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interviewFrançois Ruffin· 13 janvier 2017 15 min

#4 LE BULLETIN DE RUFFIN : SANOFI, PETITS PATRONS, CAMPAGNE & BERNARD ARNAULT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Donc là, je porte un t-shirt, c'est plus I love la fleur là, c'est I love Vincent. Comme notre film, il a été vendu par le distributeur Canal Plus. On devrait être fusé diffusé, merci patron.

À la fin du mois de janvier, je crois sur Canal. Et donc un mec est passé pour faire un reportage et comme je suis à peu taquin, j'avais mis un t-shirt I love Vincent avec Boloré dessus mais le gars a filmé normalement. Il y a pas eu il nous a pas demandé de changer de t-shirt ni rien.

Tout s'est bien passé de ce côté-là. Et il y a une nouvelle qui est tombée ce matin. Je considère qu'il y a deux journaux marxistes aujourd'hui dans le pays.

Il y a les échos et l'humanité puisque tous les deux quand il y a les dividendes qui tombent dans les pour les entreprises du CAC 40 et bien c'est mis en une. Et donc ce matin dans les échos, il y avait cette nouvelle que il y avait 56 milliards d'euros de verséant en dividende par les entreprises du CAC 40 au aux actionnaires. Euh là Dominique a fait une chronique qui était très drôle où il disait que bon bah c'était pas tant que ça, il fallait modérer, qu' en resté quand même un peu pour l'investissement.

Un chiffre lancé dans la nature ne veut rien dire si on ne le remet pas en perspective. Hautre précision, après impôt et cotisation sociale, un actionnaire individuel ne conserve que 50 % des dividendes reçus et moins voire beaucoup moins. Si les SF passent par là, ça peut descendre à 25 ou 30 %.

Je sais que vous en avez un peu marre de mon tableau avec bon ben voilà, il y avait 4 % de la masse salarial. Vi dire c'est en dividende dans les années 80, c'est passé à 13 %. Ça veut dire qu'on est passé de une semaine des salariés euh versés aux actionnaires à 3 semaines où on travaillit 3 semaines par an et tout ça.

Je sais que vous en avez un peu ralbol de ce tableau-là. Donc je me suis dit comment je peux rendre ça concret ? Parce que c'est toujours le problème avec les trucs de la finance de tout ça, c'est comment on voit que ça intervient dans la vie des gens.

Alors déjà euh j'ai divisé 56 milliards d'euros par le nombre d'actifs. En France, il y a 28 millions d'actifs de gens qui travaille. Donc ça fait euh 2000 €.

Ça veut dire que c'est comme si chaque personne qui travaille en France de donner 2000 € aux actionnaires des entreprises du CAC 40, c'est-à-dire seulement aux 40 plus grosses entreprises françaises, hein. Donc comme il y a 500 entreprises côté en bourse, on imagine ce que ça peut représenter. Donc voilà ça, si on éliminait les actionnaires, déjà on récupérerait 2000 € par travailleur.

Ça c'est la première chose. Ensuite, il m'est venu un autre exemple, un cas beaucoup plus concret parce que l'entreprise qui a versé le plus en dividende aux actionnaires cette année, c'est Sanofi, 6,6 milliards d'euros le laboratoire pharmaceutique. Et donc bon, il y a eu des centaines de licenciements l'année dernière, c'est une chose, mais surtout on avait reçu un courrier de Claire et Fakir dépin tué.

En fait, Claire est épileptique euh et donc depuis euh son adolescence euh elle prend la dépakine pour lutter contre son épilepsie. Et il se trouve que elle a eu deux enfants euh qui dans un premier temps paraissaient tout à fait normaux, charmants, agréable, des beaux garçons et tout ça. Et puis euh plus ça allait euh plus il y avait une absence de de contact entre ses enfants et euh les autres gamins quoi.

Dans les écoles, ils restaient tout seul dans leur coin, ils avaient du mal à s'investir euh à faire de la musique à côté, du sport. Ils vivaient un peu leur vie. euh de manière un peu trop autonome euh autiste dirait-on.

Mais on lui disait "Non, non, c'est pas de l'autisme, c'est vous qui comme vous vous êtes séparé, ça crée des problème psychologique chez les gamins et tout ça." Bon et puis euh à un moment, elle entend à la radio euh il y a 1 an et ben que en fait le fait de prendre de la dépakine quand on est enceinte, ça crée des problèmes sur les neurotransmetteurs ou quelque chose comme ça. Enfin bon, ça crée un problème médical chez les enfants qui naissent assez fréquemment. il y a des problèmes et notamment ça a conduit à de l'autisme.

Et donc là, elle a compris alors que ses enfants ils avaient 18 20 ans euh pourquoi elle a eu ce problème-là pendant toutes ces années à cause de la dépakine qu'elle prenait quand elle était enceinte. Et donc elle il y a une enquête qui a été menée. Sanofi qui vend la dépakine était tout à fait au courant euh depuis des décennies des difficultés que ça pouvait créer pour les gamins qui naissaient que on nen a rien dit.

Donc il y a sans doute eu des centaines ou des milliers de gamins qui sont nés autistes alors que ça aurait pu être évité s'il y avait eu plus de transparence du côté de Sanofi et puis si aussi l'autorité de de régulation du médicament avait fait son boulot et et ainsi de suite. Donc voilà à quoi peut conduire la recherche des dividendes. Non seulement ça conduit à des licenciements, ça conduit à des choses comme ça, mais ça conduit à des problèmes de santé publique et très concret et pour le coup très concret avec une mère de famille qui se retrouve avec deux gamins qui donc dont elle a évidemment souffert que ces gamins ils puissent pas faire du sport, de la musique, inviter les copains à la maison et tout ça.

En plus là, il y a un fond d'indemnisation pour les victimes de la DPAquin qui était mise en œuvre. Mais pour l'instant, c'est nous le fond d'indemnisation, c'est pas ça ce sont les contribuables qui pour l'instant vont régler euh le le fond d'indemnisation. Donc là, on voit comment les 6,6 milliards d'euros annoncés par Sanofic de versement en dividende et ben ça a un impact sur nos porte-monai comme contribuables, sur les salariés qui sont licenciés et sur la santé publique de Claire, de ses gamins et tout ça. mais aussi éventuellement ça a un impact sur la suite de la santé publique parce que c'est 6,6 milliards qui sont versés en dividende, ce sont 6,6 milliards d'euros qui ne sont pas utilisés en investissement pour aller faire de la recherche pour des nouveaux médicaments, pour développer des programmes de santé et ainsi de suite.

Donc voilà concrètement comment les dividendes, les actionnaires, c'est quelque chose qui nous nuit quotidiennement. Delio Sanchez qui me dit "Cher François Ruffin, ton discours gagnerait en crédit et en soutien si tu voulais bien t'intéresser aux petites entreprises pour qui les cotisations sont véritablement un problème. Opérer un tel distingo rallirait à ton combat nombre d'entre nous." Bon alors ça ça tombe.

Ah voilà, ça tombe super bien. Oui, je me considère comme un ami des petites entreprises parce que je suis moi-même entrepreneur. Ça me semble la question clé. euh comment on peut concilier cette aventure et néanmoins maintenir un filet de sécurité ?

C'est-à-dire que si jamais ça se passe mal euh dans ta petite boutique, comment tu peux quand même retomber sur tes pieds, pas te retrouver sans rien du tout euh derrière avec éventuellement des dettes personnelles à assumer ? Enfin, et je pense qu'il y a un gros nœud, alors je dis pas que j'en ai la solution aujourd'hui, mais il y a un gros nœud euh à ce niveau-là. Avec Baptiste, on a entamé un dossier petit patron qu'on va pouvoir publier là. ce printemps, quand on dit qu'on se tape un dossier à Fakir, c'est quand même du gros truc avec des tas de données sur la fiscalité, la justice, euh des statistiques, bon voilà et puis évidemment des témoignages.

J'avais vu passer une étude d'un observatoire qui s'appelle Amaroc et qui classait les difficultés des patrons de PME. Sur les 10 principales sources de stress, qu'est-ce que c'était ? La première c'était la surcharge de travail.

La deuxième c'était la pression de la concurrence. La troisième c'était la perte d'un client. La 4è c'était une facture impayée.

La 5è c'était la chute des commandes et ainsi de suite et la pression fiscale dont on nous rebat les oreilles. Les charges, les charges, les charges, les cotisations, les cotisations, les cotisations, les impôts, les impôts, les impôts. Et bien ça n'arrivé qu'en 9e position sur 10.

Et c'est ce qui se vérifie dans les dans les les entretiens qu'on a réalisé avec un certain nombre de petit patron. Ce dont il souffrent le plus, c'est de la pression des gros. Euh alors, il y en a pour qui euh les les qui sont des sous-traitants et que les donneurs d'ordre mdent en concurrence les uns avec les autres euh pour en essayant d'établir une forme de dumping.

Après, il y a aussi un autre très gros problème et c'est là, c'est les retards de paiement. les grosses firmes se sont habituées à payer leur sous-traitant avec mais alors des mois de retard et ce qui fait que et ben on on découvre ainsi dans les études de l'INC que les délais de paiement sont la principale cause des défaillances des entreprises depuis la crise et en gros les entreprises auraient déjà récupéré il me semble donc ça représente 25 25 % des faillites sont d à ces retards de paiement et ça représente 13 milliards d'euros qui manquent dans les caisses des PME. C'est-à-dire que si jamais on demandait simplement au gros donneur d'ordre, on a la liste des des plus mauvais payeurs.

Alors, je sais qu'il y a LVMH parce que dès qu'il y a LVMH, je retiens mais il y a BUIG, enfin il y a Accord, il y a des grands groupes comme ça. Et ben euh si jamais on leur demandait déjà de régler à temps les PME, les PME, elles auraient 13 milliards d'euros en plus dans leur caisse. Sachant qu'on a fait un CICE qui coûte 20 milliards d'euros par an et dont la moitié va en fait pour les grosses entreprises.

C'est ça le le la difficulté qu'il y a aujourd'hui et c'est pour ça que je pense qu'il y a un discours à tenir à l'égard de des petits patrons, c'est que au fond le discours officiel sur les charges, les charges, les charges qui peut être une réalité pour quelques PME, mais c'est le MEDEF qui impose ce discours là au détriment et qui par exemple ne veut pas du tout entendre le moins possible entendre parler des entreprises du CAC 40 qui font pression sur les petites. Et nous, on a des cas très concrets où on nous explique notamment dans le bâtiment comment des petites entreprises se sont fait tuer siamment par les par les majors, c'estàdire Buig, Vincy et ainsi de suite. Les majors ont déjà intégré dans le calcul que pour que le chantier soit rentable, elles vont tuer les quelques-unes de leurs sous-traitantes, quoi.

Donc et donc qu'est-ce qui est qu'est-ce qu'il y aura à faire ? Déjà, il faut que les aides qui sont versées type CICE, ça soit plus versé de manière indifférente selon la taille de l'entreprise et selon selon son projet. Euh et puis ensuite, il faut régler le problème euh des délais de paiement et euh contraindre, y compris par des pénalités, euh les grosses entreprises à payer euh les petites en temps et en heure.

Et ensuite, il faut alors il y a un autre truc, c'est dans la commande publique pour les gros chantiers, auparavant, on découpait en petit lot et on donnait aux uns un lot de muuiserie, aux autres un lot de maçonnerie et ce qui faisait que les PME pouvaient directement se saisir des chantiers. Aujourd'hui, on délivre le paquet à une entreprise généraliste type Big, type Vincy qui est supposé savoir tout faire mais enfin qui s'est surtout redonné derrière et c'est elle qui pompe la plus-value et qui écrase derrière les sous-traitants. Donc, il faudrait revenir à l'allottissement qui prévalait, c'està-dire y aller par plus petit lot de manière à ne pas avoir à passer forcément par ces majors. ces majors qui extrait la plus-value à la fois leur salariés mais plus directement là des sous-traitants et c'est pour ça qu'elles peuvent verser, j'en reviens à mon sujet de départ, des milliards d'euros en dividende à leurs actionnaires quoi.

Les petits patrons sont nos alliés objectifs. Il faut que eux et nous, parce que ça se joue des deux côtés, il y a une méfiance des patrons, des petits patrons vis-à-vis de la gauche euh qui plus radical que le Parti socialiste. Parti socialiste qui s'est mise au service mis au service des banquiers.

Euh bon et puis de l'autre côté euh nous on a on n' pour l'instant pas réussi à pondre euh un argumentaire, une manière de parler qui fait queon arrive à convaincre euh le petit patron que au fond euh si jamais on a le même adversaire, euh mon adversaire c'est la finance, cet adversaire euh il nuit à la fois aux salariés et au au TPE, PME autoentrepreneur euh sous-traitant de ces grands groupes affiliés soumis à la finance. Alors pour terminer là, dans la campagne où est-ce qu'on en est ? Bon c'est le moment où les partis il va falloir qu'il se décide et c'est en train de se faire.

On va bien voir ce qui sort du chapeau mais on on va dire qu'on est confiant. Et nous de notre côté, bah ça part quand même très fort avec une on pensait une petite réunion d'organisation qu'on avait prévu pour vendredi soir et finalement il y a près de 200 personnes qui se pointent et on est tellement tassé dans la salle que tout le monde peut pas rentrer tout ça. Donc c'est un indice qui est clairement ouvert et en plus on sent de l'envie dans la salle. et ensuite le foot qui se déroule le lendemain et où voilà du jour au lendemain, on est plus d'une vingtaine sur le terrain.

Donc c'est c'est très bien d'avoir une bonne équipe de foot de campagne. Et d'ailleurs là, je dois partir rapidement parce que je vais visiter ce qui sera peut-être notre local de campagne. Puis il faut qu'on voit un camion aussi.

On a des trucs comme ça à faire pour dire que la ça démarre quoi. Côté média aussi. Donc je suis passé euh à ces polémiques sur France 5 euh où bon c'est vraiment c'est des endroits où on se demande si on doit y aller ou pas y aller euh parce que ça vous met tellement furieux que quand celui qui s'énerve souvent souvent c'est celui qui perd.

Je me suis un peu énervé mais on a eu le droit à une confidence de de Sophie Menton, la la patronne de Éthique pendant qu'elle était en train de se refaire son ses cheveux là, sa ouais. Son brushing dans dans le lait de loge. Euh et ben elle nous a dit "Ah, c'est vous le réalisateur de Merci Patron ?" Ce film qui a terrorisé, traumatisé Bernard Arnaud. "Ah bon ben je croyais que il l'avait pas vu." Il nous a dit "Non, non, vous inquiétez pas qu'il l'a vu".

Et puis vraiment ça l'a ça a complètement traumatisé. Je dis "Bah bon bah tant mieux. disant non, c'est dommage pour lui et tout ça.

On était pas tout à fait d'accord, mais apparemment on a été apprécié de de ce côté-là. Bon bah, je vous dis à la prochaine fois, collègo, hein. Allez.

Euh, c'est quoi ? C'est c'est ça qu'on fait non ? Et ah ouais. partager et partager puis il va falloir lui dessiner des pouces bleus à Camarade de la fleur.

Tu vas tu vas reprendre ma cabotant et puis voà quoi ?