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ChroniqueSébastien Gobert· 14 mai 2026 10 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & international

Pourquoi Poutine ne recherche pas une fin négociée à sa guerre

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    « La Russie a envoyé sur l'Ukraine plus de 1500 projectiles, des drones et des missiles de différents calibres pendant des alertes aériennes qui se sont prolongées pendant des heures. »

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Le 9 mai dernier, juste après la parade sur la place rouge qu'il avait dû raccourcir par peur des drones ukrainiens, Vladimir Poutine a eu ce petit mot selon lequel le conflit en Ukraine, donc la guerre qu'il a lui-même provoquée, était en train d'arriver à son terme et ça a donné naissance à un espèce de florilège d'analyse qui expliquait que Vladimir Poutine était dans une position si affaiblie que il était en train de rechercher chez les moyens d'une négociation et les moyens d'une paix négociée pour et bien limiter la casse. Dès ces dernières 48 heures, la Russie a envoyé sur l'Ukraine plus de 1500 projectiles, des drones et des missiles de différents calibres pendant des alertes aériennes qui se sont prolongées pendant des heures qui ont fait un certain nombre de dégâts matériels et humain avec cette catastrophe la plus visible à Kief d'un bloc résidentiel qui a été complètement annihilé et on en est pour l'instant à 16 morts. Les recherches continuent.

Est-ce que ça vous semble contradictoire ? Et bien à moi pas du tout et je vous explique pourquoi. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette petite vidéo dans laquelle je vous explique quelque chose que vous savez peut-être déjà et qui est que Vladimir Poutine en fait n'a rien annoncé de nouveau dans sa conférence de presse du 9 mai.

Donc juste après cette parade. Ce qu'il avait dit c'est que la fin du conflit est proche. Fondamentalement chaque jour qui passe nous rapproche de la fin du conflit.

Ça c'est mathématique. Par contre, ça ne voulait absolument pas dire, en tout cas moi c'est pas du tout comme ça que je l'avais compris, qu'il était dans une position de faiblesse ou en tout cas qu'il était dans une position où il était prêt à négocier. La plupart des analyses qui ont été développées sur cette ligne là l'ont été sur la base des difficultés structurelles que la Russie accumule depuis déjà de nombreux mois.

Donc évidemment des difficultés économiques et financières. des difficultés sur le plan diplomatique he puisque on voit que la relation avec Donald Trump n'a pas été aussi productive et aussi fructueuse que prévue, mais aussi évidemment des difficultés sur le front militaire. Euh les Ukrainiens euh réussissent à tenir le front, les avancées, le grignotage russe s'est ralenti et les Ukrainiens ont multiplier les frappes dans la profondeur qui font vraiment mal à l'économie russe.

à l'intérieur de la Russie même et j'en ai parlé sur cette chaîne, on a vu beaucoup de critiques visées directement Vladimir Poutine, ce qui a été assez inédit, lié aux privations économiques, lié aux coupures d'internet, lié à la conduite de la guerre et on a même parlé de purge au sein des ministères et au sein de l'armée, voire même de tentatives de coup d'état. Mais dans l'attente de précision sur ces purges et sur cette tentative de coup d'état, en fait ce que l'on voit dans la politique russe, c'est une stabilité remarquable. Donc mise à part ces quelques critiques qui visiblement ne font pas vraiment cligner de l'œil le chef du Krémelin.

Et donc quand Vladimir Poutine a dit que la fin du conflit se rapprochait, c'était plutôt un message adressé à sa propre population et à ses élites économiques, politique et dans les forces de sécurité. Mais sa déclaration allait plutôt dans le sens en fait d'une répétition, d'une confirmation de sa ligne jusqu'au bouhiste en disant que fondamentalement et bien il atteindrait tous ses objectifs et que la victoire serait russe. Et d'ailleurs beaucoup d'analystes ont interprété le fait qu'il parle de négociation avec des Européens comme un signe d'ouverture.

Mais quand il en a parlé, c'est pour proposer Gerard Schröder. Gerard Schroder qui n'est plus chancelier allemand depuis déjà deux décennies, qui est discrédité sur la scène politique allemande et européenne et qui évidemment ne pourra pas servir de négociateur au nom des Européens et au nom de l'Ukraine. Et ça assez probablement Vladimir Poutine le sait et c'est d'ailleurs pour ça qu'il s'est gossé de ce potentiel médiateur européen en proposant un nom qui n'est tout simplement pas crédible.

Vladimir Poutine a joué la survie de son régime et son héritage politique sur cette guerre de conquête, de reconquête de l'Ukraine afin d'en nier l'existence en tant qu'enté souveraine et de la rerucifier. Et s'il s'arrête maintenant, et bien Vladimir Poutine doit bien avoir conscience que fondamentalement c'est toute la légitimité de ces 25 dernières années qui sera ébranlée et évidemment son héritage politique sera remis en question mais peut-être aussi sa sécurité physique. Vladimir Poutine vis-à-vis de cette guerre a une vision messianique et il a une vision qui est ancrée dans une profondeur historique qu'il a réécrit à sa sauce évidemment avec beaucoup de fausseté.

Mais donc il a la sensation d'avoir le temps puisque il faut toujours le rappeler, il se réfère à Pierre Le Grand, il se réfère à Catherine I des souverains qui ont mis des années voire des décennies à mener à bien l'expansion territoriale de la Russie. Ce qu'il faut voir, c'est que entre le traité de Peraslave de 1648 qui est donc le premier accord entre le tsar de Russie, anciennement grand prince de Moscovie et les CACs de Zaporigia, donc ceux qui ont en premier tenté de créer un protoat qui aurait pu devenir une Ukraine à l'air moderne. Donc entre 1648 et l'annexion de la Crimée en 1783 qui a marqué la fin de la conquête des terres ukrainiennes. et bien il s'est écoulé 135 ans.

Donc Vladimir Poutine en se choisissant ce genre de référence historique, il se projette véritablement dans la longue durée, même si il ne verra pas lui-même l'aboutissement de cette mission qu'il s'est assignée. Et il se projette dans cette longue durée où il a dû étudier que et bien ça n'a pas été linéaire pour les armées tsaristes. Il y a eu des moments de victoire et il y a eu des moments de défaite.

L'essentiel, c'est de maintenir le cap et de conserver cette mission civilisatrice, cette mission impérialiste. Moi, c'est vraiment comme ça que je le vois. Et pour l'instant en Russie, malgré les difficultés dont j'ai parlé, il n'y a absolument aucun signe d'un fléchissement de cette politique impérialiste et de cette politique de conquête, de reconquête de l'Ukraine.

Donc évidemment, on n'est jamais à l'abri d'un coup d'état, on n'est jamais à l'abri d'un accident, on n'est jamais à l'abri d'un assassinat de Vladimir Poutine ou d'une révolution de couloir. Mais ça, par définition, on ne peut pas le prévoir. Et donc, il faut se référer à celui qui est encore en charge, c'est-à-dire Vladimir Poutine.

Et moi, quand je l'ai entendu le 9 mai, je n'ai absolument rien entendu qui laissait entendre qu'il pourrait y avoir un infléchissement de sa politique. On l'a vu dans les jours qui ont suivi puisque ce cesser le feu qui avait été plus ou moins décidé par le truchement de Donald Trump qui avait été sollicité clairement par Vladimir Poutine pour que les Ukrainiens ne viennent pas déranger la parade du 9 mai. Et bien après la fin de ce cesser le feu, il y a eu un regain d'activité, un regain d'attaque aérienne que ce soit les Ukrainien dans la profondeur russe ou les Russes dans la profondeur ukrainienne avec des attaques spectaculaires, les Ukrainiens qui ont visé des infrastructures énergétiques dans l'Oblast Dorenbourg à environ 1500 km de leur frontière et les Russes qui ont mené cette attaque pendant environ 36 he avec plus de 1500 projectiles. drones et missile de différents calibres lancés sur l'Ukraine.

Et ça, cette récente attaque russe montre bien que le Krémelin n'a pour l'instant pas du tout dévié de sa trajectoire. C'est-à-dire que évidemment le Krémelin et évidemment Vladimir Poutine sont intéressés par une fin de la guerre, mais pour eux la fin de la guerre ça veut dire la victoire de la Russie et la négation de l'existence même de l'Ukraine. Et pour atteindre cet objectif, il continue à pilonner la population ukrainienne et à détruire ses villes dans l'espoir que à un moment donné le pays s'effondre et que l'Ukraine accepte n'importe quelle condition de capitulation.

Et ça c'était vrai depuis 2022, c'était vrai toute l'année 2025 pendant cette séquence de négociation initiée par l'administration Trump. Et c'est vrai encore aujourd'hui, il n'y a absolument aucun changement dans cette logique. et l'attaque récente donc 1500 projectiles en 36 heures lancé contre l'Ukraine et bien ça confirme mon impression du 9 mai que Vladimir Poutine peut-être qu'il est au courant des difficultés que rencontre son pays et peut-être qu'il est au courant des critiques qui montent dans sa population mais il ne dévit pas d'un yota de sa trajectoire d'agression totale et brutale de l'Ukraine.

Je sais très bien que dans le paysage médiatique, on se réfère beaucoup aux petites phrases, on se réfère beaucoup aux déclarations, on se réfère beaucoup au post d'un président américain sur son propre réseau social, mais il faut garder la tête froide et replacer ça dans un contexte, replacer ça dans une logique que l'on voit à l'œuvre depuis au minimum plus de 4 ans et en gros depuis déjà plus de deux décennies. Donc voilà, j'enregistre peut-être cette vidéo un peu tard dans la semaine, mais après cette longue attaque aérienne contre l'Ukraine, il me semblait important de remettre donc ces deux événements, enfin ce événement et cet événement dans une ligne droite pour vraiment mettre en lumière et bien cette logique. Pour l'instant, il n'y a absolument rien qui change.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.