Réforme des retraites, mobilisation, racisme et IVG... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laure Lavalette
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Bonjour Laure Lavalette, cette nuit à l'Assemblée Nationale, les oppositions se sont unies pour faire tomber l'article 2 du projet de réforme des retraites. C'est celui qui prévoyait la mise en place d'un index pour recenser les seniors dans les entreprises. C'est votre victoire ou c'est celle de la gauche ?
C'est la victoire des oppositions, mais ça fait très longtemps que le groupe auquel j'appartiens a dit qu'il faut aller passer plus vite. Vous savez, ça va sûrement être un cavalier une fois que ça va passer devant le Conseil Constitutionnel. Donc d'une part, cet index n'a rien de révolutionnaire et ne va absolument pas améliorer l'employabilité des seniors. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que figurez-vous que les entreprises, simplement d'avoir à faire une déclaration sur votre site internet pour dire le nombre de seniors que vous avez, globalement, c'est un peu comme quand vous mettez la charte de la laïcité dans les lycées, ça n'a pas fait changer la face du monde.
Donc c'était en fait un gadget un peu superfétatoire, mais qui nous a fait perdre un temps fou. On a déjà perdu 7 heures sur 28 en commission avec cet index et là on y a passé plus de 2 jours et demi, mais nous avons fini par mettre évidemment le gouvernement en difficulté.
Nous, c'est l'alliance du RN et la NUQ.
Ce n'est pas une alliance, vous savez, c'est une opposition. Effectivement, il y a la majorité. Une opposition. C'est évidemment tous ceux qui ne veulent pas de cette réforme injuste, illégitime, antisociale. Donc ça n'est pas une alliance de circonstances, c'est simplement que nous ne voulons pas de cette réforme. Et donc effectivement, nous avons gagné avec une partie aussi des Républicains hier.
Vous dites que l'index senior aurait été un gadget. Est-ce que vous préférez les exonérations de charges aux entreprises comme le propose la droite, c'est-à-dire encore de l'argent pour les entreprises ?
En fait, ce qu'il faut, c'est ne pas contraindre les entreprises tout en ayant envie évidemment que les seniors puissent continuer à être embauchés. Et nous avions déposé un amendement, l'amendement de mon collègue Cato, qui proposait que le senior ait un statut de salarié protégé. Voilà, déjà, pour ne pas qu'on puisse le licencier sans passer, par exemple, devant l'inspecteur du travail. Ça, c'était à partir de 55 ans. Et juste avant, il y avait, pour éviter l'effet de seuil, de 50 à 55 ans, vous pouviez demander l'avis de l'inspecteur du travail. Donc, c'était une façon de protéger aussi les seniors en entreprise, bien plus efficiente.
Vous imaginez bien qu'une simple déclaration sur un site internet.
Avec risque de sanctions, comme disait Elisabeth Borne, en cas de non-déclaration ?
En tout cas, nous n'étions pas pour ces sanctions.
Mais pourquoi vous ne vous êtes pas battus justement pour qu'il y ait des sanctions pour les entreprises qui n'ont pas assez de seniors, plutôt que de supprimer tout le dispositif ?
Je vais vous dire pourquoi est-ce qu'on ne s'est pas battus. On peut faire un parallèle très sain, par exemple, avec, vous savez, les 6% de personnes porteuses de handicap qui doivent être employées sous peine d'amende. Vous savez que 30% des entreprises préfèrent payer les amendes et n'employer aucune personne porteuse de handicap. Donc, on voit bien que même quand il y a des moyens coercitifs, ça ne fonctionne pas. Ce qu'il faut, c'est changer la mentalité et montrer à quel point un senior peut être une valeur ajoutée dans l'entreprise.
Mais si vous voulez, dans un programme, un projet de réforme des retraites qui va pousser les Français à travailler 2 ans supplémentaires, qui va faire que les gens qui partaient avec des surcotes n'en auront plus, qu'il va y avoir des retraités avec des décotes de plus en plus nombreuses passés 2 jours et demi sur un index senior qui n'est que déclaratif, excusez-moi, mais on se rend bien compte que, voilà, personne n'avait envie qu'on aille jusqu'à l'article 7. Sauf que je pense que la donne a changé depuis hier, puisque 50 députés ont mis, il y avait 50 voix d'écart, donc on a mis le gouvernement en difficulté.
Donc, je pense qu'effectivement, moi, j'appelle de mes voeux la majorité de rejet. Je pense qu'elle est possible contre cette réforme. Donc, il faut que nous puissions...
L'index senior va être étudié au Sénat, pour information. Nouvelle concession d'Elisabeth Borne. Hier, toutes les personnes éligibles au dispositif carrière longue, et donc ayant commencé à travailler avant 21 ans, n'auront pas à cotiser plus de 43 ans pour partir à la retraite, dès lors qu'ils atteignent l'âge de départ anticipé requis. Est-ce que ce point-là, vous dites, ça va améliorer la réforme ?
Alors, ce qui est sûr, c'est qu'on voit bien que le gouvernement panique. Il ne vous a pas échappé que le timing d'Elisabeth Borne hier, c'était évidemment une main tendue au LR, qui n'a pas empêché, d'ailleurs, que cet article ne passe pas. Mais on sent bien une certaine panique au sein du gouvernement. C'est toujours 43 ans, c'est toujours 3 ans de plus pour les carrières longues que dans le contre-projet de réforme de Marine Le Pen. Donc, c'est toujours 3 ans de trop. C'est déjà le cas aujourd'hui. On a baissé d'un an.
C'est déjà le cas aujourd'hui, avant la réforme. Ceux qui ont commencé tôt doivent parfois cotiser 43 ou 44.
Ce qui est de bonne augure, c'est qu'à priori, Elisabeth Borne s'aligne sur la ligne de Marine Le Pen, qui est que l'âge de départ à la retraite doit être en conformité avec l'âge sur lequel vous êtes arrivés sur le marché du travail.
Ça, c'est pas Marine Le Pen, ça date de la loi de 2003.
Mais oui, vous savez bien que c'est le projet de Marine Le Pen. Le projet de Marine Le Pen, il a été présenté il y a une semaine.
Les carrières longues, c'est 2003.
Une semaine, mais vous plaisantez, on a fait toute la campagne électorale sur le projet de réforme de Marine Le Pen. On n'a jamais changé d'avis entre-temps.
C'était la retraite à 60 ans et maintenant, c'est 60 à 67.
Enfin, vous nous avez suivis quand même toute l'année dernière. Alors, c'est très simple. Si on a commencé à travailler entre 17 et 20 ans, on peut partir à 60 ans avec 40 annuités pleines. 62 ans, je peux vous assurer que ça n'a pas varié. Avec une juridicisation qui change aussi. Non mais, tout ça pour dire que... C'est un os arrongé qui a été donné, effectivement, à Pradier. On ne va pas se mentir.
Un os arrongé ou alors une concession véritablement ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression, là, dans ces débats, que les avancées sur le texte, elles ont été obtenues grâce au LR. Je pense aux 64 ans, au lieu de 65, à la clause de revoyure en 2027. Les carrières longues, on l'a dit. La hausse des pensions minimales élargie au retraite actuel. En fait, ils font mieux que vous, les LR.
En fait, je pense que vous prenez, évidemment, le problème dans le mauvais sens. C'est-à-dire que la majorité, qui n'en a pas de majorité pour voter ce texte, cherche, effectivement, et tend des mains. Vous savez, les LR, ils ont des lignes rouges à géométrie variable. Un coup, c'est les 64 ans pour la ligne Pradier. Après, ça a été les 1 200 euros. Cette vaste arnaque, on a bien vu, on a eu le temps d'en discuter à l'Assemblée nationale. Le gouvernement a avancé, j'allais dire, un peu masqué et dissimulé, en faisant croire aux Français que la retraite de base serait de 1 200 euros bruts, alors qu'on a bien vu qu'il n'en était rien. Pourtant, Olivier Véran l'a dit en janvier.
Il y a des hausses de pension pour les nouveaux retraités et les retraiteurs actuels. Toutes ces avancées-là sur le texte, est-ce que vous dites merci aux républicains qui mettent la préavancée ?
Ce sont des fausses avancées. On le voit bien pour les 1 200 euros. Donc, Olivier Véran en parle en janvier et on voit bien en février. Non, mais c'est important.
Si on est opposé à cette réforme comme vous, 64, on en a parlé tous les jours.
Ah non, pas du tout. Pas du tout, c'est pas vrai. C'est depuis j'allais dire hier et avant-hier qu'à l'Assemblée nationale, vraiment, les masques sont tombés et qu'en fait, ça ne va toucher que des dizaines de milliers de personnes.
Y compris avec Olivier Dussort de cette annonce 1 200 euros.
Il n'allait pas vous dire la même chose que moi, évidemment. Lui va vous dire que c'est formidable, ces 1 200 euros. Alors qu'en fait, c'est une supercherie. Et pour revenir au LR, c'était... Non, non, c'était une contrepartie qui était nécessaire pour que les LR votent ce texte. Donc, c'est en ça qu'on aurait pu penser que c'était une bonne idée de la part des LR. Sauf qu'on voit bien que c'est une contrepartie factice. Et c'est d'ailleurs sûrement ce qui va mettre les LR devant la responsabilité de ne pas voter.
Quand on est comme vous, opposé à cette réforme, vous ne considérez pas que 64 au lieu de 65 ? C'est mieux ou moins pire, si vous me passez l'expression.
Déjà, c'est quand même sur une niche que des carrières longues. Non, non, non, 64, c'est pour tout le monde, c'est pour tous les Français. 64 ans, c'est la droite qui négocie ça. C'est toujours trois ans de trop, et c'est toujours trop par rapport au projet que nous défendons.
Mais vous n'êtes pas du côté de ceux qui veulent améliorer la réforme ?
En fait, la vraie question, c'est qu'en fait, c'est un choix de société, cette réforme. Et nous, nous l'avons assumée depuis le début. Nous avons un projet qui est très différent, c'est-à-dire qu'il y a un peu trois voies. Vous avez l'extrême-gauche qui veut taxer, créer de l'impôt supplémentaire, et la majorité qui veut faire travailler les Français deux ans de plus. Nous, nous pensons qu'il y a une troisième voie, on aura sûrement l'occasion d'en parler, un projet qui veut relever la France, où effectivement, on va accentuer sur la productivité, accentuer sur la natalité, ce qui permet de ne pas faire travailler les gens plus longtemps et de ne pas taxer.
Vous voyez à quel point c'est quand même un projet porteur d'espoir.
Laure Lavalette, porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée et l'invité de France Info jusqu'à 9h, 8h41, le fil Info, Maureen Suignard.
Le ministre du Travail fait part de sa déception après le rejet de l'article créant un index senior. L'article 2, rejeté par l'Assemblée Nationale hier, après le vote contre de la gauche, du Rassemblement National et d'une partie des Républicains, le Sénat examinera tout de même la mesure. Et c'est toujours pour s'opposer à cette réforme des retraites qu'il y a un appel à la grève pour demain. 4 TGV sur 5 en circulation, mais seulement la moitié des TER. Cela commence dès ce soir, trafic quasi normal à la RATP, mais il y aura des perturbations à Strasbourg, Rennes ou encore Marseille dans les transports en commun. Des informations biaisées et orientées diffusées à l'antenne de BFM TV.
La cellule d'investigation de Radio France dévoile cette enquête. Ce matin, un journaliste de la chaîne d'info en continu a été recruté par une société israélienne spécialisée dans la désinformation. Il a été suspendu, mais ni avoir été rémunéré. 2 000 tonnes de ce produit ont encore été vendues l'année dernière en France. Le S-Metolaclore, l'un des herbicides les plus utilisés dans notre pays, bientôt interdit. L'Agence française de sécurité sanitaire lance une procédure en ce sens. France Info Avec la porte-parole du groupe RN à l'Assemblée nationale, Laure Lavalette, on l'a dit juste avant l'étude, vous pour sauver le régime des retraites, vous misez sur la natalité.
Moi, je préfère qu'on fabrique des travailleurs français plutôt qu'on les importe. C'est ce qu'a dit Sébastien Chenu, votre collègue à l'Assemblée. Ça veut dire quoi ?
En fait, on est sur un projet de retraite et le gouvernement a complètement éludé deux jambes majeures que sont la natalité et la productivité. En fait, ce qu'il faut expliquer aux Français, c'est qu'un projet de réforme de retraite, il faut équilibrer les dépenses et les recettes. Les dépenses, nous les connaissons. Et nous, pour les recettes, on pense évidemment que la productivité, puisque la valeur ajoutée du travail et la natalité, la démographie, sont les deux jambes indispensables qui sont complètement éludées.
Fabriquer des travailleurs français, c'est ça votre définition de faire un bébé ?
Non, pas de faire un bébé, mais c'est un constat, alors peut-être j'allais dire assez terre à terre. Ça fait un peu poule pondeuse. Il est évident que les bébés qui naissent en 2023 seront les cotisants de 2043. Ça, c'est complètement indéniable. Et effectivement, vous savez, toutes les ambitions sociales qui ont été faites en France ont pu l'être parce qu'on avait une démographie qui était florissante, que ce soit les 30 Glorieuses, le Baby Boom. C'est grâce à ça qu'on a un projet commun, un programme commun en 1981. C'est parce que la France a aussi un taux de renouvellement de génération qui était intéressant.
Fabriquer, le choix des mots est important, fabriquer des travailleurs français plutôt qu'on les importe. Donc, on parle d'immigration. Ce n'est pas une manière de parler de grand remplacement sans prononcer ces mots ?
Non, du tout. Le jour où Sébastien Chenet parlera de grand remplacement, vous m'inviterez, on en parlera sur un plateau. Non, mais on essaie de comprendre. Évidemment, pas du tout dans son vocabulaire ni dans le nôtre. Mais ce qui est certain, c'est que...
Il y a trop d'immigrés.
C'est pas ça que ce qu'il veut dire.
Donc, du coup, il faut qu'on fasse des enfants pour éviter de... C'est pas ça ce qu'il veut dire.
Ce qu'il veut dire, c'est qu'encore une fois, si vous avez un grand nombre de cotisants, la question ne se pose plus de ce problème de retraite. Et si on voit un peu plus loin que le bout de notre nez, je veux dire, un projet de réforme de retraite, c'est pas à 5 ans, c'est à 20 ans, 30 ans, 40, 50 ans. Et c'est une vraie question que cette natalité... Il y a un sujet qui est sous-jacent, j'en reparlais hier. Les femmes font 1,7 enfants en France. 1,8, précisément. Alors que le désir d'enfant est évalué à 2,5. Donc, il n'est pas question de contraindre quiconque comme a voulu faire croire à l'extrême gauche en poussant des cris de vierge effarouchée. Pas du tout.
C'est simplement d'aider ce désir de maternité et d'enfant avec notamment des mesures économiques.
Vous dites que c'est juste pour les retraites, qu'il n'y a pas de notion de grand remplacement derrière. Mais quand on lit le livret sur la famille de Marine Le Pen, qui a été dévoilé pendant la campagne présidentielle, il est écrit « Faire le choix de la natalité, c'est s'engager à assurer la continuité de la nation et la perpétuation de notre civilisation ». Bien sûr. Il y a forcément un lien avec ce qu'a dit Sébastien Chelieu.
C'est du B.A.B. Un grand nombre d'enfants est le signe de la vitalité d'un peuple et d'une nation. On fait des enfants pour perpétuer notre civilisation. Aucun peuple aurait envie de voir son peuple disparaître. Je veux dire, ça sortirait d'un cerveau malade que d'imaginer qu'on n'ait plus envie d'avoir d'enfants. Le renouvellement des générations, c'est quand même un concept, j'allais dire, transpartisan. Je vous assure évidemment, encore une fois, un grand nombre de familles et on le voit bien dans les ambitions sociales.
Mais l'objectif, ce n'est pas affiché le même selon les partis politiques. J'ai l'impression qu'à gauche, dès qu'on parle famille ou enfant, ça pousse des cris d'orfraie.
Il y a un vrai problème. François Ruffin dit qu'il faut faire des enfants, mais pas pour les mêmes raisons que vous. J'ai l'impression que la gauche a un gros problème avec les enfants. Écoutez, nous, on pense que les enfants, c'est effectivement le signe de la vitalité de la France et que c'est nécessaire aussi dans ce système pragmatiquement de retraite où ça fait des quotidiens en plus.
Lors, la ballette en Hongrie, votre ami et alie Victor Orban vient de supprimer l'impôt sur le revenu pour toutes les femmes de moins de 30 ans qui font un enfant. Est-ce que vous allez reprendre cette idée ?
Alors, comme vous avez parcouru aime la famille, ce n'était pas tout à fait ça. Nous, nous avions...
Ce n'était même pas du tout ça dans votre programme.
Non, nous avions... Nous voulions quand même exonérer d'impôts les jeunes de moins de 30 ans.
Pas d'impôt sur le revenu pour tous les jeunes hommes et femmes, quel que soit leur revenu, ce qui n'a absolument rien à voir, du coup.
Mais tout est lié aussi. Ça veut dire que, pour se lancer dans la vie, nous avions en même temps, par exemple, un prêt, vous avez dû le voir, de 100 000 euros qui était bonifié et qui, au troisième enfant...
Mais ça n'a rien à voir avec la mesure de Victor Orban, puisque avec cette mesure, on vous l'a beaucoup dit pendant la campagne, qu'Il y a Nimbabé ne payait plus d'impôts.
Il ne faut pas... On ne sait pas s'il veut faire un bébé ou pas, on va le laisser de côté. On ne va pas se comparer. On n'est pas en Hongrie, on est en France. Et les mesures de Marine Le Pen, typiquement, il y a un amendement que nous avions déposé, qui était un amendement de bon sens, que le deuxième enfant soit une part fiscale pleine. Alors, il a été jugé irrecevable. C'est bien dommage, parce qu'on pense que tout ce qui peut encourager la natalité est évidemment une bonne chose. Et je pense qu'il faudrait être assez tordu pour penser l'inverse, excusez-moi.
Même quand vous proposez de restaurer l'universalité des allocations familiales, qui avaient été retirées par François Hollande, c'est-à-dire que même les plus riches doivent percevoir les allocations familiales.
Vous savez, on n'est pas dans ce clivage de la chasse aux riches quand vous avez 4, 5, 6 enfants. Ça coûte aussi, évidemment, de l'argent. Donc, ce principe d'universalité des allocations familiales est important, mais ça revient à l'essence même, en fait, de ces allocations. Elles ne sont pas là pour vous donner de quoi élever vos enfants. Elles sont là, parce que c'est aussi un service rendu à la nation que d'avoir des enfants. Donc, effectivement, c'est, j'allais dire, un principe qui était tout à fait cohérent et nous regrettons bien que la gauche soit revenue dessus.
Est-ce que vous appelez, Laure Lavalette, les Français à mettre le pays à l'arrêt le 7 mars prochain, comme les syndicats ?
Non, je ne pense pas. Je pense que si on peut arriver à faire tomber cette réforme sans blocage, ça sera mieux. Et puis, j'allais dire, c'est un peu tard le 7 mars, parce que vous savez bien que suivant le véhicule... Vous auriez préféré mettre la France à l'arrêt avant ? Non, je ne veux pas mettre la France à l'arrêt. Je pense qu'on peut faire entendre sa voix différemment. Il faut rappeler aux Français que le véhicule législatif qui a été choisi par le gouvernement nous contraint. Le fait que ce soit un article du projet de loi de finances de la Sécurité sociale rectificative nous contraint dans le temps. Là, nous sommes mercredi matin.
Si vendredi, à 23h59, le texte n'a pas été voté, alors il part directement au Sénat. Ça veut dire que vous ne soutenez pas les grèves ? En fait, on soutient évidemment la mobilisation. On comprend bien que les gens aillent dans la rue. Mais je n'ai pas envie, effectivement, que les gens refassent deux heures de queue aux stations-services. Je pense qu'il y a une autre façon de faire. Et je pense que c'est aussi dans les mains des oppositions. C'est aussi dans les mains de la NUPES qui peut essayer de retirer ces 10 000 amendements que nous arrivions au cœur du nucléaire de cette réforme. Et je vais vous dire, des amendements, il en suffirait d'un.
On voterait l'amendement de suppression de l'article 7. À ce moment-là, la réforme tomberait. Et les Français pourraient s'endormir sans se dire qu'ils travaillaient deux ans plus.
Non, parce que vous savez que le texte, c'est, comme vous dites, le véhicule législatif qui a été choisi. Le texte repartirait au Sénat dans l'aversion du gouvernement. Donc, de toute façon, ça ne ferait pas tomber la réforme. Je pense qu'il y a vraiment façon d'arriver avant 23h30. De quoi l'ERN ne manifeste pas pacifiquement contre la réforme des retraites ? Il y en a qui manifestent. Il y a eu un député, je crois.
Je pense qu'il y avait des élus encore. De quoi vous avez peur ? Alors, moi, je vais vous dire, personnellement, j'étais assez mal à l'aise intellectuellement de me retrouver à côté des artisans de cette casse sociale. Parce que je rappelle quand même que tous les syndicats ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. Donc, moi, en tant que femme politique, élue pour aller batailler au sein du Palais Bourbon, je n'étais pas à l'aise avec l'idée de me retrouver à côté de M. Martinez. Mais intellectuellement...
Il n'y a pas que des syndicalistes qui manifestent.
On est bien d'accord, mais je vais vous dire, je vais même vous faire une confidence. Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs du Rassemblement national. Marine Le Pen arrive, elle fait 13,3 millions d'électeurs au deuxième tour de la présidentielle. Vous ne pensez pas qu'ils sont dans la rue ? Vous ne soutenez vos électeurs qui manifestent ? Mais bien sûr.
Mais vous ne soutenez pas les grèves ?
Et vous n'appelez pas au blocage du pays ? Mais évidemment, je pense que le blocage du pays n'est jamais une bonne idée. Et encore une fois, le 7 mars, je veux dire, le jeu sera plié depuis un moment. Moi, je pense qu'il faut qu'on arrive à voter avant le vendredi 23h59. Pour ça, il faut retirer ses amendements, mettre en défaut ce gouvernement. Encore une fois, cette majorité de rejets, on l'a bien vu hier, elle est là, elle est présente. On va mettre les LR face à leurs responsabilités. Maintenant qu'on sait que les 1 200 euros sont une contrepartie factice, ils ne peuvent pas, en conscience, voter pour cette réforme.
Laure Lavalette, porte-parole des députés RN et l'invité de France Info. Il est 8h50. 8h50, le fil d'info, Maureen Suignard.
Sur France Info, le conseil représentatif des associations noires demande une réponse politique de la part de l'État pour contrer le racisme. France Info vous dévoile ce matin les conclusions du dernier baromètre d'Ukran. 9 personnes noires sur 10 affirment être victimes de discrimination raciale dans la vie de tous les jours en France métropolitaine. Le patron des Républicains, Éric Ciotti, affirme de nouveau son soutien à la réforme des retraites. Ce matin, pourtant, une partie des députés de son camp a voté contre l'article de hier, tout comme le Rassemblement National et la NUP. L'article sur l'index senior dans les entreprises a donc été rejeté.
L'exécutif fait part de sa déception, mais dit attendre l'examen de la mesure au Sénat. Lille, Lyon, Strasbourg, Marseille, Paris, encore de nombreuses villes concernées par la pollution aux particules fines aujourd'hui. Elles s'étendent dans 10 régions au total. Ils devront mettre les bouchées doubles le 8 mars prochain pour le match retour puisque les Parisiens se sont inclinés hier en huitième de finale allée de la Ligue des champions de football. Le Bayern Munich bat les Parisiens. Un but à zéro. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brachia, Marc Fauvel.
Avec Laure Lavalette, la porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Le CRAN, le conseil représentatif des associations noires, publie aujourd'hui son baromètre. 9 personnes noires sur 10 se disent victimes de discrimination dans leur vie de tous les jours en France. Quelle est votre réaction ?
Je suis choquée. 9 sur 10, c'est quand même colossal. Je me dis que je pensais plus à 9 sur 10 aux Etats-Unis, par exemple. On a l'impression que ce racisme est plus prononcé. Effectivement, 9 sur 10, ça remet quand même pas mal en question notre société. Vraiment, si ces personnes se sentent véritablement discriminées, effectivement. La société est raciste. On a encore du boulot. En tout cas, eux sentent qu'elle l'est. Moi, c'est pas l'impression que j'ai vraiment des discriminations, bien sûr, qu'il y en a.
Le CRAN dit qu'il y a une libération de la parole raciste et une augmentation des idées extrémistes dans le pays. La faute à qui ?
Ça, j'en sais rien. C'est pas quelque chose que je ressens véritablement. Après, il faut effectivement arriver à lutter. Je fais le parallèle un peu avec l'index senior, vous voyez, ou la charte de la laïcité, ou tout ce qu'on dit à l'école contre les discriminations. Vraiment, ça n'a pas l'air d'être tellement efficient.
Donc, il en faut encore plus à l'école.
Il en faut encore plus, oui. De même que, vous savez, moi, j'ai une petite fille handicapée. La discrimination, c'est quelque chose qu'on peut vivre aussi. Voilà, toutes les personnes porteuses de handicap que je rencontre se sentent discriminées aussi. Donc, il y a vraisemblablement un énorme boulot encore à faire au sein de la société sur ces racismes, quels qu'ils soient, et qui sont complètement intolérables, évidemment.
Je profite du fait que vous ayez parlé d'un de vos enfants, parce qu'il me semble que vous en avez cinq.
C'est ça.
Comment vous réagiriez, vous, si l'un de vos enfants désirait épouser une personne noire ou une personne musulmane ? C'est quoi cette question ?
C'est une des questions qui est posée dans ce sondage.
C'est quoi cette question ? Écoutez... C'est une vraie question, c'est partie de l'étude. C'est pas, c'était la Saint-Valentin hier. C'est pour ça, en fait, que vous me faites une question. J'en référence à l'étude, toujours.
31% des Français disent qu'ils réagiraient mal sur leur enfant.
La couleur de peau n'est absolument pas un problème. La vraie question serait effectivement, comme vous le dites, voilà, peut-être qu'un islamisme, enfin, quelqu'un qui serait musulman très pieux, par exemple, ça pourrait éventuellement me poser un problème. C'est quoi un musulman très pieux ? Moi, je n'ai pas très envie que ma fille se retrouve en niqab, par exemple. Voilà. Après, la couleur de peau n'est évidemment pas un souci. Je vous rappelle quand même que dans les statuts du Rassemblement National, on est là pour défendre les Français, quelle que soit leur couleur de peau, leur religion, leur sexe et leur orientation sexuelle. Donc, ne croyez surtout pas faire un...
Enfin, c'est un faux procès que vous pourriez nous faire d'imaginer que je ne veux pas que ma fille épouse un noir. Et d'ailleurs, quelle est la réponse ?
Je voulais donner 31% des Français disent qu'ils réagiraient mal si leur enfant voulait épouser une personne noire.
D'accord. Et c'est un échantillon, par exemple, de combien ?
860 personnes.
Et c'est quelque chose qui a évolué, par exemple, par rapport au dernier ? Oui, oui. Ça s'est accentué ? C'est davantage. La dernière étude, c'était il y a 16 ans. Il y a 16 ans ?
L'IVG, Laure Lavalette, le Sénat à majorité de droite a voté pour l'inscription de la liberté de la femme de recourir à l'IVG pour son inscription dans la Constitution. Est-ce que vous saluez ce vote des sénateurs ?
Alors, vous savez, nous, nous avions, comme tout ce qui touche à l'intime, nous avions dans notre groupe une liberté de vote. Donc, il y a une majorité de gens dans mon groupe qui ont voté pour la constitutionnalisation de l'avortement. Ce que je n'ai, moi, à titre personnel, pas fait parce que je pense que c'était superfétatoire, je pense. Et d'ailleurs, c'est d'ailleurs... Pourquoi ? Parce que je pense qu'aucun groupe politique en France met en cause l'accès à l'avortement. J'ai pensé que c'était du sociétal, j'allais dire, superfétatoire dans la région personne. Mais il y a pourtant aujourd'hui,
Laure Lavalette, à l'Assemblée nationale, y compris dans les rangs du Rassemblement national, des personnes qui sont contre l'IVG. C'est votre cas, par exemple ?
Je vous remercie de penser à ma place.
Moi, je vous dis simplement que... C'est votre cas.
Non, mais je ne remets absolument pas en cause l'accès à l'IVG. Je veux dire, et personne, ni dans mon groupe, ni dans aucun groupe politique. Donc, à aucun moment, vous ne serez tenté ? Vous êtes toujours contre l'IVG aujourd'hui ? Mais je vous rappelle qu'à aucun moment, je veux dire, j'ai été porte-parole de Marine Le Pen, je n'ai eu aucun mal à défendre son programme sociétal et à aucun moment, le Rassemblement national ne veut revenir. Pourquoi ?
À partir du moment où vous nous dites qu'il y a une liberté de vote sur ces questions de société, c'est souvent la règle d'ailleurs dans les groupes politiques sur les questions qui touchent, j'allais dire, à l'intime.
Mais si un jour,
une proposition de loi a été déposée par vous ou par quelqu'un d'autre en votre âme et conscience...
Enfin, ça n'est... Là, vous parlez de la politique... Non, vous nous dites chacun a la liberté de vote. Est-ce qu'on vous l'a interdit ? Est-ce que Marine Le Pen
vous a demandé de ne pas le faire ? Ou est-ce que vous nous dites je le ferai en mon âme et conscience ?
Est-ce que vous ne comprenez pas dans liberté de vote ? Liberté de vote, si on était contraint, ça ne serait plus une liberté de vote. Donc, en votre âme et conscience, avec votre liberté de vote, si ça arrive à l'Assemblée, vous voterez quoi ? Mais je me suis abstenue. Donc, je veux dire, c'est très clair. Je me suis abstenue.
Juste sur le motif, vous dites, ça ne sert à rien d'inscrire le Gégé dans la Constitution. Oui, je pense que c'est superfétatoire. Sauf qu'en fait, et que personne, aucun parti politique n'a envie de remettre en cause le Gégé. À moins qu'il soit passé des choses nouvelles, dites-le-moi. Sauf que moi, je me rappelle de votre parcours. J'ai lu ce qui s'est passé dans votre parcours politique. En 2014, par exemple, quand vous étiez candidate au municipal à Toulon, vous avez signé des engagements d'une association pro-vie. Je vous remercie beaucoup, France Info, de pouvoir me permettre... Alors, attendez, je vais aller jusqu'au bout de la question et vous y répondrez.
Des engagements qui disaient, par exemple, qu'il fallait soutenir et parrainer des candidats qui s'engageront, entre autres, à, je cite, abroger à terme la loi sur l'avortement.
Quand vous signez ça ? Comme vous êtes des fins observateurs de la vie politique, vous avez vu que j'avais dit qu'effectivement, j'avais lu en diagonale cette charte et que ce dernier point ne me convenait pas. Ce qui me convenait dans cette charte, c'était encore une fois municipal et je trouvais que... Parce que là, vous citez le dernier point de la charte, mais il y en avait quatre, je crois, avant. Mais ce n'est pas un petit point. Dont l'idée d'aider les femmes qui avortaient pour des façons économiques, qui avaient envie de garder leur enfant et qui ne pouvaient pas le faire parce qu'elles n'avaient pas les moyens de le garder.
Et figurez-vous qu'au niveau municipal, il y a moyen de faire des maisons de Bethléem, de faire des maisons d'accueil pour ces filles-mères, par exemple, qui veulent garder leur enfant plutôt que d'avorter... Je reviens sur le point d'origine. Vous dites personne ne veut remettre en cause l'IVG. Vous avez signé les engagements dans ce site. Vous l'avez signé par erreur.
Vous n'avez pas vu qu'il était inscrit, qu'il fallait abroger. Je ne l'ai pas signé
pour ce dernier point. Je l'ai signé, je viens de vous le dire, pour venir en aide au niveau municipal à des femmes qui voulaient garder leur enfant mais qui, dans une précarité, par exemple, ne pouvaient pas le faire. Mais encore une fois, personne en France ne veut remettre en cause l'accès à l'avortement. On n'est pas aux Etats-Unis. Je pense que ça aussi a eu... On s'est calqué, j'allais dire, sur un calendrier américain. Nous ne sommes pas un État des Etats-Unis. J'ai trouvé effectivement que c'était superfétatoire.
Merci à vous, Laure Lavalette, porte-parole du groupe du Rassemblement national à l'Assemblée invitée ce matin de France Info. Bonne journée à vous.
Bonne journée.
Laure Lavalette