La bourse cash : "Cet été, gardez une exposition totale !" - 08/07
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il nous rejoint David Crucq, bonjour David. Bonjour Guillaume, bonjour Antoine. La financière de l'échiquier est bienvenue, il est 15h45, vous allez face à ces marchés, rendre votre verdict et le prononcer dans un instant. Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
Je l'assume. On vous écoute. Cet été, garder une exposition totale. Ah, c'est joli. Pas d'écran total, surtout pas. En bourse, il faut garder une exposition totale. Protection solaire, oui. Protection de marché, non. Oui. Donc effectivement, c'est intéressant toujours. En début d'été, on se pose des questions sur la tendance des marchés et le début juillet est un petit peu complexe. On a un grand changement entre cet élargissement qu'il y a dans le momentum. Vous avez évidemment démontré de nombreuses fois qu'il y avait des titres qui avaient énormément progressé.
Sur les derniers mois, tout le monde était focalisé sur les semi-conducteurs, sur la mémoire, sur la Corée, qui ont fait des progressions absolument fantastiques. Et depuis le MOU qui a été signé entre l'Iran et les États-Unis, on a un changement de titres et de secteurs et de zones géographiques qui est assez important. Et c'est ce qu'on appelle le factor momentum. Et depuis le début juillet, ce facteur s'est complètement retourné et a mis un peu de stress dans les marchés. Mais ce stress-là, pour moi, c'est une chance unique, encore une fois, de voir les marchés aller plus haut. Pourquoi, Guillaume ? Parce que là, on est en train d'avoir une rotation des marchés.
Mais on n'a pas une évaporation, c'est-à-dire l'argent ne quitte pas les marchés. Il change juste de secteur, il change de valeur, il change de zone géographique, rien de grave. On gomme un peu l'hystérie. Vous vous rappelez que la Corée avait pris 90%, la volatilité en Corée est à 85%.
Antoine, le Kospi, ce matin, l'indice de Séoul a encore reculé. Le Kospi qui, maintenant, est en bear market. En bear market, oui, on perd 20% depuis les derniers plus hauts.
On est à combien en hausse cette année ? Ah, on reste en très forte hausse, bien sûr.
Ah oui, mais c'est ça.
Non, mais c'est ça qu'on essaie de prouver. On va voir d'où on vient, on est d'accord. C'est qu'effectivement, l'indice des semi-conducteurs, l'indice des moires a fait des progressions fantastiques. Et c'était bien, et je trouve que c'est sain. C'est ça que j'essaie de dire, de montrer qu'on rebaisse sur des indices qui ont pris 100% avec des volatilités à 85%. Donc ça, c'est une forme de rééquilibrage extrêmement sème. On gomme cette hystérie, et ça, c'est positif. Après, il faut savoir que début juillet, systématiquement, les traders, alors ça paraît un peu bateau comme réflexion, mais les traders débouclent leurs positions, Guillaume.
C'est-à-dire qu'il y a systématiquement, les positions gagnantes sont vendues, on part plus sereinement en vacances, donc toutes les positions qui ont été très gagnantes sont ressorties des marchés. Et on le voit traditionnellement, nous qui sommes au cœur des marchés, on voit ces traders sortir leurs positions, et c'est exactement ce qui se passe. D'ailleurs, le facteur momentum, dont je viens d'expliquer, systématiquement au mois de juillet, il a tendance à baisser. Le juillet, c'est un mois fantastique pour les marchés. On monte systématiquement, je crois que le pire mois de juillet, c'est plus 1,1 sur les dix dernières années. C'est extraordinaire.
Mais le facteur momentum, par contre, est en baisse, c'est-à-dire qu'il y a une saisonnalité connue pour cette sortie dans les marchés. Et puis, c'est vrai que les marchés ont déjà gagné 10%. Guillaume, c'est à peu près la performance annuelle qu'on a systématiquement sur le marché américain. Donc, on peut se poser la question de la suite des événements. Et puis, pour finir, on cherche des faiblesses systématiquement. On a un petit peu de temps de latence avant les résultats du second trimestre. Donc, pendant ce temps-là, effectivement, on cherche à créer de façon éphémère des dips, ce qui nous permet, nous, traders, de revenir dans le marché.
Donc, la forme, elle n'est pas si mauvaise, en tout cas.
Alors, très bien, sur le mementum, etc. Momentum, plutôt. Momentum, oui. Les publications vont arriver, quand même, là, dans quelques jours. Il y a des attentes extrêmement élevées sur ces publications. Ce sera un déclencheur de quoi, d'après vous, quand même, de petites respirations à la baisse ou de poursuites à la hausse ?
Ça, c'est une vraie bonne question. Je pense qu'il y aura déjà l'inertie du premier trimestre. Rappelez-vous, Guillaume, on a anticipé plus de 12% sur la croissance des bénéfices par action au premier trimestre. On est sorti de ce trimestre à plus de 28. Donc, vraiment, il y a eu un effet résultat exceptionnel. Et il y aura de l'inertie sur le deuxième trimestre. Donc, on aura des résultats qui seront probablement au-delà de 20%. Maintenant, c'est vrai que la barre est haute, puisqu'on anticipe 20% de progression aux États-Unis des résultats du S&P. La seule chose que je veux dire qui est intéressante, c'est l'effet Samsung. C'est ça qui peut faire un petit peu peur.
Parce que Samsung a sorti des résultats, le résultat opérationnel fois 19, mais on a perdu 8%. Donc, c'est un peu comme, d'ailleurs, l'effet Nvidia qui, sur les 11 dernières publications, a baissé de 10. Donc, la conclusion, c'est est-ce qu'on aura ce qu'on appelle des price actions, c'est-à-dire la performance des titres après résultats, qui sera vraiment bonne, ou est-ce que, comme Samsung, les attentes sont très élevées, le marché est très positionné et on a un risque de baisse ?
Est-ce que la géopolitique pourrait un peu casser ce que vous êtes en train de nous dire ? On a un retour aujourd'hui du risque, le pétrole remonte fort, les taux obligataires, du coup, sont embarqués à la hausse. Est-ce que ça, il faut en avoir peur ?
Non, pas pour l'instant, en tout cas. Il faudra en avoir peur après les mid-terms. Je pense que, d'ici les mid-terms, Trump fera du stop and go. Il va retenir son fusil. Je pense que son idée, quand même, c'est d'essayer de perdre le moins gravement possible ces élections. Par contre, après les mid-terms, je pense qu'effectivement, la situation sera beaucoup plus délicate. Donc, acheter des valeurs pétrolières en octobre sera probablement un call intéressant.
Bon, David, on parle beaucoup, là, ces derniers jours, ces dernières semaines, d'une rotation sectorielle, sans doute, rotation géographique aussi, vers l'Europe. Est-ce que l'Europe peut en profiter ? Est-ce que c'est le moment de l'Europe ? On se pose à peu près la même question à chaque fois que c'est le milieu de l'année. Mais est-ce que là, pour le coup, il y a des signes qui montrent que les flux sont en train de revenir un petit peu vers nous ?
Alors, sportivement, c'est l'année de l'Europe, puisqu'on a six équipes en quart de finale de la Coupe du Monde. Donc, au moins, sportivement, on y est. Bon, ok, ce n'est pas la question, excusez-moi. C'est qui, les deux autres ?
C'est l'Argentine. Oui, bien sûr. Et nos auditeurs sauront sans doute. La Suisse, me dit Chris en régime, notre truciste. Non, la Suisse. Si c'est la Suisse, elle a battu la Colombie hier soir. Oui, mais il y a un deuxième pays hors Europe qui est... Ah, oui, d'accord, pour vous, la Suisse. Mais oui, bien sûr. La Suisse est européenne. Pardon ? Alors, attendez, Chris me parle dans l'oreille. C'est le Maroc. Voilà, bien sûr, France-Maroc, bien sûr. Voilà, merci. Comment on n'y a pas pensé, c'est demain en plus, le Maroc ? Bon, allez-y, allez-y. La renaissance de l'Europe, c'est la question, Antoine.
En tout cas, en bourse, en bourse. Tous les ratios de révision à moi sont passés en territoire positif en Europe. C'est-à-dire qu'on révise maintenant à la hausse, que ce soit les résultats, les ventes, les dividendes, les capex, les share buy-back. Donc, on a une croissance attendue sur le premier semestre de 11%. Donc, très clairement, l'Europe is back et le M&A aussi est en très forte augmentation. Ça, c'est quand même très significatif et important. Il y a près de 390 milliards de dollars depuis le début de l'année d'opérations sur les entreprises européennes. Et ça aussi, c'est une très bonne nouvelle.
Donc, ce n'est pas l'Europe contre les États-Unis, mais c'est l'Europe avec les États-Unis, sur un portefeuille plus diversifié, avec un retour. En tout cas, on peut gommer la sous-pondération sur l'Europe, ça me paraît clair.
Les marchés actions sont quand même une source d'enrichissement pour pas mal de particuliers, surtout aux États-Unis, bien sûr, puisqu'ils sont très exposés à Wall Street. Mais ici aussi, en Europe, on le voit quand même. Est-ce que l'effet patrimoine, l'effet richesse lié au marché peut devenir, on a un moins d'un an maintenant de la présidentielle en France, par exemple, mais aussi aux États-Unis, les militaires, tout ça, un vrai enjeu politique ? De plus en plus, la bourse au cœur des enjeux politiques.
Guillaume, je suis totalement d'accord avec ça. Un investisseur, c'est un consommateur, mais c'est aussi un électeur. Donc, il faut soigner la bourse, parce qu'aujourd'hui, c'est le endroit où vous pouvez augmenter votre patrimoine. Et en plus, dans cette nouvelle génération qui adore ce genre de thème, c'est ce qu'il y a de plus liquide. Vous récupérez votre argent à deux jours ou à cinq jours maximum. Essayez de vendre un appartement aujourd'hui, et dans combien de temps vous allez avoir votre argent. Donc, de façon générationnelle, oui, et d'un pan de vue électeur, évidemment, donc socialement et économiquement, pour un gouvernement, c'est maintenant central.
Donc, il ne faut pas que les marchés baissent, c'est aussi un enjeu politique.
Et votre message, c'est qu'il faut rester cet été exposé au marché. Absolument, restons exposés. Exactement, pas d'écran solaire en bourse, en dehors, oui. Non, aucun écran solaire. La financière de l'échiquier à nos côtés. Bon retour, David. Bon été. Je pense qu'on ne se voit pas avant la rentrée, puis on vous retrouvera à la rentrée avec grand plaisir. Le CAC, merci à vous.