L'édito de Thomas Bonnet : «Retraites : inspirons-nous de l'Allemagne»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le système de retraite, c'est l'éléphant au milieu de la pièce, le poste de dépenses principales qui pèse sur le budget de l'État. Aujourd'hui, sur 1000 € de dépenses publ d'un quart, plus de 250 €. Serv à payer les retraites avec une espérance de vie qui augmente, une natalité qui baisse.
Pas besoin de sortir de Saincir pour comprendre qu'on se dirige tout droit vers le mur. Pourtant, sur le sujet des retraites, la dernière décision en date a été de suspendre la réforme pour, on se rappelle, acheter la bienveillance des socialistes. Notre avenir budgétaire sacrifié sur l'hôtel de considération bassement politicienne.
Les prévisions nous annoncent un coût toujours plus important d'un système poussiéreux. Mais comme d'habitude en France, on repousse l'échéance. Ce sera au suivant de son chargé.
Les responsables politiques à la barre aujourd'hui détournent le regard. Il s'agirait surtout de ne brusquer personne. En Allemagne, à l'inverse, le gouvernement s'attaque au sujet.
Oui. Au terme d'un travail transpartisan qui paraît inimaginable chez nous, 6 mois de réflexion pour aboutir à 33 propositions. Parmi elles l'introduction d'une part de capitalisation obligatoire pour tous les salariés. 2 % du salaire brut versé dans un fond d'état en action. un effort réparti équitablement entre l'employeur et le salarié.
Autre mesure phare, le calcul de l'âge de départ en fonction de l'espérance de vie. Ainsi, il pourrait à terme dépasser les 67 ans au cours des prochaines années en Allemagne. Une évolution qui va dans le sens de nombreux pays européens et qui répond aux problématiques qui traversent le vieux continent, une population vieillissante et une proportion d'actifs qui se réduit pour financer les retraites de leurs aînés.
Alors, en France, on est encore loin du compte même si le débat est lancé avant la présidentielle. Et alors chez nous certaines voies réclament aussi une part de capitalisation. C'est le cas d'Éric Sioti par exemple qui plaide pour une montée en puissance sur 9 ans en ajoutant un étage de capitalisation.
On peut citer aussi David Lisnard qui plaide lui aussi pour ce dispositif depuis longtemps et on peut dire aussi que le sujet est en train d'émerger dans certains discours de certains candidats à l'élection présidentielle. Mais en fait notre débat sur les retraites en France est bloqué coincé par la notion de l'âge de départ. Tout tourne autour de ce nombre 65 ans, 67 ans, voire même 62 ou 60 pour la gauche à qui dit mieux.
Cet âge légal, c'est un épouvantail politique qui osera s'aventurer sur ce terrain. C'est qu'il risque gros auprès des électeurs. Pourtant, il n'a jamais semblé aussi urgent de réformer notre système parce que c'est notre modèle même de solidarité qui risque de s'en trouver menacé.
Mais on le sait, l'hostilité de la population, c'est un verrou que seuls des exercices de pédagogie pourront faire sauter. Peut-on réformer contre la vie de son peuple ? C'est à cette question que devront répondre les candidats à l'élection présidentielle.
En tout cas, ce pour qui la bonne tenue des comptes publics a encore un sens.