L'Or du diable 1989 INEDIT Ep 2 avec Jean-François Balmer - Arielle Dombasle
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Ton abbé Saunière.
Il
est arrivé à Rennes-le-Château au mois de juin de l'année 1885.
Il
est tombé dans une paroisse complètement abandonnée. Sans qu'il le sache, il a été nommé dans un but bien précis. J'ignore lequel, mais dès son arrivée,
on
le surveille. Alors, c'est lui.
J
'espère que votre choix est bon. Oh, M. Bois, nous n'avons pas l'habitude de faire les choses
à
la légère. L'abbé Bérangé Saunière appartient à une famille du pays. Pauvre, mais honnête. Oui, oui, parfaitement. Il est né tout près d'ici à Montazel. Il connaît les paysans, il sait leur parler, ce qui est important dans la tâche que nous
voulons
lui confier. Quelle est cette tâche
?
Mystère.
Le
seul personnage sur lequel j'ai des renseignements, c'est l'abbé Boudet.
Le
curé de Rennes-les-Bains.
Il
envoie à Saunière une messagère,
qui
n'est pas une enfant de Marie, crois-moi.
Du
reste, elle s'appelle Marie. Marie de Nardot.
Ma
famille est d'Espéraza. Chaque semaine,
je
vais chercher de
l
'eau de soufre, à la source de la madame,
et
je l'amène à ma mère.
T
'as fait un long chemin pour arriver jusqu'ici. Monsieur le curé de Rennes-les-Bains m'a dit de vous donner la
lettre.
Saunière se rend chez Boudet,
et
là, il remarque plusieurs choses. Tous les jours ! Enfin, je t'ai dit qu'il ne
faut
pas partir sans me dire où tu allais. Oui, je vous ai dit ! J'ai toujours à courir.
Enfin,
ne discute pas,
c'est-à-dire.
Ne discute pas avec les noms du café.
Il
s'agit d'un pilier très, très ancien.
On
le date de l'époque des Visigoths, au 5e siècle.
Et
où se trouve-t-il
? Chez
vous,
dans
l'église de Rennes-le-Château. Vous n'avez pas remarqué.
Oui,
il existe de très nombreuses traces de
l
'occupation des Visigoths dans le Languedoc. Alaric serait venu s'établir ici, après le pillage de Rome. Et on dit même qu'il y aurait rapporté un trésor. Tout est parti de là, tu comprends
? Le
pilier Visigoths qui se trouvait dans l'église de Rennes-le-Château.
D
'où venait-il
?
Quand tu me cherches une documentation sur Alaric et le trésor de Rome, d'accord
?
Encore une précision. Je ne sais pas si ça a de l'importance.
Mais
l'abbé Saunière était connue pour ses opinions réactionnaires.
Il
y a peut-être de la politique là-dessous. En 1885,
la
République n'était pas encore très solide.
Des
gens pouvaient avoir intérêt à la déstabiliser, comme on dit maintenant.
L
'état de notre église, mes frères,
est
à l'image de celui de la France.
Notre
chère patrie, hier encore, fille aînée de l'église,
est
aujourd'hui la servante de Satan.
Je
ne crains pas de le dire. Reprenons les paroles célèbres de la pucelle d'Orléans. Il y a une grande misère au Royaume de France, depuis que nous sommes en République.
Du
haut en bas de l'échelle, les fonctionnaires du pouvoir central
s
'efforcent d'effacer toutes les traces de notre religion chrétienne. Sanctuaire à l'abandon, pasteur,
réduit
à la mordicité, tout leur est bon pour combattre la foi.
Dans
les écoles, sans Dieu, les instituteurs républicains,
étouffent
dans l'âme de vos enfants le germe d'immortalité que le baptême y a déposé.
«
Voilà l'œuvre des hommes qui nous gouvernent.
Faut
-il les laisser continuer
? Devons
-nous plier le genou, baisser la tête ? Non, non
! » « Tu
comprends ce qu'il dit
? Je
ne
s
'écoute pas. »
«
Dans huit jours, vous allez voter.
»
« Je vous ai un menteur éclairé.
»
« Celui
-là,
c'est un bavard menteur.
» «
Dimanche dernier, nous avons obtenu un beau succès.
» «
Il parle
contre la
République, tu as entendu ?
» «
Non, je ne
s
'écoute pas.
»
« De
persuader
leurs époux.
» «
Aux hommes,
de
répandre la bonne parole.
»
« Je demande
aux
femmes
de
persuader leurs époux.
» «
Aux hommes, de répandre la bonne parole.
» «
A tous,
d
'assurer dimanche
le
triomphe de nos idées
devant
nos adversaires républicains.
» « Vous
devez avertir les autorités, monsieur le maire.
» « Il
faut écrire au gouvernement.
» «
Je ne
peux
pas écrire.
» «
On dira tout ce qu'on a entendu. »
«
J'ai pris bonne note.
» «
Qui c'est, la fille ?
» «
Je ne
la
connais pas.
» «
Moi, je l'ai déjà vue.
» «
Elle vient pour le curé. »
« Et
bien voilà. »
«
J'espère qu'ils sont sages aussi à la maison.
» «
Pas toujours, monsieur le curé.
»
«
Allez. » «
Au revoir,
monsieur le
curé.
» «
C'est un beau serment que vous nous avez dit.
» «
Si seulement mon homme avait été là.
» «
Il faut lui parler, lui montrer où est son devoir.
» «
Je ne saurais pas.
» «
Le Seigneur vous inspirera, ma fille.
»
« Là,
il
était gélant, monsieur le curé.
» «
Le royaume des cieux n'appartient pas aux faibles.
» «
T'étais là aussi, Marie ?
» «
J'ai couru, mais je ne
suis
pas arrivée à temps.
» «
C'est pour moi, toutes ces bonnes choses.
» «
Monsieur Boudet encore.
» «
Il est trop bon.
» «
Et toi, bien trop obligeante.
» «
Mais ce n'est rien.
» «
J'ai du plaisir de venir ici.
»
« Le dimanche 18 du mois d'octobre, Monsieur Béranger Saunière,
curé
de la paroisse,
a
attaqué le
gouvernement. » «
Qu'est-ce qu'il a dit
? » «
Il a dit qu'il faut voter contre la République.
» « J
'ai écrit des choses, là. »
« C
'est toi qui lui parles en premier. Maurice et moi, on se cache au prépare.
» «
Bonjour, petit.
» «
Tu reviens de là-haut.
» « Tu
as vu, monsieur le curé
? » « Tu
as été gentil avec lui
? » « N
'oublie pas ce que tu dois faire.
» «
Tiens, voilà une belle pièce pour t'acheter
un
corps sage à la ville.
» « Il
paraît qu'on n'aime pas la République, curé. »
«
Qu'est-ce que t'en sais ?
» «
On ne voit pas souvent à la messe. »
«
Plutôt que crever ! »
«
Attrape-moi.
Je
vais pisser sur ton calvaire.
» «
Qui êtes-vous
? » «
Le bon Samaritain.
» « Vous
étiez là
? » «
Et je passais.
» «
J'ai entendu des cris.
» «
J'ai tiré un coup de fusil pour leur faire peur.
» «
Oh, merci.
» « Qui
vous a attaqué
? » «
Vous les connaissez
? »
«
Oui,
des...
» «
Des veaux-riens du village.
» « Oh ! » «
Ils m'en veulent parce que
j
'attaque leur République.
» «
J'aime mieux ça.
» «
Je m'appelle Élie Essolot.
» «
Ça ne vous gêne pas.
» «
Pourquoi ?
» «
Certains de vos confrères n'aiment pas les Juifs et je suis Juif.
» «
Au moins, tous les hommes sont des frères en Jésus-Christ.
» «
Vous êtes produit comme un vrai chrétien. » « Ben, je me suis trouvé là au bon moment, c'est tout.
» «
Monsieur Boudé m'a dit le bien de vous.
» «
Monsieur Boudé, vous le connaissez ?
» «
C'est un ami.
» «
Je l'aide un peu dans ses recherches.
» « Mon
père, vous sentez-vous assez vaillant
pour
rentrer chez vous tout seul
? » «
Prêt à reprendre le combat, si vous aimez.
» «
Mon père, n'usez pas vos forces avec ses gueux.
» «
Qu'est-ce que vous y gagnerez
? » «
Mon rôle
est
de défendre l'Église. »
«
Mais c'était d'autres moyens.
» «
Lesquels
? » «
Je n'ai rien.
» « Pas
un sou.
» «
Une paroisse de misérables, une commune de mécréants,
» «
qui n'est même pas capable d'entretenir le bâtiment du culte.
» «
Je vis dans une masure. »
«
Mon église prend l'eau.
» «
Et les gens du village me tentent des guet-apens.
» «
Et je ne devrais pas boucher.
» « Je
n'ai que mes poings pour me défendre.
» «
Et la confiance en Dieu.
» «
Je prie tous les jours pour qu
'il
me vienne en aide.
» «
Il vous a déjà exaucé, mon père.
» «
Notre aide est connue.
» «
De qui
? » «
De tous ceux qui vous entourent.
» «
Écoutez.
» «
Je vous promets de réunir les fonds nécessaires » «
pour vous
permettre de reconstruire votre église.
» «
Ils vous seront remis par l'une de mes relations »
«
qui vient en cure à Rennes-les-Bains.
» «
Il s'appelle M. Guillaume.
» «
Je ne connais pas de M. Guillaume.
» «
Il vous connaît, lui.
»
« Monseigneur,
vous
prie de patienter quelques instants, M. le curé.
» «
M. Julien, j'ai une commission à vous faire de la part de Monseigneur.
» «
Voilà, il s'agit de boire pour cette affaire.
» «
Oui ?
» «
J'apporte le linge de Monseigneur.
» «
Ce n'est pas ici, ma sœur. »
«
Voyez son valet de chambre.
» «
Donc, pour l'occasion de ces messieurs, nous sommes bien d'accord.
»
« Bien sûr.
» «
Vous emportez ma bénédiction pour tout ce que vous pourrez entreprendre.
» «
S'il vous plaît, M. le curé.
» «
Enfant comme je suis heureux de vous revoir.
» «
Bénissime, mon
père. » «
Votre impression.
» «
Plutôt crottée, la soutane.
» «
L'homme ne l'est pas.
» «
J'en suis sûr.
» «
M. le curé,
parfois
un excès de zèle
aboutit
au résultat inverse de celui que nous recherchons.
» « J
'ai reçu une note à votre sujet
du
ministère de l'Instruction publique des Beaux-Arts et des
Cultes. » «
M. l'évêque.
» «
Encore heureux qu'il ne m'appelle pas citoyen.
» «
Suite à un rapport déposé entre les mains de M. le préfet de l'Aude,
par
le sieur Bralou Gustave, maire de Rennes-le-Château,
il
appère qu'un prêtre de votre diocèse, desservant de la dite commune, M. Saunière Béranger, outrepassant les droits de sa charge sacerdotale, s'est compromis gravement au cours de la campagne électorale des élections législatives des 11 et 18 octobre derniers,
par
des actes et des paroles de nature à nuire à l'ordre public.
Si
le pareil fait devait se reproduire,
je
serais amené à prendre les mesures qui s'imposent
dans
la limite de mes attributions disciplinaires. »
« Je
dirai, M. Lévesque. Autrement dit, la prochaine fois, le ministre exigera votre déplacement et supprimera vos
indemnités. » «
Mes indemnités ?
400
francs par an, Monseigneur.
À
peine une aumône.
» «
L'Église vit de ses aumônes. Ne l'oubliez pas.
Puis
-je compter sur votre sainte obéissance, mon
enfant ? » «
Qu'est-ce que je dois faire, Monseigneur
? » «
En premier lieu,
vous
abstenir de toute déclaration politique
qui
n'est pas de notre compétence.
» «
Ensuite, vous réconcilier avec le maire de votre commune.
» «
Vous aurez besoin de lui,
comme
nous avons besoin de
vous,
Rennes le Château.
» «
En attendant mieux,
voici
de quoi compléter l 'aumône de l'État.
» «
Un simple viatique.
»
«
L
'Église est pauvre. Vous l'avez dit, Monseigneur. »
«
Pas de scrupules. Un jour, peut-être, vous le lui rendrez au centuple.
»
« Mais bon, aujourd'hui, M. le maire ? »
«
La Saint-Clément, c'est pas une habitude.
» «
J'ai demandé ce matin au bon Dieu en disant ma messe.
» «
Parce que, si vous pouviez faire tomber de l'eau quand j'en ai besoin...
» «
On verra, M. Brassac, si vous êtes sage.
» «
Il m'a le cœur de le voir tranquille avec ses outillards. » « Viens changer, notre curé. Tout change, ma bonne. Tout change, sauf la malice.
» «
Tiens, la drôlesse.
» «
Ça fait trois jours qu'elle n
'est
pas venue. Ça la gratte par où ça la démange.
» « À
votre santé, mes amis.
Et
à la santé de la République. »
«
Pourquoi pas
? À
la santé de la République. »
« J
'étais sûr de te trouver ici.
» «
Vous m'y trouverez toujours.
Je
suis votre servante, mon père.
» «
Ma servante
? Depuis
quand
? »
« Monsieur Boudet m'a dit de rester chez vous.
Pour
vous servir.
» «
Et ta famille
? Tes
parents
? Tu
les as quittés
? Ils
savent que tu es ici
? » «
Mais c
'est
de la folie. Tu ne peux pas rester ici. » « Mais pourquoi ? Je ferai votre ménage, votre cuisine. Je tiendrai votre maison comme doit le faire une servante. » « Ma maison.
Je
le vois bien, tout dit.
» «
Mais bientôt, vous en aurez une autre.
» « Tu
crois.
En
attendant,
tu
ne peux pas rester ici.
» «
Tu dormirais où
? » «
Près du feu.
Comme
un petit chien.
» «
Il faut être raisonnable, Marie.
» «
Si je m'écoutais,
je
te dirais oui tout de suite parce que...
» «
C'est vrai que je suis seul.
» «
Par moments, j'ai besoin d'une chaleur, d'une présence humaine.
» «
Et la première fois que je t'ai vue, j'ai senti une sorte
de
tendresse pour toi. »
« Je
suis un prêtre.
Mon
lot, c'est d'être seul. »
«
Un prêtre
doit
refuser toutes les affections humaines.
» « Il
ne peut vivre qu'avec Dieu.
» «
Je cherchais le moyen de vous voir au milieu de la fête.
» «
Et j'ai trouvé le refuge de votre église.
» «
Qui êtes-vous, monsieur ?
» «
Je m'appelle monsieur Guillaume.
» «
Et j'habite pour le moment
à
Rennes-les-Bains, grand hôtel des sources.
» «
Le bâtiment n'est pas en très bon état.
» « Au
revoir, monsieur le curé.
» «
J'apporte une modeste offrande pour le travail à faire.
»
« Prenez, cela est à vous.
»
« Je vous remercie, monsieur, mais je ne peux pas accepter une offrande
sans
savoir sa provenance. »
«
Vous pouvez, c'est un bon argent.
»
«
Il
est donné par la maison de France. »
«
Je donne une deuxième bourse
de
la maison d'Autriche.
» «
Mais pourquoi tout ça
? »
«
Nous
sommes dans le même camp, monsieur le curé.
» «
Le camp de Dieu.
» « Ou
de travail.
»
« L'hôtel, monsieur le curé.
» «
Il faut changer la pierre.
»
« La pierre.
» « Vous
n'oublierez pas.
» «
Besoin de toi.
» «
J'avais toute la maison.
» «
Mais pour les meubles, c'est trop lourd, je ne
sais
pas comment faire. »
«
Il faut que tu m'aides.
» «
Mais ça ne presse pas.
»
« Je ne peux pas toute seule.
»
«
Mon
ministère auquel je dois me consacrer.
» «
Un prêtre n'est pas libre, Marie.
» «
Je voudrais que tu le comprennes.
»
« Oui, mais notre maison
? » «
Ma maison, c'est mon église.
» «
Toutes les autres passent après.
» «
À deux heures, je reçois des confessions. » «
Ensuite,
j'ai ma leçon de catéchisme.
» «
Après,
il
y a des visites à faire.
»
« Dans le village, il y a des malades.
» «
Rentre à la maison.
»
«
Bonjour,
madame Alexandrine. »
«
Allez-y, j'arrive.
» «
Monsieur le curé.
» «
Moi aussi,
je
voudrais me confesser.
» «
Je suis une bonne chrétienne. »
«
Demain, c'est dimanche.
» «
J'irai à la messe. »
« J
'ai besoin de me confesser.
» «
Marie,
enfin... » « Vous
n'avez pas le droit de refuser, monsieur le curé.
» «
Impossible.
» «
Très bien.
» «
Alors, j'irai voir monsieur l'abbé Boudet.
» «
Non.
Pas
lui, surtout pas.
» «
Ou alors, j'irai dans mon village, à Esperanza, ou bien à Carcassonne.
» «
Rentre à la maison, Marie.
» « Tu
n'as pas le droit de me laisser dans le péché, Béranger.
» «
Bénissez-moi, mon père.
» «
Parce que j'ai péché.
» «
Bénissez-moi, mon père.
» «
Parce que j'ai péché.
» «
L'acte de chair avec lui.
» «
Oui, mon père.
» «
Vous n'avez pas été forcée ni séduite par lui.
» «
Non.
Je
l 'ai fait de tout mon cœur.
» «
Regrettez-vous votre faute.
» «
Oui, mon père, mais
je
l'aime encore. »
«
Est-ce que c'est mal d'aimer ?
»
«
Il
est dans les mains de Dieu, exigeant que nous ne comprenons pas parce que
nous
sommes faibles.
» « Nous
nous laissons prendre
aux
apparences,
à
la beauté, à la jeunesse, mais
la
jeunesse est éphémère.
» «
Dieu est éternel.
» « C'est
lui que nous devons aimer.
» «
Oui, mon père.
» «
Comme pénitence,
vous
réciterez votre chapelet au pied de l'autel.
» «
Que le Seigneur Tout-Puissant vous fasse miséricorde.
» «
Qu'il vous pardonne vos péchés et vous conduise à la vie éternelle. » « Amen. »
«
Égote et absolvo et pecatis tuis.
» «
Innominé Patrice et
Filii
expertos santos.
» «
Mon Dieu,
j
'ai un extrême regret de vous avoir offensé. » «
De
vous avoir offensé.
»
« Parce que vous êtes
infiniment bon. » « Infiniment aimable.
» «
Et que le péché vous déplaît.
» « Je
fais un ferme propos.
» «
Je fais un ferme propos.
» « Moyennant votre
sainte grâce.
» «
Donnez plus
vos offensés. » «
Et le faire bidance.
» «
Ça va, là-haut ?
» «
Ça va, curé.
» «
On a l'habitude.
» «
T'avise pas de tomber.
» «
Vous me ferez un ballant fermant.
» « Il
y a Monsieur Germain qui veut vous voir pour les
bancs. » « J
'y arrive.
» «
C'est du travail de faire à manger à tous ces hommes-là.
» «
Je veux plus simple, je fais une soupe au lard.
» «
Où est le pain, Marie ? »
«
Dans la huche.
» «
N'oublie pas le vin.
» «
C'est vrai, ils boivent aussi.
» «
Votre curé est le premier. » « Pardon, Madame le
curé,
vous ne le ferez plus. » « C'est le travail, Monsieur le curé. »
«
Il
est
bientôt fini.
» «
Pour le gros oeuvre, tout sera terminé à Norès.
» «
Pour le reste, on a déjà les bancs et les meubles de la sacristie.
» «
Dis donc,
en
fait, René, j'aurais besoin de toi et de l'Augustin. »
«
On va déplacer l'hôtel après. » « Hey,
Justin, à
moi, on
n'observe pas. » « Tout
le
monde
n'y arrive pas à le curé.
» « Trop
lourde.
» «
Au coup de main, mon père.
Par
pitié.
» «
Pas avant de savoir.
» «
C'est toi qui raconte que je suis avec Marie ?
» «
Jamais, je le jure.
» « Alors
c'est toi, René
? » «
Mais non
! » «
C'est malin.
» «
Aucune importance.
L
'hôtel doit être changé.
» «
Regardez le curé.
» «
Il est cru le pignet.
»
«
C
'est quoi, ces machins-là
? »
« Deus est au nom, principium et finis.
» «
Qu'est-ce que c'est
? » «
C'est du latin. »
«
Dieu est l'homme,
le
commençant et la fin.
» «
Tu comprends
? » «
Il y a des mots rajoutés, des signes.
» «
Si tu découvres le secret.
» «
À la fortune,
peut-être. » «
On sera riches.
» «
On s'en va, monsieur le curé ?
» «
Je me rends à Rennes-les-Bains,
chez
mon collègue.
» «
Il paraît qu'il y a un trésor dans l'église.
» «
Les nouvelles vont vite au village.
» «
Vous voulez le voir, le trésor, monsieur le maire
? » «
Vu que l'église appartient à la commune, si vous avez trouvé quelque chose...
» «
Tenez, prenez connaissance.
» «
Ça a peut-être de la valeur, ces vieux papiers.
» «
Ce sont des parchemins qui datent
de
plus d'un siècle. »
« Je
vais les faire expertiser.
» «
Si on m'en propose un bon argent, je les vendrai. »
« Je
vous donnerai la moitié de la somme.
» «
La moitié
? » « C
'est la loi.
» «
Moitié au propriétaire, moitié à l'inventeur.
» «
Si c'est la loi,
dites
-moi, monsieur le curé,
qu
'est-ce que c'est,
l
'inventeur
? » «
C'est celui qui a
trouvé. » «
D'où viennent ces parchemins
? »
«
Bien,
ils ont dû être cachés là au moment de la Révolution.
» « Un
de vos prédécesseurs, à l'époque, un certain abbé Bigou, était le chaplain de la famille Blanchefort.
» «
Une famille de la région ? » « Oui, une très ancienne famille.
» «
Un de ses ancêtres, Bertrand Blanchefort, a été grand maître de l'ordre du temple. »
«
Et vous avez une tombe
dans
le cimetière de Rennes-le-Château, qui est celle de Marie de Hopoul, dame de Blanchefort.
» «
Elle est morte un 17 janvier de l'année 1681.
» «
Quelle mémoire ! »
«
Vous connaissez la tombe
? »
« Oui, bien sûr, bien sûr. »
«
Elle porte une inscription aussi mystérieuse que les phrases du parchemin.
» «
Ah, vous n'allez pas finir avec les mystères, mon cher abbé.
» «
Et ce signe,
qu
'est-ce que ça signifie
? » «
Je crois que je peux vous le dire maintenant. Vous êtes dans le secret.
» «
Vous avez droit au secret. »
«
Ce signe est le monogramme de l'ordre. » « Quel
ordre ? »
« L'ordre du prioré de Sion.
» «
Le prioré de Sion est la main invisible qui a su vous guider à Rennes-le-Château.
» «
Dans quel but
? » «
Ça, vous le saurez quand nous aurons déchiffré les parchemins.
» «
J'en ferai faire une copie que je vous confierai
avant
votre départ pour Paris.
» «
Et oui,
c
'est à Paris que vous trouverez les personnes capables d'expertiser ces textes et de les traduire.
»
« Je ne peux pas quitter ma paroisse.
» «
Il le faudra bien.
» «
Monseigneur m'a remis à votre intention une lettre d'introduction près du supérieur de Saint-Sulpice.
» «
Le chemin sera dur, mais
la
réussite est au bout. »
«
La petite Marie saura vous attendre.
»
«
Pas
besoin de vous recommander la prudence et la discrétion.
» « Nous
avons des adversaires.
» «
Monsieur l'abbé.
» «
Quoi ?
» «
J'accepte d'être guidé même par une main invisible,
» «
mais à condition de savoir si je suis dans la bonne ourore.
» «
Soyez sans crainte.
» «
Le prioré de Sion est la pierre sur laquelle l'Église bâtira le monde de demain.
» «
Pouvez-nous faire confiance.
» «
Le vrai pouvoir n'appartient pas aux hommes en place.
»
« Il appartient à ceux qui possèdent la vérité.
» «
Je n'en connais qu'une.
» «
Celle du Christ.
» «
Le Fils de Dieu fait homme.
» «
Les mêmes mots ne recouvrent pas toujours la même réalité.
»
« Non, non.
» «
Ne tirez pas.
» «
Jette ton arme.
» « Je
ne sais rien.
» « C
'est Pierre qui savait.
» «
Qui est Pierre ?
» «
Celui que vous avez tué.
» «
Il a reçu de l'argent.
» «
De qui ?
» «
Je ne sais pas. C'était à Carcassonne.
» «
De qui ?
»
« Je ne sais pas.
» «
Je le jure.
» «
Un type que Pierre a rencontré.
» «
Chez Jeanne. »
«
Bordel près des reparts.
» «
Après nous avoir vus, il a dit...
» «
Allons boire un coup.
» «
On a bu un coup.
»
«
Pierre,
il a dit...
» «
À la santé. »
«
De l'homme à la tête de loup.
» « Je
ne sais pas.
» «
Une semaine, peut
-être. » «
Qui viendra dire la messe dimanche
? » «
Monsieur Boudet.
» «
Je n'aime pas.
» «
Allons.
» «
Un bon sourire, le petit chien. »
«
Un jour, peut-être, vous le luisez...
»