Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 11 novembre 2022 35 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéSolidarités & familleInstitutions & élections

Après le "choc" avec Darmanin, Nadiya Lazzouni porte plainte

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 71 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    On fait le point sur le face-à-face entre Nadia et Gérald Darmanin.

  • 0:24OuverteÉludée

    Nadia a posé une question sur la politique stigmatisante de Darmanin envers les musulmans.

  • 3:24RelanceRéponse partielle

    Darmanin menace de porter plainte pour diffamation.

  • 3:56OuverteÉludée

    Darmanin n'a pas répondu à la question de Nadia mais a menacé de procès.

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Nadia a subi une campagne de harcèlement raciste.

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Nadia porte plainte contre Nadine Morano et d'autres.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00InvitéFait
    « Tout ceci n'est que la conséquence de votre politique qui chasse des imams avec lesquels vous dîniez pourtant encore hier. »
  • 2:16InvitéFait
    « Vous dites, monsieur le ministre, qu'une religion est un problème. »
  • 3:29InvitéFait
    « Vous m'avez attaqué personnellement plusieurs fois. »
  • 3:31InvitéFait
    « Vous avez dit que j'avais dit qu'il s'avait un problème. »
  • 3:34InvitéPromesse
    « Si vous ne retirez pas ses propos, moi, je vous attaquerais en diffamation. »
  • 3:36InvitéFait
    « N'avez-vous pas dit à Marine Le Pen qu'elle était trop molle ? »
  • 9:17InvitéFait
    « Il a bien dîné avec l'imam Hassan Chalgoumi qu'il chasse aujourd'hui. »
  • 18:12InvitéPromesse
    « Je vais vous attaquer en diffamation si vous ne retirez pas ses propos. »
  • 20:06InvitéFait
    « Vous n'êtes pas assez durs, je trouve, là. »
  • 20:20InvitéFait
    « Vous dites que l'islam n'est même pas un problème. »
  • 32:42InvitéFait
    « on a un ministre de l'Intérieur qui fait aujourd'hui campagne autour d'une loi raciste sur l'immigration »
  • 32:43InvitéChiffre
    « on lui a accordé trois heures de temps de parole »
  • 34:50PrésentateurChiffre
    « nous avons besoin de recueillir 200 000 euros »
  • 35:06PrésentateurFait
    « la banqueroute c'est-à-dire »

Temps de parole

  • Invité43 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur25 %
  • Auditeur3 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On continue en faisant, comme je le disais au début de cette émission, le point sur le face-à-face qui a eu lieu. Il y a trois semaines, entre Nadia, notre collègue, et Gérald Darmanin sur C8, sur l'émission de Cyril Hanouna, on va parler également des conséquences de ce moment médiatique en termes de harcèlement. Alors, invité le 20 octobre dernier à poser une question au ministre de l'Intérieur sur la politique stigmatisante et discriminatoire qu'il mène à l'encontre des Français et Françaises de confession musulmane. On pense notamment à la fameuse voie séparatisme.

Notre consoeur et camarade Nadia, Lazonie, lui a posé une question plus globale qui refusait de se laisser enfermer dans cette thématique et qui, en fait, l'objectif de Nadia, c'était d'évoquer la violence infligée à l'ensemble de la communauté nationale. On écoute.

0:54
Invité

Journaliste aux médias, qui est la première web-télé indépendante, véritablement inclusive, puisqu'il est le seul média aujourd'hui à avoir recruté une journaliste qui porte un foulard à l'antenne dans un contexte où certains diabolisent, invisibilisent et où les Françaises qui ont choisi d'arborer un couvre-chef, quels qu'ils soient, sont discriminées dans un pays laïque qui garantit la liberté de religion, la liberté de conscience et celle de manifester publiquement ses convictions.

Alors, monsieur le ministre, vous qui, normalement, êtes censé garantir la sécurité des personnes, vous mettez au contraire en danger les Françaises et les Français de confession musulmanes en votant la loi séparatisme qui stigmatise violemment tout un pan de la communauté nationale en le jetant à la vindicte populaire. Je vais vous donner des exemples. « Agression physique à l'encontre des femmes qui portent le foulard, mosquées taguées, mosquées incendiées, tombes profanées ». Alors, tout ceci n'est que la conséquence de votre politique qui chasse des imams avec lesquels vous dîniez pourtant encore hier.

Tout ceci n'est que la conséquence de cette politique qui vous permet à vous de fermer de manière arbitraire des écoles musulmanes et des mosquées sans décision de justice. Et tout ceci en déclarant que l'islam est un problème. Vous dites, monsieur le ministre, qu'une religion est un problème. Alors moi, ce que je pense, c'est que c'est la conception violente de votre politique qui est un problème. Et nous ne sommes pas seuls dans ce malheur. Je pense notamment à nos compatriotes de Corse et dans les territoires d'outre-mer contre lesquels vous avez envoyé la police d'élite alors qu'ils manifestaient contre la vie chère et l'augmentation des salaires.

Je pense également à nos compatriotes juifs qui ont été choqués par vos propos sur la présence de rayons cachères dans les supermarchés. J'aurais pu aussi parler des violences faites aux femmes. Alors, monsieur le ministre, que souhaitez-vous que l'histoire de notre pays retienne de vous ? Un ministre de l'Intérieur qui divise, qui sème la peur, qui sème le chaos et qui, par là, détruit le pacte républicain ? Ou bien un ministre qui protège et rassemble, autour de notre devise, liberté, égalité, fraternité ? Merci, Nadia, pour votre question. Merci. Alors, madame, d'abord, jusqu'à présent, je pensais qu'il n'y avait pas d'attaque personnelle.

Et vous m'avez attaqué personnellement plusieurs fois. D'ailleurs, vous avez dit que j'avais dit qu'il s'avait un problème. Si vous ne retirez pas ses propos, moi, je vous attaquerais en diffamation. Vous n'avez pas dit que l'islam était un problème face à Marine Le Pen ? Vous ne l'avez pas trouvé trop molle face à l'islam ? Madame, vous retirez ses propos et il n'y a pas de problème. N'avez-vous pas dit à Marine Le Pen qu'elle était trop molle ? D'accord, donc c'est votre façon d'intimider. C'est systématique, monsieur Darmanin, et vous êtes même prévisible. Vous avez limogé l'un des patrons de la police judiciaire. Donc, moi, je vous demande juste de bien vouloir répondre à ma question.

3:56
Présentateur

Alors, Gérald Darmanin n'a pas répondu à la question de Nadia, mais il a en plus menacé d'un procès en diffamation pour des propos qu'il a effectivement tenus face à Marine Le Pen. Nadia a dû se défendre seule durant près de 12 minutes contre une offensive violente, mensongère, sexiste, islamophobe, du ministre de l'Intérieur. Ce n'est pas n'importe quel ministre, c'est le premier des flics. Alors, c'est cette rhétorique que notre consoeur Uyad Kedfi a pris le temps de décrypter dans un poste composé de plusieurs slides, un poste qui est devenu viral sur les réseaux sociaux et sur lequel nous reviendrons avec son notrice qui est là.

Et depuis plus de deux semaines, Nadia a fait l'objet d'une vaste campagne raciste dénigrement. Elle est menacée, elle est diffamée, elle est insultée, notamment par des personnes publiques et politiques. Nous-mêmes, nous sommes témoins de cela et nous n'y pouvons pas grand-chose. On peut légitimement se poser une question. Si les journalistes ne peuvent plus interpeller aujourd'hui nos gouvernants sur les politiques menées, sans crainte d'être inquiétés, alors est-ce que nous sommes encore en démocratie ?

Nadia, tu as décidé de porter plainte contre la députée européenne Nadine Morano, contre Hassan Chalgoumi, contre le maire de Châlons-sur-Saône et vice-président national des Républicains, Gilles Platré, je ne connaissais pas moi, et contre Albert Nollet d'un site qui s'appelle Riposte Laïque, mais en réalité qui usurpe un peu son titre, puisque c'est, on va dire, je ne sais pas d'où il vient, mais aujourd'hui c'est un site d'extrême droite.

5:25
Invité

Tout à fait. Alors Théophile, tu connais mon attachement à l'État de droit, et s'il y a des personnes qui sont tenues plus que d'autres à une exemplarité et un respect scrupuleux des règles de droit qui régit ces individus, sans distinction, eh bien ce sont des personnes publiques et politiques.

Alors effectivement, par la voix de mon avocate, maître Yasmina Assery, je vais déposer plainte, contre la députée européenne Adine Morano, Hassan Chalgoumi, qui s'auto-décrète imam, le maire de Chalons-sur-Saône, ah je risque peut-être une diffamation pour ça, oups, non, Hassan Chalgoumi tout court, le maire de Chalons-sur-Saône et vice-président national des Républicains, Gilles Platré, et Albert Nollet, alors pour différents délits.

6:06
Présentateur

Albert Nollet du Riposte Laïque.

6:07
Invité

Du Riposte Laïque, pour injure publique à caractère religieux, pour diffamation publique et même incitation publique à la haine, la violence et la diffamation. On prévoit également de déposer une plainte contre la plateforme Twitter, puisqu'elle est considérée comme un éditeur, et en sa qualité de directeur de la publication, si elle maintient le poste, et on fera exactement la même chose avec Riposte Laïque, où des commentateurs ont de nouveau publié mon adresse postale, et qui invitent des lecteurs à m'envoyer des courriers. Il faut se rappeler quand même qu'il y a un an et demi, je recevais déjà des courriers de menaces de mort et d'insultes à caractère public. À domicile, les courriers.

À mon domicile, et que depuis, j'ai dû quitter mon domicile, et que j'ai même pas d'adresse, en tout cas pour me protéger, puisque le ministère de l'Intérieur a refusé de le faire. Alors tous ensemble, ils ont contribué à nourrir justement tout cet harcèlement que je subis, et il faut croire que les soutiens du ministre de l'Intérieur ont un sérieux problème avec la liberté d'expression et le débat contradictoire. Je tiens quand même à souligner que la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre les discriminations, l'ancienne, pardon, secrétaire Manen Chiappa, a même approuvé le tweet de Hassan Chalgoumi qui m'insulte publiquement.

Donc on est d'accord qu'on peut rêver d'une meilleure gouvernance pour la France.

7:25
Présentateur

Alors on va pas revenir sur le contenu de ces injures, parce que ce serait finalement donner trop d'honneur à ceux qui les ont préférées, et ce serait d'une manière indirecte d'insulter une deuxième fois, mais on va pouvoir les décrypter sérieusement avec toi. Ouida, on revient sur cette émission.

7:42
Invité

– Oui, alors j'aimerais juste revenir sur une des insultes qui est celle de Nadine Morano, qui l'invite à repartir, à remigrer, donc à quitter la France, et ça m'a rappelé un peu… – Aller en Iran. – Aller en Iran, voilà. – Ça nous rappelle l'injure qu'a subie un député qui le retourne en Afrique. Enfin, un député ou des personnes sur un bateau. Quoi qu'il en soit, on est sur cette même injure, en fait, et cette même volonté de faire quitter, en fait, des personnes avec des idées qui sont différentes. Et je trouve que c'est extrêmement violent venant d'une ancienne ministre. Et je trouve que derrière la reprise médiatique, elle était inexistante.

C'est-à-dire qu'une ancienne ministre qui appelle une journaliste à quitter la France sous prétexte qu'elle porte un foulard, je trouve que c'est extrêmement grave et il n'y a pas eu de reprise, il n'y a pas eu de conséquences. – Effectivement, les médias français sont restés bien silencieux. Et il y a un média qui a justement relaté et rapporté cette injure et qui a également aussi un peu décrypté cet échange sur lequel on va revenir, c'est Al Jazeera, au Qatar, qui a fait son devoir d'information. Il y avait aussi une autre question aussi qui revient souvent, vous êtes l'occasion de répondre là.

Est-ce que Gérald Darmanin a déposé une plainte contre moi pour diffamation, comme il s'était engagé à le faire devant des millions de téléspectateurs ? Non, alors il n'a pas déposé plainte pour diffamation car oui, il a siément menti devant des millions de téléspectateurs. Il a bien dit que l'islam était un problème, il a bien dîné avec l'imam Hassan Chalgoumi qu'il chasse aujourd'hui. Et d'ailleurs, tu as apporté des preuves, oui, d'aides, on y reviendra après. – Oui, c'était pas Chalgoumi l'imam avec qui il a dîné, c'est Iqusen.

9:28
Présentateur

– Oui, Iqusen.

9:29
Invité

– Pardon, parce qu'il dîne tout le temps avec Hassan Chalgoumi. – Il ne le nie pas. – Il ne le nie pas, c'était plutôt avec Hassan Iqusen. – Iqusen.

9:37
Présentateur

– Alors on va revenir sur cette émission qui est le point de départ de cette vaste campagne de dénigrement. Uidal Ketfi, tu as révisionné, revisionné pardon, visionné à nouveau pour nous, parce qu'il ne faut pas révisionner, ce grand moment de télévision où Gérald Darmanna a bénéficié de trois heures de temps de parole pour parfois justifier le pire et au cours desquels les intervenants ont veillé à soigner son image d'un proche du peuple, à l'écoute de leurs préoccupations.

10:03
Invité

– Exactement, alors pour ceux qui n'auraient pas visionné, peut-être qu'on peut se remettre le générique pour se remettre un peu dans l'ambiance.

10:12
Présentateur

– On va regarder le générique.

10:13
Invité

– On va regarder le générique. – Magnéto Serge.

10:17
Auditeur

– Oui, Dad.

11:07
Invité

– Alors tu as dansé sur le plateau, tu veux nous refaire cette petite danse.

11:09
Présentateur

– C'était off.

11:12
Invité

– Tu ne veux pas faire face à Théo ?

11:13
Présentateur

– Non.

11:14
Invité

– Non ? Non, tu me disais qu'est-ce qu'on reproche à ce générique, qu'est-ce que t'en as pensé toi ? Tu ne trouves pas qu'il est hyper anxiogène, sombre, enfin moi c'est la première chose qui m'a frappée en fait. On arrive, on a une musique, tout, tout, tout, tout, tout. On ne sait pas si on va rentrer dans un ring de boxe ou si ça va être une messe à l'américaine. Et c'est lui qui arrive sur le plateau, on a un ministre qui est assis, lui il débarque et tu as ce truc de oh là là, qu'est-ce qu'il se passe ?

Et ensuite, bon on n'a pas mis l'extrait en entier parce que c'était très long, mais il démarre l'émission en disant voilà, en ce moment, on n'a jamais eu autant de violences en France, j'ai des gens qui m'appellent pour me dire que ça ne va pas, on a tous très peur, etc. Et on est vraiment dans un truc de ouh là là, ça fait très peur, la France a peur, qu'est-ce qu'il se passe ? Le ministre va nous sauver. Et c'est en fait, c'était, donc moi j'ai revisionné les trois heures, c'était mais extrêmement anxiogène du début à la fin. Apocalyptique même presque. Apocalyptique, c'est ça.

Ensuite, ce qui m'a énormément dérangée, alors juste pour rappeler, donc on démarre avec cette fake news-là, qui nous dit qu'on est dans une période où il y a énormément de crimes, de violences, alors que c'est faux, c'est-à-dire que depuis les années 80, on est dans une tendance plutôt à la baisse. Alors il y a des plaintes, parfois ça fluctue parce qu'il y a plus de plaintes, etc. Mais on a une perception parce que aussi médiatiquement, on a beaucoup de sujets sur les faits divers, etc. Mais c'est faux de commencer une émission en disant qu'on est dans une période où il y a de plus en plus de violences. On a deux fois moins de violences que dans les années 80.

Donc ça, ça aurait été intéressant de le rappeler, je pense, de recontextualiser. Et ensuite, on donne... En fait, on a passé pendant trois heures une émission avec laquelle on a un ministre de l'Intérieur qui est humanisé, c'est-à-dire qu'il a le temps de développer sa pensée, il a le temps de commencer... En fait, il commence en expliquant que lui, lui-même a subi un crime très violent, ce qui est vrai. Donc, on est forcément touché par son histoire personnelle. Il commence comme ça. Donc, dès le départ, on se dit, ah ouais, le pauvre, lui aussi, il est touché. Ah ben, finalement, c'est un humain comme les autres.

Et même moi, qui suis quand même très critique vis-à-vis de Gérald Darmanin, à la fin, je me suis dit, le pauvre. C'est vrai qu'il ne peut pas tout faire, ce pauvre ministre. Et c'était vraiment, en fait, l'objectif de cette émission, c'est pour ça que je l'ai trouvée, moi, très très dangereuse, en fait. Je ne sais pas si tu voulais... Ouais,

13:45
Présentateur

sur l'ambiance. Moi, j'aimerais qu'on revienne un peu sur les... disons, le post que tu as fait avec plusieurs slides où, en fait, tu décortiquais un certain nombre de faits

13:56
Invité

et de ruses. Complètement. Alors, en fait, sur le... Moi, j'ai décortiqué le passage avec Nadia, mais je voulais un petit peu revenir aussi sur l'aspect, en fait, communication de Gérald Darmanin et en quoi cette émission, finalement, on nous le présente comme quelqu'un de très courageux. Tu vois, quand il arrive, c'est-à-dire qu'il nous dit qu'il est super courageux, il a accepté de parler à un panel, etc., alors qu'il n'est pas du tout courageux. C'est-à-dire qu'on ne fait pas passer un ministre qui fait son travail, c'est-à-dire qu'il est venu faire son travail, répondre aux Français et répondre à des journalistes pour du courage, d'une part. Je trouve que c'est très...

Enfin, c'est une façon de manipuler l'opinion. Ensuite, on sait très bien comment ça se passe dans la télé, les boîtes de prod, etc. Un ministère ne vient jamais sans avoir un peu son mot à dire sur qui va l'interroger. Donc, on nous fait passer un peu le ministre comme très courageux en disant, voilà, il a accepté de venir ici à l'aveugle. On sait très bien que c'est faux.

14:57
Présentateur

Bien sûr que non.

14:59
Invité

On sait très bien que c'est faux. Et du coup, je voulais quand même revenir un peu sur ces éléments-là. Et en ce qui concerne le passage avec Nadia, alors là, c'est en soi un cas d'école, entre guillemets.

15:15
Présentateur

Je voulais dire quelque chose, Nadia.

15:16
Invité

Oui, voilà exactement. Pour aller dans le sens de ce que tu disais, Ouïdette, que l'émission, elle a été pensée, articulée pour servir la communication de M. Darmanin. Moi, je voudrais parler un petit peu des coulisses, c'est-à-dire du moment où je reçois l'appel de cette programmatrice et qui me dit, voilà, Gérald Darmanin va répondre aux Françaises et aux Français sur des questions bien spécifiques. Et c'est là qu'elle me dit, tu dois poser une question sur, en gros, le bilan islamophobe de Gérald Darmanin. Et je lui dis, mais moi, j'ai envie aussi de parler d'autre chose parce que les musulmans de ce pays ne sont pas les seuls à souffrir de sa politique.

Ah non, mais on n'a vraiment pas le temps. Ça doit durer grand max une heure. Il te répond et on passe à autre chose. Donc, la surprise, elle a été grande. Ça se voit peut-être ou pas sur mon visage. Mais moi, je me dis que le ministre va répondre et ensuite, on donnera la parole à d'autres intervenants. Et en fait, ça se termine en débat de 12 minutes pour lesquelles je ne suis pas forcément préparée. Alors, heureusement que je suis journaliste et qu'on fait quand même une veille politique assez régulière ici. Donc, j'ai encore des éléments de langage, on va dire, à ma portée. Mais finalement, on m'a jetée dans la gueule du loup.

et c'est une émission qui finalement est articulée pour une fois de plus célébrer en fait Gérald Darmanin parce qu'il est venu avec un comité de soutien. Il le dit d'ailleurs. il y a des gens de... Alors, c'est quoi la ville dont il est originaire ? De Tourcoing. De Tourcoing qui sont là. Hop, il y a Marlène Chiacoucou, Marlène Chiappa, tu es là-bas. Il y avait des députés, il y avait des sénateurs Renaissance qui étaient présents. Et puis, si je peux ajouter aussi, dans les coulisses, il faut imaginer une émission qui dure trois heures avec des personnes qui sont dans un plateau sombre qui sont censées poser des questions. Donc, toi, tu es passée au bout de deux heures. Oui.

Au bout de deux heures, faire un débat. En plus, je trouve que lui est assis, toi, tu es dans le public. Donc, on ne peut pas faire un face-à-face dans ces conditions-là. Il n'y a pas une égalité des armes pour le visuel. Il n'y a pas une égalité complètement. Cyril Hanouna ne fait pas son travail de distribution de la parole. D'arbitre. Il n'arbitre pas du tout. Il dit juste bon, laissez-le parler, etc. Donc, il pourrait donner du contexte, apaiser un peu la situation et faire en sorte que vous puissiez vous écouter tous les deux. Gérald Darmanin est directement dans l'invective. Il est directement dans l'attaque. Il ne veut pas répondre à la question.

En fait, la question l'embête et il n'a aucune envie de répondre et il veut montrer qu'il ne veut pas dialoguer finalement avec toi et qu'il ne veut pas se justifier auprès de toi. Parce qu'on l'a vu auprès des autres, il a été plutôt à l'écoute. Jusqu'ici, il était plutôt à l'écoute. Il apportait des réponses de manière assez apaisée. Et c'est là où vraiment il y a un clivage qui se crée. Et je pense qu'il le fait volontairement. Ensuite, il y a cette volonté de faire croire que toi, tu mens en disant « Je vais vous attaquer en diffamation si vous ne retirez pas ses propos. »

18:17
Présentateur

Spoiler, alerte, il n'a pas attaqué en diffamation.

18:19
Invité

Il n'a pas attaqué en diffamation. On voit d'ailleurs le slide. Oui, on le voit le slide. Il n'a pas attaqué en diffamation parce qu'il sait très bien qu'il l'a dit. En fait, lui, son objectif, c'est juste que des téléspectateurs voient et entendent diffamation. Donc que le téléspectateur se dise « Elle ment ». Il dit la vérité puisqu'en général, on va naturellement accorder le crédit à l'autorité. Et il mise en fait sur cette grande partie, cette majeure partie de personnes qui ne vont pas vérifier. Pourtant, en trois clics, on pouvait vérifier et voir qu'il mentait.

18:48
Présentateur

Est-ce qu'on peut vraiment se focaliser sur ton analyse de ces armes rhétoriques ? Oui. On commence par la menace et la tentative d'intimidation.

18:57
Invité

Complètement. Alors, il le fait avec toi, Nadia, à plusieurs reprises. Il te dit « Je vais vous attaquer ». Il te dit que toi, tu l'as attaqué personnellement plusieurs fois alors que tu ne l'as pas attaqué personnellement. Ça aussi, c'est intéressant. Tu lui dis directement à quel moment. Il ne répond pas. J'ai revisionné, il n'y a pas d'attaque personnelle. En revanche, lui, il l'attaque personnellement. C'est-à-dire qu'il la renvoie à son identité. Il la renvoie... Il lui demande de condamner... Enfin, ça, on le verra après, mais il lui demande de condamner des choses qui ne sont pas de son propos. Donc, plusieurs fois, il l'attaque. Ensuite, il ment.

Donc là, il ment deux fois ou trois fois. Donc, il ment quand il dit que tu... Il dit qu'il n'a jamais dit

19:49
Présentateur

que l'islam était un problème.

19:51
Invité

Voilà, exactement. Donc, je ne sais pas si vous voulez qu'on écoute cette séquence où finalement, il le dit...

19:55
Présentateur

Je ne sais pas si on l'a préparée.

19:56
Invité

Si on l'a, normalement.

19:57
Présentateur

Là, on va la regarder.

19:59
Invité

Le Pen, dans sa stratégie de dédiabolisation, on vient à être quasiment un peu dans la mollesse. Je vous trouve... Il faut vous reprendre des vitamines. Vous n'êtes pas assez durs, je trouve, là. Si je crois aux distinctions entre ce que dit M. Ravier, ce que dit Mme Le Pen maréchal, ce que dit M. Collard, il y a vraiment une différence forte. Effectivement, on a... Vous êtes prêtes, si je comprends bien, à ne même pas légiférer sur les cultes et vous dites que l'islam n'est même pas un problème. Vous êtes partis assez loin, ça va décevoir beaucoup de vos électeurs, j'imagine. On jouit sur ça en disant oui, mais il dit que...

Enfin, un peu comme le député qui dit oui, pluriel, singulier, etc. Là, en l'occurrence, il y a même un moment où il dit à Marine Le Pen vous ne nommez pas l'ennemi. Et l'ennemi, en l'occurrence, c'est l'islam. Donc toute cette séquence-là, à ce moment-là, sur France 2, c'était autour de l'islam. Marine Le Pen ne voulait pas parler d'islam. Elle parlait d'islamisme et lui voulait parler d'islam. Donc il dit très clairement que l'islam est un problème.

20:56
Présentateur

Alors, on est dans la 14e dimension là où on a l'impression de défendre Marine Le Pen face à...

21:01
Invité

Non, non, non, mais c'est-à-dire que c'est là, comme tu dis, la 14e dimension, mais on en était à ce point-là. C'est-à-dire que... Alors là, on avait un ministre de l'Intérieur qui était encore pire qu'une candidate d'extrême droite dans sa terminologie. Bon, en tout cas, en l'occurrence, là, sur cette émission, il dit qu'il n'a pas dit que l'islam était un problème alors que c'est faux, il l'a dit. Donc, premier mensonge. Deuxième mensonge, le fameux dîner. Donc ça, tu l'as dit. Donc, effectivement, spoiler, il n'attaquera pas en diffamation puisqu'il aurait perdu puisqu'il a dit tout ça. Oui, parce que Mediapart l'avait effectivement aussi rapporté. Et le joueur, le dimanche aussi.

Mediapart, le JDD, plusieurs médias l'avaient rapporté. Sachant que... Enfin, c'est pas un crime de dîner avec Hassan et Kusen. Il faut aussi le rappeler. C'est-à-dire que c'est... Si il n'avait quelqu'un

21:46
Présentateur

pu le virer et de vouloir le chasser en l'humiliant, on a l'impression qu'il y a une affaire personnelle qui est instrumentalisée dans le cadre de l'appareil d'État.

21:57
Invité

Exactement. Oui, c'est cette contradiction que je cherchais à pointer. Oui, exactement. Mais ça le dérangeait. Oui, ça le dérangeait

22:05
Présentateur

parce que jusqu'à présent, on ne sait pas quels sont les ressorts personnels de cette... Puisque le gars n'est plus là, mais il veut qu'il revienne pour pouvoir avoir le plaisir de l'expulser. C'est particulier.

22:13
Invité

C'est très spécial. Et puis le public d'Hanouna ne lit pas Mediapart. Donc, n'était pas forcément au fait de cette information. Et enfin, la diversion. Donc là, c'est complètement lunaire. Alors, on passe de... Je vais vous attaquer en diffamation à... J'aurais pu être embêtant et vous demander ce que vous pensez des femmes en Iran. Alors là...

22:33
Présentateur

Les fameuses femmes en Iran.

22:35
Invité

Voilà. Les fameuses femmes en Iran. Alors là, on est dans la rhétorique parfaite des politiques. C'est-à-dire, je ne sais pas quoi dire. Je renvoie la balle. Je change de sujet. Et je pense te mettre mal à l'aise. Et du coup, ce qui se passe, c'est que là, on est dans un truc... Là, je pense que c'était à Cyril Hanouna de dire, non mais attendez, M. Darmanin, honnêtement, ce n'est pas le sujet. Savoir ce qu'elle pense ou ce qu'elle ne pense pas des femmes en Iran, ce n'est pas le sujet. Est-ce que vous ne voulez pas plutôt répondre à la question qu'elle vous a posée ? Il ne le fait pas. Donc du coup, on a toute une séquence qui est compliquée. En plus,

23:09
Présentateur

c'est très déstabilisant d'avoir à finalement répondre à une question où vous êtes assignée, en fait. C'est-à-dire, c'est une assignation identitaire aussi. C'est-à-dire, en France, on parle de sujet français et puis l'Iran advient dans le sujet parce qu'elle est porteuse d'un foulard. Si c'était un homme blanc, on ne lui aurait jamais posé cette question. Il y a une déstabilisation forcément parce qu'on te renvoie à ce que tu es.

23:30
Invité

Complètement. Complètement. Si tu étais un homme blanc, déjà, je pense que l'échange aurait été...

23:35
Présentateur

Non, mais de toute façon, il n'y a pas la question du foulard qui se pose qui soit blanc,

23:38
Invité

blanc ou rouge. Mais je pense que ça joue sur... Honnêtement, je dis homme blanc parce que c'est important aussi de rappeler que c'est principalement des hommes blancs qui sont sur des plateaux et qui ont, eux, le droit, finalement, de poser ce type de questions sans être attaquée personnellement. Là, en l'occurrence, c'est une femme musulmane puisqu'elle porte un foulard. Visiblement musulmane. Visiblement musulmane. Et on lui pose cette question qui n'a absolument aucun rapport avec le sujet de ta question, en fait. C'est une question, tu le disais, raciste et sexiste à la fois. Et misogyne, complètement. Et puis ensuite, on a les attaques personnelles.

Donc là, clairement, c'est lui qui t'attaque personnellement. C'est-à-dire, vous n'êtes pas une enquêtrise, vous n'êtes pas magistrate, vous pouvez garder votre moral dans votre média qui n'est pas indépendant. Je répondrai tout de suite.

24:28
Présentateur

Bonheur, alerte, nous sommes indépendants et d'ailleurs, nous avons besoin de vous pour continuer à l'être.

24:32
Invité

Et on peut faire remarquer que C8 est quand même la propriété de Vincent Bolloré. Et donc, si bien il y a bien un média qui n'est pas indépendant, c'est C8. Complètement. Et puis, voilà, vous séparer les gens, etc. Et ça, je trouve ça extrêmement violent. Et encore une fois, il n'y a pas d'intervention de Cyril Hanoula pour dire, non mais attendez, là, on a une personne qui vous pose une question. Enfin, ne rentrons pas dans l'invectieux. Et ce n'est pas le cas. Ah oui, après, j'avais noté tous les propos. Donc, il y a une petite théorie du complot qui s'applique. Il te l'a dit à deux reprises. Et puis, j'avais mis aussi les arguments d'autorité, les faux arguments d'autorité.

Tout le monde le dit. Tout le monde l'a entendu. Tout le monde le pense. Et ça, on voit souvent les politiques utiliser le tout le monde.

25:19
Présentateur

Alors que non. Et quelque part, ça nous affecte aussi. Parce que quand on dit tout le monde, même si tu sais que c'est une arme rhétorique, ça peut te déstabiliser. Ça te déstabilise. Tu as l'impression d'être seul.

25:27
Invité

C'est ça, exactement. Surtout qu'on est là dans un plateau où c'était un peu, encore une fois, cette ambiance qui était anxiogène, etc. Donc là, quand il dit tout le monde vous a entendu, madame, tout le monde le sait, tout le monde le pense, ça nous choque tous, madame. Ça nous choque tous. Vous êtes l'ennemi public.

25:44
Présentateur

Bien sûr.

25:44
Invité

Bien évidemment, je suis une menace pour la France. C'est bien connu. Et il faut savoir, effectivement, il m'isole d'autant plus que tous les intervenants qui ont précédé mon intervention, ma question, caressent le ministre de l'Intérieur vraiment dans le sens du poids. C'est vraiment, pardon de le dire, c'est peut-être grossier, mais c'était du cirage de pompe pendant près de deux heures. Et je vous le dis ici, je me suis même posé la question de savoir si j'allais rester sur le plateau ou pas. Je me suis dit, ok, je vais partir parce que je sentais que ma question, même si je suis très factuelle, tout ce que je dis peut être vérifié et ça a été vérifié par WeDead.

Alors c'est dommage parce qu'il y avait des fact-checkers qui étaient là sur le plateau. Tu aurais pu faire ce travail-là. Mais même pour eux, ça a été compliqué. Ça ne se voit pas forcément à l'écran, mais ils interpellent comme ça en fait Cyr à la Nuna pour demander et ils refusent de leur donner la parole. Ah oui, oui, ils refusent de donner la parole. Donc il offre vraiment un boulevard, ce qui aurait pu être un monologue de Gérald Darmanin si effectivement je ne le reprenais pas systématiquement sur ses mensonges. Je ne pouvais pas le laisser continuer.

26:51
Présentateur

Si les fact-checkers avaient été intervenus, tu serais un peu moins en retrait et tu serais moins accusé d'avoir coupé la parole parce qu'en fait finalement tu as fait le boulot et d'intervieweuse et de contradictrice si on peut dire et de fact-checkeuse.

27:07
Invité

C'est ça. Et puis elle ne pouvait pas alors elle n'avait pas son téléphone donc elle ne pouvait pas fact-checker en même temps. Ah oui, parce qu'on nous a interdit de prendre nos téléphones. Parce qu'ils ont interdit aux gens de garder leur téléphone donc c'est un exercice vraiment compliqué. Donc tout ça dans le noir avec deux heures d'attente, deux heures où on a déroulé le tapis rouge quand même à Gérald Darmanin.

27:23
Présentateur

C'est très intéressant de nous donner à voir et à reprendre les coulisses de ce spectacle. En fait c'est un spectacle finalement à la gloire de l'Intérieur. Et en fait la question que je vais poser est un peu gênante parce qu'on avait discuté à la rédaction pour savoir si tu devais accepter ou pas cette émission. On s'est dit qu'on n'avait pas la refusée et quelque part la mise en scène, la scénographie finalement, on dirait que tu étais installé dans ce plateau comme la mauvaise personne qui allait faire apparaître Gérald Darmanin comme une bonne personne qui allait cliver et dresser contre toi les soutiens réels ou putatifs de Gérald Darmanin, c'est-à-dire une bonne partie des Français.

Donc l'épouvantail. Et donc la question se pose est-ce que finalement il aurait fallu accepter d'y aller ?

28:08
Invité

Je pense que ça partait d'une bonne intention au départ. C'est-à-dire qu'il se disait on n'a jamais eu le ministre de l'Intérieur face à des questions liées à l'islamophobie et aux violences policières. Honnêtement, malheureusement, on n'a pas vu ce genre de questions dans les médias classiques. Donc pour eux, ils se disent on va lui poser des questions un peu qui fâchent. Pour eux. Pour eux. Sauf qu'ils ne se rendent pas compte que finalement dans ce qu'ils vont renvoyer en fait d'une femme musulmane visible qui va encore parler d'islamophobie. C'est-à-dire que Nadia ici elle parle de tout. Elle parle de politique et elle fait des interviews.

Mais elle essaie justement de ne pas parler comme ça. Elle essaie. C'est parler des corses contre lesquelles... Complètement. C'est-à-dire que toi tu détournes ce qu'on attendait de toi. C'est-à-dire qu'on t'a appelé au départ pour parler d'islamophobie. Tu le détournes subtilement et lui en fait ne veut pas répondre finalement. On va le dire très crûment. Il ne veut pas répondre à une journaliste qui porte le voile.

29:07
Présentateur

Ce qui m'embête un peu c'est qu'on semble considérer que le dispositif n'était pas pensé pour arriver à ce résultat. Moi je pense que si. Je pense que quelque part tout le monde n'a pas les mêmes opinions politiques que nous. Et il y a une partie de la France qui considère que bon voilà il ne faut pas... Qui a des pensées islamophobes qui considère que voilà tu gènes et quelque part... On la plate en te mettant là quelque part... En fait ce que je veux te dire

29:33
Invité

c'est que... En fait pourquoi je dis ça c'est que aujourd'hui c'est quand même extrêmement rare d'entendre ces sujets-là à la télévision. Donc pour eux c'est un exploit. C'est ça que je veux dire. C'est-à-dire que je pense que... Alors est-ce que c'est sciemment ou est-ce qu'ils ne se rendent pas compte ? Ça je ne sais pas mais...

29:50
Présentateur

C'est sciemment par exemple que Cyril Hanouna fait taire les fact-checkers par exemple.

29:54
Invité

Il l'a fait souvent sur plusieurs séquences mais celle-là... Pourquoi il met des fact-checkers ? C'est très... En fait je pense qu'il y a il y a un double... Il y a une double lecture. C'est-à-dire qu'il y a aussi le truc de... On est en direct. C'est de la télé. Finalement le présentateur il fait un peu ce qu'il veut. Donc il y avait un conducteur de départ. On allait les faire fact-checker. On allait dire ça on allait dire ci. Et puis lui en fait finalement il est complètement freestyle et il fait ce qu'il veut. Il y a ce truc-là. Pour qu'on soit honnête en fait. Enfin moi c'est ce que je pense.

Après il y a je pense une équipe qui pense qu'elle est révolutionnaire en parlant d'islamophobie et de violence policière à la télévision parce que ça ne se fait pas.

30:35
Présentateur

Mais sociologiquement aussi il faut constater que l'endroit où se retrouve la France populaire qui est en réalité la France populaire entre guillemets vote peu Macron. Elle vote peu LR. Elle vote à gauche du PS et elle vote RN. Et l'endroit où se retrouve cette France populaire qui se déchire sur la thématique identitaire c'est vraiment le plateau de Sierry Lamina.

Donc il a besoin de garder son électorat issu de l'immigration si on veut dire et de garder aussi l'autre électorat et donc quelque part il y a une sorte d'ambiguïté qui est structurelle à sa part de marché dans l'opinion et au final il a besoin de plaire à son employeur qui est Vincent Bolloré et ça donne un dispositif truqué où on donne l'impression de donner la parole aux racistes et aux antiracistes.

31:22
Invité

Et c'est là le piège c'est-à-dire que sous couvert d'un équilibre qui n'en est pas un puisqu'au final on avait finalement une seule Nadia face à Gérald Darmanin et plusieurs personnes dont le discours était redondant. C'est-à-dire que c'était des petits... Ça aussi on n'en a pas parlé mais mettre un ministre de l'Intérieur face à des personnes qui vont évoquer des problématiques très personnelles. Je me suis fait voler mon sac. Ma mère a été agressée. Ma mère a été agressée. Mais qui ne peut pas être d'accord

31:51
Présentateur

avec quelqu'un dont la mère a été agressée ? C'est ça.

31:52
Invité

C'est-à-dire que c'est des témoignages qui étaient très forts mais au final il n'y avait pas de contexte. Il n'y avait pas de... Il y avait ces fameux fact-checkers qui devaient apporter un contexte politique. Ils ont essayé de faire leur travail. Ils ont essayé de faire leur travail mais c'était compliqué. Donc on a un peu ce que tu dis c'est-à-dire on se veut un panel de la France et au final on reproduit en fait des caricatures et on n'apporte pas de données factuelles et de contexte politique.

32:20
Présentateur

En tout cas c'est important de savoir que Hanouna il est puissant politiquement parce qu'il parle aux jeunes et il parle à tous les jeunes qui votent dans des directions complètement opposées. Il est très puissant

32:31
Invité

et si je peux me permettre juste un... Une autre chose qui était très dérangeante c'est que derrière on a un ministre de l'Intérieur qui fait aujourd'hui campagne autour d'une loi raciste sur l'immigration et on lui a accordé trois heures de temps de parole on l'a humanisé on a évoqué ces questions d'immigration et de délinquance durant l'émission et c'était enfin moi je pense que c'était sciemment orchestré par l'équipe de campagne enfin l'équipe de communication du ministère de l'Intérieur c'est-à-dire que ça précède cette campagne-là et du coup trois heures de temps de parole c'est énorme

33:07
Présentateur

à la télévision. Et aussi la campagne 2027 en tout cas merci beaucoup au chat parce que Nadia t'as reçu beaucoup d'amour beaucoup de cœur beaucoup de force de la part du chat merci à eux en tout cas tout ça nous montre que c'est important de soutenir les médias indés parce qu'effectivement le dispositif médiatique finalement il finit par avoir raison de notre bonne volonté de notre envie de faire émerger une autre parole dans ces endroits qui sont quand même structurés différemment. c'est bientôt la deuxième partie de cette émission on me dit quelque chose dans l'oreille que j'entends pas très bien

33:38
Invité

alors pour l'instant le temps que t'arrives à décrypter ce que dit Lisa moi je voudrais remercier vraiment encore une fois We Dead Ketfi qui m'a toujours apporté son soutien et a fait ce travail long de décryptage pour faire qui vient faire mentir pour le coup le ministre de l'Intérieur donc même elle à son niveau en tant que journaliste indépendante il faut le dire aussi elle peut potentiellement prendre des risques elle fait le travail que des médias beaucoup plus organisés avec des équipes beaucoup plus importantes auraient dû faire donc pour ça encore merci encore une fois c'est une consoeur c'est censé être une consoeur qui est attaquée donc on parle aussi de liberté de la presse ces questions n'ont pas été évoquées par d'autres journalistes donc ça pose aussi question je trouve en termes de reprise médiatique ça pose question

34:31
Présentateur

bref ça pose la question la liberté de la presse du soutien aux médias et donc comme on me le dit dans l'oreillette et ce qui est très vrai je dois vous dire que effectivement nous sommes menacés tous les jours nous avons besoin de votre force de votre soutien alors que nous avons engagé notre campagne de fin d'année durant laquelle nous avons besoin de recueillir 200 000 euros donc faites-nous des dons faites-nous des dons qui nous permettront de boucler cette année cette année administrative et d'éviter malheureusement ce qui est un spectre qui rôde autour de nous tous les jours c'est-à-dire la banqueroute c'est-à-dire