L'invité d'Adrien Gindre du 07 décembre 2023 : Renaud Muselier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites aux Républicains ce matin ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Le texte du Sénat vous convient bien.
- 2:31OuverteRéponse directe
Vous avez l'impression de 17 députés qui avaient dit il y a quelques jours, on est prêt à voter le texte.
- 3:08OuverteRéponse directe
Vous, vous considérez qu'il y a urgence à avoir un nouveau texte maintenant ?
- 4:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous vous dites sur l'accord franco-algérien ?
- 6:36OuverteRéponse directe
Vous voyez quand même d'un bon œil qu'il y a une petite pression pour que le gouvernement bouge à ce sujet.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Je dis aux Républicains de l'Assemblée, mais regardez ce qu'ont fait les Républicains du Sénat. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Je constate qu'il y a des Républicains au Sénat qui ont voté un texte qui est vraisemblablement le plus dur, qui a pu être appliqué ou voté. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Enfin, on arrive dans ce texte à expulser, par exemple, des gens qui ont fait des incivilités, des horreurs, dans tous les sens, qu'ils soient mineurs quand ils sont rentrés, qu'ils soient mariés. »
- 1:14Invité politiqueFait
« On donne la possibilité à la police de prendre les empreintes. »
- 1:42Invité politiqueFait
« En tout cas, le débat parlementaire, il doit s'engager. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Gérald Darmanin fait un travail remarquable. Il écoute, il modifie, il arrive à trouver des solutions collectives là-dedans. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Donc, ça ne fonctionne pas. C'est une incohérence politique. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Ils disaient, oh, dites-moi les Parisiens là-bas, ça suffit, vos histoires. Nous, on en a besoin de ce texte en bas. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Quand on a, en face de nous, dans mon hémicycle, du Rassemblement National au Front National, qui m'explique toute la journée qu'il faut laisser les migrants, mais à Briançon, quand vous avez l'hiver, par des passeurs et qui sont dans le froid, dans la neige, avec des femmes enceintes, qu'est-ce que vous faites, là, sur le plan humain ? »
- 5:09Invité politiqueFait
« Moi, je suis assez favorable à cette démarche. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Il y a quelque part une loi d'exception dans la loi 68 avec l'Algérie qui se doit d'être traitée. »
- 8:02Invité politiqueFait
« On n'est pas obligé de légiférer tout le temps quand même. »
- 8:17Invité politiqueFait
« C'est un Français, je dirais quelque part normal, qui s'est radicalisé, qui a été traité, qui était fou, et qui s'est déradicalisé et qui ne s'est plus traité, et qui a fait cet acte odieux, ignoble, abject. »
- 10:49Invité politiqueFait
« L'État français, nous devons tous avoir une extrême vigilance. »
- 11:55Invité politiqueFait
« Moi, je le suis plus que lui, c'est clair. C'est le problème du verre d'eau à moitié plein ou à moitié vide. »
- 19:22Invité politiqueFait
« D'abord, il ne faut pas tout dramatiser tout le temps. »
- 20:14Invité politiqueFait
« Le travail que me fait M. Attal est tout à fait remarquable très tôt dans ce domaine-là. »
- 21:36Invité politiqueFait
« Ils ne cherchent pas à justifier leur comportement pro-Poutine ou pro-Russe. »
- 21:50Invité politiqueFait
« J'étais à moins de 15 dans ma région face à quelqu'un M. Mariani qui est sur la liste des européennes et qui est pro-Russe. »
Temps de parole
- Renaud Muselier68 %
- Présentateur32 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et l'invité ce matin, c'est Renaud Muselier. Bonjour. Bonjour. Président de la région Sud, Provence-Alpes-Côte d'Azur. On va parler bien sûr de votre région dans un instant. On va d'abord parler de ce qui se passe aujourd'hui en ce moment au Parlement, avec toujours à l'Assemblée nationale l'examen de ce projet de loi immigration proposé par le gouvernement et ce refus des Républicains, vos anciens camarades de parti. Ce sont eux qui tiennent les clés. Hier, Éric Cioti, le patron du parti, a dit « Nous ne voterons pas le projet de loi tel qu'il a été adopté en commission des lois à l'Assemblée ». Qu'est-ce que vous lui dites ? Qu'est-ce que vous dites aux Républicains ce matin ?
Je dis aux Républicains de l'Assemblée, mais regardez ce qu'ont fait les Républicains du Sénat.
Ils ont voté un texte, le leur, qu'ils ont réécrit.
Oui, mais qui est quand même... C'est la même famille, quand même. Je constate qu'il y a des Républicains au Sénat qui ont voté un texte qui est vraisemblablement le plus dur, qui a pu être appliqué ou voté. Quand j'étais au RPR, puis à LR, on en a rêvé d'ôter un texte comme ça. On en a rêvé. Aujourd'hui, il arrive. Il arrive. Et donc, pour des postures, on se retrouve dans une situation où il refuse de le voter. Enfin, on arrive dans ce texte à expulser, par exemple, des gens qui ont fait des incivilités, des horreurs, dans tous les sens, qu'ils soient mineurs quand ils sont rentrés, qu'ils soient mariés. On donne la possibilité à la police de prendre les empreintes.
Vous vous rendez compte de ce que ça représente ?
Si il vous convient, vous, c'est le texte tel qu'il a été voté au Sénat. Le texte du Sénat vous convient bien. Parfaitement. Donc, c'est aussi un appel à la majorité présidentielle de dire, plutôt que de tout remodifier, on peut aussi travailler avec le texte du Sénat, qui était très bien.
Oui, exactement. Et d'ailleurs, si la LR, sur le plan politicien, ils avaient été un peu malins de l'Assemblée, ils auraient dit, tiens, on vote celui du Sénat. Et ça aurait été passé tranquille. Et ça aurait été presque le texte de la LR, en fait.
Donc, vous dites aux députés LR, votez un texte, et aux députés de la majorité présidentielle, conservez le travail du Sénat. Ne détricotez pas tout.
En tout cas, le débat parlementaire, il doit s'engager. Mais la réalité, s'ils veulent jouer sur le plan politique, les LR de l'Assemblée, ils n'avaient qu'à voter le texte du Sénat. Aujourd'hui, Gérald Darmanin fait un travail remarquable. Il écoute, il modifie, il arrive à trouver des solutions collectives là-dedans. Il se retrouve systématiquement dans une posture de négation. C'est la politique du pire. Donc, on ne peut pas avancer avec des gens qui ne veulent pas avancer. C'est impossible. Pour autant, ils ont un discours extrêmement violent. Donc, ça ne fonctionne pas. C'est une incohérence politique.
Et d'ailleurs, à l'intérieur de l'Assemblée nationale, il y a des LR raisonnables, comme j'étais, qui ont signé quand même une tribune en disant, mais ça va, il faut avancer, il faut trouver des solutions.
Vous avez l'impression de 17 députés qui avaient dit il y a quelques jours, on est prêt à voter le texte. Bon, bien sûr, avec des conditions.
Et puis, moi, j'ai fait une tribune avec deux maires de la région Provençal-Côte d'Azur, que ce soit le maire de Menton, qui est en ligne directe, que ce soit le maire de Briançon, qui est en ligne directe avec ses problèmes d'immigration. Ils disaient, oh, dites-moi les Parisiens là-bas, ça suffit, vos histoires. Nous, on en a besoin de ce texte en bas. On a besoin pour nos commerces, on a besoin pour nos frontières, on a besoin pour la paix de nos concitoyens, on a besoin pour la République. Donc, laissez-nous travailler, votez le texte.
Vous dites ça parce que votre région aussi est une région frontalière qui voit, pour le coup, des migrants arriver, notamment par l'Italie. Vous avez le sentiment, en fait, c'est un peu ce qu'on comprend quand on vous lit dans cette tribune, que le terrain n'est pas écouté, qu'on ne voit pas la réalité de ce qu'est l'immigration. Vous, vous considérez qu'il y a urgence à avoir un nouveau texte maintenant ?
Mais nous, en plus, on est sur un territoire, vous l'avez souligné, chaque fois qu'il y a un reportage que vous faites, c'est chez nous, c'est dans le sud, dans le sud-est. C'est-à-dire qu'on se retrouve dans la situation où nous, on est frontaliers. Alors après, il y a le problème européen, mais en attendant sur les lois qui sont en France, on a besoin de ce texte. Les maires frontaliers ont besoin de ce texte. Les migrants ont besoin de ce texte. Les policiers et les douaniers ont besoin de ce texte.
Parce que quand on a, en face de nous, dans mon hémicycle, du Rassemblement National au Front National, qui m'explique toute la journée qu'il faut laisser les migrants, mais à Briançon, quand vous avez l'hiver, par des passeurs et qui sont dans le froid, dans la neige, avec des femmes enceintes, qu'est-ce que vous faites, là, sur le plan humain ? Or, le texte apporte une réponse à ça, et c'est une raison pour laquelle il faut voter. Et c'est la raison pour laquelle le maire de Briançon et le maire de Menton ont signé ce texte.
Si Gérald Darmanin vous écoute ce matin, il doit être content de vous entendre défendre avec tant d'ardeur et de vigueur ce texte. Je rappelle que vous aviez été l'auteur d'un lapsus très commenté à Tourcoing, où vous l'aviez appelé Monsieur le Premier ministre.
Oui, mais Gérald, vous savez, moi je suis un peu plus vieux que tous, là, maintenant, parce que c'est presque un ancien dans la vie politique, Gérald, je l'ai vu grandir, je l'ai vu avancer, dans notre ancienne famille politique, il est aujourd'hui aux manettes, il apporte des réponses qui sont, que l'on aurait dû, ou que l'on aurait pu apporter à l'époque, et qu'on n'avait pas la capacité de faire. Aujourd'hui, il apporte. Alors, il faut le nuancer, il faut l'amender, il faut tenir compte de la majorité présidentielle dans laquelle il y a des sensibilités différentes. Il le fait, ce travail.
Bon, mais il faut l'aider, arriver à le faire, sans avoir un dogme partisan que le LR de l'Assemblée a, alors que le LR du Sénat n'ont pas.
Il y a un petit tos, quand même, pour le gouvernement, sur un point précis, qui est l'accord franco-algérien. Il y a une niche parlementaire aujourd'hui, je rappelle, donc, pour nos téléspectateurs, c'est le jour où les Républicains disposent de l'ordre du jour, font les propositions qu'ils souhaitent. Eux, ils veulent mettre fin à cet accord entre l'Algérie et la France, avec le motif que, de leur point de vue, ça crée des règles trop favorables à l'immigration venue d'Algérie. Il faut dire que c'est une demande qui avait aussi été faite dans la majorité présidentielle par Édouard Philippe et par des membres d'Horizon. Qu'est-ce que vous vous dites ?
Moi, je suis assez favorable à cette démarche. Donc, le premier qui a soulevé vraiment le problème de façon très officielle, c'est Édouard Philippe, et qui a dit, là, il y a quand même un petit problème. C'est-à-dire que vous pouvez traiter, dans sa globalité, la loi sur l'immigration avec tout ce que ça représente. Et je suis favorable aux ex, mais pas réellement à ça. Il y a quelque part une loi d'exception dans la loi 68 avec l'Algérie qui se doit d'être traitée. Et moi, je suis assez favorable. Après, il faut voir là-dedans ce qu'ils retraitent, quand même, parce que c'est quand même des relations bilatérales qui sont hypersensibles. Mais oui, il faut la retravailler.
Il y a une différence, effectivement, entre mettre fin à l'accord, comme disent les Républicains, ou un avenant, comme évoque le Premier ministre, avec éventuellement des aménagements.
C'est-à-dire que c'est toujours le problème un peu des Républicains. C'est-à-dire que c'est non à tout. Tout de suite, immédiatement. Nos relations avec l'Algérie sont hypersensibles. Le nombre de franco-algériens dans notre pays sont très nombreux. Il est nécessaire de faire évoluer cette loi et de la modifier parce qu'il y a des paramètres dans ce dispositif qui a été voté à l'époque qui sont aujourd'hui inadaptés. 68, ce n'est pas maintenant.
Et en 2023 ou 2024, il est absolument nécessaire de le revisiter pour toutes sortes de raisons, de démographies, de respect de la législation, des relations bilatérales, des relations euro-méditerranéennes qui font en sorte que ce contexte diplomatique multilatéral du bassin méditerranéen vis-à-vis du Maghreb et de l'Europe fait en sorte que la France se doit de revisiter ce truc, mais pas de l'annuler.
Vous avez remarqué, certains de nos confrères médias disent que le chef de l'État est agacé qu'il y ait cette discussion à l'Assemblée et qu'on s'ercie du domaine du Président. Je n'avais pas compris que la politique étrangère de la France était définie au Parlement. Bon, vous, vous voyez quand même d'un bon oeil qu'il y a une petite pression, un petit rappel pour que le gouvernement bouge à ce sujet.
Non, mais les lois, ce sont les lois parlementaires et la politique étrangère, c'est sous l'autorité du Président de la République. Mais néanmoins, le gouvernement français m'a donné la possibilité en tant que Président de région de faire Méditerranée du futur qui est le relationnel entre les Wallis, Wallaya, Gouverneura de tout le bassin méditerranéen où les problèmes d'eau, les problèmes de pollution, les problèmes de démographie, c'est des problèmes de territoire, c'est des problèmes de proximité.
Et sans, j'étais aux affaires étrangères, sans pénaliser ce qui se passe et en soutenant l'action de notre pays respectivement avec ses différents responsables territoriaux, faire en sorte que nous, on a besoin de traiter nos populations. D'où aussi le débat du travail et de la proximité et de l'efficacité.
J'ai évoqué la Première Ministre, elle a accordé un entretien au confrère de Figaro. Elle est aussi interrogée sur les suites de l'attentat de Paris samedi dernier et sur les mesures. Bon, la justice va faire son travail, on a appris hier d'ailleurs la mise en examen, le placement des tensions provisoires à l'isolement de l'auteur présumé de l'attaque. Il y a la question maintenant de ce que le gouvernement, les parlementaires peuvent faire. Elle dit qu'il est hors de question de baisser les bras face au terrorisme.
Et en même temps, sur la rétention de sûreté, qui est revenue dans le débat, qui est proposé par plusieurs personnalités de l'opposition, elle dit que toutes les propositions peuvent être sur la table, mais il faut que chacun se penche sur les textes adoptés. Elle fait allusion à la loi de 2021 qui permet déjà un suivi judiciaire. Bon, donc qu'est-ce qu'on fait ? On fait quelque chose ou on ne fait rien ?
On n'est pas obligé de légiférer tout le temps quand même. Dans cette attaque-là, on a quand même quelqu'un qui est un fou. Un mot à mot quand même. C'est un fou qui ne soit mieux pas.
C'est un malade psychiatrique avant d'être un terroriste.
C'est un Français, je dirais quelque part normal, qui s'est radicalisé, qui a été traité, qui était fou, et qui s'est déradicalisé et qui ne s'est plus traité, et qui a fait cet acte odieux, ignoble, abject.
Mais j'imagine que vous entendez dans votre région des concitoyens qui disent « Mais comment vous pouvez nous dire qu'on ne peut rien faire face à ça ? On ne va pas vivre la chronique d'attentats tous les jours, c'est aussi ce qu'on entend. »
Bien entendu, mais on n'a pas tous les fous dans la nature tout le temps quand même. Donc on ne peut pas mettre un policier à chaque fou quand même. Même s'il dérape à un moment ou un autre, on a toutes sortes de faits divers aussi qui sont faits par des gens qui sont psychologiquement gravement atteints, et ça ne devient pas, un fait divers devient un fait d'État. Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose. Et donc dans cette législation, il y a le côté de la psychiatrie et il y a le côté du terrorisme. Dans le côté du terrorisme, et notamment dans la loi de l'immigration, il y a des réponses qui sont apportées, notamment dans les...
Sur l'expulsion, notamment dans les gens radicalisés. Donc on ne peut pas d'un côté dire « il faut durcir » par rapport à ce cas épouvantable, odieux, ignoble, et ne pas vouloir voter la loi sur l'immigration. Je pense qu'il y a des incohérences. Il faut être cohérent dans la démarche.
Mais vous ne voyez pas, vous, d'urgence, si je comprends bien, à dire « on change nos règles d'enfermement ou de suivi des terroristes, par exemple après leur sortie de prison, parce que lui avait fait de la prison ? »
Oui, mais lui, il était déradicalisé et il était fou. Alors c'est quoi ? C'est les fous qu'il faut traiter ou c'est les déradicaliser ? Et comment il était suivi ? Parce que là, en l'occurrence, il a été suivi. Ce n'est pas un qui est sorti de la nature, qu'on n'a pas vu venir. Celui-là, on l'a suivi, il a été traité, on l'a organisé. Il avait des pathologies psychiatriques, et dans ces pathologies psychiatriques, il a décompensé en ne se soignant pas. À quel moment il y a la défaillance ? Donc, est-ce qu'il faut légiférer là-dessus ? Par contre, il faut reprendre toute la chaîne, et dans la chaîne, voir à quel moment il y a la défaillance.
La défaillance, elle est plutôt dans le suivi médical.
Comme l'avait dit, effectivement, Gérald Darmanin, puisqu'il a parlé d'un rattache psychiatrique.
Je n'avais pas vu ce qu'avait dit Darmanin, mais c'est quand même plutôt le sens, quoi.
Beaucoup de points communs avec le ministre de l'Intérieur. Je voudrais qu'on parle des Jeux Olympiques, Renaud Muselier. Vous êtes concerné, et on va bien sûr l'évoquer, parce que vous faites partie des défenseurs et des incarnants de la candidature des Alpes françaises pour 2030. Il se trouve que si l'on regarde ce que l'on vient de se dire sur le contexte, il y a des inquiétudes sur les premiers JO qui vont se présenter ce 2024 à Paris, les JO d'été, avec la crainte que la France ne soit pas capable d'organiser sereinement des Jeux Olympiques. Je rappelle qu'on est quand même en urgence, attentat du plan Vigipirate.
On rappelait l'attentat de samedi, c'est un touriste étranger qui a été visé. Ça nuit à l'image de la France. Est-ce que vous, vous avez le sentiment que dans ce contexte, la France va pouvoir organiser sereinement et avec une bonne image ces JO ?
Alors, vous savez, je suis un garçon globalement positif. Donc, vous avez raison de poser la question. L'État français, nous devons tous avoir une extrême vigilance. Mais on sort de la Coupe du Monde de rugby, quand même. Dans la Coupe du Monde de rugby, c'était quand même une occasion absolument exceptionnelle pour un acte terroriste dans un contexte international extraordinairement compliqué ou pour faire du mal à une grande manifestation internationale. Notre pays, on a eu des millions de visiteurs. On a eu des milliers de personnes tous les salles. Dans la région Provençal-Côte d'Azur, on a organisé six matchs, dix matchs, quatre à Nice, six à Marseille, deux quarts de finale.
Et qu'est-ce qui s'est passé ? Pas une bagarre dans les stades, pas une bagarre dans les rues et pas un attentat terroriste. Donc, la France est capable d'organiser des grandes manifestations internationales. Alors, on peut prévoir le pire, mais on peut se rappeler qu'il y a un mois et demi, il y avait le meilleur. Et donc, je vais rester sur le meilleur.
Hier, à votre place, je recevais Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat. Bon, il était moins optimiste et positif que vous. Lui, il disait clairement, on n'est pas prêts. Il dit, le gouvernement n'anticipe pas. Il dit, faisons en sorte que les individus dangereux, parce qu'il y en a, soient surveillés avec des outils numériques expérimentaux. Lui, il veut qu'au moment des JO, on se dote d'outils supplémentaires. Vous, vous considérez qu'aujourd'hui, nos lois, notre état de droit
ont ce qu'il faut pour que ça se passe bien ? Je dis, M. Retailleau, qui n'est pas souvent très positif, quand même, très notamment. Moi, je le suis plus que lui, c'est clair. C'est le problème du verre d'eau à moitié plein ou à moitié vide. Donc, moi, je suis plutôt dans le moitié plein et on va le remplir encore un peu plus. On est dans une situation... J'ai dit à M. Retailleau, j'ai dit, mais pendant la Coupe du Monde de rugby, qu'est-ce que c'est passé ? Est-ce qu'on peut analyser, diagnostiquer, en disant, tiens, finalement, il y a eu des problèmes avant, notamment lorsqu'on a organisé le match à Saint-Denis dans la Coupe d'Europe. Et là, écoutez, c'est bien passé, non ?
Et là, les fous solitaires, etc., ils ont quand même été canalisés. Mais enfin, on ne va pas mettre tous les mecs en prison, sous prétexte qu'ils sont suppliables d'être dangereux. Par contre, effectivement, la loi et la justice doivent s'appliquer pour ceux qui sont réellement dangereux. Mais on ne peut pas anticiper ce genre de démarche. Et on peut constater que, dans le cas de la Coupe du Monde de rugby, tout s'est bien passé.
Dans le verre à moitié plein, verre à moitié vide, Renaud Mousselier, reparlons des Alpes pour 2030. Le verre à moitié plein, bien sûr, c'est que c'est une très bonne nouvelle que votre candidature soit retenue pour la France et pour ce que ça représente pour le pays. Le verre à moitié vide, c'est des craintes que ça suscite, comme toujours. Quand on regarde encore une fois ce qui va se passer en 2024 pour la partie, principalement, Île-de-France, des transports dont les prix augmentent, des hôteliers qui vont faire flamber leurs tarifs, qu'est-ce qui garantit que ce ne sera pas le cas pour vos JO à vous ?
Qu'on n'aura pas des transports plus chers, des hébergements plus chers, des jeux peu accessibles pour la population, en fait ?
On va déjà commencer par avoir des transports. Donc on va peut-être avoir la ligne nouvelle entre Marseille et Nice qui va faire en sorte que pour aller sur l'Italie ou faire l'arc méditerranéen, on puisse avoir le RER des métropoles Et là, tout sera prêt ?
Parce que les transports sur les JO 2024, on a vu que tout n'était pas prêt à temps.
Oui, mais enfin, on a quand même 6 ans, c'est court, c'est long, mais en fait, on a fait le tracé, on a voté le budget, on a voté la loi et on a organisé le dispositif. On ne peut pas accepter que dans la région Provence-Algou-Azur, on ait le train le plus lent du monde, quand même, entre Marseille et Briançon pour mettre 5 heures. Non, enfin, je ne sais pas. Où il y a des voies uniques, pratiquement. Ça, vous dites à qui est au gouvernement,
à SNCF, qui va pouvoir accélérer et garantir que tout ça, ce soit prêt ?
Eh bien, ça, c'est dans le cadre de la décentralisation, c'est mon action aussi. Quand je signe avec M. Beaune, mon contrat de transport mobilité pour un milliard et demi, qui est une révolution, et que je fais mettre en avenant dans le cas d'une clause de revoyure pour les JO, pour aménager un certain nombre de trançons entre Grappe et Rue Grenoble, la bretelle de Gap, la montée sur Briançon, la desserte de Pertuis, bon, c'est le contournement de Foss, de Martigues, le Fossalon, tout ça, c'est mon aménagement du territoire. Tout ça, les Jeux Olympiques peuvent me l'amener. Tout ça, je l'inscris dans mon budget vert, qui est le premier budget vert d'Europe, 100% vert. Donc, ce sera fait ?
Ah ben, ça sera fait. Je ne sais pas si ça sera fait. En tout cas, l'essentiel sera fait. Et en faisant l'essentiel, on aura déjà gagné 20 ans. Voilà, donc ça, c'est déjà fait.
Il y a quand même un point qui a surpris aussi. La neige, le réchauffement climatique, tous les jours, on en voit les effets. Neige dans les Alpes. Ce sera les géos de la neige artificielle, 2030 ? Vous savez qu'il y a quand même
de la neige dans les montagnes. Oui, oui,
de 3 ans en moins, quand même.
Ben oui, mais ça monte. Avant, on skie à 400 ans. Aujourd'hui, on skie à 600 ans. On a fait une étude comme quoi, à partir de 1600 ans ou 1800 ans, il y a des débats là-dessus. En fonction de l'exposition, ceux qui sont au sud ou ceux qui sont au nord, il y a plus ou moins de neige. Et donc, nous, on a fait faire une étude qui m'amène jusqu'à 2050 et on sait exactement, station par station, montagne par montagne, piste par piste où il y aura la neige où il n'y aura pas de neige en 2050. Alors oui, il y a moins de neige. Oui, pour descendre en bas dans les stations, mais il faudra peut-être monter plus haut.
Et il y a des endroits comme par exemple Cerche-Chevalier, Mont-Genèvre, Isola 2000, où nous avons de la neige et nous aurons de la neige. L'économie de la neige, quand même, c'est plusieurs milliards d'euros. Ce sont des milliers d'emplois. Ça a été fait pour faire vivre nos vallées et nos montagnes. Et donc, il faut bien entendu tenir compte du changement climatique. Enfin, on a zéro pic de pollution dans nos montagnes, on gardera zéro pic de pollution. Pour autant, on va garder l'économie de neige.
Restons sur le sport. Mais alors, cette fois, pour parler du foot, Marseille et Lyon se sont retrouvés hier soir au Vélodrome. Lourde défaite de l'OL. 3-0.
Excusez-moi, je souris, mais parce que c'est le match des Olympiques, on l'a gagné.
Voilà, ça vous fait plaisir. Ça ne me fait pas plaisir
pour les Lyonnais, mais je suis très content pour les Marseillais. Vous avez mal à moitié plein.
Pour le coup, cette fois-ci, il n'y a pas eu d'incident de sécurité. On se rappelle qu'il y a un peu plus d'un mois, il y a eu le caillessage du quart Lyonnais. La ministre des Sports, Amélie Oudéa Castera, en début de semaine, disait, dans un contexte où il y a eu d'autres incidents, bien sûr, également le week-end dernier avec un incident dramatique même, elle évoque un moratoire sur les déplacements des supporters jusqu'à la mi-décembre. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je pense qu'elle a raison, mais comme le dit son nom, elle est très compétente, Madame Castera, donc je pense qu'elle fait bien son boulot, mais un moratoire, ça a vocation à être momentané quand même. D'abord, on ne peut pas pénaliser tout le monde. Il y a des clubs qui n'ont jamais de problème et il y a des clubs qui ont toujours des problèmes. Il y a aussi des ambiances dans les stades où on voit bien qu'au rugby, les résultats ne sont pas tout à fait les mêmes qu'au football. Moi, je suis un supporteur de mon club, j'adore les fumigènes, j'adore l'ambiance des stades, c'est interdit maintenant, pourtant c'est super sympa. Les tifos, les fumigènes, tout ça.
Mais la violence interne au foot est très importante. En ce qui concerne le match de Brest que nous avons gagné hier soir, vive Marseille, c'est un match qui a été reporté parce qu'il y avait un incident. Mais l'incident, c'est quelqu'un qui avait dans la rue un débile, un abruti, un fou furieux, comme d'ailleurs l'assassinat à Nantes aussi d'un supporter. Mais c'est dans la rue. Vous dites empêcher les déplacements
des supporters n'auraient pas changé le contexte de sécurité ou de sérénité autour de la rencontre ?
Non, parce que là, c'est des abrutis qui attaquent soit les supporters dans leur car, soit le club dans le car, soit des VTC. Là, on a une espèce d'organisation. Vous dites laissons les supporters circuler, si je vous comprends bien. Ça dépend des clubs. Pour que les clubs il faut les interdire de déplacement ? Il y a des clubs qui n'ont jamais de problème et il y a des territoires où c'est dangereux. Là où il y a des clubs qui n'ont pas de problème dans des territoires qui sont safe, qui sont sains, pour l'OM, ça pose un vrai problème. Là, par exemple, quand l'OM est Brest, la difficulté qu'on a rencontré, c'est que le club n'a pas été condamné.
Nos supporters, ils sont chauds bouillants, nos supporters, mais ce n'est pas eux qui ont attaqué le quart de Brest. Pour autant, on ne peut pas accepter qu'il y ait une boule de pétanque qui part dans la tête de l'entraîneur. Mais ça, c'est dans la rue. Et d'ailleurs, dans la commission qui a été mise en place derrière, on voit bien que ce n'est pas le club qui a été sanctionné, c'est la rue qu'il fallait arriver à contrôler et protéger le quart.
Je voudrais votre regard également, Renaud Mousselier, sur le climat dans le pays. Après le drame de Crépaule dramatique où un jeune de 16 ans, Thomas, a trouvé la mort, on a entendu tous les qualificatifs. L'ensauvagement de Gérald Darmanin, la décivilisation, du chef de l'État, la barbarie pour l'extrême droite, la guerre ethnique. Il y a à peu près un consensus, c'est la question de l'autorité, de dire qu'on manque d'autorité. Gérald Darmanin, si on le cite encore, avait dit qu'il faut de l'autorité à l'école, chez les parents, dans la rue.
Dans le Figaro, la première ministre dit qu'on va présenter un texte de loi sur la justice des mineurs pour mieux responsabiliser les parents, pour des sanctions sur les jeunes. Dans le même temps, on voit que le ministre de l'Éducation prépare des expérimentations sur l'uniforme, de dire qu'il faut des expérimentations à l'école, tout ça, avec l'idée de se dire qu'il faut remettre un peu l'église au milieu du village, si je me permets cette expression.
Pour vous, quel est le levier prioritaire dans tout ce que je viens de citer, entre la responsabilité des parents, les sanctions sur les jeunes, l'uniforme à l'école, est-ce qu'il y a un levier qui peut permettre de remettre un peu de calme, d'ordre, d'autorité dans le pays ?
D'abord, il ne faut pas tout dramatiser tout le temps. Dans l'affaire de ce jeune garçon, l'hystérie collective s'est emballée quand même. Moi, je n'ai pas tweeté, je n'ai rien dit, parce que c'est la mort d'un jeune, et on voit que l'enquête qui arrive derrière, ce n'est pas aussi simple que ça, l'histoire. Pour autant, si c'est une rixe entre jeunes qui vont s'amuser, celui qui part au bal chez le voisin avec un couteau de sanglier de chasse là-dedans, c'est qu'il va chercher une histoire quand même. Voilà. Donc, il ne faut pas déresponsabiliser ça et la humeur d'homme. Pour autant, ce n'est pas le problème de l'autorité, c'est le problème du respect de l'autorité dans ce pays.
C'est-à-dire que les parents, ils n'acceptent pas la décision par rapport au professeur d'école qui dit « Votre fils n'a pas bien travaillé ». Mais comment ? On peut le déplorer. Mais alors, c'est très compliqué à corriger. C'est très compliqué à corriger parce que c'est une dérive au fil du temps qui fait en sorte qu'on doit recommencer très tôt. Le travail que me fait M. Attal est tout à fait remarquable très tôt dans ce domaine-là. Moi, je suis un médecin de formation quand vous êtes médecin du SAMU et qu'on vous caillasse la voiture quand vous allez dans une cité. C'est pas un problème. C'est un problème de respect de l'autorité.
Et donc, tout ça doit être recousu avec des sanctions très fermes aussi avec la justice qui doit être et qui durcit très serrement très serrement les choses ou quand il y en a un qui est attrapé dans le cadre de se molester un élu, attaquer les maires, de contester les parlementaires entre eux. C'est un comportement et dans ce comportement je dirais nous les élus on doit être exemplaire parallèlement à ça. Il faut au plus bas du terrain rappeler qu'il faut respecter dans la République liberté, égalité, fraternité. Il faut un peu de fraternité ce qu'on oublie. Il faut aussi de la liberté mais aussi il faut de la cohéscence républicaine dans le sens de l'application des règles et des lois.
La prochaine élection ce sera les européennes au mois de juin prochain. Vous appartenez maintenant à une famille politique renaissance qui se dit être le camp le plus pro-européen. Toujours pas de tête de liste ? C'est compliqué quand on est pro-européen de savoir qui mène le combat ?
Non, alors pas du tout. D'ailleurs on ne va pas nous en France être les premiers à faire campagne alors que tous les autres pays d'Europe ne font pas campagne. Oui mais certains
de vos opposants le sont déjà. J'ai un partait là, Mario Maréchal.
Oui mais eux ils sont contre l'Europe. Ils martèlent toute la journée ils sont contre l'Europe. D'ailleurs ils ne cherchent même pas à dire je suis pour ou contre l'Europe. Ils ne cherchent pas à justifier leur comportement pro-Poutine ou pro-Russe. On y veut dire je veux que ça soit dans le cas des européennes un référendum pro-anti-Macron.
Pas du tout. En l'occurrence pour le moment c'est plutôt anti parce que quand on voit que la majorité
vous savez moi j'étais à moins de 15 dans ma région face à quelqu'un M. Mariani qui est sur la liste des européennes et qui est pro-Russe. J'ai fini avec 57% des voix. Donc les sondages vous savez je sais les lire et je sais faire attention. La campagne n'a pas commencé. Ce qu'il faut bien installer quand même c'est que vous avez un clan occidental européen aujourd'hui vous avez la démocratie l'état de droit et tous nos voisins autour tous nos voisins autour qui sont soutenus par M. Bardelanko qui sont plutôt des dictateurs paraît-il qui sont allés manger tranquillement à l'Arménie qui attaquent l'Ukraine ben ceux-là ils sont anti-européens et ceux-là il faut les combattre.
Et quand vous aurez une tête de liste elle pourra le dire effectivement.
Mais M. Séjourné qui en tant que parlementaire patron du dispositif de renaissance là-dedans doit, fait, commence à faire monter cette musique pro ou anti-européenne.
Merci René Remuselier d'avoir été sur le plateau d'Alice Yisman.
Renaud Muselier