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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 février 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

"Il y a des responsabilités à Bruxelles dans les excès de l'ultra-libéralisme" estime Michel Barnier

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Quelles seraient les conséquences d'un Brexit sans accord pour les citoyens français ?

  • 2:22RelanceRéponse partielle

    Les conséquences d'un no deal seraient-elles catastrophiques ?

  • 3:10FerméeRéponse directe

    Quelle est la probabilité que l'accord de 600 pages entre en application ?

  • 3:53RelanceRéponse directe

    Theresa May vous demande de lâcher des choses. L'UE ne lâchera rien ?

  • 4:27FerméeRéponse directe

    Cet accord est-il négociable ?

  • 5:42OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il peut y avoir un report au-delà du 29 mars ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Locuteur 1Fait
    « La date du 29 mars est une date choisie par les Anglais. »
  • 1:10Locuteur 1Fait
    « Le 30 mars 2019, deux ans après. »
  • 3:38Locuteur 1Fait
    « Moi, je regrette comme tout le monde le Brexit. Je n'y vois aucune valeur ajoutée. Le Brexit, c'est lose-lose. »
  • 4:13Locuteur 1Fait
    « Nous sommes l'Union Européenne. C'est les Britanniques qui quittent l'Union Européenne. Ce n'est pas nous qui quittons le Royaume-Uni. »
  • 12:48Locuteur 1Chiffre
    « 50, 60, parfois beaucoup plus de nos exportations nationales sont dirigées vers le marché unique et continueront de l'être. »
  • 22:21Locuteur 1Fait
    « Il y a des responsabilités à Bruxelles depuis une trentaine d'années notamment dans les excès de l'ultralibéralisme. »
  • 22:30Locuteur 1Fait
    « Ce temps-là est fini et les leçons sont tirées. »

Temps de parole

  • Locuteur 170 %
  • Locuteur 510 %
  • Locuteur 410 %
  • Locuteur 39 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Locuteur 5

de France Info jusqu'à 9h, c'est l'homme qui est chargé de négocier la sortie du Royaume-Uni de l'Europe, l'homme qui négocie le Brexit. Renaud Dely est à mes côtés

0:14
Locuteur 3

pour l'interroger. Bonjour Michel Barnier. Bonjour.

0:16
Locuteur 1

Bonjour aux auditeurs de France Info.

0:18
Locuteur 3

Alors la date fatidique du Brexit, a priori, c'est le 29 mars. C'est dans à peine un mois. Nous sommes à un mois de l'échéance et pour l'instant, Theresa May ne parvient pas à faire valider par la Chambre des Communes, par le Parlement britannique l'accord qu'elle a négocié avec vous, Michel Barnier. La perspective la plus probable est donc celle, alors qu'il est d'un Brexit sans accord, le fameux no deal. Quelles seraient les conséquences au lendemain du 29 mars d'un Brexit sans accord pour les citoyens, et d'abord pour les citoyens français, par exemple, qui veulent se rendre au Royaume-Uni ?

0:50
Locuteur 1

Avant de répondre précisément à cette question, je veux dire deux choses. La première c'est que la date du 29 mars est une date choisie par les Anglais. En déclenchant la négociation il y a deux ans, en mars 2017, ils ont eux-mêmes choisi la date de leur sortie. Le 30 mars 2019, deux ans après. Deuxième point, il n'est pas exact de dire que le plus probable c'est le no deal.

C'est une possibilité, ce n'est pas encore une probabilité, et je fais tout comme négociateur de l'Union Européenne, avec mes équipes, avec le soutien des 27 chefs d'État, du Parlement européen, du président des institutions, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, je fais tout pour précisément aboutir à un deal, et que l'accord que j'ai négocié, en leur nom, au nom de l'Union, avec Theresa May, avec Theresa May, pas contre elle, soit approuvé par la Chambre des communes. Il y a encore un espoir, Michel Barnier. Je pense qu'il reste une vraie possibilité. Nous travaillons actuellement, hier encore, avec les négociateurs au plan technique.

Je retrouverai Steve Barclay et la tournée générale Geoffrey Cox la semaine prochaine. Je les ai vus deux fois depuis dix jours. J'ai revu Theresa May. Elle a rencontré Jean-Claude Juncker encore il y a deux jours. Nous travaillons avec les Britanniques pour précisément apporter au Parlement britannique les assurances qu'ils souhaitent pour, c'est une question qui est très spécifique, mais qui est très grave, qui est celle de l'Irlande, démontrer qu'on ne veut pas maintenir ce fameux backstop, cette assurance en Irlande, éternellement. Mais nous avons besoin de cette assurance. Je reviendrai sur cette question si vous le souhaitez. Donc je réponds maintenant à votre question.

2:22
Locuteur 3

Si vous y travaillez, donc, à la perspective d'un accord, toujours jusqu'au matin, c'est donc que les conséquences d'un Brexit sans accord, sans deal, seraient catastrophiques ?

2:30
Locuteur 1

Excusez-moi de vous rappeler que, en toute hypothèse, le Brexit a des conséquences. Et je l'ai dit, le premier jour de ma nomination, les conséquences sont innombrables. Humaines, sociales pour les citoyens, économiques et financières, techniques et juridiques, elles sont innombrables. Et souvent, elles ont été sous-estimées, notamment du côté britannique. C'est précisément parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes et beaucoup de problèmes qu'on a fait se traiter, que j'ai ici. Vous êtes venu avec 600 pages, c'est ça ? Je vous le laisserai comme un cadeau pour votre lecture le week-end prochain.

C'est 600 pages qui, dans des centaines de sujets, apportent des réponses juridiques ou des garanties là où le Brexit crée, comme tout divorce,

3:08
Locuteur 5

des incertitudes. Quelle est la probabilité, Michel Barnier, que le document que vous avez sous les yeux, ce beau teint de 600 pages, négocié depuis des mois avec le Royaume-Uni entre en application ? Est-ce que vous estimez aujourd'hui qu'on peut encore sauver cet accord ?

3:21
Locuteur 1

Oui, je pense qu'on peut sauver cet accord et que les Britanniques l'approuveront. Mais c'est maintenant à eux de prendre leurs responsabilités. Ce qui est écrit là-dedans, vous ne le changerez plus. C'est au gouvernement britannique, au parlementaire britannique d'assumer les conséquences des décisions qu'ils ont prises et que nous regrettons. Parce que j'aurais pu le dire dès le début. Moi, je regrette comme tout le monde le Brexit. Je n'y vois aucune valeur ajoutée. Le Brexit, c'est lose-lose. C'est une négociation négative que j'ai eu l'honneur et que j'ai eu l'honneur de conduire. Et donc, malheureusement, mais nous prenons acte de la volonté britannique.

3:53
Locuteur 3

Mais ce document, désormais, il est immuable. Theresa May vous demande de lâcher des choses. L'Union Européenne ne lâchera rien.

3:59
Locuteur 1

Il n'y a rien à lâcher sur la réalité de ce que nous sommes. Ce n'est pas parce que les Britanniques quittent l'Union Européenne qu'on va fragiliser ce que nous sommes, les fondations de ce que nous sommes. En ce sens, les négociations n'est pas une négociation habituelle. Il n'y a pas du bargaining. Ce n'est pas du commerce. Nous sommes l'Union Européenne. C'est les Britanniques qui quittent l'Union Européenne. Ce n'est pas nous qui quittons le Royaume-Uni. Et donc, on ne va pas changer les fondations. C'est-à-dire ce qu'il fait vis-à-vis du président Trump ou des Chinois, notre principale force, c'est la réalité et l'intégrité du marché unique.

4:27
Locuteur 5

On entend, Michel Barnier, que cet accord que vous avez négocié

4:29
Locuteur 1

pendant des mois, il n'est pas négociable. C'est ce que vous nous dites. Il y a des choses qui peuvent être améliorées à côté de ce traité, notamment ce qui est le plus important. Ce n'est pas le divorce que nous avons organisé de manière ordonnée. C'est ce qu'on va faire avec les Britanniques pour les décennies qui viennent. Quelle est la future relation ? Quel est le partenariat ?

4:47
Locuteur 5

Il y a des points qui sont encore négociables. La frontière irlandaise

4:49
Locuteur 1

en fait partie. Non, non, non. Excusez-moi. La frontière irlandaise est traitée dans ce dossier, dans ce traité qui n'est pas négociable, qui ne peut pas être réouvert. C'est sûr. En revanche, à côté de ce document, de ce traité, nous avons un autre document qui est une déclaration politique assez précise, qui fixe les règles du jeu, le cadre de notre future relation. Et c'est ça le plus important. Quel partenariat nous voulons pour le commerce, pour la pêche, pour le transport, pour la coopération entre les universités, la recherche Erasmus, en matière de sécurité intérieure, pour coopération policière-judiciaire, en matière de politique étrangère et de défense.

Voilà tous les sujets que j'ai couverts dans cette déclaration. Ça, ça peut être amélioré. Et je veux dire précisément que si les Britanniques souhaitent demain matin être plus ambitieux, par exemple ne pas se contenter d'un accord de libre-échange avec nous, comme nous le proposons ensemble, mais d'avoir une union douanière, peut-être même plus que ça, nous sommes prêts à améliorer cette relation.

5:39
Locuteur 5

Pas de renégociation globale, c'est ce que vous nous dites, Michel Barnier. Est-ce qu'il peut y avoir un report au-delà du 29 mars ? Est-ce qu'on peut se laisser un peu de temps pour trouver une solution ?

5:47
Locuteur 1

Mais la question, j'entends parler beaucoup de ce report, Thérèse Amel a évoqué elle-même...

5:50
Locuteur 3

Elle a entre-ouvert la porte hier pour la première fois, Thérèse Amel.

5:53
Locuteur 1

Nous connaissons cette question. C'est elle qui a choisi la date du 30 mars pour sortir. Si le Royaume-Uni demande une prolongation, d'abord il faut qu'elle le demande. Ensuite, il faut que les 27 chefs d'État et de gouvernement en décident à l'unanimité. Et la question qu'ils poseront immédiatement, c'est pourquoi faire ? Et c'est ça qui dépendra, qui fera déterminer la durée d'une éventuellement prolongation. Pourquoi faire ? Et la question, c'est, est-ce que, durant cette prolongation, on est sûr de ne pas se retrouver dans trois mois, par exemple, dans la même situation d'impasse qu'aujourd'hui ? C'est ça la question que poserai.

6:30
Locuteur 3

Cette prolongation, elle ne pourrait pas excéder le mois de juin, comme l'a dit Thérèse Amel hier ?

6:34
Locuteur 1

Je ne peux pas préjuger. La question n'est pas posée. Elle n'a pas étudié. Il n'y a pas eu de discussion sur cette question. Je sais que les dirigeants européens que je rencontre, toutes les semaines, je rencontre un Premier ministre ou le président de la République française, quand il me reçoit, c'est pourquoi faire ? A quoi sert ? Nous n'avons pas besoin, objectivement, j'ai négocié cette affaire depuis un an et demi, 18 mois maintenant, on n'a pas besoin de beaucoup plus de temps. On a besoin de décisions. On a besoin que le Parlement britannique prenne ses responsabilités et que ceux qui veulent le Brexit, qui ont choisi de quitter l'Union européenne, assument.

Et s'ils veulent vraiment quitter l'Union européenne de manière ordonnée, alors c'est ce traité, ce n'est pas un autre. Donc on peut donner des explications, on peut améliorer la relation future autant que les Britanniques le voudront, mais ce traité, c'est la base d'une sortie ordonnée. Sinon, je reviens avec toute première question, ce sera une sortie désordonnée, donc avec des conséquences plus sérieuses.

7:25
Locuteur 5

Et on va en reparler, de cette hypothèse du no deal, c'est-à-dire d'une sortie du Royaume-Uni sans accord conclu avec les 27...

7:30
Locuteur 1

Ce n'est pas mon choix. Oui, on a entendu, on l'a bien compris. Ce n'est pas ma ligne. Vous n'avez pas besoin d'un négociateur pour faire un no deal.

7:36
Locuteur 5

On a bien compris que votre souhait, c'était de parvenir à un accord, et si possible, avant le 29 mars. Mais ça, on va en reparler, si vous le voulez bien. Michel Barnier, les 8h40, David Daubat, pour l'essentiel de l'actu.

7:48
Locuteur 4

Air France-KLM doit être géré sans interférence étatique nationale. C'est Bruno Le Maire qui l'affirme, déclaration qui intervient, alors que l'État néerlandais fait une irruption pour le moins surprise, d'ailleurs, au capital du groupe. Il prend une participation directe de 12,6% pour mémoire. Celle de la France est de 14,3%. Alors certes, il n'est plus aussi historique que le premier, mais il reste tout de même extrêmement attendu. Nouveau face à face, ce sera entre Kim Jong-un et Donald Trump, enfin normalement. Les deux hommes se retrouvent aux alentours de midi à Hanoi. La situation devrait s'améliorer demain.

En attendant, pour lutter contre une pollution aux particules fines, la circulation aux différences y a été décrétée en Ile-de-France. 70 communes concernées à peu près. Seuls les véhicules équipés de vignettes critères de 0 à 3 sont autorisés à circuler. Situation identique pour la toute première fois d'ailleurs dans la métropole lilloise. Et puis on a appris ce matin que de son côté, la préfecture de Seine-Maritime avait décidé de baisser de 20 km heure la vitesse sur certaines routes. Et puis plus de doute possible, aucun écosystème marin n'est épargné par la pollution au plastique.

Des chercheurs ont découvert en effet pour la première fois des micro-plastiques dans les entrailles de tout petits crustacés vivant à près de 11 km de profondeur. 250 000 tonnes de plastique flottent actuellement à la surface des océans. France Info.

9:05
Locuteur 5

C'est le négociateur en chef de l'Union Européenne pour le Brexit, Michel Barnier, qui est l'invité ce matin de France Info

9:09
Locuteur 3

avec Renaud Delis. Michel Barnier, vous disiez à l'instant que la perspective d'un no deal n'était évidemment pas votre perspective, que vous allez vous battre jusqu'au bout pour qu'il y ait un accord. Il n'empêche qu'à l'heure qu'il n'y a pas d'accord validé par le Parlement britannique. Hier, à votre place, ici même, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, expliquait que le gouvernement français avait pris toutes les dispositions en cas de no deal dans un mois.

9:32
Locuteur 2

Nous avons pris les mesures en France en cas de Brexit, comme on dit, sans accord avec un no deal. Différentes ordonnances ont été prises depuis maintenant de nombreuses semaines en Conseil des ministres. L'ensemble des dispositions pour faire en sorte que le lendemain du Brexit, les entreprises françaises, les salariés, les Français qui vivent dans la Grande-Bretagne, les Britanniques qui vivent en France, nos entreprises qui commercent avec la Grande-Bretagne puissent poursuivre leur activité dans les meilleures conditions. Quelles seraient les conséquences d'un no deal

10:01
Locuteur 3

pour les citoyens et pour les entreprises françaises ?

10:03
Locuteur 1

Alors, le no deal, ce n'est pas mon option, mais c'est un risque qui s'aggrave au fur et à mesure que les jours passent et qui nous rapproche du 30 mars, la date choisie par les Britanniques pour sortir, alors qu'ils ne sont pas en mesure d'approuver l'accord négocié. Je veux dire, comme le rappelait Benjamin Griveaux et Griveaux, et j'en ai parlé avec le président Macron, avec le Premier ministre Édouard Philippe, récemment encore avec M. Darmanin, que le gouvernement français a pris beaucoup de mesures concrètes, précises pour se préparer. Il n'est pas le seul.

Le gouvernement irlandais, le gouvernement néerlandais a créé 700 postes de douaniers, le gouvernement belge a créé 400 postes de douaniers, donc tout le monde se prépare à cette hypothèse que personne ne souhaite, mais l'Union européenne sera prête. Alors, il y aura des mesures, comme on le dit en anglais, de contingency, des mesures d'urgence qui seront prises unilatéralement par nous, les Européens, comme les Britanniques se préparent à en prendre. C'est leur problème. Il n'y aura pas d'accord entre nous. Nous allons prendre des mesures, par exemple, sur la question des visas.

Le Royaume-Uni sera mis sur la liste des pays pour lesquels on n'a pas besoin de visa quand on veut entrer, on a besoin d'un passeport. Même sans deal,

11:08
Locuteur 3

il n'y aura pas besoin de visa.

11:09
Locuteur 1

Il faudra que les Britanniques prennent une mesure réciproque. Nous prenons des mesures pour le contrôle. J'entendais ce matin le patron du port de Calais expliquer que pour les marchandises qui vont entrer dans l'Union européenne, il y aura des contrôles que nous ne faisons pas aujourd'hui. Et ça exige des infrastructures, des inspecteurs notamment, pour des questions qui ne sont pas théoriques. Ce sont des questions qui intéressent la vie quotidienne des Français et des Européens. La sécurité sanitaire, le contrôle des maladies animales, la qualité des produits, la lutte contre la contrefaçon.

Voilà pourquoi, partout en Europe, à l'extérieur, aux frontières extérieures de l'Union européenne, que vous soyez en Finlande, en Grèce, au Portugal ou en France, toutes les frontières extérieures sont actuellement contrôlées pour des produits qui viennent de l'extérieur de l'Union européenne. Le Royaume-Uni, choisissant d'être à l'extérieur, nous contrôlerons les produits pour vérifier la qualité, la sécurité alimentaire, vérifier les douanes, la question des taxes fiscales, ce sont nos budgets qui sont concernés, et la qualité des produits du point de vue des normes et des standards pour protéger les entreprises.

Donc, protéger les consommateurs, protéger les budgets, protéger les entreprises, ça, c'est une exigence que nous avons à toutes les frontières extérieures de l'Union européenne. C'est d'ailleurs le problème que nous devons régler en Irlande.

12:26
Locuteur 5

Qui aurait le plus à y perdre à cette hypothèse du no deal ? Michel Barnier ? Les Britanniques ou le reste de l'Europe ?

12:31
Locuteur 1

En toute hypothèse, le Brexit a de très graves conséquences. D'abord, me semble-t-il, pour le Royaume-Uni, aussi pour nous. Évidemment, les conséquences sont plus lourdes pour le Royaume-Uni qui s'isole, qui a choisi d'être solitaire plutôt que de rester solidaire. Nous, nous restons avec le marché unique. Et je rappelle que 50, 60, parfois beaucoup plus de nos exportations nationales sont dirigées vers le marché unique et continueront de l'être.

Ce grand marché de 500 millions, bientôt 460 ou 450 millions de citoyens consommateurs, qui est notre base économique et qui fait que les Américains d'un côté, les Chinois de l'autre sont obligés de nous respecter parce que quand ils nous parlent, ils parlent en matière de commerce, d'importation, d'exportation. Ils parlent à un marché organisé, à un écosystème organisé de 500 millions de consommateurs, de 22 millions d'entreprises.

13:21
Locuteur 3

L'autre sortie de crise éventuelle, elle a été esquissée par un certain nombre de responsables britanniques et d'abord maintenant par le Parti travailliste et son leader, Jeremy Corbyn, ce serait d'appeler à un second référendum au Royaume-Uni sur la question du Brexit.

13:34
Locuteur 1

Je ne sais pas ce que vous appelez une sortie de crise. La sortie de l'impasse où nous sommes, c'est que l'accord que j'ai négocié au nom de l'Union européenne soit approuvé par le Parlement britannique s'il souhaite toujours sortir de l'Union de manière ordonnée Deuxième référendum. Moi, je ne vais pas faire de commentaires sur... Faut-il faire revoter

13:52
Locuteur 3

les Britanniques ?

13:52
Locuteur 1

Écoutez, ce n'est pas à moi comme négociateur européen de dire comment la vie politique britannique doit être organisée. Je la suis attentivement, je la suis avec attention, je la suis avec respect. Elle est assez stimulante cette vie politique et vie parlementaire britannique. Je n'ai pas à intervenir dans le débat pour ou contre un second référendum. Est-ce qu'il faut de nouvelles élections ? Ça, c'est l'affaire des Britanniques.

14:16
Locuteur 5

Rien n'interdit, en tout cas, un second référendum, Michel Barnier ? Dans les statuts, dans ce que disent les chefs d'État européens ?

14:21
Locuteur 1

Ce n'est pas à nous du côté européen de décider comment est approuvé dans un pays qui veut quitter l'Union européenne comment est approuvé la loi ou le traité que nous avons négocié. Ça, c'est leur problème. La question, c'est quand est-ce que nous aurons une décision du côté britannique alors que les Britanniques ont décidé il y a bientôt trois années, trois ans, en juin 2016 de quitter l'Union européenne. C'est une décision souveraine que nous avons regrettée mais que nous respectons. Nous avons fait ce traité, ça a été notre travail pendant 18 mois. Je répète que ce qui est le plus important ce n'est pas le divorce que nous avons organisé à travers ce traité.

Ce qui est le plus important c'est la future relation qui va exiger deux, trois ou quatre années de négociation.

14:58
Locuteur 3

Pourquoi c'est si compliqué alors ? C'est la faute à qui vous dites ? C'est la faute au Parti conservateur, à Theresa May, au Brexiteur ?

15:02
Locuteur 1

Je ne veux pas porter de jugement. Ce que je constate simplement c'est qu'il est temps que dans ce pays qui veut quitter l'Union européenne et qui doit assumer les conséquences de ces décisions lier un dialogue, une coopération entre la majorité et l'opposition.

15:16
Locuteur 5

Vous avez évoqué il y a quelques minutes la question de la frontière nord-irlandaise, Michel Barnier, entre l'Irlande du Nord qui va donc rester britannique après le 29 mars, enfin dans l'hypothèse où il y a un accord, et la République d'Irlande au Sud qui restera donc au sein de l'Europe. Il n'y aura pas de frontière physique évidemment entre ces deux Irlandes. Comment ça va se passer ?

15:34
Locuteur 1

L'histoire entre ces deux pays, le Royaume-Uni et l'Irlande est une histoire lourde et récemment encore, il y a à peine 20 ou 25 ans, il y a eu un conflit tragique en Irlande du Nord entre unionistes et républicains, catholiques et protestants. Et au terme de ce conflit, on a signé, ils ont signé courageusement et avec l'appui du Royaume-Uni, des Nations Unies, des Américains, de l'Europe, ce qu'on appelle le Good Friday Agreement. C'est un accord au terme duquel il n'y a plus de frontières du tout. Vous êtes dans ce studio, vous êtes d'un côté en République d'Irlande, de l'autre côté du studio, vous rentrez au Royaume-Uni.

Et il y a aussi 140 coopérations que nous soutenons avec le budget européen et je vous prie de croire que ce n'est pas une question qui concerne les marchandises ou les douanes. D'abord, c'est une question qui concerne les hommes et les femmes. D'abord les Irlandais. Les hommes et les femmes. Moi, j'étais dans une petite commune au sud de Derry, London Derry, il y a quelques mois et dans un groupe de femmes qui m'a reçu, qui travaillent ensemble de part et d'autre de la frontière, entre guillemets. J'ai vu des femmes pleurer dans ce groupe en me disant faites en sorte que ça ne recommence pas comme il y a 20 ans. Alors,

16:39
Locuteur 5

c'est ça dont il s'agit.

16:40
Locuteur 1

Or, il s'agit d'éviter une frontière dure pour préserver la paix et la stabilité. Il s'agit en même temps et le gouvernement irlandais est solidaire de nous et nous sommes solidaires de lui, qu'il n'y ait pas de frontière mais qu'il y ait aussi des contrôles. Comment on fait ? Parce que c'est précisément la question que nous devons traiter.

Comment faire la série de contrôles dont je vous ai parlé il y a quelques minutes pour protéger les consommateurs de toute l'Union Européenne toute marchandise qui entrera après le Brexit en Irlande du Nord venant du Royaume-Uni et d'un autre pays avec lequel le Royaume-Uni commercera rentrera pas seulement en Irlande mais en France, en Pologne ou en Belgique immédiatement.

17:18
Locuteur 3

Sur la paix, Michel Barnier, le retour d'une frontière en Irlande c'est automatiquement la guerre, un risque de guerre.

17:24
Locuteur 1

Le retour d'une frontière dure, tous les acteurs irlandais de quel côté qu'il se soit, à quelque communauté qu'ils appartiennent vous disent que c'est un risque à de nouveaux troubles et de nouvelles instabilités. Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Ni les Britanniques qui sont d'accord avec nous ni les Européens et naturellement ni le gouvernement de Dublin. Donc nous devons trouver le moyen de faire ces contrôles. Je reviens sans faire de frontière pour préserver la paix. Et donc ce que nous avons dit avec les Britanniques c'est que nous allions immédiatement après la signature de ce traité travailler à un accord particulier pour qu'il n'y ait pas de frontière.

Soit dans le cadre d'une relation future entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne soit dans le cadre d'un accord spécifique. Si nous n'y arrivons pas nous avons ce qu'on appelle ce backstop. C'est une assurance. Le temps nécessaire le Royaume-Uni restera membre de notre territoire douanier tout entier tout le Royaume-Uni pour qu'on évite des contrôles douaniers. Et c'est ça qui pose le problème alors même que c'est une idée proposée par le Royaume-Uni lui-même par Thérèse Amé elle-même que j'ai reprise dans la négociation d'avoir cet accord avec tout le Royaume-Uni.

Donc aujourd'hui il refuse cette idée en nous disant que nous voulons les maintenir indéfiniment dans le même territoire douanier que l'Union Européenne ce qui n'est pas notre opinion mais c'est là où se trouve le blocage et c'est ce blocage qu'il faut surmonter.

18:37
Locuteur 5

Michel Barnier avec nous jusqu'à 9h on s'interrompt une minute le temps de jeter un oeil et une oreille au titre de l'actualité de ce mercredi matin il est 8h51 c'est David Doba.

18:44
Locuteur 4

Quelques dizaines de milliers de voitures sont interdites de circulation à Paris aujourd'hui c'est ce qu'estime sur France Info Emmanuel Grégoire premier adjoint à la mairie de Paris tout en point commun une vignette critère 4 ou 5 il a raison évidemment vous la connaissez une pollution en particules fines situation identique également dans la métropole lilloise il passe ses premières heures derrière les barreaux la justice australienne ordonne le placement en détention du cardinal Grégoire Pille après sa condamnation dans une affaire de pédophilie la sentence devrait être connue d'ici deux semaines maintenant elle risque jusqu'à 50 années de prison regard de tension ce matin entre le Pakistan et l'Inde les autorités pakistanaises affirment avoir abattu deux avions indiens des appareils qui se trouvaient semble-t-il dans leur espace aérien Dijon n'a rien pu faire hier soir contre le PSG les parisiens qualifiés désormais pour la demi-finale de la coupe de France ils se sont imposés 3-0 à suivre aujourd'hui tout d'abord à 17h30 Rennes-Orléans plus à 20h Lyon contre Caen et puis c'est lui qui remettra la palme d'or Alejandro Iñárritu président de la 72ème édition du Festival de Caen on lui doit notamment Birdman mais aussi des chefs-d'oeuvre comme 21 grammes Babel ou encore The Revenant avec Leonardo DiCaprio

19:56
Locuteur 5

toujours avec Michel Barnier le négociateur en chef de l'Union Européenne pour le Brexit et Renaud Deli

20:03
Locuteur 3

les élections européennes auront lieu le 26 mai Michel Barnier on voit les nationalistes progresser un petit peu partout en Europe on l'a vu notamment en Italie avec Matteo Salvini et dans de nombreux autres pays est-ce que la majorité au Parlement européen peut basculer lors de ces élections européennes est-ce qu'il peut y avoir une majorité nationaliste ?

20:20
Locuteur 1

Je ne le crois pas et le pire n'est jamais sûr je vous observe d'ailleurs que ces nationalistes ou ces populistes qui exploitent le sentiment populaire et qui exploitent souvent les colères sociales et je reviendrai sur ce soit parce que il faut bien distinguer le populisme du sentiment populaire qu'il faut écouter vous les entendez beaucoup moins en France et en Italie ou ailleurs revendiquer la sortie de leur pays de l'Union européenne ou de leur zone euro je dis cela en passant peut-être la négociation que nous conduisons objectivement sans esprit de punition sans esprit de revanche sur des bases claires et objectives la sortie du Royaume-Uni explique aussi qu'il y a des différences quand on est dedans et quand on est dehors l'Union européenne ça c'est peut-être vous voulez dire

21:03
Locuteur 5

ce qui se passe en ce moment sur le Brexit a peut-être refroidi les ardeurs de Marine Le Pen pour ne pas la citer

21:07
Locuteur 1

j'entends beaucoup moins un certain nombre de responsables d'extrême droite ou d'extrême gauche chez nous en France et dans d'autres pays revendiquer la sortie de leur pays de l'Union européenne ou de la zone euro pourtant il progresse

21:20
Locuteur 3

il progresse fortement il devrait progresser fortement au Parlement européen à l'issue des élections européennes est-ce que c'est la sanction d'un échec de l'Union européenne

21:28
Locuteur 1

c'est forcément une leçon qu'il faut tirer de la colère sociale de la colère territoriale qui s'exprime un peu partout souvent orientée ou dirigée contre Bruxelles ou contre l'Europe pas toujours à raison contre les effets de la mondialisation je pense qu'il faut écouter cette colère elle s'est exprimée chez nous au début dans les manifestations des Gilets jaunes et je pense que les hommes politiques le président Macron je crois est dans cet état d'esprit dans chaque pays au niveau européen doivent écouter comprendre et répondre il y a ce sentiment qui s'est exprimé au Royaume-Uni à travers le Brexit c'est pas seulement les gens de la City ou des gens qui ont d'autres idées c'est souvent une colère sociale c'est le sentiment d'être abandonné le sentiment de ne pas être protégé par l'Europe le sentiment qu'on n'a pas de futur parce qu'il n'y a plus d'industrie il y a des responsabilités à Bruxelles depuis une trentaine d'années notamment dans les excès de l'ultralibéralisme dans une certaine naïveté en matière d'échanges commerciaux ce temps-là est fini et les leçons sont tirées il y a des réponses nationales personne n'a obligé la France à abandonner une partie de son industrie l'Allemagne ne l'a pas abandonné les Pays-Bas non plus et l'Italie non plus il y a des réponses régionales sur les services publics les desserts ferroviaires les services médicaux des réponses locales avec les circuits courts en matière agricole ou la couverture par internet des zones d'ombre donc il faut répondre à ce sentiment d'exclusion pour retisser le lien Michel Barnier vous voterez en France aux européennes bien sûr je vote en Savoie dans la région là où se trouvent mes racines et mes fidélités

23:02
Locuteur 5

et pour votre famille politique pour la liste de monsieur Bellamy

23:04
Locuteur 1

je voterai en fonction du j'appartiens à ce mouvement ce qui m'importe c'est que ce mouvement clarifie sa ligne notamment sur des sujets fondamentaux comme la souveraineté européenne qui est un enjeu majeur et qui ne remplace pas la souveraineté nationale qui s'y ajoute

23:20
Locuteur 3

c'est pas le cas aujourd'hui c'est pas clair

23:21
Locuteur 1

ce n'est pas clair aujourd'hui j'attends qu'il clarifie la position de ce parti et pour l'instant ce qui m'intéresse c'est que dans cette campagne européenne on parle de l'Europe et de la France davantage que de vouloir régler des comptes au niveau national ce qui m'intéresse c'est que mon pays comme il l'est aujourd'hui sous l'impulsion du président Macron et je veux le dire parce que je le pense reste un grand pays en tête du projet européen vous pourriez voter

23:43
Locuteur 5

pour la liste la république en marche aux européennes

23:45
Locuteur 1

je ne vais pas vous dire

23:45
Locuteur 5

aujourd'hui pour qui je vote

23:46
Locuteur 1

vous nous dites

23:47
Locuteur 5

le projet européen d'Emmanuel Macron est le bon ce qui m'intéresse

23:51
Locuteur 1

c'est que mon pays reste en tête du projet européen de sa réforme et de son explication et je me prononcerai le moment venu quand je verrai on n'est pas encore au moment de choisir les gens on n'est même pas encore au moment de voir les programmes est-ce que vous avez vu des programmes européens donc j'attends et je me prendrai ce moment

24:10
Locuteur 5

mais vous n'excluez pas pardon Renaud vous n'excluez pas voter pour un autre candidat et voter ce que c'est

24:14
Locuteur 1

le vote quand je reste dans ma famille qui est la famille du parti populaire européen originellement et fondamentalement le parti chrétien démocrate et qui est un des grands partis européens à Bruxelles et à Strasbourg ce que je veux rappeler aussi c'est que ce parti a toujours travaillé avec les autres et que ça va être cette fois-ci une obligation que le centre droit le parti socialiste les libéraux la grande nouvelle famille centriste à laquelle appartiendra sans doute le parti En Marche et sans doute aussi les Verts travaillent ensemble pour changer ce qui doit l'être et pour maintenir ce qui doit l'être au niveau européen

24:50
Locuteur 3

une autre échéance Michel Barnier après les élections il va y avoir la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la commission européenne est-ce que le poste vous intéresse ?

24:57
Locuteur 1

je suis aujourd'hui franchement c'est une question de responsabilité même une question d'honneur pour moi totalement à 100% concentré sur ma tâche vous voyez bien qu'elle n'est pas finie puisque nous ne savons pas l'issue de cette négociation et donc chaque chose en son temps je reste concentré sur la tâche qui m'a été confiée par les 27 chefs d'Etat par le Parlement et franchement c'est normal que j'assume cette tâche

25:18
Locuteur 5

merci à vous Michel Barnier négociateur sur le Brexit invité ce matin de France Info radio et télé réunis comme chaque matin merci à vous