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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 6 janvier 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploiRetraites

Vaccination des salariés, plan de relance, déficits, suppression de postes chez Michelin... Le "8h30 franceinfo" de Geoffroy Roux de Bézieux

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Après une année noire pour l'économie française, après deux confinements, est-ce que vous estimez que la reprise économique est en train tout doucement de pointer le bout de son nez en France ?

  • 1:43OuverteRéponse directe

    L'année dernière, le PIB a plongé de 10%. Merci, table sur une croissance de 6% pour 2021. Est-ce que ça vous semble réaliste ?

  • 2:26RelanceRéponse partielle

    On est en train de réussir la campagne de vaccination, pour l'instant, après 10 jours ou pas du tout ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Une journée de perdue de vaccination, c'est une journée de perdue aussi pour la reprise ?

  • 3:59RelanceRéponse partielle

    Vous dites que le gouvernement s'est planté sur le début de la campagne de vaccination. Qu'est-ce qui n'a pas marché ?

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Pour aller plus vite, est-ce qu'il faut accélérer les entreprises pour qu'elles accompagnent cette campagne de vaccination ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Vous avez 15-20% qui souffrent et ceux qui souffrent, alors pas la peine de les nommer, vous les avez devinés, c'est hôtellerie, restauration, etc. »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « Vous avez vu ces chiffres sur l'épargne qui grossit, l'épargne des Français, qui grossit de plus en plus chaque mois parce qu'on ne dépense pas. »
  • 2:41Invité politiqueChiffre
    « On est passé, je crois, de quelques centaines de cas à 5 000 hier. »
  • 3:30Invité politiqueChiffre
    « 850 morts hier. Exactement. »
  • 3:51Invité politiqueChiffre
    « On est à moins 9, moins 10 cette année. Les Allemands sont à moins 5, moins 6. »
  • 9:25InvitéChiffre
    « Plus de 7000 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne de vaccination en France, dont 5 000 hier. »
  • 10:24InvitéChiffre
    « Près de 3 millions de salariés ont eu recours à l'activité partielle en novembre dernier. »
  • 11:15Invité politiqueFait
    « Là, il faut commencer à rembourser. »
  • 14:57InvitéChiffre
    « On parle de 200 milliards d'euros. »
  • 16:25Invité politiqueFait
    « On travaille moins en France que la moyenne des pays de l'OCDE. »
  • 19:21InvitéChiffre
    « Le fabricant de pneus va supprimer jusqu'à 2300 postes sur les 21 000 qu'il compte en France. »
  • 20:24InvitéFait
    « Sur l'ouverture des commerces le dimanche en janvier, pas de règles nationales, mais des concertations et des décisions qui ont été prises localement. »
  • 23:48Invité politiqueChiffre
    « Le marché automobile français, c'est moins 25%. On est revenu au niveau de 1975 en vente de voitures. »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Invité11 %
  • Invité 28 %
  • Invité 36 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Bonjour Jean-François de Bézieux. Après une année noire pour l'économie française, après deux confinements, est-ce que vous estimez que la reprise économique est en train tout doucement de pointer le bout de son nez en France ?

0:10
Invité politique

Je crois que c'est un peu tôt pour le dire. La situation de reprise, elle est très contrastée. Vous avez d'un côté, on va dire, 80% de l'économie qui tourne à 90-95% de sa capacité, avec même quelques secteurs qui marchent bien. Et puis vous avez 15-20% qui souffrent et ceux qui souffrent, alors pas la peine de les nommer, vous les avez devinés, c'est hôtellerie, restauration, etc. sont en train de s'enfoncer parce que, évidemment, mois d'ouverture ou semaine de fermeture, pardon, après semaine de fermeture, ça devient de plus en plus difficile. Donc parler de reprise, je crois que c'est assez prématuré. Tant qu'il n'y a pas, comme a dit Emmanuel Macron dans ses voies.

Non, vous savez, l'économie c'est psychologique, c'est de la confiance collective. Et tant qu'on a cette incertitude devant nous, collectivement, que ce soit les entrepreneurs, mais aussi les salariés, aussi les consommateurs, c'est très difficile de se projeter. Vous avez vu ces chiffres sur l'épargne qui grossit, l'épargne des Français, qui grossit de plus en plus chaque mois parce qu'on ne dépense pas. Donc la consommation se tient à moins, je ne sais pas combien c'est, au mois de décembre. Enfin, il y a eu un peu de reprise par rapport à novembre, mais parler de reprise aujourd'hui me paraît prématuré. Alors mondialement, par contre, c'est différent.

C'est un des problèmes, c'est que l'Asie, la Chine est repartie. Elle n'a d'abord pas été en récession sur l'année 2020 et elle semble repartir de ce qu'on voit des commandes. Vous savez, les chiffres chinois sont sujet à discussion, mais quand on regarde les commandes, les vraies commandes, vous voyez, en dur, c'est-à-dire les commandes d'automobiles, de pièces, etc., oui, c'est reparti.

1:43
Invité

Alors ici, en France, l'année dernière, le PIB a plongé de 10%. Merci, table sur une croissance de 6% pour 2021. Est-ce que ça vous semble réaliste ?

1:53
Invité politique

J'allais dire, même réponse. Je suis désolé de vous dire, je ne sais pas. Je sais que ce n'est pas terrible de dire ça à la radio. Ça va vraiment dépendre de la vitesse à laquelle on vaccine, la vitesse à laquelle cette épidémie s'arrête. Ce qui peut rendre optimiste, c'est un, le vaccin, deux, le fait qu'il y a une forte saisonnalité, on le voit bien, de cette épidémie. Et qu'on peut se dire que quand les températures vont monter au mois de mars, d'avril, enfin, dans cette période-là, au printemps, les choses vont repartir. Donc, plus 6, ça paraît réaliste à ce stade. C'est tout ce qu'on peut dire.

2:26
Invité

Vous dites que ça dépend en partie de la campagne de vaccination. On est en train de la réussir, cette campagne, pour l'instant, après 10 jours ou pas du tout ?

2:33
Invité politique

Bah, écoutez, moi, je fais le même constat que 95% des Français. Non. Alors, heureusement, hier, ça a accéléré. On est passé, je crois, de quelques centaines de cas à 5 000 hier. Donc, l'ouvainement a l'air de changer le cap. Mais il s'est quand même planté au départ. Il y a 30 millions de Français qui sont prêts à vacciner, si on en croit les sondages. Et je ne suis pas sûr que les autres ne soient pas prêts à se vacciner. Ils attendent de voir. Donc, il faut y aller à fond. La vaccination, c'est la solution numéro un, parce que ça crée une immunité collective et ça permet de travailler.

Et donc, plus il y aura de gens vaccinés, entre ceux qui ont déjà eu le Covid et les gens vaccinés, plus on se rapproche du moment où on retrouvera une vie entre les mains normales.

3:16
Invité

Est-ce que c'est ça ? Une journée de perdue de vaccination, c'est une journée de perdue aussi pour la reprise ?

3:21
Invité politique

Alors, c'est d'abord une journée de... C'est une journée... Il faut quand même dire les choses dans l'ordre. Une journée de perdue pour des vies. Des gens qui n'auraient pas été vaccinés, qui vont mourir. 850 morts hier. Exactement. C'est d'abord ça, la vaccination. Mais évidemment, c'est aussi une journée de perdue par l'économie. Et c'est là où les chiffres qui ont circulé la semaine dernière étaient terribles. C'est par rapport aux autres. Parce que si nos voisins vaccinent plus vite, ça veut dire qu'ils repartiront plus vite. Et on a déjà eu un confinement plus strict. Vous vous souvenez un des chiffres. On est à moins 9, moins 10 cette année. Les Allemands sont à moins 5, moins 6.

Donc on risque aussi d'avoir ce phénomène de perte de part de marché et de compétitivité.

3:59
Invité

Vous dites que le gouvernement s'est planté sur le début de la campagne de vaccination. Ce sont vos mots, Geoffroy Roux-Bézieux. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Il n'a fait pour l'instant que suivent les préconisations d'un organisme indépendant qui s'appelle la Haute Autorité de Santé, qui avait dit que la priorité, ce sont effectivement les pensionnaires des EHPAD, puisqu'ils représentent à eux seuls un tiers des décès depuis le début de cette crise.

4:19
Invité politique

On s'est trompé de cible ? À la limite, moi, je ne suis pas le mieux placé pour savoir quelle est la bonne cible. Ce que je constate simplement, c'est-à-dire presque bêtement, c'est que des pays comparables avec le même type de population sont allés beaucoup plus vite, ne serait-ce que l'Allemagne ou d'autres. Donc, il y a des raisons pour ça. Est-ce que, ce que je crois comprendre, on a été, comme souvent, trop bureaucratique avec ce fameux guide de 45 pages, le consentement...

4:49
Invité

Ça, c'est le guide pour les EHPAD qu'Olivier Véran s'est engagé hier à simplifier, raccourcir un point.

4:53
Invité politique

Pardon de le dire comme ça, mais le fait qu'il y a un certain nombre de choses qui ont été mises en place depuis 3-4 jours, on a simplifié manifestement le procès, ça montre bien qu'au départ, on avait pris trop de précautions. Et c'est vrai que je peux comprendre, puisqu'on a une énorme juridisation... Judiciarisation, merci, c'est dur à dire, des process, qu'il y a eu ces perquisitions, etc. Donc, il y a une espèce d'épée de Damoclès. Et c'est que le gouvernement a eu peur. On est... Moi, je ne peux pas me prononcer là-dessus. Mais, si vous voulez, à un moment, on ne peut pas dire qu'on est en guerre contre le virus et faire toutes les précautions qu'on fait en temps de paix.

Je crois qu'il faut aller plus vite. Donc, on a besoin de ce vaccin. Moi, je le dis vraiment. Alors, pour aller plus vite... On a besoin de ce vaccin et c'est vraiment un élément important de reprise. Oui, de reprise.

5:40
Invité

Pour aller plus vite, est-ce qu'il faut, justement, accélérer les... Penser, mettre dans la boucle les entreprises pour qu'elles accompagnent cette campagne de vaccination ?

5:50
Invité politique

Oui, les entreprises, elles peuvent faire deux choses. D'abord, elles peuvent aider leurs salariés quand ils veulent se faire vacciner. En Israël, par exemple, à 18h, les centres de vaccination sont ouverts pour les moins de 60 ans et les entreprises laissent partir les gens pour se faire vacciner. Donc, ça, nous, on est prêts à le faire le plus vite possible. Et elles peuvent aussi vacciner en entreprise. Vous savez qu'on fait plusieurs centaines de milliers de vaccins contre la grippe, plutôt dans les grandes entreprises. Ça, on ne pourra le faire, réalistiquement, que quand le vaccin AstraZeneca sera validé par l'Agence de santé européenne. Pourquoi ?

Parce que les doses de vaccins, c'est moins 70 degrés. Donc, ça réclame une logistique très compliquée à mettre en entreprise. Mais dès qu'on est... Alors, il y a deux conditions. Il y a ce vaccin et puis le fait qu'on vaccine les gens plutôt de moins de 60 ans, puisque nos salariés, a priori, sont plutôt des gens jeunes et donc pas dans la cible prioritaire. Mais on est prêts à le faire. On le fait pour la grippe avec beaucoup d'efficacité. Vous avez des entreprises, AXA France, je le cite parce qu'on en a parlé hier, qui vaccinent 25% de leurs salariés. Donc, ça marche. On sait faire. Donc, décentralisons, si j'ose dire, ou délocalisons.

6:55
Invité

Donc, on fait confiance aux maires, on fait confiance aux profets, on fait confiance aux chefs d'entreprise et aux salariés volontaires.

7:00
Invité politique

Oui, alors, bien sûr, c'est important de le dire. Volontaires et anonymes. Il n'est pas question pour nous de dire, toi, tu viens travailler parce que tu étais vacciné. D'abord, c'est illégal.

7:09
Invité

Ni question que ce soit une forme de passeport sanitaire, c'est-à-dire que les vaccinés puissent, par exemple, revenir au travail avant les autres, pour ceux qui étaient en télétravail.

7:16
Invité politique

Non, mais alors, sur le sujet du passeport sanitaire, qui est important, moi, j'y suis favorable, mais pour des usages bien précis. C'est-à-dire ? Par exemple, voyager à l'étranger, il va être probablement obligatoire, dans certaines compagnies aériennes, d'avoir ce passeport sanitaire. Donc, on va en avoir besoin, certains cadres. Alors, il y a moins de voyages, bien sûr, mais il y a encore des gens qui voyagent. Mais par exemple, on peut réfléchir à des événements professionnels, sur une base de volontariat, vous avez un salon professionnel. Obligation de montrer qu'on a été vacciné à l'entrée. Obligation, mais vous n'êtes pas obligé d'aller au salon professionnel, soyons clair.

Ce n'est pas une obligation de vaccin.

7:49
Invité

Donc, pour les salons professionnels, montrer qu'on a... Oui, je prends cet exemple, parce que je pense que c'est un bon exemple.

7:53
Invité politique

C'est-à-dire que vous voulez, vous allez réunir 10 000 personnes du monde entier dans un salon professionnel. On peut leur dire, vous ne pouvez vous inscrire que si vous avez ce passeport sanitaire.

8:04
Invité

Mais pas d'obligation de vaccin pour l'entreprise, pour aller au bureau. Non, mais évidemment, non.

8:08
Invité politique

Mais encore une fois, je dis, c'est illégal. Les données sanitaires du salarié sont anonymes, et heureusement, il n'y en est pas question. Mais pour des usages précis qui permettent de relancer des activités...

8:20
Invité

Pour aller au restaurant aussi, par exemple ?

8:22
Invité politique

Pardon ?

8:22
Invité

Pour aller au restaurant aussi, par exemple ?

8:23
Invité politique

Non, les restaurants, il me semble, c'est à discuter avec les professionnels, que là, c'est trop, si vous voulez, parce que c'est des activités du quotidien.

8:29
Invité

Vous entendez déjà les éventuelles réactions pour ressusciter une telle proposition de la part des anti-vaccins qui nous disent, certes, il n'y a pas d'obligation de se faire vacciner, mais si vous nous empêchez de partir à l'étranger, d'aller dans des salons, d'aller dans des réunions, c'est...

8:41
Invité politique

Partir à l'étranger, ce n'est pas moi qui nous empêche, c'est certaines compagnies aériennes qui vont l'imposer. C'est dans les tuyaux. Sur les salons professionnels, pardon, mais c'est un acte volontaire. Vous n'êtes pas obligé d'aller un salon. De toute façon, tous les salons maintenant ont une version virtuelle, sur Zoom ou autre. Et une version présentielle.

9:01
Invité

Il est 8h42, Le Fil Info, avec Mélanie Delaunay. Et on poursuit avec vous dans un instant. Geoffroy Roux de Bézieux. La fermeture prolongée des restaurants, mais aussi le couvre-feu ou la campagne de vaccination au menu d'un conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée. Il sera aussi question de la réouverture des remontées mécaniques. Le président de Domaine Schiable de France demande ce matin sur France Info au gouvernement de tenir son engagement et de rouvrir les pistes dès demain. Plus de 7000 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne de vaccination en France, dont 5 000 hier. 500 000 doses du vaccin de Pfizer doivent être livrées dans la journée.

La moitié des enseignants de collèges et de lycées disent s'être déjà auto-censurés sur les questions religieuses pour éviter un incident. Autant ont déjà vu des élèves contester un enseignement pour des motifs religieux. C'est une enquête de l'IFOP pour la fondation Jean Jaurès et Charlie Hebdo. Aux Etats-Unis, c'est le contrôle du Sénat qui est en jeu et donc la possibilité pour Joe Biden d'appliquer son programme. Pour cela, les démocrates doivent remporter les deux sièges en jeu en Géorgie. C'est déjà fait pour l'un des deux, selon des médias américains. C'est aussi aujourd'hui que le Congrès certifie le résultat de l'élection présidentielle.

Au même moment, les partisans de Donald Trump vont aller manifester dans les rues de Washington. France Info

10:16
Présentateur

Toujours avec le président du MEDEF, Geoffroy Rôde-Bézieux.

10:24
Invité

Près de 3 millions de salariés ont eu recours à l'activité partielle en novembre dernier. Beaucoup d'entreprises tiennent aujourd'hui car elles sont perfusées aux aides de l'État. Que va-t-il se passer quand ça va s'arrêter ?

10:37
Invité politique

Tout dépend de, encore une fois la citation, pour ce qui est du chômage partiel, les aides baissent à partir du 1er février sur le chômage partiel de droit commun. Nous, on est assez à l'aise avec cette idée de continuer les aides, entre guillemets, quoi qu'il en coûte, sur les secteurs qui restent fermés ou leurs fournisseurs. Il ne faut jamais oublier qu'il y a les secteurs fermés, puis il y a ceux qui gravitent autour, en quelque sorte. Et par contre, de commencer à réduire progressivement sur le reste de l'économie qui tourne, entre guillemets, alors pas complètement à 100%.

Après, il y a un sujet important, c'est le mois de mars, puisqu'on arrive à l'anniversaire des prêts garantis par l'État. Là, il faut commencer à rembourser. Alors, non, enfin non, oui et non, au sens où il y a une possibilité de réétaler sur un an, d'avoir un moratoire d'un an supplémentaire, et je pense qu'il sera fortement utilisé. Pourquoi ? Parce que, quand ça a été pensé il y a un an, tout le monde se disait, dans un an, on sera sortis de la pandémie, donc on commence à rembourser. En réalité, malheureusement, on n'y est pas. Et donc, il y a cette idée qu'on avait poussée auprès de Bercy, et que Bruno Le Maire a mis en place, qui est qu'on peut négocier avec sa banque.

Enfin, l'entreprise peut négocier avec sa banque la possibilité de reprendre un an de moratoire pour rembourser à partir de... On repousse ou on annule ? Est-ce que toutes les entreprises vont devoir effectivement rembourser ce prêt ? Écoutez, un prêt, ça se rembourse. C'est comme la dette, vous voulez dire ? C'est comme la dette, exactement. Il n'y a pas d'exception pour les entreprises ? Non, mais après, il y aura des sujets individuels, notamment dans ces secteurs-là, qu'il faudra examiner au cas par cas. J'ajoute un petit point, un peu technique, mais qui est très important. C'est les notes Banque de France.

Ces entreprises sont notées, et c'est en fonction de ça qu'elles ont des crédits. Or, il va y avoir une série de notes Banque de France avec les bilans de 2020 qui vont être catastrophiques. Et ça, c'est un sujet qu'on a porté aussi à Bercy pour essayer de travailler avec la Banque de France, pour éviter qu'il y ait une espèce d'avalanche, si vous voulez, de dégradation de notes, un peu automatique, qui serait catastrophique. Donc là, j'y vais cet après-midi à Bercy, voir Bruno Le Maire, pour discuter justement de comment on fait pour éviter, au mois de mars, au mois d'avril, une espèce d'avalance de faillites. Vous savez que les faillites...

12:47
Invité

Alors justement, vous avez des chiffres sur ces faillites ?

12:50
Invité politique

Alors, on a les chiffres de cette année, et le paradoxe, c'est qu'on est d'un moins 30% en nombre de faillites. De cette année de l'année de 2020, où les faillites ont baissé 30% par rapport à l'année précédente. Mais c'est très artificiel, puisqu'il y a eu ces fameux prêts garantis par l'État. Et donc la question, c'est, est-ce qu'il va y avoir une vague de faillites entre, on va dire, avril et l'été ? Très difficile de répondre. Ce qui est sûr, c'est que dans les fameux secteurs dont on parlait, les 15-20% de l'économie, il y en aura, et il y aura une forme de rattrapage, malheureusement.

13:18
Invité

Alors, il y a la question de ces prêts garantis par l'État, et puis il y a la question plus générale du plan de relance, les 100 milliards qui vont être investis par le gouvernement pour relancer l'économie. Voici ce qu'on disait hier matin le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, chez nos confrères de France Inter. Le plan de relance tel qu'il a été conçu, voilà quelques mois, excusez-moi, il est aujourd'hui déjà dépassé. La décision notamment, qui visiblement sera prise, de prolonger la fermeture des cafés et des restaurants, il ne faut pas se dire, oui mais ce n'est pas grave, ils vont fermer, certains mettront la clé sous la porte, ils réouvriront.

Et les entrepreneurs qui eux-mêmes se sont engagés personnellement, ils vont se retrouver quoi ? En quasi-faillite ? Non, ce n'est pas possible. Le plan de relance est déjà dépassé ?

13:58
Invité politique

Non, je ne dirais pas les choses comme ça, même si ce que dit Xavier Bertrand n'est pas totalement faux. C'est un plan de relance qui a été conçu pour réinvestir et réindustrialiser le pays avec un tropisme, transition climatique, transition... Ça, ça reste complètement valable et d'ailleurs il a plutôt bien démarré dans les appels à projets, etc. Mais moi je pense qu'il faut le compléter avant l'été avec un volet sur toute l'économie présentielle, c'est-à-dire l'économie qui souffre.

Et effectivement, il n'y a rien dans ce plan de relance pour les hôtels, pour l'événementiel, pour les stations de ski, pour tous ces gens-là qui ont eu une année 2020 catastrophique, ont de nouveau une année 2021 catastrophique.

14:38
Invité

Donc il faut remettre plusieurs milliards d'euros sur la table ?

14:40
Invité politique

Il faudra remettre des milliards d'euros, combien je ne sais pas. Et puis on se posera la question, je le dis, ça a été une discussion qu'on a eu longuement toujours avec Bruno Le Maire, il faudra peut-être réfléchir à un moyen de faire sortir l'épargne.

14:54
Invité

Les Français, ce qu'ils peuvent en tout cas, ont épargné assez massivement l'an dernier gare.

14:57
Invité politique

On parle de 200 milliards d'euros.

14:59
Invité

200 milliards d'euros, ce qui ferait, si tout c'est, ce qui n'arrivera pas évidemment si on débloquait tous les livrets A, les codes des vies et tout le reste, pour ceux encore une fois qu'ils peuvent, l'équivalent de deux plans de relance. Comment est-ce qu'on incite les Français à sortir de leur baddelle ?

15:10
Invité politique

C'est une vraie question, parce que si vous voulez, ne faites pas, pardon de dire les choses un peu trivialement, ne faites pas boire un âne qui n'a pas soif, c'est-à-dire que les Français, ils consomment quand ils ont confiance.

15:17
Invité

Et s'ils ont placé cet argent, c'est sans doute qu'ils ont peur aussi de ce qui va se passer.

15:21
Invité politique

Mais bien sûr qu'ils ne voient pas l'avenir, ce que je disais tout à l'heure. Donc, ce deuxième volet du plan de relance, je préfère appeler ça un deuxième volet du plan de relance, il faudra qu'il y ait une dimension pour tous ces secteurs sévèrement touchés, d'un côté, et une réflexion sur la demande. Mais moi, je ne suis pas pour un plan de demande massif type baisse de TVA. Pourquoi ? Parce que ça favorise les importations. Il faudra plutôt réfléchir à des choses ciblées. Un chèque alimentaire, comme l'a proposé la Convention citoyenne.

15:45
Invité

La FNSEA a dit banco hier.

15:47
Invité politique

C'est pas idiot. Un chèque vert. Nous, on avait proposé, je ne sais pas si, bon, on ne se souvient pas des mesures qu'on a proposées en mai, parce que tout ça, c'était il y a très matin. C'était le monde d'avant. On avait proposé un chèque vert pour encourager, souvent les produits verts sont plus chers. Pas forcément, mais ça, c'est souvent le cas, parce qu'ils coûtent plus cher à produire. Donc, il y a peut-être des idées à travailler plus segmentées que je baisse la TVA ou ce type de mesures.

16:07
Invité

Est-ce qu'il va falloir travailler plus pour sortir de la crise ?

16:10
Invité politique

Alors, si vous voulez, la première question, c'est comment on fait pour retravailler normalement ? Puisqu'aujourd'hui, on ne retravaille pas normalement.

16:15
Invité

Juste après l'épidémie.

16:16
Invité politique

Alors, justement, la question, le débat, il faudra l'avoir, je pense, pour la présidentielle, parce que c'est là où ça va se cristalliser. Oui, je pense qu'on a besoin de réfléchir à ça. On travaille moins en France que la moyenne des pays de l'OCDE. On travaille moins, en fait, en durée de travail dans l'année. Ce n'est pas Deryb Nobadaire qui compte, c'est la durée dans l'année. Et puis, on travaille moins tout au long de la vie. Et ça nous amène, évidemment, au débat sur la retraite. Alors, vous savez, il y a deux manières de raisonner. Il y a une manière que vous connaissez, qui est de dire, il y a des chômeurs, il n'y a pas assez de travail pour tous, donc on partage le travail.

Ça, c'est notre question, normalement, si vous voulez bien vous laisser les questions.

16:50
Invité

On recrute massivement.

16:51
Invité politique

Et puis, il y a une deuxième qui est celle qu'on comporte depuis longtemps et qui est quand même corroborée, je ne veux pas trop polémiquer, mais qui est corroborée par beaucoup de statistiques qui montrent que plus on travaille, moins il y a de chômeurs dans un pays. C'est mathématique. Le travail crée de la richesse. La richesse crée de la protection sociale, crée des impôts et crée du travail.

17:09
Invité

Donc, vous, vous êtes pour qu'on travaille plus, plus longtemps, au lieu de recruter massivement.

17:13
Invité politique

Pardon ?

17:14
Invité

Au lieu de recruter massivement, car plus de chômeurs.

17:16
Invité politique

Ce n'est pas au lieu, justement, c'est plus un pays produit de richesse, plus il recrute, plus il crée de travail. Mais si vous voulez ce débat-là, encore une fois, c'est plus juste pour finir ce débat-là.

17:25
Invité

C'est plus au long de sa vie, c'est repousser l'âge de départ à la retraite. Sur quel levier ? Je ne crois pas que c'est le débat qu'il faille avoir maintenant. Vous l'avez ouvert il y a quelques semaines, ce débat. Vous l'avez refermé aussitôt. Je l'ai ouvert il y a quelques mois. On remet le couvercle sur la boîte. On n'en parle plus jusqu'à la présidentielle.

17:38
Invité politique

Non, mais on n'en parle plus pour une... Enfin, on ne peut en parler, ce n'est pas un tabou. Mais la vraie question, c'est comment on fait tout de suite

17:45
Invité

pour retravailler là, maintenant, tous ? Donc, Bruno Le Maire se trompe quand il dit que, par exemple, la réforme des retraites, qui est censée nous faire faire des économies, est une priorité de la fin du gouvernement.

17:53
Invité politique

Alors, ça, c'est une question dans la question. Du quinquennat. Du quinquennat. On avait compris. C'est une question dans la question. C'est-à-dire, on a creusé la dette massivement et on a creusé, on a oublié, tous les déficits des régimes sociaux. Assurance chômage, sécurité sociale, etc. Il y a là aussi deux attitudes possibles. Il y a celle, j'aime beaucoup Arnaud Montebourg, qui dit, ben non, on ne remboursera pas. On annule une partie. On annule une partie. Je pense que c'est fondamentalement une erreur. Parce que, malheureusement, heureusement, c'est la réalité. On nous prête de l'argent. Et si on nous prête de l'argent, le jour, on ne rembourse pas, on ne nous prêtera plus.

Donc, non, on ne rembourse pas. Et donc, comment on fait pour rembourser ? Ben oui, il faut commencer à donner quelques petits signaux. Et la retraite peut être une manière de rembourser une partie des déficits. Mais moi, je ne suis pas pour remettre un grand débat sur la retraite avec l'aspect régime à point, etc. Parce que ça, c'est très anxiogène. Mais pourquoi pas, pourquoi pas, avant la fin du quinquennat, faire, par exemple, ce qu'avait fait Marisol Touraine il y a maintenant trois ans. Joui qui sont les cursaires sur la durée de cotisation. C'est-à-dire augmenter les trimestres de cotisation. Parce que c'est une méthode assez juste. Ça prend en compte l'âge de début de travail.

Donc, c'est relativement égalitaire par rapport aux gens qui ont travaillé tôt. Ça, ça peut être un débat qu'on peut avoir avant 2022.

19:09
Invité

Geoffroy Roux-de-Bézieux, président du MNF, invité de France Info. Il est 8h52, le fil info avec Mélanie Delaunay. Et cette annonce à l'instant de Michelin. Le fabricant de pneus va supprimer jusqu'à 2300 postes sur les 21 000 qu'il compte en France. L'entreprise assure qu'il n'y aura pas de départ contraint. Pas de réouverture à l'horizon pour les restaurateurs. Mais le fonds de solidarité sera bientôt élargi. Le plafond va être relevé de 200 000 à 3 millions d'euros, selon les informations de France Inter, pour inclure les grands groupes d'hôtellerie-restauration.

Il sera question des restaurants ce matin en conseil sanitaire de défense, mais aussi des stations de ski et de la carte des zones où le couvre-feu a été avancé. Le Premier ministre Jean Castex doit prendre la parole demain. L'armée française assure que ces avions ont tiré sur un regroupement de djihadistes et qu'il n'y a pas de bavure dans le centre du Mali. Des villageois affirment au contraire que des civils ont été tués au cours d'une fête de mariage. Entrez dans le vif du sujet ce soir pour Raymond Domenech et Mauricio Pochettino, les deux nouveaux entraîneurs de Ligue 1 de football. Le premier fera ses débuts sur le banc de Nantes, qui affronte Rennes à la Beaujoire.

Et le second sera à Saint-Etienne avec le Paris Saint-Germain. France Info

20:16
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Bracchia, Marc Fauvel.

20:21
Invité

Toujours avec Geoffroy Roude-Bézieux, le président du MEDEF. Sur l'ouverture des commerces le dimanche en janvier, pas de règles nationales, mais des concertations et des décisions qui ont été prises localement. Est-ce que vous, vous approuvez la méthode ou vous vous dites non en fait ?

20:36
Invité politique

Non, je regrette un peu les débats de bord. On n'a pas été plus volontaristes parce que les commerçants ont énormément souffert. l'année dernière, mais même avant, ils ont besoin de rattraper ce chiffre d'affaires. Quand vous fermez à 18h, à Nevers ou dans l'Est de la France, c'est du chiffre d'affaires perdu. Le dimanche permet de rattraper parce que la consommation s'étale. C'est en plus intelligent du point de vue sanitaire parce qu'il y a moins de monde concentré au même moment. Donc on aurait pu être plus allant. Tout le sens, c'est des mesures exceptionnelles. Et ouvrir partout. Oui, et ouvrir partout.

Encore une fois, ce n'est pas le même débat que faut-il généraliser le travail le dimanche en temps normal. On est vraiment dans du rattrapage. Jusqu'à quand dans ce cas-là ? Jusqu'à qu'on puisse retrouver des horaires normaux par ailleurs. Parce que ce ne sera pas le cas là en janvier,

21:19
Invité

mais est-ce que vous le demandez pour février ?

21:20
Invité politique

Continuons, oui. N'oubliez pas que le couvre-feu à 20h, ça a aussi des impacts sur tous les magasins puisque ça veut dire que les gens partent plus tôt. Donc ça fait moins de trafic, donc moins de chiffre d'affaires, donc moins d'emplois derrière.

21:34
Invité

Le télétravail va changer à partir de demain. Pour tous ceux qui étaient en télétravail 5 jours par semaine, à partir de demain, il y a obligation de revenir au moins une journée, par semaine. Si je refuse, il se passe quoi ?

21:44
Invité politique

Il n'y a pas d'obligation, il y a la possibilité avec double volontariat.

21:47
Invité

Si je suis bien à la maison, si je ne veux pas revenir, si je n'ai pas de trafic déconner, je ne les aime pas.

21:50
Invité politique

Mais vous savez que... Pardon, je reprends un tout petit peu en arrière. D'abord, je constate avec satisfaction, mais quand même, que par rapport au période d'avril-mai, tout le monde disait, le télétravail c'est formidable, etc. Que ça soit côté syndical ou côté employeur, on se dit, attention, il y a aussi des conséquences psychologiques, d'isolement, le télétravail, ce n'est pas non plus l'alpha et l'oméga. Bon, petit 1.

Petit 2, on a demandé, mais des deux côtés, côté employeur, côté employé, à ce qu'est cette soupape de sécurité, c'est une soupape de sécurité, c'est-à-dire le poste est télétravaillable, il y a l'obligation sanitaire de le rendre télétravaillable, et le salarié demande, avec l'accord de l'employeur, à revenir une journée par semaine.

22:31
Invité

Si je suis très heureux chez moi,

22:32
Invité politique

si je veux continuer à télétravailler 5 jours par semaine, est-ce que je peux le faire ? C'est le double volontariat, et donc on ne peut pas obliger quelqu'un. Il faut un accord des deux côtés. Voilà, exactement. D'accord, ça veut dire

22:40
Invité

que si le poste est télétravaillable depuis des mois, je peux dire à mon employeur, je continue comme ça.

22:44
Invité politique

Oui, mais vous avez vu les sondages, vous avez une très grande majorité des salariés. C'est quelqu'un qui n'est pas en télétravail, qui vous pose cette question. Dans une entreprise,

22:54
Invité

c'est difficile de dire à un employeur « Non, même si vous voulez, je veux pas revenir. »

22:57
Invité politique

J'ai l'impression que vous cherchez des cas qui n'existent pas. Pardon, mais on a très peu de remontées. Les gens ont envie de revenir. Non, mais ce n'est pas ça. Ça se passe bien. Vous savez, Mme Borne, rappelez-vous au mois de novembre, a débarqué dans quelques entreprises pour voir si... Mais est-ce que vous voyez remonter des cas, oui, il y a peut-être des cas épsidonesques, d'entreprises où ça se passe mal, où il y a des conflits sur le travail ? Non. Et d'ailleurs, on a signé un accord quasiment unanime au niveau national. Donc, faites confiance au dialogue social, faites confiance aux chefs d'entreprise et aux salariés pour trouver des solutions sur le terrain.

23:30
Invité

Jean-François Roux de Bézieux, le groupe Michelin a annoncé il y a quelques instants qu'il va supprimer 2300 postes en France dans le cadre d'un plan sans départ contraint, précise le groupe de pneumatiques. Vous vous y attendez ? Et est-ce que c'est le début de la vague dont on parlait tout à l'heure ?

23:43
Invité politique

Écoutez, c'est difficile de réagir à une actualité de ce type-là. Simplement, le marché automobile français, c'est moins 25%. On est revenu au niveau de 1975 en vente de voitures. Ça ne peut pas passer sans des conséquences sur les fournisseurs de ce secteur-là. Donc, je ne peux pas répondre spécifiquement sur Michelin. Ce qui est bien, c'est que ce soit un plan de départ sans licenciement sec. Mais je n'ai même pas eu la dépêche. Oui, il y en aura d'autres. On sait bien que dans l'industrie automobile, l'industrie arénotique, quand les avions ne volent plus, il y a un moment où il y a des conséquences.

On revient à plus vite on repartira, c'est-à-dire plus on évitera ce type de plans sociaux. Voilà, 2300 suppressions de postes sur les 21 000 contre le groupe en France. Ces plans-là, parce qu'ils sont très médiatiques, font la une de l'actualité. Mais que les suppressions de postes, elles ne sont pas là. En volume, elles ne sont pas là. Mais elles ne sont pas là. C'est les non-embauches, c'est les non-renavillements de CDD, c'est les non-embauches d'intérimaires qui font l'essentiel des gens qui s'inscrivent au chômage. Merci beaucoup, Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, invité de France Info.