Pollution : peut-on encore boire l'eau du robinet ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Florence Blatrix Conta, est-ce qu'on doit se préparer à un scandale sanitaire majeur ?
- 12:00OuverteRéponse partielle
Emma Aziza, les PFAS sont-ils tous connus ou les industriels en inventent-ils encore ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Frédéric Dan, peut-on encore boire l'eau du robinet ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Florence Blatrix Conta, votre proposition de loi vise-t-elle à protéger les captages ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Emma Aziza, d'où vient l'eau du robinet et comment est-elle contrôlée ?
- 26:00RelanceRéponse directe
Florence Blatrix Conta, comment accompagner les agriculteurs dans la transition ?
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J'ouvre le second débat de ce sens public volontairement décalé de l'actualité du jour consacrée à l'eau potable. Avec cette question [musique] "Avons-nous raison d'avoir peur ? L'eau du robinet est le produit le plus contrôlé en France mais il y a une nouvelle pollution qui inquiète, celle des Pifas, les polluants [musique] éternels dans certaines communes de la Meuse ou des Ardaines.
La consommation d'eau est d'ors et [musique] déjà interdite exemple à Malanderie où Fabien Requer est parti à la rencontre des habitants et des élus de la mère de la ville. Quand Jean-Jacques Navau récolte les légumes de son potager, c'est désormais avec une certaine appréhension. On se demande si on peut manger de bon cœur et puis si c'est c'était bio.
Mais maintenant avec tout ce qu'on sait pour l'eau, alors après on on s'inquiète. Comme tous les habitants de Malanderie dans les Ardaines, Jean-Jacques a appris cet été que l'eau du village était contaminée au polo en éternel. On se pose plein de questions et puis on n'est pas assez euh qualifié pour savoir exactement qu'est-ce que c'est que le PF.
Les paires et poly fluoroalchilé ou PFASC sont des substances chimiques utilisées depuis des décennies dans l'industrie. Elles s'accumulent dans l'eau et dans les sols. À malandriie, il faut désormais apprendre à vivre sans eau du robinet.
Je prends de l'eau en bouteille et puis je lave tout euh tous mes légumes, tout ça. Mon petit chat est là, je lui donne à de l'eau en bouteille. La mairie a fait un virement bancaire aux habitants.
De quoi financer deux bouteilles d'eau par jour et par personne pendant 6 mois. Jean-Jacques et sa compagne ont fait un bilan sanguin. Tous deux présentent des taux de péface supérieurs au seuil recommandé.
Il nous a dit que ça peut amener le cancer, que ça peut amener beaucoup de maladies très grave. C'est l'avenir des jeunes aussi parce que bon euh il y a nous mais il y a les jeunes qu'il faut penser et ça on ne sait pas. Depuis qu'elle sait que l'eau de sa commune est contaminée, madame la mère ne décolère pas.
On s'était toujours dit nous on est préservé dans un tel environnement puis on s'aperçoit en fait que ce n'est pas le cas. Alors ici c'est le captage. L'eau qui arrive dans au robinet des gens vient d'ici.
Quand je vois l'eau qui est vraiment une eau naturelle, je trouve que c'est un scandale, un scandale environnemental, un scandale sanitaire après et un scandale financier au cl. Un scandale qui éclate en mai dernier quand dans le cadre d'un contrôle de routine, on recherche pour la première fois la pollution au PFAS dans l'eau suite à une nouvelle réglementation européenne. Il y a eu une analyse d'eau qui a été faite chez un habitant du village.
Le taux est de 0,357 microg par litre alors que le taux limite est de 0,10. Nous sommes donc trois fois et demi au-dessus des normes autorisées. En tout, 13 communes sont touchées dans le département des Ardenes et une hypothèse est privilégiée pour expliquer la catastrophe.
Les bous industriels rejetés par une papéterie voisine puis épendue dans les champs par les agriculteurs. La chambre d'agriculture, les services de santé auraient dû contrôler que les pendages, le tonnage autorisé. Est-ce que le tonnage était respecté ?
Est-ce qu'il n'y a pas eu d'enfouissement illégal ? C'est ce qu'on soupçonne fortement au-dessus de notre captage puisqu'on n pas de terre agricole directement exploité dessus. Si la préfecture a depuis interdit l'épendage de bout d'industrie dans le département, les maires des communes touchées n'ont pas la garantie qu'une dépollution sera possible. nous dit voilà c'est à vous de payer les études, c'est à vous de payer l'eau aux habitants, c'est à vous de payer des analyses d'eau supplémentaire.
Nous on dit en France il y a la loi pollueur payeur qu'elle soit appliquée à Malandri collectif de victimes fédérant des habitants des Ardenes et de Lame Meuse prépare une action collective. Leur avocat va déposer plainte contre X pour empoisonnement et mise en danger de la vie d'autrui. Peut-on encore boire l'eau du robinet ?
C'est la question que l'on pose dans ce débat avec Flance Blatrix Conta. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes sénatrice socialiste de l'IN, vice-président de la mission d'information gestion durable de l'eau, autrise une proposition de loi de lutte contre les pollutions diffuses et pour la protection des captages en eau potable.
Et puis je signale aussi que vous avez été vice-présidente du syndicat des eaux un sur ou sur voilà, j'étais sûr que j'allais mal le prononcer. Revermont un surant Revermont. Emma Aziza, bonsoir.
Bienvenue. Vous êtes hydrologue spécialiste des enjeux du cycle de l'eau planétaire et de l'adaptation climatique. Frédéric Dan, bonsoir et bienvenue heureux de vous retrouver sur ce plateau.
Journaliste spécialiste des questions d'environnement et vous êtes chroniqueur chez nos confrères de Marianne et Michel d'Armand et restez à mes côtés éditorialiste pour Sens Public avec cette nouveauté. Enfin, on va regarder le calendrier tout simplement puisque'à compté du 1er janvier 2026, c'est là c'est dans dans quelques semaines, la détection de Pface ou Piface polluance éternelle sera systématiquement intégrée au contrôle sanitaire des eaux obligatoire en application d'une d'une réglementation européenne. Florence Blatrix Conta, est-ce qu'on doit se préparer à un scandale sanitaire majeur ?
Il va y avoir beaucoup de malandri. Oui, évidemment. La la directive de 2020, directive qualité de l'eau impose justement d'améliorer la gestion des de faire des plans de gestion pour les captages d'eau, d'améliorer la mesure puisque plus on mesure euh des euh différentes substances, plus on risque d'en trouver.
Et donc tout l'objet c'est de prévenir bien en amont plutôt que d'être obligé. Donc on va forcément détecter des des pifac les poulants éternis à mon avis c'est de prévenir. On a des pollutions passées, il faut surtout prévenir les pollutions futures et c'est pour ça d'ailleurs que j'avais déposé cette proposition de loi.
Oui, évidemment. et on détaillera ce cette proposition de loi qui avait été rejetée, mais on va la détailler et voir effectivement ce que ça pourrait euh changer. Alors, on va essayer de pas être inutilement anxiogène.
Le thème les suffisamment euh mais quand même, on se pose des des questions alors sur ces peloans éternelles et Maziza, il y en a des milliers déjà. Est-ce qu'ils sont tous connus ou est-ce que les industriels continuent d'en inventer ? Et donc, est-ce que la question va avec ?
Est-ce queon connaît leur impact sur notre santé ou pas encore finalement pour tous ? Alors, c'est très complexe et effectivement, il va falloir qu'on aille dans ce sens parce que on a toutes les données aujourd'hui euh de ne serait-ce que sur le plan médical de euh d'hospitalisation, que ce soit des enfants ou derrière de l'adulte, des typologies de pathologie parce que ce sont des choses qu'on recense. Mais on voit bien qu'on a le domaine de la santé qui avance d'un côté et puis on a de l'autre côté la dimension environnementale qui est souvent absolument pas intégrée.
Alors qu'on sait très bien aujourd'hui à l'heure des datas faire ce qu'on appelle des cross corrélations, c'est-à-dire des analyses pour voir quand est-ce que ça matche ensemble. Donc ça c'est une chose mais effectivement on en découvre tout le temps. Rappelez-vous le dernier scandale c'était une molécule qui s'appelle chlorothalonyl. on l'a découvert parce que nos voisins l'ont découvert en quantité absolument euh enfin hallucinante.
Et donc en fait, on se rend compte que d'un côté euh on découvre une molécule qu'il va falloir sur euh l'ensemble de la population en Suisse et bien nettoyer cette eau et le coût et bien va être directement attribué aux habitants. on va augmenter d'à peu près 80 % le coût pour pouvoir réussir à nettoyer parce que si on remonte sur cette molécule même et qu'on retrace la chaîne et bien tout simplement vous avez une molécule qui a été construite par une grande infrastructure chimique qui elle-même derrière est suisse mais appartient à 98 % à un grand chimiste chinois qui lui-même est dépendant du parti communiste chinois. Donc on voit très bien que réussir à faire payer à faire payer le polé et on l'a épenché derrière sur nos chambres pendant des années sans jamais se poser cette question.
Donc c'est vrai qu'aujourd'hui c'est que ces molécules n'étaient pas recherchées parce que tout simplement on connaissait pas leur existence. On en découvre de plus en plus. Maintenant, la question ça va être aujourd'hui très clairement de dire quand est-ce que ces molécules ont eu des impacts et surtout on est capable de les voir.
Et effectivement cette question du pollue payer, ce sera l'un des chapitres de notre débat parce qu'elle est très importante. Qu'est-ce que vous répondez à la question Frédéric Dré ? Peut-on encore boire l'eau du robinet ?
On peut peut-être expliquer à quel point elle est contrôlée déjà pour commencer. C'est le produit le plus contrôlé, le produit alimentaire le plus contrôlé. Et donc forcément, ben dès qu'il y a quelque chose que l'on décour, on a très très peur.
Faut savoir que l'eau est très contrôlée. Le vin est beaucoup moins. Il y a des taux de pesticides parfois dans le vin qu'il faut boire avec modération et cetera.
Mais là pour le coup, il y a pas vraiment de norme. Enfin, il y a une norme sur le raisin mais il y a pas de norme sur le vin. Ça ça n'inquiète personne.
Pour l'eau, dès lors qu'on arrive, on détecte un milliard un millième de milliardièmes de dioxines, de grammes de dioxine. Euh nous-même journalistes, on on en fait part et donc on inquiète tout le monde. Donc ça reste un produit très contrôlé.
Je pars du principe que s'il est que si l'eau était impropre à la consommation, que si elle était cancérigène, il y en a personne serait autour de ce plateau aujourd'hui. Il n'en reste pas au moins que plus on cherche, plus on trouve. sur l'épiphas je voudrais juste revenir là-dessus ou l'épiphas sont connus depuis un siècle leur toxicité est établie documentée depuis les années 70 et on fémine de les découvrir aujourd'hui.
Alors certes la métrologie, les appareils de mesure permettent de les détecter. Après une fois qu'on a ça, qu'est-ce qu'on fait ? parce qu'en fait les les la toxicologie est très peu établie pour la plupart d'entre elles, sauf pour certaines métabolistes, c'est-à-dire produits de dégradation de certains pifas, les TFOA euh notamment qui inquiète beaucoup les chercheurs dont un qui sera dans moyen de bientôt que j'ai interviewé, Régis Moï qui est très inquiet sur cette molécule qu'on ne sait pas tracer, dont la toxicité est extrêmement difficile à établir.
Il ne reste pas moins qu'on est capable de Oui, pardon. Ah non, allez-y, allez-y. Non, on a été capable de réagir.
Un de vos confrères, euh évidemment j'ai oublié son nom comme d'habitude, euh le le député qui a qui a sor Nicolas Thierry qui a sorti la loi antipiface, bah pour le coup, c'est une bonne réponse parce qu'elle réapplique le principe auur payer. Oui, allez-y. Il faut quand même expliquer euh Florence Blatrix Fonta que ces pifas, ils sont enfin ils sont là parce que ces polernelles ce sont des produits chimiques qui ont un certain nombre de qualités recherchés par les industriels. anti-adhésif, je vais pas tout dire, isolant, ultra résistant à la chaleur, imperméable et cetera et cetera.
Sauf que quand je vous entends les les unes et les autres, me dit "Mais pourquoi on peut pas les interdire ?" Pardon de poser une question un peu basique, mais c'est quand même pourquoi on continue pourquoi les industriels continuent de les utiliser alors que certains sont répertoriés comme dangereux pour la santé ? Donc bah, il y a deux aspects, il faut les limiter mais il faut surtout s'assurer que les entreprises fassent des traitements pour qu'ils ne soient pas rejetés dans la nature.
C'est ça qui est essentiel. Euh une fois qu'on aura ces traitements, je crois que euh en en haute Savoie euh Tépal travaille là-dessus puisque euh il y avait un sujet sur euh sur l'épace et bien il y a un travail pour que euh ces matières ne soient pas rejetées et ne puissent pas cont Oui, mais est-ce que ce serait pas encore mieux de ne pas les utiliser tout simplement ? serait mieux de de de que les industriels puissent trouver des alternatives à ces péface.
C'est dans la loi justement la loi un article qui qui est interdit par filière, c'est-à-dire par exemple les produits déperlants sur les vêtements sportifs vont être interdits. Il fallait piface. Voilà.
Et ça c'est beaucoup plus intelligent que de faire ce qu'on faisait avant, c'est-à-dire interdire molécule par molécule. Et les industriels pouvaient dire "Ah bah non, ça me concerne plus. J'ai modifié trois atomes et donc c'est terminé." Et donc là, on a des interdictions par filière, sauf pour Tfal, pour ne pas nommer la marque, euh parce que bah, il y a eu un lobby intelligent, sauf pour certains pesticides, parce qu'il y a des pesticides qui font partie de la famille d'épace et que comme par hasard miraculeusement, ont été sauvés par la loi.
Mais en tout cas, il y a des interdictions qui sont dans la loi si tentez qu'il y a des décrets d'application derrière. Ouais, effectivement, appliquons ces ces interdictions. Alors, on va faire un peu de pédagogie et Aziza pour dire cette eau du robinet.
Voilà. Pardon, c'est une question tellement basique pour vous, mais d'où vient-elle ? comment où est-elle puisée enfin voilà quoi.
Alors dans 66 % des cas en tous les cas cette eau provient des eaux souterraines. Donc plutôt une eau qui a été filtrée. En général ce ne sont pas des eaux souterraines profondes contrairement aux eaux minérales, mais par contre elles ont plutôt des une qualité exceptionnelle enfin assez bonne.
Derrière effectivement il y a des contaminations de plus en plus importantes sur le plan superficiel mais en tous les cas derrière de l'eau qu'on peut boire quasiment directement. Sauf que pour l'amener jusque dans notre robinet, elle va devoir traverser de nombreux tuyaux. Donc on va devoir la chlorer.
Et donc quand vous vous retrouvez avec cette eau chlorée, il y a sur le plan du goût organoleptique et bien finalement on n pas tellement envie de la boire cette eau parce que derrière finalement euh ça on a plutôt envie surtout avec les scandales successifs de de se de foncer et d'acheter directement des eaux embouteillé minéral. Sauf que en réalité et non mais c'est ce qui est le cas de beaucoup de Français. sûr.
Sauf qu'en réalité, mais premièrement, une grande partie des problèmes et des scandales qui se sont cumulés sur les eaux du robinet, et bien on en retrouve d'ailleurs une grande partie dans les eaux minérales parce qu'elles sont de plus en plus contaminées. Faut pas oublier que les études aujourd'hui de plus en plus précises nous montrent que sur une bouteille d'un L, on retrouve 2400 nanoparticules de plastique qui vont traverser la barrière intestinale, traverser la barrière cérébrale. Donc ça a aussi des impacts très importants.
Donc on a un vrai problème sur l'eau minérale clairement, mais en tous les cas l'eau telle qu'on la boit dans 66 % des cas, c'est de l'eau de source et puis le reste c'est de l'eau qui vient en général de surface, c'est-à-dire des rivières. C'est souvent la plus contaminée. D'ailleurs, si on prend par exemple l'eau à Paris, et bien on va prendre une partie de l'eau en superficie, mais par contre, on va souvent la mélanger avec une eau de meilleure qualité dans les milieux profonds.
Évidemment, elle est filtrée de nombreuses reprises avant d'être proposée à la consommation. Elle est elle est extrêmement potable d'ailleurs comme ça a été dit c'estàd qu'on a un un nombre de critères de potabilité qui sont extrêmement importants et c'est pour ça que ça vient nous interroger à chaque fois qu'on découvre une nouvelle molécule qu'on avait pas vu. Mais en tous les cas on a une eau de plutôt très bonne qualité et puis surtout on a des solutions après le robinet pour pouvoir enlever ce goût chloré et pour pouvoir enlever potentiellement des métaux lourds ce qu'on pourrait retrouver.
Et donc c'est d'une des solutions qui est la plus aujourd'hui enfin la plus cohérente de manière globale. Alors c'est ces captages, ces prélèvement, il faut les protéger. On va venir à votre proposition de loi et c'est Alexandre Poussard qui va nous la détailler tout de suite.
Alexandre, on va parler donc de de cette proposition de de loi débattue par le Sénat, c'était au mois de juin dernier proposé par Florence Blatrice Conta pour renforcer la qualité de nos ressources en eau potable. Dites-nous tout. Et oui, avec plusieurs chiffres à retenir euh lors de ces débats sénatoriaux, en 2022, 100 millions de Français ont bu au moins une fois de l'eau dépassant les normes de pesticides. 30 % des eaux souterraines sont contaminées aujourd'hui et 14300 captages ont dû être abandonnés depuis 1980.
Et ces dernières années, rien n'a été fait pour améliorer cette qualité de nos ressources en eau. Selon un sénateur écologiste, on l'écoute. Nous avons été longtemps dans le déni.
Le dénis, ça a été de dire eh eth bien notre planète est grande, tout va être dilué, tout va disparaître, tout va se dégrader. Et bien non, les études s'accumulent et il y a pas que les études qui s'accumulent. L'épaulement s'accumulent dans le sol jour après jour, année après année.
Elles viennent polluer nos eaux, nos eaux brutes. En Il est vilaine. Mon département, seulement 3 % des eaux brutes sont en bon état. 3 %.
Et donc, que prévoit cette proposition de loin ? Et bien ce texte concerne notamment les agriculteurs puisqu'il interdit à partir de 2031 l'usage et le stockage des pesticides et des engrais minéraux dans les périmètres de protection des airs de captage. Et en cas de non respect de cette interdiction, un agriculteur peut par exemple être condamné à une peine allant jusqu'à 2 ans de prison et à 75000 € d'amende.
Alors cette perspective d'interdiction de sanction s'est très mal passé auprès de la majorité de de droite et du centre ici au Sénat. Oui, pour la majorité sénatoriale, ce texte a une ambition louable, mais il va fragiliser l'activité de nos agriculteurs qui sont déjà en souffrance actuellement. Cette approche coercitive fait peser une pression sur les agriculteurs sans garantir qu'ils auront les moyens techniques et financiers de s'adapter.
Nous devons entendre ces inquiétudes et faire preuve de pragmatisme. Est-il raisonnable de cibler le monde agricole comme principal responsable ? Je ne le pense pas.
Nos agriculteurs déjà soumis à des contraintes énormes n'ont pas besoin d'être stigmatisés ou noyés sous les normes. Et résultat, la majorité de droite et du centre du Sénat a rejeté cette proposition de loi sans même prendre le temps de débattre d'un éventuel compromis avec la gauche par exemple pour assouplir les sanctions encoures par les agriculteurs. Merci beaucoup Alexandre Florence Blatrix Conta.
Qu'est-ce qu'elle changerait votre loi ? Alors euh en effet euh cela a été dit, des propositions ont été faites à la majorité sénatoriale pour assouplir, c'est-à-dire pour euh de proposer aux agriculteurs des contrats d'engagement réciproques pour lesquels ils seraient accompagnés techniquement, pour lesquels ils seraient accompagnés financièrement via euh les MAEC, via des paiements pour services environnementaux, via éventuellement les agences de l'eau. Donc proposer d'assouplir cette proposition de loi pour permettre une application plus graduelle, plus progressive.
Donc vous vous proposez d'accompagner les agriculteurs. Mais mais ma question c'était l'objectif c'est quoi ? C'est de protéger les zones de captage, c'est ça ?
C'est de protéger les zones de captage parce que euh en fait euh l'eau se comporte relativement différemment suivant les zones. Parfois dans les nappes fréatiques, vous retrouvez des métabolites de pesticides jusqu'à 20 ans après. Hm. dans d'autres euh fréatiques, 2 ans après, tout a disparu.
Donc vous voyez aujourd'hui, on retrouve même des produits qui sont interdits depuis 20 ans. Donc je crois qu'il est urgent de limiter mais vraiment de limiter très fortement les intrants et d'accompagner les agriculteurs vers une transition sur des périmètres à identifier. Donc on identifie le périmètre dans lequel les eaux ruissellent vers la nappe fréatique et on accompagne les agriculteurs pour qu'ils soient en prairie, pour qu'ils soient en agriculture biologique pour éviter ces intrants qui vont s'accumuler.
En réalité, c'est une véritable bombe à retardement. Et vous évoquiez tout à l'heure le traitement. Ce qu'il faut savoir, c'est que le traitement coûte trois fois plus cher que la prévention.
Faut d'abord construire une usine de traitement. c'est de l'investissement et en terme de bilan carbone euh c'est très élevé. Ensuite, il faut évidemment de l'électricité.
Là aussi, cela un coût, mais il faut aussi des charbons actifs. Et aujourd'hui, avec l'effet cocktail, c'est-à-dire qu'on a de plus en plus de molécules à traiter, il faut de plus en plus de types de charbon actif. Et je rappelle aussi que c'est une question de souveraineté parce que souvent ces charbons actifs, où est-ce qu'on les achète ? en Chine.
Donc on a on a vraiment encore je rajoute à la liste de tout ce qu'on achète en Chine, les charmons actifs. Voilà, on a vraiment intérêt à faire de la prévention, à protéger nos captages et accompagner des agriculteurs. C'est indispensable, ça peut Alors, il y a eu tout un débat sur la surface agricole concernée.
Certains mettaient le curseur à 5 %, d'autres plutôt à 10 mais moi je pense que c'est indispensable. Sinon, c'est une bombe à retardement. et et Maiza effectivement ces zones de captage c'est c'est combien enfin il faut les protéger sur quel sur quel périmètre parce que c'est tout dépend le bassin versant tout dépend pas de réponse nationale non parce qu'on a pas les mêmes sols donc on n pas la même perméabilité donc toute la zone qui va permettre d'infiltrer des pluies qui vont rejoindre la nappe dans lesquelles les captages vont prélever l'eau sont directement concernés et donc ces actions d'ailleurs sont déjà menées si on prend Haut de Paris et bien qui a une aire de captage qui s'étend jusqu'en Normandie on a un accompagnement des agriculteurs parce qu'il faut savoir que l'eau paye l'eau en France.
Donc on se retrouve avec des factures d'eau qui vont permettre de financer un certain nombre de services et notamment le fait de payer des agriculteurs pour aller vers moins d'un tran et donc moins de risque de pollution, c'est aussi moins de traitement et donc ça coûte moins cher. Alors effectivement, on peut on peut inverser la logique, se dire que à partir du 1er janvier, on va détecter ces polluants éternelles systématiquement. Fré, ça va perm ça va permettre peut-être de savoir où il faut investir pour les pour les filtrer et les traiter.
Oui, c'est sûr. Bah, ça permet sur ça permettrait surtout dans un monde idéal de désigner les responsables les émetteurs nets de polluant qu'il faudrait faire payer. C'est le but de cette loi antipiface.
Sauf que sauf qu'on y arrivera pas parce que ça s'est jamais fait. le principe pollue payeur sur lequel est adossé le le l'autre principe de l'eau paye l'eau en France depuis la loi de 64, c'est un principe pollu et payeur réellement les agriculteurs émettent à peu près 80 pardon les les agriculteurs sont à peu près responsables de 80 % des molécules dites problématiques et ne payent que 1 à 2 % de la redevance dit pollution. Voilà l'essentiel du budget.
Oui mais alors ils vont vous dire on est déjà en grande difficulté financière. C'était c'est enfin voilà c'est c'est un secteur assez sinistré. Donc si vous leur mettez des euh des des taxes supplémentaires, ils vont mourir.
Vous az tous vu Harry Potter, c'est un peu comme vol de mort. Dans n'importe quel débat sur le budget de l'eau, il faut surtout pas prononcer le mot agriculteur parce que vous rendez compte, c'est des pauvres victimes, ils sont malheureux et cetera. Oui, mais les faits sont là.
Les faits sont là. 79 à des molécules, ça dépend ce que l'on regarde problématique sont lié au monde agricole et les agriculteurs ne payent pas au au regard de ce que cela coûte. Par contre, en ville, les principaux émetteurs, c'est nous.
C'est-à-dire bah c'est-à-dire c'est nous quand on prend notre douche, quand on s'habille, quand on lave notre linge. Ça c'est les travaux qui ont été faits notamment à Paris par ce chercheur dont je vous ai parlé tout à l'heure, Régis Moyon qui montre que 80 % à peu près des molécules dites problématiques, celles qui nécessitent des traitements importants dans les station d'épuration sont les molécules liées aux cosmétiques, à la pharmacie, à tout ce que nous nous émettons et qui sont pour le coup mal connus parce que les bureaux d'études qui font les analyses se focalisent ou sur l'agriculture ou sur l'industrie. Bref, on ne paye pas l'eau à son juste prix, au prix de la pollution que nous émettons tous et en particulier le monde agricole.
Alors, on a on s'est posé la question de d'un scandale à venir et je me tourne vers vous Michel. Alors, vous êtes assis dur hein, vous parlez d'impérici donc d'incompétence des pouvoirs publics et vous dites il faut prendre date des générations de dirigeants vont devoir rendre des comptes. Oui, parce que quand même, je vous écoute depuis tout à l'heure et on se dit comment peut-on tolérer que dans un pays riche au cœur de l'Europe, l'accès à une eau devienne au fond une sorte de loterie quotidienne ?
Bien sûr, ça dépasse ici largement et on l'a déjà entendu hein la simple gestion technique de l'eau. En fait, c'est l'échec de tout un système qui tarde, qui reporte, qui promet, qui ne tient pas et qui provoque alors effectivement un ruissellement celui de la défiance et de la colère à l'égard des politiques. Et oui, alors les raisons, les explications on les connaît.
On pourrait même remplir des citternes hein. On nous parle de vest vétus d'infrastructure, de sécheresses répétées, de ressources insuffisantes et on on a encore entendu là depuis quelques minutes. Ces diagnostics, on les connaît depuis des années.
Alors, pourquoi l'action n'a-t-elle pas suivi ? C'est la question effectivement que tout le monde est en droit de se poser. Pourquoi les investissements ont-ils été différés jusqu'à la rupture ?
Pourquoi faut-il attendre que des habitants se débattent avec des bouteilles d'eau minérales pour qu'enfin les autorités puissent lever un sourcil ? Bon, on peut quand même difficilement dire que rien n'a été fait. Il y a eu une prise de conscience et un certain nombre de lois qui ont été votées.
Oui. Alors, bien tout le monde prétend ou veut s'en occuper parce que c'est grave et c'est important. Mais comment ?
Bah, chacun se renvoie la balle. commune commune intercommunalité service d'eau état l'absurdité administrative en fait est une sorte de rempart commode contre la notion de de responsabilité on l'a entendu tout à l'heure avec nos experts pendant ce temps bien les familles ardénaises comme on l'a vu bien vu avec des restrictions dignes d'un autre siècle or l'eau potable est un droit l'eau potable ne devrait pas nêtre ni un luxe ni un enjeu politique. Et lorsqu'un territoire entier comme les Ardenes est en manque d'eau potable, bien c'est le pays entier qui doit être marqué et choqué.
Donc il est temps d'arrêter les demmesures. Il faut un plan massif, concret, urgent. Là aussi, ce sont des belles paroles mais au fond qui va les entendre pour tenter d'éviter ce qui paraît d'ors et déjà incontournable un scandale d'état.
C'est-à-dire une situation où le pouvoir connaissait la gravité de la situation mais laissé faire. Merci Michel. Je reprends ce que vous avez dit euh sur l'eau potable est un droit ne devrait jamais être un luxe.
Alors ça pose quand même la question du prix de l'eau. Euh et je veux bien vous entendre les uns et les autres. Je commence peut-être avec vous Emma Aziza.
Euh est-ce qu'on paye pardon je mettre les pieds dans le plat ? Est-ce qu'on paye l'eau assez cher en France ? Alors je pense qu'avant de se se poser la question du prix de l'eau, il faut essayer de comprendre ce qui se passe déjà sur cette ressource en eau qui évolue et donc le prix va évoluer en fonction.
Depuis 2017, on a une bascule en France très claire, c'est-à-dire que depuis les années 90, on a une température qui monte de manière quasiment inexorable quand on regarde toutes les données partout. Mais c'est vraiment à partir de 2017 qu'on voit une sorte de cassure sur le cycle de l'eau en France, une accélération des phases de canicule, des phases de sécheresse qui parfois durent comme en 2017 sur une longue durée, quasiment 10 mois sans pluie et parfois comme en 2018 et bien vont être ça va être une bascule extrêmement rapide et violente. après un hiver très pluvieux, voire même inondé, après un printemps plus vieux, il suffit de 3 semaines de canicule pour qu'on rebascule.
Et donc quand on regarde tout ça, et bien ça conduit à 2022 qui a été l'année qui a été l'année du choc parce que plus de 1300 communes qui manque d'eau potable en France avec une rupture totale et bien c'est quelque chose qui doit nous interroger parce que on est sur une augmentation constante. Donc ce que je comprends c'est je vais vous laisser conclure mais c'est que avec le réchauffement climatique la ressource en eau se se restreint. Exactement.
Sauf que comme on a ce principe de pollueur payeur, je me suis retrouvé avec des élus qui me disent "Écoutez, il me reste 3 semaines d'eau devant moi avant d'arriver à un mur." Donc on est vraiment dans les dans dans une zone dans le pour tour méditerranéen qui est de plus en plus exposé. Et quand je leur dis, écoutez, c'est très simple, il suffit de mettre des mousseurs, des réducteurs de débit, d'économiser l'eau.
Vous avez déjà diminué entre 50 et 80 % l'eau déjà domestique. Donc on va reculer un petit peu derrière face au mur. À ce moment-là, on m'explique que c'est pas possible parce que derrière, il y a des engagements qui sont pris avec des appels d'offre pour pouvoir remettre en état les réseaux et alors que comme cette eau paye l'eau, c'estàd que l'eau des gens, il faut que les gens consomment de l'eau pour pouvoir payer les travaux qui vont pour pouvoir payer ces travaux, il m'explique qu'il ne peut pas, il préfère aller jusqu'au mur pour que l'État prenne ensuite la relève avec des camions citernes.
Ce cas-là, je l'ai pas vu de manière anecdotique, je l'ai vu de manière généralisée. On on prône le fait qu'il faille faire des économies d'eau en surface pour derrière se donner bonne conscience mais finalement en réalité on n pas tellement envie de perdre cette ressource. Donc si on veut changer le prix de l'eau, il faut déjà changer la manière dont on conçoit ce prix de l'eau et que on indexe finalement le coût de l'eau non pas à sa consommation mais finalement à son habitat.
Ça se fait de plus en plus. il y a des nouvelles nouveaux modèles qui arrivent et notamment au nombre de mètres carrés parce que tout le monde perd en ce moment parce que tout le monde devient économe et en fait ça pose un véritable problème au grands professionnels de l'eau. D'accord.
Donc ça veut dire Frédéric Dan que de toute façon il faut qu'on se prépare nous là ici vous qui nous regardez collectivement à payer quand même l'eau du robinet plus cher et même beaucoup plus cher. C'est ce que disent tous les maires que je rencontre avant les élections. Ils ont ça en tête.
Ils ne le diront pas à leurs futurs administrés ou à leurs anciens administrés s' perdent leurs élections. C'est une évidence. Le coût de l'eau en France pour un budget familial, c'est entre 08 et 1,5 %.
Ça va, on peut l'augmenter. L'augmenter de combien ? Euh quand on regarde qu' on estime que les coûts non couverts de l'eau en France est 13 milliards sur un budget de 23 milliards 500 millions à peu près chaque année.
Il y a 13 milliards qui sont pas financés. Donc on peut supposer que le prix de l'eau mécaniquement devrait augmenter de 50 % mais ce sera encore plus. parce que la ressource et à mesure que la ressource amenuise, les polluants se concentrent, ce qui augmentent les coûts des réactifs plus la directive européenne la des rue 2 qui va imposer d'abaisser encore les niveaux de pollution ce qui va obliger les communes, les collectivités à investir pour des nouveaux réacteurs ou une expension une bonne nouvelle hein parce que ça veut dire que l'eau sera encore mieux contrôlé et encore plus potable.
à quel coup le problème c'est qu'on arrive à un mur de financement et on en arrive, je rebondis sur ce que vous disiez demain faute de financement, on aura une eau des riches, une eau des pauvres. C'està-dire à Paris, dans les grandes villes, il y aura toujours de l'argent pour que l'eau réponde aux normes européennes. Simplement, il y aura quand même une augmentation des coûts, une augmentation du prix de la facture.
Par contre, en ruralité et malgré la loi nôtre qui a obligé les collectivités à mutualiser leur budget, il y a des collectivités qui n'y arriveront pas. Et l'État qui est qui est vous disiez que l'État était riche, l'État est plus vraiment riche en France et l'État aura du mal de toute façon à à supporter les coûts supplémentairire. Donc voilà, en France, on est à 4,3 à peu près euros le mètre cub pour l'assainissement et les eaux potables.
Euh, il y en a certains dans le monde de l'eau qui estiment qu'à 8 9 10, ça devrait être la norme d'ici une dizaine d'années. OK. OK.
Bon ben donc on va essayer de s'y préparer psychologiquement, sauf qu'il y a certains français qui ont du mal qui auront du mal he parce que qui sont à quelques euros au près évidemment et on pense à eux. Euh Florence Batrix Conta, est-ce que vous vous avez, je le rappelle, été vice-présidente d'un syndicat des eaux euh sur les moyens que les collectivités euh peuvent mobiliser aujourd'hui pour euh améliorer les contrôles, se préparer à ces contrôles sur les pifacces, rendre notre eau encore plus potable, qu'est-ce qu'on peut en dire ? Euh pour revenir sur le prix de l'eau, en effet le prix de l'eau, c'est essentiellement des coûts fixes h coût des réseaux, c'est essentiellement pour les collectivités des coûts fixes qu'il faut euh qu'elle répercute sur les usagers.
Vous avez dit le prix aujourd'hui moyen est à à peu près 4,5 € le mètre cou je précise bien le mètre cube. Ramenez ça au prix de l'eau que euh vous vous achetez en bouteille. C'est quand même pas aussi élevé que ça.
Faut quand même relativiser tout cela. Euh mais c'est un vrai défi pour les collectivité. Vous savez le taux de renouvellement des canalisations aujourd'hui je crois est à peu près à 0,7.
Ça veut dire qu'on renouvelle les canalisations tous les 140 ans. Ça c'est beaucoup quand même. Donc il y a un gros il y aura un gros investissement à faire pour les renouvellements de canalisation. on rajoute cet investissement là au investissement pour mieux contrôler l'eau le voilà le taux de rendement des réseaux doit être améliorer et d'ailleurs c'est dans la loi donc des investissements énormes et je crois qu'il faut que les collectivités soient accompagnées elles peuvent l'être par les départements elles devront l'être à mon avis moi c'est vraiment une position personnelle que je défends davantage par les agences de l'eau, hein, puisque les agences de l'eau qui perçoivent les redevances doivent accompagner les collectivités pour faire face à tous ces défis sontci les agences de l'eau euh le on va essayer de travailler au budget on va essayer de travailler au budget pour que justement l'essentiel des redevances reviennent aux agences de l'eau pour faire face à tous ces dé ces défis parce que quand vous parlez du rendement c'est c'est la lutte contre les fuites he c'est de c'est c'est de c'est c'est de ça dont don dont on parle selon l'observatoire national des services d'eau et d'assainissement chaque français consomme en moyenne vous et moi, 148 litre d'eau potable par jour.
J'avoue que je je suis je suis tombé de la chaise en découvrant ce ce chiffre 148 L d'eau potable par jour. Voilà ce que je vais avoir consommé dans ma dans ma journée. Alors pour Christophe Béchu à l'époque où il était ministre de la transition écologique justement il parle de gaspillage.
On l'écoute c'était en mars 2023. C'est 149 L. C'est en moyenne ce qu'un français consomme en eau potable par jour et par personne.
Si tous les matins on déposait sur votre paillasson les 100 bouteilles d'un L correspondant à votre consommation journalière par habitant du foyer, je pense qu'on aurait beaucoup moins de difficultés à être sobre. C'est devenu tellement simple, tellement facile, on s'est tellement habitué à ce que ce soit pas une difficulté que on gaspille sans s'en rendre compte. Il a pas tout à fait tort Fred.
Bah, il a même parfaitement raison. Alors, c'est 149 L et c'est plus de 300 pour les touristes parce que quand on part en vacances, on consomme encore plus. D'où on n pas chez soi et on se dit "Allez, je ma douche va être plus longue quoi." D'où le fait que par exemple en Charotante maritime aujourd'hui sur les campings dans certains hôtels, il y a un compteur individuel, il y a des mousseurs sur les douches pour réduire la consommation.
D'où le fait qu'à Toulouse, il y a un tarif estival pour l'eau qui est de 31 % supérieur au tarif normal et qui baisse à mo- 41 % en hiver pour ne pas laiser les résidences, c'est-à-dire Ah donc faire payer les touristes, quoi. Faire payer les touristes. Alors au niveau de la loi, le principe enfin le au niveau de la loi, c'est assez compliqué mais on y arrive.
Euh après euh bah qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Dans une économie de marché, c'est le signal prix hein, qui donne la valeur des choses à 0,8 % du budget familial. nonobstant le fait qu'il y a plein de familles qui a du mal à boucler leur budget, bah c'est pas assez cher.
L'eau ne coûte rien. Donc l'eau ne vaut rien. Donc effectivement, on peut laisser couler l'eau pour boire un café, on peut laisser couler l'eau pour se laver les mains.
En fait, c'est ça. C'est pas tellement la douche, c'est pas tellement le lave-vaisselle, c'est pas tellement le lave-linge, c'est surtout c'est surtout les dépenses intermédiaires. Ou alors le pire c'est quand on lave son auto, 140 L d'eau pour alors justement tiens quand on regarde la répartition, c'est cette même enquête de l'observatoire national des services d'eau et d'assainissement. répartition de l'usage de l'eau potable.
On parle bien d'eau potable donc 39 % pour l'hygiène corporelle, 22 % pour le lavage du linge et de la vaisselle, 20 % pour la chasse d'eau des WC et là on arrive un peu dans l'absurdité. 6 % pour la cuisine, 6 % pour le lavage de la voiture et l'arrosage du jardin et 1 % seulement pour boire. 20 % pour la chasse d'eau, 6 % pour arroser le jardin et laver la voiture.
Moi, j'ai fait mes petits calculs, je suis pas très en mat, mais ça fait à peu près 40 L d'eau potable que chaque français, je me mets dedans, hein, pourrait économiser chaque jour. Pourquoi on continue de gâcher autant d'eau potable pour tirer la chasse ? Alors, c'est un véritable enjeu he quand vous allez à Singapour, les toilettes sont directement aménagées avec de l'eau salée.
Donc, on pourrait très bien réutiliser de l'eau usée et justement l'utiliser dans d'ailleurs, il y a des solutions qui existent très simples. Si vous allez au Luxembourg par exemple, on récupère l'eau des toits et vous avez directement l'eau des toilettes. On considère aujourd'hui que potentiellement un enfant pourrait venir dans les toilettes, prendre un verre et donc boire cette eau.
Donc, il faut qu'elle soit potable. Et donc ça c'est vraiment le grand enjeu qu'il va falloir dépasser aujourd'hui parce que c'est une barrière qui est absolument énorme et qui montre que on ne peut pas évoluer. Euh notamment il y a de nombreuses euh eau qu'on pourrait utiliser à partir de la réutilisation de de la des du fait de conserver de l'eau de pluie.
Euh quand vous avez une gouttière, et bien vous pouvez derrière récupérer ces quantités d'eau. D'ailleurs, c'est plutôt bon pour le cycle de l'eau parce que vous créez un effet retard quand vous allez arroser votre jardin un peu plus tard. Euh et puis vous allez permettre de l'humidité et permettre finalement de de restreindre cette vitesse qui s'accélère.
Ça marche très bien. Il y a des villes par exemple qui aménagent des gouttières partout avec des cuelages enterrés. Et lorsqu'on se retrouve dans la période estivale où vous avez des des canopées vertes derrière avec des arbres que et bien dans en 2022 on a laissé mourir sur pied parce que les arrêtés sécheresses interdisaient d'arroser les arbres en ville alors que c'est le premier climatiseur naturel et bien là on a des solutions de stockage enterré qui fonctionnent très bien.
Donc il va falloir remettre énormément de cohérence de manière globale. On en a besoin parce qu'on est face à un défi colossal, un défi de rarfaction de cette ressource en eau. un défi notamment de de cette eau qui finalement derrière tout ce que l'on consomme, tout ce que l'on boit, tout ce que l'on prend finit dans ces eaux et et alors après, il y a aussi des limites, attention au coût d'effet magique parce que lorsqu'on a lancé le plan haut, on s'est dit bah écoutez, c'est très simple, on va faire comme en Israël, comme en Espagne, on va réutiliser les eaux usées, on va désanaliniser, ça va être facile.
Premièrement, c'est pas si simple que ça. Deuxièmement, si on l'a pas fait jusque- là, c'est parce qu'on est un pays tempéré et qu'on n'est pas un pays semi-haride et qu'on en a jamais vraiment eu besoin. Oui.
Mais sauf que maintenant, il y a un certain nombre de départements qui sont dans la situation de l'Espagne. Alors, j'allais dire d'Israël, c'est peut-être un peu exagéré, mais enfin qui ne pas ne pas mettre en place un système de réutilisation des des eaux, c'est une absurdité, voire même un scandale, quoi. Oui, sauf que c'est là où je voulais amener peut-être je pense que il faut essayer d'analyser chaque cas de manière spécifique et pas imaginer que c'est la solution miracle parce que on a tendance à nous le vendre et si je prends un exemple derrière sur le cour pour littoral plutôt que de jeter cette eau en mer qui est finalement remplie de tous nos consommations de médicaments, d'hormones et cetera qui repartent et bien derrière elle va contaminer en plus le milieu littoral. euh autant lui refaire faire un cycle, la nettoyer complètement et l'utiliser.
Surtout qu'on a un énorme problème sur nos bordures littorales, c'est ce qu'on appelle la remontée du biseau salé. C'estàd que cette remontée d'eau salée parce que il n'y a plus assez d'eau dans la nappe et donc cette eau est contaminée. Donc ça c'est un enjeu qui est absolument crucial.
Mais si on va dans un cours d'eau naturel au milieu de la France et que on prend ces eaux issues de station d'épuration et qu'on leur refait faire un tour, le vrai problème c'est qu'il y a plus cette eau qui est ensuite derrière rejetée dans le milieu naturel. Et le poisson déjà qu'il avait pas beaucoup d'eau, il l' préfère quand même avec ses médicaments et ses hormones. Oui, j'ai bien compris.
Donc, j'ai bien compris aussi qu'il y avait pas de solution simples et de solution nationale Florence Blatrice Conta. Mais quand même, est-ce qu'il y a des freins réglementaires ? par exemple, je reste sur la la thématique des eaux usées.
Est-ce que il faudrait pas lever un certain nombre de freins réglementaires pour pouvoir autoriser l'utilisation des eaux usées dans les toilettes pour laver sa voiture et justement dans le plan haut hein, il y a un certain nombre de mesures pour mieux enfin c'est les mesures réutes pour mieux réutiliser les eaux usées. Et vous avez évoqué tout à l'heure les eaux des toits. Il faudrait que toutes les nouvelles constructions puissent utiliser pour les toilettes, pour la machine à laver euh ces eaux.
Euh mais on observe quand même euh et statistiquement dans les collectivités que la consommation d'eau a tendance à baisser et le signal prix, c'est vrai que le prix de l'eau a augmenté ces dernières années, euh entraîne une baisse de la consommation. avec l'installation de mousseur mais aussi avec l'installation de récupérateur d'eau pour pour le jardin. Avant on avait une consommation d'eau qui augmentait l'été, on l'observe beaucoup moins.
Donc on a vraiment déjà un mouvement vers la sobriété qu'il faut amplifier à la fois par une prise de conscience des consommateurs mais aussi par l'effet prix. Donc c'est un un des éléments du plan haut, la sobriété. Je crois qu'on avance là-dessus.
Ouais. Un dernier mot Fré sur alors vous nous avez déjà dit sur ce plateau que il faut pas exagérer la la guerre de l'eau ou les ou les conflits qui peuvent exister mais est-ce que les préfets vont se retrouver à devoir arbitrer de plus en plus de de conflits entre les agriculteurs, les industriels et les consommateurs ? de plus en plus et en plus ils vont avoir encore plus de pouvoir depuis la directive non c'est pas une directive un arrêté un décret je sais plus de de de le cornu en de François Beou en juillet dernier qui confè encore plus de pouvoirs au préfet de département et des pouvoirs de dérogatoires par rapport aux décisions des administrations déconcentrées de l'État par exemple les agences de l'eau.
Bon bref, oui, ils vont devoir arbitrer mais comme ils ont arbitré en 2022 et globalement ça s'est globalement ça s'est bien passé, le système de la gouvernance de l'eau fonctionne encore à peu près bien en France, même si on va toucher aux limites, notamment, je sais pas, dans les Pyrénes orientales où et le tourisme et la viticulture ont épuisé les nappes, y compris les nappes profondes. Et là, on est dans la situation du Maroc d'il y a 20 ans. On est dans une situation grave où les préfets vont devoir arbitrer sur quelques gouttes d'eau qui restent entre eux des intérêts contradictoires.
Et si derrière on ne fait pas une planification, alors c'est un gros mot aujourd'hui en France où on ne décide de rien hein, où on ne gouverne plus. Mais si si on ne planifie pas un changement d'aménagement du territoire, un changement de conduite de culture et un changement de politique économique, bah je vois pas comment demain on pourrait arriver à arbitrer des usages de l'eau différents et il y aura une responsabilité, je termine là-dessus, des collectivités. Demain, il faudrait que les PLU, les plans locaux d'urbanisme soient adossés à la quantité d'eau disponible, à la capacité d'assainissement et de potabilisation des eaux sur un territoire.
C'est ce que tentent certaines communes euh un peu partout en France, mais ce que la loi ne permet pas encore de général. Merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé, à tout d'avoir participé à ce débat Frédér, on vous lit évidemment chez nos confrères de Mariane.
Je vous dis à bientôt sur sur Public Sénat. Voilà, c'est la fin de ce sens public. Rendez-vous demain 18h et 22h.
Vous pouvez nous retrouver sur publicsene.fr ou nous réécouter en podcast. Notez que c'est Joana Roland la mère socialiste de Nant qui sera l'invité de notre matinale.
Elle sera face à Orian Mansigner à 8h du matin. Bonne soirée.
Florence Blatrix Contat