Le RN face à l'incertitude - C à Vous l’Intégrale - 04/02/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5.
A la une, Le RN face à l'incertitude. - L.Jacobelli: M.Le Pen est aux affaires, comme J.Bardella.
On va pas se congeler, se stériliser pendant quelques mois. - A.-E.Lemoine: Au lendemain des réquisitions en appel du parquet général, la candidature de M.Le Pen apparaît plus hypothétique que jamais.
Le parti doit d'abord mener la campagne des municipales, avec quels objectifs? - P.Cohen: Des objectifs assez ambitieux.
Plusieurs grandes villes vides, notamment dans l'arc méditerranéen. Pas mal de villes moyennes dans le Grand Est. Campagne à nouveau polluée par ceux que le parti appelle "les brebis galeuses".
Encore un candidat de moins aujourd'hui à Carpentras. - A.-E.Lemoine: On en parle avec J.Fourquet, politologue, directeur du département opinions de l'Ifop, et L.Clément, journaliste en charge du suivi de l'extrême droite pour "La Croix".
Est-ce que vraiment, des milliers de Français parmi les plus riches échappent à l'impôt? - E.Tran Nguyen: C'est ce qu'a affirmé E.Lombard, ancien ministre de l'Economie.
Propos démentis, mais trop tard, la polémique est lancée. - A.-E.Lemoine: Les explications de Jack Lang... - J.Lang: Je ne regrette pas d'avoir connu le premier Epstein.
Le criminel qu'on décrit aujourd'hui, c'est docteur Jekyll et Mister Hyde. Le Jeffrey que j'ai connu était un homme passionné d'art, charmant... - L.Amar: J.Lang dément avoir été au courant des agissements du pédocriminel J.Epstein quand il le fréquentait.
Le nom du ministre et celui de sa fille apparaissent plusieurs fois dans les documents déclassifiés, ainsi que ceux de plusieurs responsables français. - A.-E.Lemoine: On en parlera avec J.André.
Vapoter nuit-il à la santé? - Il y a un sujet avec le liquide que l'on met dedans. Il y en a des plus nocifs. - Je fais du footing et je suis plus souvent essoufflé. - C'est pire que ce que je pensais. - L.Sénéchal: Vapoter n'est pas sans risque, d'après l'Anses, qui a compilé plus de 2800 études sur le sujet.
On parle des risques de cancer et de la Ligue contre le cancer, avec le professeur F.André, de l'institut Gustave-Roussy. - A.-E.Lemoine: Après 20h, G.Jugnot, qui avait triomphé dans "Les Choristes", A.Lecaron et ses confessions d'hypocondriaque...
Et dans votre OEil? - P.Lescure: Les mémoires de T.Hanks.
Ca raconte le tournage d'un blockbuster, mais ça dit aussi beaucoup d'Hollywood. - A.-E.Lemoine: En cuisine, M.Favri aux côtés de B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir à tous.
Il continue de préparer des plats aussi stylés que lui. On dirait des galettes de frangipane, mais pas du tout. - M.Favri: C'est une spécialité de viandard, un pithiviers.
Mais il n'y aura pas de viande. Ce sera comme un jus de viande mais à base de légumes. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.
L'Edito de Patrick. Après les réquisitions contre M.Le Pen, le RN continue de faire profil bas. - P.Cohen: Pas un mot plus haut que l'autre.
Oublié les cris d'orfraie du 1er procès où on dénonçait un hold-up démocratique, un coup d'Etat judiciaire. J.Bardella parlait même de tyrannie des juges.
Après les 1res réquisitions, M.Le Pen lançait: "C'est ma mort politique qui est réclamée." 15 mois plus tard, alors que la candidature de M.Le Pen n'a jamais paru aussi compromise, le ton est plutôt dans l'acceptation. - J.-P.Tanguy: Il n'y a pas vraiment de surprise.
Ca s'inscrit dans la stratégie du parquet général. Il est à charge par rapport à l'affaire. Il est dans son bon droit.
Il y a la parole de la défense et après, le tribunal d'appel se fait son jugement. - P.Cohen: Après 3 semaines d'audience, où les prévenus ont souvent été mis en difficulté pour justifier de l'emploi au Parlement européen d'assistants parlementaires qui travaillaient pour le parti, il n'est plus question de désaccords administratifs, comme le prétendait le RN.
Bien davantage qu'il y a un an, l'idée s'est largement répandue que les magistrats ne faisaient qu'appliquer la loi et n'avaient pas vocation à barrer la route à une présidentiable. - La magistrature n'empêche personne. Ce n'est pas nous qui avons placé les prévenus dans cette situation.
C'est eux qui se sont placés dans cette situation qui a justifié qu'on arrive à un procès qui, d'ailleurs, aurait peut-être pu avoir lieu il y a déjà plusieurs mois, voire années. Les faits datent d'il y a plus de 10 ans. S'il n'y avait pas eu, pendant l'instruction, 45 recours d'engagés. - P.Cohen: C'était la procureure générale de Paris, qui dirige l'accusation, dont les réquisitions ne préjugent pas de la décision de la cour d'appel qui sera rendue en juin. - A.-E.Lemoine: Une candidature compromise, donc. - P.Cohen: M.Le Pen pourra être candidate si elle est relaxée ou déclarée coupable mais avec une peine d'inéligibilité réduite à moins de 2 ans.
Elle redeviendrait éligible avant la présidentielle de 2027. Dans tous les autres cas, M.Le Pen serait empêchée.
Elle a répété qu'elle n'attendrait pas l'arrêt de la Cour de cassation, si celle-ci est saisie. Décision prévue au début de l'an prochain. C'est après la décision de la cour d'appel que M.Le Pen veut lancer la campagne de son parti, avec elle ou en remplaçant, J.Bardella. - A.-E.Lemoine: Le RN est engagé dans une campagne municipale qui peut être fructueuse. - P.Cohen: Les 15 et 22 mars.
Il y a 6 ans, le parti n'avait fait que de la figuration, ne s'imposant que dans une grande ville, Perpignan. Cette fois, entre les reports de voix et les alliances, le RN nourrit de grandes ambitions sur la côte méditerranéenne, notamment à Nice et à Marseille, 5e et 12e villes du pays en termes de population. Vous voyez l'importance de ces gains s'ils arrivaient.
On peut ajouter Nîmes et Perpignan, où L.Aliot n'est pas empêché de concourir. Agde et Carcassonne également, où J.Bardella est attendu samedi.
Plusieurs villes moyennes du Grand Est et le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Reviennent les promesses de grand ménage de ceux que les dirigeants appellent "les brebis galeuses". La candidature de Christian Richaud Simoni à Carpentras a été retirée suite à des tweets racistes et injurieux. "Libération" en a retrouvé des dizaines. "Que D.Obono retourne avec les bonobos de son pays", etc.
D'où cette question à J.-P.Tanguy. - Comment expliquez-vous, si le racisme a disparu de votre ADN, que ce soit toujours à votre porte que viennent frapper les candidats racistes? - J.-P.Tanguy: Je ne le sais pas.
Ils doivent savoir qu'ils seront pourchassés et dégagés. Ils ne déclarent pas ces opinions et on doit enquêter pour les découvrir. - P.Cohen: Il dit ne pas savoir pourquoi tous les galeux vont vers le même troupeau.
Chaque fois, c'est la presse qui enquête. - A.-E.Lemoine: Le RN n'enquête pas sur ses candidats alors que des mesures avaient été prises pour chasser ces brebis galeuses. - J.Fourquet: Cette année, ils vont faire un effort très important en nombre de listes présentées.
Plus de 600 communes, ça veut dire beaucoup de noms sur les listes. Le criblage n'a manifestement pas été fait. Il n'avait pas été fait aux législatives.
Là, on ne parle pas du 15e ou du 20e de liste, mais d'une tête de liste dans une ville emblématique. Il y a une longue histoire du RN à Carpentras. - P.Cohen: C'est là où M.Maréchal avait été envoyée par son grand-père pour une candidature aux législatives. - J.Fourquet: On pense à ce qui s'est passé au cimetière juif...
Manifestement, ils n'ont pas regardé de ce côté. - A.-E.Lemoine: Alors que des moyens considérables avaient été mis, notamment l'IA. - J.Fourquet: Peut-être que les logiciels ne sont pas les bons.
Il faut garder en tête que beaucoup de ces propos remontent via le développement des réseaux sociaux. Tout ça laisse des traces. Manifestement, un certain nombre de ces candidats s'épanchent fortement et laissent autant de petits cailloux qui peuvent être découverts.
Mais ils n'ont pas le monopole de ces propos. Un élu de gauche de Dordogne a été suspendu pour des propos antisémites. Mais force est de constater que l'occurrence de ces affaires est plus forte dans ce parti. - A.-E.Lemoine: Le RN n'arrive pas à se débarrasser de ses brebis galeuses, L.Clément? - L.Clément: Je suis effectivement frappée par la dissonance entre tout ce qui est annoncé...
Aussi bien les législatives anticipées que les municipales, ils avaient dit qu'ils allaient travailler avec l'IA, scruter les profils et les réseaux de chaque candidat...
Il y a eu une commission nationale d'investiture qui a travaillé d'arrache-pied pendant des mois. Ca, c'est l'affichage. Derrière, on retrouve des candidats comme ceux-là, qui ne sont pas tous écartés.
Il y en a encore des dizaines épinglés par différents médias. Lui a été écarté mais d'autres restent. Le parti est sur une ligne de crête et a du mal à trouver le bon ton entre garder des candidats qui lui permettent de s'implanter localement et faire cette chasse aux brebis galeuses. - A.-E.Lemoine: C'est d'autant plus important de la faire que le parti mise énormément sur ces élections municipales, qui étaient jusque-là son point faible. - J.Fourquet: Oui.
En 2020, le RN ne s'impose que dans une dizaine de communes, ce qui est très faible. La plus grande était Perpignan, suivie de Fréjus. Ils fondent de vrais espoirs.
Ils ont fait un effort en termes de nombre de listes qui se présentaient. C'est d'abord important pour montrer que le RN est toujours en dynamique et qu'élection après élection, il gagne du terrain. Ensuite, c'est important pour montrer comment ils sont capables de s'implanter localement.
On verra comment des députés élus maires vont se comporter, s'ils vont abandonner leur mandat de député. Ca renforcerait la crédibilité du parti en termes de gestion. P.Cohen rappelait le cas de Toulon, que le RN a dans son viseur.
C'est l'une des 1res villes que le FN, à l'époque, avait conquises. Ca s'était terminé piteusement. - P.Cohen: Ca avait même commencé piteusement.
Dès la 1re année, en 95, c'était une catastrophe. - J.Fourquet: C'est une façon de montrer qu'ils peuvent gérer des localités et, ensuite, le pays.
Ensuite, à l'automne, les grands électeurs, ceux qui ont le droit d'élire les sénateurs, seront à majorité issus des conseils municipaux. Que vous ayez un maire élu ou pas, l'idée est d'avoir le plus grand nombre de conseils municipaux pour constituer un groupe au Sénat. - P.Cohen: Ce serait une première si le RN réussissait à constituer un groupe.
Sur les municipales, vous qui avez l'oeil dessus, L.Clément, quelles villes surveillez-vous particulièrement et trouvez-vous intéressantes à observer pour les gains possibles du RN? - L.Clément: La ville vitrine du parti, celle qu'il ne peut pas manquer, selon lui, ce serait Toulon.
L.Lavalette se présente suite à la condamnation de l'ancien maire H.Falco.
Il y a tout un terreau important dans tout ce département du Gard et tout le pourtour méditerranéen. Après, il y a les bastions du Nord. J'ai particulièrement observé Lens.
C'est une ville très symbolique pour la gauche. Ca a toujours été une ville socialiste. Là, il n'y aura que 2 listes.
Ce sera un duel entre le maire sortant socialiste et Bruno Clavet, député du RN parachuté là en 2020. Il peut vraiment incarner cette implantation locale dont vous avez parlé. Il est député, personne ne le connaissait, et on voit maintenant que son implantation sur le terrain permet d'avancer. - P.Cohen: Je citais Marseille car dans les sondages, Payan et Allisio sont au coude à coude. - J.Fourquet: S'ils sont au coude à coude au 1er tour, la liste de droite est macroniste...
Elle est largement distancée par le RN. L'enjeu principal pour le RN est de voir la droite continuer de se fragmenter localement, comme en Haute-Savoie. A Nice, ce n'est pas une liste RN à proprement parler, mais conduite par E.Ciotti.
Le RN espère des ralliements nouveaux d'élus ou de cadres de droite et d'électeurs qui se disent: "Nous ne pesons plus suffisamment. Il faut faire cette fameuse union des droites dont N.Sarkozy lui-même a commencé à parler il y a quelques mois." Ce n'est pas uniquement des victoires qui sont attendues, mais peut-être aussi des échecs des concurrents pour les affaiblir davantage et, ensuite, rafler la mise pour la présidentielle. - L.Clément: J.Bardella a ouvert la porte à ça. "Tous les mécontents de B.Retailleau et des Républicains sont les bienvenus pour nous rejoindre." - P.Cohen: Et il peut y avoir un effet "vote utile", si les sondages montrent des écarts en faveur du RN. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen participe à la campagne municipale, même si on imagine qu'elle a la tête ailleurs, avec un chemin vers une candidature à la présidentielle de plus en plus étroit. - J.Fourquet: Ca semble très compliqué.
Dans la difficulté du RN aujourd'hui...
Ils ont eu la capacité de gérer les choses. Le 1er choc a été encaissé lors du 1er procès... - A.-E.Lemoine: Lors du jugement en première instance. - J.Fourquet: Oui.
Les cadres se sont progressivement faits à l'idée que peut-être, sans doute, M.Le Pen ne serait pas en capacité d'être candidate et qu'il y avait le fameux plan B, alias J.Bardella.
Le passage de témoin s'est fait progressivement, sous nos yeux, depuis plus d'un an. On voit dans les enquêtes d'opinion, qu'il s'agisse des cotes de popularité ou des intentions de vote, que J.Bardella fait aujourd'hui jeu égal avec M.Le Pen.
C'est un parti qui peut se payer le luxe d'avoir 2 têtes d'affiche qualifiables au second tour. 2e point positif: ces 2 candidats putatifs s'entendent manifestement à merveille. Il n'y a pas de trahison en perspective et pas de scission comme en a connu le Front national.
Si M.Le Pen décide de jeter l'éponge dans quelques mois, ce sera évidemment une déception pour une partie de son électorat, mais le travail de deuil politique a été entamé il y a un moment. J.Bardella s'est présenté aux législatives et aux européennes.
Il a fait à chaque fois plus de 30 %. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen a fait le deuil de cette candidature?
Ca explique son attitude d'hier? Pas de commentaires, un profil bas...
C'est de la résignation ou une stratégie pour ne pas provoquer les gens un peu plus? - L.Clément: Je ne sais pas si elle a tout à fait fait le deuil.
Elle a fait un chemin. Le parti a fait un chemin depuis mars dernier. Tout le monde appelait à la mobilisation envers M.Le Pen.
Tous les cadres du parti étaient sortis dans les rues. On mesure aujourd'hui le chemin parcouru. En tant que journaliste politique qui rencontre régulièrement les cadres du RN, je vois que les discours ont changé.
Il y a 6 mois, c'était "J.Bardella sera un bon candidat plus tard". Maintenant, c'est plutôt: "Chacun ses atouts et ses faiblesses.
On sera contents quoi qu'il arrive." M.Le Pen, il n'y a pas grand-chose qui a changé dans sa ligne de défense.
Elle n'a pas reconnu grand-chose. Mais elle a changé de ton. Elle est beaucoup plus lisse.
Elle va beaucoup moins sur le terrain de la justice politique. Elle espère sans doute qu'en étant plus courtoise, elle aurait un jugement plus clément. - A.-E.Lemoine: S'est-elle affaiblie au sein de son propre parti? - L.Clément: C'est important, ces indicateurs au sein du parti montrant que les cadres se sont un peu faits à cette idée.
Ca a beaucoup de sens. On peut mesurer son affaiblissement quand on voit ces sondages. Elle-même ne devait pas s'attendre à ce que J.Bardella prenne une telle place aussi rapidement.
En début d'année, il y a eu 2 sondages assez marquants. Le 1er donnait J.Bardella vainqueur face à n'importe qui au 2d tour.
Le second date de fin janvier. Il mesurait la cote de popularité et le caractère présidentiel des 2 candidats. Même au sein du parti, 70 % des électeurs du RN trouvaient que J.Bardella ferait un meilleur candidat.
Sans parler au nom du parti, au sein des électeurs, ça a changé. - A.-E.Lemoine: 2 candidats et un même discours? - J.Fourquet: Il y a des différences de positionnement.
Pour caricaturer, M.Le Pen est sur un discours plus "ni droite ni gauche", plus socialisant en direction de son électorat ouvrier et populaire du nord de la France, notamment. J.Bardella se trouve assez à l'aise dans la thématique de l'union des droites.
Il adresse des messages aux patrons à l'université d'été du Medef. C'est lui qui a pas mal oeuvré pour attirer ces ralliements de la droite. Ce qui est encore une fois utile pour le RN, les choses tombent bien, c'est que comme ils sont dans l'opposition et qu'ils sont 2, ils peuvent se permettre de tenir 2 discours.
On connaît la fameuse formule: "On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses propres dépens." Mais là, c'est 2 personnes différentes qui tiennent chacun un discours. L'heure du choix va fatalement sonner. - P.Lescure: Pour la Fondation Jean-Jaurès, J.Fourquet, vous avez participé à une enquête sociologique dans la France des PMU.
Une autre enquête montre que la disparition de ces lieux de sociabilité, entre autres, nourrirait en partie le vote RN. On peut vraiment parler de lien? - J.Fourquet: J'ai lu cette enquête.
Les quelques statistiques montrent un lien mais il est très ténu. Les auteurs indiquent une progression du vote pour le RN de l'ordre de 0,3 point dans la commune en question dans les 5 années qui suivent la fermeture de l'établissement. C'est pas énorme.
Sur 20 ans, on est sur une prime de 1,5 point. Il faut retenir que c'est un écosystème. Là où les bars ferment, notamment en zone rurale, et c'est là où le RN est le plus fort...
Le bar ou le PMU, c'était le dernier endroit qui résistait après que tous les autres commerces ferment. Tout ça vient alimenter un discours tenu par le RN. "Vous êtes des citoyens de seconde zone.
Les services publics ont fermé. Nous, nous vous représentons." D'ailleurs, ça fait le lien avec les municipales.
Les principaux ténors du RN ne se sont jamais présentés dans des grandes villes. Ils entendent incarner cette France périphérique, cette France des bourgs. Le député L.Jacobelli est élu en Moselle.
J.-P.Tanguy est élu dans la Somme.
M.Le Pen, c'est Hénin-Beaumont. Personne ne se bat pour être candidat à Paris.
Il faut parler à cette France des villages qui se meurt. Il y a un petit effet, mais il n'est pas massif. - A.-E.Lemoine: Ca fait partie des "Métamorphoses françaises" dont vous faites l'état en infographie et en images aux éditions du Seuil.
L.Clément, on vous lit dans les colonnes de "La Croix". - E.Tran Nguyen: C'est dans les bars PMU qu'il y a des échanges entre les Français et parfois des idées reçues, comme "les plus riches Français ne paient pas assez d'impôts".
Cette idée reçue persistante a été confirmée par un ancien ministre de l'Economie le 11 janvier dans "Libération". E.Lombard déclare ceci.
Des propos aussitôt démentis par l'actuel ministre de l'Economie, R.Lescure, ou la ministre des Comptes publics, A.de Montchalin, selon qui il n'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français très fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu.
Elle dit qu'aucun document de Bercy ne l'affirme. C'est vrai qu'aucun document public ne confirme les propos d'E.Lombard.
Une commission d'enquête sera constituée à l'Assemblée, à l'initiative du groupe Liot. - La révision de l'impôt sur le revenu devait rapporter 2 milliards d'euros. Elle en a rapporté que 400 millions.
Il est important de faire toute la lumière sur la participation des très hauts revenus dans nos services publics. - E.Tran Nguyen: Combien les Français les plus riches payent-ils au fisc?
A quel point concèdent-ils l'impôt? Autant de questions que la commission essaiera de résoudre. Quand on demande à nos téléspectateurs si c'est une idée reçue ou une réalité, c'est une réalité, massivement, pour eux. ...
C'est pas ce que semble dire B.Arnault, homme le plus riche de France et président du groupe LVMH, qui s'est plaint. Le bénéfice net du groupe a baissé de 13 % en 2025.
A l'écouter, c'est dû au contexte, mais aussi à la politique du gouvernement, qui va à l'encontre des entreprises. - B.Arnault: C'est sûr qu'avec la poursuite des crises géopolitiques, avec l'incertitude économique, avec les politiques de certains Etats dont le nôtre qui sont plutôt contre les entreprises pour les taxer un maximum, et donc créer du chômage, il y a de quoi être un peu réservé. - E.Tran Nguyen: Il s'est voulu rassurant: ils vont pouvoir passer l'hiver avec une trésorerie de 11,3 milliards d'euros en fin d'exercice.
Mais le sujet est loin d'être clos. Il faut réduire le déficit de 15 milliards d'euros. Les Français veulent de la transparence et ont besoin d'un sentiment de justice fiscale? - J.Fourquet: C'est la condition sine qua non pour faire accepter des efforts à tout le monde.
Que ceux qui ont le plus montrent l'exemple. Il y a des débats sans fin, disant qu'ils montrent déjà l'exemple. Le montant acquitté est déjà très important.
Et il faut bien s'entendre sur les personnes concernées. Est-ce qu'on parle de B.Arnault, du 0,01 %, ou des 10 % les plus riches?
Les 10 % les plus riches acquittent 75 % de l'impôt sur le revenu en France. C'est sans doute pas de ceux-là dont on parle. Il faut regarder le détail et analyser la nature des revenus.
Est-ce que c'est des revenus du travail, donc des salaires, ou des revenus du capital? Plus le capital est important, plus la part qui provient de dividendes ou de revenus du capital est importante. On a des mécanismes d'optimisation fiscale et toute une partie de ces sommes vont dans les holdings familiales et ne sont pas imposées au même niveau que les autres revenus.
D'où, dans le projet de budget qui a été adopté, une mesure sur les holdings familiales. Mais avec l'ampleur des mécanismes d'optimisation fiscale, et avec le flou qui existe, on arrive à cette situation. Bercy fait tourner ses ordinateurs et dit qu'avec cette mesure, on va ramasser 2 milliards, et on a 400 millions à l'arrivée.
Soit il y a un évitement à l'impôt, ce qui est assez attendu, soit, aussi, on est dans le flou sur les effets concrets qu'on peut en attendre, parce qu'il y a une opacité importante. - A.-E.Lemoine: Merci.
Tout de suite, la Story de L.Amar. - L.Amar: C'est l'histoire d'un dossier tentaculaire. 3 millions de documents déclassifiés par la justice américaine dans l'affaire Epstein.
Des mails, des SMS, des milliers de noms cités parmi lesquels plusieurs personnalités politiques françaises, notamment J.Lang. Entre Epstein et lui, le ton des mails est courtois, parfois même affectueux.
On découvre qu'ils se sont souvent rencontrés et se sont échangé des services, y compris après la première condamnation du milliardaire et son inscription au fichier des délinquants sexuels. Nous avons sollicité J.Lang.
Il s'exprimait ce matin sur RTL. - J.Lang: C'était un homme passionné d'art, passionnant.
Je ne l'ai pas connu comme prédateur sexuel. Quand je rencontre les gens, je ne leur demande pas leur casier judiciaire et leur histoire personnelle. Celui qu'on décrit aujourd'hui, c'est docteur Jekyll et Mister Hyde. - Vous referiez cette amitié? - J.Lang: Quand quelqu'un est un pédocriminel, on ne peut pas devenir son ami, c'est grotesque. - L.Amar: Un mail a notamment attiré l'attention.
L'ancien ministre envoie un mail de 5 pages pour défendre un projet éducatif: mettre l'accent sur des formations pratiques plutôt que théoriques pour des enfants. Dans sa réponse, Epstein suggère ceci. Aujourd'hui, J.Lang dit ne pas se souvenir de cet échange. - J.Lang: Je ne sais pas de quoi il s'agit.
Je ne connais pas ce mail dont vous me parlez. - Vous reconnaissez que ça pose question aujourd'hui? - J.Lang: Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre.
Je ne vais pas vous raconter des histoires. - L.Amar: Dans le dossier apparaît également le nom de la fille de J.Lang, Caroline, qui détient la moitié des parts d'une société offshore avec Epstein.
Elle dit aujourd'hui qu'elle l'ignorait. Mais l'examen des documents démontre l'intérêt prononcé de J.Epstein pour les affaires politiques françaises.
En 2012, il commente les sondages et les interprète, notamment les résultats du premier tour. Il se vante d'être invité à l'Elysée en 2011 avec N.Sarkozy, un dîner dont la tenue n'a jamais été officiellement confirmée.
On apprend aussi qu'il s'intéressait à E.Macron avant même son élection à la présidence. Voyez ce mail envoyé par un homme d'affaires de Dubaï en 2016. ...
En 2018, Epstein écrit à un destinataire dont nous n'avons pas le nom et lui dit qu'E.Macron solliciterait ses conseils pour trouver des idées disruptives...
Pour la première fois ce soir, l'entourage du chef de l'Etat a réagi à ces documents. ...
Autre sujet qui semble intéresser J.Epstein, c'est le financement du RN. Le 12 juillet 2018, il reçoit un mail d'un journaliste américain qui lui raconte avoir échangé avec S.Bannon, proche des mouvements d'extrême droite européens.
Il lui dit que le compagnon de l'époque de M.Le Pen, L.Aliot, lui a parlé du refinancement du parti.
Cette rencontre avait été filmée à l'époque par une journaliste anglaise. - Contrairement à d'autres rencontres auxquelles j'ai assisté, celle-ci était vraiment importante. Ce que j'ai constaté, c'est qu'il venait le voir comme consultant.
Très rapidement, J.Rivière et L.Aliot lui ont parlé argent.
Je crois que c'était vraiment pour ça qu'ils venaient le voir. Ils avaient des papiers, des classeurs. Quand ils ont commencé à les examiner, c'est là qu'ils m'ont demandé de quitter la pièce. - L.Amar: J.Epstein s'intéresse ensuite au financement de la campagne du RN pour les européennes de 2019.
Il conseille à son contact au parti de lancer un emprunt pour lever 4 millions d'euros. La réponse de J.Epstein tient en 2 mots: "Bien joué".
LFI a demandé le lancement d'une commission pour faire la lumière sur tout cela en France. - J.-L.Mélenchon: Comment autant d'importants ont pu voir et savoir, et ne rien faire?
Et au contraire, se vautrer par terre, pour essayer d'avoir les faveurs de ces réseaux qui fonctionnaient d'un bout à l'autre de l'Europe et des Amériques! - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.André.
Vous êtes reporter à France 24, spécialiste de la politique américaine. Face à la masse de documents rendus, on a du mal à y voir clair. Il faut distinguer 2 volets.
D'un côté, le volet criminel et, de l'autre, le volet de l'influence politique et économique qu'Epstein entretenait partout dans le monde et aussi en France. C'est ce qui explique entre autres la présence de J.Lang dans ces dossiers.
C'est une personnalité politique qu'il avait repérée? - J.André: On avait l'impression que J.Epstein était toujours aux aguets de toutes les personnalités qui pourraient lui servir plus tard.
Il était immensément riche. Il disposait de plusieurs centaines de millions de dollars. Il était suffisamment riche pour pouvoir se permettre, par exemple, de dépenser 56 000 euros sur J.Lang ou encore de payer le loyer de S.Ferguson, proche de la famille royale britannique.
Il pouvait faire preuve de telles largesses pour ensuite "tenir" les gens et pouvoir demander des faveurs. C'est ce qu'on voit se déployer là en Grande-Bretagne. Il y a évidemment l'aspect sexuel.
On a bien compris que c'était un prédateur sexuel et que ce qu'il fait est d'une violence terrible. Mais d'un autre côté, il y avait ce réseau d'influence et de pouvoir qu'il utilisait. - A.-E.Lemoine: A entendre J.Lang, Ce qu'a obtenu J.Epstein en retour de ses largesses, c'est la visite privée de monuments en dehors des heures de fermeture.
En Grande-Bretagne, c'est beaucoup plus grave. Il y a Peter Mandelson, ex-ambassadeur du Royaume-Uni, qui lui a fourni des informations sensibles en échange d'une rémunération. A l'époque, il était membre du gouvernement de G.Brown. - P.Cohen: Un gros CV en Angleterre.
Et un lord...
Enfin un ex-lord car il vient de démissionner. - J.André: C'est une personnalité de premier plan.
A un moment donné, on ne sait pas vraiment pourquoi, J.Epstein va lui verser environ 80 000 dollars, à lui et à son compagnon de l'époque. Ils vont avoir une correspondance pendant toutes ces années.
Et des années plus tard, il va lui demander des informations. Effectivement, Mandelson va lui donner des informations stratégiques. On ne sait pas jusqu'où va aller cette histoire.
On sait juste qu'aujourd'hui, Scotland Yard est saisi du dossier. On parle d'annoncer à l'avance la démission du Premier ministre britannique, le fait que la BCE va verser 500 milliards de dollars aux banques...
Vous imaginez l'impact sur les marchés financiers. C'est également lui conseiller de dire à ses amis, directeurs des plus grandes banques américaines, de faire pression délicatement sur le Premier ministre pour éviter la taxation des bonus des banquiers. On est quand même dans de l'influence très directe.
Ce sont des secrets d'Etat, quelque part. Cela pourrait aller jusqu'au trafic d'influence, voire jusqu'à de la trahison. Là, il arrive à entrer au coeur du pouvoir.
Il l'a sans doute fait à d'autres endroits. - A.-E.Lemoine: En France, a-t-il vraiment tenté d'influencer un scrutin en finançant notamment la campagne du RN par l'intermédiaire de S.Bannon? - J.André: On sait qu'à un moment donné, le RN avait des problèmes de financement.
Ils sont allés chercher de l'argent en Russie. On sait que S.Bannon est encore un des animateurs de cette espèce d'alignement voulu des droites dures au niveau mondial.
Donc, tout simplement, à l'époque, ça peut lui coûter quelques millions et il va se dire qu'il aura ses entrées, la possibilité de parler à ces gens, des accès directs. Et si, un jour, ils arrivent au palais de l'Elysée, il pourra avoir des leviers. Si on prend l'histoire de S.Ferguson... - A.-E.Lemoine: L'ex-duchesse d'York, l'épouse de l'ex-prince Andrew. - J.André: Oui.
On sait qu'il a par exemple payé son loyer quand elle était en difficulté à hauteur de 20 000 dollars. On sait qu'ils avaient une relation très amicale. A un moment donné, elle s'est dit qu'il était quand même assez toxique et que ce serait une bonne idée de prendre ses distances.
La presse britannique dit que son entourage dit qu'il l'avait appelée au téléphone et l'avait menacée, si jamais elle le lâchait, de se venger et de détruire sa vie. Si vous multipliez ça par le nombre de responsables à qui il a pu rendre des services, ça fait un réseau d'influence très important. - A.-E.Lemoine: Il y a tout et n'importe quoi, dans ces dossiers.
Tout était susceptible de l'intéresser, y compris la création du moindre fonds d'investissement ou de la moindre boîte de production audiovisuelle, sans même que les intéressés soient contactés. Ca explique que votre nom, Pierre, apparaisse 2 fois dans des documents archivés par Epstein. - P.Lescure: Oui.
On lui signalait des nouvelles sociétés de production, spécialement en Angleterre et en France. Mon nom a été cité 2 fois, une fois par rapport à Canal+ et une autre fois pour du cinéma. - A.-E.Lemoine: D'où l'importance de ne pas surinterpréter ces documents.
C'est un carburant à complotisme? - J.André: Oui, un carburant extraordinaire.
En termes de complotisme, c'est le cas d'école. Votre nom y est 2 fois, celui d'E.Macron y est 240 fois...
Mais quand on regarde les documents, on va trouver des résultats de sondages à la sortie des urnes, puis des résultats d'élections. En fait, il s'informe. Il faut se souvenir qu'il est un trader.
Il a beau faire du business. Il s'intéresse à tout ce qui peut lui servir. - P.Cohen: Il est aussi là apparemment pour compromettre.
C'est le témoignage d'un cinéaste français, M.Hazanavicius, dont on retrouve le nom dans les dossiers. Il dit qu'effectivement, ils se sont parlé plusieurs fois.
Plusieurs fois, et puis il lui a demandé si on pouvait trouver une belle fille à Paris, pour aller dîner... - A.-E.Lemoine: Il espérait une réponse pour le faire chanter après? - P.Cohen: Hazanavicius dit qu'il a bien senti qu'on essayait de l'entraîner dans des choses assez glauques.
Il a coupé les ponts avec Epstein. - E.Tran Nguyen: Je crois que Trump est cité plus de 38 000 fois dans ces dossiers...
Mais lui, il voudrait qu'on tourne la page. ... - E.Tran Nguyen: On se dit que Trump cherche à éviter quoi?
Il y a un document précis qui pourrait le viser dans ces dossiers Epstein? - J.André: On n'en sait rien.
C'est valable pour Trump mais aussi pour Clinton. Les Américains adorent le smoking gun, le truc imparable...
Si vous prenez toutes les photos, tous les textes, si vous passez du temps sur ce site Internet...
D'abord, c'est très pénible d'y faire des recherches. Si on avait voulu noyer le poisson, on ne s'y serait pas pris autrement. Et c'est tellement caviardé que c'est difficile de trouver quelque chose de conclusif.
Si vous regardez, il y a une photo de Clinton avec une femme sur les genoux. OK...
On a une photo de lui dans une piscine...
On voit maintenant Epstein dans une cuisine avec 4 carrés noirs...
Il a pu y recevoir ses petits-neveux...
Qu'est-ce que ça prouve? Ca prouve des liens, des faits, des gens qui continuent à le voir une fois qu'il a été condamné, mais est-ce que ça prouve une participation à des choses illicites? Ce n'est pas évident. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.
Vous restez avec nous. On passe au 5/5. Le collégien qui a poignardé sa professeure explique avoir agi parce qu'il avait trop de haine. - L.Sénéchal: C'est ce qui ressort de sa première audition par les enquêteurs.
L'adolescent de 14 ans dit avoir prémédité son geste. Il reprochait à sa professeure d'arts plastiques d'avoir inscrit noir sur blanc dans son dossier plusieurs incidents concernant des problèmes de comportement. Il a donc pris un couteau dans sa cuisine.
Il dit qu'il fallait qu'il le fasse parce qu'il avait "trop de haine". Il a poignardé 4 fois son enseignante en plein cours, devant une vingtaine de camarades. Elle est toujours dans un état préoccupant.
L'émotion reste vive à Sanary-sur-Mer. - J'ai toujours mon cerveau qui me remet les images en tête. Je revois ma prof par terre, le visage en sang.
Quand je suis rentré, j'ai dit à mes parents que je ne me sentais pas bien depuis que j'ai vu que ma prof s'est fait poignarder. Elle était en sang dans la salle. Je suis traumatisé. - Quand je suis rentrée, elle était couchée dans mon lit.
Ca fait longtemps que ma fille de 11 ans ne dort plus avec moi. Mais elle m'a dit qu'elle en avait besoin. Elle n'a pas réussi à me quitter. - L.Sénéchal: Le ministre de l'Education s'est rendu sur place hier soir.
Il était encore ce matin auprès des enseignants et des collégiens. Les cours sont toujours suspendus au collège. L'adolescent est toujours en garde à vue.
Il était sous le coup d'une procédure d'assistance éducative après des suspicions de violence parentale sur sa soeur. Un rendez-vous devait avoir lieu demain avec les services de la protection judiciaire de la jeunesse. Une trop longue prise en charge, a dit le garde des Sceaux.
Il a fallu 4 mois pour obtenir ce rendez-vous. Il voudrait que ce type de délai soit réduit à 2 semaines seulement. - A.-E.Lemoine: Vapoter présente des risques pour la santé. - L.Sénéchal: C'est la conclusion d'une étude de l'Anses.
La cigarette électronique s'est fait une place dans notre environnement, en 15 ans. Un tiers des 3 millions de Français qui vapotent le font depuis plus de 4 ans. La conclusion de l'Anses, c'est qu'on inhale des substances nocives.
Il y a notamment une grosse centaine de substances préoccupantes, qui ont des risques sur le rythme cardiaque ou les maladies pulmonaires chroniques. Les premiers concernés sont parfois surpris. - Des substances préoccupantes, le nombre m'a effrayée. - Il y a un sujet avec le liquide qu'on va mettre dedans.
Il y a des liquides plus nocifs. - Je fais du footing. Je suis plus souvent essoufflé. - C'est encore pire que ce que je pensais. - Malgré tout, je pense que c'est moins dangereux que la cigarette classique. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, F.André.
Vous êtes cancérologue, directeur de recherche à l'institut Gustave-Roussy. Pourquoi vapoter peut être mauvais pour la santé? On risque moins qu'avec la cigarette et le cancer du poumon, mais on risque quand même? - Pr F.André: Il y a 2 questions différentes.
D'abord, le pourquoi. Il y a là-dedans des composés chimiques. Et ensuite, il y a potentiellement une inflammation des bronches.
Sur le long terme, ça peut avoir des conséquences. Il y a aussi la comparaison et l'évaluation du risque de cancer. C'est beaucoup trop tôt pour évaluer.
Ca fait peu de temps que les personnes vapotent. On n'a pas le recul suffisant. Par ailleurs, souvent, on vapote puis on fume, puis on vapote...
Ca crée ce qu'on appelle des éléments confondants pour faire des analyses statistiques. - A.-E.Lemoine: C'est sûr que ça reste un outil pour arrêter la cigarette? - Pr F.André: Il est probable que le risque soit beaucoup moins important quand on vapote.
Faut-il le promouvoir ou pas? Les données aujourd'hui sont vraiment trop précoces. - P.Cohen: Il est avéré que la baisse de la consommation de tabac est due en grande partie à la pratique du vapotage.
C'est un des facteurs, en tout cas. - Pr F.André: Il y a aussi d'autres facteurs, qui ont été mis en place depuis plusieurs décennies, dont le prix, les taxes.
Il y a d'autres éléments pour éviter que nos concitoyens fument du tabac. Vapoter, sur le long terme, on ne sait pas ce que ça fait. C'est trop récent. - A.-E.Lemoine: Aujourd'hui est la Journée mondiale de lutte contre le cancer.
Il y a de bonnes nouvelles? - L.Sénéchal: Oui, et si on guérissait tous les cancers?
Aux Etats-Unis, le taux de survie à 5 ans après le diagnostic est passé à 70 %. C'était 20 points de moins il y a 50 ans. En France, il pourrait même grimper à 80 % en 2040 grâce à plusieurs avancées majeures comme l'IA.
Ce radiologue américain n'en revient pas du niveau de précision de l'IA. ... - A.-E.Lemoine: C'est une excellente nouvelle, l'IA?
C'est un docteur augmenté? - Pr F.André: Exactement.
Première application, c'est l'automatisation. On automatise des tâches. Donc c'est plus rapide.
Ca peut peut-être régler certains problèmes d'inégalité d'accès aux soins. 2e application, c'est améliorer les performances de la prédiction. Dans le futur, on pourra peut-être mieux prédire quel patiente a un risque élevé de faire des rechutes de cancer du sein. 3e pilier de l'IA, sur le beaucoup plus long terme, c'est analyser toutes les données de chaque patient, voir en fonction de la connaissance qui existe partout et pouvoir conseiller le médecin sur des traitements personnalisés.
Ce sont les 3 orientations, en plus d'être un formidable outil pour la recherche en elle-même, comme élément de découverte. - L.Sénéchal: Notamment dans le diagnostic.
La France veut monter en puissance sur le dépistage du cancer du poumon. Ca va concerner 20 000 Français de 50 à 74 ans à partir du mois prochain, avant la généralisation du dépistage. Ce serait sur le modèle du cancer du sein?
Qui serait concerné par la généralisation de ces dépistages? - Pr F.André: Il est important de rappeler aux personnes qui nous regardent pourquoi on dépiste.
Le pilier de la guérison du cancer, c'est la détection précoce. Plus un cancer est détecté tôt, plus il est possible qu'on le guérisse. C'est très important.
C'est ce qu'il y a derrière tous les dépistages. Concernant le cancer du poumon, on parle d'une boule dans le poumon. Plus c'est détecté tôt, plus on peut le guérir.
Les études ont comparé des scanners. - L.Sénéchal: L'idée serait que tous les Français, à partir de 50 ans, hommes et femmes, aillent faire des radios? - Pr F.André: Pour le dépistage, il faut cibler la population.
Sinon, ce n'est pas faisable. On veut être précis. Là, les premières étapes, ce sera chez des patients et des patientes fumeurs.
Ensuite, l'objectif est de mieux comprendre à quels patients il faut faire le dépistage. - L.Sénéchal: Attention à ne pas tomber non plus dans une diabolisation des traitements.
On est à l'ère des réseaux sociaux et de la désinformation. Je lisais tout à l'heure une dépêche AFP. Une de vos collègues de l'institut Gustave-Roussy est citée.
Tous les jours, elle a des patients qui viennent et qui lui disent qu'ils sont dubitatifs sur les traitements qu'on leur propose, parce qu'ils ont accès à de la désinformation. Ca vient gêner votre travail? - A.-E.Lemoine: Il paraît qu'on peut se débarrasser du cancer en utilisant des huiles essentielles et en mangeant cru... - Pr F.André: Mon expérience à moi est un peu biaisée.
Mais il y a des patients qui viennent. Ils ont eu des informations diverses. On discute avec eux de quel est l'état des lieux de la science.
Ce que je ne sais pas, et ça fait partie des sciences humaines et sociales, c'est quel est le pourcentage de patients en France qui n'ont pas pu avoir accès à un traitement standard en temps et en heure, parce que ce phénomène existe. - L.Sénéchal: Ce serait plutôt résiduel, à vous entendre? - Pr F.André: De ce que je vois moi, dans ma consultation, je n'ai pas l'impression que les patients que je vois aujourd'hui ne prennent pas de traitement à cause de ça.
En tout cas, pas en grande quantité. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.
Dans l'actualité, Antibes est méconnaissable après un violent orage de grêle. - L.Sénéchal: On se croirait dans une station de ski et pas sur la Côte d'Azur!
Il est tombé un mois de pluie en quelques heures, de quoi transformer les rues en torrents et de quoi recouvrir les trottoirs d'un blanc manteau. Le déluge n'a duré que 3 heures, mais assez pour que les voitures se retrouvent à 2 doigts de noyer leur moteur. Elles ont roulé dans près d'un mètre d'eau à cet endroit.
Il y a eu des éclairs, du tonnerre. La pluie s'est infiltrée partout, à l'intérieur de parkings et de certains salons. Il a fallu sortir la tractopelle pour évacuer toute la grêle.
Certains ont pris de bonnes vieilles pelles. Une ambiance alpine inédite, selon les habitants. - Ca fait 21 ans que je suis là.
J'avais vu un peu de neige, mais un épisode avec autant de grêle, jamais! - Je travaillais et je n'ai pas pu rentrer du travail, à 22h. - Il est temps de faire du ski! - A.-E.Lemoine: Quand le visage de G.Meloni apparaît sur un ange peint dans une église de Rome... - P.Lescure: Sur une fresque récemment restaurée, dans la chapelle d'une basilique en plein coeur de Rome.
On vous a fait un avant/après. On dirait vraiment G.Meloni, c'est impressionnant.
L'artiste jure que non. Il se trouve qu'il a 83 ans. C'est un peintre amateur et ancien néofascistes.
Face à la polémique, il a fini par avouer que c'était bien Meloni...
Ca n'a pas plu à l'Eglise elle-même, qui lui a demandé d'effacer cette fresque, ce qu'il a fait. - A.-E.Lemoine: Il paraît qu'on a tous un sosie en peinture. - L.Sénéchal: Il y a même une appli qui permet de le trouver. - A.-E.Lemoine: Merci, J.Fourquet, docteur F.André et J.André.
Marine Le Pen