Soutien à l'Ukraine, situation à Gaza et projet de loi sur la fin de vie... Le 8h30 franceinfo de Valérie Hayer
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Bonjour Valérie Ayet.
Bonjour.
Vous avez tenu votre premier meeting de campagne ce week-end et c'est bien simple, vous n'avez fait que taper sur le RN, le Rassemblement National. Est-ce un signe de votre fébrilité parce que Jordan Bardella est loin, loin devant vous dans les sondages ?
Aucune fébrilité. Et d'ailleurs, si vous avez bien écouté mon discours, vous avez effectivement entendu que j'ai attaqué ou critiqué ou dénoncé l'hypocrisie de certains de nos adversaires. Mais j'ai aussi parlé de qui je suis, j'ai aussi parlé de notre bilan, puisqu'on a un bilan, nous sortant au Parlement européen, nous sortant qui avons travaillé au Parlement européen. Un bilan avec quelques exemples, la fameuse taxe carbone aux frontières pour protéger nos industries, le plan de relance pour protéger les emplois pendant la crise sanitaire, l'Europe de la santé avec la stratégie vaccinale et j'en passe.
Vous le voyez bien avec le principe des punchlines, on n'entend qu'une seule chose. Quand par exemple Clément Beaune disait, chez nos confrères de France intérieure, Bardella parle français mais vote russe, il y a le risque d'apparaître caricatural, non ?
Alors, je pense qu'il faut expliquer aux Français quelle est la réalité des positions du Rassemblement national et de l'extrême droite. C'est important dans cette campagne à la fois de dénoncer ces positions, ces votes, puisque moi je les vois quand ils viennent voter au Parlement européen, je les vois ces positions qui sont pro-russes et qui servent avant tout les intérêts de Vladimir Poutine. Par ailleurs, ce n'est pas uniquement nous qui le disons. Il y a une commission à l'Assemblée nationale présidée par un député du Rassemblement national qui a conclu au fait que le Rassemblement national était la courroie de transmission du Kremlin.
Donc il y a ces éléments de réalité et puis il y a ces éléments de réalité. Qu'est-ce que porte le RN ? Dans quelle mesure il sert ou pas les intérêts des Français ? Moi, j'ai la conviction profonde que les positions du RN ne servent pas les intérêts français. Sur les plateaux télé, ils expliquent qu'ils sont là pour protéger les Français. Ils n'ont pas voté le plan de relance qui a permis de sauver des millions d'emplois. Ils n'ont pas voté la taxe carbone aux frontières qui permet de ramener de la compétitivité à nos entreprises. Ils ne votent pas le salaire minimum qui permet de protéger nos emplois là aussi. Donc il y a ça qu'il faut rappeler, cette réalité-là.
Et puis il y a le projet qu'on porte, ce projet pro-européen, cette fierté européenne, de puissance européenne qui est très identitaire au sein de la majorité présidentielle. Emmanuel Macron, dès le premier jour en tant que candidat, a porté l'Europe au cœur de son projet. C'est vraiment notre ADN et on a des choses à dire, le bilan et les projections.
Pourquoi vous dites qu'il n'y a que vous qui défendez l'Union européenne ?
Parce qu'on est les seuls à avoir un projet clair.
Il y a quand même un rappel de Luxman qui...
Regardez les divisions au sein de chacun de ces partis dans le débat national et européen. Nous sommes une coalition pro-européenne avec l'ensemble des composants de la majorité présidentielle. Mais eux ne disent pas qu'ils veulent sortir. Une division claire du projet européen. Chez les autres, moi je ne vois pas trop où se situe François-Xavier Bellamy. Il siège dans un groupe dont la présidente de la Commission européenne est membre de la famille politique. Il ne soutient pas sa propre présidente de Commission. Non mais sur le fond, ils ne disent pas qu'ils veulent quitter l'Union européenne. Non, ils ne disent pas qu'ils veulent quitter l'Union européenne. Donc ils sont pro-européens.
Ils ont un projet européen. Jamais je n'ai dit que nos concurrents dont on parle ici, à l'exception des extrêmes, ont un projet eurofable. On a un projet différent. Il y a des divisions dans leur famille politique. Alors que nous, au sein de notre famille politique majorité présidentielle, on a une vision claire sur ces sujets. Et puis je voudrais quand même dire, au sein de la gauche, le format NUPES, le PS et Raphaël Glucksmann se sont affiliés à une gauche qui prenait la désobéissance européenne. En l'occurrence, ils ne font pas liste commune. Ils ont fait liste commune à l'occasion des élections présidentielles et des élections législatives.
Pardonnez-moi de penser que l'élection présidentielle est quand même décisive dans le projet européen qu'on porte.
Il faut parler de l'Ukraine. On l'évoquait à l'instant avec le Rassemblement national. Il y a demain au Sénat, à l'Assemblée nationale cette semaine, un débat à l'initiative du président de la République. Si le Rassemblement national devait voter contre le texte présenté par le gouvernement pour soutenir l'Ukraine, qu'est-ce que ça signifierait pour vous ?
Confirmation de ce qu'on sait déjà et de ce qu'on dit déjà. À savoir que le Rassemblement national refuse de soutenir l'Ukraine et qu'il préfère, sous couvert de pacifisme, soutenir les intérêts de Vladimir Poutine. Simplement, qu'on prenne un peu de perspective, qu'on remette en perspective. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine ? La Russie a agressé il y a deux ans l'Ukraine et les Ukrainiens se défendent évidemment pour recouvrir leur intégrité territoriale, mais ils se battent aussi pour nos valeurs. Si l'Ukraine tombait demain, qu'est-ce que ça veut dire ? Vladimir Poutine, vous pensez vraiment qu'il s'arrêtera aux frontières de l'Union européenne ?
Mais vous voyez bien comment, au sein même de l'Union européenne, il y a des dissonances.
La position allemande n'est pas la position française. Je parle tous les jours avec mes collègues de l'Est de l'Europe, qui nous disent « Vous avez sous-estimé la menace russe. Vous ne nous avez pas écoutés en 2014, au moment de l'annexion de la Crimée. Aujourd'hui, vous voyez à quel point la menace russe est là. Et soyons solides, soutenons l'Ukraine jusqu'au bout.
Et soyons lucides sur la menace que représente Vladimir Poutine. » Jusqu'au bout, ça veut dire quoi ? Quand Emmanuel Macron a évoqué l'envoi possible de troupes occidentales en Ukraine, plusieurs de nos alliés européens ont dit « Non, non, non, il en est hors de question. » Notamment, en premier, les Allemands, avec Olaf Scholz, cette position-là, elle ne risque pas de nous isoler davantage en Europe. Vous qui êtes la candidate aux européennes de la majorité ?
Depuis le début, on a une position claire. Les Européens sont unis. Soutien plein à l'Ukraine. On a fait beaucoup. Aide militaire, aide humanitaire, aide financière aussi. On a voté un paquet d'aides de 50 milliards d'euros pour l'aide, pour aider l'Ukraine, pour permettre que les services essentiels du pays puissent continuer à tourner, les écoles, les hôpitaux. Et par ailleurs, il faut aussi envoyer un message clair à Vladimir Poutine, qui ne comprend que le rapport de force. Vladimir Poutine est entré en guerre, et il a connu immédiatement les lignes rouges des Occidentaux.
Je pense qu'il faut ramener du rapport de force, c'est ce qu'a fait le Président de la République, et envoyer un signal très clair du fait que nous irons jusqu'au bout, nous serons jusqu'au bout aux côtés des Ukrainiens, et ça peut passer par l'envoi des mineurs, de formateurs. C'est ça, très concrètement. On ne parle pas de troupes qui vont combattre. Non, non, non.
Et l'Allemagne et la France, pardon, en citer, sont alignés ?
Il y a des discussions en permanence entre l'Allemagne et la France. On parle beaucoup du couple franco-allemand. C'est l'expression française qui n'est pas forcément celle qui n'est pas forcément l'expression allemande. Écoutez, il y a des divergences sur certains sujets, comme ça a toujours été dans le couple franco-allemand.
Mais pas sur des détails, quand il s'agit d'envoyer des armes avec des missiles à longue portée.
Je donne un exemple. En 2020, crise sanitaire, plan de relance. Nous, Parlement européen, moi j'ai négocié le plan de relance, et j'ai fait partie des quelques députés européens sur 750 qui ont négocié ce plan de relance. Le Parlement européen appelle à un plan de relance. Angela Merkel et un certain nombre d'États n'en voulaient pas. Emmanuel Macron réussit, malgré les divisions de départ, réussit à la convaincre d'avancer sur ce plan de relance. Donc c'est aussi ça l'histoire européenne. Il y a des propositions, parfois il y a des réactions et ça frictionne, et après on avance, on parle ensemble.
Là, sur la guerre, il est question de passer en mode économie de guerre avec un fonds commun européen de 100 milliards d'euros, un fonds commun sur la défense, c'est-à-dire pour plus tard envisager aussi des troupes communes européennes ?
On parle là, clairement, de nos capacités de production militaire. Il faut qu'on se réarme, effectivement, puisqu'on a traversé une longue période de paix sans guerre aux frontières de l'Union européenne. Et on revient sur ça. Mais vous êtes toujours des troupes européennes, vous ? Il faut qu'on avance sur l'idée d'armée européenne, par exemple. En tout cas, il faut qu'on puisse travailler ensemble, renforcer nos capacités de production militaire, se coordonner, parce qu'aujourd'hui, on a 27 ou presque productions différentes sur ces enjeux-là. Donc plus d'intégration militaire et sur les enjeux de défense.
Et toujours avec Valérie Ayet, tête de liste Renaissance pour les européennes, il y a un autre conflit, en évoquant l'Ukraine, autre conflit, c'est la guerre à Gaza. Pas de trêve, pas de cessez-le-feu. Malgré le début du Ramadan aujourd'hui, le gouvernement de Benjamin Netanyahou est en train d'effacer le peuple palestinien à Gaza. C'est ce que dit le communiste Fabien Roussel ce week-end. Vous êtes d'accord avec lui ?
La situation est grave au Proche-Orient. Nous avons condamné unanimement, évidemment, l'attaque, les terribles attaques du Hamas le 7 octobre, les crimes sexuels. Nous appelons à la libération des otages. Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat, puisque la situation à Gaza, aujourd'hui, est dramatique d'un point de vue humanitaire. La France est en soutien d'un point de vue humanitaire à Gaza, et l'Union européenne est aussi en soutien. Nous sommes, l'Union européenne, le premier pourvoyeur d'aide humanitaire à Gaza.
La présidente de la Commission européenne, au tout début du conflit, disait qu'il était allé sur place en Israël pour parler du soutien inconditionnel de l'Europe. Ça lui avait été reproché. Aujourd'hui, est-ce que vous pensez qu'elle avait été trop loin ?
Je le rappelle, soutien à Israël, après ses attaques innommables et ignobles. Droits d'Israël à se défendre, mais nécessité de respecter le droit humanitaire et le droit international humanitaire. Et là, il y a un vrai sujet du respect du droit humanitaire à Gaza. Il faudra, je pense, que la justice internationale se penche sur un certain nombre de faits.
Est-ce qu'il faut que l'Europe se mêle davantage et hausse le ton sur Gaza ? Votre concurrent, Raphaël Glucksmann, demande à l'Union européenne de passer à la vitesse supérieure avec Israël. Écoutez, il était à votre place la semaine dernière.
Il faut aujourd'hui passer à une étape supplémentaire dans les pressions. Ça veut dire qu'il faut être extrêmement clair. On a un accord d'association avec Israël. Eh bien, s'il n'y a pas d'arrêt de cette offensive, et si nous n'obtenons pas un cessez-le-feu, eh bien, il y a une clause droit humain dans cet accord. Et il faut l'utiliser, cette clause droit humain, et menacer. Il faut continuer sur la sanction, sur les sanctions des colons les plus extrémistes qui, en Cisjordanie, profitent de cette situation pour étendre sans cesse leur colonie.
Vous êtes d'accord avec tout ce qu'il dit ? Je pense qu'il faut être plus ferme encore vis-à-vis du gouvernement de Benyamin Yétaniyaou, parce que, je le redis, ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est injustifiable, indéfendable. Mais ça passe par des sanctions au niveau européen ? Il faut réfléchir à ce qu'on peut mettre en place à l'échelle européenne. Il y a les initiatives qui sont prises au niveau national. Ce à quoi, ce que je reconnais aussi, c'est qu'on manque d'initiatives diplomatiques à l'échelle des 27. Et la voix de l'Union européenne doit porter, y compris dans le message qui doit être fort vis-à-vis de Benyamin Yétaniyaou.
Mais sur ce point précis, c'est-à-dire l'activation de cette clause droit humain qui existe dans les accords entre Israël et l'Union européenne.
C'est-à-dire des choses qui peuvent être discutées et mises sur la table. En tout cas, discours de fermeté et de soutien à la fois. Soutien, évidemment, au peuple israélien après ces attaques. Mais fermeté vis-à-vis des dirigeants pour s'assurer que le respect du droit humanitaire soit garanti à Gaza. Et je le redis, libération des otages et cesser le feu qui doit être immédiat.
Lors de votre nomination, Valérie Yét, tout le camp macroniste a affiché le fait que vous étiez fille et petite fille d'agriculteur. C'était une manière de dire aux paysans, faites-moi confiance, je suis de votre côté.
C'est quelque chose, c'est une identité et un ancrage auquel je suis très attachée. Et j'ai évidemment cette sensibilité naturelle pour les enjeux du monde agricole. Simplement un élément, j'ai un collègue qui est député européen et qui a été élu avec moi en 2019, qui est agriculteur.
Et qui d'ailleurs ne vote pas forcément les textes que vous, vous avez voté, je crois que sur le traité avec la Nouvelle-Zélande, que vous avez voté, lui n'a pas voté.
C'était un point de vigilance, il m'en avait évidemment informé, c'était un point de vigilance pour Jérémie Decerle. Ce qu'il faut savoir sur ces accords de libre-échange, Nouvelle-Zélande et Chili, ce sont des accords nouvelle génération. Nouvelle-Zélande, c'est un nouvel accord, Chili, c'est une réactualisation de cet accord. Et ce qui est nouveau dans ces accords, c'est qu'on inclut le respect des accords de Paris et puis de la réciprocité. Les clauses miroirs. Les fameuses clauses miroirs et la réciprocité, c'est-à-dire qu'un produit qui vient de Nouvelle-Zélande doit respecter nos normes sanitaires et environnementales. Ça, c'est complètement nouveau.
Et c'est vraiment nous qui avons été à l'initiative pour changer la vie. Mais que les agriculteurs ne comprennent pas forcément.
Avec cette crise agricole, est-ce que c'est bien normal de sceller des traités de libre-échange comme celui sur la Nouvelle-Zélande, qui exemptent de droits de douane les importations néo-zélandaises actuelles à 98,5%. Et alors, ce qu'on importe, c'est de la viande rouge, c'est du vin, c'est du kiwi, mais aussi des produits laitiers. Des filières qui sont tendues, qui sont en péril aujourd'hui en France.
On exporte aussi beaucoup. Il faut le rappeler, vous parlez de l'accord Nouvelle-Zélande. On a beaucoup parlé ces derniers temps de l'accord avec le Chili. Nos agriculteurs ont besoin d'exporter. Donc, c'est cet équilibre-là qu'il faut trouver. Je vous donne un exemple sur l'accord avec le Chili. C'est une révision. Si on ne l'avait pas révisé, on aurait eu une augmentation automatique des quotas annuels. Là, on a pu le négocier et donc les plafonner. Et je le redis, avec le Chili par exemple, c'est 88 millions d'exportations qui sont faites au bénéfice de nos filières françaises. Il ne faut pas l'oublier. C'est cet équilibre-là.
Il ne s'agit pas de refermer nos frontières, mais de dire que nos accords, les nouveaux accords, on les négocie. Ils sont plus protecteurs pour nos filières. Et il y a un travail à faire sur la réciprocité qui est absolument nécessaire.
Dans le cas, je le dis pour les auditeurs et les téléspectateurs, il y a effectivement dans cet accord la suppression des droits de douane pour les exportations européennes. Il y a la question des nouveaux OGM, aussi les NGT, ces plantes, légumes ou fruits qui subissent une modification génétique pour qu'ils résistent aux dérèglements climatiques ou aux insectes. Votre groupe, le groupe Renew, est favorable à leur utilisation. Sauf que l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, explique que certains risques identifiés pour ces NGT sont similaires à ceux déjà identifiés pour les premiers OGM.
Et que l'exposition à ces risques pourrait même augmenter en fonction du développement de ces NGT et de l'ampleur du marché de ces plantes. Est-ce que vous n'êtes pas en train de prendre des risques inconsidérés ?
Là-dessus, il y a eu des études qui ont été faites au niveau européen. Pas de risques inconsidérés. C'est effectivement demandé par le monde agricole. Il n'y a pas de transformation génétique. C'est-à-dire qu'on accélère les capacités de renforcement d'une espèce. Il n'y a pas de mutation génétique. Non, il n'y a pas de mutation génétique. Il y a différents types de NGT. Il y en a sans mutation génétique. Et ceux-là, on les a soutenus, effectivement. Et il y en a avec une forme de mutation génétique sur lesquelles on a créé des conditions pour s'assurer qu'on respecte la santé humaine et la biodiversité. Donc les agriculteurs n'ont pas à s'inquiéter avec ces apparitions de nouveaux OGM ?
Ce n'est pas des nouveaux OGM. Il n'y a pas de transformation génétique. Ils sont même demandeurs de ça. Et c'est l'un des éléments du Green Deal aussi. Parce qu'on a souvent opposé le monde agricole et le Green Deal. Les NBT, les NGT, les nouvelles techniques génomiques, ça fait partie intégrante de ce Green Deal. Et c'est l'un des éléments qui permettent de répondre aux préoccupations des agriculteurs. Oui, mais qui fâchent aussi les écologistes. Parce que la ligne qui est la nôtre, c'est réduction de l'usage des produits phytosanitaires. Et pas d'interdiction sans solution.
Et au passage, d'ailleurs, est-ce que Pascal Canfin, qui vient de chez les écologistes, qui était numéro 2 de la liste Renaissance en 2019, est à nouveau sur votre liste ? Et par exemple, en deuxième position ?
Les discussions sont en cours. Pascal Canfin a joué un rôle majeur dans la délégation et dans le Parlement européen.
Il est devenu un peu à son corps défendant un épouvantail à la fois pour les agriculteurs et pour les écologistes.
Pas du tout pour moi. Enfin, c'est de la caricature tout ça. Pascal Canfin, il a fait un travail formidable au Parlement européen. Il est président d'une commission environnement qui nous a permis de dérouler nos objectifs dans la lutte contre le changement climatique. On a beaucoup cité Pascal Canfin dans le cadre de la crise agricole. Mais un, n'opposons pas agriculteurs et environnement. Deux, le Green Deal, ça n'est pas que ça. C'est la taxe carbone aux frontières promise par tous les présidents de la République successives depuis Jacques Chirac. C'est le recyclage. C'est la fin de la déforestation importée. Non seulement je l'assume et j'en suis fière.
Donc rien ne s'oppose à la présence de Pascal Canfin. Absolument rien. Non, non, non. J'allais juste rajouter. Je ne vais pas vous dévoiler qui sera et dans quelle position puisque les discussions sont en cours. En tout cas, moi, je peux vous dire que je suis fière du travail que nous avons mené au Parlement européen avec Pascal Canfin.
Et toujours avec Valérie Ayet, la tête de liste Renaissance pour les Européennes.
On l'a appris hier soir. Le mois prochain, le gouvernement va présenter un texte sur une aide active à mourir sous conditions strictes. C'est Emmanuel Macron qui le dit à nos confrères de La Croix et de Libération ce matin. Si un certain nombre de conditions assez strictes sont réunies, un patient pourra faire la demande à l'équipe médicale qui en décidera. Il pourra s'auto-administrer un produit létal. Et dans un certain nombre de cas, il pourra demander s'il n'est pas capable de se l'administrer au médecin ou à un proche. Est-ce que c'est le bon équilibre selon vous ?
C'est une avancée majeure avec une attente, je crois, très forte de la part de la population française. Il y a eu un cheminement long entre l'élection présidentielle de 2022 et puis cette proposition qui a été mise sur la table avec des consultations, des prises de participation des citoyens dans ce débat. C'est important. On ne légifère pas à la légère sur un sujet comme celui-là. Et je pense que la proposition qui est faite aujourd'hui, elle est équilibrée et elle assure à la fois la solidarité de la nation avec les patients et l'autonomie, le choix des patients.
Le président n'emploie pas les mots de suicide assisté ni d'euthanasie. C'est une euphémisation, nous disait ce matin un des membres du comité consultatif national d'éthique.
Moi, j'ai entendu beaucoup de commentaires positifs. Quels que soient les mots qu'on cherche et qu'on utilise, c'est bien une aide à mourir et c'est bien une avancée par rapport à la loi de Léonetti qui avait quelques imperfections par rapport à laquelle il fallait encore avancer. C'est en clair comment on s'assure qu'on n'ait plus demain une situation comme celle de Vincent Anderre.
Il y a une critique qu'on entend d'un côté comme de l'autre, de la part des militants qui sont en faveur de l'évolution de la loi et ceux qui sont contre. En fait, ce texte tel qu'il est décrit, ou en tout cas aujourd'hui par Emmanuel Macron, est inapplicable, trop compliqué, trop lourd.
Non seulement on va voir dans les discussions qui auront lieu à l'Assemblée nationale la manière dont le texte pourra éventuellement évoluer. C'est aux praticiens aussi de s'exprimer et de voir dans quelle mesure ça peut être appliqué de la manière la plus efficace possible et la plus simple pour les patients qui le demandent. Je n'ai pas regardé le texte dans les détails. Il faudra effectivement regarder, je le redis. Il y a la proposition qui est faite après consultation dans différents formats, des mois de discussion. Maintenant, l'Assemblée nationale et le Sénat joueront leur rôle pour éventuellement faire des ajustements.
La liberté de recourir à l'IVG est désormais inscrite dans la Constitution. Est-ce qu'il faut qu'elle soit aussi inscrite dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE ? Oui, sans ambiguïté, oui.
Le Président de la République l'avait d'ailleurs proposé en 2022. Et moi, je regarde les débats en France. Certains prétendent qu'il n'y a pas de risque sur le droit à l'IVG en France. Effectivement, c'est le cas aujourd'hui. C'était important qu'on sanctuarise ce droit parce qu'on ne sait pas demain, avec des responsables politiques qui pourraient arriver en responsabilité, dans quelle mesure le droit à l'IVG serait garanti pour les femmes. Parce que moi, je vois en Europe, en Pologne, avec le PICH, la Hongrie de Viktor Orban, ce sont des conservateurs qui sont arrivés au pouvoir et qui ont remis en cause un certain nombre de droits des femmes, notamment le droit à l'IVG.
Donc, l'important en France, c'était de sanctuariser ce droit. Je note que, notamment, l'un de mes concurrents a refusé de sanctuariser ce droit. Je pense que ça en dit long sur sa position sur ce droit-là. Et puis, l'enjeu, maintenant qu'on l'a fait au niveau français, c'est de porter l'ambition au niveau européen pour garantir à toutes les femmes d'Europe ce droit à l'IVG, qui est le droit de disposer librement de son corps.
Ce n'est pas illusoire de dire ça aujourd'hui, sachant que vous avez l'exemple de la Pologne, de la Hongrie aussi. Il faut un vote à l'unanimité sur cette question-là.
Mais on avancera sur ces questions-là. Nous, en 2019, on a porté ce qu'on a appelé le pacte Simone Veil, c'est-à-dire la clause de l'européenne la plus favorisée pour harmoniser par le haut tous les droits des femmes. Et ça passe par là, c'est la bataille politique qu'il faut mener. Effectivement, il y a des conservateurs, des rétrogrades, soit en responsabilité, soit qui occupent le champ politique. Et il faut toujours aller jusqu'au bout et batailler pour protéger et garantir les droits des femmes.
Mais vous ne craignez pas, de cette manière-là, de faire le jeu, justement, des plus conservateurs, qui vont dire de quoi se mêlent les Français à vouloir, entre guillemets, faire la loi ailleurs, en Pologne ou à Malte ?
L'Europe, c'est un projet de société, un projet de progrès. C'est comme ça que je vois, moi, que je conçois le projet européen. Et c'est ce vers quoi il faut qu'on tende ensemble. Vous citez quelques exemples. Moi, j'ai énormément de députés européens qui ne sèchent pas nécessairement dans ma famille politique et qui m'ont dit, au lendemain de la proposition du président de la République, il y a deux ans, mais oui, allons-y, portons-le, parce que les droits des femmes doivent être préservés. Ça n'a pas avancé. Mais en fait, parce qu'on n'était pas encore en campagne. Là, c'était une proposition, une projection.
Pardon, mais vous pouvez le faire pendant que, justement, vous y travaillez.
La configuration ne permettait pas. Et ça nécessitera du temps, vous l'avez dit. Ce n'est pas un texte anodin. C'est l'un des textes les plus importants de la construction européenne. Donc oui, le combat, il est là. On va le porter. Et je voudrais aussi noter que Malte a changé sa loi. Malte était l'un des derniers pays à ne pas autoriser l'IVG. La situation vient d'évoluer ces dernières semaines. Je pense sincèrement que le débat européen a permis de faire bouger les lignes à Malte.
Merci beaucoup, Valérie, tête de liste Renaissance pour les européennes du 9 juin prochain. Merci d'avoir été sur France Info ce matin.
Valérie Hayer