Face à Face : Serge Papin - 23/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:52OuverteRéponse directe
On augmente la somme, on passe de 20 centimes d'aide à 40 centimes. Et on augmente le nombre d'ayants droit.
- 1:24RelanceRéponse partielle
Il va falloir que vous m'expliquiez comment c'est très simple.
- 2:51OuverteRéponse directe
Est-ce que ces aides promises n'ont toujours pas été versées ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Les transporteurs routiers, mais vous dites ce matin que ça va être réglé. Les taxis, les auto-écoles, qu'est-ce que vous leur dites ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Vous étiez à ce micro dans votre précédente casquette, le patron des magasins U. Est-ce que ça veut dire que la facture du transporteur va augmenter ?
- 5:18RelanceRéponse directe
Je vais vous interroger sur l'inflation, mais je voudrais qu'on reste précisément sur la question des aides au carburant.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56PrésentateurChiffre
« On passe de 20 centimes d'aide à 40 centimes. »
- 1:09PrésentateurChiffre
« Ça concerne 5 millions et demi, pratiquement 6 millions de Français versus 3 millions dans la première période. »
- 1:55PrésentateurChiffre
« C'est 4 000 et quelques pour un couple, 4 030 précisément. »
- 2:33PrésentateurFait
« C'est déclaratif et en plus, c'est automatique. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Le Japon, ils ont décidé, et ils ont aujourd'hui l'essence la moins chère de tous les pays du G7. »
- 6:09Invité politiqueChiffre
« Au final, depuis le début de la crise, ça leur a coûté 6 milliards. »
- 7:55Invité politiqueChiffre
« Suspendre, c'est 17 à 20 centimes par litre. »
- 11:23PrésentateurChiffre
« Total, il vend le gasoil de 25 aujourd'hui. Il doit faire 60% des volumes en France et il a 30% des stations de service. »
- 11:46PrésentateurFait
« Total continue pendant cette période de crise a plafonné son prix à 2,25 pour le gasoil et 1,99 pour le sans-plomb. »
- 17:29PrésentateurChiffre
« L'inflation, elle est de moins de 1% dans les produits alimentaires. »
- 19:45PrésentateurChiffre
« Ils sont en chute en vente en France de 40% à peu près. »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Serge Papin35 %
- ?6 %
≈ 13 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez
RMC, RMC
jusqu'à 9h,
Apolline Matin,
face
à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Serge Papin. Bonjour Apolline
de Malherbe. Vous
êtes le ministre en charge de tous ceux qui se lèvent tôt le matin et qui bossent particulièrement les PME, le commerce,
l
'artisanat, le tourisme et le pouvoir d'achat et qui souvent doivent prendre leur voiture pour aller travailler. Bref, l'une des cibles de ces aides hier. Est-ce que ces cibles seront vraiment touchées ? Et surtout, est-ce que ces aides seront vraiment perçues ? Voilà parmi les questions que
je
voudrais vous poser ce matin. Essayons de tirer aussi les leçons de ce qui a été annoncé hier.
Vous
êtes satisfait ? Vous estimez que tout le monde en a pour ses difficultés, va réussir à être aidé ? Toutes les catégories ?
Alors écoutez, on augmente la somme,
donc
on passe de 20 centimes d'aide à 40 centimes. Et on augmente le nombre d'ayants droit. Donc c'est 40 centimes quand même pour ceux qui effectivement travaillent, comme vous venez de le dire. Il faut faire 30 kilomètres par jour.
Ça
concerne 5 millions et demi, pratiquement 6 millions de Français versus 3 millions dans la première période. Et tout le monde y a droit. C'est très simple. Alors, je profite de votre antenne.
J'aime
beaucoup votre «
c
'est très simple ». Il va falloir
que vous m'expliquez comment c'est très simple. Je vais vous dire.
Parce
qu
'on
part quand même d'un
constat. Pardon. Vous dites que ça va concerner 5 millions, puisque la précédente
concernait
3.
Sauf que sur les 3 millions qui y avaient droit, il n'y
en
a que 1,5 qui
l'ont demandé.
Voilà, parce qu'il y a eu aussi, je vous rappelle, on a pensé à un moment, sans doute, les Français qui auraient droit, on pensait que le conflit allait s'arrêter, parce que ce serait ça la vraie solution. Et après, il est reparti. Aujourd'hui, on ouvre jusqu'à ces 2050 pour une personne seule par mois qui a droit. C'est 4 000 et quelques pour un couple, 4 030 précisément. Donc, ça veut dire que ces personnes, alors, elles vont sur le site impots.gouv, elles sont .fr. Une fois qu'elles ont rentré les critères, c'est déclaratif, l'argent est versé à partir du mois d'octobre. Ceux qui se sont inscrits sur la première période, ils auront le renouvellement automatique.
Donc, c'est vraiment très simple, 40 centimes, c'est quand même pas rien. Les aides sont doublées. Donc, ça concerne un
grand nombre de Français. Donc, vous dites que c'est hyper
simple, on y va, on clique et on y a droit.
C'est déclaratif. C'est déclaratif et en plus, c'est automatique. Une fois
que
vous êtes enregistré, et c'est jusqu'au mois de décembre, vous touchez les 100 euros. Et donc, voilà, en un clic, on peut être
sur le site. Alors, moi, j'adorerais que ce soit
aussi simple que ce que vous nous dites. Mais vous l'avez peut-être vu, ce matin, il y a notamment, dans le sud-ouest, en Occitanie, la fédération des transports routiers qui interpelle le gouvernement. Pourquoi ? Parce que les aides promises n'ont toujours pas été versées, celles d
'il
y a six mois.
Alors,
il
y a eu, l'administration a mis un petit peu de temps, c'est réglé. Donc, elles vont être versées. C'est réglé. Il en a été
question hier. Vous nous dites ce matin, c'est réglé.
J'ai eu une discussion avec mes collègues de Bercy sur ce sujet-là. C'est réglé, ça va être versé. Voilà.
Et
donc,
il y a eu... Ça
va être versé quand ?
Là, là,
c
'est versé là, dès la fin de ce mois. C'est-à
-dire que c'est les aides d'urgence, c'est comme ça qu'on l'appelait. Et maintenant que c'est en route,
certaines ne l'ont pas été spécifiquement les transports. Le reste l'a été. Donc, une fois que maintenant les choses sont en route, ça va se passer d'une manière mécanique.
Mais pour qu'on puisse être sûr qu'on parle de quelque chose de concret,
c
'est-à
-dire
que moi, je suis quand même frappée. On fait des promesses, mais si le sonant est trébuchant, il
n
'arrive jamais
dans la poche des Français, ça n'a aucun intérêt. Bien
sûr, mais il a fallu
un petit peu de temps. Ce matin, oui, elles
seront
versées. Et les aides de 40 centimes seront versées en octobre.
Ok, en
octobre.
Et ceux qui se sont inscrits pendant la première période n'auront même pas besoin. Les 1,5
millions
qui sont inscrits quand l'aide était à 20 centimes, ils auront leurs aides renouvelées mécaniquement dans la version 2 à 40 centimes.
Il y a tous ces secteurs qui estiment avoir été abandonnés. Oui, les transporteurs routiers, mais vous dites ce matin que ça va être réglé. Les taxis, les auto-écoles, qu'est-ce que vous leur dites
à eux ?
Les transporteurs routiers, au passage, c'est que le carburant est ce qu'on appelle un pied de facture. Donc, en principe, il y
a
une obligation à ce qu'il y ait une facturation supplémentaire, s'il
y a
des coûts supplémentaires du gasoil. Je le dis parce que je me suis occupé de cette partie-là quand j'étais...
Alors oui, parce que pour ceux
qui ne l'auraient pas encore réalisé, vous étiez à ce micro dans votre précédente casquette, le patron des magasins U. Mais Serge Papin, ça veut dire qu'en fait, ce que vous dites,
c
'est qu'il va falloir répercuter aussi ces coûts. Ça
veut dire que la facture
du transporteur va augmenter, et donc mécaniquement,
c
'est de l'inflation.
Non, mais il
y
a des coûts qui vont être répercutés, bien sûr, sur la logistique. Les coûts de transport ont un peu augmenté.
Alors on va y venir, parce qu'évidemment, je vais vous interroger sur l'inflation, puisque certains de vos ex-confrères de la grande distribution commencent à estimer qu'on va au-devant d'une inflation nette, voire même de deux chiffres, c'est ce
que
dit le patron d'Intermarché. Je vais vous interroger sur l'inflation, mais je voudrais qu
'on
reste précisément sur la question des aides au carburant. Je ne
sais
pas si vous avez vu ce que fait le Japon. Je me suis dit, au fond, quand j'ai lu l'article de mes excellents confrères des Echos sur le Japon, je me suis dit, mais en fait, comment c'est possible que nous, ce soit encore si compliqué ? Le Japon, ils ont décidé, et ils ont aujourd'hui l'essence la moins chère de tous les pays du G7. Et pourtant, ils sont 100% importateurs. Ils n'ont même pas un seul raffineur ou entreprise sur la péninsule du Japon. Et pourquoi ils sont moins chers ? Parce qu'ils ont décidé de bloquer les prix. Ils ne
sont
pas communistes, les Japonais, mais ils ont décidé de bloquer les prix en payant directement, notamment les raffineurs et les distributeurs, la différence. Au final, depuis le début de la crise, ça leur a coûté 6 milliards. Alors ok, 6 milliards, c'est beaucoup, mais ça leur a coûté 6 milliards, mais ça n'a freiné en rien ni la consommation, ni la croissance. Et c'est surtout hyper visible, hyper simple. Pourquoi nous, c'est si compliqué
?
Non mais bloquer les prix, c'est qu'ils financent le blocage.
Et
soit, vous bloquez
les prix... Ah non mais ils le
financent, en effet.
Oui, alors si, c'est financé par l'État.
C'est l'État qui
paye directement la différence
? Non mais vous proposez, alors le Japon n
'est
pas dans la même, n
'a
pas l'économie la même que la nôtre, ça veut dire que là, on paye par la dette. On est d'accord ? C'est-à
-dire
qu'on demande aux contribuables de payer ce que le consommateur...
Enfin là, vous allez en faire quand même de la dette
aussi, un peu moins.
Ah
ben non, elle est financée cette dette. Là, les 450 millions, qui sont ceux, le coût des 40 centimes là, plus des aides ciblées, c'est financé par des dépenses moindres, notamment les dépenses de l'État. Ça coûte 1,4 milliard, globalement, qui sont financées. Donc là, nous, tout ce qu'on fait comme dette, compte tenu des finances publiques, on ne va pas recréer en plus de la dette, pour la laisser à qui la dette ? Oui, aux successeurs, pour la laisser aux contribuables, pour
la laisser aux enfants. Si vous étiez
remarquable sur la dette, ça se saurait.
Attendez...
Non,
mais la situation est quand même épouvantable. Et elle est bien plus épouvantable encore,
que vous n'aviez promis qu'elle le serait.
Non, mais c'est pour ça qu'on fait du ciblage aux travailleurs. 40 centimes, vous vous rendez compte ? C'est quand même important comme aide pour ceux qui vont au travail. Je réponds à votre première question, qui est de dire qu'est-ce que vous faites pour ceux qui se lèvent le matin et qui prennent leur voiture ? On fait 40 centimes.
Serge Papin, il y avait deux autres options. Donc, le blocage des prix, je viens d'en parler. La question de la baisse des taxes, ou la baisse des CEE, c'est
-à
-dire des certificats d'économie d'énergie. L
'un
de vos anciens confrères, Michel-Edouard Leclerc, dit que c'est ça qu'il faut faire. C'est aussi la position de M. Retailleau. Suspendre, c'est 17 à 20 centimes par litre. Et ça, ça peut être suspendu du jour au lendemain, c'est sur décret. Ce qui finance la transition écologique, non ?
Non, je vais vous dire pourquoi. Tous les débats sont bons d'ailleurs sur cette histoire des CEE. Il faudrait qu'il y
ait
une opération de transparence. Je pense que le Premier ministre l'a souhaité. Il va demander à sa ministre de l'énergie, Maude Bréjon, d'organiser un événement pour parler de la transparence, qui finance, à qui ça va, etc.
On a besoin de comprendre. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Cour des Comptes. La Cour des Comptes qui dit que c'est une usine
à gaz.
Il y a besoin de transparence. À quoi ça sert ? Aujourd'hui, c'est les énergies fossiles, donc le carburant, qui financent notre immunité, si je puis dire, aux futures crises, en développant l'usage à l'électrique. Je vais vous dire, il y
a
une usine ArcelorMittal, qui est à Dunkerque, qui
est
en cours de construction, qui va créer un four à arc électrique pour l'acier. C'est 50 %, c'est financé par les certificats
d'énergie. Vous
avez beaucoup d'auditeurs, ce sont des artisans, qui nous écoutent là ce matin. Eux,
ils
vont sur leur chantier. Qu'est-ce qu'ils vont faire sur leur chantier ? Ils vont mettre en place des pompes à chaleur. Comment sont aidés ces pompes à chaleur ? Par les C2E. Qu'est
-ce
que vous croyez ? C'est des devis qui ont été passés il y a trois mois, qui ont été acceptés. Ils vont mettre un mois de chantier. Et vous croyez qu'au claquement de doigts, on peut dire, on arrête. Si c'était aussi simple que ça, vous croyez qu'on ne l'aurait pas fait. Alors moi, et Michel Édouard, qui dit, ok, on va arrêter les C2E, parce que ça va faire baisser un peu les prix des carburants. Pendant ce temps-là, il dit, on va monter des bornes sur les parkings pour vendre de l'électricité aux voitures électriques qui progressent de 40%. Et je vendrai l'électricité moins chère. Comment est-ce qu'ils financent les bornes sur le parking par les C2E ?
Donc, il faut avoir conscience de tout ça. Donc, dire qu'on ait un débat sur les C2E, moi, j'y suis favorable aussi. Le Premier ministre aussi, bien sûr. Mais qu'on dise, au claquement de doigts, on puisse l'arrêter par des grès, on ne peut pas. Voilà, c'est aussi simple que ça.
On ne peut pas. Et je sens aussi chez vous, le fait de pointer du doigt une forme d'hypocrisie de sa
fin.
Bien sûr, parce qu'évidemment, il y a un côté démagogique à ça. Parce qu'on a besoin de financer les usages de l'électricité. Notre indépendance énergétique en dépend. Là, on vit une transition. Et s'il y
a
une vertu à cette crise, c'est qu'on est d'ailleurs le seul pays d'Europe à pouvoir le faire parce qu'on produit suffisamment d'électricité. Donc, il faut qu'on aille vers l'énergie électrique pour les voitures, pour le chauffage et pour les engins
de chantier, etc. Vous
promettez de faire toute la transparence sur la façon dont sont utilisées ces 17 à 20 centimes. C'est la Cour des comptes qui le demande. Et qui dit qu'au fond, tout ça est quand même une certaine usine à gaz et qu
'on
ne sait pas sur les 17 centimes ce qui va vraiment à la transition énergétique.
Je suis d'accord. Il faut qu
'on
mette en place une opération de transparence pour que tout le monde comprenne et qu'on ait conscience qu'on a besoin. Je rappelle que les C2E,
c
'est une contribution. Ce n'est pas une taxe. C'est
une
contribution qui est donnée. Donc, le budget de l'État n'a rien à y voir.
Il y
a
un autre point sur lequel on se demande de plus en plus s'il
y a
une vraie transparence. C'est sur la marge des raffineurs et notamment de Total. Est-ce que là, il y aura une mission flash qui va être à l'Assemblée nationale ?
S
'il y a
de
trouver de LFI qui va la mener. Mais du côté de LR et notamment des porte-parole de Bruno Retailleau, ils disent exactement la même chose. Ils disent qu
'il
faut la transparence aussi sur les marges. Honnêtement, quand LR et LFI se posent à peu près la même question, c'est peut-être qu'il
y a
un sujet avec les marges de Total.
Moi,
je vais vous dire une chose. Je n
'ai
pas envie d'embêter Total. Je vous le dis, parce qu'aujourd'hui, on fait front commun, tous, l'État. Total, il vend le gasoil de 25 aujourd'hui. Il doit faire 60% des volumes en France et il a 30% des stations de service. Effectivement,
il
y
a
la queue chez Total. Moi, je lui dis, heureusement, on a la principale major d'Europe. Il n'y
en
a pas en Europe, c'est Total. Il faut, si Total, ce que je souhaite, c'est que Total continue pendant cette période de crise, a plafonné son prix à 2,25 pour le gasoil et 1,99 pour le sans-plomb. Moi, ça me va. D'ailleurs, au passage, le produit que fait Total, le bénéfice fait Total, il le fait sur le monde entier, il ne répercute ces 2,25 qu'en France. Moi,
je
suis ministre du pouvoir d'achat, ça me convient qu'on puisse trouver dans notre pays du carburant gasoil à 2,25
euros.
Donc,
je
n
'ai
pas envie d'embêter Total.
Ça, vous
le dites en tant que ministre, comme vous dites, ministre du pouvoir d'achat, sauf que pendant longtemps, vous étiez de l'autre côté, je le disais, et du côté des distributeurs. Vous avez peut-être entendu Alexandre Bompard, votre ex-confrère, le patron des magasins Carrefour, il était au micro de Maxime Swittak hier soir. Il dit que Total déséquilibre le marché. Je le cite, c'est bien pour les Français, je ne suis pas dans le Total bashing, mais comme nous ne pouvons pas plafonner, il y a un déséquilibre du marché.
Oui, Total, je vais vous dire, il produit, il raffine, il distribue. Donc, il maîtrise l'ensemble de la filière. Il est le seul à pouvoir le faire. Alors, évidemment, je souhaiterais, si c'était possible, que Total puisse vendre aussi ce qu'on pourrait appeler les concurrents, qui puissent eux aussi faire le prix.
Mais c'est
une décision que je ne
vais pas prendre à la place.
Est-ce que ça, vous le lui avez demandé ? Parce qu'honnêtement, dans ces cas-là, ce serait juste. C'est-à-dire de dire, au fond, ce
que moi, je peux faire dans mes
stations, je vais en faire profiter mes confrères. Et donc, puisqu'il est à la fois, en effet, distributeur, mais aussi celui à qui les autres achètent l'essence.
Ça serait, mais pour l'instant, Total, évidemment, on est dans une économie de marché. Et évidemment, il favorise son enseigne, sa marque, comme d'autres le font, quand ils ont des produits qui
ne sont pas chers. Enfin, vous avez les moyens, j'allais dire,
vous avez les moyens aussi de le faire bouger, Total. Vous pouvez lui dire, écoutez, soit vous acceptez de vendre à vos concurrents l'essence au même prix que vous la vendez pour que les autres distributeurs puissent eux aussi retenir les prix. Soit, vous avez aussi les moyens de taxer les surprofits de Total.
J'ai pas
envie de... Alors, ils participent à la surindexation de l'IS Total.
Tout à fait.
Tout à fait.
Mais enfin, vous
pourriez
faire plus.
J'ai pas envie de menacer Total.
Enfin,
eux, ils n
'hésitent
pas à le faire avec vous.
Total ? Total, ils n'hésitent pas à le faire.
M. Pouyanné, régulièrement, fait quand même une forme de chantage en disant, écoutez, si jamais vous remettez une forme de fiscalité supplémentaire, j'arrêterai de plafonner. Je ne
sais
pas qui fait du chantage
à qui. Enfin, lui, il n'hésit pas.
Il dit Total qui remet donc les bénéfices en France du raffinage dans les prix bloqués à 2,25
euros.
Je rappelle qu'aujourd'hui, 2,25 euros, si vous prenez une aide de 40 centimes, on est d'accord, si vous allez chez Total, aujourd'hui, le gasoil, il est à 1,85
euros.
Voilà, et ça, moi, c'est quelque chose de factuel. qui existe.
Et ça vous va. Serge Papin, sur la question des prix, on va en venir aux prix dans les rayons et de la question de la menace d'une inflation forte, mais déjà sur les prix du carburant, quand on est déjà à 2,40
euros
le gasoil, 2,20 euros pour le sans-plomb, est-ce que vous vous dites mécaniquement, ça va continuer à monter ou est-ce qu'on peut espérer qu'à un moment, ça se tasse, voire même ça baisse
?
Vous parlez des prix alimentaires ?
Non,
là, je parle d'abord des prix à la pompe, mais je vais vous
interroger aussi sur les prix alimentaires. des prix
à la pompe, on dépend, ce qui serait formidable, c'est que les étroits d'Ormouz se
réouvrent. Oui, évidemment.
À aujourd'hui, on est sur un prix, je l'ai redit, avec 2,25 chez Total, en moyenne, on est à 2,40 et avec le paquet d'aides, on fait baisser les choses. Pour l'instant, la visibilité que l'on a, c'est que ça risque de durer au moins le mois qui vient. Une crise, ça se gère au moins le mois. Là, les aides qui sont prévues, c'est jusqu'au mois de décembre. Donc voilà, maintenant, rien n'indique, contrairement à ce qui se dit ici ou là, que le gasoil, un jour, va coûter 3 euros. Parce que ça, je l'entends ici ou là, rien n'indique ça. Pour l'instant, il est à 2,25 chez le distributeur le moins cher. Voilà. Et je pense que ça va rester comme ça.
Serge Pavin, ça a entraîné une baisse de la consommation. Les derniers chiffres sont abysso, moins 19% depuis le début du mois. Sur le carburant. De consommation du carburant. Ça veut dire des déplacements en moins, ça veut dire des moments familiaux peut-être auxquels on renonce. Ça veut dire parfois des soins, voire même, et on en a de plus en plus le témoignage, des gens qui renoncent à aller bosser parce que ça leur coûte trop cher d'aller travailler.
Les 19%, c'est au mois de septembre. Moi, je vais vous parler de juillet et août quand les gens étaient en vacances. En vacances pour ça. Il n
'y
a pas eu de baisse de la consommation en juillet et août, d'accord ? Il y en a eu en septembre. Parce que je vous rappelle qu'il y a du télévaux de travail aussi qui se fait. Il y a du covoiturage. C'est-à
-dire
que les gens s'organisent aussi. Je rappelle
qu
'il y a beaucoup de véhicules électriques qui sont vendus.
C
'est la preuve. Aujourd'hui, plus 40 ou 50% de ventes de véhicules électriques. On a mis en place le leasing social grâce aux 50 000 voitures. Donc, à un moment, il ne
va
pas falloir être surpris. Il y a une baisse du carburant fossile parce qu'on développe l'énergie électrique. Donc, il y
a
aussi cette mécanique qui va beaucoup plus vite. Et
comme vous
disiez, c'est peut-être le seul point vertueux de cette crise. Allons-nous vers un retour de l'inflation ? Thierry Cotillard, le patron des magasins intermarchés, dit que tous les indicateurs, je le cite, sont dans le rouge et il n'exclut pas une inflation à deux chiffres.
Est
-ce que c'est aussi...
On ne
va
pas jouer à se faire peur tout le temps comme ça. Moi, je
ne
suis pas du tout d'accord avec cette vision des choses. Pour l'instant. Pourquoi il dit ça ? Je ne sais pas. Parce que probablement,
il est en train de préparer les négos
qui s'ouvriront le 1er décembre. On est bien d'accord ? Là,
à
l'heure où on se parle, c'est ça que je regarde, moi, l'inflation, elle est de moins de 1% dans les produits alimentaires. Et la conso alimentaire, elle tient. D'ailleurs, il y
a
eu un autre de ses collègues qui a parlé hier, vous parliez d'Alexandre Bompard, qui s'est exprimé, je crois, sur votre antenne hier soir. Il disait à peu près la même chose que moi dans ce domaine-là sur l'inflation.
C'est très intéressant ce que vous dites quand même, Serge Papin, ça veut dire attention quand chacun de ses grands patrons de la distribution s'exprime et vous êtes très bien placé pour le savoir parce que vous avez été à leur place. Il y a ce qu'ils disent pour les Français et il y
a
ce qu'ils disent pour alerter ceux avec qui ils vont être dans les négos, notamment les grands industriels de l'agroalimentaire avec qui ils vont négocier pour prévenir déjà.
Oui, je
trouve qu'il attaque de bonheur mais évidemment il va y avoir toutes les négos alors bien sûr qu'il
y
a des choses dont il faudra tenir compte bien sûr qu'il y
a
des conséquences je vais vous dire il y a des conséquences climatiques sur la
production
agricole bien sûr qu'il y a des conséquences de ce côté-là.
Parce
qu'on a de l'autre côté quelqu'un comme Arnaud Rousseau le patron de la FNSEA qui a ce même micro la semaine dernière disait il faudra accepter une petite inflation sur les produits alimentaires parce que ça ne
peut
pas se faire au détriment
des agriculteurs.
Petite inflation ce n
'est
pas une inflation à
deux chiffres. Oui, ce n'est pas une inflation à deux chiffres donc il alerte
excessivement. Excessivement puis je vais vous dire les agriculteurs j'ai discuté avec eux vous savez qu'est-ce qu'ils disent attention à ne pas trop parler d'inflation parce que ça casse l'image notamment dans les fruits et légumes on se dit ça y est les fruits et légumes sont chers parce qu'il y a eu la sécheresse etc. Alors que les agriculteurs il y en a plein qui produisent quand même pas tout à fait dans la même quantité mais ils ne voudraient pas que les produits soient condamnés à une mévente parce qu'on imagine t'as progressé. Moi je peux vous trouver j'ai téléphoné à des magasins il y
a
des produits de fruits et légumes qui sont moins chers que l'an dernier
qui sont moins
chers que l'an
dernier c'est important de le dire allez-y vous avez votre liste vous avez votre liste de
course j'ai les prunes qui sont moins chères bon c'est
le
moment d
'en acheter
j'ai les carottes qui sont moins chères à 1,35 et j'ai les petits marrons qui est à 1,19 c
'est le moment c'est le début de l'automne
le problème c'est il faut avoir le discernement
d
'accord mais en tout cas ces produits-là sont moins chers que l'an dernier et c'est bon aussi de le noter un mot Serge Papin parce que je regardais les chiffres des ventes notamment de Chine je sais que c'était un de vos combats est
-ce
que vous estimez aujourd'hui l'avoir gagné
?
bah écoutez on a peut-être pas gagné la guerre mais on a une belle victoire parce qu'ils sont en chute en vente en France de 40% à peu près c'est dû à quoi ? c'est
Chine
c'est Tému c'est Tému AliExpress etc c'est dû aux sanctions qui ont été portées par l'Europe et par la France surtout
par l'Europe
parce que celles de la France ont été largement contournées mais enfin ça donnait ça donnait un signal
ouais
et puis on est allé se battre à l'Europe pour qu'ils c'est
pour ça que je dis
que celles de l'Europe
ont eu une efficacité et les autres ne
voient
pas de grand chose et puis tout le déploiement qu'on a fait sur les petits colis etc ça compte aussi et puis je vais vous dire il y a un éveil des consciences moi je suis content de ça parce que les gens voient bien que c'est des produits qui ne sont pas conformes vis-à-vis de notre code de la consommation dont certains sont dangereux on fait faire des prélèvements avec la DGCCRF etc qui contrôlent à chaque fois c'est les mêmes choses qui ressortent attention ils ne sont pas conformes ils sont dangereux donc les gens vous
pensez que c
'est
par prise de conscience et ce n
'est
pas parce que tout simplement ils
n'ont
plus de sous et qu'ils sont obligés de renoncer à
des achats qui
peut-être n'étaient pas absolument nécessaires et
puis
il
y
a du made in France actuellement qui est de plus en plus accessible on a des industries françaises qui vendent du textile je pense au slip français je pense à des jeans qui sont faits à moins de 40 euros etc donc la
France se
bat il
y a un retournement un petit peu de situation
je
vais vous laisser partir Serge Papin mais j'avais quand même une dernière question est-ce que le pape et Céline Dion vont sauver la France
?
en tous les cas ça fait venir moi qui suis midi du tourisme ça fait venir beaucoup de tourisme dans ce qu'on appelle les ailes de la saison l'arrière saison c'est sûr qu'en termes d'événements c'est quelque chose qui
contribue
vous
avez des chiffres
vous avez pu regarder
un peu
le mois de septembre en matière d'activité touristique singulièrement à Paris va très bien
merci beaucoup Serge Papin ministre des PME du commerce de l'artisanat du tourisme et du pouvoir d'achat vous dites ministre du pouvoir d'achat donc d'avoir répondu à mes questions
Serge Papin