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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 avril 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleLogementInstitutions & élections

Patrick Kanner

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteÉludée

    Est-ce que vous n'êtes pas en train de perdre sur les deux tableaux ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Les mesures qui ont été présentées hier étaient dans vos cartons, Patrick Cannaire ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Et la prolongation des bourses au-delà de la période d'étudiants, avant l'entrée dans la vie active ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Et c'est pour amadouer les jeunes, ou en espérant amadouer les jeunes, que votre collègue Jean-Marie Le Guen appelle à mettre fin à la prohibition du cannabis ?

  • 3:17RelanceRéponse directe

    Vous avez dépêché des conseillers Place de la République, des infiltrés au sein de la foule de Nuit Debout, comme le raconte le Parisien ce matin.

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Vous avez des solutions pour inverser cette tendance, Patrick Cannaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:06Invité politiqueChiffre
    « Face à la grogne des jeunes, vous avez sorti hier le carnet de chèques, 500 millions d'euros, et une taxe sur les CDD »
  • 0:11Invité politiqueFait
    « une taxe sur les CDD, de telle sorte que vous avez mis le feu au patronat sans éteindre l'incendie chez les étudiants »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Égalité et citoyenneté, c'est le nom du projet qui sera présenté demain au Conseil des ministres, puis ensuite lors d'un conseil interministériel à Vaud-en-Velin »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « et qui est présenté comme la réponse législative au constat fait par le Premier ministre il y a un peu plus d'un an sur l'apartheid territorial, social et ethnique »
  • 5:22Invité politiqueChiffre
    « Le constat d'échec, c'est aussi celui du secours catholique. Vous avez vu ce rapport hier sur l'Île-de-France, région la plus riche et la plus inégalitaire, 15% de la population, 1,8 million qui disposent de moins de 1000 euros par mois »
  • 5:53PrésentateurChiffre
    « La politique de la ville, aujourd'hui, s'adresse à 1500 quartiers, pour 5 millions et demi d'habitants, qui sont parmi les plus pauvres de notre pays »
  • 7:15PrésentateurPromesse
    « Nous allons créer l'agence France Entrepreneurs, qui vise aujourd'hui à créer de manière endogène, à l'intérieur des quartiers, de la richesse économique »
  • 8:07PrésentateurPromesse
    « C'est aussi la création d'un congé d'engagement pour ceux qui sont déjà impliqués dans le secteur associatif, qui sera opposable et négociable dans l'entreprise »
  • 8:15PrésentateurChiffre
    « six jours fractionnables par demi-journée »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Patrick Kanner24 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.

0:05
Patrick Kanner

Bonjour Patrick Cannaire. Bonjour. Face à la grogne des jeunes, vous avez sorti hier le carnet de chèques, 500 millions d'euros, et une taxe sur les CDD, de telle sorte que vous avez mis le feu au patronat sans éteindre l'incendie chez les étudiants. Est-ce que vous n'êtes pas en train de perdre sur les deux tableaux ?

0:19
Présentateur

Sûrement pas. Vous savez, je crois qu'on peut mesurer le degré de civilisation d'une société à la place qu'elle fait non pas aux personnes âgées, c'était souvent l'expression qui était consacrée, mais aussi à la jeunesse. Et aujourd'hui, je pense que nous avons entendu les jeunes, nous l'avons déjà fait depuis le début du quinquennat. Les préoccupations des jeunes...

0:39
Patrick Kanner

Sauf que là, ce paquet jeunesse semble avoir été improvisé, il n'était pas... Pas du tout, vous savez, moi je... Il aurait pu être proposé ou négocié plus tôt, non ?

0:45
Présentateur

Je consulte les jeunes depuis de nombreux mois, y compris pour mettre en oeuvre mon projet de loi Égalité-Citoyenneté, et j'ai pu vous dire que les demandes des jeunes sont connues et reconnues. Qu'est-ce que cherche le jeune ? Un emploi, naturellement. De l'autonomie au travers du logement et des conditions de vie, et aussi un sens à la vie de ces mêmes jeunes. Et donc je crois qu'on a répondu globalement à ces préoccupations hier, mais on n'a pas tendu hier. Si je reprends chacun de ces items, sur l'emploi, la garantie jeune, étendue, les emplois d'avenir, tout cela a existé précédemment.

1:20
Patrick Kanner

Les mesures qui ont été présentées hier étaient dans vos cartons, Patrick Cannaire ?

1:24
Présentateur

Oui, bien sûr, notamment sur deux d'entre elles. L'extension de la CMU aux jeunes qui n'en avaient pas, la CMUC, la complémentaire très concrètement, ou l'extension de la garantie location. C'était des sujets que moi j'espérais voir venir dans le cadre du débat parlementaire autour de mon projet de loi Égalité-Citoyenneté. Ce qui veut dire que nous ne sommes pas surpris ni par les demandes, ni par les réponses.

1:46
Patrick Kanner

Et la prolongation des bourses au-delà de la période d'étudiants, avant l'entrée dans la vie active ?

1:52
Présentateur

Ça c'est une négociation, c'est vrai, que nous avons eue pas plus tard que mercredi dernier. Et on a trouvé que c'était très bonne. Et dans ce cadre-là, on l'a bouclée sur le plan financier, et on la met aujourd'hui en œuvre. Vous savez, négocier, c'est une sorte de contrat, gagnant-gagnant. On ne peut pas avoir raison sur tout, tort sur tout. Nous avons trouvé manifestement un bon accord hier, chiffré en tant que tel, qui correspond aux besoins des jeunes. J'ai bien entendu que quelques organisations syndicales de jeunes, ou de jeunes en tant que tels, ne voulaient pas lâcher le morceau, permettez-moi l'expression, sur la loi travail portée par Myriam El Khomri.

C'est leur droit le plus strict. Mais hier, comme l'a dit Emmanuel Valls, nous avons négocié globalement sur les problématiques de la jeunesse, et pas sur tel ou tel point.

2:35
Patrick Kanner

Et c'est pour amadouer les jeunes, ou en espérant amadouer les jeunes, que votre collègue Jean-Marie Le Guen appelle à mettre fin à la prohibition du cannabis ?

2:43
Présentateur

Tout d'abord, je n'aime pas l'expression amadouer, M. Cohen, je vous le dis très directement. Je pense qu'il faut respecter les jeunes, comme les jeunes nous ont respecté dans la négociation.

2:50
Patrick Kanner

La ficelle paraît un peu grosse, pardon, dans ce moment de grogne et de contestation.

2:55
Présentateur

Je vais vous répondre d'abord, globalement, sur les mesures qui nous ont pris hier, on n'a pas amadoué les jeunes, on a travaillé avec eux pour trouver des bonnes solutions. Sur la proposition, en tout cas la réflexion de Jean-Marie Le Guen, elle n'engage que lui. Elle n'engage que lui, de manière sincère, je crois qu'il faut lui reconnaître cette sincérité. Mais le débat n'existe pas au sein du gouvernement, il a été tranché par le président de la République et par le Premier ministre. Ce débat n'est pas d'actualité.

3:17
Patrick Kanner

Vous avez dépêché des conseillers Place de la République, des infiltrés au sein de la foule de Nuit Debout, comme le raconte le Parisien ce matin.

3:25
Présentateur

Écoutez, vous avez de bonnes lectures. Moi, je ne suis pas allé voir les jeunes Place de la République, les jeunes et les moins jeunes d'ailleurs, mais je respecte leur mouvement. Mais j'ai des collaborateurs qui sont jeunes, qui sont intéressés par le mouvement, qui sont allés sur place. Non pas pour infiltrer ou pour surveiller, mais simplement par intérêt personnel. Alors, que vous ont-ils raconté ? Ils me disent que c'est un mouvement qui est intéressant sur le plan intellectuel, sur le plan politique. Moi, je le regarde avec, non pas sympathie, mais avec intérêt réel, à condition qu'ils respectent naturellement les règles et les lois de la République.

C'est-à-dire qu'on ne peut pas occuper indéfiniment un espace public. Il y a d'autres moyens de s'exprimer dans ce pays. Mais quand j'étais président du Conseil Général du Nord, il n'y a pas très longtemps, j'avais mis en place des processus de démocratie participative. La création de conseils cantonaux de concertation, l'élaboration d'ateliers citoyens pour porter des politiques publiques au sein du département. Moi, je n'ai pas peur de la démocratie participative, de la démocratie collaborative, à condition qu'elle respecte un minimum de règles pour qu'elle soit productive. Et ça pourrait déboucher sur quoi ?

Une écoute, une écoute permanente, sous différentes formes, à condition, naturellement, que ça n'apparaisse pas comme systématiquement contre la démocratie représentative qui est portée par les élus. C'est la limite du mouvement ? La limite, c'est l'élection. Il ne faut pas... La limite, c'est l'élection. C'est-à-dire que si ce mouvement estime qu'il a des choses à dire et qu'il a à apporter, peut-être que c'est en allant jusqu'à l'élection que les choses peuvent se dérouler. Mais ce n'est pas encore, manifestement, leur priorité.

5:01
Patrick Kanner

Égalité et citoyenneté, c'est le nom du projet qui sera présenté demain au Conseil des ministres, puis ensuite lors d'un conseil interministériel à Vaud-en-Velin, et qui est présenté comme la réponse législative au constat fait par le Premier ministre il y a un peu plus d'un an sur l'apartheid territorial, social et ethnique. Le constat d'échec, c'est aussi celui du secours catholique. Vous avez vu ce rapport hier sur l'Île-de-France, région la plus riche et la plus inégalitaire, 15% de la population, 1,8 million qui disposent de moins de 1000 euros par mois, avec des poches de misère où la pauvreté s'ajoute à la pauvreté d'Île-secours catholique.

Vous avez des solutions pour inverser cette tendance, Patrick Cannaire ?

5:44
Présentateur

L'une des solutions, c'est notamment la politique de la ville que je porte, qui va trouver d'ailleurs une réponse législative dans ce projet de loi. La politique de la ville, aujourd'hui, s'adresse à 1500 quartiers, pour 5 millions et demi d'habitants, qui sont parmi les plus pauvres de notre pays. C'est un constat, personne ne le nie. Après, la question, c'est, une fois qu'on a nommé les choses, il faut agir. Il faut agir sur tous les plans, sur tous les plans, la rénovation urbaine, parce qu'on en a besoin dans ces quartiers.

C'est plus de mixité sociale en imposant que les villes qui n'ont pas encore assez de logements sociaux construisent ces logements sociaux, soit de manière volontaire, malgré l'imposition de la loi, soit parce que le préfet va se substituer à ces villes en tant que besoin.

6:26
Patrick Kanner

Vous avez l'impression que ça a progressé ces dernières années ? On sort d'une période où la région Île-de-France a été gouvernée pendant plus de 15 ans par une majorité de gauche, et voyez le constat d'échec dressé par le Secours catholique.

6:37
Présentateur

C'est un constat d'échec en demi-teinte, permettez-moi de le dire, puisque le Secours reconnaît qu'il y a eu des avancées, mais qu'on est encore loin du compte dans certains secteurs de l'Île-de-France. Donc, l'Île-de-France n'est pas la France, permettez-moi de le dire. Il faut reconnaître les succès ailleurs dans ce pays. La mixité sociale ne s'impose pas. Elle s'impose, y compris par des mesures de conviction. Comment je vais vous dire cela ? Quand on dit qu'il faut développer le secteur économique à l'intérieur des quartiers prioritaires, pour ne plus les rendre dépendants de la bonne volonté d'autres partenaires économiques, c'est une réponse.

Nous allons créer l'agence France Entrepreneurs, qui vise aujourd'hui à créer de manière endogène, à l'intérieur des quartiers, de la richesse économique. Quand on offre des emplois aux jeunes dans ces quartiers, au travail des emplois d'avenir, quand on développe le service civique, quand on permet l'accès à des contrats spécifiques d'insertion directe dans le monde de l'entreprise dans ces quartiers, on répond aujourd'hui à la demande de ces quartiers, et à la lutte contre la ségrégation. Ce dont souffrent ces quartiers, c'est une forme de discrimination qui est insupportable, et c'est l'intervention publique qui permettra de la corriger.

7:49
Patrick Kanner

Un mot sur le volet citoyenneté, vous allez proposer les mesures, et quels objectifs sur la réserve citoyenne, l'engagement citoyen que vous voulez favoriser ?

7:58
Présentateur

La culture de l'engagement passe par différents supports. Le service civique et son développement est spectaculaire aujourd'hui dans notre pays. C'est aussi la création d'un congé d'engagement pour ceux qui sont déjà impliqués dans le secteur associatif, qui sera opposable et négociable dans l'entreprise, six jours fractionnables par demi-journée. Ça, ce sont des choses extrêmement concrètes. La citoyenneté comme étant une réponse aujourd'hui au phénomène de relégation. La réserve citoyenne qui sera créée officiellement dans ce projet de loi.

Voilà toute une série de mesures qu'il faut rendre cohérentes pour considérer que la citoyenneté est un rempart contre tous les populismes et contre tous les radicalismes.

8:39
Patrick Kanner

Patrick Cannaire, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. On peut aussi parler des sports, si vous le souhaitez. Chers auditeurs de France Inter qui nous appelaient au 01 45 24 7000. Vous aurez la parole dans quelques minutes. Il est 8h31. Sous-titrage Société Radio-Canada

8:53
Locuteur

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