Terrorisme, la menace au plus haut en France : Sébastien Chenu est l'invité des 4 vérités du 25 mars 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4 V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour et bienvenue dans Les 4 V, Sébastien Chenet. Bonjour, monsieur. Le monde est encore sonné par l'attentat de vendredi soir à Moscou qui a fait 137 morts selon un dernier bilan. Et le monde trempe de nouveau de voir l'État islamique, Daesh, capable de commettre partout des opérations comme celle-là. N'est-elle pas là la vraie guerre que nous devons mener aujourd'hui ?
Oui, d'abord, permettez-moi d'avoir une mémoire, une pensée plutôt pour la mémoire des 137 victimes, évidemment. Et vous avez raison, le plus grand danger qui nous guette toujours aujourd'hui, qui guette toutes les sociétés, c'est celui de la menace terroriste islamiste. Ce grand danger réapparaît sous nos yeux au moment de cet attentat en Russie, mais en réalité, il n'a jamais disparu. En tous les cas, dans nos sociétés, il n'a jamais disparu, puisqu'il y a encore quelques semaines, un professeur se faisait égorger au nom de cette idéologie islamiste, Dominique Bernard, à Arras. Donc cette menace, elle est permanente, elle est inquiétante et elle nécessite des réponses spécifiques.
Je ne vois pas aujourd'hui ces réponses spécifiques.
Le niveau visibérat a été remonté en niveau maximal hier soir, en urgence attentat, c'est une bonne chose ?
Oui, bien sûr que c'est une bonne chose, mais le problème, en réalité, s'aggrave au lieu de s'amenuiser. Quand je dis que ça nécessite des réponses spécifiques, ça nécessite des réponses spécifiques dans le temps, pas juste à un moment, parce qu'il y a eu un attentat en Russie. Et ces réponses spécifiques, moi, je ne les trouve pas au niveau. En tous les cas, j'ai le sentiment que le gouvernement ne prend pas les choses à la mesure. Le ministre de l'Intérieur me semble particulièrement défaillant. Il l'est parce que nous avons eu des attaques terroristes répétées déjà sur notre sol.
Il y a beaucoup d'attaques qui ont été détournées aussi. Bien sûr, mais heureusement d'ailleurs... Mais qu'est-ce qu'il pourrait faire de plus, de mieux ou de différent ?
Votre expert l'a dit tout à l'heure, il y a 700 étrangers ou 800 étrangers qui sont radicalisés sur notre sol et suivis comme tels, en prison, et 5000 autres qui sont surveillés. Donc on voit bien qu'on ne peut pas surveiller tout le monde tout le temps. Le nombre est tellement important qu'évidemment, nos services ploient sous la difficulté. Il y a des réponses, j'allais dire, intérieures. Agir ici, faire évoluer la loi. D'abord, expulser. Expulser, c'est protéger. Expulser des fichesses étrangers. Appliquer une loi qui est prévue par le Code pénal, c'est l'article 411, d'intelligence avec l'ennemi.
Quand vous avez un rapport avec une organisation terroriste, avec une organisation islamiste, vous devez être expulsé. Vous avez une intelligence avec l'ennemi d'échoir de nationalité, ceux qui ont la double nationalité par exemple, et qui ont une intelligence avec l'ennemi ou qui, en tous les cas, concourent à parler, à organiser, à réfléchir à des attentats terroristes. Et puis combattre l'idéologie. L'idéologie islamiste...
C'est sûr à combattre l'idéologie ? Bien sûr.
Mais il faut évidemment s'en donner les moyens. Je vois que la Cour des comptes a totalement étrillé d'ailleurs ce qui a été fait par le gouvernement, en disant que c'était totalement coûteux et inutile. Comment il faut faire alors pour combattre l'idéologie ? Il faut fermer des lieux de culte qui sont répertoriés comme des lieux de culte radicalisés. Expulser les imams radicalisés. Vous avez vu qu'on en a, avec énormément de difficulté... C'est ce qui s'est passé avec l'imam de Koussen. Expulser deux. Vous imaginez bien qu'évidemment, ce n'est pas à la hauteur de la menace. Et puis, de l'autre côté, il faut arrêter l'importation de potentiels terroristes.
On voit bien qu'il y a un flux d'immigration dans notre pays excessivement important. Là encore, le gouvernement refuse de traiter ce flux d'immigration dans lequel se glissent évidemment des terroristes. Il y a à peu près un terroriste sur deux dans les attentats qui ont été commis qui étaient étrangers. Pas de double nationalité qui était étranger. Alors c'était le cas évidemment de celui qui a tué Samuel Paty. C'était le cas à Nice.
Vous dites ce matin à Emmanuel Macron, à Gabriel Attal, messieurs, vous ne vous attaquez pas au problème.
Ils sont défaillants. Ils ne prennent pas la mesure du problème parce qu'ils ne prennent pas la nécessité de réponses spécifiques. Ce n'est pas simplement un acte de délinquance, le terrorisme. C'est bien plus que ça. Ça va bien au-delà. Donc, il faut des réponses spécifiques. Moi, je pense qu'il faut par exemple, et nous le pensons avec Jordan Bardella et avec Marine Le Pen qui l'ont demandé au Parlement, ouvrir le débat sur la loi de rétention de sûreté. Le gouvernement s'y refuse. Je pense qu'il n'est pas à la hauteur des menaces qui pèsent sur nous avec encore plus les JO qui arrivent.
Sébastien Chenu, l'autre inquiétude du moment est économique. Demain, à cette heure-là, on connaîtra les chiffres du déficit pour 2023. Il sera bien supérieur aux prévisions du gouvernement et sans doute au-delà de 5,5%. Comment remettre les finances publiques sur de bons rails ? Faut-il augmenter les impôts ?
Ce n'est pas la réponse à la question d'augmenter les impôts. Je veux dire, les Français...
C'est une question qui tourne dans le débat, qui revient dans le débat.
D'accord, mais les Français ont déjà les taux de prélèvement les plus importants et aujourd'hui ne voient pas ce qu'on fait de leur argent. Parce que, grosso modo, l'État prélève beaucoup dans notre pays, redistribue assez mal et ouvre des guichets pour compenser. Depuis 7 ans, c'est ce que fait le gouvernement et c'est leur responsabilité. Que ce soit la dette, que ce soit le déficit, que ce soit le pouvoir d'achat ou les faillites d'entreprises, on a un État macroniste totalement défaillant. On nous les avait vendus comme des super-héros de l'économie. Ce sont des super-tocards. Donc la réalité, c'est que notre pays est très abîmé par les politiques qui ont été menées.
Qu'est-ce qu'il faut faire ? D'abord, s'attaquer à des dépenses qui sont taboues. Le gouvernement ne veut pas s'attaquer à des dépenses qui sont taboues. Nous sommes capables de les lister, que ce soit la fraude sociale ou fiscale. J'aimerais bien qu'on revienne d'ailleurs sur le bilan.
Il y a eu un record de fraude fiscale récupérée l'année dernière.
Non, il y a surtout une identification de la fraude. On sait qui fraude pour combien, etc. On n'a pas mis en face les moyens pour la recouvrer. Donc là, on a des marges de manœuvre. On a des marges de manœuvre sur l'immigration. On les a évalués, nous, à 16 milliards d'euros par an. On a des marges de manœuvre sur la contribution à l'Union européenne.
Mais est-ce qu'il faut taxer davantage les plus riches ? Est-ce qu'il faut taxer les super-profits des entreprises ? Est-ce qu'il faut aller sur cette voie-là ou pas ?
Nous avons proposé sur les super-profits qu'on puisse taxer de façon éphémère au moment où des entreprises font des super-profits pour des raisons qui sont extérieures à leur stratégie, qu'on puisse leur demander de contribuer. Oui, mais le gouvernement l'a refusé. Les macronistes l'ont refusé. La gauche l'a refusé. Nous avons considéré que là aussi, il y avait quelque chose à faire sur les rachats d'actions. Il y a quelque chose à faire également. Et puis évidemment, il faut réindustrialiser le pays, avoir des emplois avec de la forte valeur ajoutée.
Ce qui n'est pas simple et qui ne se fait pas en un claquement de doigts.
Évidemment, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Mais ce gouvernement a fait l'inverse. Il a financiarisé notre économie. Il a tué notre industrie pour avoir une économie qui reposait plutôt sur une économie de service. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire.
On va dire quelques mots des élections européennes du 9 juin. Ancienne membre du Haut Conseil à l'intégration, Malika Sorel-Sutter, sera numéro 2 sur votre liste européenne. Derrière, Jordan Bardella. Elle a travaillé avec Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, François Fillon. Ça veut dire quoi ? Que le RN is the new LR aujourd'hui ?
Non, non, non. On va bien au-delà de ça. Je crois d'ailleurs Malika Sorel, dont je salue la présence sur la liste de Jordan Bardella pour l'élection du 9 juin, le dit elle-même. Il n'y a plus grand-chose d'intéressant chez LR. L'avenir passe par le Rassemblement National. Et comme son nom l'indique, le Rassemblement National est fait pour rassembler des Français qui viennent de tous les horizons. C'est une intellectuelle, Malika Sorel. C'est une femme qui a donc réfléchi à un certain nombre de concepts. On ne dira pas qu'on fait dans la facilité. C'est une femme qui a réfléchi. C'est une femme compétente. C'est une femme qui a une origine étrangère.
Notre projet, il s'adresse à tout le monde.
C'est aussi une femme qui a une phrase étonnante dans l'interview qu'elle a accordée hier au Figaro, Malika Sorel-Sutter. Si nous voulons un sursaut, il faut absolument réinjecter du sang d'oeuvre dans la politique et dans les médias. Ça veut dire quoi, réinjecter du sang d'oeuvre dans les médias ?
Eh bien, il faut oxygéner un peu tout ça. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut simplement permettre à chacun de s'exprimer. Mais que sur certains médias, on l'a bien vu, il y a une commission d'enquête qui existe à l'Assemblée nationale qui démontre que certaines chaînes de télévision, je pense par exemple à des émissions plutôt, à vos concurrents ou aux confrères de la Une, refusent d'inviter des gens du Rassemblement national. Donc il faut oxygéner tout ça. Malika Sorel, sur la liste de gendarmes Bardella, elle vient oxygéner la politique.
Est-ce que vous souhaitez les journalistes de la Provence qui se sont mis en grève pour soutenir leur directeur de la rédaction, mis à pied car il y a une Une de la Provence, celle-ci, qui a fait polémique au lendemain de la visite d'Emmanuel Macron à Marseille. Ça a déplu à leur actionnaire, en l'occurrence Rodolphe Saadé, qui s'apprête à racheter BFM. Est-ce que vous les soutenez, ces journalistes ?
Moi, je soutiens les gens qui essayent de faire leur métier librement. Ce qui m'énerve, c'est l'immixion du politique dans les salles de rédaction. Et c'est vrai qu'il y a tout un tas de grands patrons... Ah, c'est pas le politique, c'est l'actionnaire, là. Bien sûr, mais il y a tout un tas de grands patrons et d'actionnaires qui sont proches du pouvoir et qui estiment qu'à partir du moment où ils sont proches du pouvoir, ils doivent transformer leur outil de travail en un outil de propagande. Eh bien, je trouve que les journalistes qui essayent de faire leur métier librement sont probablement plus nombreux que ceux qui essayent de plier. Ils ont bien raison.
Merci beaucoup, Sébastien. Juste d'un mot, vous êtes favorable à l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les législatives de 2027 ou pas ?
Oui, nous sommes pour la proportionnelle.
Quelle proportion ?
On peut regarder ça. Vous savez, en 1986, on a un mode de scrutin avec une proportionnelle intégrale. Aujourd'hui, on parle des départements de plus de 10 circonscriptions. Le débat est ouvert, mais nous sommes favorables à la proportionnelle.
Merci beaucoup d'être venu dans Les 4V. Bonne journée à vous. C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.