Balladur - Chirac : mensonges et trahisons
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[applaudissements] 7 mai 1995, Jacques Chirac, patron du RPR et candidat de la droite, est élu président de la République. Dans les rues de Paris, il s'abandonne à l'ivresse de la victoire. Et quelle victoire !
Quelles épreuves endurées ! [acclamation] Il vient de battre Lionel Jospin, le candidat de la gauche, mais surtout au premier tour, il a triomphé dans le pire des combats politiques. Celui qui l'a mené contre son fidèle conseiller et ami de 30 ans, Édouard Baladur.
Monsieur, monsieur Chirac, en politique, chacun sait que les amitiés les plus solides ne résistent ni aux circonstances ni aux ambitions. Vous êtes heureux ce soir ? Pas de commentaire dans mon monsieur.
En se portant candidat, Édouard Baladur a brisé un tabou chez les gaulistes. Il a remis en cause la légitimité du chef. On peut donc s'interroger sur les raisons qui l'ont poussé au prix de la trahison à affronter celui dont il avait servi la cause pendant tant d'années.
Tout commence 7 ans plus tôt. Le 8 mai 1988, un soir d'élection présidentielle aussi. François Mitteran vient d'être reconduit pour la seconde fois à la magistrature suprême.
Et pour la seconde fois, Jacques Chirac est battu, cette fois lourdement. Derrière le sourire de façade, la potion est amè. Voilà le lion blessé réfugié dans sa tanière à l'hôtel de ville de Paris dont il est mère depuis 10 ans.
Nous étions sous le choc après la défaite de Jacques Chirac et le doute était dans tous les esprits. [grognement] C'était un chirac qu'on ne connaissait pas. Il semblait Agar lointain.
On lui parlait. On avait l'impression qu'il n'entendait pas. ce qu'on lui disait, c'est plus qu'un échec, c'est un traumatisme.
Il se retrouve Jacques Chirac par terre de la poussière plein la bouche ko déprimé et il va à un moment même songer abandonner quasiment la vie politique. Dans son propre camp, on dit beaucoup il va nous emmener dans le mur. Il est trop énergique, trop à droite, trop énervé.
Voilà, donc c'est une image assez ambivalente. [musique] Cette défaite de Jacques Chirac arrive après 2 ans d'une cohabitation difficile avec François Mitteran dont il était le premier ministre entre 1986 [musique] et 1988. Édouard Baladur était alors [musique] son ministre de l'économie.
Leur complicité remonte aux années 70. Tous deux jeunes Enarques sont alors conseillers [musique] de George Pompidou, leur père en politique. Cette loyauté partagé [musique] est le ferment d'une amitié de 30 ans, une amitié précieuse à Jacques Chirac au lendemain de cette défaite.
À cette époque-là, il s'adore. On pourrait même dire qu'il s'aime carrément. C'était dans vraiment une entente une entente merveilleuse.
Les deux hommes se complétaaient au fond. Chirac avait une admiration et perdue pour Édouard Baladur. Ja Chirac a besoin de quelqu'un qui le tire vers le haut et qu'il considère comme intellectuellement supérieur à lui.
Baladur avait une idée assez précise des qualités de Jaces Cherc. il il voyait bien le le combattant, le militant, l'homme de le le gros travailleur, mais il avait aussi senti les défauts. Il avait senti le côté un peu improvisé, un peu activiste, un peu et il a fait partie, je crois, de ces gens qui estiment que en fait ils vont piloter le bel animal.
Chaque chac ne prenait plus aucune décision sans se tourner vers Édouard. chaque fois, il disait "On va demander à Édouard, il faudra voir ça avec Édouard. Tiens, allez voir Édouard pour ça." Édouard Baledur exigeait toujours de voir Jacques Chirac en tête à tête et on disait même à ce moment-là qu'il avait pris pris son cerveau en otage.
Enfin, c'était vraiment une prignance trop forte. Dans la perspective des élections législatives de 1993 qui s'annonce compliqué pour [musique] les socialistes au pouvoir, le tandem Shirak Baladur semble parfait pour gérer une probable cohabitation. Seulement voilà, Jacques Chirac, chef incontesté de la droite, n'est pas chaud pour devenir encore une fois le premier ministre de François [musique] Mitéran.
Jacques Chirac n'a pas voulu retourner en 1993 au charbon pour une raison simple, c'est qu'il avait fait le diagnostic toujours vérifié que Matignon était finalement la plus mauvaise façon d'être un escalier vers la présidence de la République. On s'y faisait beaucoup d'ennemis. C'était quelque chose qui vous carbonisait.
Et ça, je dirais que c'était l'expérience de la première cohabitation. Et cette expérience, il ne voulait pas la revivre. C'était une décision arrêtée et je crois que personne ne pouvait le faire revenir sur cette décision.
Cette position [musique] irrévocable de Chirak place Édouard Baladur en pôle position pour accéder à Matignon. [musique] Il se prépare donc. Je me suis mis au travail pour réfléchir avec un certain nombre de personnes à l'avenir et à ce qu'il conviendrait de faire dans le domaine économique, social, de la sécurité, de la politique étrangère.
Je crois que ce travail a été utile parce que je j'avais assez clairement dans l'esprit ce que je voulais faire. Édouard Baladur loue des locaux dans Paris. Il constitue une équipe [musique] d'experts et de conseillers.
Bref, il tisent sa toile. Le jeu d'Edouard Baladur a pu en troubler un certain nombre, d'autant qu'il apparaissait comme finalement le premier lieutenant de de Jacques Chirc procédant toujours avec une grande déférence à son égard. Même si un certain nombre d'entre nous plus habitués à la chasse à la chose politique ou à la chasse politique s'en méfiait.
Cette méfiance, elle existait depuis longtemps et les contacts que j'avais pu avoir, les contacts personnels avec Édouard Baladur ne me faisaient que ne faisait que renforcer cette méfiance. J'ai essayé par tous les moyens de mettre en garde Jacques Chirac, mais il ne voulait pas l'entendre et il me disait "Non, tu te trompes." Jacques Chirac avait toutes les raisons de croire qu'Edouard Baladur [musique] resterait le parfait lieutenant jusqu'au bout.
Car 3 ans plus tôt, en octobre 1990, dans l'émission d'Anne Saint-Cla, Édouard Baladur avait pris une sorte d'engagement. S'il doit y avoir une prochaine cohabitation, il serait souhaitable pour que le climat le climat soit plus serein et la vie plus apaisée que le Premier ministre ne fut pas candidat à l'élection présidentielle et qu'il le dise dès le départ. dit, "Je ne vois pas comment un homme pourrait se présenter devant les Français en 93 euh leur dire "Je ne serai pas candidat dans 2 ans" et l'être.
Ce serait manqué à sa parole et s'il l'était euh on lui en tiendrait rigueur et ce serait normal et justifié. Voilà ma réponse. À propos des candidats des déjà, faut pas pardon, je vous interrompe.
Faut pas abuser du cynisme en politique. Il faut aussi de temps à autre tenir ses engagements et être un homme de vérité. Cette déclaration qui a été faite par Édouard Baladur à Saint-Cler est une déclaration que nous avons entendu plusieurs fois dans le bureau de l'hôtel de ville de Jacques Cherc.
Il était bien entendu que Édouard Baladur serait premier ministre mais qui ne serait pas candidat à l'élection présidentielle. Ça c'était c'était écrit dans le marbre. Et je crois même que c'était ce que pensait aussi Édouard Baladur queant à Matignon, il ne pense pas franchir une première étape pour monter ensuite à l'Élysée.
Il est très heureux d'être premier ministre et il pense tout à fait légitime que ce soit à ce moment-là Jacques Chirac qui soit candidat présidentiel. Quand je lui ai posé la question d'ailleurs à Jacques Chirac, je lui ai demandé "Mais est-ce que vous avez fait un pacte avec Édouard Baladur ?" Il m'a dit "Nous, ce n'était pas un pacte écrit mais nous avions un engagement.
Nous avions un engagement ensemble à lui Matignon à moi les disait un beau c'est un beau bar euh qui a été complètemment répandu. Je veux vous dire comment les choses se sont passées dans la conversation que nous avions eu le samedi qui avait précédé le 2e tour des élections législatives en 93, Chirak m'avait dit euh "Si vous êtes premier ministre, est-ce que vous soutiendrez ma candidature à l'élection présidentielle ? Et je lui avais répondu, "Ben, mon soutien dépendra du soutien que vous apporterez vous-même à mon action à la tête du gouvernement." Voilà quel était le je dirais le décor.
Le rideau s'ouvre enfin, la pièce peut se jouer. Elle commence par une défaite historique de la gauche au législative. Elle réalise son plus mauvais score depuis un siècle.
Avec 247 députés, le RPR devient le premier parti de France. François Mitteran doit se résoudre pour la seconde fois à une cohabitation. Il lui faut choisir un premier ministre.
Comme Jacques Chirac a fait savoir qu'il n'accepterait pas Matignon, le choix est réduit. [musique] Il y avait un enthousiasme dans le pays. On ne parlait que de Baladur.
Baladur était le le le sauveur, l'homme qui qui montait et cetera. Et donc il y avait é à l'écoute de tout ce qui se passait dans le pays et il s'est dit au fond c'est pas mal, ça fera un antiraak. Mitteran ne pouvait qu'appeler baladure.
Et dans ces conditions, les différentes familles de la droite le voi évidemment comme légitime. Il y a l'accord formel de Jacques Chira qui a la volonté de Baladur d'y aller et il y a l'acceptation souriante de François Mitteran. Le dimanche soir, le président de la République me dit "Vous allez [grognement] demander à rencontrer Édouard Baladur, envoyé par moi et vous me rendrez compte.
Édouard Baladur me reçoit le lundi matin au au Plaza. Édouard Baladur, lui a une version un peu différente de cet épisode. Et donc sans même avoir pris contact avec moi, monsieur Mitteran a déclaré le sort à la télévision qu'il me nommait premier ministre.
Euh ce qui a fait que euh je suis donc il m'a invité à aller le voir le soir. Monsieur Mitteran m'a dit au cours de notre conversation que bah il ne serait guère plus qu'un notaire et que c'est moi qui aurait l'essentiel des décisions. Alors, je lui répondu qu'il serait certainement davantage et que mon intention était tout à fait de respecter ces attributions dès lors que lui-même avait déclaré que la gestion de la politique étrangère et de défense était un domaine partagé.
Je confie dès ce soir la charge de premier ministre à monsieur Édouard Baladur. Je souhaite qu'il soit en mesure de former une équipe gouvernementale solide et cohérente dans les plus brefs délais. Édouard Baladur [musique] s'attelle aussitôt à cette tâche dans laquelle Jacques Chirac entend prendre sa part et placer ses hommes.
Soyez patient, soyez patients. C'est une vertu. [musique] Jaqu Chirac pensait que Édouard Baladur allait lui demander plus que des conseils.
Jacques Chirak était même persuadé que le gouvernement allait se composer à la mairie de Paris. Et d'ailleurs euh des listes avaient été faites euh où euh Jacques Chirac avait distribué les rôle euh parmi euh ses ses compagnons, ses amis. Évidemment, Édouard Baladur n'a rien demandé à Jacques Girac.
Il a composé son gouvernement qu'il est allé présenter à François Mitteran. J'ai tenu à ce que les choses fussent parfaitement claires dès le départ puisque monsieur Mitteran m'a désigné un lundi soir et le mardi soir mon gouvernement était fait constitué et je l'ai fait et je l'ai constitué sans demander l' vie de personne parce que j'estimaux que c'était ma responsabilité et dans ce gouvernement on doit dire que la part qui était faite aux proches de Jacques Chirac était vraiment très faible en dehors de Alain Jupé Jacques Touban et Roger Romani, il y avait pas grand monde. Édouard Baladur n'a pas cherché à honorer les fidèles de Jacques Chirac.
Il fait la parbelle aux libéraux et aux centristes. Simon Veille à la santé, Pierre Méigeri à la justice, François Leotard [musique] à la défense. Charles Pasquais, homme clé du RPR est promu ministre d'État, ministre de l'intérieur.
Et le jeune Nicolas Sarkozy obtient son premier poste ministériel au budget. Il est aussi porte-parole du gouvernement. À l'hôtel de ville de Paris, Jacques Chirac ronge son frein tandis qu'à l'Élysée, François Mitteran reçoit pour la première fois le gouvernement d'Edouard Baladur quand il a eu le premier conseil des ministres avec toutes les gens de droite, vous savez cette photo, on le voit où il est calé dans son fauteuil comme ça puis il a le l'œil noir, il regarde autour.
J'ai dit à quoi vous avez pensé ? Et bien je vais vous dire quand j'ai vu j'étais là tout seul, je les ai regardé, je me suis dit qu'est-ce que je fais là ? Ou bien plutôt qu'est-ce qu'ils font là ?
Dans une ambiance compassée et glaciale, 30 ministres de droite entourent le président socialiste. Le silence se fait pesant avant que les caméras ne soient invité à sortir de la salle. Certains jeunes nouveaux ministres trouvent [musique] quand même le temps de prendre la pause devant les photographes.
Ce gouvernement [musique] rajun se met au travail avec un potentiel de satisfaction exceptionnel. Pour beaucoup, Baladure a le profil du sauveur tant attendu qui pourrait incarner une certaine politique libérale. C'est une lune de miel pour l'opinion.
L'opinion a trouvé à droite quelqu'un qui soit à la fois assez modéré. assez visiblement compétent pour qu'il puisse se reconnaître en lui avec une certaine tranquillité. Et en même temps, il a une ligne directrice assez claire.
Il veut continuer à à construire une France raisonnablement insérée dans l'Europe. Il accepte la logique de la monnaie unie qui gère très habilement les choses et les Français comprenaient savaient que en réalité c'était quelque part lui qui avait raison. Je pense [raclement de gorge] que les Français ont été sensibles au fait que je disais les choses telles qu'elles étaient.
J'étais en face d'une situation difficile. Je vous rappelle quand même que nous avons connu une crise monétaire très grave. Je pense que le pays a eu le sentiment qu'on lui parlait le langage de la vérité et qu'on agissait conformément à ce qu'on avait dit.
Cette orientation européenne et libérale du gouvernement agace Philippe Segin, ténorale qui réagit frontalement. La préoccupation de l'emploi demeure seconde dans les choix qui sont effectués relégué qu'elle est après la défense de la monnaie, la réduction des déficits publics, le productivisme ou la promotion du libre échange. Philippe Seguin vient de lâcher une bombe dans les pieds du premier ministre 2 mois à peine après son arrivée à Matignon.
Édard Baladur bien sûr a demandé immédiatement à Jacques Chirac de désavouer Philippe Séin ce que Jacques Chirac n'a pas fait. Jacques Chirac fait des déclarations qui ne vont pas dans le sens de la solidarité avec le Premier ministre et avec le gouvernement. Et donc Édouard Baladur à ce moment-là considère cela comme une trahison, comme une trahison de l'intérêt général et comme une trahison en plus tout court.
Donc c'est à partir de ce moment-là que les relations commencent à se dégrader. Il s'est installé entre nous, je pense, une sorte d'incompréhension réciproque parce que je ne pouvais pas manquer de constater que souvent ce que je faisais était critiqué par les responsables du parti qu'il dirigeait. Euh et d'autre part, lui je pense euh ressentait avec difficulté le fait qu'étant premier ministre, j'entendais prendre mes décisions librement. [musique] Cette position se traduit rapidement et concrètement.
Le Premier ministre ne prend plus Jacques Chirac au téléphone. Il y a une liaison ministérielle entre le premier ministre Édouard Baladur et Jacques Chirac. Et bien Édouard Baladur, il mettra fin très très rapidement et il n'aura même plus la moindre le moindre égard.
Il ne Édouard Baladur ne le considérera pas, ne l'informera de rien. Bah nos contacts, nous en avions mais relativement rares si vous voulez. Il y avait euh un déjeuner de la majorité tous les tous les mardis, je crois.
Et puis euh nous avions de temps à haute des conversations, mais soyons clair, elles étaient de moins en moins chaleureuses. Voilà. Et c'est à partir de ce moment-là qu'il a compris que Édouard Baladur avait décidé de voler de ses propres ailes et qu'il serait certainement candidat à l'élection présidentielle.
Mais l'ayant compris, il nous a donné des instructions en disant surtout ne jetez pas d'huile sur le feu. L'élection présidentielle c'est autre chose. On verra le moment venu.
Très vite tout le monde va se rendre compte que Édouard Baladur et bien décidait d'aller à la présidence. On se souvient par exemple de Nicolas Sarkozy quand il dit "On ne choisit pas entre papa et maman" un journaliste qui lui demande qu'il préfère pour l'élection présidentielle comme candidat de Jacques Chirac ou d'Edouard Baladure. Le simple fait de ne pas dire tout de suite "Mais bien sûr, c'est Jacques Chirac, c'est déjà un signal faible qui montre qui montre bien les choses." En septembre 1993, lors des journées parlementaires du RPR à la Rochelle, la tension entre chirakien et baladurien est palpable. [musique] Mais l'étatmajor du RPR n'a alors qu'une obsession, sauver les apparences.
Jacques Chirac s'y emploie avec le talent qu'on lui connaît. [musique] Ce qui s'inquiètent à l'idée que la discorde pourrait s'introduire entre Édouard Baladur et moi peuvent être tout à fait rassurés. Nos rapports ne s'inscriront jamais dans un contexte de concurrence.
Le bal des hypocrites tourne à la farce lorsque les deux hommes marchent de concert devant les caméras de télévision. On veut organiser un cheminement pour bien montrer que les deux compères s'entendent toujours bien et que ce qui s'est raconté c'est exagéré, c'est excessif et chacun sera le moment venu dans son rôle. C'était une situation qui était un peu fausse si vous voulez, un peu difficile à gérer.
Bon, enfin, on en a à mon avis plus parler qu'il n'était nécessaire. Euh alors bien entendu, toutes les chaînes de télévision et tous les journaux ont pris les images et les photos de ce tête à tête entre Jacques Chirac et Édouard Baladur. Je dois dire que si on lisait les commentaires, on ne se faisait aucune illusion.
Ce n'était qu'une apparence. Il y a quelque chose qui va pas. On sent que Baladur est sur une trajectoire, que Chirak ne la contrôle plus.
Mais Chirak est-il même persuadé à ce moment-là que l'autre va y aller ? Pas sûry. Je n'avais pas l'intention de me présenter à l'élection présidentielle.
Voilà. Quand vous êtes arrivé à Matignon, vous n'aviez pas l'intention. Absolument.
Et ce qui m'en a convaincu, c'est je vais vous dire ce que c'est. C'est la constatation qu'il y avait un désaccord finalement sur la politique qu'il fallait mener pour notre pays. Fallait-il une réforme libérale pour le rendre plus fort ?
Ce qui était ma conception ? Fallait-il au contraire continuer dans une politique disons étatiste et redistributrice qui négligeait les déficits et les réformes nécessaires pour les empêcher. Ce qui était une autre politique.
Certes, c'est une guerre des droites qui se dessine. [musique] C'est aussi un conflit entre deux hommes qui chacun de leur côté se sentent trahis. Jacques Chirac bien sûr, Eddouard Baladur aussi.
Il a compris que la machine RPR risque de jouer contre lui mais le temps presse car la maladie de François Mitteran progresse au point de faire croire à certains qu'il n'achèvera pas [musique] son mandat. Bonjour monsieur premier ministre. Bonjour monsieur président.
Il a été souvent dans un état de santé qui lui rendait difficile euh une activité très forte par moment. Euh je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit et je n'ai jamais voulu comment vous dire l'exploiter à mon profit, ce qui était parfaitement indécent. Il y a forcément à droite des gens qui se disent "Bon François Mitéran, il résiste, il tient le coup, il est courageux mais il peut disparaître d'un jour à l'autre quand même.
Donc il faut qu'on soit prêt peut-être sans attendre 95. Donc ceux qui sont baladuriens et qui le deviennent de plus en plus au fur et à mesure que baladure devient une option politique en tant que tel qu'on s'organise vite en tant que baladurien. Ceux qui sont chirakiens et qui sont furieux, stupéfaits, en tout cas hostile cette montée en puissance de Baladure.
C'est il faut pas les laisser faire, faut être pris aussi. Mais c'est Édouard Baladur qui se [musique] trouve dans la situation la plus favorable. Un président au seuil de sa vie dans le palais de l'Élysée.
Un chirac sur la touche qui n'est plus écoutée. Une voix royale ou presque s'ouvre devant lui. Il a commencé par séduire les journalistes puis les intellectuels, puis les élus et enfin tout ce qui comptait dans les appareils politiques en leur promettant des postes, en leur offrant puisque maintenant il avait Matignon, il s'est attaché un certain nombre de fidélités.
Nicolas Sarkozi très vite avec avec Bazir, le directeur de cabinet de d'Edouard Baladur ont été en quelque sorte les moteurs de l'équipe de mise en place de la candidature d'Edouard Baladur. Alors c'était des déjeunés en ville qui se faisaient dans les grands restaurants. On parlait très haut, très fort pour que les tables voisines on puisse entendre les propos qui étaient tenus.
Et ces propos c'était Chirak est nul, il est foutu, il est complètement ramolli. Édouard, il est porté par le peuple, il a une popularité qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, ce qui n'était pas faux dans les apparences. Édouard Baladur essayait de nous séduire et il essayait de nous séduire en faisant du Chirak mais pas Chirak qui veut [grognement] et je me souviens d'un déjeuner de parlementaire à Matignon qui ne manquait pas de selle, c'est le cas de dire.
Nous voyons arriver à table un somptueux cassoulet servi dans des cassolettes de deux terres et on se disait vraiment c'est c'est sympathique, on est bien reçu. On avait l'impression de se retrouver à la mairie de Paris avec Jacques Schirak. Pâte à trace, on voit arriver une assiette sur lequel il était servi une petite noix de filet de bœuf sans sauce avec quelques haricots verts croquants et le premier ministre se fait servir ce plat et on s'est tous regardé.
On se dit vraiment il nous prend pour des bouss. Malgré ces maladresses évidentes, [musique] la méthode baladure porte ses fruits. Je suis pouradur et même des chirakiens convaincus changent de camp.
Il stimule chez Baladur, s'il en est encore besoin, l'envie de se lancer dans la course. Il voyait des gens autour de lui, notamment parmi ses ministres qui étaient réputés, proche de Chirak et qui lui disait pratiquement tous les jours, "Monsieur le premier ministre, c'est à vous d'y aller. Jacques Chirac n'y arrivera pas.
Il va se prendre les pieds dans le tapis, il va faire une campagne incontrôlable avec vous. La France ser rassure nous aussi. Baladur a donné l'impression à Simone Veille, la SarkoZie aux autres qu'il était évidemment l'homme qui serait président que c'était absolument inévitable.
Et alors s'agissant de Simone Veille, c'était très précis. Nous, moi j'étais dans la même situation qu'elle. Nous avions des convictions, nous avions le sentiment que Baladur voyait juste pour le pays, qu'il il savait la difficulté des réformes.
Il savait que les réformes seraient impopulaires. Donc il était modeste. En réalité, ce qui est extravagant, c'est que la qualité de Baladure, c'était la modestie, l'humilité.
Alors qu'il était jugé comme arrogant et vaniteux par les Français, ses qualités réelles étaient à l'opposé. Et Chirac avec son air de tranche montagne et était en réalité quelqu'un qui qui qui racontait des histoires. Jacques Chirac, le vétéran [musique] qui porte ses deux échecs à la présidentielle comme une croix, semble au bout du rouleau.
Derrière lui, les rangs s'éclaircissent. C'était terrible de se rendre à l'hôtel de ville dans ces années-là pour aller visiter Chirak parce que autant autrefois avant il y avait à l'hôtel de ville foule de courtisans qui se pressaient pour aller voir le le futur président de la République autant on trouvait ces grands salons déserts Jacques Chira qui était tout seul il était abandonné de tous sauf comme il disait de de son chauffeur de sa fille de Jacques Toubon et de Bernard Ponce et de quelques autres rares hommes qui étaient encore fidèles. Nous avons eu des moments de vide.
Euh je dois vous dire que euh quand il me disait que euh il avait au sein du gouvernement des doigards Baladur de solides soutien, je lui disais "Tu peux me les énumérer ?" Je me souviens des des journées parlementaires de Colmar en 94 à la rentrée des vacances. C'était absolument épouvantable.
Euh j'ai assisté à une scène où c'était quasiment le désert autour de Jacques Chirac. Désert des élus qui étaient là, sénateurs et députés, déserts des journalistes qui n'attendaient qu'une chose, l'arrivée en vainqueur du premier ministre d'Édouard Baladur. Durant ces de [musique] jours, l'hostilité est évidente entre les clans Chirac et Baladur.
Il n'est [musique] plus question de faux semblant. Les couteaux sont tirés et la haine se lie sur les visages. C'est baladure qui passent à l'offensive.
Ce qui fait une famille politique forte au-delà des convictions partagées, c'est aussi le succès. Il faut nous souvenir des leçons du passé. La dernière fois qu'un gauliste a été élu président de la République, c'était George Pompidou.
C'était en 1969, c'était il y a un quart de siècle. C'est pour moi un souvenir assez assez difficile. Il était près de minuit.
Jacques Chirac était assis tout seul sur un banc devant l'hôtel et je m'assis à côté de lui et tous les deux nous mettons à parler. Je lui dis "Tu devrais dire que tu ne vas pas pardonner à ceux qui t'auront trahi. Et il m'a dit à ce moment-là, je ne pardonnerai pas.
Les sondage en faveur de Baladure oscile alors entre 25 et 30 %. Jacques Chirac et sa garde rapprochée sont atterré [musique] en voyant la montée inexorable d'Edouard Baladur dans les sondages et le fait que sa candidature devenait en quelque sorte quelque chose d'imparable. Un article dans le monde était paru avec Sarkozy disant "Mais il pourrait même être élu au premier tour s'il était seul candidat.
Tous les chirakiens pressent Jacques Chirac de se prononcer de dire qu'il est candidat. Jacques Chirac a annoncé sa candidature parce que nous l'avons un peu pressé le 4 novembre 1994 dans la Voie du Nord. Au lendemain de sa son annonce de candidature, les sondages étaient très mauvais pour lui et ils étaient très bons pour Édouard Baladur.
La plupart des pronostiqueurs se disent "Bon, il est candidat, il va y avoir un match entre eux mais Chiak va perdre." Donc malgré cette faveur des commentateurs sur le fait même de se présenter la façon dont il le fait, les pronostics sont pas bons. Les proches d'Edouard Baladur exultent et l'un d'eux, Charles Pasquais, ministre de l'intérieur donne le coup de grâce une semaine plus tard.
Cela devait être le 10 novembre 1994. J'étais seul avec Jacques Chirac dans son bureau de l'hôtel de ville. Il m'a dit "Charles vient de me téléphoner pour m'annoncer qu'un sondage va être publié demain matin qui me donne 10 % et en raison de l'amitié qu'il me porte, il me conseille de me retirer.
Ça n'était pas très amical. Ça a fait mal à Jacques Chirac et je crois qu'il en a conservé la marque longtemps. Ce n'est pas tout.
Le 9 janvier 1995, Jacques Chirac subit un nouvel affront. Mais cette fois, c'est en direct à la télévision à une heure de grande écoute. Quoi qu'il arrive, je dirais jusqu'au bout dans cette campagne présidentielle.
Monsieur Chéracle, vous n'avez pas l'intention de renoncer. Vous irez bien jusqu'au bout. C'est la question.
C'est vrai que certains s'interrogent par sérieusement de temps en temps qu'il arrive. Soyons sérieux, je vous en prie. Monsieur, merci beaucoup. [musique] Dans la foulée, le journal Le Monde publie un article du patron de la Sofresse, un institut de sondage.
Le titre pour l'opinion, l'élection présidentielle est déjà jouée. La presse a été en effet très baladurienne. On avait le sentiment que les interviews de Baladur, la présentation quotidienne des faits et gestes de Baladure était entouré dans l'uminure, ce qui était pas le cas pour les autres candidats.
Il y a eu comme ça une espèce de d'homme en majesté sur son piédestal traversant, marchant quasi sur l'eau et qui ne pouvait qu'aller vers une grande victoire. Et évidemment, c'est une belle histoire à raconter. Dans l'exaltation de [musique] cette montée en puissance, Édouard Baladur annonce sa candidature depuis l'hôtel Matignon.
Nous sommes le 18 janvier 1995. J'ai décidé de présenter ma candidature à la présidence de la République. C'est la confiance de nos concitoyens maintenu depuis 20 mois.
C'est la nécessité du rassemblement le plus large possible des Français qui me détermine à solliciter leur suffrage. La candidature de de Baladure ne prend pas d'abord cette déclaration de candidature depuis l'hôtel Matignon. On sait que que c'est très difficile dans l'imagerie de l'opinion publique de passer de Matignon à l'Élysée.
Et précisément, il s'installe à Matignan et il s'installe en majesté dans les ordres de la République comme si tout naturellement c'était à lui de passer d'un palais à l'autre. Son discours n'est pas d'une clarté formidable. On ne voit pas très bien à quoi correspond cette annonce de candidature.
Bref, c'est une déception globale profonde. Le clan Chiraak se saisit de l'occasion pour prendre l'avantage. À bondi lors d'un meeting, Philippe Segin avec sa fougue habituelle ranime la flamme en brocardant le candidat baladure présenté comme élu d'avance. cette élection, quand vous mettrez-vous dans la tête qu'elle est finie avant même d'avoir commencer ? [applaudissements] Le vainqueur Le vainqueur a déjà été désigné, proclamé, fêté, encensé, adulé.
Il est élu, il y a pas [raclement de gorge] le choisir, il y a le célébrer. Donc ça n'est pas la peine. Ça n'est plus la peine de vous déranger.
Circuler, il y a rien à voir. Ces mots piquent au vif [musique] les Français et le programme social de Chirak inaudible jusque-l commence à prendre. [musique] Jacques Chirac se démarque du coup du côté, j'allais dire droite libérale que pouvait avoir Édouard Baladur.
Lui, il revient sur une sorte de au fond de gaulisme de gauche. La fracture sociale qu'il fallait réduire, qu'il fallait combattre, ça parlait à un beaucoup plus grand nombre que au fond la continuité dans la gestion du pays qu'incarnait Édouard Baladur. Cette histoire de la fracture sociale, ça a fait la différence, non ?
Je sais pas si c'était c'était une formule une formule je dirais à la fois heureuse et malheureuse. Heureuse puisque elle a plu et qu'elle a été efficace et puis malheureuse parce qu'on s'est aperçu ensuite que faute d'avoir une croissance suffisante parce qu'on ne remettait pas de l'ordre dans les affaires du pays, la fracture sociale demeurait elle demeure encore plus aujourd'hui. Mais pour l'heure, la campagne bat son plein et les promesses du candidat Chiraak portent leur fruits.
On entrevoit une lueur le 28 ou le 29 janvier sur un instrument d'étude qui nous appartient, qui n'est pas du tout euh une intention de vote d'un sondage quantitatif publié dans la presse et c'est la première fois depuis des mois et des mois qu'on a cette lueur d'espoir. La légitimité de Baladur supposait que Chirak n'ait aucune chance. Il il était à partir du moment où Shirac avait aucune chance.
Tout le monde disait "Bah oui, c'est c'est normal, on va pas on doit gagner, on va prendre celui qui gagne." À partir du moment où ils étaient en concurrence, c'est évident qu'il y avait un avantage de légitimité pour Chirak compte tenu des combats passés par rapport à Baladur et compte tenu de ce que à tort ou à raison, l'opinion considérait que Baladur devait tout à Chiraak. Le parcours électoral de Chirak prend un tour nouveau.
Un livre, la France pour tous, un emblème le pommier. transforme la figure du candidat [musique] et la télévision s'empare du personnage de façon inattendue. j'ai une patate en ce moment.
Moi, je l'ai bouffé tous. J'ai la gnac et Louis. Oui.
Oui. Donc, vendredi soir, vous avez présenté votre programme pendant de Versailles. Ouais. j'ai fait un carton moi.
Oui. He le carton que j'ai fait. Oui, mais c'est normal, il y avec des gens du RPR.
Ah bah justement, pas évident de faire un carton avec des gens du RPR quand on s'appelle Chirac en ce moment hein. Mais bon, ils étaient comme fous. Hystérique un carton.
Revenons à votre programme. Tout le monde dit que c'est un peu anachronique, un peu des mago pour dire le mot. Non, c'est pas des magos, c'est c'est il y en a pour tous les goûts quoi.
Un patchwork, un peu comme un buffet campagnard. Il y a tout en grande quantité pour tout le monde. Chacun prend ce qu'il aime autant qu'il veut.
C'est ça mon programme. Buffet Campagnard formule jusqu'à peu plus. Et vous pensez que ça peut suffire pour vous faire gagner ?
Non. Ah non, si je pouvais gagner avec mes programmes, il y a longtemps que ça se serait. Non.
Bon, par contre, ce qui peut se passer que l'autre il perd. H, c'est pas dur. Je ne ferai pas d'attaque personnelle.
Jusque- là, il était un peu trop hableur, un peu trop arrogant et cette fois-ci, il devenait Chirac sympathique, sympathique comme il ne l'avait jamais été jusque-l. [musique] La lutte se déplace sur le terrain de l'image et de la communication. Et dans ce domaine, Édouard Baladur n'est pas le meilleur.
Baladur, il souffre évidemment de cette image qu'il n'est pas quelqu'un qui vient du peuple et que ça se voit et même que ça s'entend beaucoup. Donc tout ce qui peut aggraver ce trait, les erreurs de communication. Baladure descendant dans le métro.
S'il y a un endroit où Baladur doit pas être à l'aise, c'est bien dans le métro parisien. euh le dessin de baladure sur une chaise à porteur de plantu. Voilà, tout ça illustre un aspect euh de la personnalité de baladure qui devient de plus en plus envahissant au fur et à mesure.
Pas seulement que les caricaturistes, les opposants le disent, mais au fur et à mesure que la campagne de baladure lui-même semble le montrer. Il y a une photo dans match où on le voit prendre son petit- déjeuner. photo qu'il avait conçu pour montrer à quel point il était comme les autres qui prenait un petit déjeuner le matin avant de partir au travail.
Sauf que toute sa vaisselle en argent, cette cet apparaat signait la la distance infinie entre lui et et les Français et les Chirakiens ne se privaient pas de l'exploiter. Édouard Baladur s'est trouvé en terre étrangère dans cette campagne présidentielle. Jacques Chirac, lui il s'était frotté à toutes sortes de campagnes législatives dans un secteur très difficile.
Il y avait 20 ans qu'il était là sur le pont à les soutenir les uns et les autres, à taper dans le dos de l'élu conseiller général du coin, à connaître tout le monde, à boire des cours. Jacques Chirc, le grand arpenteur de la France, fait feu de tout bois et en matière d'électoralisme, il atteint des sommets. Mange des pommes monsieur.
Ah oui, c'est bon les pommes pour la santé. Jacques Chirac avait dit au début de cette campagne, je vous surprendrai par ma démagogie. Il a été fidèle [rires] à son à son personnage extraordinaire, réquisitionner des logements à Paris pour loger des SDF, la dénonciation des technocrates alors que Jacques Chirak n'était entouré que de technocrates.
Alors ça nous laissait un peu étonner mais en même temps on était tout à fait tout à fait entraîné. Dans cette surenchère, Édouard Baladur est dépassé. Lui qui n'a jamais battu le pavé se retrouve soudain acculé, contraint de faire ce dont il est incapable sans même en comprendre les codes.
Edard Maladur cherchera à faire peuple. Il aura beaucoup de mal he pour être franc. Pourtant, il avait bien observé ce que faisait Jacques Chirac.
Il s'ecrimait à aller au contact, à jouer du corps à cœur, à serrer des mains, mais même quand il enlevait ses gamblans, c'est comme s'il les avait encore. C'était pathétique de le voir s'adresser à des foules, de le voir faire les marchés parce que [grognement] il était pas à sa place jamais. Résultat, à deux mois du premier tour, des signes d'un fléchissement apparaissent dans les sondages et Édouard Baladur n'en prend pas la mesure.
J'ai été le premier à publier un sondage tout à fait la fin de février, je pense, où Baladur se laisse dépasser par Jacques Chirac. Il est à ce moment-là à Chamon. Il se promène dans les rues, il y a une petite foule de journalistes et quelqu'un lui dit "Il paraît qu'il y a un premier sondage qui met Chirac devant vous.
Comment est-ce que vous réagissez ?" Et Baladure répond original. C'est tout le problème des premiers ministres qui sont candidats.
Ils ont dans la tête leur bilan, ils sont habitués au fond à un discours assez technique. L'exercice de la présidentielle est totalement différent. C'est au fond une page blanche, un homme une page blanche et il rencontre euh ses compatriotes ou il ne les rencontre pas.
Je pense que l'erreur que j'ai commise, ça a été dans le courant du mois de février, de ne pas avoir donné assez de corps à mon projet d'avenir et de ne pas avoir été assez convaincant tellement les choses me semblaient évidentes. Bref, je n'ai pas accordé à ce qu'il est convenu d'appeler la communication et l'organisation des choses, le temps et l'attention nécessaire. La présidence de la République, c'est une incarnation.
Édouard Baladur n'a jamais réussi euh cette incarnation-là en campagne. [grognement] Il n'incarnait pas quelqu'un qui serait la France et qui seraient les Français. Baladure accumule [musique] les handicaps.
Manque d'empathie avec les électeurs, de tempérament sur le terrain, mauvaise communication. Mais ce n'est pas tout, car pour se lancer dans un marathon électoral, il faut des moyens financiers à la hauteur de l'enjeu. C'est un message qui est tellement simple qu'il faut que les gens le retiennent.
Pour être élu, il faut dépenser de l'argent. Comme on n pas l'argent, il faut le récupérer où on peut. et où on peut c'est l'approche du contribuable via les factures, les fausses factures, les pourcentages prélevés sur les marchés publics.
Je rappelle pour reprendre quand même les HLM de Paris que toutes les sociétés qui ont eu des marchés, enfin toutes 90 % des sociétés qui ont des marchés avec l'Office HLM de Paris étaient [grognement] dirigé par des des chefs d'entreprise qui étaient membres du RPR. En conséquence, [musique] le RPR aux mains de Chirak prélève depuis bien longtemps sa part sur les marchés publics attribués par [musique] les municipalités et collectivité locales qu'il détient. Jacques Chirac a les finances du RPR et les finances de la mairie de Paris.
Donc c'est un élément tout à fait important pour l'aider dans cette campagne. Et Édouard Baladur n'a pas ça. L'argent c'est le nerf de la guerre.
Vous vous n'aviez pas un parti derrière vous pour financer votre campagne électorale ? C'était plus difficile pour vous. Oui, mais on avait fait un il y avait eu un budget qui avait été effectué et finalement nous avons réuni les fond qui était nécessaire et dans la plus parfaite légalité si c'est ce que vous voulez dire dans la plus oui dans la plus parfaite légalité.
Je n'en dirai pas davantage sur ce point parce que je crois que rarement un scrupule aussi grand a été apporté à la gestion de tout ça. Voilà. et j'ai tout à fait confiance dans mes collaborateurs en la matière parce qu'il y a des polémiques qui continuent d'exer Oui, il y a des polémiques mais les polémiques euh ce sont des polémiques justement et c'est pas forcément la vérité.
Voilà, je n'en dirai pas plus sur ce sujet. La messe est dite, circuler, il y a rien à ajouter. Mais la question reste entière.
Comment Édouard Baladur a-t-il financé sa campagne ? qui a payé les tracts, les affiches, les t-shirts des militants et leur déplacement de meeting en meeting. Chirac avait des sources importantes.
Bon, il avait les caisses du RPR qui étaient tout de même bien pleine et croyez-moi, il a pas donné un centime à Baladure évidemment pour financer la sienne. Édouard Baladur n'avait pas d'autres ressources que de que de rechercher des des accommodements et des des financements parallèles et qui dit parallèle dit souvent des financements un peu souterrains. La solution vient de François Leéotard, ministre de la défense et soutien de la première heure de baladure. [musique] Il trouve une source de financement juteuse, discrète et accessible dans deux contrats d'armement qu'il a signé.
Il porte sur la vente de trois sous-marins au Pakistan et de trois frégates à l'Arabie Saoudite et il donne lieu à d'importantes commissions. À l'époque, il était parfaitement autorisé de pouvoir corrompre des agents étrangers dans le cadre de contrat, notamment des contrats d'armement. En revanche, ce qui était parfaitement interdit, c'était de faire revenir une partie de ces sommes en France [grognement] pour pouvoir permettre à ce que des sommes d'argent en liquide soient ensuite versé sur notamment des comptes de campagne et apparemment le compte de campagne d'Edouard Baladur aurait été abondé d'un certain nombre de fonds.
Édouard Baladur a expliqué que ilavait financé sa campagne par le produit des différents meetings et notamment par la vente des t-shirts. Bon, tout cela était parfaitement scandaleux. Ubuesque, c'est le mot car le [musique] produit de la vente de ces t-shirts, le voici.
Il tient dans trois bords d'urau de remise d'argent liquide. Au total 10500 francs en billet de 500 francs. Une somme [musique] déposée au Crédit du Nord par l'AFISB. l'association pour le financement de la campagne électorale d'Edouard Baladure.
Il s'agit probablement d'une partie des rétrocommissions récoltées par l'équipe Baladur. Leur réalité est confirmée par Charles Mon, bientôt ministre [musique] de la défense de Jacques Chirac. Oui, je peux dire que j'ai interrompu sur la demande du président de la République tous ces versements simplement il y avait eu des versements préalables qui ont permis sans doute à ceux qui touchaient la rrecommission bien d'en toucher les bénéfices et de financer les campagnes électorales éventuellement.
Ça c'est la justice. Je crois que la justice est saisie, c'est à elle de vous donner la réponse. Plus de 20 ans après les faits, l'instruction est toujours en cours.
Il n'empêche qu'on peut légitimement se poser des questions quand on sait que dans l'équipe baladure, on ne se [musique] privait de rien car l'argent coulait à flot. J'étais épaté de la profusion d'argent qui régnait dans la campagne d'Edouard Baladur. Rien n'était un problème.
Tout était simple. la location des salles, les les calot, les déplacements, les autocars, tout allait, tout coulait comme ça. On voyait des [grognement] gens sortir sinon avec des valises, mais en tout cas avec des sourires comme ça, des sourires de ceux qui n'ont pas de souci d'argent dans la campagne ni dans la vie quoi.
C'était une campagne qui baignait dans le fric vraiment. Mais cela suffira-t-il ? car à ce moment entre en jeu un personnage pour le moins inattendu, François Mitteran, [musique] qui va jouer au chat et à la souris avec les deux candidats.
François Mitteran n'aimait ni Édouard Baladur, ni Jacques Chirac. Il n'aimait ni l'un ni l'autre. Certains jours en conseil des ministres, il faisait pâte de velour à Édouard Baladur et il le poussait à aller dans tel ou tel sens.
Quelques jours plus tard, rencontrons Jacques Chirac. Il a laissé croire queil faisait des confidences à Jacques Chirac et qu'il l'incitait à être candidat. Je me souviens de conversation avec lui, avec François Mitteran quand on lui disait "Mais enfin, est-ce que vous pensez que Jacques Chirac pourrait vous succéder ?" Je disais mais bien sûr Jacques Chirac peut me succèer.
Mais bien sûr mais tout à fait mais alors qu'est-ce qu'on va rigoler ? Il ajoutait ça aussitôt mais qu'est-ce qu'on va rigoler ? Voilà donc François Viteran n'était pas dupe des j'allais dire des limites de de de Jacques Chirac et il était plutôt en bon terme avec Eddouard Baladure.
Et puis l'état de santé de Mitteran s'est dégradé. Baladur est devenu un homme indispensable mais malgré tout il devenait vraiment l'homme qui allait succéder à François Mitteran. Or vous savez c'est quelque chose que les présidents malades n'aiment pas.
François Mitteran ne supporte pas qu'on lui désigne d'avance son successeur. Il se rapproche alors ostensiblement de Jacques Chirac en qui il reconnaît un animal politique de sa trempe. Il se sentait une complicité malgré tout François Biterran avec Jacques Chirac.
La complicité des vieux chefs de guerre, la complicité des hommes qui ont parcouru la France, qui l'ont apprise avec les pieds. C'est des hommes qui se sont beaucoup combattus, Jacques Cherc et François Biteran mais qui à la fin s'étaient estimé. C'était même apprécié au-delà de de ce qui de ce qui est convenu entre deux anciens combattants.
Alors, on a beaucoup dit qu'effectivement il avait apporté son soutien à Chirak. Moi, je ne l'ai pas constaté [grognement] clairement, vous savez. Grosso modo, je crois qu'il n'a pas eu à se plaindre de mon comportement envers lui.
François Mit a sement joué Jacques Chirac a envoyé plusieurs de ces hommes comme émissaires pour lui dire qu'il pouvait compter sur lui et je crois que son l'appui des des mitérandistes a été très précieux pour la victoire de Jacques Chirac et pour la défaite d'Edouard Baladur car une sombre histoire éclate alors qui va peser largement dans [musique] la balance. Écoutez, il y a eu des journalistes qui effectivement on fait des articles favorables, d'autres l'ont fait des articles défavorables, mais grosso modo, ça s'est bien passé jusque à une malheureuse affaire Chouer maréchal. De quoi s'agit-il ?
D'un règlement de compte entre chirakien et baladurien à propos de l'enquête du juge Alfè sur les marchés truqués du RPR en Île-de-France. Le beau-père du juge, le docteur Maréchal, propose moyen en finance d'intervenir auprès de son gendre pour qu'il stoppe ses investigation. Charles Pasqua, persuadé que c'est un piège [musique] des chirakiens, fait mettre le docteur Maréchal sur écoute.
Le fait d'hiver devient une affaire d'État lorsqu'Edouard Baladur, mis en cause [musique] est contraint de s'expliquer à la télévision. Moi, j'ai ma conscience pour moi dans cette affaire et je n'accepterai pas d'être mise en cause, je le répète, dans n'importe quelle condition. Alors, si quelqu'un peut prouver que mon gouvernement n'a pas respecté scrupuleusement les règles de la déontologie et de la morale et du respect des droits des personnes, en la matière qu'il vienne ici, invitez-le.
Il a euh formel lorsqu'il a fait une intervention à la télé au journal de 20h, il a affirmé Mordicus que mon beau-père n'avait jamais été mis sous écoute. Or, 2 jours après, un journal, un hebdomadaire sortendu de ces écoutesl et on s'est aperçu que l'ordre était venu de Matignon. Quand c'est tombé, il a été pris en flagrant des lignes de mensonge.
Baladur de l'écoute téléphonique qui m'a été imputé à tort puisque j'ignorais complètement qu'elle avait été faite. Elle d'ailleurs, elle n'avait aucun espèce d'intérêt d'aucune sorte et qui a été exploitée pour montrer que je me livrais à des pratiques qui étaient tout à fait condamnables. Ce qui était faux.
Les sondages ont sucé de plus de 10 % d'intention de vote dans les 15 jours qui ont suivi. La panique gagne [musique] le clan baladure et les shirakiens veulent donner le coup de grâce. La confrontation prend un tour naus et à bon.
Les équipes se rendent coup pour coup sans retenu. Les rumeurs, les tractes, les libelles anonymes, souvent diffamatoires, affluent dans les rédactions. Commence à circuler des bruits absolument odieux.
Enfin toute une série de choses qui n'ont rien de politique et qui se qui n'ont pour but que de détruire l'adversaire. Voilà. Entre autres gracioseté, Jacques Chirac serait cocaïnomane et Édouard Baladur, pas vraiment français, carné à Smirne en Turquie.
C'est quand même toujours le problème des politiques, ce ne sont pas les idées, c'est les hommes qu'on veut abattre. Je ne détruis pas le programme de mon adversaire, je veux sa peau. Cette lutte sans merci dure jusqu'au jour du vote car Édouard Baladur qui multiplie les sorties sur le terrain reprend quelques points dans les sondages.
Cela ne suffira pas. 20h. Au soir du premier tour, le 23 avril, le socialiste Lionel Jospin arrive en tête, suivi de Jacques Chirac et Édouard Baladur se retrouve en 3e position.
L'écart entre les deux candidats de droite s'est joué à moins de 700000 voix. La pilule est amè. Tout démontre que les Français l'ont décidé.
C'est monsieur Jospin et monsieur Chirak qui seront au présent au Je vous demande de vous arrêter. Je vous demande de vous arrêter. Les jeux sont faits.
La victoire de Jacques Chirac au second tour ne fait plus de doute. Au soir du 7 mai, il l'emporte largement sur Lionel Jospin. Et le pourcentage de la victoire pour le [musique] nouveau président de la République. 5e président de la 5e République, Jacques Chirac. 52 % des suffrages exprimés aujourd'hui.
Quelques jours plus tard, François Mitéran laisse le palais de l'Élysée à son successeur. Monsieur le président de la République, le Conseil constitutionnel a constaté que vous avez recueilli le Roland Duma, tout nouveau président du Conseil constitutionnel, valide l'élection et proclame Jacques Chirac, président de la République. vous a en conséquence proclamé présid et pourtant cette élection nous la prendrons bien plus tard étant taché d'irrégularités financières qui aurait pu en théorie la faire annuler en cet instant particulièrement sur la c'est vrai qu'il y avait quand même quelques petites anomalies aussi bien dans le compte de baladure que dans celui de Chirak mais Chirak est élu par le peuple français il va aller au n de la France dans les conférences internationales va aller à New York il va aller à Moscou, il va aller un peu partout.
Et là, vous imaginez ce que sont les conférences internationales avec tous les collaborateurs des uns et des autres. Tu as vu le français le mal élu, tu vois, il est contesté et cetera. Je me suis dit il faut quand même faut éviter ça.
Et donc on a validé les comptes. La position que j'avais prise a été approuvée par les deux membres du Conseil constitutionnel. Il y a plus rien à dire à partir de ça.
Unanimité donc pour que la vie politique reprenne son cours tranquille. Mais malgré la victoire à droite rien n'est plus comme avant. Là la fracture est extrêmement importante et elle va durer.
Chirak ne nommera pas beaucoup de baladurien voire aucun baladurien dans son gouvernement comme pour marquer que voilà c'était irréparable. Euh, il faudra des années pour que certains arrivent même à se reparler et ils s'en seront jamais remis, je crois, ni Jacques Chirac, ni Édouard Baladur. Et je pense que l'échec d'ailleurs de du premier euh Sepenat de de Jacques Chirac euh vient pour beaucoup de cette bataille-là parce que quand Jacques Chirac a été élu, il aurait dû rassembler, il aurait dû ouvrir les bras et il en a été complètement incapable. va falloir qu'en principe le le roi de France doit pardonner les offenses faites au prince.
Il n'y aura point de pardon ni d'indulgence. Mais pouvait-il en être autrement ? La conquête du pouvoir est un combat sans merci et pour les hommes politiques, tels les gladiateurs descendants dans l'arène, c'est la victoire ou la mort.
Le spectacle [musique] est assuré. Mais au bout du compte, qu'en est-il des idées qui font progresser la société ? Il y avait chez Édouard Baladur des une distance, une une froideur qui n'avait rien à voir avec les qualités nécessair pour être élu en fait.
Mais la question demeure. Est-ce que les qualités pour être élu dans les démocraties médiatisées et modernes sont les qualités nécessaires pour gouverner ou pour présider ? La question reste ouverte [musique] et ce serait à refaire.
J'accepterai à nouveau de diriger le gouvernement [grognement] et j'accepterai également à nouveau d'être candidat. Mais peut-être qu'avec l'expérience que j'ai faite euh je serai un meilleur candidat que je n'ai été. J'ai pas été un très bon candidat.
Mais de toute façon, le problème se pose plus et pour moi, je suis dans la sérénité de l'âge. [musique] [musique]