Hugo Biolley : "Les moyens des maires sont en baisse !"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Le petit matin Sud Radio 5h 7h Benjamin Glaise il est bientôt 6h40 Sud Radio la vie en vrai Sud Radio, partenaire du salon des M il s'ouvre demain à Paris porte de Versailles à 4 mois des élections municipales et bien 58 % des édiles ont prévu de se représenter. C'est le cas de mon invité il est le plus jeune maire de France et l'an prochain il briguera un second mandat. Hugo Biolet bonjour.
Bonjour et merci d'être avec nous ce matin dans le studio de Sud Radio. Vous êtes le maire de Vinieux, petit village d'un peu plus de 500 habitants situé dans le nord de l'Ardèche. Une réaction tout d'abord à ce chiffre.
Je le disais un 60 % des mes qui souhaitent se représenter et pourtant depuis 2020 et bien on a connu un nombre record de démission plus de 400 chaque année. Comment vous analysez tout cela monsieur le maire ? Alors effectivement on a vécu un mandat qui était particulièrement difficile en terme de en terme de démission.
Alors, il y a plusieurs raisons à c à ces démissions. Alors, il faut dire que dans toutes ces démissions, il y en a certaines qui sont liées à l'âge, à des contextes locaux et cetera. Puis il y en a aussi qui sont liés à un contexte national de grande violence en réalité, mais pas que de la vie politique que l'on que que l'on a dans ce pays.
On a une violence très forte et comme les maères nous sommes en première ligne, on la prend cette violence là. Et donc effectivement ça ça entraîne un certain nombre de démissions et puis il reste encore fort heureusement un certain nombre ce qu'on peut appeler les fantassins de la République qui sont là sur ces petites alvioles pour pour essayer de régler les problèmes du quotidien des gens et j'en fais partie. Un fantassin, ça veut dire que vous avez pas forcément hésité à vous représenter une nouvelle fois l'an prochain ?
Alors la la question de se représenter le mandat de ma c'est un mandat qui est extrêmement collectif. C'est-à-dire que tout le travail c'était pas de savoir si moi je me représentais, mais c'est de savoir pourquoi, avec qui, comment est-ce qu'on fait quelque chose de de de bien et d'intéressant pour un village. Et donc c'est ça qui a pris du temps, qui est un long travail, qui n'est pas terminé d'ailleurs.
Ouais. Avec des contraintes tout de même très fortes dans cette fonction de de mer. Vous avez parlé de la violence, la multiplication des normes également les subventions qui sont en baisse.
Est-ce qu'on a encore les moyens aujourd'hui quand on est maire d'agir, d'avoir un impact dans le quotidien des gens ? Il va falloir les trouver différemment ces moyens. Et en fait aujourd'hui, je pense que les maires et j'étais pas là il y a 10 ans pour le dire, on doit déployer beaucoup plus d'énergie pour essayer bah simplement de de moi en l'occurrence de faire vivre une commune de une commune de 500 habitants parce que nos moyens ils sont en baisse.
On reçoit au mois de septembre un courrier qui nous dit du premier ministre on va faire une décentralisation, on va faire un nouvel acte de décentralisation. C'est pas la première fois qu'on nous annonce, tous les ans nous annonce des nouveaux actes de décentralisation. Et un mois plus tard, on se retrouve avec la première copie budgétaire qui est posé et qui nous dit "Alors, les codctivités, c'est génial, ça fait 15 ans que votre dette elle bouge pas, qu'elle est aux alentours entre 8 et 10 % du PIB en moyenne, ça ça ne bouge pas.
On va on va encore vous réduire de 7 milliards d'euros vos différentes recettes et cetera et cetera." Ça fait ça fait des années qu'on vient et ça va être un des messages forts qu'on va passer sur sur le congrès des maires cette année. Ouais.
Euh c'est c'est dire mais mais laissez-nous la liberté de faire. On est un certain nombre de compétences, on doit s'occuper de tout un territoire. Les maires on fait ça plutôt efficacement si on parle uniquement financièrement parlant depuis des années.
Alors laissez-nous continuer comme injustice justement ces économies qu'on demande aux collectivités. Oui, je pense oui, je pense que c'est une injustice parce que il y a énormément d'efforts qui ont été faits au niveau des collectivités, souvent subi par des baisses de l'État. Ça a été chiffré par le comité des des finances locales et par André Leniel à 82 milliards d'euros depuis 15 ans.
Et à ça viennent se rajouter en ce moment chaque année quelqu quelques milliards et en face de ça on tient toujours la baraque en terme de compétences. Où ils peuvent les chercher ces ces ces économies ? Où ils peuvent les chercher aujourd'hui ?
Moi je suis pas au gouvernement donc j'ai pas une une vision globale de de de tous les d'un village de 500 habitants. Vous dites il y a des économies à faire chez moi ? Je pense que si demain on vient nous dire on va on vient faire de la décentralisation mais vraiment hm on peut aller en chercher de l'argent plutôt que de nous dire euh on va vous supprimer un impôt qui rapportait à la France quand même 20 milliards d'euros qui était la taxe d'habitation il y a quelques années et puis finalement on va on va vous les supprimer dans les 5 ans qui arrivent parce qu'on va vous supprimer d'autres dotations et cetera et vous allez plus avoir les moyens de faire les choses.
Si demain, on vient on vient dire aux communes, aux départements, aux régions, vous avez la possibilité, on vous remet un petit peu des moyens à vous de mettre le bon euro au bon endroit. Je pense que cet euro, il va être très très bien investi par les différents maires qui arrivent parce que moi, je vais avoir des problématiques dans mon territoire de mobilité. Forcément, on est l'Ardèche un territoire qui est relativement valonné.
Il faut qu'on puisse se déplacer et cetera. ça fait partie de nos problématiques majeures. Donc c'est ces eurosl on va peut-être les investir prioritairement dans les mobilités mais les voisins, ce sera peut-être un problème une problématique de santé, une problématique d'alimentation et on fait beaucoup avec des bouts de ficelles.
C'est-à-dire que vous avez notamment ouvert un commerce à 20 yeux au cours de votre mandat, premier commerce ouvert à 20 yeux depuis 50 ans. Exactement. Quand on est quand on est arrivé nous à Vin yeux, on on s'est dit "Mais on a tout sur le papier pour être un village dortoir, mais est-ce qu'on veut vraiment être ça ?
Est-ce que c'est ça notre destin ?" Et ben non, on a essayé de déjouer les pronostics et nous les quelques euros que l'on avait pour investir, on les a investis pour faire revenir de la vie dans le village et c'est c'est arrivé par la vie associative, par la création d'un premier commerce. et et demain, ce sera d'autres choses, d'autres idées, d'autres réponses à d'autres services publics ou ou des services au public comme j'aime bien les appeler qu'on va essayer de de ramener sur la commune.
Mais on fait ça avec des bouts de ficelles parce que de toute façon, on va pas en gaspiller, de l'argent, on en a pas euh et on arrive quand même à faire des choses. Et je vois des élus, des élus qui remontent des épathes dans des petites communes. Je pense à Terme Dermaniaque dans dans le GERG, des élus qui se battent pour défendre l'hôpital local et ça ça se fait pas avec une débauche de moyens.
Quand on a deux trois sous, on essaie de préserver un médecin, on essaie de faire revenir une épicerie, on essaie de faire revenir un commerce, on et il y a en fait les exemples sont très nombreux. Ce que vous dites aux députés, aux sénateurs, au gouvernement, c'est fait "Faites-nous confiance, nous les maires sur le terrain." Exactement.
C'est cette question de la confiance, on et puis et puis il faut qu'on donne l'exemple enfin ce ce monde politique, on parle de confiance. Comment veut-on dire aux gens de se faire confiance si déjà entre nous on se met des bâtons dans les roues ? Merci, merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
Je rappelle Hugo Biolet que vous êtes donc et bien le maire du village de Vinieux dans le nord de l'Ardèche, un peu plus de de 500 habitants et plus jeune maire de France, vous avez 24 ans aujourd'hui. C'est cela exactement. Merci. et vous vous représentez donc l'an prochain pour ces municipal.