GILETS JAUNES : MACRON PROMET LE PIRE
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Chapitres
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- 0:30Emmanuel MacronFait
« Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire. »
- 1:00Emmanuel MacronFait
« C’est un miracle qu'après autant de samedis avec cette violence, il n'y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l'ordre. »
- 4:00Chiffre
« À la date du 4 février les forces de l’ordre avaient procédé à 12 122 tirs de LBD 40, 4 942 lancers de grenades de désencerclement et 1 428 lancers de GLI F4. »
- 5:30Chiffre
« À 8 heures, il n’y avait que 311 000 contributions déposées sur le site du Grand débat national. »
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Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire. La phrase est du président de la République. Il l’a prononcée mardi, lors d’une réunion avec des élus du grand Est.
Dans la même déclaration, Emmanuel Macron a encore souligné que c’est un miracle qu'après autant de samedis avec cette violence, il n'y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l'ordre. On est coutumier des petites phrases du chef de l’État. Souvent blessantes, arrogantes et toujours inopportunes.
Mais, cette fois, le propos mérite qu’on s’y arrête. « On est complice du pire » Ainsi tous les manifestants seraient responsables des violences de quelques-uns. Étrange conception juridique inconnue de notre Code pénal.
Quant à la seconde phrase, elle résonne comme une absolution donnée par anticipation à toutes les violences policières. Y compris celles qui conduiraient à la mort d’un manifestant dans un affrontement direct, puisque, selon Emmanuel Macron, cela aurait dû déjà se produire. On en est là.
Après le mépris de classe, les accusations de complotisme, de racisme, d’homophobie, d’antisémitisme, le pouvoir menace désormais l’intégrité physique de tous les gilets jaunes. Une stratégie du pire qui reflète son désarroi face à un mouvement qui ne fléchit pas. Justement, le Conseil de l’Europe vient de condamner les moyens utilisés par la France pour le maintien de l’ordre.
Organisation intergouvernementale fondée en 1949 – à ne pas confondre avec l’Union européenne - le Conseil de l’Europe regroupe 47 États. La commissaire aux droits de l’homme de cette organisation, Dunja Mijatovic a rendu public, mardi, un mémorandum sur « le maintien de l’ordre et la liberté de réunion dans le contexte du mouvement des gilets jaunes en France ». Les armes de force intermédiaire, euphémisme pour dire que celles-ci mutilent davantage qu’elles ne tuent, sont montrées du doigt.
On apprend dans ce document qu’à la date du 4 février les forces de l’ordre avaient procédé à 12 122 tirs de LBD 40, 4 942 lancers de grenades de désencerclement et 1 428 lancers de GLI F4. La commissaire observe notamment que « les blessures à la tête occasionnées par des tirs de LBD révèlent un usage disproportionné de la force, ainsi que l’inadaptation de ce type d’arme au contexte d’opérations de maintien de l’ordre ». Elle recommande donc « de suspendre l’usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre ».
Peine perdue. Hier Emmanuel Macron a défendu publiquement le LBD, expliquant que pour s’en préserver La meilleure manière d’éviter ces utilisations et ces cas, c’est d’éviter d’avoir des gens qui considèrent que le samedi après-midi est fait pour casser des vitrines, casser des institutions ou s’attaquer aux forces de l’ordre. Je ne laisserai pas les forces de l’ordre sans aucun moyen, ni d’assurer l’ordre public, ni de se défendre.
Pour remplacer les manifs, le Président a son idée comme l’a rappelé hier Benjamin Griveaux : Dans une invitation collective, il a suggéré aux manifestants de se rendre dans les réunions d’initiative locale qui se tiennent. Il y a près de près de 8800, près de 9 000 réunions qui ont été enregistrées sur la plateforme. Un peu moins de 3 000 ne se sont pas encore tenues.
C’est dans ces enceintes que le débat doit se tenir et que nous attendons les Français encore plus nombreux qu’ils n’y sont déjà venus. Nous avons passé, vous le savez, la barre du million de contributions et la barre des deux millions de visiteurs uniques sur le site. Nous avons passé la barre du million de contributions et nous avons passé la barre des deux millions de visiteurs.
Tiens donc… On est allé vérifier ce matin. À 8 heures, il n’y avait que 311 000 contributions déposées sur le site du Grand débat national. On n’atteint le chiffre du million que si l’on ajoute les 884 000 réponses aux différents questionnaires à choix multiples.
Benjamin Griveaux joue sur les mots. Un succès très mitigé, pour ne pas dire un flop, qui pose un vrai problème politique. Cette consultation s’achève dans 15 jours.
Elle était censée enterrer le mouvement des gilets jaunes. La persistance des manifestations montre qu’il n’en est rien. Dès lors, c’est la question de la sortie du grand débat qui se pose à l’exécutif.
Quelle traduction lui donner ? À cette heure, l’Élysée n’a pas trouvé la réponse. Voilà pourquoi il ne mise plus que sur la force et la répression pour stopper le mouvement des gilets jaunes.
C’est quitte ou double. La grande manifestation nationale qui doit se tenir à Paris le 16 mars constituera de ce point de vue un tournant. Si elle est comparable aux plus forts moments de la mobilisation depuis ses origines, alors Emmanuel Macron devra envisager de recourir aux solutions constitutionnelles que prévoit la Ve République : changement de Premier ministre ou même dissolution de l’Assemblée.
Le blocage ne pourra pas durer éternellement. C’est une nouvelle rubrique du P’tit coup de Bourbon. Vous y retrouverez les bruits de couloir des palais nationaux et les off des parlementaires.
On commence avec Benjamin Griveaux. La semaine dernière, voici ce qu’il nous disait : Il a été fait mention dans l’affaire Benalla de dysfonctionnements majeurs à l’Élysée, que la sécurité du président de la République aurait été affectée par, notamment, les actions de M. Benalla.
Est-ce que le président en a éventuellement parlé ce matin, est-ce que ce sujet a été évoqué en Conseil des ministres ? L’Élysée aura l’occasion d’apporter des réponses factuelles sur les différents points soulevés dans ce rapport dont je n’ai pas pris connaissance, et dont il m’est difficile de commenter plus avant. Qu’est-ce que vous sous-entendez dans l’Élysée aura l’occasion d’apporter des éléments ?
Ça veut dire qu’il y aura des éléments factuels apportés à quelques points qui sont soulevés dans le rapport. Sous quelle forme et quand ? Écoutez, le rapport date d’il y a moins de deux heures.
Nous étions en Conseil des ministres. Donc souffrez que nous ne cédions pas à l’urgence du moment et que le temps de réunir des éléments factuels pour répondre à des contrevérités – je ne sais pas si c’est l’affaire de quelques heures, ce sera cet après-midi ou demain – mais en tout cas, nous le ferons rapidement, parce qu’il y a des éléments sur lesquels, manifestement, il y a des contre-vérités qui ont été dites et qui peuvent être levées rapidement. 7 jours se sont écoulés et personne au gouvernement ou à l’Élysée n’est venu contredire le rapport du Sénat.
Il faut croire qu’il ne contient pas de contre-vérités. On s’en souvient, une cinquantaine de députés de LaREM se sont abstenus lors du vote sur la loi anticasseurs. Pour éviter qu’ils ne votent contre le texte, le patron du groupe parlementaire, Gilles Legendre, épaulé par le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, avait promis qu’en seconde lecture, le gouvernement reprendrait leurs objections en déposant des amendements.
Patatras, la majorité sénatoriale – c’est-à-dire Les républicains - a fait savoir qu’elle voterait le texte amendé par l’Assemblée nationale, mercredi prochain, sans en changer une virgule. Autrement dit, plus de seconde lecture au palais Bourbon et plus de modifications. Le processus parlementaire s’arrêtera là.
Les frondeurs en seront pour leurs frais. À moins que le Conseil constitutionnel ne retoque le texte, notamment sur les interdictions administratives de manifester.