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interviewFrance Inter — Questions politiques· 19 septembre 2021 54 min

Fabien Roussel : "La France doit quitter le commandement armé de l'Otan"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour, bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous dominical de France Inter, de France Info, la télé sur le canal 27 de la TNT et en partenariat avec le journal Le Monde. Celui qui va nous accompagner jusqu'à 13h est candidat à l'élection présidentielle, nouveau visage d'un vieux parti. Il prétend retisser un lien perdu avec les classes populaires et place la jeunesse au cœur de ses préoccupations. Il a l'ambition d'incarner une gauche non sectaire et d'offrir, ce sont ses mots, un vaccin contre le capitalisme. Pouvoir d'achat, jeunesse, sécurité, quelles sont ses priorités ? Comment compte-t-il se faire entendre dans cette campagne ?

Lui qui veut faire gagner la gauche ne craint-il pas de la faire perdre en refusant la main tendue par les insoumis ? Ses questions et bien d'autres, on va les poser tous ensemble à Fabien Roussel, l'invité de ses politiques.

0:56
Invité

Question Politique, Thomas Mégaroff sur France Inter.

1:03
Présentateur

De Question Politique bien sûr. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. Bienvenue ici en Question Politique, je le rappelle, pour poser des questions à mes côtés. Jeff Wittenberg de France Télévisions, bonjour Jeff. Bonjour Thomas et bonjour à tous. Françoise Fressos du Monde, bonjour Françoise. Bonjour, bonjour à tous. Et Karine Bécard de la rédaction de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Et nous rejoindra tout à l'heure Alexandre Abensahid, également de France Inter pour les questions d'économie. Pour recommencer, Fabien Roussel, une question d'actualité qui ne peut faire réagir qu'un candidat à la fonction suprême de la présidence de la République de la France.

Ce méga contrat d'armement, on rappelle, 12 sous-marins à propulsion diesel électrique que la France devait livrer à l'Australie. Finalement cassée par l'Australie en raison d'un accord stratégique avec le Royaume-Uni et surtout avec les Etats-Unis. 56 milliards d'euros envolés. Une crise diplomatique de très grande ampleur. Selon vous, de quoi cette crise est-elle le nom ?

2:02
Fabien Roussel

C'est d'abord une crise peut-être la première aussi forte depuis la seconde guerre mondiale entre alliés, entre la France et les Etats-Unis. C'est extrêmement grave, il faut en prendre la mesure et pas seulement pour notre industrie de défense et ce n'est pas qu'une affaire d'argent. Cette crise fait la démonstration que, en fait, les Etats-Unis n'ont pas d'alliés et que leur objectif n'est que de servir leurs propres intérêts stratégiques à eux. Et ce qui vient de se passer est une escalade dans la course à l'armement nucléaire et à la guerre dans cette zone indo-pacifique contre la Chine.

Et vous savez, c'est Nicolas Sarkozy qui a fait le choix en 2009 que la France réintègre le commandement armé de l'OTAN. Le signal fort que la France devrait renvoyer aujourd'hui, c'est de quitter le commandement armé de l'OTAN et de montrer que la France, et l'Europe, mais la France, a besoin de retrouver sa voie et son indépendance en matière de défense et de politique étrangère.

3:08
Intervenant

C'est une proposition radicale, mais est-ce que ce n'est pas, au fond, l'illusion que la France peut encore compter seule ? Si elle quitte l'OTAN, qu'est-ce qu'elle fait ? Comment elle pèse ?

3:19
Fabien Roussel

Mais aujourd'hui, elle pèse quoi, la France ? Quand on voit qu'elle conclut un contrat pour la livraison de sous-marins fonctionnant au diesel, et avec une volonté d'apaiser le climat dans cette zone où les tensions s'exacerment. Et sans rien dire, en se moquant littéralement de nous, de la diplomatie, de tous les traités, y compris commerciaux, les Etats-Unis, ceux que l'on dit être nos alliés, décident de rompre unilatéralement et brutalement tout ce que nous avions mis en place. La France, si elle veut retrouver du poids et de la voie, doit retrouver son indépendance, comme ce fut le cas jusqu'en 2009, et pouvoir peser, justement, dans les relations...

4:06
Intervenant

Vous avez quel partenaire ? Regardez l'Europe qui est très frère.

4:08
Présentateur

Alors, les uns après les autres, Karine, Bécard, et puis ensuite Jeff Viterber.

4:12
Intervenant

Soyez concrets, vous dites, voilà, on sort de l'OTAN. Ok. On construit quoi concrètement derrière ? C'est-à-dire quelles structures ? Et avec qui ? Quels alliés ?

4:19
Fabien Roussel

Mais, si nous décidions, justement, que l'escalade militaire et nucléaire n'étaient pas les solutions, la solution qu'il fallait offrir au monde pour sortir de cette période de conflits et de tensions ? Jamais nous n'avons vendu, jamais les pays n'ont vendu autant d'armes dans le monde. Le commerce des armes est florissant. Il n'y a jamais eu autant de conflits. Regardez où a conduit l'intervention militaire et de l'OTAN en Afghanistan au désastre.

4:47
Intervenant

Mais je ne parle pas que de vente d'armes, mais de défense nationale.

4:50
Fabien Roussel

Décidons aujourd'hui que toute intervention armée puisse se faire, ne soit décidée que sous l'égide de l'ONU. Redonnons à l'ONU sa politique en matière de sécurité collective et d'intervention, et ne plus agir en dehors de l'ONU. Il y a ensuite la question de l'armement nucléaire. Vous vous rendez compte de ce que viennent de faire les Etats-Unis et le Royaume-Uni de permettre de transférer la technologie de sous-marin propulsion nucléaire avec de l'uranium enrichi ? Aucune puissance nucléaire ne s'était permis de transférer cette technologie à un pays. Ça veut dire que demain, si la Russie le fait, si la Chine le fait, que dirons-nous ?

Enfin, c'est la porte ouverte à la prolifération de l'armement nucléaire. Quelle voie, quel crédit aurons-nous pour peser sur l'Iran qui enrichit l'uranium lui aussi ? Vous vous rendez compte de ce pas qui vient d'être franchi par les Etats-Unis ? Et nous nous contenterions seulement, seulement, de faire revenir les ambassadeurs et de dire on n'est pas contents, il y a besoin d'un message fort. Et puis en matière d'armement et de défense européenne, on peut en parler, hein ? Ça fait 20 ans qu'on en parle. Oui, mais moi j'aimerais bien que l'on puisse s'émanciper aussi. 70 ans même.

J'aimerais bien aussi qu'en matière d'armement et de défense européenne et française, nous puissions nous émanciper des Etats-Unis et de leur technologie. Est-ce que vous savez par exemple... Mais avec qui en fait ? Est-ce que... Eh bien qu'on puisse y travailler à l'échelle de l'Union Européenne.

6:24
Intervenant

Avec qui ? L'Allemagne et quel autre pays ?

6:25
Fabien Roussel

Je vais vous donner un exemple. Je vais vous donner un exemple. Mais avec les Allemands et les autres pays de l'Union Européenne, je vais vous donner un exemple concret. Nous avons des drones aujourd'hui. Nous avons des drones en capacité de décoller et de pouvoir armer si besoin. Ces drones ne peuvent pas le faire, ne peuvent pas décoller et tirer sans utiliser l'armée américaine car ils sont complètement... Nous sommes complètement dépendants de la technologie américaine. Pourquoi justement ne pas retrouver nos propres capacités justement de défense et d'armement en étant complètement libérés de ces technologies américaines ? Donc vous voyez, je vais jusque-là.

Nous devons peser, peser de nouveau, retrouver une voie à l'international, la voie de l'Union Européenne, la voie de la France. La France a toujours compté jusqu'à ce que l'on intègre l'OTAN, son commandement armé. Et depuis, nous sommes des suivis sur... Il y a, je vous le rappelle, je vous rappelle que dans la zone indo-pacifique, nous avons beaucoup de nos compatriotes en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie. Qu'est-ce qui va se passer si demain, il y a un conflit armé là-bas qui s'engage ? Nous allons rester, nous, dans l'OTAN et suivre l'escalade militaire et nucléaire dans laquelle s'engagent les Etats-Unis.

7:37
Intervenant

On vous a entendu, Fabien Roussel. Il y a une question quand même précise que j'aimerais vous poser. Est-ce que vous voulez que la France quitte le commandement intégré de l'OTAN ? Ou vous voulez que la France quitte l'OTAN et quitte donc l'Alliance Atlantique, change d'allié en quelque sorte, et ne soit plus dans cette alliance occidentale qui existe depuis la fin de la semaine dernière ? Retour à 1966 et à 1949.

7:56
Fabien Roussel

Nous, nous disons qu'il faut revoir complètement la politique de sécurité collective du monde. Mais à cette question ? Je souhaite, moi, que ce soit l'ONU qui redevienne aujourd'hui la voie de la paix et celle qui règle les conflits autrement que par les armes. D'abord. Et donc, il n'y a plus de place à des traités atlantiques qui datent de la Seconde Guerre mondiale. Mais il existera, même si la France s'en a. Je dis aujourd'hui, je dis aujourd'hui que, en attendant d'en arriver là, en attendant que je sois président de la République, au moins aujourd'hui, maintenant, le président de la République doit annoncer une décision forte, c'est de se retirer du commandement militaire de l'OTAN.

Nous sommes en conflit avec la Turquie qui attaque les Kurdes. Nous sommes maintenant en conflit avec les États-Unis, notre soi-disant allié. Il faut marquer le coup, quitter le commandement intégré, et pour la suite, on verra. Mais je suis pour la sortie de l'OTAN. Ah non, qu'il n'y ait pas d'ambiguïté. Je suis pour la sortie de l'OTAN, mais aujourd'hui, il y a un coup à marquer immédiatement. C'est revenir sur la décision de Sarkozy en 2009.

9:02
Présentateur

Dernière question, juste pour clore ce chapitre sur les sous-marins. Est-ce que vous considérez que la Chine, aujourd'hui, est une menace pour la stabilité et la paix mondiale ?

9:11
Fabien Roussel

Il y a des discours très hypocrites dans ce domaine. Il y a d'un côté l'Europe qui dit que la Chine est un rival systémique et qui fait des déclarations régulières dans ce domaine. Et il y a de l'autre les traités économiques et les échanges économiques qui fait que les grandes multinationales de ce monde continuent de délocaliser en Chine la production, nos productions, pour ensuite les faire revenir par porte-conteneurs hyper-polluants sur le continent et en France. Je suis contre cette hypocrisie totale.

Et je suis, moi, plutôt, pour élaborer des partenariats avec la République populaire de Chine, mais des partenariats gagnants-gagnants et mettre fin, et je vous le dis clairement, et je l'ai dit aux autorités chinoises quand je les ai rencontrées, mettre fin à la délocalisation de notre industrie en Chine. Ils doivent comprendre que nous devons préserver nos outils stratégiques, nos gares, nos aéroports, mais aussi nos usines, et nous devons relocaliser en France ce que nous devons, ce que nous consommons en France.

10:12
Présentateur

Alors, on rentre en France, justement, Fabien Roussel, l'un des grands enjeux pour vous, c'est de retrouver l'électorat populaire qui vote aujourd'hui majoritairement pour le Rassemblement national, 40% selon les enquêtes, au point que, vous savez, la fonction tribunicienne historique du Parti communiste, elle est largement passée à l'extrême droite. Est-ce que c'est pour leur parler, à ces classes populaires, que, contrairement à d'autres à gauche, vous ne rechignez pas du tout à parler de sécurité, au point d'avoir été, d'ailleurs, présents lors de la fameuse manifestation de soutien aux forces de l'ordre, c'était en juin dernier ?

10:50
Fabien Roussel

Oui, je pense qu'il faut mettre la question des classes populaires, des quartiers populaires, au cœur de cette campagne, parce que ces familles, la jeunesse, ces salariés, ces ouvriers, sont en souffrance. Ils exigent de la protection. Ils exigent de la protection sociale et de la protection tout court. Ils souffrent, je dirais même, d'une double peine, de l'insécurité sociale et de l'insécurité tout court. Il faut donc répondre aux deux. Et c'est pour ça que j'ai souhaité me saisir de ces questions de sécurité, et je préfère, moi, parler de tranquillité publique et de paix sociale.

Et donc, de mettre des moyens dans les politiques de sécurité intérieure, mais aussi de mettre des moyens pour faire revenir l'État dans ces quartiers, dans nos villes et nos villages, la République pour tous, la République partout.

11:41
Intervenant

Alors, avant de rentrer dans le détail de vos propositions de sécurité, c'est très intéressant de refaire un peu un retour en arrière. Ce que vous dites dans votre livre, Ma France, en réalité, vous dites, « La gauche, à un moment, a cru qu'en faisant l'alliance des antilibéraux, cela suffirait pour reconquérir. » Et vous vous apercevez qu'au fond, cette alliance, qui a notamment été prenée par Jean-Luc Mélenchon, a conduit effectivement à ce que l'électorat populaire, une partie de l'électorat populaire, passe au Rassemblement national. Montebourg est aussi sur votre ligne, c'est-à-dire qu'il faut une reconquête. Mais pourquoi vous estimez aujourd'hui que cette reconquête serait possible ?

12:19
Présentateur

Et qu'elle passe par la sécurité ?

12:21
Fabien Roussel

Oui, pas que par la sécurité, mais parce qu'il faut entendre ce qui se dit chez une grande majorité de nos concitoyens, qui sont malheureux et qui se sentent abandonnés, méprisés, pas entendus. Moi, je parle dans mon livre, que vous citez, de ces millions d'hommes et de femmes qui sont salariés dans les usines, dans les services publics, dans les hôpitaux, je ne vais pas tous les citer, mais les agriculteurs, les rippeurs derrière les camions bennes, ils souffrent, ils se sentent méprisés.

12:49
Intervenant

Mais dans le même temps, Fabien Guézal, et ça veut dire que la gauche s'est abandonnée ?

12:52
Fabien Roussel

Donc il y a les questions de pouvoir d'achat, de vie digne en travaillant, comment on peut accepter que dans notre pays aussi riche, on ne puisse pas vivre dignement de son travail ? Hier soir encore, j'étais dans une manifestation, dans un village de ma circonscription, un homme vient me voir, il me dit, M. Roussel, il faut la retraite à 55 ans. J'étais surpris, moi je la propose à 60. Et il me dit, j'ai 57 ans, je travaille un peu jour, la semaine, je fais 5h30, 13h30, 7h de boulot, j'ai que deux pauses de 20 minutes, j'ai 57 ans, je suis cassé, je n'irai pas au bout. J'ai 57 ans, je suis cassé, je n'irai pas au bout. Qu'est-ce que la gauche lui répond ?

Alors je lui ai dit, oui pour vous, la retraite anticipée à 55 ans, elle est déterminante, car vous n'y arriverez pas au bout. Qu'est-ce qui fait que la gauche, à un moment... La gauche, elle n'a pas entendu, elle a oublié de parler de ce monde ouvrier, de ce monde du travail. Et quand je parle du monde ouvrier, je parle autant de cet homme posté à l'usine que de ces ouvriers de la sécurité, les policiers et les gendarmes, que de ceux qui sont dans les usines, dans les hôpitaux et les écoles, enfin les infirmières. Elles ont manifesté avant même la pandémie, les blouses blanches pour réclamer de la reconnaissance, les instituteurs, les professeurs des collèges et des lycées.

Écoutez leur colère ! Aujourd'hui, ce n'est même plus une vocation, alors que ça devrait être... Tout le monde devrait avoir envie d'être instité professeur. La gauche les a abandonnés. Le pire, c'est que quand elle était au pouvoir, elle n'a pas répondu à leurs attentes. Et François Hollande avait dit, mon ennemi, c'est la finance. Et ensuite, quand il a été au pouvoir, il a servi les plats à la finance. Et ça, ça a désespéré beaucoup de monde. Et bien comment on va aller reconquérir cet électorat ? C'est en leur disant, moi je vais mettre fin au règne de la finance. On va reprendre le pouvoir sur les richesses que nous produisons et on va les faire redescendre à ceux qui les produisent.

On veut vivre dignement dans ce pays qui n'a jamais été aussi riche. Et c'est possible.

14:49
Présentateur

Oui, c'est le moment.

14:49
Intervenant

Vous mettez ensemble les questions sociales et les questions de sécurité des citoyens. Est-ce que vous êtes conscient que sur le terrain de la sécurité, puisque la première question portée là-dessus, la gauche, depuis des années, n'est pas audible et que la plupart des électeurs, y compris des classes populaires, et surtout des classes populaires, se tournent plutôt vers des solutions radicales, à droite, à l'extrême droite. Un candidat qui n'est pas encore déclaré comme Éric Zemmour a des intentions de vote aujourd'hui sur ces thématiques de la sécurité et de l'immigration, qui sont quatre fois supérieures aux vôtres.

Comment expliquez-vous ce fossé, finalement, entre ce que vous proposez et ce qu'attendent les électeurs ?

15:22
Fabien Roussel

Eh bien, écoutez, moi, je n'ai pas d'explication pour vous dire les raisons pour lesquelles les autres forces de gauche n'ont pas voulu s'en saisir. En tout cas, je vous dis que moi, je souhaite m'en saisir parce que je rencontre beaucoup d'élus communistes, des maires communistes. J'étais encore au téléphone cette semaine avec Bruno Pirriou, de Corbeil, qui n'est pas communiste, mais qui est très proche, et le maire de Grigny, Philippe Riau, champion du monde des maires, et j'en suis très honoré, ils sont confrontés à ces questions-là tous les jours. Et Stéphane Riau me dit que lui, il attend toujours un commissariat de plein droit dans sa ville de 30 000 habitants.

Une ville de 30 000 habitants pour lesquels il n'y a même pas de commissariat. Alors qu'il fait, lui, plein d'efforts en termes de services publics, d'accompagnement des enfants dans les écoles avec ses petits déjeuners qu'il offre. Alors les communes font plein d'efforts alors qu'on leur a supprimé des moyens. Ils investissent dans la vie associative, dans des équipements, et on leur déshabille les moyens de faire régler les règles. Eh bien, c'est plus acceptable. Donc on doit les écouter et leur donner des moyens.

16:30
Intervenant

Qu'est-ce que vous proposez concrètement ?

16:31
Fabien Roussel

Alors je propose, moi, en matière... Alors pour restaurer, pour redonner des moyens à nos services de sécurité intérieure, je propose la création d'une direction dédiée à la police de proximité. Composée de 30 000 hommes et femmes. Statutaires. Pas de la police municipale. Pas de la police privée, comme le proposent la droite et l'extrême droite, qui nous donnent des leçons en plus, à nous, à gauche. Alors que c'est eux qui l'ont abîmée, la police.

16:59
Intervenant

Mais on n'est pas très loin de la proposition d'Emmanuel Macron qui dit qu'il nous faut des bleus et qu'il nous faut plus de bleus sur le terrain. C'est la même chose que la police de proximité.

17:04
Fabien Roussel

Ça ressemble au propos de la sécurité. Il propose des bleus. Pour l'instant, c'est la France qui a des bleus. Et c'est la France qui a mal. Alors que moi, j'attends de voir ce qu'il va mettre en place. Toujours est-il que Nicolas Sarkozy a supprimé 15 000 postes de police. Ce gouvernement en a rétabli 10 000. On n'est pas encore au compte. Et ensuite, tout dépend aussi de la politique de maintien de l'orne qui sera mise en œuvre. Et donc, c'est pour ça que je défends une police de proximité.

Et ça ne suffira pas si on ne donne pas plus de moyens à la justice, à la justice des mineurs aussi, s'il n'y a pas plus d'éducateurs dans nos rues, dans les quartiers, auprès des familles, et si on ne donne pas plus de moyens à l'école, à nos collèges et à nos lycées, mais je sais que l'on va en parler. Et donc, il faut pouvoir marcher sur ces deux jambes. Il faut, oui, faire appliquer les règles et respecter les règles avec des forces de police avec qui on doit retisser un lien de confiance avec les gens et avec la jeunesse. C'est pour ça que je parle de police de proximité. Mais en même temps, investir pour faire revenir la République dans ces quartiers.

Et la République, c'est l'école, c'est des théâtres, des équipements sportifs, des piscines, des arrêts de bus, de métro. C'est ça, la vie.

18:15
Invité

France Inter. Hashtag Question Paul.

18:21
Présentateur

C'est ça, la vie. Fabien Roussel, j'aimerais vous faire écouter une autre candidate à l'élection présidentielle. C'est la candidate socialiste Anne Hidalgo. Et vos oreilles ont peut-être sifflé en l'entendant dire cela.

18:31
Invité

En France, le salaire d'un prof, en début de carrière comme en fin de carrière, est deux fois moins élevé que celui qu'il pourrait avoir en Allemagne ou aux Pays-Bas. Ça n'est pas normal.

18:43
Présentateur

D'où la volonté de doubler le salaire des profs. Est-ce que vous vous dites quoi quand vous entendez ça sur France Inter ? Est-ce que vous dites « Tant mieux, le thème de l'éducation que je veux mettre au cœur de la campagne, il y est grâce à d'autres candidats » ou bien vous vous dites « Ça y est, elle m'a piqué mon thème ».

18:56
Fabien Roussel

Ah non, pas du tout. Moi, je ne vais pas dire ça. Je ne peux que m'en féliciter. Vous savez, la première déclaration que j'ai faite le 9 mai dernier, quand j'ai été investi pour la présidence de la République, ma première déclaration a été de dire que je souhaitais mettre en place un pacte pour la jeunesse et faire de l'école et de la jeunesse la grande cause nationale du mandat qui vient. Je suis content qu'aujourd'hui, d'autres candidats se saisissent de cette question. Et vous voyez déjà, je me dis, une candidature communiste à l'élection présidentielle, ça fait du bien à la gauche. Et il y a aujourd'hui ce débat qui s'ouvre, tant mieux.

19:28
Intervenant

Mais doubler les salaires, c'est réaliste ou pas ?

19:29
Fabien Roussel

C'est qu'aujourd'hui, il faut augmenter les salaires des enseignants, mais de tous les agents de la fonction publique, dont le salaire a été gelé sous Hollande. D'accord ? Ça date de 2012, quand même, le gel des fonctions publiques. Enfin, la réalité, c'est quand même celle-là. Le gel du point d'indice de la fonction publique, territorial, d'État et hospitalière, elle date de ces années-là. Il faut dégeler le point d'indice et augmenter de 30% l'ensemble des salaires de la fonction publique, territoriale.

20:01
Intervenant

30% ça fait une enveloppe de combien au total ?

20:03
Fabien Roussel

Oui, ça veut dire qu'il faut rattraper le retard qui a été pris pour tous ces agents, qu'ils soient aides-soignants, qu'ils soient enseignants, qu'ils soient catégorisés dans la fonction territoriale, qui ont des salaires de misère, à qui d'ailleurs le gouvernement, avec la loi des 1607 heures, leur retire en plus des jours de congés, il faut leur redonner... Donc très bien pour les promesses. ...leur dignité au travail et leur pouvoir d'achat. Mais pour l'école, ça ne suffira pas. Pour l'école, ça ne suffira pas. Parce que doubler les salaires des enseignants, moi je pense qu'il faut mettre en place une mesure qui soit, comment dire, proportionnée. Nous nous proposons 30% pour tous.

20:43
Intervenant

Ça fait combien ?

20:43
Fabien Roussel

30% pour tous. Je vais vous dire, pour l'école, ce que je propose, c'est d'augmenter de 5... Je vous propose d'augmenter de 50% le budget de l'éducation nationale. Bah si, regardez. Je vous propose d'augmenter... Excusez-moi, j'ai dit 30%... On veut des chiffres bruts, du sonant très but sans qu'on comprenne bien. 30% ça ne veut rien dire. Vous me permettez que je parle de l'école.

21:03
Présentateur

Allez-y.

21:03
Fabien Roussel

L'école et la jeunesse. Augmenter, doubler les salaires, on peut en débattre. Moi je propose d'augmenter de 30% les salaires de l'ensemble des agents de la fonction publique. Et je propose d'augmenter de 50% le budget de l'éducation nationale et celui de l'enseignement supérieur. Aujourd'hui, l'ensemble de ces deux budgets c'est 69 milliards d'euros. Je propose de les amener à un peu plus de 100 milliards d'euros. Et la planification que nous devons avoir à notre école ne doit pas porter que sur les salaires. Il faut embaucher 90 000 profs instituteurs rapidement et les former. Je propose d'ailleurs le retour de l'école normale et planifier ces créations d'emplois pour nos écoles.

avec, dès la sortie du bac, permettre à des jeunes diplômés du bac de rentrer dans cette école normale en étant rémunérés, les former et en retour leur demander de s'engager au moins pendant 10 ans à travailler pour l'éducation nationale. Ça c'est un plan de création d'emplois immédiat que nous devons mettre en oeuvre. Et une dernière mesure qui est pour moi importante, c'est d'augmenter le temps d'enseignement à l'école. Si on veut le meilleur pour nos enfants, il faut passer à 32 heures le temps d'enseignement à l'école sans augmenter le temps de travail des enseignants. D'où la nécessité d'embaucher.

Et il ne faut pas plus de 20 à 25 élèves par classe, partout, au collège, au lycée et dans les écoles. Il faudra donc planifier la construction de collèges, de lycées et d'écoles à taille humaine. Voilà le plan d'ensemble que nous proposons, nous, pour le monsieur Roussel.

22:33
Intervenant

Je voudrais juste vous poser une question. Tous les candidats ou tous les hommes politiques de premier plan, François Bayrou ici même la semaine dernière, disent que l'éducation c'est la priorité numéro un. Emmanuel Macron, lui, en a fait un marqueur de son quinquennat. Vous avez parlé du budget de l'éducation nationale. Il s'élève à 76 milliards d'euros précisément. Et c'est le premier budget et il est encore en augmentation. Il y a eu le dédoublement des classes primaires en CP, en CE1 dans les zones d'éducation prioritaire. Est-ce que vous pouvez dire que depuis des années, rien n'est fait pour l'éducation nationale ? Est-ce que c'est juste une question de moyens, de rémunération ?

Est-ce qu'il n'y a pas autre chose qui doit... On ne peut pas dire que rien n'est fait mais enfin dédoubler les classes. Emmanuel Macron est nul dans ce domaine.

23:15
Fabien Roussel

J'ai beaucoup de classes, moi, en zone d'éducation prioritaire dans ma circonscription. C'est terrible. J'en souffre de ça. Enfin, ce sont des villes qui cumulent beaucoup de difficultés. Ce que nous devons faire, c'est que ce dédoublement des classes dans les zones d'éducation prioritaire, il faut le faire pour tous et pour tout, partout, dans toutes les écoles. Et donc, je vois bien que dans les villages et dans les villes, on ne peut pas pousser les murs. Il faut donc construire des écoles, des collèges et des lycées, pas plus de 20 à 25 élèves par classe. Vous voulez que je vous dise, mon rêve ?

Mon rêve, c'est que je voudrais que les parents courent pour inscrire leurs enfants dans l'école publique et n'aillent plus chercher l'école privée à côté de chez eux et payer. Parce qu'ils ont des angoisses à mettre leurs enfants à l'école publique. Parce qu'aujourd'hui, ça existe, ça. Et donc, je voudrais que tout le monde coure pour mettre ses enfants à l'école publique en sachant que quand ils déposeront leurs enfants à l'école publique, il y aura de 9h à 17h30, les 32h d'enseignement que je propose, et que leurs enfants seront protégés. Ils auront accès à toutes les connaissances.

Ils auront les devoirs faits à l'école et plus à la maison pour garantir l'égalité de tous nos enfants dans tous les quartiers. Enfin, ayons la plus grande ambition pour nos enfants. C'est la meilleure garantie pour notre pays d'avoir les possibilités pour demain de se redresser et d'affronter tous les défis qu'on a écologiques, sociaux, économiques. Nous devons avoir la jeunesse la mieux formée au monde. Voilà. Ayons cette ambition-là.

24:46
Invité

France Inter Question politique Thomas Négaroff

24:56
Présentateur

Et si Alexandra Benzaïda a pris place à mes côtés, c'est qu'on va parler maintenant d'économie.

25:01
Intervenant

Bonjour à tous, bonjour Fabien Roussel. Alors nous, on va parler de pouvoir d'achat si vous voulez bien parce que cette rentrée elle est chère pour les Français. Il y a le prix du gaz, de l'électricité, du carburant. On voit venir bientôt l'augmentation des pâtes, des œufs. Bref, c'est le retour de l'inflation. Du coup, mécaniquement, vous le savez, le SMIC a augmenté et le gouvernement a dégainé son chèque énergie, un nouveau chèque énergie de 100 euros. Qu'en pensez-vous ? Je vous vois faire un nom de la tête. Est-ce qu'à cette heure, ça suffit ou pas ?

25:29
Fabien Roussel

Mais non, c'est pas digne. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, on a une France qui souffre, on a 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et des salariés pauvres. Des salariés qui travaillent à temps complet avec le SMIC et qui sont dans la pauvreté. Et à qui on va proposer le chèque énergie ? D'ailleurs, pour toucher le chèque énergie, je peux vous dire qu'il faut avoir des conditions de ressources extrêmement basses.

25:55
Intervenant

Ça fait 5 millions

25:56
Fabien Roussel

et il y a 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté.

25:59
Intervenant

Ce sont exactement les bons chiffres. Quelle solution ? Ça veut dire qu'aujourd'hui,

26:05
Fabien Roussel

la hausse des salaires pour le gouvernement, c'est des chèques énergie, c'est des aides sociales, c'est la prime d'activité, c'est aller à la CAF et qu'émander. Moi, je souhaite que l'on puisse travailler et vivre de son travail aujourd'hui avec un salaire qui permette de vivre dignement. Je propose le SMIC à 1 800 euros brut. C'est 250 euros nets, directs, dans la poche de chaque salarié et une conférence salariale pour augmenter l'ensemble des salaires. J'ai parlé de ceux de la fonction publique mais ça doit être pareil dans le privé. Et je souhaite accompagner les entreprises pour pouvoir justement mener cette bataille pour le pouvoir d'achat.

26:42
Intervenant

Alors justement, un chef d'entreprise qui vous entend, il va vous dire mais monsieur Roussel, le coût du travail c'est encore un sujet pour moi, j'ai des concurrents à l'étranger qui sont moins chers que moi. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Le coût du travail. Les chefs d'entreprise ils font quand même l'emploi aussi.

26:58
Fabien Roussel

Alors qu'est-ce que vous leur répondez ? Je voulais que je vous parle d'Alexandre Bompard sur le coût du travail, le PDG de Carrefour. C'est lui qui justement refuse l'ancienneté à ses salariés. Les salariés de Carrefour, vous savez ça ? Que chez les salariés de Carrefour il n'y a pas d'ancienneté. Et que celles qui sont hôtes de caisse, elles peuvent travailler 15 ans, 20 ans et avec un salaire qui n'évolue pas. Et je les ai rencontrés et effectivement avec 15 ans d'ancienneté elles perçoivent 1300 euros net. C'est digne ça ?

Par contre, Alexandre Bompard, lui, il perçoit 1,9 millions de salaire et il va avoir le droit en 2023 à une prime de 3 millions d'euros s'il a bien respecté ses objectifs en matière de modération salariale.

27:38
Intervenant

tous les chefs d'entreprise.

27:39
Fabien Roussel

Donc je vais vous dire une fois que j'ai réglé son sort à Alexandre Bompard, je vais vous dire une chose. Le coût du travail, j'en ai marre. Moi, je voudrais qu'on parle du coût du capital. Et le capital, il nous coûte cher dans notre pays. Aujourd'hui, la valeur ajoutée que les salariés produisent, elle est de moins en moins redistribuée en salaire et en investissement et même en impôts pour l'État. Aujourd'hui, c'est le capital qui capte les deux tiers de la valeur ajoutée que nous produisons. Il faut inverser les choses. Et je vais parler maintenant aux petites entreprises.

Les petites entreprises, parce que le coût du capital, ce sont celles qui distribuent des dizaines et des dizaines de milliards d'euros. Ce sont celles qui font l'optimisation fiscale et qui volent les finances de notre pays. Ceux-là, je viens de leur régler leur sort. Il n'y a pas de dividendes à verser quand on met des salaires aussi bas. Donc, ils auront les moyens de payer les hausses de salaire. Les petites entreprises...

28:29
Intervenant

Donc vous supprimez... Qu'on entende parce que vous dites beaucoup de choses en même temps. Donc vous supprimez la politique de dividendes. Vous dites aux entreprises qu'il n'y a plus de distribution.

28:37
Fabien Roussel

Mais avant de distribuer des dividendes, on augmente les salaires. Et donc, si demain, je suis élu président de la République, d'ailleurs, je souhaite que l'on n'attende pas les élections présidentielles. Moi, je demande qu'au 1er octobre, il y ait un coup de pouce au SMIC et qu'il augmente tout de suite si on veut redonner du sens au travail. Et puis, il y a toutes ces petites entreprises. Alors, que l'on ne me parle pas des cotisations sociales, parce qu'aujourd'hui, jusqu'à 1,5 fois le SMIC, à peu près, il n'y en a plus de cotisations sociales. Par contre, elles ont des charges qui pèsent sur elles, ces petites entreprises.

Je vais vous parler des charges des assurances qui n'ont jamais autant augmenté. Je vais vous parler des charges des intérêts bancaires pour celles qui s'endettent. Mais donc,

29:18
Intervenant

vous dites quoi aux compagnies d'assurance ? Mais moi,

29:20
Fabien Roussel

je vais peser pour faire en sorte que ces entreprises, nos entreprises, notre industrie, paient moins de charges en intérêts bancaires et je suis pour une banque publique qui prête à taux zéro aux entreprises qui investissent et rémunèrent mieux. Je suis pour une assurance publique et je propose de nationaliser AXA. Je vous fais l'annonce ici et que les actionnaires d'AXA se préparent parce que si je suis président de la République, AXA est nationalisé et je proposerai donc à nos entreprises comme au ménage de payer moins cher en matière d'assurance. Et enfin,

29:52
Intervenant

est-ce que vous avez vu... Ça, c'est en effet complètement... Est-ce que vous avez vu... Pour les actionnaires d'AXA, vous devez les dédommager ? Non, vous leur versez quelque chose de nationaliser le leader européen de l'assurance ? Je finis... Ça coûte cher. Ça coûte cher quand même. Ça coûte cher de nationaliser. Oui, ça coûte cher,

30:04
Fabien Roussel

mais ce qui nous coûte cher, ce sont les 60 milliards d'euros de dividendes versés aux grands actionnaires et qui est en fait qui est la partie de la richesse que nous produisons et qui nous échappe. J'entends, mais ça coûte cher, Fabien Roussel,

30:16
Intervenant

ça coûte cher de nationaliser.

30:17
Fabien Roussel

Est-ce que je peux défendre les entreprises qui voient leur facture d'électricité multipliée par deux ? Vous l'avez vu ça ? Est-ce que vous avez vu ça ?

30:24
Intervenant

Parlons d'énergie. La facture d'électricité monte pour les particuliers et les entreprises. Vous avez parfaitement raison. Mais c'est un milliard

30:30
Fabien Roussel

les chefs d'entreprise. Alors, j'ai découvert ça. Alors, ça, c'est incroyable. Depuis que Sarkozy a privatisé EDF et que tous ceux qui ont suivi derrière ont continué dans ce sens-là, nos entreprises vont payer aujourd'hui, cette année, un milliard de plus de factures énergétiques, un milliard de plus. Les ménages vont payer plus, je le dénonce suffisamment pour dire qu'il faut diviser par deux la facture d'électricité des ménages, mais il faut aussi diviser par deux la facture énergétique de nos entreprises afin qu'elles soient incitées à investir en France, à produire en France et à augmenter les salaires de nos concitoyens, de nos travailleurs.

Voilà les charges financières qui pèsent aujourd'hui sur les entreprises et qu'il faut réussir à lever pour qu'elles embauchent, pour qu'elles augmentent les salaires.

31:17
Intervenant

Vous voulez privatiser, vous voulez nationaliser, pardon, nationaliser ENGIE qui fournit du gaz, vous voulez remonter à 100% du capital d'EDF, c'est ça que vous voulez faire ?

31:28
Fabien Roussel

Oui, tout à fait, il faut nationaliser EDF et ENGIE pour retrouver notre maîtrise et notre indépendance en matière de production d'électricité décarbonée, mais aussi pour retrouver notre autonomie, pour fixer les tarifs, que ce soit pour les ménages, les familles, mais aussi les entreprises. Et c'est comme ça que l'on incitera nos entreprises aussi à investir et à augmenter les salaires.

31:52
Intervenant

Mais la France, par exemple, sur ENGIE, la France, elle ne produit pas de gaz, donc il faut bien l'acheter, vous voulez fixer le tarif. Le fournisseur, finalement, il va vous dire, M. le Président de la République, vous faites ce que vous voulez, mais moi j'ai une facture, je ne vais pas tenir, vous fixez le tarif que vous voulez, mais il faudra bien me payer le vrai prix, celui du marché.

32:07
Fabien Roussel

Je vais faire une petite digression concernant la politique que je souhaite en faveur du climat. Il nous faudra à terme sortir des énergies fossiles et le gaz en est. Donc à terme, nous devrons nous passer aussi du gaz. L'essentiel aujourd'hui pour nous est d'investir dans les deux productions d'électricité et d'énergie qui sont pilotables, c'est l'énergie nucléaire et l'énergie hydroélectrique avec ce réseau de barrages que nous avons en France qui sont publics et qui sont construits et qui produisent l'énergie décarbonée, renouvelable. Donc ce sont les deux piliers sur lesquels il faut investir.

Nationaliser ENGIE dans un premier temps, c'est aussi retrouver notre souveraineté en matière de tarifs maintenant.

32:52
Intervenant

Fabien Roussel, une peu de questions pratico-pratiques. Aujourd'hui, c'est la journée sans voiture. Ça se passe à Strasbourg, à Clermont-Ferrand, à Paris. Et à Paris. À Paris, où la vitesse maximum elle a baissé à 30 km heure et l'an prochain, ce sera aussi le cas à Lyon et Bordeaux. Question simple, est-ce que cette bataille-là contre l'automobile, vous la soutenez ?

33:08
Fabien Roussel

Il faut modifier la production automobile. Il faut avoir aujourd'hui des voitures qui sont le moins polluantes possible. On investit beaucoup dans les voitures électriques et les voitures hybrides. C'est une bonne chose et il faut soutenir ça. Mais vous voyez, on peut faire tous les efforts du monde à produire des voitures électriques et hydroélectriques en France et inciter les consommateurs à les acheter. Elles sont aujourd'hui trop chères, d'une part, et d'autre part, je regrette que... C'est pas que je regrette. Je dénonce Renault et Peugeot qui délocalisent encore aujourd'hui en Chine la production de la C5 électrique et la production de la Dacia Spring électrique. Et ces voitures...

Il y a un sujet,

33:52
Intervenant

coût du travail.

33:53
Fabien Roussel

Non, c'est pas coût du travail. Arrêtez ! Dites pas ça ! Enfin, ces voitures, elles reviennent en porte-conteneurs qui sont les plus polluants au monde. Et on parle de coût du travail. Mais enfin, les trous dans la couche d'ozone ! Enfin, vous pensez pas que ça vaut mieux de produire en France, de payer des salaires en France, de faire vivre des familles en France, de protéger la planète plutôt que de les fabriquer là-bas en Chine et de les faire venir en porte-conteneurs et vous me parlez de coût du travail ? Enfin, vous charriez quand même ! Heureusement,

34:21
Présentateur

le trou de la couche d'ozone n'est plus le problème aujourd'hui. C'est pas ça le problème aujourd'hui. Alexandra ?

34:25
Intervenant

Une dernière question. Pour construire... On a parlé des salaires, vous voulez les augmenter, vous voulez embaucher également des fonctionnaires, beaucoup de fonctionnaires. Pour construire cette France heureuse, solidaire et digne, vous dites je veux augmenter le budget de l'État. On a compris. Mais alors, comment ça va se faire ? Est-ce que ça va se faire par l'impôt ? Est-ce que vous augmentez les cotisations sociales ? Est-ce que vous rétablissez l'ISF ? Est-ce que vous alourdissez, je sais pas moi, les droits de succession, l'impôt sur le revenu, sur le capital ? Comment vous financez ? Je reviens à la question de Karine Becker.

34:54
Fabien Roussel

Eh bien écoutez, je vous ai dit qu'il y avait besoin de protection dans notre pays. Les Français l'exigent et de protection sociale. Et il y a besoin aussi de justice fiscale. La justice fiscale. Est-ce qu'on peut la faire vivre pour du vrai dans notre pays ? Enfin, les Gilets jaunes l'ont porté pendant tout le mouvement. Moi-même, je l'ai défendu à l'Assemblée nationale. La justice fiscale, c'est faire en sorte que dans notre pays, les multinationales qui payent entre 8 à 9% d'impôts payent autant d'impôts qu'une PME. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Donc la justice fiscale, c'est faire en sorte que les gros payent gros et que les petits payent petits.

La justice fiscale, c'est de redonner du sens au consentement à l'impôt. Et ça veut dire que l'évasion fiscale, on la combat, mais l'optimisation fiscale aussi. Il ne faut pas me dire que l'optimisation fiscale, c'est immoral, mais c'est légal. L'optimisation fiscale, c'est le racket des finances publiques. Et donc les gars, les nanas, qui sont prises la main dans le pot de confiture à avoir fait de l'optimisation fiscale, ils doivent être condamnés, jugés et aller en prison. Ça doit être terminé.

Et moi, je connais, je connais des groupes comme le groupe Apollo, qui est actionnaire de beaucoup d'entreprises dans notre pays, qui fait remonter les bénéfices par l'intermédiaire de prêts, par l'intermédiaire de ventes d'actions. Les bénéfices, ils vont au Luxembourg. J'ai été dans son siège au Luxembourg. Et du Luxembourg, ça part aux îles Caïman. Et là, cet argent, l'argent du fruit de notre travail, il est mélangé avec l'argent sale de la drogue, du trafic d'armes aux îles Caïman. Et personne n'en parle. Moi, je veux être le président de la République anti-évasion fiscale, anti-corruption, sur nos finances publiques. Et ce sera le cœur de mon mandat, tout de suite.

36:30
Présentateur

Question de Françoise Ressauz.

36:32
Intervenant

Tout ce que vous dites, ça ramène au fond à la différence entre la gauche d'opposition et la gauche de gouvernement. Tout ce que vous dites, la gauche dans le passé, l'a beaucoup dit et arrivée au pouvoir, elle s'est rendue compte que... Ah ben ça, vous avez raison. Bah oui, mais s'attaquer au libéralisme, taxer les grandes multinationales, c'était pas facile du tout. Qu'est-ce qui fait que ce coup-ci, vous allez y arriver ?

36:52
Fabien Roussel

Ah ben alors, c'est pas facile, on le fait pas. Mais c'est peut-être pour ça que la gauche, elle est aussi bas, aussi bien impressionnante et qu'il faudrait peut-être que ça change dans ce pays. Parce que ceux qui en souffrent,

37:00
Intervenant

c'est qu'ils vous y aient ? Sur quel milieu vous vous appuyez ?

37:02
Fabien Roussel

Non mais alors, donc on va... Donc on est encore, ça y est, abattus, c'est pas possible. Mais c'est mortifère. Mais vous comprenez pas que les gens, ils en peuvent plus de 10 ou 20 ? Si, si, ça je comprends très bien. Vous, vous êtes là, ici, tout ça. Le chemin, je le comprends pas. Moi, je vais rentrer dans le Nord. Je vais aller rencontrer des gens de chez moi où le taux de chômage est plus élevé qu'ailleurs dans notre pays. Je vais rentrer chez moi, le taux de pauvreté, il est très élevé. Et si, on ne redonne pas un espoir aux gens, au monde ouvrier, au monde du travail, en leur disant nous allons reprendre le pouvoir. Moi, à l'Elysée, ça va changer.

Ils le savent, ceux qui me connaissent dans ma circonscription. Vous savez qu'en tant que député, je suis celui qui a réussi à mettre Bernard Arnault au tribunal pour qu'il publie ses comptes alors que c'était légal et il ne le faisait pas. Imaginez si demain, je suis président de la République. En tant que député, j'ai fait ça. Eh bien, président de la République, moi, ceux-là, ils mettent le pays à genoux, eh bien, moi,

37:56
Intervenant

je vais les mettre au pas. Il est arrivé dans l'histoire que la gauche applique les solutions que vous préconisez aujourd'hui. Il y a 40 ans, on le fait abondamment cette année, François Mitterrand a été élu et il y a eu des nationalisations et il y a eu une politique de gauche, vraiment, et ça n'a pas abouti à des résultats qui étaient souhaités, en tout cas, en termes de baisse de chômage. On a dévalué à plusieurs reprises. Les capitaux avaient fui. Pourquoi les solutions qui n'ont pas marché il y a 40 ans marcheraient aujourd'hui, M. Roussel ?

38:23
Fabien Roussel

Eh bien, parce qu'on a aussi tiré les leçons de cette expérience. D'abord, il faut se souvenir quand même des grandes avancées qui ont eu lieu en 80 et je vous rappelle que c'est grâce au score de Georges Marchais à l'élection présidentielle et de ces 15% que Mitterrand a été obligé de nationaliser des banques mais aussi d'instaurer l'ISF que M. Macron a supprimé. Vous voyez la boucle de l'histoire ? Donc moi, je reviens, oui, pour la présidence de la République et cet impôt de solidarité sur la fortune, je le restaurerai.

Et puis, la leçon de l'histoire, c'est qu'on ne fait pas de conquête sociale sans le monde du travail, sans les associés, sans s'appuyer sur eux, sans leur donner des pouvoirs dans les entreprises pour faire en sorte de respecter leurs droits. Je propose, moi, que les salariés dans les entreprises aient un droit de veto sur des décisions qui les concernent directement, quand il y a atteinte à la dignité humaine, quand il y a atteinte à l'environnement, quand l'égalité femmes-hommes n'est pas respectée.

Je demande à ce qu'ils aient un droit d'intervention dans les conseils d'administration et qu'ils aient autant de pouvoir que les actionnaires pour pouvoir décider sur les choix stratégiques, sur la répartition des richesses, sur les investissements et les formations à faire. Pourquoi les salariés ne seraient là que pour être exploités dans les boîtes ? C'est quand même eux qui les produisent les richesses avec le capital. Donc, je ne dis pas on prend tout, on nationalise tout, je laisse ça à d'autres. Moi, je dis qu'il faut donner du pouvoir aux salariés dans les entreprises. C'est eux la solution.

La solution pour faire cette grande révolution du monde du travail, c'est de faire avec le monde du travail.

39:54
Intervenant

Alors, ça, ce sont des mots...

39:57
Fabien Roussel

Ah non, ce n'est pas des mots.

39:59
Intervenant

Soyons très, très concrets. Vous avez dit tout à l'heure, les actionnaires, ils touchent trop de dividendes. Très bien. Mais il en faut des actionnaires parce que où est-ce qu'on trouve des financements pour investir dans les entreprises ? Comment ils fonctionnent, en fait, votre tissu d'entreprise, votre tissu industriel, s'il n'y a pas d'actionnaires à un moment donné qui acceptent de mettre de l'argent ?

40:18
Fabien Roussel

Mais justement, c'est un beau débat. C'est un débat qui devrait être au cœur de l'élection présidentielle sur le financement de l'économie et de la dette et du rôle de la Banque Centrale Européenne et des banques publiques. C'est pour ça que nous, nous proposons de nationaliser les grandes banques que nous avons aujourd'hui pour que l'argent, celui quand même de nos dépôts, entre autres, l'argent qu'on met dans la banque, puisse servir à l'économie nationale. Comme ça se faisait avant. Il nous faut des banques qui puissent prêter à taux zéro aux communes, aux collectivités, mais aussi aux entreprises qui investissent.

Il nous faut une Banque Centrale Européenne qui finance les États, les nations directement à taux zéro. Et il ne faut pas que l'argent que nous prête la BCE via les banques et les marchés serve à soutenir des multinationales qui ensuite font de l'évasion fiscale ou de la distribution de dividendes. Parce qu'en fait, ce sont nos richesses qui fuient et qui ne servent pas le pays. Donc pour reprendre la main sur l'économie, nous avons besoin de nationaliser ces banques et d'avoir une Banque Centrale Européenne qui prête directement aux États à taux zéro et surtout pour des investissements utiles au pays. Pas pour soutenir des multinationales qui n'en ont pas besoin.

41:30
Invité

France Inter Question politique

41:36
Présentateur

Fabien Roussel est toujours avec nous jusqu'à 13h dans Question politique. J'aimerais vous faire écouter des propos tenus cette semaine par un député comme vous, un député insoumis, lui, Alexis Corbiard. Il s'adresse directement à un Fabien. Je crois que c'est vous. C'était sur LCI.

41:50
Invité

Je pense à nos amis communistes. On a déjà mené deux campagnes avec eux. Très talentueuses. Fabien Roussel, on l'a reçu la semaine dernière. Il y va. Il en a assez d'être dans votre sillage. Vous pensez que c'est à la hauteur de la situation ? Est-ce que je dis à Fabien, mais je n'ai pas envie d'y passer des heures, mais si on refaisait la même chose que ce qu'on a fait la dernière fois, 19h30, ensemble, on peut être au second tour. Ça vaut le coup quand même. Pourquoi se priver de ça ? Est-ce que Fabien Roussel pense sincèrement qu'il peut être au second tour ?

42:17
Présentateur

Alors, est-ce que Fabien Roussel pense sincèrement qu'il peut être au second tour ? Et surtout, qu'est-ce qu'il pense de cette main tendue, cette nouvelle main tendue par les insoumis ? Là, c'était Alexis Corbiard, mais ça aurait pu être Jean-Luc Mélenchon.

42:25
Fabien Roussel

D'abord, nous n'avons jamais rompu le dialogue à gauche et j'ai moi-même lancé, je l'ai redit à la fête de l'Humanité la semaine dernière, l'intérêt que nous avons à dialoguer, l'intérêt, la nécessité que nous avons à dialoguer dès maintenant pour construire ce pacte aux élections législatives. Et non seulement je souhaite que la gauche l'emporte aux élections présidentielles et je souhaite que la gauche l'emporte aux élections législatives en permettant l'élection d'une majorité de députés de gauche et bien sûr en son sein d'un grand nombre de députés communistes pour défendre le monde du travail et les salaires et les retraites.

42:58
Intervenant

Mélenchon aujourd'hui, il est à 11% dans les sondages, vous vous êtes à 3%. Ce qu'il vous dit, c'est que si vous faites alliance, vous avez peut-être une chance de peser plus que si vous êtes divisé. Alors, comment vous répondez à ça ? Au fond, est-ce que vous n'êtes pas celui qui risque de faire perdre Mélenchon ?

43:12
Fabien Roussel

D'abord parce que le sens de ma candidature, elle s'appuie sur le fait que nous avons un projet différent à défendre. aux Français. Et donc, nous avons, avec cette élection présidentielle, la possibilité de dire aux Français, vous avez le choix entre la gauche et la droite et à gauche, vous avez le choix entre plusieurs sensibilités.

43:33
Présentateur

Je pense que c'est important pour les gens qui nous écoutent. C'est quoi les différences entre vous et Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis ? C'est quoi les différences concrètes ?

43:39
Fabien Roussel

Plutôt que de mettre en avant les différences que nous avons, vous-même ? Oui, oui, mais moi j'ai dit que je ferais cette campagne sans taper sur qui que ce soit, le moins possible en tout cas. C'est pas taper que d'expérience. Je souhaite plutôt mettre en avant ce qui fait notre originalité. Et vous verrez bien que ça fera peut-être écho à d'autres. Notre originalité, la première, c'est que nous sommes un parti de rassemblement. Et moi je dis que personne ne gagnera tout seul à gauche et que nous devons travailler ensemble. Je suis le seul, nous sommes les seuls à parler à l'ensemble des forces de gauche. Nous ne faisons pas d'exclusives nous.

Nous ne nous interdisons pas de parler avec tel ou tel. Nous parlons à tout le monde. Au vert, aux socialistes, aux insoumis. La deuxième chose, c'est que nous avons des propositions originales à mettre dans le débat qui font notre différence. Nous avons parlé sur le fond. Nous avons parlé des questions, mais ça en fait quand même une paire et à chaque fois vous m'interrogez dessus. Je fais la différence sur les questions de sécurité et de tranquillité publique. Je fais la différence sur les questions énergétiques. Nous en avons parlé. Le nucléaire ? Le nucléaire, bien sûr. C'est une différence. Ah mais j'assume complètement.

J'ai fait la différence en ce début d'année en appelant à la vaccination généralisée. Je n'ai aucun état d'âme à dire qu'il faut faire confiance à la science, aux chercheurs et aux vaccins parce qu'en République, le vaccin c'est pour tous et il doit soigner. Et donc j'appelle à la vaccination généralisée. J'ai fait la différence sur un tas de sujets comme cela. Et donc je viens de parler aujourd'hui des pouvoirs nouveaux que nous devons donner aux salariés dans les entreprises. Je suis moi pour cette nouvelle République qui va redonner du pouvoir aux salariés dans les entreprises. Et ça va être une des propositions phares que je vais mettre dans le débat.

Donc vous voyez, sur tous ces sujets, il faut que les Français aient le choix. Et aujourd'hui, la gauche, tant qu'elle ne fera pas 50,1% en additionnant chacun des candidats, comment voulez-vous qu'elle l'emporte ? Il faut bien que l'on aille chacun reconquérir cet électorat qui n'y croit plus. C'est ça que je propose. Moi, je souhaite redonner cet espoir à gauche, redonner du sens à gauche, rien que par ma candidature. Et quand bien même vous me parlez de pourcentage, rien que par ma candidature, oui, ça pousse à être ambitieux dans les propositions. Et je souhaite justement faire en sorte que nous redevenions peut-être la colonne vertébrale à gauche. Au-delà des propositions

45:49
Intervenant

de fonds et des différences que vous avez exposées, est-ce qu'il y a aussi une affaire de stratégie politique ? On rappelle qu'en 2012 et qu'en 2017, vous n'aviez pas, vous, au Parti communiste de candidats. C'est donc une première depuis 2007. Et Marie-Georges Buffet qui avait obtenu un score faible qu'on ne va pas rappeler.

46:06
Présentateur

1,93%.

46:06
Intervenant

1,93%. Est-ce qu'il y a une question de survie aussi du Parti communiste qui, objectivement, ne va pas très bien ? Vous avez perdu votre dernier département que vous dirigez aux dernières élections départementales en juin. Est-ce que c'était important aussi pour que... On a quoi ? On a perdu aux élections départementales ? Le Val-de-Marne.

46:22
Fabien Roussel

Oui, on a gagné des conseillers. Mais n'oubliez pas de dire, de dire aussi qu'on a gagné des conseillers départementaux et qu'on a gagné des conseillers régionaux et qu'on est présent aujourd'hui dans plus de départements et dans plus de régions. Vous considérez donc que le déclin du Parti communiste est enrayé ? Écoutez, jamais, jamais, au fond de moi, je me suis présenté, j'ai fait le choix d'accepter de me présenter à cette élection en pensant à tout ce que vous venez de dire. Je pense, quand je me présente à cette élection, aux retraités qui vivent avec moins de 1000 euros par mois et qui n'en peuvent plus.

Je pense à ces salariés dont j'ai parlé, donc je ne vais pas le refaire, mais je pense à ces salariés qui ne vivent pas dignement de leur salaire et de leur travail. Je pense à ce pacte à la jeunesse que je veux mettre en œuvre. Je pense à ce pacte pour l'éducation nationale qu'il faut à tout prix mettre en place. Et je pense à l'urgence écologique à laquelle on répondra si on sort du capitalisme et pas en roulant avec. Et donc, mon énergie, ma force, mon pacte pour la France ne repose que là-dessus. Ne me parlez pas de boutique, ne me parlez pas de parti, ce n'est pas ça. Le parti n'existe plus. Mais si, il existe. Mais d'ailleurs, heureusement que j'ai un parti qui me soutient.

Heureusement qu'il y a ces milliers d'élus, de maires, de conseillers généraux régionaux, de parlementaires qui me soutiennent. D'ailleurs, ça, c'est une des différences avec d'autres forces à gauche. Qui a ses racines dans le pays comme nous, nous les avons aujourd'hui qui m'alimente justement dans toutes ces propositions. Qui a cette histoire avec le monde ouvrier ? Qui, aujourd'hui, dans notre pays, peut dire nous n'avons jamais trahi ? Eh bien, nous. Et justement, cette sincérité dans le combat pour le mouvement social, pour le mouvement ouvrier, pour le mouvement international et pacifiste, eh bien, c'est notre force. Je pense aux retraités et à Ambroise Croizat, justement.

Je pense à la sécurité sociale qui est aussi notre histoire. Eh bien, ça, c'est notre force et c'est aussi pour ça que je m'en vais à l'élection présidentielle pour pouvoir donner, porter la même ambition pour la France que celle que nous avons faite quand nous avons écrit Les Jours Heureux. Et c'est pour ça que je veux des Jours Heureux pour la France avec la même ambition qu'après-guerre.

48:22
Intervenant

Donc, il n'y a pas d'embrouille avec Jean-Luc Mélenchon parce qu'on a du mal à comprendre votre relation avec Jean-Luc Mélenchon. Jamais il n'était aussi doux, aussi velours avec un communiste. Et on a l'impression que vous êtes fâchés, vous, de votre côté. Donc, qu'est-ce qui s'est passé entre vous deux, en fait ? Vous pouvez nous raconter.

48:38
Fabien Roussel

Vous ne pouvez pas dire que je suis fâché parce que je vous parle au contraire de l'ambition que j'ai pour mon pays. Jean-Luc en porte une. Ce n'est pas la même. On n'est pas pareil. Il n'y a pas eu des mots. Il n'y a pas eu des choses qui ne sont pas digérées. Non, je ne pense pas. Je pense qu'il faut laisser aux Français choisir. Vous savez, avec les sondages, je vais en dire un petit mot quand même. Parce que je sais une chose, je sais une chose, c'est que les Français n'aiment pas qu'on leur dise ce qu'ils doivent voter. Et je suis aussi outre, je sais aussi une chose, c'est qu'ils aiment bien faire l'événement. Ils aiment bien même dire l'inverse de ce qu'on voudrait leur faire dire.

Et donc, je leur fais confiance. Quand le grand moment du débat va arriver, quand chacun va pouvoir présenter son programme et ses propositions. Moi, je leur fais confiance pour pouvoir dire ce qu'ils veulent vraiment. Et donc, attendons d'être à ce moment-là. Et puis, il faut laisser le choix. Voilà. Et c'est ce choix-là que je souhaite pouvoir présenter à la France. François Très-Sauze.

49:31
Intervenant

Aujourd'hui, il se passe un petit événement politique. C'est le résultat de la primaire, premier tour de la primaire des Verts. Au fond, est-ce que ce n'est pas eux qui aujourd'hui ont la dynamique à la fois parce qu'ils ont trouvé un mode de sélection qui jusqu'à présent marche plutôt bien. Et deuxièmement, parce que la thématique écologique, c'est au fond celle qui est en train de s'imposer, y compris à l'ensemble de la classe politique. Est-ce que ce ne sont pas les Verts qui peuvent prendre au fond la tête de la reconquête à gauche ?

49:59
Fabien Roussel

Écoutez, encore une fois, il faudra voir projet contre projet ce que proposera le ou la candidate des écologistes. Vous avez un favori ? Non, je ne vais surtout pas me mêler de leurs affaires. C'est suffisamment compliqué comme ça. Est-ce qu'il y en a un dont vous vous sentez proche ? Non, non, pas du tout. Moi, je regarde les programmes. Pas du tout aucun, c'est-à-dire ? Non, non, je regarde aucun. Je regarde des programmes.

Et encore une fois, quand je vous dis qu'il faut répondre à l'urgence climatique comme à l'urgence sociale, que les deux doivent marcher ensemble, il faut pouvoir permettre à chacun de pouvoir vivre dignement de son travail, de pouvoir manger sain, mais de manger à sa faim. Et donc, cette urgence alimentaire, nous voulons y apporter des réponses concrètes. Et nous, nous disons, contrairement au vert, que le capitalisme vert, ça n'existe pas. Et que le problème, c'est pas la couleur, c'est le capitalisme.

Et que tant qu'on ne s'attaquera pas au règne de la finance, tant qu'on ne reprendra pas le pouvoir sur les immenses richesses que nous créons, pour les mettre au service de l'urgence sociale et de l'urgence écologique, nous n'y arriverons pas. Et c'est ça que je reproche à mes amis verts. Ils ne remettent pas en cause les traités européens. Ils ont voté pour le traité constitutionnel européen que les Français ont rejeté en 2005. Il va bien falloir s'attaquer à ces traités européens, à la concurrence déloyale, au libre-échange.

Et donc, il nous faut pour cela, oui, retrouver notre indépendance, retrouver notre souveraineté économique, reprendre le pouvoir sur l'argent, s'attaquer à l'évasion fiscale et nationaliser les banques. Il faut donc pouvoir reprendre la main sur l'économie pour la mettre au service du défi climatique. Ce sont des différences de fond, quand même. Et donc, moi, je souhaite avoir ce débat avec les Français et qu'ils puissent choisir entre le programme des verts et parfois, je reproche leurs mesures punitives en matière écologique. Moi, je souhaite des mesures positives pour l'écologie

51:49
Présentateur

et pour la protection sociale. On arrive vraiment près de la fin. Alexandre Abdelsaïd, il y a une question pour vous.

51:53
Intervenant

Fabien Roussel, vivre dignement de son travail, alors ça, c'est intéressant parce que vous parlez pas seulement, vous, dans votre programme de salaire minimum mais de salaire maximum. Vous voulez mettre une échelle de 1 à 20. Mais si j'ai bien calculé, 20 fois le SMIC, ça fait quand même 31 000 euros bruts par mois.

52:09
Fabien Roussel

C'est le maximum en France.

52:09
Intervenant

C'est le maximum, c'est pas mal.

52:11
Fabien Roussel

Ben, ce serait quand même... Donc, vous acceptez

52:13
Intervenant

que quelqu'un gagne 380 000 euros par an.

52:16
Fabien Roussel

Vous savez combien gagnent aujourd'hui les grands patrons des multinationales ? Leur salaire a augmenté de 30% entre l'année dernière et cette année. Le salaire moyen des patrons des multinationales est de 5 300 000 euros annuels. Ils gagnent 300 fois plus que le salaire moyen. Et ils nous donnent des leçons en disant que c'est le coût du travail qui coûte cher. Mais c'est eux qui coûtent cher à la France. C'est eux qui coûtent cher à notre économie. Donc, je propose, moi, justement, eh bien, régulons, émettons des règles et faisons en sorte que dans notre pays et dans une entreprise, il n'y ait pas d'écart de salaire supérieur à 1 à 20. Ce serait une mesure de justice, effectivement.

52:55
Présentateur

Fabien Roussel, est-ce que ça vous soulage, ça vous rassure qu'on ne vous ait pas posé de questions Zemmour ? Oui. Pourquoi ? Ah oui, parce que...

53:05
Fabien Roussel

Bah, écoutez, si vous me lancez... C'est un petit moteur

53:09
Présentateur

de ma question.

53:10
Fabien Roussel

Mais non, mais je suis atterré. Enfin, excusez-moi, je suis atterré. Voilà un homme qui se présente, qui a été condamné pour incitation à la haine raciale, qui a été condamné pour discrimination, incitation à la haine contre les musulmans, qui, dans son dernier livre, fait l'éloge de Papon, qui est complice de la déportation des Juifs et de la Shoah. C'est ça, son programme. Et aujourd'hui, les médias lui déroulent le tapis rouge partout. Eh bien, attention. Moi, je dis attention. C'est grave pour la démocratie. C'est grave pour la République. Je ne veux pas la France de la haine. Je veux la France des jours heureux.

Et ce qui se passe en ce moment, ça me rappelle ce qui s'est passé dans les années 80, quand tout a été fait pour faire monter Le Pen. Ce qui s'est passé en 2012, quand tout a été fait pour faire monter sa fille, Marine Le Pen. Et aujourd'hui,

54:05
Intervenant

on fait pareil.

54:07
Présentateur

On n'a plus le temps, malheureusement, pour poser cette question. Interrogez-vous vous-même. Les médias responsables de la montée de l'extrême droite. Merci beaucoup, Fabien Roussel, pour avoir été l'invité de Questions politiques. On se retrouve la semaine prochaine avec nous tous autour de la table pour un nouvel invité et une nouvelle heure de discussion politique dans un cadre démocratique.