-y, faites votre petite pub, vous pouvez lancer un failleur.
C'est normal. Non, non, c'est de bonne guerre. Voilà, c'est de bonne guerre.
Et le 6, pourquoi ce n'est pas bien parti ? On sent bien qu'ils...
Et d'ailleurs, les syndicats eux-mêmes le redoutent, disent le redouter. C'est difficile. Et d'ailleurs, vous-même, vous l'avez dit à l'instant, Éric Coquel, quand vous dites ce que redoute la majorité, c'est qu'avec ce vote le 8 juin, ça redonne un peu, ça remette un peu de charbon dans la mobilisation, que ça redonne des ailes à la mobilisation, que ça remotive les troupes.
Le 6 juin, deux jours avant, ça va être plus difficile. On verra bien. On se fera peur après si c'est le cas.
Pour l'instant, toutes les mobilisations qui ont eu lieu, elles ont été des succès. Avec des degrés un peu différents, mais elles ont été massives, j'allais dire, par rapport à d'autres manifestations dans le passé. Moi, je suis sûr que le 6 juin, vous allez voir, il va y avoir beaucoup de monde dans la rue, parce que cette réforme, elle n'est toujours pas acceptée par les Français.
Et ils ont raison, parce que non seulement elle est injuste, non seulement elle est forte à travailler deux ans de plus, mais en plus, elle ne règle absolument pas les problèmes. Vous savez, je reviens sur un des points. J'ai dit tout à l'heure qu'un texte devait être gagé pour pouvoir être admis, pour pouvoir avoir une application souple.
Ce texte est gagé sur ce qu'on appelle la taxe tabac. C'est une tradition. Et puis après, le gouvernement peut juger qu'il la remplace.
En gros, il est financé. En gros, ça rapporte 14 milliards par an. Et puis, on a un gouvernement qui nous dit depuis quelque temps mais comment en réalité c'est un coût pour l'État de 15, 18, 20 milliards, 22, enfin, n'importe quel chiffre est avancé.
La Cour des comptes vient de publier un rapport qui nous explique que jusqu'à fin 2024, cette réforme va coûter de l'argent. Et qu'après, en 2030, au mieux, elle va rapporter 7 milliards d'économies nettes. La conclusion de la Cour des comptes, c'est que ça risque de ne pas suffire.
Il risque d'y avoir toujours des problèmes. Et donc, on a d'un côté un gouvernement qui pourrait très bien nous dire qu'il faut trouver des recettes. Notamment, par exemple, assises sur les revenus du capital.
Donc, vous, ce n'est pas juste un argument ou un prétexte, cette histoire de taxes tabac ? C'est une option ? Non, c'est une option.
Plus le fait que les initiateurs de la loi, quand même, ont prévu une conférence de financement qui, à mon avis, serait plus réaliste au bout d'un an pour justement permettre de financer réellement et d'aller chercher de nouvelles recettes. Nous, on propose qu'il y ait moins d'exonérations aujourd'hui que des cotisations qui sont faites. On propose d'aller assujettir les revenus du capital ou même cotisations que les revenus du travail.
Et là, on aurait réellement suffisamment de recettes pour équilibrer, même revenir à la retraite à 60 ans. Éric Coquerel, Emmanuel Macron, en Conseil des ministres hier, a pris trois cibles en quelque sorte. Mais la première, c'était les arguments d'Elisabeth Borne contre le Rassemblement national.
Elisabeth Borne, dimanche, avait dit que le parti était héritier de Pétain, porteur, selon elle, d'une idéologie dangereuse. Le combat contre l'extrême droite ne passe pas par des arguments moraux, aurait dit Emmanuel Macron hier. C'est ce que ses proches ont fait savoir à toutes les rédactions de France.
Vous n'arriverez pas à faire croire à des millions de Français qui ont voté pour l'extrême droite que ce sont des fascistes. Le Figaro dit que le président a été extrêmement sec en recadrant Elisabeth Borne. Déjà, j'observe qu'il a besoin de recadrer Elisabeth Borne, ce qui en dit est quand même long sur le couple de l'exécutif, comme on dit, qui montre qu'on a une majorité qui est fragilisée.
Deuxièmement, je ne sais pas très bien pourquoi il fait ça. Manifestement, en plus, il veut le faire savoir. Parce que si, en gros, ce que ça veut dire, c'est que l'extrême droite, ce n'est plus l'extrême droite.
C'est qu'elle ne s'assoit plus sur des origines qu'on connaît, qui sont celles, effectivement, qui ont...
Alors, il ne dit pas, il ne faut être très précis, il ne dit pas, ce n'est pas l'hérifié de Pétain. Il dit, ce n'est pas un bon argument. Il dit, ce n'est pas une bonne manière de contrer l'ERN et ce sont les arguments des années 90.
J'ai lu le verbatim, j'ai lu un peu plus que ça. Voilà, j'ai lu un peu plus que ça. C'est quoi ?
Il légitime l'ERN pour vous ? Je ne dis pas qu'il légitime l'ERN, mais il fait ce que... fait la politique de ce gouvernement depuis un certain moment.
Il banalise les idées du RN. Ça, oui, sans arrêt. D'ailleurs, regardez, c'est M.
Dussop, je crois, qui expliquait que...
Le ministre du Travail. Voilà, le RN, finalement, et les France Insoumises étaient finalement pires que le RN. Donc, il banalise, en nous attaquant, nous, il banalise souvent le RN.
Et si Emmanuel Macron fait ça, je ne peux pas, moi, m'empêcher de penser qu'il a envoyé comme ça des signaux depuis quelques temps en prenant les propos de Maurras, expliquant que... réhabilitant Pétain d'une certaine manière.
Bon, et moi, je ne sais pas jusqu'où ça va. Parce que si...
Ça veut dire quoi, je ne sais pas jusqu'où ça va ? Je vais vous expliquer. Si vous décidez que le RN devient fréquentable, vous le banalisez, vous expliquez d'une longue tradition de l'extrême droite.
Mais pourquoi pas d'alliance avec lui ? Quelle est aujourd'hui la limite vis-à-vis du RN ? C'est le souhait ou la stratégie d'Emmanuel Macron ?
Je n'en sais rien. Il faut lui poser la question parce que là, ça devient concordant. Et comme, contrairement à ce qu'on dit, la majorité vote plus de textes avec le RN que le RN n'appuie de textes qui sont issus de la gauche.
Je dis ça parce que nous ne votons, nous, jamais, de textes qui sont proposés par le RN. Vous vous dites que c'est peut-être préparer les choses quand il y a une alliance Macron-RN contre la France. En tout cas, manifestement, il envoie des signaux qui me laissent perplexe.
Encore une fois, au niveau des législatives, par exemple, il n'y a pas eu une seule consigne simplement de ne pas mettre un bulletin de vote Rassemblement national quand un candidat du Rassemblement national était face à un candidat de la NUPES alors que l'inverse, ce n'est pas vrai. Donc voilà, ils sont en train de casser des murs qui existaient depuis longtemps notamment que Jacques Chirac avait établi très clairement. Ils avaient de bonnes et l'avaient rétabli.
Oui, mais Emmanuel Macron manifestement n'a pas cette même optique et donc, comme d'un autre côté, il y a ce que j'appelle une droitisation de ce pouvoir sur bien des aspects, vous me permettrez de m'inquiéter. Éric Coquerel, il y a une autre personne qui s'est prise un scud comme on dit du président en Conseil des ministres hier. C'est Justine Triet qui a gagné la Palme d'Or qui s'était exprimée en direct en disant qu'il y avait eu cette contestation extrêmement puissante contre la réforme des retraites.
Elle avait dit ce schéma de pouvoir dominateur de plus en plus décomplexé éclate dans plusieurs domaines socialement mais aussi dans toutes les autres sphères de la société. Le cinéma n'y échappe pas et voilà ce que lui répond Emmanuel Macron. Pour une fois qu'on gagne quelque chose, si on pouvait éviter de tout gâcher et d'attenter à l'image de la France à l'international.
Pour une fois qu'on gagne quelque chose, je suis étonné que Emmanuel Macron n'ait toujours pas tweeté sur le fait que c'était la troisième Palme d'Or pour une réalisatrice, la deuxième Palme d'Or pour une réalisatrice française, qu'il y a longtemps qu'il n'y avait pas une Palme d'Or pour une réalisatrice française et qu'il n'a toujours pas tweeté là-dessus et que sa mise de la culture au lieu de célébrer en priorité ça, a cru bon déclencher une polémique parce qu'elle n'a pas apprécié et quand même vous admettrez avec moi une tradition quand même qui se fait qu'une artiste dise tout le mal qu'elle pense de la politique du gouvernement qui est à la fois une question de liberté d'expression et ils l'ont fait de la manière la pire en plus. On est comme si quelque part l'argent public...
Et en même temps sur le fond l'argent public on ne peut pas dire...
Quand Justine Piedi la marchandisation de la culture que le gouvernement néolibéral défend est en train de casser l'exception culturelle française vous êtes président de la commission des finances vous savez bien qu'il y a beaucoup de nos finances qui vont notamment pour le cinéma. Non, vous vous trompez ce ne sont pas des finances publiques qui vont au cinéma c'est le CNC qu'est-ce que c'est que le CNC ça a été créé après la deuxième guerre mondiale pour faire en sorte que sur chaque entrée du cinéma c'est-à-dire ce qui est produit en réalité par le monde du cinéma par les travailleurs du cinéma Donc pour vous la mise d'agriculture aurait dû juste se faire ? Tout ça soit mis dans une collecte qui permet justement qu'on n'ait pas seulement des films américains donc c'est pas l'argent public et c'est encore moins l'argent de ce gouvernement où on a l'impression que c'est lui qui met l'argent et que du coup il suffirait parce qu'il met l'argent qu'on se taise en face de lui ce n'est pas supportable ce n'est pas acceptable et moi je pense que oui il y a des tentatives si vous regardez bien les budgets de la culture qui sont sans arrêt en baisse si vous regardez bien ce qui est fait au niveau des plateformes ce qui vous regardez bien certaines déclarations je pense notamment à Robert G et bien il y a des tentatives d'en finir avec l'exception française Eric Coquerel président de la commission des finances à l'Assemblée nationale je vous laisse filer puisque à 9h30 vous commencez donc l'examen de ce fameux 9h15 ce fameux texte donc de proposition de loi contre la réforme des retraites il est 8h53 et vous êtes bien sur AMC et BFM TV Merci Apolline de Malherbe dans quelques instants nous irons à Nantes où plusieurs fusillades ont eu lieu ces derniers jours sur fond de règlement de compte entre trafiquants de drogue et puis la politique ça se tend à nouveau d'abord sur les retraites vous l'avez bien compris et puis aussi autour des propos d'Elisabeth Borne sur le rassemblement national ce matin Jordan Bardella demande des excuses à la première ministre à tout de suite il faut un vrai savoir-faire pour fabriquer des matelas c'est quelque chose qui est assez pointilleux il faut vraiment bien savoir utiliser les machines avoir une certaine dextérité aussi avec ses mains moi c'est Modaz et je suis co-dirigeante de l'entreprise Matelanostress je suis Thibault Haz donc je suis gérant de l'entreprise Matelanostress chez Matelanostress c'est la fibre familiale c'est notre père qui a créé l'entreprise il y a plus de 10 ans se créer pour fabriquer des matelas c'est un peu comme en cuisine on va chercher les meilleurs ingrédients qui existent ce qui nous différencie c'est le savoir-faire le sur-mesure on fabrique tout ici de Tourcoing on distribue partout en France les matières qu'on utilise sont nobles et naturelles vraiment on choisit nos matières avec attention nous on vend à 95% en ligne donc le digital c'est vraiment notre quotidien FreePro c'est notre fournisseur d'accès ça nous a permis de travailler dans des meilleures conditions avoir accès à la fibre avoir une connexion au débit ce qui nous plaît sur l'accompagnement FreePro c'est vraiment la transparence il n'y a pas de surprise à la fin du mois on sait combien on va payer on a vraiment besoin de FreePro au quotidien
Éric Coquerel