Inondations dans le Pas-de-Calais : "Cela fait 8 ou 9 jours qu'on est sur le pont" à Saint-Étienne-aux-Monts
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
6h22 et à votre micro Marion, la maire de Saint-Etienne-aux-Monts dans le Pas-de-Calais. Un département toujours en vigilance rouge pour les pluies et les inondations. Bonjour Brigitte Passebosque.
Bonjour.
Comment s'est passée la nuit ?
Alors la nuit a été calme puisque les hauteurs d'eau n'ont pas été un débordement à la hauteur de ce qui avait été annoncé. Mais là le fleuve est en train de réagir à nouveau. Donc nous restons extrêmement vigilants. Et nous gardons ce que nous avons mis en place au moins toute la journée. Donc l'eau monte encore ? L'eau monte encore. Elle a repris la montée puisque dans la nuit ça avait eu tendance à baisser. Mais les précipitations importantes sont annoncées pour la journée. Donc on s'attend à toutes les situations.
Ça veut dire combien de jours que vous êtes sous l'eau ?
Ça a commencé jeudi dernier avec l'après-midi la tempête puisque nous on est sur le littoral de la Côte d'Opale. Et dans la nuit est arrivée la première inondation. Donc voilà jusqu'à ce jour. On rentre dans la 8e ou 9e journée où on est sur le pont.
Et ça engendre quelle situation ? Vous avez encore de l'eau potable par exemple ?
Oui on a encore de l'eau potable. Ce n'est pas notre secteur qui pour l'instant est impacté puisqu'on n'est pas sur les mêmes captages que le secteur d'à côté. Mais c'est vrai que c'est quelque chose sur lequel on reste extrêmement vigilants parce que ça, ça compliquerait largement la difficulté parce que ça impacterait au-delà de la zone sinistrée.
Les écoles sont ouvertes ?
Les écoles restent fermées aussi pour la journée. Donc on fera une évaluation de la situation peut-être aujourd'hui ou encore ce week-end pour voir ce qui sera fait pour lundi.
Vous avez sur votre commune le plus important centre d'hébergement de la Croix-Rouge, de la zone. Ça représente combien de personnes, combien de repas par exemple, combien de personnes qui dorment ?
Rien qu'avec les personnes qui sont sur site, avec la Croix-Rouge, le personnel, et plus les habitants qui défilent, on a environ 200 repas par jour à servir.
Vous dites les habitants qui défilent, il y a des habitants qui ont dû quitter leur maison ?
Alors on a beaucoup d'habitants qui ont dû quitter leur maison. Il y en a qui l'ont quitté déjà depuis plusieurs jours, qui sont soit chez des amis mais qui pour ne pas déranger davantage viennent se restaurer ici. Il y a d'autres personnes qui, au total je dois avoir là aujourd'hui, à véron 150 logements qui sont vides.
Et les gens quittent, j'allais dire de bonne grâce leur logement ou parfois c'est difficile, il faut leur forcer un peu la main ?
Hier soir, avant-hier, par précaution, on a dû essayer de convaincre les dernières personnes qui étaient vraiment réfractaires, surtout celles qui étaient les plus fragiles. On avait encore une centenaire qui était restée chez elles, on avait des personnes de plus de 80 ans qui, historiquement, n'avaient jamais voulu quitter leur logement, même sur la zone la plus impactée. Aujourd'hui, ces personnes-là sont à l'abri. Par contre, il y a encore quelques personnes qui ont souhaité rester, notamment parce qu'ils ont des animaux, mais qui, eux, ne sont pas en situation de péril.
Et est-ce qu'on pose la question, déjà, chez vous, des responsabilités, je pense, à la commune qui n'est pas très loin de chez vous, de Neuville-sous-Montreuil, où les gens commencent à dire que le cours d'eau n'était pas assez nettoyé, par exemple ?
Alors, forcément, lorsqu'on est dans le désarroi, on cherche toutes les raisons qui font que, pourquoi c'est arrivé ? Et si on avait fait ça, pourquoi ? Si on avait fait ça, peut-être que ça aurait été moins important. Donc, évidemment, qu'il y a des choses qui sont encore à faire, les bilans vont être effectués. Donc, nous, sur le territoire, on a aussi une sagelle qui existe, qui gère, justement, toute la vallée de la Liane, et qui, depuis plus de 20 ans, a déjà fait des travaux, a déjà fait des aménagements, mais qui s'avère, sur ce type de précipitation, complètement, je ne dirais pas inutile, mais qui n'ont pas suffi à gérer la situation.
En plus, nous, comme notre commune, on est sur un entonnoir, on est la dernière commune avant l'arrivée sur Boulogne-sur-Mer et sur le port, et on a aussi les contraintes du port, qui font qu'il y a peut-être aussi des aménagements à faire, mais ça, c'est de l'autorité de la région.
Et en un seul mot, Brigitte Passebosque, parce qu'on arrive à la fin de cet entretien, est-ce que vous allez bénéficier d'un arrêté de catastrophe naturelle ?
De fait, quand on est en rouge, il est validé automatiquement, et dans tous les cas...
Toutes les assurances vont rembourser.
Vont rembourser, oui, mais quoi et comment ?
Oui, on verra ça. Merci beaucoup, Madame la maire. Brigitte Passebosque, maire de Saint-Etienne, au Mont, dans le Pas-de-Calais.